Bonjour bonjour cher lecteur !
Eh oui déjà l'épisode deux ! (heu… ou « enfin » pour certaine peut-être ^^').
Bref tout ça pour dire que grâce à toutes vos reviews toutes mimis et vos encouragements j'ai décidé de vous remercier et de vous offrir ce chapitre en avance ! Tadaa eh oui normalement vous auriez dû attendre un mois avant de l'avoir ! Mais j'ai été boostée par vos commentaires ! lol eh oui l'amour donne des ailes et les compliments des chapitres, que voulez-vous c'est la dure loi de l'écriture ! )
Aure précision, ma béta est en vacances jusqu'au 3 aout et comme je n'avais pas envie d'attendre avant de vous proposer mon épisode, je le posterais donc tel quel et le remettrait plus tard sans fautes. Donc pour ceux que sa rebute vous pourrez attendre la version corrigée qui devrait arriver début aout !
Pour les autres, j'arrête mon blabla - dont tout le monde se fout - puisque si vous êtes encore là c'est pour la suite donc… la suite !
Réédité : J'ai enfin transmis ce chapitre à ma bêta donc pour ceux qui ont attendu jusque-là… Bonne lecture !
La Fontaine de Barenton
Dans un pays de légende, où règne la magie, le destin d'un grand royaume repose sur les épaules d'un jeune homme. Son nom ?
Merlin
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La canicule s'était abattue sur Camelot depuis plus de quatre semaines. Quatre longues et interminables semaines. Merlin avait parfaitement guéri du cyanure et se portait désormais comme un charme. Deux mois s'étaient écoulés depuis son empoisonnement et depuis lors, Morgane avait fait profil bas. Tout le monde savait qu'elle préparait un mauvais coup et certains soupçonnaient même son implication dans cette canicule qui avait ravagé Camelot.
Le soleil était tellement chaud que les champs des villages plus éloignés avaient brulés sous la chaleur et l'eau était devenue rare. Merlin était assis près de la fontaine dans la cour du château et s'efforçait, grâce à sa magie, à remplir le puit, offrant de l'eau à qui le lui demandait. Mais cette situation ne pouvait continuer.
Même s'il arrivait à faire pleuvoir, il ne pouvait étendre son sort au-delà des murs du château à moins de s'y rendre personnellement, et Arthur avait irrémédiablement et complètement refusé qu'il se promène hors de l'enceinte du domaine.
De par ce fait, beaucoup de personnes habitant les villages alentour faisaient le trajet tous les jours afin de puiser de l'eau et de la ramener dans leurs foyers. Seulement, les villages les plus éloignés étaient en péril.
Essuyant son front dégoulinant de sueur, Merlin baissa les yeux sur une petite fille qui lui tendait un bol vide à bout de bras. Ses lèvres étaient sèches et ses yeux suppliant.
- C'est vous le monsieur qui donne de l'eau ?
Une femme pauvrement vêtue rejoignit l'enfant et posa ses yeux sur le jeune homme.
- Excusez-moi de vous déranger, Messire, mais nous avons entendu dire qu'il y avait un sorcier très puissant vivant ici et nous aimerions avoir une audience auprès de lui et de votre roi.
Merlin leva la main au-dessus de la coupelle de la petite fille et sans même prononcer un mot, il fit briller ses yeux. L'eau jaillit du fond du bol lui-même et se remplit à ras bord, débordant même sur les doigts de la fillette.
- Je suis l'Enchanteur de Camelot, lui avoua-t-il. Si vous désirez une audience auprès du roi il vous faut passer par…
La femme se mit à genoux devant lui. Merlin se releva immédiatement, intrigué et intimidé par ce geste. Il avait énormément de mal à voir des gens s'incliner devant lui comme ils s'inclineraient devant Arthur.
- Madame je vous en prie, murmura-t-il. Relevez-vous…
La femme redressa la tête vers lui, sans pour autant bouger.
- Je vous en supplie Grand Enchanteur … sauvez mon village !
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Arthur était assis sur son trône, Guenièvre à sa droite, et Merlin à sa gauche. La femme qui avait supplié une audience se tenait désormais à genoux devant eux. Sa petite fille était restée près de Gaius qui attendait un peu plus loin avec les chevaliers et les conseillers.
- La sécheresse a épuisé nos ressources d'eau et nous habitons trop loin pour faire le voyage jusqu'ici pour venir en chercher, commença la femme. Nos champs se sont tellement asséchés que toutes nos plantations ont péri. Tréhorenteuc est une petite bourgade où nous cultivons du raisin en abondance. C'est tout ce que nous pouvons cultiver. Notre vin est énormément apprécié par les villages voisins. J'ai même entendu dire que vous l'aimiez aussi ici à Camelot. Grâce à cela nous ne sommes pas à plaindre et même si nous ne sommes pas capables de nourrir nos enfants de par nos propres cultures, nous arrivons à acheter le nécessaire grâce à notre gagne-pain.
Une larme coula sur sa joue et elle l'essuya avant d'enchainer :
- Sans notre vin, nous sommes incapables de nous nourrir. J'ai entendu dire que votre Sorcier pouvait faire tomber la pluie. Je vous en prie… si vous ne nous aidez pas… nous serons tous obligés de quitter notre village et d'errer sur les routes à la recherche d'un autre abri.
Merlin se releva. Il s'accroupit devant la femme et lui prit les mains.
- Je vous aiderai, madame. Je ferais ce que je peux pour votre village.
- Tu ne peux pas Merlin, contra Arthur.
Le jeune homme se retourna vers son roi, outré, mais celui-ci alla au bout de sa pensée.
- Madame, aider votre village est ce qui m'importe le plus, mais vous devez savoir que même si Merlin peux y faire tomber la pluie… elle ne durera pas plus d'une journée.
- Mon roi, je vous en prie…
Arthur leva la main et se leva. Il s'approcha aussi de la femme et la fit se lever.
- Je ne peux envoyer éternellement mon Sorcier à votre village. Sans lui ici à Camelot, c'est toute la citadelle et les villages aux alentours que nous privons d'eau.
- Arthur, murmura le jeune homme en tournant le dos à la femme, espérant ainsi qu'elle ne l'entende pas. Gaius, Alice et Gilli sont tout aussi capables que moi de donner de l'eau en mon absence.
- Il est hors de question que tu partes d'ici, répéta Arthur d'un ton ferme.
Il avait accentué ses paroles d'un regard dur à son ami qui secoua la tête, indigné.
- Mais je peux vous promettre, madame, que nous trouverons une solution…
- Arthur, insista le sorcier.
- Il suffit, Merlin ! Cria le roi.
Guenièvre se leva à son tour et s'approcha de la dame.
- Venez avec moi, je vais vous offrir de quoi vous rafraichir vous et votre fille.
Elle amena la femme dehors, tandis qu'Arthur congédiait ses sujets. Tous, sauf Merlin. Une fois seul, le sorcier prit la parole, sans même y avoir été invité.
