Nouveau chapitre !
Je vous en ai fait un méga long ! J'espère qu'il vous plaira ! Bonne lecture et un grand merci pour vos reviews ! Des bisous d'amour dans vos faces de licornes !
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Dès le lendemain de notre discussion avec Monsieur Malfoy et les jours suivants jusqu'au concours, je n'ai plus eu une seule minute à moi. En effet, j ai reçu le parcours du concours qui a lieu dans deux semaines et je me suis retrouvée noyée sous une tonne de combinaison, de courbe et autres options à mettre en place. Élégance a été très réceptive mais ça n'a pas toujours été le cas avec North Wind, qui a souvent tendance à me faire comprendre : « laisse-moi les commandes, c'est moi qui pilote ! » .
Évidemment dans de telles circonstances, ce n'est pas possible ce qui m'a valut quelques coups de gueule. Assez fort pour faire sortir Monsieur de son manoir.
C'est rouge de colère que je mets pied à terre, cinq jours avant la date fatidique. Lucius me regarde faire sans piper mot alors que je rentre North Wind, « au placard » comme j'aime bien dire à chaque fois qu'il me met hors de moi.
Mon patron a l'intelligence d'attendre assez longtemps avant d'oser venir me parler. Il s'approche en silence, pendant que j'essuie mon front, trempé de sueur avant d'avaler de l'eau à grandes gorgées. Il demande :
-Pourquoi n'avez-vous pas insisté ?
-ça ne servait à rien. Je souffle, agacée. J'étais dans un tel état d'énervement et North était trop buté pour que nous arrivions à faire quelque chose de positif !
-Ses problèmes de comportement n'était pas censé être réglés avec votre Side-Pull ?
-Changer l'enrênement ne résout pas tout. North Wind est et reste, malgré tout un cheval de sang que peu de personne peuvent monter en sérénité ! Il n'est pas surprenant que nous ayons quelques problèmes de compréhension. Cependant, je ne sais pas pourquoi il a décidé de m'en faire baver juste avant le concours ! A t-il déjà été sorti en compétition avant ?
-Je ne pense pas. Réfléchit Lucius. J'ai acheté North Wind en même temps qu'Élégance, il avait alors tout les deux 5 ans. Si je ne m'abuse, les concours leurs sont interdits jusque là. Le propriétaire était plutôt heureux que je le débarrasse de cet étalon fougueux, pour tout vous dire.
-Vous dites que North était avec Élégance ? Je demande, en commençant à comprendre quelque chose.
-Oui. Rit doucement le blond. L'éleveur m'a dit « vous n'achèterez pas l'un sans l'autre ! » Au début, j'ai cru qu'il essayait simplement de m'arnaquer mais en rentrant avec les deux chevaux, j'ai compris ce qu'il voulait dire. Il est vrai qu'ils s'entendent tout les deux à merveille.
Mes méninges tournent à toute allure, quand je commence à réaliser d'où vient le problème. Ne disant rien à Monsieur, je m'empresse de saisir le licol élégance avant de ressortir North du box et de me diriger vers la carrière, avec les deux cheveux. Malfoy me surprend en ne disant rien, se contentant de me regarder tranquillement faire.
J'attache la jument grise à la barrière de la carrière, avant de remonter en selle et d'enchaîner un parcours parfait et dans le calme.
Je m'autorise à une petite danse de la joie en selle, avant d'être interrompu par Monsieur, qui demande un peu sèchement :
-Vous m'expliquez ?
-Bien sûr. Je souris en flattant l'encolure de Vent du Nord. Vous m'avez mis la puce à l'oreille quand vous avez dit que les deux chevaux étaient inséparables. Et c'est justement depuis que je les aient séparés que North est ingérable !
-Je ne comprend pas. Répond Lucius en haussant un sourcil, ce qui lui donne un regard sexy. Vous ne montez jamais les deux chevaux en même temps !
-Exact ! Je m'exclame, en chassant mes idées. Seulement, depuis l'annonce du concours, je les travaillent tout les deux et chaque jours en selle. Avant, je ne montais que un jour sur deux et l'autre cheval, notamment Élégance dans ce cas de figure, était en pâture. Comme vous vous en doutez, je mettais la jument dans le champs, collé à la carrière par confort de rapidité. North Wind, voyait sa copine brouter tranquillement à côté de lui, ce qui le rendait doux et presque exemplaire.
-Seulement ! Me coupe Lucius en souriant. Maintenant que vous les montez tout les deux, chaque jours. Élégance reste au box, en attendant son tour et North Wind ne la voit plus, ce qui l'énerve !
-Exact. Je souffle, en le dévisageant avec un regard rieur.
