Nouveau chapitre avec quelques visites inattendues !
Je ne vous en dis pas plus, c'est promis
Bonne lecture mes licornes poilues d'amour, oui oui, toussa toussa !
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Dimanche matin, ce sont les rayons du soleil qui filtrent doucement par les rideaux qui me tirent du lit. J'avance pieds nus, sur le plancher en bois de la terrasse couverte et je le sens agréablement chaud.
Je reste un moment, les yeux fermés à respirer profondément l'air exceptionnellement tiède de la matinée, une tasse de café fumante à la main. Je me demande bien ce que je vais faire, aujourd'hui. À mon avis, je ne verrais pas Lucius de si tôt et je ne me sens pas assez en forme pour aller faire un tour en moto.
L'hématome sur ma cuisse fait la taille d'une belle pomme. Il passe par un peu toutes les couleurs, du noir, au violet, au bleu et vert foncé. J'ai étalé de la crème à l'arnica, trouvée dans la pharmacie que Lucius a mis à ma disposition après ma convalescence.
Pour passer un peu le temps, je décide de plier et de ranger mon linge de la dernière lessive. En mettant ma veste de concours dans le placard, je butte contre une boite en carton encore fermée. J'avais dus la fourrer là-dedans lors de mes premiers jours. Un peu perplexe, je l'a saisis et la pose sur le lit avant de pousser un cri ravie. Mon matériel de tatouage ! Avec tous ses événements, il m'était complètement sortie de la tête.
Je le déballe de son papier bulle, avec précaution et je vois qu'il n'a subit aucuns dommages. En fouillant dans le carton, je tombe sur des anciens projets, que j'avais encré sur peau artificiel encore inachevé. Je crois que j'ai mon occupation de la journée !
Je me dépêche de ranger la maison avant d'aller sur la terrasse et de préparer mes encres ainsi que mon dermographe. Puis, je file tirer la rallonge de l'écurie, pour avoir de l'électricité étant donné que ma maison en est dépourvue.
Quand j'enclenche la pédale, le son du dermographe sonne comme une mélodie parfaite à mes oreilles. Je règle tout de même la tension et la profondeur de pique, avant de plonger l'aiguille dans l'encre noir et d'attaquer la fin d'un vieux projet. C'est un ours, entièrement en dot (point par point), sauf que dans son corps, ce ne sont pas des poils mais de grands sapins qui s'y détachent.
Le temps passe à une vitesse hallucinante, j'ai raté le repas de midi depuis longtemps mais impossible de détacher mon regard de ma peau en silicone.
Des pas raclant sur les graviers me font néanmoins relever la tête. Je souris d'avance en pensant tomber sur Henry venu prendre de mes nouvelles. Mais, mon sourire s'efface avant de s'agrandir largement quand je reconnais Théodore.
-Salut ! Il dit, en regardant mes mains pleine d'encre. Qu'est-ce que tu fais ?
-Je tatoue ! Je ris. Et toi, que viens-tu faire ici ?
-Mon père est venu voir Lucius. Drago, n'était pas de bonne compagnie alors j'ai prétexté aller faire un tour dehors.
-ça ne va pas t'apporter des ennuis, j'espère ? Je demande, un peu soucieuse.
-Oh non. Il réplique, en s'asseyant sur les marches à côté de moi. Mon père se préoccupe plus pour le moment, de la somme d'argent que va lui donner Lucius, que de moi.
Je lui adresse une moue désolée en reprenant mon travail. Comme je le vois m'observer curieusement depuis dix bonne minutes, sans oser rien dire. Je m'arrête et lui lance :
-Tu n'as jamais vu de tatouages ?
-Non, ce n'est pas quelque chose de courant dans mon milieu. Il répond, un peu incertain.
-Ah bon ? Je ris. J'aurais justement pensée que vous les gosses de riche, vous vous renseignerez sur les choses à ne pas faire pour saper l'autorité parental !
-Non. Il lâche, amer. Nous ne sommes pas élevés dans cette condition. Comment fais-tu après, tu appliques le motif sur la peau ?
-Quoi ? Non ! Je m'exclame en souriant. Là, c'est un peau artificielle, c'est un entraînement. Si tu veux te piquer le dessin sur le peau, il faut l'appliquer au préalable avec un lotion spéciale et un papier carbone. Ensuite, on le pique directement avec la machine, un dermographe. Les aiguilles rentrent et sortent dans ta peau en faisant ainsi, pénétrer l'encre.