- Arthur, je ne comprends pas vous…
- Ne-me-tiens-plus-jamais-tête-devant-mon-peuple-lorsque-je-donne-un-ordre, ordonna Arthur en détachant chacun de ses mots.
Merlin en resta bouche-bée. Jamais Arthur ne lui avait parlé sur ce ton, hormis la fois où il avait été ridiculisé devant son peuple à cause de ses accusations sur Valliant.
- Je ne voulais pas vous manquer de respect, Arthur, murmura le sorcier avec précaution. Mais essayez de comprendre… je peux être utile à ce village.
Arthur soupira et se rassit sur son trône.
- Je le sais bien Merlin. Mais si tu quittes Camelot, Morgane le saura et qui sait ce qu'elle peut faire. Sans parler du fait que tu es indispensable ici. Gilli est un sorcier mais sa spécialité c'est la magie du combat quand à Gaius et Alice ils sont trop vieux pour user ainsi de leur magie. la dernière fois que Gaius créa de l'eau, il en a été tellement affecté qu'il dû ensuite la boire pour ne pas s'évanouir.
Merlin devait bien reconnaitre que les arguments d'Arthur étaient recevables. Gaius était une vieille personne que la chaleur n'épargnait absolument pas. Il était déjà difficile pour son mentor de préparer une potion. Et même si Alice s'en sortait un peu mieux, elle n'aurait jamais assez de force pour abreuver tout Camelot.
- Que proposez-vous alors ? Se résigna le sorcier.
Arthur secoua la tête et de sa main s'éventa le visage.
- Je l'ignore encore Merlin, et si tu cessais de me tenir tête j'aurais pu commencer à y réfléchir depuis une heure déjà !
Merlin fit la moue. Arthur devenait vraiment grincheux lorsqu'il avait soif. Enfin, plus que d'ordinaire. La porte s'ouvrit soudainement, et Léon entra. Même les chevaliers n'étaient pas épargnés par la chaleur et aucun d'eux n'étaient aptes à porter une armure ou une cote de maille. Il ne portait qu'une simple chemise blanche en lin et un pantalon, laissant le plus d'aire possible entre le vêtement et sa peau.
- Je sais que vous avez demandé à être seul, Sire, seulement, quelqu'un désire vous faire une autre doléance…
Il posa son regard sur le jeune homme et ajouta :
- … Avec Merlin aussi. Il dit que c'est important et …
Roi et sorcier échangèrent un regard tandis que le chevalier enchaina :
- C'est un druide, Sire. Iseldir.
Arthur ordonna à son chevalier et ami de faire entrer cet homme. Le druide inclina la tête d'abord devant Merlin, puis ensuite devant Arthur.
- Je suis porteur d'une nouvelle qui, je pense, devrait vous intéresser, votre Altesse.
Arthur lui fit signe de continuer.
- Il y a une légende qui circule, chez les druides. L'on raconte qu'il y a longtemps, les prêtres et prêtresses de l'ancienne religion, par temps de sécheresse, puisaient l'eau d'une fontaine créée dans la roche sculptée par les dieux eux-mêmes, au coeurcœur de la forêt de Barenton, au-delà de la vallée des rois déchus. Il était alors dit que s'ils versaient quelques gouttes de cette eau rare et précieuse sur le perron de leurs portes, la pluie tomberait sur tout le royaume et le cycle de sécheresse serait brisé.
Arthur se leva de son trône, émerveillé par cette nouvelle.
- Où est cette fontaine ? S'exclama-t-il.
Iseldir pencha la tête.
- Je l'ignore, lui avoua-t-il. L'on raconte que seul un esprit pur peut voir le chemin menant à la fontaine.
Arthur et Merlin échangèrent un regard avant que le roi ne marmonne :
- Très bien, nous partirons dans l'heure.
Merlin s'apprêtait déjà à donner les ordres de départ lorsqu'Arthur ajouta :
- Et Merlin… ne préviens personne. On part seuls.
Ne comprenant pas la demande du Roi, Merlin voulut questionner son ami mais s'y résigna, décidant de lui demander une fois seuls.
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Les chevaux scellés et une fois quitté l'enceinte du château, Merlin se permit enfin une remarque qui lui brulait les lèvres depuis leur départ.
- Dites-moi Arthur. Qu'est-ce qui vous a poussé à mentir à tout le monde, faisant croire qu'on allait à ce village pour y faire tomber la pluie alors que nous partons à la recherche d'une fontaine que nous ne sommes même pas sûrs de trouver, dans un lieu qui semble grouiller de brigands et cela seuls et sans escorte ?
- La ferme Merlin ! grogna Arthur en dégageant le col de sa chemise se concentrant sur autre chose que cette goutte coulant le long de son dos et qui fut bientôt suivie par d'autres.
Merlin fit la moue et jura tout bas.
- Crétin !
- Je t'ai entendu, Merlin ! Et pour répondre à ton petit cerveau ramolli, il y a un traitre à Camelot et j'ignore encore qui c'est mais depuis que j'ai vu Morgane être capable de rendre Guenièvre mauvaise et haineuse, je me refuse de faire confiance à quiconque.
Merlin haussa un sourcil.
- Mais moi vous me faites confiance ?
Arthur regarda Merlin du coin de l'œil avec un sourire espiègle.
- Ne prend pas la grosse tête Merlin, tu es juste un sorcier que je reconnais être assez puissant pour résister à l'emprise de Morgane si elle devait te prendre pour cible.
- Donc vous reconnaissez que je suis puissant ? S'amusa le jeune sorcier.
- Hum… je ne dirais pas cela non, contra Arthur. Plutôt que tu es… incapable de me tuer !
- Et qu'est-ce que vous en savez ?
- Tu as déjà été possédé par Morgane, non ? Et tu as, fort heureusement pour moi, pitoyablement échoué dans ta tâche pour me tuer. Je pense que tu es tout sauf un meurtrier, Merlin.
Le jeune homme ignorait s'il devait bien le prendre ou pas, et réalisa soudainement qu'Arthur avait également vu cette partie-là de sa quête à le protéger. Mais Merlin n'eut pas le temps d'avoir honte. Des barbares sortirent des bois en hurlant, haches et épées levées bien haut dans le ciel.
Arthur dégaina son épée, mais déjà Merlin venait de les mettre à terre d'un seul geste de la main. Le roi rengaina, légèrement blessé dans sa fierté car même s'il était reconnu pour être un excellent épéiste, il n'aurait jamais pu venir à bout d'autant d'hommes tout seul. Or, son idiot d'ancien serviteur y arrivait en moins de temps qu'il n'en fallait pour le dire.
- Tu es énervant Merlin, grogna Arthur en reprenant sa route.
Le sorcier sourit et lança son cheval à la suite d'Arthur.
- Dites-le… je vous épate !
- Même pas sur mon lit de mort, Merlin ! Et avance au lieu de parler, tu me fatigues !
Cela faisait longtemps qu'ils ne s'étaient pas retrouvés seuls tous les deux comme au bon vieux temps et cela suffit aux deux amis de retrouver toute leur complicité et leur bonne humeur de la journée.
