Et oui voilà déjà (ou pas) la suite! Je vous avais bien promis que je ferais tout pour ne plus avoir à vous faire attendre trois mois entre chaque chapitre et j'ai une pêche d'enfer en ce moment alors... Profitons tant que ça dure ! ;)
Bon on s'en fout un peu de tout ça, en tout cas un grand merci à ceux qui me laisse un commentaire sachez que c'est ce qui me pousse à vouloir me dépasser pour vous et je vous remercie vraiment tous. J'essaye de vous répondre assez rapidement et aux Guest à qui je ne peux le faire MERCI à vous aussi. C'est vrai que c'est un peu niannian de dire ça mais c'est vraiment les commentaires qui pousse un auteur à continuer une fiction et puis ça ne mange pas de pain de laisser un mot! :) Depuis que j'écris, je vois les choses différemment et je sais combien c'est important pour l'auteur d'avoir les avis de ses lecteurs.
Non non c'est bon, rangé les violons, la minute sentimentale est terminé! Sur ces bonnes paroles, qui n'ont rien à voir avec dieu (oula mon humour ne s'arrange pas désolé!), je voulais vous avertir que ma Bêta sera occuper tous le mois de novembre et ne reprendra du service qu'au mois de DECEMBRE. Ne voulant donc pas vous faire attendre plus longtemps j'ai décidé de le poster non corriger pour ceux qui ne peuvent pas attendre et je le remettrai corrigé plus tard, donc libre à vous de vous piquer les yeux sur mes nombreuses fautes, que je vous jure essayer de corriger seule (ah mais que voulez-vous on ne se refait pas !) mais ne vous en fait pas, elles ne mordent pas! XD...
-_- ok je sors... et bonne lecture !
réédité: Une gentille bêta, AislingGra, à bien voulus remplacer la mienne et grâce à elle, ce chapitre est désormais sans danger! Alors n'ayez pas peur et lancer vous!
Mea Culpa*
Dans un pays de légende, où règne la magie, le destin d'un grand royaume repose sur les épaules d'un jeune homme. Son nom?
Merlin
.
- Tu devrais te tenir un peu plus fléchi sur tes genoux, conseilla Arthur.
Yvain portait une épée en bois dans ses mains et l'agitait en l'air face à un ennemi invisible. Il sursauta en entendant Arthur et fit la moue. Ses chevaliers suivaient leur roi, prêt à s'entrainer.
- J'aimerais apprendre à manier une vraie épée comme vous, avoua l'enfant en baissant les yeux. Mais Merlin 'veux pas. Il dit que je suis... trop jeune.
- Et il n'a pas tort, commenta Léon.
- J'ai commencé bien plus jeune que lui, contra Gauvain.
- Oui et vois ou cela t'a mené ! Plaisanta Perceval.
Les autres chevaliers rirent de sa plaisanterie, Arthur sourit lui aussi avant de croiser le regard déterminé d'Yvain. Le blond ne dit rien, mais il avait lui aussi appris très jeune à manier les armes.
- Je veux apprendre ! S'exclama l'enfant, sûr de lui.
- Pourquoi donc tu y mets un tel point d'honneur ? S'enquit le Roi.
Yvain baissa les yeux sur son épée en bois et soupira.
- Lors de l'attaque, je... j'étais tellement effrayé. Je n'ai fait que causer des ennuis à Merlin et j'ai été incapable de l'aider. Je... je veux pouvoir le protéger si ça devait se reproduire.
Arthur en fut profondément étonné, mais Gauvain lui, en ria à gorge déployé.
- On dirait bien que la magie de Merlin a encore frappé, fit-il remarquer à ses amis.
- Hein ? S'étonna l'enfant.
Mais le chevalier secouait déjà sa main devant lui.
- Ah, laisse tomber, commençons plutôt l'entrainement !
Arthur laissa Léon gérer les chevaliers aguerris et s'occupa d'Yvain. Il lui demande de le suivre et l'entraina dans la remise. Il en sortit une épée plus petite et plus légère d'un coffre poussiéreux.
- Ah la voilà ! S'exclama-t-il en brandissant l'arme devant lui avec fierté.
Il la tendit au garçon avant d'enchainer :
- C'est la première épée que j'ai eue. Mon père l'avait fait forger pour un enfant, j'avais à peu près ton âge quand j'ai appris à la manier.
- Whoua, s'émerveilla Yvain. Je peux vraiment l'avoir ?
Arthur approuva et le garçon la pris dans sa main. Beaucoup plus lourde que son épée en bois, elle était cependant agréable en main et Yvain en ressentie une joie énorme. Il brassa l'air d'un geste sec et rapide, comme s'il cherchait à tuer un ennemi invisible.
- Hey, doucement jeune homme... Tu sais qu'une épée n'est pas un jouet n'est-ce pas ?
Il posa sa main sur celle d'Yvain, mettant la pointe de l'épée loin de lui et s'accroupis devant l'enfant afin de se mettre à sa hauteur et de pouvoir le regarder droit dans les yeux.
- Tu sais qu'une épée n'est pas un jouet n'est-ce pas ?
- Bien sûr que je le sais, mais moi aussi je veux apprendre à la manier... comme toi!
Arthur lui sourit et posa sa main sur l'épaule d'Yvain.
- Très bien, mais pour ça, il te faudra beaucoup de patience, de la discipline et surtout, le plus important...
Yvain avait les yeux pétillants, attendant avec impatience les conseils de son futur professeur d'arme. Arthur enchaina d'un ton grave :
- Ne lève ton épée que dans l'unique but de protéger. Que ce soit tes amis, ta vie ou à quoi que ce soit auquel tu perds jamais cela de vue, compris ?
Yvain approuva d'un hochement de tête.
- C'est pour cette raison que je veux apprendre à manier les armes, le rassura-t-il. Je n'ai rien pu faire avec ma magie contre la Liche et Merlin m'a appris que la magie n'était pas toujours la solution à tout.
Il baissa les yeux, gêné.
- J'étais complètement inutile lorsque ce sorcier mort-vivant à attaquer, murmura-t-il. Alors que vous, vous l'avez tué si facilement. Je veux... je voudrais... être comme vous.
Arthur lui sourit et lui tendit la main.
- Alors faisons un marché bonhomme. Je t'enseigne comme utiliser une arme, sans tuer et sans te blesser et en échange, tu protègeras Merlin pour moi. Ça te va ?
Yvain lui sourit et serra sa main, scellant le pacte.
.
Yvain était, malgré son caractère, un élève étonnement studieux. Que ce soit dans la magie ou dans l'art du maniement de l'épée, il était assoiffé de connaissance. Cela faisait une semaine qu'il cachait ce qu'il faisait à Merlin. Ce dernier lui avait interdit de se servir d'une épée, le pensant trop jeune pour cela, mais Yvain savait qu'il avait cela dans son sang. C'était une partie de lui.
Un beau matin, la routine dans laquelle ils s'étaient installé se brisa soudainement et de la façon la plus inattendue qu'il soit.
Comme tous les jours à l'aube, Yvain participait à l'entrainement avec les chevaliers, prétextant vouloir les voir à Merlin. Le sorcier en profitait pour concocter de nouvelles potions et de nouveaux sorts. Il avait créé tout un stock de potion qui avait permis d'innocenter Guenièvre du sombre complot que préparait Morgane dans l'ombre. Les plus proches chevaliers y avaient déjà gouté, sans même le savoir et aucun d'eux n'avait à se reprocher d'être sous l'influence de la magie de la sorcière.
Mais l'entrainement ne se déroula pas tout à fait comme prévus. Arthur était le seul qui enseignait à Yvain le maniement des armes. Comment tenir une épée, comment donner des coups ou bien même comment parer et aujourd'hui, il avait voulu tester ce que son protégé avait déjà appris dans un petit duel.
Il avait bien entendus remplacer Excalibur par une épée émoussée, ainsi, il n'y aurait aucun danger pour l'enfant. Mais il n'avait, à aucun moment, pensé que c'était peut-être lui en danger. Car lorsqu'Yvain du lâcher son arme à cause d'un coup du plat de la lame d'Arthur sur la paume de sa main, sa magie crut sa vie en danger et frappa Arthur de plein fouet. Elle le propulsa loin de lui et le roi s'écrasa un peu plus loin, après avoir virevolté dans les airs.
Tous les chevaliers s'arrêtèrent tandis que Léon et Perceval étaient déjà devant leur roi, s'inquiétant de son état.
- Sire ! Est-ce que tout va bien ? S'enquit le premier.
Légèrement sonner, il secoua la tête pour se remettre les idées en place, tandis qu'Yvain courait vers lui, affolé.
- Je suis désolé, je n'ai pas contrôlé, c'est parti tout seul... je... je suis...
Arthur l'arrêta d'un geste de la main.
- Ce n'est pas grave, tu n'y es pour rien...
- Vous saignez, fît remarquer Gauvain.
Arthur regarda son bras et y vit une longue éraflure. Il agita son bras afin de rassurer le garçon dont ses yeux s'humidifièrent déjà.
- Ne vous en faites pas ce n'est rien du tout j'ai déjà eu pi...
Il s'arrêta poussant un cri de douleur qu'il ne put dissimuler. Il remonta sa manche et y vis non seulement la blessure mais également une énorme ecchymose.
- Vous devriez aller voir Gaius, Sir, conseilla Guy.
- Gili, tu ne peux rien faire ? Lui demanda le roi en se redressant, aider par Perceval.
Le jeune chevalier haussa les épaules.
- Je vous ai déjà expliqué que je suis un sorcier qui n'utilise que la magie de combat. Les sorts de soins, je n'en connais aucun.
- Très bien, j'aurais au moins essayé, grogna-t-il en tenant son bras. Léon, pouvez-vous prendre ma place et continuer l'entrainement.
- Je vais vous accompagnez, proposa Guyamor.
- Merci, contra Arthur, mais ça ira. Yvain m'accompagnera.
Le garçon redressa la tête et la hocha doucement. Le roi essayait de ne pas montrer sa douleur, il ne voulait pas rendre le garçon encore plus coupable qu'il ne l'était, et même si son bras lui faisait mal, il savait que ce n'était pas intentionnel.
Ils marchèrent en silence jusqu'au laboratoire de Gaius mais une fois arriver devant, Yvain attrapa la chemise d'Arthur, en s'arrêtant et le regarda avec des yeux remplis de larme.
- S'il te plait... ne... ne le dis pas à Merlin... il... il va me détester.
Arthur parut étonner des propos du garçon et s'accroupie devant lui.