-ça doit faire mal.. Il souffle, un peu septique .
-Oui, un peu. Je conçois. Tout dépend de la zone que tu fais tatouer et tout dépend de ta résistance à la douleur mais c'est loin d'être insoutenable.
Il acquiesce silencieusement, en continuant de me regarder faire avant d'écarter une mèche de mes cheveux me tombant sur le nez. Je relève la tête, un peu surprise en le regardant. Il se contente de m'adresser un haussement d'épaule, avec un petit sourire. Son geste me laisse très troublée et incertaine. Si bien, que je pose mon travail, ne me sentant plus assez concentrée pour continuer. Théodore m'achève en me demandant :
-Et moi, tu pourrais me tatouer ?
-Hein ? Je m'écrie, de manière pas très glamour. Mais pourquoi faire ? Je ne pense pas que tes parents apprécieraient !
-On ne serait pas obligés de le faire avec leur accord et encore moins à un endroit où il le verraient. Je ne sais pas, j'aimerais essayer.
-Mais. Je bafouille, prise au dépourvue. Je ne pense pas que ça soit une bonne idée et puis un tatouage ne se décide pas à la légère. Il te faut un motif, une histoire etc. Je crois que le mieux, c'est tout de même que tu en parle à tes parents. Tu n'es pas encore majeur.
-Je le serais bientôt. Il grogne, en détournant le regard.
-Oui, mais tu ne l'est pas encore. Je tente de sourire. Écoute, prend quelques jours pour y réfléchir, d'accord ?
-Oui, d'accord ! Il s'écrie, en se levant brusquement. C'est bon, je ne suis pas un gamin ! Pas la peine de me parler comme à un môme de 10 ans.
-Mais.. Je tente.
-C'est bon, pas la peine ! Il me coupe. Je dois y aller de toute manière ! À dans deux semaines, sur le terrain !
Je le regarde s'éloigner, la démarche furibonde. Je suis plus choquée, qu'enervée. Je me demande bien quelle mouche l'a piqué pour qu'il réagisse ainsi. Je me sens tout de même un peu attristée, j'espère que Théodore n'est pas trop fâché contre moi. Il est la seule personne à m'avoir témoigné de l'amitié et cela me peinerais beaucoup si il ne me parlait plus. Au diable, si Lucius n'approuve pas !
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Comme j'en avais assez de piquer, j'ai décidé d'aller faire un tour dans les écuries pour saluer mes deux champions. Je suis très surprise, d'entendre le bruit typique d'un mord en train d'être mâchonner et je m'approche d'une jument blanche du nom de « Sweety Darling ». je lui caresse distraitement les naseaux avant de me retourner pour aller voir Élégance, qui tape dans la porte de son box pour réclamer de l'attention. Ce faisant, je tombe sur Narcissa Malfoy en habit d'équitation pour la monte en amazone. Je dois avouer qu'elle est très distinguée dans cette tenue émeraude et noir. Le contraste sur la robe blanche de sa jument doit être parfait.
-Miss Nilsen. Elle me salue froidement.
-Madame. Je répond poliment, en inclinant légèrement la tête
-Travaillez-vous même le dimanche ? Elle demande, ironique.
-Non, Madame. Hormis si Henry me le demande. J'étais simplement venue saluer les chevaux.
-Vous n'avez rien de mieux à faire ?
-Non, Madame, pas pour le moment. Je réplique, aussi poliment que possible.
-Très bien. Alors préparez un cheval et venez donc vous promener avec moi. Les balades seule, sont parfois ennuyante.
Sous son ton courtois, je devine l'exigence de l'ordre et je peux difficilement l'esquiver. De ce fait, je hoche la tête avant d'attraper la bride de North. Une promenade, lui fera du bien mais je me demande vraiment ce que me veux Narcissa Malfoy.
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Nous prenons le chemin qui longue la forêt, à côté des petits vallons. Je dois admettre que Narcissa, monte vraiment très bien et avec beaucoup d'élégance. Le silence, au lieu d'être un prétexte à la détente mais de plus en plus pesant. Ma cuisse se fait de plus en plus douloureuse, ce qui me force à me crisper et North n'apprécie pas de me sentir aussi raide sur son dos.