-Vous savez, Marie. C'est dans ses moments que je ne regrette absolument pas de vous avoir embauché ! Vous comptez résoudre le problème de quelle manière ?
-Tant de flatteries ! Je glousse d'humeur joyeuse. Et bien, je n'ai que cinq jours pour faire comprendre à North, qu'il doit être séparé de temps en temps de sa copine, sans que ce soit dramatique. Je crois qu'il va me falloir un miracle mais je ne désespère pas ! Je vais, avec l'aide d'Henry, l'habituer à éloigner progressivement d' Élégance en priant pour qu'il soit au bout d'un moment assez concentré dans son travail, pour faire abstraction de son amitié envers son amie. En tout cas, c'est merveilleux !
-Quoi donc ? Demande Monsieur, en me regardant comme si j'étais cinglée.
-Et bien. Je répond rêveusement. L'amitié qu'on ces deux êtres l'un pour l'autre. Souvent, les gens considèrent les chevaux comme des bêtes bonnes à porter un cavalier et à rapporter un paquet d argent. Et pourtant, North Wind et Élégance prouvent bien que les chevaux ont leurs sentiments. Ils ne sont pas bêtes, ni soumis à l'homme. Ils savent s'aimer malgré les épreuves et ce qui les séparent. Parfois, je crois que les hommes feraient mieux de s'inspirer des chevaux plutôt que de préférer leurs tas d'or.
J'ai dis cela sans prêter une réelle attention à mon patron qui ne répond rien, ce qui me surprend. Je le dévisage alors et le découvre pensif. Il hoche la tête avec un air calculateur et fermé avant de lâcher :
-Peut-être avez-vous raisons.. Mais ne pensez-vous pas que dans de nombreux cas, les hommes font des erreurs de part leur nature plus évoluée que celle d'un animal ?
-Si, très certainement. Je ris. Mais je crois surtout que nous ne sommes pas aussi évolués que ce que nous voulons bien le penser. Les chevaux par exemple, utilisent simplement un langage différent du notre. L'homme se croit supérieur parce qu'il a réussi des constructions, parce qu'il vit dans un confort moderne et qu'il fait des prouesses technologiques, mais au fond, ça ne compte pas. Si on vous lâche dans la nature, sans rien. Qui survivra ? Le cheval ou vous ? Dans la majorité des cas, ça sera l'animal. Je pense et je suis même sûre que nous avons oubliés notre nature profonde, celle qui nous lie à la terre. Du jour au lendemain, tout peut s'écrouler et nous laisser livré à nous même. Et croyez moi, nous ne ferons pas long feu. Je crois que l'homme devrait considérer ce qui lui semble inférieur avec un peu plus d'humilité. Les choses qui paraissent faibles ont toujours leurs part de résistance cachée. Comme dit le vieux diction « méfies-toi de l'eau qui dort » !
Lucius me dévisage quelques instants avant de secouer la tête, dépité. Il dit :
-Vous êtes décidément pleine de surprise, Miss Nilsen. Votre vision du monde également. Cela faisait longtemps que je n'avais pas put avoir une discussion aussi intéressante. Je n'ai malheureusement pas plus de temps à vous accorder. Que diriez-vous de continuer cet échange, ce soir à 20h00, chez vous ?
-Oh euh.. Je bafouille prise de court. Et bien, oui si vous voulez.
Monsieur m'adresse un signe de tête raide, avant de partir sans un mot en me laissant à mon travail alors que North, essaye de m'attraper quelques mèches de cheveux pour jouer avec.
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L'après-midi est passée à une allure folle. Après avoir travaillé les deux chevaux, j'ai du mettre au point un planning et un plan d'action avec Henry, pour soigner North de son hyper attachement. Ensuite après avoir grignoter, je me suis accordée une petite ballade à moto jusqu'à Morpeth, la villa la plus proche de manoir.
Et puis, je tiens à m'excuser auprès de Steven, le propriétaire du pub pour m'a conduite sèche. Après tout, il n'y était pour rien si il ne connaissait pas les Malfoy. Je ne peux pas lui en vouloir d'avoir été curieux et c'est le seul à m'avoir témoigné de l'amitié.
Je rentre dans le pub aussi sombre que la première fois, en raclant des chaussures pour signaler ma présence. Steven apparaît par une arrière porte et il se fige un peu surpris en me reconnaissant avant de sourire :
-Tiens, une revenante. Je ne pensais pas te revoir ici de si tôt, voir même jamais.
-Je suis à ce qui paraît, une championne pour surprendre les gens. Je réplique en repensant aux paroles de Lucius.