- Ne dis pas n'importe quoi voyons, Merlin ne te détesterait jamais.
- Mais je vous ai blessé...
Arthur essuya une des larmes d'Yvain et lui ébouriffa les cheveux.
- Et je peux t'assurer que Merlin ne te détestera pas... jamais.
- Pourquoi ? Demanda-t-il en reniflant.
- Parce que Merlin ne déteste personne, répondit Arthur en lui faisant un clin d'œil.
Yvain en sourit timidement tandis qu'Arthur ouvrit la porte du labo. Mais ce qu'ils virent les laissèrent sans voix. La pièce était sans dessus dessous. Il était vrai que le désordre s'était installé de plus en plus au fil des jours. Cette pièce devenait clairement trop petite pour Gaius, Alice, Yvain et Merlin. Même si l'un d'eux ne dormait plus ici, il y travaillait toujours. Les potions de Gaius étaient mélangées avec celles de Merlin. Des livres étaient éparpillés partout, et s'empilaient les uns sur les autres. Il n'y avait même plus de chemin pour passer, il fallait enjamber et éviter que les piles ne s'écroulent à leur passage !
L'espace où dormait Yvain avait été enseveli de grimoire en tout genre et de fiole et autre ustensile dont il n'en connaissait même pas l'utilité.
- Mais qu'est-ce qu'il s'est passé ici ? Questionna Arthur en contournant une des piles de livres.
Merlin leva les yeux de la potion qu'il était en train de concocter, laissant tomber ce qu'il tenait dans sa main dans le chaudron qui explosa et projeta Merlin contre un amas de livres. Merlin gémit de douleur retirant les énormes tomes qui lui était tombée dessus, tandis que de la fumée s'élevait du petit chaudron. Arthur agita sa main valide devant lui pour pouvoir respirer en toussant légèrement. Yvain quant à lui s'approcha de Merlin pour l'aider à se relever.
- Est-ce que ça va ? S'enquit le jeune garçon.
- Je vais bien merci, répondit le sorcier en se redressant.
Sa manche avait brulé et dégagea la fumée devant lui regardant le chaudron dont le liquide bouillait tellement de de petite bulles se formait sur la surface.
- Ah... c'est encore fichu !
- Mais qu'est-ce que c'est que ce bazar ? Répéta Arthur. C'est encore pire que ma chambre lorsque tu étais chargé de la ranger !
Merlin lui lança un regard indigné en secouant la tête.
- Je vous ai prévenus qu'il devenait de plus en plus difficile pour Gaius, Alice et moi-même de travailler tous ici, grogna le sorcier.
- Vraiment ? S'étonna Arthur. Quand cela ?
- Il y a une semaine, précise-t-il en dépoussiérant son pantalon et sa tunique.
Arthur s'approcha et retira la cuillère en bois du chaudron et en vis le bout complètement calciné.
- Tu préparais une potion pour tuer qui, dit moi ? S'enquit Arthur avec ironie.
- Ah, ah, très drôle, consenti Merlin en récupérant le morceau de bois des mains de son ami avant de le jeter sur la table. Ce devait être un filtre de vérité.
- De vérité ? Questionna Arthur.
- Je pensais pouvoir obliger le traitre à parler avec cette potion...
- Ou bien le tuer, intervient Yvain.
Merlin soupira et s'assit sur un bout de banc et se cacha son visage dans ses mains.
- Je n'arrive à rien ici, j'ai dû recommencer des filtres pourtant simples ou que j'avais déjà fait plusieurs fois, au moins trois ou quatre fois de suite tout cela parce que Gaius est vieux et qu'il n'étiquète plus ses bocal et que nos ingrédients sont complètement mélangés!
Arthur laissa échapper un ricanement et s'approcha un peu de son ami, enjambant une autre pile de livre.
- Je suis sûr que ton problème est certainement très important et sans nul doute intéressant, mais j'aurais besoin de Gaius ou bien même d'Alice, ou sont-ils ?
- Ils sont partie ce matin pour aller récolter des plantes médicinale dans la forêt. Pourquoi, qu'est-ce qu'il vous arrive? Demanda-t-il en redressant la tête.
Arthur leva son bras et lui montra sa blessure. Merlin se leva instantanément.
- Qu'est-ce qu'il vous est arrivé ?
- Je me suis blessé comme tu peux le voir et j'aurais voulu que Gaius me donne sur son avis.
Merlin prit le bras blessé de son ami entre ses mains et le fit bouger. Arthur retient un grognement de douleur et le sorcier soupira.
- On dirait que votre os est touché. Je ne peux rien faire pour l'instant, mais dès que Gaius rentrera, je lui demanderais de vous faire une potion pour cela. En attendant, je peux au moins nettoyer la plaie.
Il le fit s'asseoir à sa place et au lieu de bouger et de crapaüter dans un tel dépotoir, il tendit la main et fit briller ses yeux, amenant à lui ce dont il avait besoin.
- Pratique, reconnu Arthur.
- Oui, même si Gaius me tuerait pour avoir utilisé, selon ses mots " un tel pouvoir pour des broutilles". Mais j'en ai marre de ce... champ de bataille et pour une fois, il n'est pas là.
Yvain se tenait légèrement en retrait et se triturait les doigts dans son dos, tandis que Merlin apposait un tissu propre et imbibé d'eau sur la plaie. Le sorcier s'arrêta soudainement, posant sa main, paume vers la blessure, d'un air songeur.
- Que s'est-il passé ?
- Je te l'ai dit, je me suis blessé lors de l'entrainement.
- Arthur... soupira Merlin. Que vous me preniez encore pour un idiot maladroit après tout ce temps, c'est vous que cela regarde, mais je sais reconnaitre la magie lorsque je la vois. Qui vous a fait cela ?
- C'est... Gili, répondit le Roi. Il ne l'a pas fait exprès, il...
- C'était un accident, gémit Yvain.
Merlin alterna son regard du jeune garçon à son ami, les bras croisés sur son torse.
- Je peux savoir ce que vous me cachez tous les deux ?
Arthur soupira.
- Merlin, je suis encore ton roi, il me semble et s'il y a une chose dont je n'ai pas envie de te parler, alors je ne le fais pas. Tu n'as pas à insister.
- Et selon ce dis roi, je suis responsable de tout acte magique qui a lieu à Camelot, donc c'est tout à fait en mon pouvoir d'exigé une réponse, contra le sorcier avec un de ses sourires de vainqueur.
Arthur soupira.
- Oh j'abandonne, capitula le blond, tu me donne mal à la tête.
- C'est... de ma faute, murmura Yvain, les yeux baissés.
- Tu n'y es pour rien Yvain, contra immédiatement Arthur.
- Mais enfin qu'est-ce qu'il se passe? S'impatienta Merlin.
- J'ai décidé d'apprendre à Yvain à se servir d'une épée et il participe à l'entrainement avec nous tous les jours, avoua Arthur. Et il se débrouille vraiment bien, seulement, lorsque j'ai voulu le tester ce matin et que je l'ai désarmé, sa magie s'est enclenché comme une sorte de... réaction d'auto défense. Ce n'est rien...
- Ce n'est rien ? Répéta-t-il incrédule. Yvain, tu veux bien attendre dehors s'il te plait ?
Le garçon n'osait pas le contrarier plus qu'il ne l'était déjà et sortie de la pièce.
- Vous vous rendez compte de ce que vous faites ? S'indigna Merlin. Ce garçon est un druide, un druide au grand pouvoir magique qui a vus ses parents se faire tuer par une épée sous ses yeux lorsqu'il était petit. Et vous croyez vraiment que c'est une bonne idée que de le laisser avec une arme dans les mains ?
- Tu n'as pas à me faire la leçon Merlin, Yvain est assez grand pour savoir ce qu'il veut et je peux t'assurer qu'il est doué.
- Mais à son âge, on ne joue pas avec des épées !
- Ni avec la magie ! Contra Arthur. Pourtant, il apprend bien à la maitriser !
- Mais c'est dangereux, il pourrait se blesser... ou vous blesser! Contra Merlin.
- Mais pas plus dangereux que sa magie !
Merlin chercha quoi répondre, mais Arthur enchaina.
- J'avais son âge quand j'ai appris à tenir une épée et l'enjeu que cela impliquait de se mesurer à quelqu'un sans y avoir été préparé. Je ne commenterais pas les mêmes erreurs avec lui que j'ai pu faire.
Merlin referma la bouche et voulu l'ouvrir, mais Arthur le coupa à nouveau.
- Je sais que tu veux le protéger et que tu tiens beaucoup à lui, mais je sais ce que je fais. Et si cela peut te rassurer, après avoir passé une semaine avec lui, je sais maintenant avec certitude qu'il n'était pas impliqué avec Morgane.
Merlin jouait au poisson, tandis qu'Arthur ne lui laissait plus l'occasion d'en placer une.
- Je l'ai trouvé il y a une semaine sur le terrain, agitant une épée en bois et il disait vouloir apprendre... Apprendre pour te protéger toi!
Merlin écarquilla les yeux, étonné et touché.
- C'est... ce qu'il vous a dit?
Arthur hocha la tête. Merlin soupira.
- J'en suis vraiment touché Arthur, mais... j'ai beau y réfléchir... une épée. Il n'a que dix ans...
- Hum hum...
Les deux hommes se tournèrent vers la porte devant laquelle Yvain se tenait. Il les avait bien évidement écouté et il avait jugé bon d'intervenir.
- Malgré le fait que je vous adore vraiment beaucoup tous les deux, commença-t-il, vous n'êtes pas mes parents et je veux vraiment apprendre à manier les armes Merlin. Mais ça ne veut pas dire que c'est pour faire le mal. Et puis je suivrais toujours tes cours de magie. L'escrime et la magie sont deux choses très importantes pour moi... j'ai l'impression qu'ils font toutes les deux parties de ma vie.
Merlin et Arthur échangèrent un regard et hochèrent la tête.
- Très bien, consenti Merlin. Mais plus de duels sans moi. Si ta magie se manifeste, je veux pouvoir être là pour la contrer, ou tu risques d'envoyer ici tous les chevaliers de Camelot !
Yvain approuva et se jeta dans les bras de son mentor.
- Je t'adore Merlin ! Merci !
Le sorcier caressa les cheveux de l'enfant et soupira. Une phrase d'Yvain lui revient soudainement en mémoire " vous n'êtes pas mes parents". Merlin ne put s'empêcher d'en rire. Il n'avait jamais pensé avoir d'enfant un jour, et il était vrai qu'Yvain était un peu le fils qu'il n'aurait jamais. Il eut soudain l'impression d'avoir pris la place de Gaius et Yvain la sienne lorsqu'il était arrivé à Camelot la première fois.