J'inspire le plus profondément possible, en déglutissant de manière peu discrète. Narcissa, rompt le silence en disant simplement :
-Ce cadre est très agréable, n'est-ce pas ?
-Oui. Je réponds, un peu rudement.
-Allons, détendez-vous. Rit faussement, la maîtresse des lieux. Je ne vais pas vous croquer. Dites-moi plutôt, que pensez-vous de Sweety Darling ?
Un peu surprise par sa demande, je me force à regarder la jument sous un autre œil avant de déclarer :
-Je la trouve exemplaire et très à l'aise avec une cavalière en amazone. Peu de chevaux le sont. Elle est très détendue dans sa bouche et à l'écoute. Je pense pouvoir dire, sans me tromper que c'est une jument exceptionnelle.
-Bonne analyse. Sourit la blonde. C'est un cadeau de Lucius. Comme vous devez le savoir, mon époux n'aime que les belles choses et dans tous les domaines.
Je sens dans son ton, quelque chose d'autre percer. Quelque chose d'assez effrayant. Je me contente de regarder droit devant moi, en crispant mes mains sur les rênes. Narcissa reprend :
-Oui, Lucius aime les belles choses seulement si elles ne lui font pas de l'ombre. À trop en demander, il s'en lasse rapidement...
-Excusez-moi, madame. Je demande, en essayant d'être le plus neutre possible. Mais je ne comprends pas de quoi vous voulez parler.
-Oh, mais je pense que si, petite sotte !
Elle n'a pas haussé la voix en disant cela et pourtant, j'ai l'impression d'avoir été giflé puissamment. Je n'ai qu'une envie, empoigner les rênes et faire demi-tour au grand galop. Au lieu de ça, je reste bêtement à côté d'elle, à l'écouter paralysée :
-je connais plusieurs des maîtresses de Lucius, elles ont au moins intelligence de se comporter d'une bonne manière. Elles n'ignorent pas que je sais, mais cela doit venir de leur éducation. Il est étonnant que Lucius ai pris une fille d'aussi basse naissance... Il y avait du beau dans mon mariage au début... Je croyais. Puis, il y a eu Drago, c'est tout ce qui compte aujourd'hui.
Je l'écoute monologuer comme si je n'étais pas là, en bouillonnant de rage. Pour qui se prend cette femme ! Et qu'insinue t-elle en en qualifiant ma naissance de basse. Je lui montrerait bien avec mon poing, ce que les gens « bas de gamme » comme moi peuvent faire ! Je gronde, en tentant de me contenir :
-Je ne me laisserait pas insultée..
-Oh si, vous le ferez ! Elle me coupe, sèchement. Vous êtes la maîtresse de mon mari, ne l'oubliez pas !
Je me mords violemment la langue alors que North Wind, piaffe avec puissance en ronflant. Narcissa, se radoucit en disant :
-Mais je m'en fiche. Je suis blessée dans mon ego de femme mais pas dans mes sentiments. Mon mari est un collectionneur. Les femmes de notre entourage savent à quel jeu elles jouent. Mais pas vous, et c'est mon instinct de mère qui va parler. Vous êtes jeune et trop innocente pour voir le manipulateur qui se cache derrière les airs charmants de Lucius.
Narcissa, arrête calmement sa jument avant de me transpercer le cœur avec ses yeux bleus acérés :
-Un conseil, fuyez pendant que vous le pouvez. Ne faite pas la même erreur que moi en restant ici. Vous ne gagnerez en rien, à part de la souffrance. Croyez en mon expérience. Non, ne répondez rien. Réfléchissez-y, laissez mes paroles faire leur bout de chemin dans votre esprit. Vous vous rendrez compte, que derrière la façade attrayante de Lucius ne se trouve qu'un monstre d'égoïsme.
Elle s'arrête quelques instants, pour reprendre son souffle avant de conclure la discussion en prenant le chemin du retour :
-Fuyez-le Marie... Bientôt, il sera trop tard..
Je la regarde s'éloigner ne sachant vraiment pas quoi penser de ses paroles. Un seul dicton m'obsède l'esprit toute la journée :
Quand la graine du doute a été semée, rien ne peux l'empêcher de germer...
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