Ils s'arrêtèrent près d'un lac asséché ou quelques gouttes d'eau au fond se battaient en duel. Arthur posa pied à terre, caressant l'encolure de son cheval fatigué. Merlin le suivit et s'approcha du lac. Des dizaines de poissons morts et séchés jonchaient le sol. Le spectacle était triste et Arthur craignait pour la survie de son peuple. S'ils ne trouvaient pas cette fontaine, Camelot courait à sa perte.
Merlin fit briller ses yeux et le niveau du lac remonta par petites vaguelettes et reprit sa taille et sa fraicheur d'antan. Arthur était … admiratif. Jamais il ne l'avouerait à son ami, mais il adorait le voir utiliser ses sorts. Toute sa vie la magie avait été considérée comme néfaste et dangereuse et pourtant Merlin l'utilisait avec tellement de facilité, et toujours dans l'unique but d'aider les autres. Il craignait de le reconnaitre, mais il savait que sa bonté le perdrait un jour. Merlin était du genre à penser que tant que ceux qu'il aimait étaient protégés c'était tout ce qui importait, mais il ne semblait pas comprendre que d'agir ainsi était extrêmement égoïste.
Quel bien cela avait-il fait à Arthur de voir son meilleur ami souffrir et mourir à sa place ? Il ne pensait toujours qu'aux autres et jamais à lui-même.
Merlin se pencha pour remplir leur gourde et la tendit à Arthur avant même d'en prendre une gorgée. Le roi soupira, désespéré de réussir à changer un jour le jeune homme.
Les chevaux abreuvés, ils continuèrent leur route. Ils arrivèrent dans la vallée des Rois déchus en fin d'après-midi et établirent leur camp pour la nuit où ils purent enfin souffler et se reposer un peu sous la fraicheur de la nuit.
- Que ferons-nous, Sir ? S'enquit soudain Merlin en le rejoignant près du feu. Si nous ne trouvons pas cette fontaine ?
Arthur secoua la tête, le regard triste et la voix tremblante.
- Nous devons la trouver Merlin. Je ne peux supporter une doléance de plus d'un chef de village qui me supplie d'envoyer le sorcier de Camelot leur venir en aide.
Le jeune homme mordit dans le morceau de pain qui était sa ration du soir et mâcha lentement à l'annonce d'Arthur.
- Je sais… commença Merlin, que cette situation est plus que pénible pour vous. En tant que roi vous êtes responsable de votre peuple mais en tant qu'humain vous ne pouvez rien faire pour les aider. Et prendre la décision de me garder à Camelot pour sauver le plus grand nombre n'as pas dû être un choix facile, j'en consens. Et je sais que vous ne cessez d'être tourmenté par tous ces villages trop éloignés pour bénéficier de mon don… mais…
Il croisa le regard d'Arthur avant d'ajouter :
- Vous avez dû faire un choix. Un choix où il ne réside ni bonne ni mauvaise solution. Vous avez fait ce que vous jugez le mieux pour votre peuple et personne ne peut en dire le contraire. Vous êtes un Roi juste et bon, Arthur. Ne vous blâmez pas pour quelque chose dont personne n'aurait pu faire mieux.
Subjugué par les yeux remplis de sagesse de son ami, Arthur l'écouta avec tout le sérieux et l'intérêt du monde. Merlin avait toujours sut calmer ses angoisses et ses interrogations sur sa manière de régner.
- Tu es vraiment incroyable, Merlin. Parfois j'ai l'impression que ce n'est plus toi.
Merlin sourit et leva les mains en signe de démonstration.
- Et pourtant c'est bien moi !
Arthur lui donna un coup de pied avant de s'allonger. Merlin l'imita alors qu'un « merci » fut murmuré.
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Ils se réveillèrent à l'aube et continuèrent leur recherche de la fontaine, pendant des heures, puis pendant des jours, sans succès. Au bout du troisième, au petit matin, ils firent le désagréable constat que leurs chevaux avaient disparu. Arthur accusa la stupidité de Merlin et Merlin ignora la remarque de son roi, ce qui eut pour effet de l'énerver encore plus.
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Le quatrième jours, ils tournaient en rond et n'avaient aucune idée de l'endroit où chercher. Arthur ne cessait de se plaindre et de crier sur Merlin. Le sorcier fatiguait sous ce soleil de plomb et dû s'arrêter, à bout de force et épuisé.
- Ne traine pas Merlin ! le réprimanda Arthur en se tournant vers lui. Mais qu'est-ce que tu fais ?
Merlin s'était assis contre un arbre et vida sa gourde d'eau, la renversant sur son visage.
- Je me repose ! On marche comme cela depuis que le soleil est levé je n'en peux plus !
Arthur revint vers lui et donna un coup de pied amical dans les côtes de son ami.
- Tu n'es pas censé être un grand sorcier Merlin ? Use donc de tes pouvoirs !
- Vous pensez que je suis quoi ? Un détecteur de fontaine qui n'existe peut-être que dans les légendes ? s'exclama Merlin.
Arthur prit la gourde de Merlin des mains pour la lui montrer.
- Je ne parlais pas de la fontaine, mais de cette chaleur ! Tu n'as pas quelques sortilèges dans tes grimoires qui pourraient arranger cela ?
Merlin fit briller ses yeux et la gourde se remplit. Arthur en but avidement et s'en versa également sur les cheveux et le visage.
- Non je ne connais rien de tel ! Et puis que l'on voyage sous le soleil ou sous la pluie vous serez désagréable de toute façon.
Arthur ramena ses cheveux en arrière et se mit à rire.
- Et c'est toi qui me dis ça ! Qui a perdu nos chevaux, Merlin ?
- Certainement pas moi ! répliqua le sorcier.
- Ah oui et qui est-ce alors ? Prétends-tu que c'est moi ?
- Ils ont juste disparu !
- Parce que tu les avais mal attachés ! Répliqua Arthur.
Merlin soupira. Il ne servait à rien de discuter avec son roi, ce dernier avait toujours raison. Ils s'assoupirent ici, priant pour avoir plus de chance le lendemain.
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Guenièvre regardait par la fenêtre de sa chambre. Léon frappa et entra, suivi de Gaius.
- Toujours aucune nouvelle ? s'enquit-elle en se tournant vers lui.
Le chevalier secoua la tête.
- Non, cela fait plus de quatre jours qu'Arthur est parti avec Merlin dans ce village, sans nouvelle depuis.
- Arthur craignait qu'un traitre ne se cache parmi nous. C'est sans doute pour cela qu'il préfère ne pas trop en dire.
Guenièvre soupira. Avait-elle perdu la confiance de son époux depuis que Morgane avait empoisonné son esprit ?
- Envoyez une patrouille les rechercher, ordonna la reine. Qu'ils se rendent à ce village et qu'ils me ramènent mon époux et notre Roi.
Léon inclina la tête et sortit, laissant le vieil homme seul avec la reine.
- Ne vous inquiétez pas trop, ma Dame. Merlin est avec lui. Je suis certain qu'il ne lui arrivera rien.