Que cela remontait à loin! Pourtant, Merlin ne pouvait s'empêcher d'être nostalgique de cette époque-là. Pourquoi? Il n'en avait aucune idée. Peut-être qu'être le serviteur d'Arthur et de passer tout son temps avec le roi lui manquait.
La magie était une partie très importante de sa vie, mais Arthur l'était tout autant.
.
Gaius était rentré depuis plus d'une heure et préparait ses potions pour sa tournée. Il prépara également celle pour Arthur et pour la gueule de bois à prévoir de Gauvain, le lendemain. Le jeudi était son jour de taverne autorisé par Arthur. Une sorte de pari perdu.
Merlin quant à lui, avait recommencé son filtre de vérité sans le faire exploser cette fois-ci et l'essaya pour en vérifier sa véracité. Il bue le contenu et se tourna vers Alice qui rangeait les herbes de la cueillette.
- Allez-y, posez-moi une question, n'importe laquelle !
- Quelle est la couleur de tes yeux ?
- Bleu, répondit-il du tac au tac, demandez-moi quelque chose de plus dure, quelque chose donc je suis le seul à en connaitre la réponse, pour voir si je peux vous mentir ou pas.
- Es-tu sur que, ce soit une bonne idée de tester tous tes filtres sur toi ? S'inquiéta Gaius.
- Quoi vous préférez le faire à ma place ? Plaisanta Merlin.
- Quel genre de question voudrais-tu que je te pose ? Demanda Alice.
- Je ne sais pas, avoua Merlin. Quelque chose qui en temps normal m'aurais fait esquiver la réponse.
- Moi j'en ai une, coupa le vieil homme. Est-ce que tu comptes te marier un jour ?
Merlin s'étonna de la question, mais répondit avec la même rapidité que la première question.
- Non.
- Non ? Répéta Alice. Pourquoi non ?
- Parce que je suis trop occupée à sauver la vie de mon roi et qu'une vie avec quelqu'un ce n'est pas pour moi... Je ne crois pas que la "vie de famille" fera partie du programme de ma si brillante destinée.
- C'est triste, commenta la vieille femme.
- N'abandonne pas mon garçon, le destin peut parfois prévoir de merveilleuses surprises, ajouta Gaius en regardant sa compagne.
Celle-ci s'approcha de lui et l'embrassa chastement.
- Heurk, vous pourriez éviter de faire cela devant moi s'il vous plait, j'ai l'impression de voir mes grands-parents, c'est dégoutant !
Le vieux couple le regarda outrer et Merlin porta sa main à sa bouche.
- Oups... je... je vais chercher quelque chose pour contrer ce filtre...
Il replongea donc dans ses livres pour en trouver l'antidote tandis que quelque heure plus tard Gaius rassemblait ses potions, prêt pour sa ronde matinale. Quelqu'un frappa timidement à la porte et une femme entra.
- Excusez-moi de vous déranger Gaius, Alice... mais c'est mon fils. Sa fièvre ne s'est toujours pas calmée et je m'inquiète. Sa température ne cesse d'augmenter, je ne sais plus quoi faire...
Le couple la suivit, tandis que Gaius déposait ses fioles dédiées à sa tournée sur la table ou Merlin s'adonnait à ses sortilèges et ses tours de passe-passe.
- Merlin pourras-tu t'occuper de ma ronde, je te pris ?
- Hum hum, répondit le sorcier, plongé dans son ouvrage.
La porte du laboratoire claqua tandis que l'image du sorcier disparut dans une lumière rougeâtre. Le sorcier sortit de sous une pile de livres en sursautant. Il regarda autour de lui et palpa son corps.
- Whoua... je devrais faire attention avec la projection astrale... c'est...
La tête lui tourna une seconde tandis qu'il s'accoudait à sa table. Il avait trouvé un livre aux nombreuses potions et filtres qui lui permettaient de crée des sorts et des potions étonnantes. Celle de vérité avait déjà été testée et approuvée, tout comme celle de la projection astrale, de l'indicateur de magie, de l'anti-douleur - qui c'était avéré très pratique pour aider Gaius avec ses rhumatismes et pour avoir été dans la peau d'un vieux, il compatissait à sa souffrance - et bien d'autres encore.
En tournant la page de son livre, il tomba sur une potion de guérison ou il y était indiqué qu'elle pouvait soigner n'importe quelles blessures bénignes et qu'il était possible d'en augmenter les effets grâce à un sort. Il s'attela à sa préparation et jeta une plume de chouette dans le breuvage avant de voir une belle fumée rose s'en échapper. Il regarda son livre de sort et prononça la formule faisant tinter ses yeux de couleur dorée ce qui changea la couleur du breuvage.
Fier de lui, Merlin fit un mouvement trop brusque dans cette pièce étriqué et renversa une partie des produits sur sa table.
- C'est bien ma veine... souffla-t-il.
Il déposa la fiole sur la table, la déposant parmi celles que Gaius avait laissées et ramassa les dégâts. Lorsque Gauvain entra à son tour, trébuchant sur une pile de livres, qui s'écroula.
- Aïe !
Il avait un chiffon posé sur l'œil gauche et regarda autour de lui de l'autre.
- Gaius n'est pas là ?
- Gauvain ? S'inquiéta Merlin. Que s'est-il passé ?
- Une mauvaise plaisanterie que Perceval n'a pas appréciée, ria-t-il. Il a cogné un peu fort et je suis ouvert.
- Fais-moi voir, lui demanda-t-il en l'aidant à parcourir la pièce sans tout saccager sur son passage.
- Dit donc, ce n'est décidément pas votre journée, on dirait ! Déjà Arthur et maintenant toi !
- Pas ma faute, soupira-t-il en penchant la tête en arrière tandis que Merlin l'examinait. Alors ? Je vais être défiguré ?
- Non ne t'en fait pas, je vais te guérir ça, cela dit, je me demande bien ce que tu as pu dire à Perceval pour l'énerver autant.
- J'ai juste dit qu'il était trop renfermé, qu'il ne parlait jamais et qu'il n'aurait jamais de femme comme s'il continuait ainsi !
- Susceptible, on dirait hein ? plaisanta Merlin en cherchant l'un des onguents à Gaius lorsqu'il repensa à sa nouvelle potion.
- Plus que je ne l'aurais imaginé. Et toi mon ami, comment vas-tu ? Tu nous manques à l'entrainement, tu sais. Tu venais tout le temps avant. Maintenant, on doit tous supporter la tête de George et son attitude parfaite. Il est... pas croyable ce , on dirait qu'il est fabriqué de toute pièce!
Merlin ria, tandis que Gaius rentra à nouveau dans le laboratoire.
- Déjà fini ? S'enquit Merlin.
Mais Gaius récupéra quelque fiole et s'arrêta en voyant celle qu'il avait laissé à Merlin.
- Alice s'en occupe, j'ai fait ce que j'ai pu, tu n'es pas partie distribuer les fioles que je t'avais demandé ? demanda-t-il sur un ton de reproche.
- Je suis désolé, mais je suis occupé comme vous pouvez le voir, contra Merlin.
Le vieil homme récupéra donc ses fioles et sortit.
- Très bien je les déposerais avant de rejoindre l'enfant, soyez sage tous les deux et ne renversez rien!
Merlin leva les yeux au ciel.
- Comment veux-tu ne rien renverser ? C'est un vrai parcours du combattant pour se déplacer ici ! Ce n'est pas dehors que les chevaliers devraient s'entrainer, mais ici !
- Ah et bien pour cela, prends-toi-en à notre cher roi qui juge que taper sur ses chevaliers et me mentir en entrainant un enfant de dix ans à manier une épée est plus important que de me fournir un locale plus grand pour pratiquer la magie !
Gauvain haussa un sourcil.
- Et bien, tu as l'air sacrément remonter toi, qu'est-ce qu'il t'arrive ?
Merlin se mordit la lèvre.
- Ah... non c'est juste que je m'inquiète… Il faut croire que je suis doué pour ça.
Il trouva finalement l'onguent avant de repenser à sa potion.
- Cela te dirait d'essayer quelque chose de tout nouveau que je viens de créer, s'enquit le jeune sorcier.
- Cela risque de me tuer ?
- Heu... non.
- De me transformer en quelque chose de bizarre ?
- Non plus...
- Alors pourquoi pas ! Acceptai le chevalier.
Merlin se dirigea vers la table, mais n'y trouva plus sa fiole. Gaius avait dû la prendre avec lui. Il soupira lorsqu'il vit un des pots ou il y rangeait les herbes et autre ingrédient nécessaire à la réalisation des potions et le pris en main. Il était indiqué sur le flacon que c'était des racines de mandragore, mais en se penchant au-dessus, Merlin constata avec effroi que c'était des racines de Belladone.
Ce n'est que trop tard qu'il comprit sa faute. Il pâlit soudainement et se précipita à la suite de Gaius. Il traversa les couloirs à toute allure sans même donner une explication à Gauvain et trouva le physicien devant la porte d'Arthur.
- Dîtes moi que vous n'avez encore rien distribué ! S'exclama-t-il.
- C'est la première, pourquoi ? S'étonna-t-il.
- Montrez les moi, pressa Merlin. Il fouilla dans la besace de Gaius, mais ne trouva pas la sienne. Bon dieu pourquoi fallait-il que le sort s'acharne ainsi sur lui ! Il entra dans la chambre d'Arthur sans même frapper, mais il était trop tard, Arthur venait d'avaler le contenu de la fiole. Il regarda Merlin avec étonnement puis Gaius.
- Quoi ? Que faites-vous là ?
- Je... je l'ignore, murmura Merlin en échangeant un regard avec Gaius. Vous ne vous sentez pas étrange ?
- Et pourquoi je devrais me sentir étrange ? Demanda le Roi.
- Pour rien... une mauvaise herbe... je pensais que nous avions des herbes... pas fraîches. Je... vais vous laisser... Gaius... vous devriez venir avec moi...
Puis il quitta la pièce, le physicien à sa suite.
- Je peux savoir à quoi tu joues mon garçon ?
- Et bien, il te trouve que vous avez pris l'une de mes fioles par erreur et que j'ai... comme qui dirait échanger deux ingrédients... essentiels.
- Et quels étaient les effets de la potion que tu as voulu crée mon garçon?