-Ce n'est pas moi qui dirait le contraire. Je t'offre une bière pour me faire pardonner mon impolitesse !
-Et moi qui étais venue pour m'excuser. Je m'esclaffe. Je me retrouve avec des excuses et une bière gratuite. Je devrais te rendre visite plus souvent.
Steven me renvois mon sourire avant de m'indiquer un tabouret haut, devant le bar pour que je puisse m'asseoir. Il demande en actionnant la poignée de la tireuse :
-Alors, toujours aux services de ta famille mystère ?
-Et oui. Je soupire. Mais avant que nous allions plus loin dans cette conversation, sache que je suis soumise à une close de confidentialité. Je n'ai donc pas le droit de te révéler quoique ce soit. Si tu veux mon avis, la discussion va être ennuyante. Pourquoi ne pas parler d'autres choses que mon travail ?
-Et bien ! S'exclame faussement outré, le barman. Me voilà au pied du mur ! Très bien parlons d'autres choses. Tu m'as dis que tu étais française ?
-Presque. Je souris en plongeant mon nez dans la bière. En fait, ma mère est Norvégienne et mon père est français. Mais je n'ai hérité que des cheveux blond de la Scandinavie.
-Et comment une norvégienne a t-elle eu la chance de rencontrer un français ?
-C'est un peu personnel. Je grimace. Mais pour la faire courte ma défunte mère était une pianiste de renommée. Elle a fait de nombreuse tournée dont une en France, c'est là, qu'elle a rencontré mon père. Mais l'histoire d'amour n'a duré que de son côté. Mon salaud de père a prit la malle une fois qu'elle lui a dit être enceinte. C'est pourquoi je m'appelle Nilsen, et non pas un nom français, merci bien !
-Mais tu as été élevée en France ? Demande Steven avec des pincettes.
Je hoche la tête positivement avant de reprendre :
-Oui, je crois que la fuite de mon père a détruit ma mère. Elle a décidé de rester en France, non pas par choix mais avec l'espoir de le recroiser un jour, je crois. Bien sûr, ce n'est jamais arrivé. Quand j'ai eu l'âge de m'occuper de moi-même, elle est tombée malade. Un cancer mêlé à une grosse dépression. Je crois qu'elle aurait put survivre mais elle s'était battue assez longtemps et elle a décidé de rendre les armes. C'est un 5 Juin que je l'ai retrouvé morte d'une overdose de calmant, sous l'arbre où elle notait ma taille chaque année, quand j'étais petite fille. C'est également l'endroit où elle a vu mon père pour la dernière fois.
-Tu sais. Sourit tristement le barman. Je ne demandais pas autant de détails..
-Oh excuse-moi. Je souffle. Je crois que je me parlais plus à moins même qu'autre chose. Et puis, j'ai le défaut d'être un peu trop honnête ce qui peux, comme c'est le cas maintenant conduire à des situations gênantes !
-Ce n'est pas grave. Répond sincèrement Steven en nettoyant des verres.
-Bon assez parlé de moi ! Je m'exclame. À toi ?
-Arf ! Grogne Steven en souriant. Et bien, tu as face à toi un spécimen d'un espèce rare. Un anglais du Nord pur souche ! Je n'ai jamais rien connu d'autre que mon petit coin de ville, j'ai dus me rendre juste une fois dans ma vie, à Londres. Et quand j'ai eu l'âge, j'ai racheté ce pub à mon oncle. Je suis bien moins passionnant que toi et tes grands voyages pour de familles prestigieuses !
-Oh tu sais, ce n'est pas par choix que je bosse pour des riches ! Je ris. Et tu ne t'ennuie pas trop ici.
-Non. Il réplique. J'aime le calme des petites villes. J'aime savoir qui je salue le matin et comment vont les habitants de la ville. Et puis, c'est ici que je me sens chez moi. Je ne souhaite pas connaître ailleurs, je m'y sentirais mal. Je ne me lasse pas des couchers de soleil sur les collines vertes. Ni des paysages qui ne cessent de m'enchanter !
-Et bien. Je souris. Je ne te pensais pas aussi poétique.
-Et encore, tu n'as pas tout vu ! Il s'esclaffe en me servant une autre bière. Alors, explique-moi pourquoi tu travailles pour des riches ?