- Vous l'avez vu Gaius, n'est-ce pas ? demanda-t-elle dans un murmure.
- Quoi donc, Majesté ?
- La peine d'Arthur lorsqu'il a perdu Merlin.
Le physicien s'approcha un peu plus. Il s'essuya le front avec un mouchoir et s'assit sur une chaise, ses jambes ne le soutenant plus.
- Ce jour-là, même si Merlin a protégé Arthur, son acte l'a blessé plus que nous ne pourrions jamais l'imaginer. J'ai bien cru qu'il ne se redresserait jamais, lui avoua-t-elle.
Gaius soupira. Il était vrai qu'il avait vu la tristesse d'Arthur - qui n'avait échappé à personne d'ailleurs. Mais après tout, qui n'aurait pas été affecté par la mort du jeune sorcier ? Même s'il avait essayé de le cacher, Gauvain avait pleuré lui aussi. Sans parler du regard rempli de tristesse de Léon et de Perceval. Merlin était un homme rempli de bonté qui avait toujours essayé d'aider les autres de son mieux. Tout Camelot l'appréciait et c'était devenu d'autant plus vrai avec sa nomination au titre d'Enchanteur de Camelot.
- Leur lien est au-delà de ce que nous pouvons imaginer, lui expliqua-t-il. Le Grand Dragon parlait de « deux faces d'une même pièce ».
Guenièvre se tourna vers Gaius le visage tiré par l'inquiétude.
- Répondez-moi franchement Gaius. Pensez-vous que l'un pourrait vivre sans l'autre ?
Le physicien réfléchit une seconde avant de secouer la tête. Il se rappela ce fameux jour où Merlin avait bu le poison à la place du prince. Il avait assisté à une chose insensée, car même si Merlin avait été inconscient, il avait senti le danger qui pesait sur Arthur et avait inconsciemment lancé un sortilège qui avait opéré à des kilomètres de là dans l'unique but de sauver son prince.
- Je ne pense pas, Majesté. Leur lien est à mon sens au-delà de l'humain. Merlin est née pour servir Arthur et le guider à devenir le Roi présent et à venir. Un roi qui restaurerait la paix dans ce monde et l'Albion tel que nous le connaissions jadis.
Guenièvre hocha la tête avec un petit sourire. Le physicien se leva difficilement et attrapa les mains de la reine dans les siennes.
- Ne vous tracassez pas pour cela ma Dame. Merlin est né pour servir Arthur, mais vous, vous l'êtes pour devenir sa reine.
La jeune femme approuva la gentillesse de ses mots, même si elle doutait véritablement de sa véracité.
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Merlin ouvrit les yeux tandis que le soleil se couchait à l'horizon. Il se leva, intrigué par une lumière au loin. C'était comme si quelque chose brillait à travers les arbres. Plus Merlin s'en approchait et plus cette bille lumineuse s'éloignait. Il accéléra finalement le pas et finit par tomber sur une clairière magnifique.
Plus loin, une immense fontaine arborant une statue de Dragon s'élevait bien au-dessus de lui. L'eau était limpide et brillait sous la lumière du soleil.
- Merlin…
Son nom fut murmuré mais il ne vit personne.
- Merlin…
Le sorcier tourna sur lui-même. Qui essayait de l'appeler ?
- Merlin !
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Le jeune homme ouvrit les yeux et vit Arthur penché au-dessus de lui. Le roi le secouait par les épaules et soupira en voyant son ami revenir à lui.
- Tu ne te réveillais plus ! s'exclama-t-il. Que s'est-il passé ?
Merlin regarda autour de lui.
- La fontaine, murmura-t-il.
- Quoi la fontaine ?
- Je… j'ai vu la fontaine de Barenton ! S'exclama Merlin en se levant.
Il repéra le chemin qu'il avait vu en rêve et s'élança sur le chemin, Arthur sur ses pas.
- Merlin, attend moi ! Mais ralenti, bon sang !
Arthur se prenait toutes les branches dans le visage et peinait à suivre le sorcier. Il accéléra le pas et l'arrêta en le prenant par le bras. Merlin s'était arrêté et regardait droit devant lui. Et ce ne fut qu'en cet instant qu'Arthur remarqua la fontaine. Il s'émerveilla du lieu et de la sculpture qui étaient identique au rêve de Merlin.
- Tu l'as trouvée ! S'exclama Arthur en frappant l'épaule du sorcier.
Le coup fut plus violent qu'il ne l'aurait voulu mais il suffit amplement à faire sortir Merlin de sa torpeur.
Arthur s'approcha de la fontaine, et attrapa sa gourde, heureux et pressé et pouvoir enfin sauver son peuple. Mais lorsqu'il s'approcha de trop près, un chevalier apparut devant lui. Une épée dans les mains, il portait un heaume qui dissimulait son visage et toute son armure était noire.
Il ne faisait aucun doute que c'était un être magique, sans quoi il n'aurait jamais survécu dans cet accoutrement.
- Nous ne voulons pas d'ennuis, commença Arthur. Mon peuple se meure à cause de cette canicule et en tant que Roi de Camelot je…
Mais lorsqu'Arthur fit un pas vers le Chevalier. Celui-ci leva son épée, prêt à engager le combat. Arthur dégaina Excalibur et fit face au chevalier.
- Si vous voulez cette eau Roi de Camelot., vous devrez avant cela me vaincre dans un duel à l'épée, énonça le chevalier d'une voix étrange qui résonna dans la clairière entière. Si vous gagnez, vous pourrez prendre cette eau et deviendrez le nouveau gardien de la Fontaine de Barenton. Si vous échouez, alors je vous tuerais.
- Quoi ! s'exclama Merlin. Qu'entendez-vous par « vous deviendrez le nouveau gardien de la Fontaine » ?
- Si vous remportez ce duel Roi de Camelot, vous prendrez ma place et ne pourrez plus jamais quitter ces lieux, répondit le chevalier sans bouger.
- Mais c'est insensé ! Protesta le sorcier, nous venons ici pour sauver un peuple. Sacrifier son Roi n'est pas…
- Les règles sont les règles, coupa-t-il. Ce n'est pas moi qui les décide.
Merlin secoua la tête.
- C'est ridicule, Arthur, vous ne pouvez pas accepter cela, votre peuple a besoin de vous !
- Mon peuple a besoin d'eau, de nourriture et de ses cultures, contra le jeune roi. Je ne suis qu'un homme, je peux être remplacé.
- Arthur ne dites pas cela, supplia le sorcier.
Mais le blond l'ignorait déjà.
- J'accepte votre…
Arthur fut projeté sur le côté. Merlin avait usé de la même méthode lorsque son ami avait voulu échanger son âme pour fermer le voile. Le sorcier ne pouvait pas laisser le roi se sacrifier ainsi. Il s'approcha du corps assommé d'Arthur et prit excalibur dans la main avant de s'approcher du chevalier.