- Elle devait juste permettre de guérir des blessures bénignes seulement... en lançant un sort dessus... les effets en étaient... décuplé. Seulement avec ce nouvel ingrédient, j'ignore l'effet que peut avoir cette potion que vient de boire le roi... gémit Merlin. Pourquoi a-t-il fallut que ce soit Arthur qui la boive ? !
- Nous voilà encore dans de beaux draps si j'ai bien compris. Tu devrais en informer notre roi avant qu'il ne se retrouve avec des effets secondaires étranges et trouver immédiatement les effets de cette nouvelle potion que tu viens de créer et comment en annuler ses effets.
Merlin soupira.
- Tu vas avoir du pain sur la planche, je te conseille de trouver très vite ses effets ou tu risques de passer par le pilori, ironisa Gaius.
Merlin le regarda dépiter et laissa échapper un autre soupire de désespoir.
- Ce n'est pas drôle Gaius...
Il tourna les talons pour faire demi-tour lorsque le vieil homme ajouta.
- Une dernière chose Merlin... ne teste pas ce nouveau filtre sur toi si tu ignores son effet... cela risquerait d'être désastreux.
- Compris...
.
Arthur ne comprenait pas vraiment l'intervention de son ami et il ne préférait même pas y réfléchir. Guenièvre entra dans la chambre et trouva son époux assit sur une chaise, le bras bander.
- J'ai entendus dire que vous vous étiez blessé, s'inquiéta-t-elle en refermant la porte derrière elle. Comment vous sentez-vous ?
- Bien, au vu des circonstances, répondit-il.
- Que s'est-il passé ? Demanda-t-elle en refermant la porte derrière elle. Vous ne souffrez pas de trop ?
Elle croisa ses yeux et une lueur étrange l'enveloppa soudainement. Une lumière rouge qui la fit soudainement sourire.
- Non, à peine. Gaius est venu m'apporter de quoi me soigner. Il m'a certifié que je pourrais reprendre l'en... Pourquoi souris-tu ?
- Vous êtes particulièrement en beauté aujourd'hui, je trouve, lui avoua-t-elle sans aucune timidité.
Arthur en fut légèrement étonné et lui fit signe de s'approcher. Il chercha à l'embrasser tendrement, mais elle se jetât pratiquement sur ses lèvres, l'embrassant passionnément - voir goulument - chose qu'elle n'avait jamais fait.
Cela ne déplaisait pas au Roi, loin de là, mais il trouvait cela étrange. Il écarta la jeune femme de lui et l'observa.
- Tout va bien ?
- Vous êtes... si beau... je pourrais vous embrasser durant des heures, susurra-t-elle d'une voix aguicheuse.
Ce qui finit par convaincre Arthur qu'il se passait bien quelque chose d'étrange. Peut-être avait-elle été envoutée ? Encore ! Il pensa à la potion de Merlin qui parvenait à détecter les traces de magie avant de penser à celle qu'il avait bu à l'instant même et qui avait semblépaniquer son ami.
Non. Il n'avait pas osé l'envouter tout de même...
Il se leva et dû repousser la jeune femme qui se préparait déjà à se jeter sur lui.
- Je vous aime Arthur... vous êtes... si beau...
- Merci... c'est vraiment... très gentil, mais... je... rester là... ne bougez surtout pas... je reviens.
Il quitta sa chambre et la verrouilla derrière lui. Il devait trouver Merlin et lui tirer quelques explications de tout ceci, mais tandis qu'il s'engouffrait dans les couloirs, les servantes, et mêmes les serviteurs ne cessèrent de le regarder. Ils murmurèrent sur son passage, s'arrêtant tous dans leurs tâches pour l'observer. " Qu'il est beau" entendit-il sur son passage. Guenièvre n'avait donc pas été la seule à être envouté. Si tout le château avait subi l'enchantement, il était fichu.
Merlin allait définitivement payer pour ce qu'il lui faisait subir ! Il accéléra le pas et vit Léon et Perceval au loin. Il voulut les esquiver, mais ce dernier l'appela. Il se retourna et vit ses deux chevaliers s'approcher de lui.
- Votre Majesté vous... vous semblez bien pressé ou est-ce que...
Perceval se pencha au-dessus de lui et se mit à le humer.
- Vous sentez bon... la cannelle... j'adore...
Arthur hésitait entre rire et hurler. Il esquiva finalement les deux chevaliers qui l'appelèrent après son passage et entra en trombe dans le laboratoire de Gaius en criant :
- MERLIN !
.
Le sorcier avait cru pendant moins d'une heure que peut-être, il n'y aurait eu aucun effet et que tout allait rentrer dans l'ordre naturellement. Ou tout du moins, il l'espérait. Seulement, il ne fallut pas plus d'une trentaine de minutes pour mettre fin à ses espoirs.
Arthur était rouge de colère et il s'approcha de Merlin, contournant et enjambant les obstacles au sol.
- Je peux savoir ce que tu as fait ? Stupide Enchanteur !
- Ce que j'ai fait ? Dégluti le sorcier. Pourquoi faut-il que j'aie fait quelque chose ? Ce n'est pas toujours moi le responsable de vos...
Il s'arrêta et soupira se mordant la lèvre.
- Bon d'accord, c'est de ma faute... mais je vais arranger ça, je dois juste savoir... quels sont les effets secondaires ?
- Secondaires ? J'appellerais plutôt cela un énorme problème, cria Arthur. Alors tu vas lancer une de tes incantations bizarres et me débarrasser immédiatement de ce problème !
- Heu... je le voudrais bien mais... de quoi vous parlez au juste?
Gaius et Alice avaient regardèrent le Roi et leur protéger échanger leur violente discussion sans dire un mot. La guérisseuse proposa donc au roi de s'asseoir tranquillement.
- Que vous arrive-t-il ? Demanda doucement Gaius.
- Attendez... cela ne vous faire rien à vous?
- Fait quoi ? L'encouragea Alice.
- Le... le sort... Guenièvre, les serviteurs, même Léon et Perceval...
Il hésita, gêner et pas sûr de comprendre lui-même ce qu'il se passait.
- On dirait qu'ils sont tous... amoureux de moi !
Merlin ne put retenir un gloussement tandis que Gaius et Alice soupirèrent de soulagement.
- Pendant une seconde, vous m'avez fait vraiment peur, j'ai cru que j'avais créer une catastrophe, soupira Merlin.
- Mais c'est une catastrophe ! S'emporta Arthur. Alors tu vas réparer cela immédiatement et... et déjà... pourquoi est-ce que tu m'as jeté un tel sort?
- Ah heu... en vérité ce n'est pas moi... enfin pas directement, la fiole que Gaius vous a donné... c'était la mienne.
Arthur recula la tête, esquissant un geste pour s'éloigner de Merlin.
- Et tu comptais faire en sorte que tout Camelot tombe sous ton charme pour quelles raisons ? S'enquit-il avec dérision.
- Ah, ah très drôle, la fiole venait bien de moi, contra le sorcier, rougissant. Seulement, une fois de plus, les ingrédients n'étaient pas rangés au bon endroit et l'effet de la potion n'a pas vraiment eu... l'effet escompté. Et cela aurait pu être bien pire...
- Alors tu sais comment l'annuler ?
- Oui, approuva Merlin avec un grand sourire confiant. Pour rompre un philtre d'amour ou un enchantement lié au sentiment, il faut juste que vous receviez un baiser de celle que vous aimez.
Arthur haussa un sourcil.
- Le problème c'est que Guenièvre est elle aussi sous le charme.
- Quoi ? S'étonna Merlin.
Il échangea un regard inquiet avec ses amis.
- Ce n'est pas possible.
- Oh que si, et pour être plus précis, elle m'a embrassé et j'ai toujours avec le même problème!
Merlin sourit comme unique réponse.
- Ne vous en fait pas... je vais trouver quelque chose... Si nous ne sommes pas toucher par le charme, c'est peut-être grâce à notre magie. J'ai vu un sort qui annulait n'importe quel effet l'autre jour dans l'un de ces livres.
Il fouilla dans les grimoires d'une pile bien précise et en sortie un pratiquement tout en dessous, soulevant par magie la pile pour la reposer tranquillement au sol.
- Merlin ! Gronda le physicien.
- Une autre fois Gaius ! Protesta Merlin en parcourant la page. Et voilà, je l'ai. L'annule-sort.
Il tendit sa main devant lui et prononça l'incantation. Une lueur rougeâtre illumina le corps du Roi et disparut.
- C'est fait ? S'enquit le Roi.
- Oui ! Plus de charme ! Rompus ! Promis Merlin.
Arthur hocha la tête. Il s'était imaginé le pire, et voir un tel sort trainé sur des jours entiers, aurait été un désastre pour Camelot.
- Je ne te fais pas confiance, je vais vérifier cela par moi-même et tu viens avec moi !
Il quitta le laboratoire, suivit par Merlin qui riait toujours. C'était dommage que tout cela soit déjà terminé, il aurait bien aimé voir les chevaliers de la table ronde faire la cour au Roi, mais il pouvait toujours refaire la potion si l'envie l'en prenait.
Ils croisèrent Gauvain qui les interpella.
- Ah te voilà enfin Merlin. Tu m'as laissé en plan comme ça sans même me dire pourquoi et tu... tu es étrange. Quelque chose ne va pas ?
- Regardez-moi Gauvain et répondez moi franchement, vous me trouvez comment ?
- Comment ça comment ? S'inquiéta le chevalier. Étrange ? Bizarre ?
- Non... physiquement, précisa Arthur.
Gauvain en ria et secoua la main devant lui.
- Désoler Princesse, vous n'êtes pas du tout mon genre! Plaisanta-t-il.
Arthur soupira de soulagement.
- Là, je te crois, avoua Arthur à Merlin. J'ai bien cru que tu allais crée un désastre, mais on dirait que tu n'es pas si inutile et idiot que je ne le pensais.
Il frappa l'épaule de Merlin et retourna vaquer à ses occupations. Gauvain ne comprenant rien à la situation, regarda Arthur s'éloigner, demandant à son ami :
- Tu m'expliques ?
- Longue histoire, répondit Merlin. Ta tête va mieux ?
Gauvain la toucha et hocha la tête.
- On dirait, ça s'est arrêté de saigner au moins.
- Laisse-moi voir.
Il pencha la tête de Gauvain pour voire sa blessure de plus près mais la blessure n'était pas profonde, le sang avait beaucoup coulé comme il avait été ouvert à l'arcade, mais il y avait eu plus de peur que de mal. La blessure ne serait qu'un mauvais souvenir d'ici moins de deux jours.