-C'est une longue histoire. Je soupire. Alors je vais essayer de te la faire courte. Je monte depuis mon plus jeune âge et quand ma mère est morte, je me suis jeter à corps perdu dans ma passion. D'abord, parce que ça me faisait du bien et aussi parce qu'il fallait que je gagne ma vie. J'ai eu la chance d'être prise en apprentissage par mon ancien patron, qui m'a offert logement et protection. Ainsi, j'ai échappé au foyer. Gérard, mon ancien employeur a vite vu que j'avais des talents. Je ne me contentais pas de monter et de faire ce qu'on me disais. J'étais totalement à l'écoute du cheval et de ses humeurs, c'est sur ça que j'ai battis ma réputation. Au fur et à mesure des mois, des propriétaire ont commencés à m'apporter leurs chevaux, parce qu'ils avaient peur de l'eau, de monter dans un van, peur de sauter... Et je me contentais de les soigner de leurs phobies. Ma renommée à commencer à s'étendre à l'étranger, ça a commencé par la Suisse, puis la Belgique. Et puis, à force de monter des purs sangs fait pour la compétition d'élite, j'y ai pris goût ! Mes classements étaient excellents et c'est à ce moment que Mr Jekins, mon premier patron anglais, m'a contacté pour monter sa jument caractérielle. Gérard m'a laissé partir avec tout son amour, en me faisant comprendre que j'avais une chance grandiose et que je ne devait pas la laisser passer. Je lui ai promis, une fois que j'aurais une certaine renommée et assez d'économies, grâce à mes bons salaires, que je reviendrais en France. De nouveau dans mon pays, j'achèterais mon cheval que je mettrais dans les écuries de Gérard, pour lui faire de la pub et ainsi le remercier d'avoir pris soin de moi. Travailler pour des familles aisées n'a rien d'amusant mais c'est une opportunité en or qui m'ouvre énormément de portes !
Steven qui n'a rien dit pendant mon monologue, hoche la tête lentement en me souriant avant de poser encore une fois un énième verre propre sur l'étagère, derrière le comptoir et de dire :
-C'est une très belle histoire et tu es très ambitieuse. Je te souhaite sincèrement de réussir ce que tu as entrepris. Une fois que ça sera le cas, n'hésite pas à dire qu'il y a un très bon pub à Morpeth !
J'éclate de rire en manquant de tomber du tabouret avant de sursauter, en voyant l'heure avancée. Je m'écrie :
-Et mince, je suis désolée, je dois filer ! Combien je te dois !
-Rien ! S'exclame Steven en se reculant. C'est pour le patron ! Mais en échange, me ferais-tu la faveur de venir plus souvent ?
-Est-ce intéressé ? Je demande, suspicieuse.
-Je suis fiancé ! Souffle le barman, en tapotant sur son alliance.
-Oh pardon ! Je réplique. Alors promis, je reviendrais !
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Après avoir roulé comme un folle car je suis partie du bar à 19h00 passé et que j'espérais faire un peu de rangement, avant que Monsieur Malfoy n'arrive, je rentre enfin à la maison. Je pince les lèvres, quand je vois la vaisselle de la veille traîner dans l'évier et que la maison mérite un bon coup de balai ! C'est en soupirant que je me met rapidement à la tâche, plus vite je commencerais, plus tôt j'aurais terminé.
Une fois le ménage achevé, je regarde timidement ma chambre en me demandant si je dois faire le lit. J'écarte brutalement cette pensée de mon esprit, en me mettant un gifle mentale ! Il est hors de question que je couche avec mon patron ! Je ne comprends même pas comment je peux envisager cette idée.
Le bruit sourd et familier de quelqu'un qui frappe à la porte, me fait revenir au présent et je souffle un bon coup pour me détendre, avant d'aller ouvrir. Bien entendu, je tombe sur un Malfoy dans une tenue un peu plus décontractée que d'ordinaire, c'est à dire, une chemise blanche avec de fins boutons en argent, délicatement ouverte sur le buste et un pantalon en coton noir, impeccable. Ses cheveux volent légèrement dans la bise printanière, à cette vision je résiste à l'envie de me mordre la lèvre. Il dégage vraiment quelque chose de très viril, doux et presque animal. C'est presque avec désinvolture qu'il dit simplement :
-Bonsoir.
-Euh, bonsoir. Je réponds maladroitement.
Lucius me dévisage amusé en haussant un sourcil, ce qui me fait piquer un fard. Je me ressaisie en demandant :
-Je pensais nous installer sur la terrasse, sous le porche. Pour profiter de la fraîcheur après cette journée.
Mon patron hoche la tête en se dirigeant vers les deux chaises et la vieille table, avant de s'installer. Je demande de nouveau, derrière lui en me sentant idiote avec l'impression d'être une simple serveuse :
-Que voulez-vous boire ? J'ai de la bière au frais...
Lucius se tourne avec un air très calculateur et impénétrable avant d'acquiescer lentement comme si sa vie en dépendait. C'est presque en soupirant de soulagement, que je m'enfuis dans la maison pour prendre deux bouteilles de London Gold, dans le vieux frigo à gaz. Quand je ressors enfin, je me sens plus apaisée et sûre de moi.