- J'accepte votre duel, Chevalier…
- Vous ne pourrez utiliser votre magie dans ce duel… Emrys, prévient le gardien de la fontaine.
Il hocha la tête, en signe d'acceptation.
- Merlin, grogna Arthur en essayant de se redresser, titubant à cause du coup qu'il avait pris sur la tête.
- Ce sera un combat à mort, acheva d'annoncer le Chevalier Noir.
Le sorcier hocha la tête et redressa l'épée, ce qui engagea le duel. Arthur avait réussi à retrouver ses esprits et regardait avec effroi son ami avoir pris sa place et entamer une lutte effrénée. Le chevalier avait clairement le dessus et bien que Merlin se débrouillait assez bien pour esquiver, il ne parvenait pas à mettre un seul coup.
Le combat ne dura pas longtemps et un coup sur la main de Merlin l'obligea à lâcher excalibur et à tomber à genoux au sol. Le chevalier redressa son arme tel un bourreau mais s'arrêta lorsqu'Arthur se dressa entre eux.
- J'ai accepté votre duel avant que cet imbécile ne m'en empêche, commença Arthur.
- Mais votre ami m'a défié après cela, contra le Chevalier Noir.
- Uniquement parce qu'il m'a retardé, protesta-t-il.
- Arthur… ne faites pas cela…
Mais le roi ne répondit rien, profondément en colère contre le jeune homme.
- Je vous ai provoqué en duel avant cet incapable, vous devez donc m'affronter avant de lui donner le coup de grâce.
- Cela me parait conforme aux règles, approuva le Chevalier. Prenez donc votre arme, Roi de Camelot et venez m'affronter.
- Arthur, non…
Mais le roi avait déjà attrapé son arme et engagé le combat. Merlin ne savait que faire. Devait-il intervenir dans le duel ? Mais avant qu'il n'ait pu se poser d'autres questions, Arthur frappa le Chevalier à la jambe, le mettant à terre devant lui. Il plaça son épée sur la gorge du Chevalier Noir, son visage toujours dissimulé derrière son heaume.
- Terminez votre travail, Rois de Camelot, lui demanda le Gardien avec un calme et un sang-froid à toute épreuve.
Arthur hésita. Devait-il vraiment tuer cet homme – si homme il était – uniquement pour sauver son peuple ?
- Les règles sont les règles.
- Arthur… murmura Merlin.
Le blond prit son courage à deux mains et abattît son épée sur le Chevalier Noir. Celui-ci partit en fumée, comme désintégré. La fumée entoura le Roi avant de le recouvrir de la même armure que le chevalier. Seul son heaume fut déposé à ses côtés.
- Non… murmura Merlin en s'effondrant au sol. Pourquoi avez-vous fait cela ?
Arthur se tourna vers lui puis vers la fontaine.
- Ne perds pas de temps Merlin, lui ordonna-t-il. Prend l'eau de la fontaine et va sauver le peuple de Camelot.
- Pourquoi ne m'avez-vous pas écouté ? Geignit le sorcier.
Le roi le regarda avec tristesse.
- Tu le sais bien Merlin… j'ai toujours refusé de le faire.
Tous deux savaient que c'était loin d'être la vérité. Arthur avait toujours porté beaucoup d'intérêt à ce que pouvait bien penser son ami.
- Je n'avais pas le choix, Merlin. Tu allais te faire tuer et… nous avons besoin de cette eau.
Merlin secoua la tête en se redressant, les yeux remplis de larmes.
- Je ne laisserais pas une telle chose arriver.
- Il est trop tard, Merlin. Alors fait ce que je te dis et retourne à Camelot sauver mon peuple !
Mais le sorcier se redressa et secoua la tête.
- Je ne partirais pas d'ici sans vous !
- Merlin…
Il recula d'un pas, une idée germant soudainement dans son esprit. Il fit volte-face et s'éloigna de la fontaine.
- Que fais-tu ? S'enquit le nouveau Gardien. Merlin, prend cette eau avec toi !
Mais le sorcier partait déjà en courant, s'éloignant de la zone de manœuvre d'Arthur. Il courait à travers les bois et cria dans le langage des dragons, appelant Kilgharrah du plus profond de son cœur. Il n'avait plus fait appel à lui depuis longtemps et priait pour qu'il lui réponde.
Il s'arrêta dans une autre clairière dégagée et vit le dragon venir vers lui se poser à terre avec délicatesse. Aussi étrange que cela pouvait paraitre, l'animal était, semblait-il, plus jeune. Ses écailles brillaient au soleil et ses ailes étaient puissantes.
- Cela fait longtemps que tu ne m'avais plus appelé, jeune sorcier. Que me vaut cet honneur ?
- Vous… vous semblez… différent, murmura Merlin, profondément ébahit.
- L'unification d'Albion a un pouvoir bénéfique sur toutes les créatures magiques. Nous puisons notre force de la magie qui coule désormais librement sur ces terres. Tu as accompli en cela un exploit considérable, jeune sorcier, et je t'en remercie personnellement.
Le dragon pencha la tête en avant, dans un signe de révérence. Merlin en fut profondément touché.
- Que voulais-tu me demander ?
- Arthur a été piégé ! s'exclama-t-il. Nous sommes partie à la recherche de la Fontaine de Barenton…
- Oui, gronda Kilgharrah. Cette fontaine est célèbre dans le monde magique. Le Chevalier Noir en est le gardien.
- Il a provoqué Arthur dans un duel à mort ! ajouta Merlin.
- Et en le tuant, Arthur est devenu le nouveau gardien, acheva le Grand Dragon. Oui, je comprends.
- Que dois-je faire ? s'enquit le jeune sorcier. Je ne peux abandonner Arthur.
- Il n'y a rien qui puisse rompre un tel lien, lui expliqua le dragon. Je ne peux t'aider, jeune sorcier.
- Il doit bien y avoir un moyen…
Le Dragon redressa la tête.
- Il y aurait bien quelque chose…
- Quoi donc ? Je ferais tout ce qu'il faut ! supplia Merlin. Je vous en prie… dites-moi !
- La seule façon de libérer Arthur de son contrat est de détruire la Fontaine avant le coucher du soleil. Si ce jour se termine, alors notre roi deviendra à jamais le nouveau Chevalier Noir.
- D-détruire la Fontaine de Barenton ? murmura Merlin. Comment pourrais-je faire une chose pareille ? Non seulement c'est un lieu sacré mais en plus de cela je… je n'aurais jamais la force nécessaire.
- Ta puissance n'as pas de limite, Merlin. Sois juste prêt à en assumer les conséquences si tu commets un tel acte.
Le Dragon prit son envole laissant Merlin seul. Que devait-il faire ? Pouvait-il vraiment détruire ce lieu saint ? Mais avait-il seulement le choix ? Arthur ne pouvait rester prisonnier éternellement.
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Merlin retourna à la fontaine, suivant le même chemin qu'il avait emprunté plus tôt et fut surpris de ne voir personne.
- Arthur ?
Il n'y avait personne. Pourtant, Kilgharrah lui avait bien certifié qu'il avait jusqu'au coucher du soleil pour agir.