- Tu... tu sens bizarrement, fis remarquer le chevalier.
- C'est sans doute ma potion de ce matin qui m'a explosé à la figure, répondit-il en haussant les épaules.
- Tu devrais le garder comme parfum alors... parce que ça sent super bon.
Merlin le regarda étonner s'éloignant de lui pour le regarder dans les yeux.
- Serais-tu en train de dire que... je sens bon?
- Ouais, pourquoi ?
Léon et Perceval les rejoignirent, coupant court à la divagation de Gauvain.
- À te voilà, s'exclama Perceval. Je te cherchais Gauvain. Je voulais m'excuser pour... ta tête.
- Elle est solide, ne t'en fait pas !
Le grand chevalier sourit avant de saluer Merlin qu'il n'avait même pas calculé sur le moment.
- Bonjour Merlin. On ne te voit plus souvent à l'entrainement. Tu te cloitres dans le laboratoire pour éviter Arthur ?
Léon en ria et posa son bras autour des épaules de Merlin.
- Je vous rappelle messieurs, que c'est l'Enchanteur officiel de la cour, attention Perceval. Techniquement désormais, il est supérieur à nous, les chevaliers !
- Vraiment ? S'étonna Merlin, plus pour la révélation que pour le bras du chevalier autour de ses épaules.
- Oui, mais Arthur ne voulait pas que tu le sache, lui avoua-t-il en se penchant vers lui comme pour le lui confier comme il lui aurait confié un secret.
- Tu as toujours eu les yeux aussi bleus ? Demanda soudainement Léon.
- Heu... oui...
- Ils sont magnifiques...
Ok. Là, c'était bizarre. Que Gauvain lui dise qu'il sentait bon, c'était déjà ridicule, mais après tout c'était Gauvain. Mais que Léon lui dise qu'il avait de beaux yeux, là, s'en devenait carrément effrayant. Merlin blêmi, pensant que le sort qu'il avait annulé l'avait sans doute contaminé à sa place.
Il retira le bras de Léon de son épaule et leur fit un de ses sourires gêner.
- Excusez-moi, mais... je... je dois y aller.
- Tu es vraiment trop craquant quand tu souris, avoua soudainement Perceval.
Merlin fit les gros yeux en dévisageant les trois chevaliers et parti en courant sans même prendre la peine de communiqué avec eux. Il percuta quelqu'un sur son chemin et s'en excusa maladroitement. Reconnaissant Guy, Merlin paniqua.
- Oh c'est vous... je dois y aller!
Guy fronça les sourcils et le retient par le bras.
- Merlin, attendez... tout va bien?
- Oui... non! En fait... non et... je dois voir Arthur... immédiatement...
Guy l'observa un moment avant de s'approcher de lui en murmurant d'une voix grave.
- Puis-je faire quelque chose pour vous aider ?
- Non... je ne pense pas... heu... Pouvez-vous... lâcher mon bras s'il vous plait ?
Guy le libéra de sa poigne mais toujours inquiet, il s'approcha d'un pas faisant reculer Merlin.
- Pourquoi reculez-vous ? Vous ai-je donné une raison de me craindre ?
- Oh... non Sir Guyamor vous n'avez rien fait je suis juste...
- Êtes-vous sûr que je ne peux rien pour vous aider ? Vous semblez si paniqué... et troublé.
Merlin l'était effectivement. Il secoua tout de même la tête et d'un geste qu'il voulut décontracter, agita la main devant lui.
- Juste des soucis avec... Yvain, mais rien de grave.
- Vous me rassurez, j'eus peur pendant un instant que votre vie ne soit en danger, répondit le chevalier.
Merlin avait du mal à comprendre. Guyamor semblait tout à fait normal. Gauvain, Perceval et Léon lui avaient-ils joué un tour ? Mais le chevalier se pencha soudainement au-dessus de lui et murmura.
- Vous avez... changez quelque chose à vos cheveux ?
- Mes cheveux ?
- On dirait qu'ils sont brillants et... doux, avoua-t-il.
- Brillantset doux? Répéta-t-il, les yeux écarquillés. Excusez-moi, mais je dois y aller !
Il faussa compagnie à Guy et esquiva les serviteurs dans les couloirs qui contrairement à quelques heures plus tôt ne lui crièrent plus dessus. Il avait espéré que ce n'était qu'une plaisanterie de ses amis, mais Sir Guyamor l'avait regardé avec une telle lueur dans les yeux que s'en était effrayant. Il arriva devant la chambre d'Arthur et sans même frapper, il se permit d'entrer, refermant la porte derrière lui.
Le Roi et la Reine, dinèrent ensemble, tandis qu'un autre plateau l'attendait.
- On t'attendait Merlin. Viens nous rejoindre avant que ça ne soit froid... tout va bien?
- Heu et bien en fait non... Arthur, puis-je vous parler ?
- Qu'y a-t-il encore ?
- Maintenant ? Et... en privé, ajouta-t-il dans un murmure.
- Tu peux parler devant Guenièvre enfin.
- Je ne crois pas non... je ne pense pas que vous apprécieriez... ni l'un ni l'autre à vrai dire.
- Mais qu'est-ce qu'il t'arrive enfin ?
- Tu as l'air particulièrement éblouissant aujourd'hui, commenta Guenièvre en fixant Merlin.
Arthur écarquilla les yeux, ayant peur de comprendre. Il se leva et prit Merlin par le bras, l'entrainant dans le laboratoire de Gaius, ignorant les murmures à leur passage.
- Qu'est-ce qu'il se passe encore bon sang ? Tu as bu une de ses potions toi aussi ? demanda-t-il à l'abri des regards indiscret.
Gaius était présent et écoutait l'échange entre son Roi et son pupille.
- Non, c'est sans doute arriver lorsque j'ai lancé le sort pour l'annuler sur vous. En fait ça ne l'a pas totalement annulé c'est juste...
- Passé à toi ? Termina Arthur.
Merlin hocha la tête et Arthur s'esclaffa de rire.
- Oh oui c'est bon, je vous vois venir sur vos grands chevaux!
- Tel est pris qui croyait prendre ! Alors Merlin quelle sensation cela te fait-il de savoir que tu es adulé et aimé de tous ? Tien mais au faite... pourquoi je ne ressens rien moi?
Merlin haussa les épaules.
- Sans doute parce que vous étiez la cible initiale à ce sort.
- Et que comptes-tu faire maintenant ?
- Comment "ce que JE compte faire?" Ce que NOUS allons faire vous voulez dire!
- Ce n'est pas de ma faute si tu es maladroit et que tu t'es tombé dans ses formules et tes potions !
- Peut-être, mais tout cela ne serait pas arrivé si vous m'aviez écouté il y a une semaine et que vous m'aviez fournie ce local que je vous ai demandé !
- Désolé d'avoir autre chose à faire que de prendre soin de ton petit confort ! Riposta le roi, mais j'ai d'autre préoccupation plus importante en ce moment vois-tu !
- Hey hey, doucement vous deux, intervient Gaius en laissant de côté de qu'il faisait, calmez-vous ce n'est pas en vous criant dessus que vous allez régler la situation. Si j'ai bien compris ce que vous disiez, le charme est désormais centré sur toi Merlin ?
- Oui, gémit-il, et j'ignore quoi faire... mais pourquoi ce genre de chose n'arrive qu'à moi?
- Peut-être parce que tu es un indécodable idiot ?proposa Arthur.
- Et vous un gros balourd !
- Il suffit ! Coupa Gaius plus fortement en passant entre les deux hommes. Merlin, tu devrais demander de l'aide au Dragon.
Arthur n'avait pas revu le Dragon depuis ce fameux jour et il en avait des sueurs froides rien que d'y penser.
- Attendez... vous voulez quoi? L'appeler comme cela en plein milieu de la cours de Camelot ? s'indigna Arthur. Dois-je, vous rappelez, que la dernière fois que le peuple l'a vu c'était lorsqu'il attaquait ces murs ?
Merlin hocha la tête.
- Non, bien sûr non, je l'appellerais pour qu'il vienne à la clairière juste à côté comme je le faisais avant, mais cela veut dire que je dois attendre la nuit... je sens que ce sera une très longue journée.
Gaius tapota l'épaule de son presque fils pour l'encourager et se tourna vers le roi.
- Vous devriez l'accompagner Sir, proposa Gaius.
- Quoi ? Sérieusement ? Tu as vraiment besoin d'un chaperon Merlin ? S'étonna Arthur.
- Oui sérieusement, parce que le seul moyen que je connaisse pour rompre un enchantement amoureux, cria presque Merlin, aussi puissant soit-il, est que l'être aimé reçoive un baiser de l'élue de son cœur pour l'en délivrer et au cas où cela vous aurait échappé je n'ai personne qui corresponde à cette description dans mon entourage !
- Merlin, murmura le vieil homme.
Arthur en resta sans voix. Merlin avait fini sa tirade et soupira.
- Excusez-moi Sir, je ne voulais pas crier... vous devez sans doute pensez que je suis un incapable... je ne commets que des erreurs et cette histoire de potions est tellement ridicule... j'aurais dû être plus attentif...
- Tu n'es pas le seul fautif, coupa Arthur en soupirant. J'aurais dû t'écouter et te fournir un lieu ou exercer tes... charmes et autre sortilèges sans que ce genre de chose n'arrive. Personne ne pourrait travailler dans ce foutoir et pourtant, vous l'avez fait tous les deux durant des mois, accumulant de plus en plus de désordre. J'en suis désolé...
- Peu importe qui est le fautif dans cette histoire, l'importance, c'est de régler cette affaire au plus vite, ajouta Gaius.
Et les deux amis en consentirent d'un commun accord d'un signe de tête.
.
Le nuit tombée, Arthur passa chercher Merlin au laboratoire et tous deux traversèrent le couloir menant à la porte principale, lorsqu'un bruit derrière eux, mis leurs sens en alerte.
- Qui vas là ? Appela Merlin.
Arthur avait déjà dégainé son arme et soupira devant la stupidité de son ami.
- Merlin... crois-tu vraiment que s'il y a quelqu'un, cette personne prendrait la peine de te répondre et de...
- C'est moi, coupa la voix de Guy qui s'approchait déjà d'eux.
- Vous disiez ? Sourit Merlin.
- Merlin...
- La ferme ?
- Oui !
Arthur rengaina son épée et s'approcha du chevalier.
- Que faite vous ici Guy ?
- Je vous ai vus quitter le laboratoire, expliqua-t-il et je me suis inquiété...