-Une verre ? Je propose.
-Oui, s'il vous plaît. Il répond tranquillement.
Je manque d'exploser de rire, quand je le vois renifler le contenue de son verre comme un chien de chasse, avant d'oser tremper les lèvres dedans. Il grogne :
-C'est amer.
-Oh, je le trouve pourtant légère. Je souffle, en buvant directement à la bouteille. Mais il est vrai que vous devez être habitué à des alcools plus nobles, qu'une simple bière médiocre.
-C'est certain. Il lâche. Mais passé l'amertume, j'apprécie plutôt.
-Je ne vous proposerais jamais d'IPA, alors ! Je rie.
Quand je vois sa tête ahurie, je lui explique :
-Ce sont des bières assez particulières mais qui sont très amères.
-Effectivement. Se détend un peu mon patron. Alors, vous ne vous ennuyez pas trop ici ?
-Au début, j'en avais peur mais en fait, je n'ai pas une seconde pour m'ennuyer. Parce que j'ai envie d'explorer tout ses paysages, que monter North est de loin, la meilleure expérience de toute ma vie et que les ballades en moto sont grisantes sur ces routes !
-J'en suis ravi. Réplique t-il. Et qu'on donné vos premiers essais pour séparer North Wind, d'élégance ?
-Et bien, les premières tentatives sont assez satisfaisantes. J'ai bon espoir et Henry aussi que North soit de bonne volonté pour le premier concours. En tout cas, sachez que je ferais tout pour obtenir la première place.
-Et bien Marie. Il sourit. Voilà un regain de compétitivité !
J'esquisse un sourire à ses paroles en repensant à ma discussion avec Steven, avant de déclarer :
-Oui, je me suis souvenue de quelques points essentiels.
Lucius hoche la tête, avec un air entendu tandis que je me cale plus profondément dans mon fauteuil avant de pousser vers mon patron, la panière remplis de petits fours.
-N'hésitez pas à en prendre. Je m'exclame. Promis, ils ne sont pas empoisonnés, c'est moi qui les aient fait. Enfin, je ne sais pas si c'est un gage de sûreté, mais bon !
-C'est vous qui avez fait ça ? Demande mon patron, un peu surpris.
-Et bien, oui. Je ris. Quoi, ils sont si moches que ça ?
-Non. Il s'écrie. Mais vous ne cessez de m'étonner. Cavalière, cuisinière et quoi d'autres ?
-Ne pensez pas que je vais tout vous dire aussi vite. Je souffle avec un clin d'œil avant de reprendre plus sérieusement. D'ailleurs vous avez mangé ?
Lucius hoche la tête à la négative et je dis avec plus d'entrain :
-Allez venez, rentrons je vous invite ! Vous me direz après ça, si vous aimez toujours ma cuisine.
Le blond me suit avec nonchalance alors que je lui propose de s'asseoir autours de la table en chêne, pendant que je m'active dans la frigo, avant de réanimer le feu de la cuisinière. Je demande pendant que je coupe des tomates :
-Je vais me permettre une familiarité. Mais ça ne dérange pas votre femme que vous veniez ici ?
-Pourquoi cela l'a dérangerait-elle ? Il demande calmement.
-Oh vous savez. Je réplique, en m'attaquant à une vinaigrette. J'ai appris à me méfier des femmes de mes patrons. À chaque fois, c'est quasiment la même chose, jalousie ! Étant donné, que je passe du temps avec leurs époux, professionnellement parlant, bien sûr et bien ça ne leurs plaît pas. Je peux vous assurer que j'ai eu de sacrés crasses , de la part de femme blessées dans leurs ego. D'où ma question, puisqu'il est évident que le temps que nous passons ensemble est loin d'être professionnel.
-Narcissa. Soupire Lucius, après un temps de réflexion. N'a rien à dire sur mes... Activités. Comme je ne dis rien sur les siennes. Un accord silencieux, si vous préférez.
J'acquiesce, en me demandant bien de quelle nature sont leurs fameuses activités. Je n'ai pas le temps de pousser ma réflexion plus loin, puisque Lucius se lève en demandant avant détachement :
-Mais dites-moi Marie, de quelle nature est le temps que nous passons ensemble, puisqu'il n'est pas professionnel ?
-Je euh...
Je Bafouille en le voyant si proche de moi, son irrésistible chemise entrouverte accrochant mon regard alors qu'il est dangereusement proche...
-Les pâtes sont prêtes ! Je m'exclame en me détournant vivement .