- Arthur ! Cria-t-il soudainement paniqué.
Il s'approcha de la fontaine, et recula précipitamment en voyant apparaitre Arthur devant lui. Posant sa main sur son cœur, il calma sa respiration.
- Vous m'avez faire peur ! Qu'est-ce qui vous a pris d'apparaitre devant moi sans prévenir ?!
Arthur était toujours vêtu de l'armure noire, son heaume sous le bras. Il attrapa ce dernier et frappa l'arrière de la tête de Merlin avec.
- Aïe ! Cria-t-il en plaquant ses mains sur sa bosse. Pourquoi avez-vous fait cela ?
- Parce que je t'avais donné un ordre Merlin et qu'une fois de plus tu n'en as fait qu'à ta tête ! Je m'assurais donc qu'il y avait bien quelque chose dedans !
- Vous devriez plutôt me remercier, j'ai trouvé un moyen de vous libérer de ce contrat.
Arthur haussa un sourcil.
- Vraiment ? Demanda-t-il sceptique. Cela implique-t-il la mort de l'un de nous deux ?
Merlin secoua la tête, ne comprenant pas vraiment pourquoi son ami lui posait cette question.
- Euh… non.
- La mort de quelqu'un d'autre alors ?
- Non, Arthur, pas de mort !
Toujours soupçonneux, le roi croisa ses bras sur son torse.
- Une autre malédiction alors ?
- Pas à ce que je sache, répondit le sorcier en souriant. Faites-moi confiance pour une fois !
- C'est complètement hors de question. Est-ce que cela provoquera une catastrophe quelque part ?
Merlin haussa les épaules.
- Je n'en sais rien à vrai dire, avoua-t-il.
- Et tu voudrais que je te fasse confiance ? s'exclama-t-il. As-tu perdu la raison ou es-tu vraiment stupide Merlin ?
- Laissez-moi juste faire et… si cela provoque vraiment une catastrophe j'en assumerais la responsabilité.
Arthur soupira.
- J'espère que tu sais vraiment ce que tu fais.
Il écarta les bras.
- Bien, et que dois-je faire ?
- Rien.
Merlin s'approcha de la fontaine lorsque la pointe d'une lame se pointa dans son dos.
- Que fais-tu ? s'enquit le roi en menaçant de son épée son ami.
- C'est plutôt à moi de vous poser cette question !
- Tu n'es pas autorisé à t'approcher de cette fontaine.
Merlin se retourna vers lui et lui tendit sa gourde vide.
- Très bien alors faites-le, vous ! Vous avez vaincu l'ancien Gardien, vous devez avoir le droit de récupérer son eau !
Arthur abaissa son épée et la rengaina. Il prit la gourde des mains de Merlin et avec hésitation s'approcha. L'eau était véritablement limpide et brillait comme une rivière de petits diamants. Avec précaution il retira le bouchon de la gourde et la plongea dans l'eau, la remplissant. Il rejoignit Merlin et lui tendit le récipient.
- Et maintenant ?
Merlin rangea la gourde dans son sac et soupira.
- Maintenant, écartez-vous.
Ne cherchant pas à en savoir plus Arthur recula de deux pas. Merlin s'approcha au maximum que lui permettait les lieux de la fontaine et expira. Il leva la main vers la sculpture et prononça une incantation, envoyant un sortilège qui percuta la sculpture. L'une des ailes du dragon se brisa et tomba au sol.
- Arrête ! Cria Arthur en se précipitant vers lui.
Instinctivement, il tira son épée et frappa Merlin au bras qu'il avait tendu vers la fontaine. Il l'esquiva juste à temps et recula.
- Je n'ai pas le choix, Arthur ! s'exclama le sorcier. Je ne peux pas vous laisser rester ici éternellement. Votre peuple a besoin de vous !
Arthur avait le regard noir. Il était furieux. Son heaume abandonné plus loin partit dans une fumée noire et réapparut sur son visage.
- Je suis le Chevalier Noir, Gardien de la Fontaine de Barenton. Quiconque essayera de détruire ce lieu ou de profiter de son pouvoir sera puni de mort.
Merlin déglutit. Il savait que ce n'était plus Arthur qui parlait. Et il aurait dû se douter qu'en tant que gardien, il ne l'aurait certainement pas regardé détruire ce qu'il devait protéger.
- Je ne veux pas vous blesser, Arthur, murmura le jeune homme. Je vous en prie écartez-vous.
- Moi non plus Merlin. Je ne veux pas te blesser, mais je ne contrôle rien. Cesse donc cette folie ou je serais obligé de te tuer !
L'Arthur qu'il connaissait était toujours là. Du moins pour l'instant et le soleil commençait à se coucher. Il devait faire vite, auquel cas Arthur serait perdu à jamais.
Il lança un autre sort sur la fontaine, mais lorsque le roi dans son armure noire s'interposa, le sort s'annihila.
- Voilà qui ne va pas beaucoup m'aider, grogna-t-il.
Sa magie n'avait aucun effet sur le gardien et il n'avait aucune arme. Comment allait-il faire pour achever ce qu'il avait commencé ?
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Guenièvre avait un très mauvais pressentiment. Elle ignorait d'où il lui venait mais elle savait que quelque chose de sombre était en train de se passer. Elle avait annulé les séances de doléance de la journée, n'arrivant pas à se concentrer tant son sentiment était puissant et imminent.
Léon, Gauvain, Perceval, et Guy arrivèrent dans la cour tandis que le soleil s'apprêtait à achever cette journée. La reine descendit à leur rencontre, inquiète des nouvelles qu'ils leurs apporteraient.
- Dites-moi que vous avez de bonnes nouvelles, pria-t-elle à Léon lorsqu'il posa pied à terre. En sueur et assoiffé.
Gilli les vit arriver et leur apporta un peu d'eau. Léon en but une longue gorgée et la passa à Perceval qui but d'une traite.
- Hé ! Et moi ! S'exclama Gauvain.
- Vous, vous avez fini notre gourde d'eau en route ! Répliqua Perceval en s'essuyant la bouche d'un revers de main.
- Demandez à Alice elle vous en donnera une autre, lui annonça Gilli. Alors ? Quelles sont les nouvelles ?
Léon secoua la tête.
- Je l'ignore majesté. Nous nous sommes rendus à ce village, mais notre roi n'y a jamais mis les pieds. Nous ignorons où ils sont allés mais ce que je peux vous dire c'est que ce n'était pas dans ce village.
Guenièvre paniqua intérieurement.
- Seigneur… qu'allons-nous faire ?
- Il n'y a vraiment aucun moyen de savoir où ils sont ? s'enquit Perceval.
Léon haussa les épaules.
- Attendez… il y avait… ce druide qui a demandé un entretien privé avec Arthur et Merlin. Et c'est justement après sa visite qu'ils sont partis. Peut-être … cela a peut-être un lien !
- Qui était-ce ? s'inquiéta Guenièvre d'un sombre complot.