Le chevalier changea soudainement d'attitude.
- ... où comptez-vous amener mon Merlin?
Arthur leva un sourcil sous l'étonnement de cette réplique, mais il en ria et regarda son ami avec amusement.
- L'on dirait bien là l'un de tes prétendants, Merlin.
Le sorcier se frotta la tête et s'approcha du chevalier pour essayer de le faire partir.
- J'apprécie votre inquiétude Guy, vraiment... mais... vous devriez nous laisser. Nous... je ne coure aucun danger...
- Et vous laissez seul avec le roi ? Désolé mais, non, je ne peux vous imaginer avec quelqu'un d'autre... loin de moi.
Le chevalier avait réduit la distance qui le séparait de Merlin et avait pris les mains de Merlin dans les siennes. Guy plongea son regard dans le sien et esquissa un geste pour se pencher, mais Merlin bascula en arrière, gardant une certaine distance de sécurité.
- Qu'est-ce que vous faites ? Demanda-t-il sur la défensive, essayant vainement de dégager ses mains de celles du chevalier.
- Mais enfin... je voulais vous embrasser. Ne me repousser pas mon amour... nous serons heureux...
Le chevalier avait cette fois-ci approché les mains de Merlin qu'il avait toujours capturé dans les siennes et les porta à ses lèvres pour venir les lui baiser. Arthur se retenait de s'esclaffer de rire tandis que Merlin se tourna vers lui.
- Un coup de main ?
- Voyons Merlin, comment peux-tu repousser de telles déclarations ? Plaisanta le roi. Toi qui te plaignais de n'avoir personne dans ta vie. Je crois que tu l'as trouvé, on dirait bien !
Guy remontait ses baisers sur son poignet et Merlin essuyait de retirer sa main avec plus de force, mais en vain.
- Vous comptez venir m'aider où je l'assomme ! Pressa le jeune homme essayant par tous les moyens de s'éloigner de l'emprise du chevalier.
Arthur jugea que son ami avait assez souffert de sa bêtise et décida qu'il était temps d'intervenir.
- Allez Sir Guyamor, laissez mon sorcier tranquille où vous risquez d'être transformé en crapaud.
Guy posa un regard vert de jalousie sur le roi et dégaina son épée avec laquelle il menaça Arthur. Il fit passer Merlin derrière lui et s'exprima avec force et détermination.
- Comment osez-vous... ? Merlin n'est pas votre Sire... Il est à moi.
Ce dernier dégaina lui aussi son épée, toujours avec le sourire.
- Alors comme cela, on protège son amour, Guyamor ? Je ne vous savais pas si... Chevaleresque !
- Arthur ce n'est pas le moment de jouer ! protesta Merlin.
- Laisse Merlin... c'est enfin l'occasion pour nous de savoir si sir Guyamor retient vraiment ses coups lors de nos entrainements !
Les deux hommes entamèrent un duel à l'épée et Merlin ne pouvait rien faire pour les arrêter. Mais la puissance de Guy se réveilla sans retenue et il asséna de puissant coup à son roi, sans même s'arrêter ou montrer un signe de fatigue ou bien même de remords. La blessure au bras du roi se fit ressentir et le blond ne dû sa survie qu'à ses réflexes extraordinaire qui lui permettaient d'esquiver les coups d'épée de son adversaire.
Arthur était en mauvaise position et essuya de parler à son chevalier, mais ce dernier ne voulait rien entendre.
- Guy cela suffit, tenta Arthur en parant une des attaques meurtrières. Vous allez finir par tuer votre roi !
- Qu'importe ! S'exclama-t-il, j'aurais ainsi Merlin pour moi seul !
Et il désarma Arthur d'un coup s'estoc, laissant le jeune homme en mauvaise posture. Cette fois-ci, Arthur ne riait plus du tout. Son chevalier avait complètement perdu la raison, il n'y avait aucun moyen de le résonner et s'il continuait ainsi, il allait finir par réussir à le tuer.
Merlin n'eut d'autre choix que de faire briller ses yeux et d'envoyer le chevalier s'écraser contre le mur de pierre. Il ramassa son épée au passage et rejoignit son ami avec empressement.
- Partons d'ici avant que quelqu'un d'autre n'arrive !
.
Ils avaient réussi à appeler le Dragon sans peine et subissait désormais l'un de ses fous rire. Ni Merlin, ni même Arthur n'avait plus le cœur à cela et ni l'un ni l'autre n'appréciaient vraiment les railleries du Dragon.
- Quand vous aurez fini de vous moquer, vous pourriez peut-être nous aider ? Grogna Merlin.
- Tu es sur au moins qu'il est capable ? S'enquit Arthur à voix basse.
- Je vous en prie Kilgharrah, cette situation devient vraiment grotesque, l'un des chevaliers s'en est même pris directement à Arthur, vous n'allez tout de même pas laisser ce stupide incident compromettre la chute d'Albion !
Le grand dragon calma son rire en toussant. Merlin avait une impression de déjà-vu et avait l'impression de se retrouver plonger à l'époque où Uther avait bien faillit épouser un troll et que Kilgharrah n'avait pas trouvé mieux que de rire aux éclats, jusqu'à en faire trembler les murs de sa grotte.
- Pourquoi s'en serait-il prit à Arthur ? demanda la créature en continuant de ricaner. Le chevalier voyait-il dans notre roi une menace pour... pour la... conquête du cœur de notre jeune Sorcier ? Ah ahah... de toute ma vie je n'ai jamais fait face à pareille situation aussi... risible et aussi proche de détruire Camelot.
- Si c'est pour vous entendre vous rire de nous, il est inutile que nous restions, grogna Arthur dont les nerfs avaient été mis à rude épreuve.
- Arthur, souffla Merlin.
- Quoi ? Je ne vais pas le laisser m'humilier d'avantage sans réagir. La situation est grave et s'il ne peut le voir alors nous n'avons rien à faire ici.
- Une seconde Arthur, intervient Kilgharrah. Excusez-moi, il est vrai que je n'ai pas très bien réagi et que si l'un de vos chevaliers vous a attaqué, les autres ne manqueront pas de le faire également.
La créature déploya ses ails et s'installa plus confortablement, reprenant son sérieux.
- Il me semble avoir t'avoir déjà conseillé sur le sujet, jeune sorcier, continua Kilgharrah.
- Je le sais, seulement, lorsque qu'Arthur a été sous l'effet du sortilège, le baiser de Guenièvre a eu l'air de ne faire aucun effet.
- Dans ce cas, j'ai bien peur que je ne puisse pas faire grand-chose mon jeune ami, avoua le Dragon. Si le baiser de la reine n'a eu, aucun effet, il n'y a que deux possibilités. La première serait que le sortilège qui l'affecte est en réalité plus éphémère que vous ne le penser et qu'il n'a qu'une durée limitée. Pour la plupart des filtres et des charmes, c'est le cas. Plus les conséquences et le nombre de personnes touchés son élevés, plus les effets sont courts. Ils s'estompent avec le temps et l'équilibre des choses est rétabli.
- Sous combien de temps ? S'enquit le brun.
- Cela dépend, il peut très bien s'annuler ce soir, demain ou bien même dans une semaine. Jouer avec les charmes et les filtres sont dangereux jeune sorcier. La magie est puissante, mais eux qui l'utilisent pour leurs profits personnels se voient châtier pour cela.
- Que voulez-vous dire ? S'enquit le sorcier.
- Bon nombre de sorciers ont voulu apprendre la magie pour l'utiliser à des fins personnelles, Sermonna le grand dragon. Seulement il y a des règles à respecter. Jusque-là, tu usais de ton don pour réaliser t'a destiné et protégé ton roi, mais depuis que ta magie a été révélée au grand jour, tu comptes trop sur elle pour t'aider. La magie est une force en ce monde mon jeune ami, mais elle n'est pas la solution à tous les problèmes.
Merlin plongea son visage dans ses mains, attrapant ses cheveux dans ses poings.
- Que dois-je faire Kilgharrah ? Tout ce qui m'arrive est certainement une punition et Gaius avait sans doute raison et... j'ai compris qu'il ne fallait pas abuser de la magie... mais vous devez m'aider car si je ne romps pas ce sort très vite une guerre civile éclatera bientôt à Camelot!
- Et la deuxième solution ? Intervient Arthur. Vous disiez qu'il n'y avait que deux possibilités, quelle est la seconde ?
- C'est que votre cœur n'est plus destiné à la Reine.
- Que voulez-vous dire ? Interrogea Arthur incrédule.
- Ce que j'ai dit, grand Roi. Guenièvre était destiné à être votre femme, et vous à mourir à Camlann par la main de Mordred. En rompant votre destinée, Merlin a peut-être perturbé plus de choses que vous ne le pensiez tous les deux. Je vous avais bien dit que l'on ne pouvait aller contre une telle force, mais une fois de plus tu as ignoré mes recommandations Merlin.
Le ton du Dragon se voulait grondant, et Merlin se sentait légèrement ridicule, seulement il avait besoin d'aide, et maintenant.
- Nous avons déjà discuté de cela Kilgharrah et je ne crois pas qu'en reparler maintenant nous aidera avec notre problème actuel.
- Ah ah, l'on dirait bien que cette nouvelle fonction t'a rendu bien impatient mon jeune ami.
- J'ai rarement de temps libre je l'avoue, même si jongler entre aider Gaius, servir Arthur et lui sauver son royal derrière n'était pas une mince à faire non plus!
Arthur leva les yeux au ciel.
- Pour en revenir à ce que vous disiez... Kilgharrah... je doute que mon amour pour Guenièvre puisse changer à ce point. Nous avons traversé bon nombre d'épreuve et j'avoue que sans l'aide de Merlin, je ne serais sans doute pas marié à elle, mais je l'aime. Par deux fois, elle a failli m'être enlevée et je ne peux concevoir une vie sans elle.
- Voilà de belle parole jeune roi, mais même si votre cœur le pense encore, votre destin est peut-être tout autre. En attendant, je ne peux malheureusement pas vous aider plus que cela.
Le dragon semblait peiné de ne pas pouvoir aider ses amis et la pluie commençait à s'abattre sur eux comme une réaction en chaine de malchance.
- Et si... la personne qui est... au centre d'un tel sortilège n'a... personne, murmura Merlin tandis que la pluie les trempait déjà. Comment rompte-t-on le charme ?
Le dragon hésita.