- C'était le chef des druides, lui répondit le chevalier. Je l'ai reconnu car il… c'est lui qui m'a sauvé avec la coupe de la vie.
- Alors il n'est pas mauvais ? Demanda Perceval.
- Non, je ne pense pas, répondit son compagnon.
- Retrouvez-le, Sir Léon. Nous devons à tout prix retrouver Arthur et Merlin. J'ai un très mauvais pressentiment depuis tout à l'heure et j'ai la désagréable sensation que notre temps est compté.
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- Arthur ! S'exclama Merlin. Je vous en prie, laissez-moi vous aider !
Mais le chevalier ne réagit pas et continua d'attaquer. Merlin usait de sa magie sur les éléments autour afin de s'aider à résister à l'arme meurtrière qu'était devenu son roi.
Il devait trouver un moyen de détruire cette fontaine avant qu'il ne soit trop tard. Il essaya tant bien que mal d'éloigner Arthur de la fontaine mais n'y parvenait pas et plus le soleil se couchait, plus il devenait impatient et commettait de plus en plus d'erreurs. Il réussit in extrémis à échapper à une attaque sans doute mortelle avant de s'éloigner légèrement. Arthur s'était soudainement arrêté et fit demi-tour, rejoignant la fontaine.
Merlin comprit qu'il avait passé la limite que son ami ne pouvait plus franchir et monta tout un plan lorsqu'une voix l'interpella.
- Ne faites pas cela…
Merlin se tourna et fit face à une femme translucide aux longs cheveux blonds. Elle ne portait qu'une unique robe blanche sans bijoux ni chaussures.
- Qui êtes-vous ? Demanda-t-il, intrigué.
- Mon nom est Caelia. Je suis la Gardienne de l'Ancienne Religion et je demeure en ce lieu.
Caelia ? Ce nom ressemblait beaucoup à…
- Cailleach est ma sœur ainée, lui répondit-elle en appréhendant sa question. Ce lieu est le centre même du culte dont je suis la protectrice. Si vous le détruisez Emrys… l'équilibre sera rompu.
Elle s'approcha, le visage crispé et murmura d'une petite voix.
- Je vous en prie… ne détruisez pas ce lieu Emrys.
Merlin secoua la tête.
- Je n'ai pas le choix… je ne peux laisser Arthur ici. Aidez-moi à trouver une autre solution et peut-être que je…
- Il n'y en a aucune. Les lois érigées ici sont sans conteste possible. Votre Roi a passé un accord. Il demeurera Gardien de la Fontaine jusqu'au jour où viendra une autre âme pure qui prendra sa place, le libérant de ce monde.
Merlin en était extrêmement peiné. Il savait que c'était probablement égoïste mais il ne pouvait pas accepter un tel sort pour son ami.
- Je suis désolé, murmura-t-il sentant ses yeux s'humidifier.
- Non ! Je vous en prie ne faites pas cela !
Mais Merlin pénétrait déjà dans la zone de limitation.
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- La Fontaine de Barenton est une légende druidique, expliqua Iseldir aux chevaliers et à la reine.
Le druide avait été convié à la cour et expliquait ce qu'il avait raconté au roi.
- Comment pourrions-nous la trouver ? s'enquit la reine.
L'homme en capuche secoua la tête.
- Seule une âme pure le pourra. Une âme aux intensions honnêtes. Mais je pense qu'un sorcier sera plus à même de la trouver. Un tel lieu doit dégager une énorme quantité de magie.
- Alors je partirais, murmura Gaius en peinant à rester debout.
- Certainement pas, contra Gilli en faisant rassoir le vieil homme sur sa chaise. J'irais.
- Et que deviendra Camelot sans eau ? demanda Léon.
- Je ne connais pas ce genre de sortilèges, expliqua le jeune chevalier. Je suis limité à la magie du combat.
- Et Alice et moi nous nous épuisons très vite, expliqua Gaius.
- Raison de plus pour trouver cette fontaine, s'exclama Gauvain.
Guenièvre était restée silencieuse regardant le druide dans les yeux. Ce dernier ne l'avait pas lâché du regard.
- Vous le sentez, ma reine, n'est-ce pas ?
La jeune femme hocha la tête.
- Quelque chose de terrible va se produire, je le ressens au plus profond de moi. Sans me l'expliquer je sais juste que nous devons trouver cette fontaine avant qu'il ne soit trop tard.
Iseldir hocha la tête.
- Partez immédiatement, et prenez la direction de la vallée des Rois déchus. Une fois sur place, ouvrez votre esprit, expliqua-t-il à Gilli. Laissez la magie vous guider et peut-être aurez-vous la chance de parvenir à votre but.
Il ne fallut pas plus d'une heure pour que la petite troupe de chevaliers n'arrive dans la vallée. Gilli fit ralentir sa monture en regardant autour de lui.
- Bien… et maintenant… je fais quoi ?
Le ciel s'assombrit soudainement et un tremblement de terre agita les chevaux, manquant de peu de faire tomber les chevaliers. Un vent glacial passa au travers des arbres autour d'eux tandis qu'ils les virent dépérir peu à peu.
- On arrive trop tard, murmura Léon.
Gilli pouvait sentir la pression magique qui régnait en ce lieu. Toute cette haine, cette colère et cette rancœur lui fit verser une larme. Il tourna soudainement la tête, entendant des pleurs de femmes se répercuter tout autour de lui.
Sans un mot il s'élança, tant bien que mal, suivi par ses compagnons. Ils arrivèrent devant ce qui fut autrefois une clairière. L'herbe était sèche et les arbres morts. Les ruines d'une fontaine jonchaient le sol et Merlin était à genoux devant elle. Arthur, en retrait, se tourna vers eux à leur approche.
- Arthur ! S'exclama Léon en mettant pied à terre.
Mais les chevaliers se figèrent tous lorsqu'ils virent une femme translucide, les cheveux éparpillés autour d'elle, le visage déformé par la haine et la colère.
- Vous m'avez trahi… Emrys ! Jamais… je ne vous pardonnerais pour ce que vous avez fait. Désormais je serais votre pire cauchemar et mes alliés seront vos ennemis. Ne comptez plus sur votre destinée et l'amour que la magie vous porte pour échapper à ma colère…
- Je… je suis désolé, murmura-t-il en versant d'autres larmes. Je n'avais pas le choix…
- Oh ! Si vous aviez le choix, Emrys… Préserver l'Ancienne Religion ou votre Roi. Vous avez choisi votre camp.
Puis elle disparut dans un éclair qui frappa le sol. Merlin fondit en sanglots, serrant ses bras contre lui.
- Je suis… désolé…
Arthur avait le regard humide mais garda contenance et s'approcha de son ami. Il posa sa main sur son épaule. Il ne disait mot, mais ce geste suffisait à lui démontrer sa gratitude, ce qui attrista encore plus le jeune sorcier qui était désormais penché en avant, le front touchant le sol.
Arthur recula et se tourna vers ses chevaliers.
- Retournons à Camelot. J'ai de quoi mettre fin à la canicule.