- Pour un véritable sort lancer par un sorcier, seul le véritable amour peur libéré une personne sous un tel enchantement, mais votre situation est différente. Ce n'est pas vous-même, mais les autres qui sont soumis à l'effet de la potion, ce qui devrait être moins compliqué à défaire.
Le Dragon sembla réfléchir tandis qu'Arthur s'impatienta sous cette pluie torrentielle.
- À quoi pensez-vous ?
- La plupart des charmes d'amour que l'on rencontre se brisent par un baiser d'amour, car lorsqu'il se produit, la personne enchanter se remémore qui il est et qui il aime vraiment.
- Je n'ai pas tout compris, avoua Merlin. En quoi cela peut-il m'aider ?
- Peu importe la personne que tu embrasses, du moment qu'elle a la première place dans ton cœur.
Le dragon ajouta un regard lourd de sens pour appuyer ses propos.
- Vous... vous voulez dire que, commença Merlin.
- Même s'il s'agit d'un frère, d'une sœur, d'une mère, d'un père ou d'un ami, du moment que cette personne compte le plus au monde pour toi, cela devrait suffire à briser une potion de cette envergure et vous débarrasser de ce problème.
Merlin et Arthur échangèrent un regard avant d'immédiatement le détourner. Kilghrarrah déploya alors ses ailes et s'envola, laissant les deux jeunes hommes, peut-être plus embêter qu'avant.
- Bien... murmura Merlin. Et maintenant ?
Arthur le regarda un moment avant de secouer la tête.
- Non ! Hors de question que je fasse cela, trouve-toi une autre personne à aimer et tout de suite où tu devras quitter Camelot pendant un certain temps.
Merlin soupira.
- Vous en avez de belles idées et je ferais comment, pour protéger votre royal derrière et votre royal trône?
- Tu te débrouilleras, mais hors de question que... non... juste... hors de question ! Nous ne savons même pas si ça marchera et...
- Oh, mais calmer vous ! Cria Merlin. Vous croyez que j'en ai envie peut-être ? Je suis tout aussi... révulsé que vous à cette idée ! Mais qu'est-il m'a pris de vouloir tester cette maudite potion de guérison !
Il passa ses mains dans ses cheveux trempés et regarda le ciel.
- J'ai compris la leçon alors aidez-moi maintenant !
Arthur ricana.
- Tu as fini par devenir fou ?
- Peut-être bien et à qui la faute ?
- Ne revenons pas là-dessus Merlin où cela va encore mal se terminer.
Le sorcier frappa ses bras le long de son corps en soupirant.
- Très bien, et on fait quoi alors ?
Arthur secoua la tête.
- Je crois qu'il est temps que l'on se comporte comme des adultes et que l'on assume notre faute. Même si je persiste à dire que tu es entièrement le responsable dans cette histoire.
- Ahhhh, mais vous n'allez pas encore recommencer avec cela ! Puisque je vous dis que ce n'était pas intentionnel... je voulais juste faire quelque chose pour votre stupide bras ! Et au passage si vous n'aviez pas cherché à entrainer Yvain, tout cela ne...
Arthur leva la main, entendant un bruit. Quelqu'un les avait-il suivit ? Seulement Merlin ne s'arrêta pas.
- Chut !
- Oh non ça ne prendra pas, vous...
- Mais tu vas la fermer oui ! Gronda-t-il en plaquant sa main sur la bouche de son ami.
- Je sais que vous êtes là, appela Arthur.
Les chevaux sortirent des bois et galopèrent devant eux prenant la fuite, tandis que les deux hommes crièrent après eux.
- Revenez ! Cria Arthur. Ce que tu peux être stupide Merlin, ce n'est pourtant pas sorcier d'attacher des chevaux !
- Moi ? s'indigna Merlin. Je ne les ai pas attaché! Je ne suis plus votre serviteur, vous vous rappelez ?!
- Ah Merlin... la ferme!
Ils s'abritèrent sous les arbres de la forêt, n'ayant d'autre choix que d'attendre qu'on ne vienne les chercher. Merlin essora sa tunique bleue gorgé d'eau, tandis qu'Arthur retirait sa veste et lui faisait subir le même traitement.
- On se trouve à plus de quatre heures à pieds de Camelot, expliqua Arthur.
Il s'asseya contre le dos du tronc de l'arbre et frotta son bras blessé tandis que Merlin avait rassemblé de petits morceaux de bois sur lesquels il lança un sort afin de les faire embraser même si la pluie continuait toujours de tomber et que le bois était trempé.
- Votre blessure vous fait mal ?
Arthur haussa les épaules en serrant un peu plus son bras.
- J'ai connu pire, seulement avoir tenu mon épée contre Guy à raviver la douleur.
- Montrez-moi, demanda gentlemen le jeune sorcier.
Il défit le bandage et examina la blessure, mais elle était pratiquement inexistante, ce devait être l'os qui devait encore faire mal à son ami. Merlin se mit soudainement à rire.
- Qu'est-ce qu'il y a de drôle ?
- Nous, lui avoua-t-il. On a l'air complètement pathétique là tous les deux, alors que Morgane est quelque part là dehors et que tout Camelot est tombé sous... mon charme ! Avouez tout de même que c'est vraiment... je crois bien la pire situation dans laquelle on a pu se retrouver.
- Tu oublies le troll, contras Arthur. Elle était... vraimentvraiment pire, je crois.
- Oui, mais heureusement pour vous, elle n'en avait qu'après votre père.
- Une chance pour moi, avoua le jeune roi. Le gobelin... ça s'était gênant... terriblement gênant.
Il secoua la tête.
- Quand je pense que Guenièvre m'a vue avec des oreilles d'âne...
- Beuglant comme un âne, crus bon de préciser le sorcier.
Arthur donna un coup de pied dans la jambe de son ami qui tomba à la renverse et ria.
- D'accord, j'arrête là pour l'âne. L'histoire avec Lady Viviane était aussi gênante. Enfin, surtout pour elle la pauvre. Quand je pense qu'elle est toujours sous le sort que ce sorcier a lancé. Je prie pour que Camelot ne reste pas ainsi pour toujours.
Arthur hocha la tête
- La fois ou tout Camelot était plongé dans un sommeil profond ! Même si ce n'était pas particulièrement gênant, c'était tout de même un sacré pétrin dans lequel on s'était fourré!
- Je ne vous le fais pas dire ! Approuva Merlin. La fois où j'étais ensorcelé par Morgane pour vous tuer.
- Là... Quoi ? S'étonna Arthur. Quand ?
Merlin fit claquer sa langue sur son palais dans un bruit sonore.
- Oups, vous ne l'aviez pas vu celle-là ? Vous savez... quand on a découvert qu'il y avait un traitre à Camelot et que vous accusiez tout le monde... sauf moi.
- Je crois l'avoir vu effectivement, heureusement pour moi, tu es un piètre assassin Merlin.
- Heureusement surtout qu'elle ignorait mon pouvoir, ou là, vous n'auriez eu aucune chance !
Arthur secoua la tête.
- Il y avait Sophia aussi si je me souviens bien... je voulais l'épouser et quitter Camelot, encore une fois sous l'effet d'un sortilège... je me demande bien pourquoi tous les sorciers n'ont commencés à se manifester uniquement après ton arrivé à Camelot.
- C'était peut-être notre destin, répondit Merlin en sentant un frisson parcourir son échine.
La pluie les avait frigorifiés.
- Pour ma part, je crois que le plus gênant s'était de me déguiser en vieille femme.
Arthur en ria.
- La fameuse vieille sorcière payée en robe ! Je dois dire que tu étais bluffant. Je veux dire par là que je ne t'aurais jamais reconnus!
Merlin se rapprocha du feu et frotta ses mains l'une contre l'autre afin de les réchauffer.
- Finalement, l'on ne s'en est pas trop mal sorti jusque-là, continua Arthur. Hormis toutes les fois où j'ai failli mourir.
- Ah celle-là, je ne les compte plus ! Plaisanta Merlin.
- Et celle où tu as risqué ta vie pour moi ? demanda Arthur.
Merlin croisa son regard un moment avant de murmurer.
- Trop nombreuse aussi, mais... vous aussi vous avez risqué votre vie plus d'une fois pour moi. Et je n'étais qu'un serviteur pour vous...
- Tu sais très bien que tu as toujours été plus que cela.
Merlin croisa son regard et d'un mouvement de tête ils comprirent. Ils n'y avaient jamais eu besoin de mot entre eux. Ils savaient. Ils savaient qu'ils auraient tout donné pour l'autre.
- C'est ridicule tout cela. Nous avons trop traversés pour laisser cette maudite erreur détruire tout ce que l'on acrée.
Merlin ne comprit pas immédiatement ou son ami voulait en venir, aussi, il jugea bon d'ajouter.
- Réglons cela en vitesse avant que je ne change d'avis.
- D'avis pour quoi ? demanda tout de même Merlin, pour être certain de ce don était en train de parler Arthur.
- De ce stupide baiser... et tu ferais mieux de rappliquer immédiatement...
Mais le sorcier ne bougeait toujours pas.
- Merlin... je change déjà d'avis, là !
Le jeune homme se relevait déjà tandis qu'Arthur fit de même. Merlin commençait à avoir les mains moites, il ne savait pas pourquoi il était si nerveux et si angoissé. Ils se retrouvèrent l'un en face de l'autre, sans savoir quoi faire.
- Cette histoire est stupide, Kilgharrah n'était même pas sûr que cela puisse fonctionner, protesta Merlin en voulant se rassoir. L'on devrait oublier tout cela et réfléchir à...
- Merlin! L'arrêta le roi en l'empêchant de bouger. À moins que tu n'ait une autre idée, c'est la seule que nous avons alors...
Le sorcier hocha la tête avec lenteur.
- Très bien alors... heu... comment...
- Ne me dit pas que tu ne sais pas comment faire... ce n'est qu'un baiser !
- Heu... oui mais...
- Merlin ?
- Oui, oui, je me tais...
- Bon...
Arthur tenait toujours le bras de Merlin et lorsqu'il s'en rendit compte, il le lâcha, un peu trop précipitamment.
- Bon et bien allons y alors au lieu de rester planter là comme deux idiots, encouragea Arthur.
Tous deux esquissèrent un mouvement pour s'approcher de l'autre, et reculèrent d'un même mouvement juste avant que Merlin ne se cogne le nez sur le menton d'Arthur.
- Fais attention ! Maugréa le roi plus pour la forme que réellement en colère.
Car oui, il y avait toute sorte d'émotion en lui. Panique, angoisse, et même s'il faisait tout pour l'ignorer, il éprouvait de l'excitation, mais de la colère... ça non. Il posa une main hésitante sur son épaule et la remonta pour maintenir sa nuque.