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Guy s'éclipsa du groupe sur le chemin du retour, prétextant vouloir porter un message à Camelot et les prévenir de leur arrivée. Mais il profita d'être seul pour s'arrêter près d'un lac. Celui-ci avait étonnement beaucoup d'eau compte tenue de la situation, mais il ignorait qu'il avait été en réalité revitalisé par Merlin.
Il frotta la chevalière qu'il portait à l'index et l'eau se troubla pour faire apparaitre l'image de Morgane.
- Je suis porteur de nouvelles, ma douce.
- Guyamor, vas-y, ne me laisse pas attendre une seconde de plus.
- Arthur et Merlin on trouvé un moyen de contrer cette canicule que vous espériez fatale.
Morgan se mordit le pouce, elle avait accentué cette catastrophe naturelle grâce à sa magie mais elle n'aurait jamais pensé qu'ils réussiraient à venir à l'encontre de la nature. Merlin était encore plus fort qu'elle ne le pensait.
- Mais je crois que la situation peu tourner à notre avantage.
- Qu'est-ce qui te fait dire cela ?
Guy sourit.
- Un esprit puissant, une certaine Caelia, Gardienne de l'Ancienne Religion voit en Emrys son pire ennemi.
Morgane sourit à son tour.
- Voilà une nouvelle amie que je me dois d'accueillir comme il se doit. Retourne à ton rôle de chevalier, mon amour, ajouta-t-elle. Et ne te fais surtout pas prendre.
- Pas de doute pour cela, ma Dame. J'ai plus d'un tour dans mon sac !
Puis l'eau redevint limpide et Guy repartit au triple galop, récupérant le temps qu'il avait perdu.
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Le soir même, quelques gouttes d'eau de la fontaine furent versées sur les marches du château et la pluie s'abattit sur Camelot tout entier. Durant deux jours la pluie tomba au gré de la tristesse de Merlin qui n'avait parlé à personne depuis.
Au troisième, Arthur trouva Merlin finalement en fin de soirée dans le laboratoire de Gaius, préparant une potion pour Alice. La veille femme avait été grandement affaiblie et Merlin s'occupait d'elle du mieux qu'il le pouvait. Peut-être essayait-il de racheter ce qu'il avait fait.
Le blond ignorait comment aborder le sujet avec son ami mais il se lança, ne pouvant rester ainsi éternellement.
- Je dois te parler Merlin.
- Je suis occupé, contra-t-il aussitôt.
Gaius posa sa main sur l'épaule du jeune homme, l'arrêtant dans sa tâche et d'un regard lui fit signe de sortir de la pièce et de parler au roi. Contraint, Merlin obéit et referma la porte du laboratoire.
- Que voulez-vous, sir ?
- Nous n'avons pas encore parlé de ce qu'il s'était passé… là-bas.
- Il n'y a rien à dire Sir, répondit froidement Merlin.
Il n'avait à aucun moment croisé son regard ce qui avait le don d'énerver encore plus Arthur. Aussi, il attrapa le jeune homme par les épaules et le fit lever les yeux vers lui.
- Merlin nous devons parler de ce que tu as fait…
- Que voulez-vous que je vous dise, Arthur ? S'enquit-il sur un ton de reproche. Que Caelia avait raison et que je vous ai choisi plutôt que la sauvegarde de ce pourquoi je suis à vos côtés depuis des années ? Mon rôle est de protéger Albion et je l'ai détruit aujourd'hui parce que je ne pouvais pas accepter l'idée de…
Sentant ses larmes monter il s'arrêta, se mordant la lèvre.
- Merlin écoute moi, commença le roi. Une personne très sage m'as dit un jour : « Tu as dû faire un choix. Un choix où il ne réside ni bonne ni mauvaise solution. Tu as fait ce que tu jugeais le mieux et personne ne peux en dire le contraire. Alors ne te blâme pas pour quelque chose dont personne n'aurait pu faire mieux. »
Merlin sourit tristement en reconnaissant ses propres mots, tandis qu'Arthur soupira et enchaina.
- Tu as pris une décision, Merlin, et elle n'était pas facile à prendre mais tu l'as fait. Et de ce fait tu m'as sauvé la vie. Encore. Je ne connais rien à la magie, mais nous allons tout faire pour réparer les conséquences de cette décision. Car si tu as dû faire un tel choix, c'est également de ma faute.
- Arthur, vous…
- Il ne sert à rien de regarder en arrière et de se demander si nous avons bien fait les choses. Elles ont été faites et nous ne pouvons plus revenir en arrière. Essayons juste de faire ce qui est juste et de réparer nos erreurs.
Merlin était profondément ému par ce discours et en aurait presque sauté au cou d'Arthur tant son soulagement était intense, mais il se contenta d'un sourire.
- Merci…
Arthur lui ébouriffa les cheveux et proposa à son ami en le charriant :
- Bon… puisque nous sommes d'accord, tu peux donc arrêter de broyer du noir et de pleurer comme une fille ?
- Je ne pleure pas comme une fille ! s'indigna le sorcier. Je suis triste, vous ne l'êtes jamais vous ? Ah non j'avais oublié, vous n'avez pas de cœur !
Arthur attrapa le cou de Merlin et lui frictionna les cheveux avec plus d'entrain comme il l'avait déjà fait lorsqu'il remarquait que son ami avait le cafard.
Il l'entendit alors rire et se débattre. Arthur eut pitié de lui et le relâcha, apercevant enfin un sourire sur ses lèvres. Sans trop comprendre pourquoi il se sentit bien plus apaisé et avait lui aussi l'impression d'avoir un poids en moins sur les épaules - mais surtout au cœur.
- Je suis affamé, au fait, je n'ai pas encore mangé, lui avoua Merlin, vous m'invitez à diner avec vous ?
Arthur haussa un sourcil tandis qu'ils marchèrent tous deux dans les couloirs. Il lui donna un léger coup dans l'épaule.
- Et puis quoi encore ?
- Allez… je meure de faim et j'en ai marre de tenir la chandelle à Gaius et Alice.
- Tu préfères la tenir pour Guenièvre et moi ? Interrogea le roi.
- Au moins je n'aurais pas à faire à des personnes du troisième âge ! Plaisanta le sorcier et donnant lui aussi un coup d'épaule.
Arthur ria.
- Très bien mais tu feras le service pour nous !
- Hey ! Je ne suis plus votre serviteur !
- Oui et justement, ça me fera des vacances de ne plus voir la tête de George quand je mange ! Tu sais que j'ai perdu deux kilos depuis qu'il est à mon service ? Rien que de voir son visage me coupe l'appétit !
- Vraiment ? s'étonna Merlin en l'observant. On ne dirait pas pourtant.
- MERLIN ! cria Arthur en courant après le jeune homme.
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Merlin
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Et voilà pour cet épisode deux, en espérant qu'il vous a plu ! Il est un peu plus court que l'épisode un mais pas de beaucoup, j'essaye de rester régulière dans la largueur de mes chapitres !
Alors, vos avis ?