Malgré la température ambiante et tremper jusqu'aux os, la peau de Merlin était chaude, ou bien était-ce sa main qui l'était? Arthur n'en avait aucune idée et cela n'avait plus d'importance lorsque Merlin redressa la tête pour le regarder droit dans les yeux. Ravivés par les flammes du feu, ses yeux semblaient plus clairs que jamais.
Arthur posa son autre main sur le bras de Merlin et se pencha en avant. Leurs lèvres n'étaient plus qu'à quelques centimètres l'une de l'autre et Arthur n'avait désormais plus aucune hésitation. Le temps semblait en suspend mais avant qu'ils ne puissent franchir la dernière étape, un bruit les fit sursauter et tous deux se tournèrent vers le danger imminent.
- Sire, Merlin ! s'exclama un Léon tremper qui descendit de cheval.
Guy était avec lui et sauta de sa monture pour rejoindre les deux hommes.
- Est-ce que vous allez bien ?
- C'est plutôt à vous de vous poser cette question, répliqua Arthur. Votre tête...
Guy posa ses doigts sur sa tempe et y vit un peu de sang.
- Ce n'est rien, je...
Il se tourna vers Merlin.
- Je... je ne sais pas pourquoi mais, je me suis réveiller au milieu du couloir et...
- Attendez, vous... vous n'êtes plus sous le charme ? S'étonna Merlin.
Guy échangea un regard avec Léon et tous deux secouèrent la tête, ignorant de quoi pouvait bien parler Merlin.
- De quoi parlez-vous ? Demanda Guy.
- Vous ne vous souvenez de rien ? S'enquit Arthur.
- Tout ce que je sais, répondit le chevalier, c'est que vous m'avez attaqué avec votre magie et que vous avez quitté précipitamment Camelot.
Merlin et Arthur se regardèrent sans comprendre. Ce dernier se mit soudainement à sourire.
- Que c'est dommage pour toi Merlin. La plus belle déclaration d'amour que tu recevras probablement de toute ta vie, il ne s'en souvient même plus.
Merlin eut un sourire crisper tandis que Guy se raidit.
- Déclaration de... quoi?
- D'amour, répéta Arthur. Pleine de passion et de...
- Je crois qu'il a compris, coupa Merlin.
- Pas vraiment en fait, j'ai fait quoi ? Redemanda le chevalier.
- Rien... Oublier cela vaut mieux, lui conseilla le sorcier.
Ils rentrèrent à Camelot, Arthur derrière Léon et Merlin derrière Guy. Cela se fit, non sans une plaisanterie d'Arthur, qui agaça le sorcier et qui le fit tomber de selle d'un simple changement de couleur de yeux. Le Roi atterri dans une flaque de boue et cria après le jeune homme qui demandait au chevalier de partir au galop avant d'être envoyé au pilori.
Ils arrivèrent les premiers à la cours et le chevalier tandis sa main pour aider Merlin à descendre.
- Je ne... commença-t-il. Je n'ai rien fait qui... qui vous ai... Blessé ?
- Oh non, ne vous en faites pas pour cela et puis... c'était un peu de ma faute à vrai dire.
- Donc... tout va bien? S'inquiéta le chevalier.
- Oui, très bien... Pourquoi poser vous la question ?
Guy se mordit la lèvre et se frotta les cheveux, gêner.
- J'ai peur que, n'étant plus moi-même je... je vous ai fait du mal.
Bien que ce que le chevalier avait en tête fût plutôt "dit quelque chose qui m'aurais trahit.", mais il n'en fit rien. Merlin lui sourit chaleureusement et le cœur de Guy s'affola de soulagement. Cela l'avait déjà pris, il y avait quelque temps de cela, mais c'était, cette fois-ci, bien plus intense.
Arthur et Léon arrivèrent sur cette entrefaite et Merlin s'éclipsa.
- Je crois que je ferais mieux de partir...
Et il disparut dans le château, laissant au traitre un gout amer dans la gorge.
.
Le lendemain, Merlin ouvrit les yeux au premier rayon de soleil et vit une ombre se tenant au pied de son lit. Il se redressa en sursaut en poussant un cri de panique et souffla de soulagement en reconnaissant Arthur.
- Vous voulez ma mort ? Murmura-t-il en se levant. Vous m'avez flanqué la trouille... que faites-vous ici?
- Habille-toi.
Merlin ne comprenait pas vraiment ou voulait en venir son roi. Lui en voulait-il encore pour cette histoire de cheval ? Ou bien la potion ? En réalité, Arthur avait plusieurs raisons de lui en vouloir. Il obéit donc et se vêtit en vitesse lorsque qu'Arthur retira le foulard que le sorcier venait de nouer autour de son cou pour lui bander les yeux avec.
- Mais qu'est-ce que...
- Pas un mot, et tu avances !
Merlin soupira et obtempéra, les mains en avant, s'assurant qu'il ne se prendrait pas l'un des meubles de sa chambre. Il percuta la porte et poussa un cri de douleur en se massant l'épaule.
- Aïe !
- Mais ce n'est pas possible, tu as vraiment deux pieds gauches ! grogna le roi en lui attrapant le bras.
- Non, juste un bandeau sur les yeux ! répliqua le jeune homme.
Arthur guida son ami jusque dans le couloir et lui fit prendre un chemin que Merlin ne parvenait pas à identifier. Ils montèrent des marches, encore et encore.
- Puis-je savoir où vous m'amenez ? Vous comptez me jeter du haut de la tour ?
- Si tu te l'ouvres encore, peut-être bien, le menaça gentiment le blond en poussant le dos du sorcier pour le faire avancer. On n'est plus très loin.
Il le fit s'arrêter soudainement et ouvrit ce qui semblait être une porte en bois, au vu du son qu'elle produisait. Arthur plaça ses mains sur les épaules de son ami pour le positionner d'une certaine façon.
- Prêt ? Lui demanda-t-il à l'oreille tandis que le roi détachait son foulard et le poussait à l'intérieur de la pièce.
Dans un premier temps éblouit par la lumière, Merlin mit quelque seconde avant de s'habituer à la clarté avant de découvrir une immense pièce ronde. Des escaliers montaient le long des murs, accédant aux étagères en hauteur, tandis qu'une petite partie au fond était surélevée et arborait une table sur laquelle un chaudron et tout son matériel de magie y était rassembler.
Des étagères remplie de fiole vide ou non et des centaines d'autres ustensiles : herbe, griffes de toute sorte de créature et autre ingrédients abracadabrantes y avait été entreposé.
- Voilà ton nouvel atelier, lui présenta Arthur. Il y a une petite pièce au fond où tu peux en faire une salle de cour pour Yvain et d'autres futurs sorciers en herbe.
Merlin s'empressa d'aller la voir de plus près. Il y trouva de petite table accompagné de banc en rang devant une plus grande table et une chaise. Des tentures à l'effigie des Pendragons - un dragon dorée - ornaient les murs.
Le sorcier en restait sans voix. Il était vrai qu'il rêvait d'un lieu à lui ou il pourrait y travailler sans y être constamment dérangé, mais tout cela dépassait de loin des expériences les plus folles.
- C'est... j'en suis sans voix, avoua Merlin.
- Pour une fois, plaisanta Arthur. J'ai pris conscience après...cet incident que ce n'était pas sérieux de ma part de t'avoir nommé "Enchanteur de la cour" sans même t'avoir fournie en détail ce que j'attendais de toi. Tu pourras être tranquille ici et... ne t'en fais pas j'ai donné la chambre qui se trouve à coté à Yvain. Il n'aura plus à dormir par terre entre deux piles de livres.
Merlin se tourna vers son ami. Son cœur était au bord de l'explosion tellement il en était heureux.
- Comment avez-vous fait cela ?
- Les chevaliers, Gaius, Alice, et même Yvain m'on aider. Nous avons tous réalisé que tu faisais beaucoup pour nous sans que nous ne te remercier jamais... encore.
Le sorcier porta ses mains à ses lèvres, ne sachant quoi dire. Il secoua la tête, les yeux remplis d'étoiles.
- Si je m'écoutais, je... je vous sauterais au cou! S'exclama-t-il.
Arthur plissa un œil sceptique et recula d'un pas, ses bras en avant, en signe de protection.
- On va éviter ! J'ai échappé au pire, mais... n'abuse pas de ma gentillesse!
Merlin attrapa croisa ses bras et leva les yeux au ciel.
- C'est vous qui vouliez essayer le baiser !
- Pour rompre le sort uniquement, répliqua Arthur, désolé de briser tes espoirs Merlin. Mais ne t'en fait pas, je suis sûr que Sir Guyamor apprécierait surement lui...
Merlin s'indigna de la réplique d'Arthur et leva un doigt accusateur vers lui.
- Vous êtes déçus en fait, c'est cela ?
- C'est cela Merlin, tu m'as démasqué, désoler de ne pouvoir échanger plus de banalité avec toi, mais je suis épuisé.
Il se dirigea vers la porte pour en sortir en bayant.
- C'est cela, évitez le sujet...s'exclama Merlin. Et... Arthur ?
Le roi s'arrêta et se retourna.
- Merci, murmura Merlin.
Arthur hocha la tête d'un signe approbateur, sincère et heureux de son geste avant de sortir du nouveau laboratoire de Merlin.
.
* Pour ceux qui l'ignorent mea culpa est du latin qui veut dire " c'est de ma faute", pour simplifier.
Fin du chapitre 4 !
Alors... je vous arrête tout de suite... je sais que vous avez sans doute envie de m'étriper, voir même de m'arracher les yeux pour ce baiser mais... hey... c'est ça la vie! ;)
Je rappelle aussi que j'essaye de coller le plus fidèlement aux caractères de chaque personnage et à l'esprit de la série, et ce n'est VRAIMENT pas facile de placer du Merthur dans tout ça! (-_- Oui je sais c'est une excuse pourrie!)
Hihi en plus je suis certaine que vous vous attendiez tous à ce baiser à cause de ma petite indication lors du chapitre précédent, mais... avouer que c'était piquant entre eux! :p
Bref, j'espère vraiment que ce chapitre vous aura plus, j'ai eu quelque souci avec mon logiciel de traitement de texte, mais ça n'a pas terni mon imagination au moins ;) (Juste ma rapidité d'écriture!)
À très bientôt dans vos review et pour le prochain chapitre/épisode! ;)
Gros bisous et "Happy Halloween"!
