Nouveau chapitre ! J'espère que la suite va vous plaire. Merci pour vos reviews, vous êtes des amours de me laisser des messages aussi long et pleins de bonne suggestions !
J'ai même hâte de voir où cette fic va nous entraîner car je vous avoue que j'en ai aucunes idées !:D
On se retrouve après, des bisous mes licornes !
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Quand j'ouvre les yeux, Théodore est toujours dans mon lit. Les premières lueurs de l'aube éclairent la chambre et j'en profite pour me serrer un peu contre lui, pour prendre un peu de chaleur puisqu'il m'a volé la couverture.
Je souris de le voir endormit comme un bien-heureux. Contrairement à ce que je pensais, j'ai découvert en Théo, un amant très doux et bien moins sûr de lui que son attitude générale laisse transparaître.
Je soupire d'aise, cela fait si plaisir d'être considérée comme un être humain doué de sentiment et de préoccupation. Et non comme un jouet, qu'on peux prendre et jeter à tout moment.
Je ne regrette pas cette nuit, ou peut-être juste que nos ébats aient eu lieu juste après avoir dis au revoir à Lucius mais après tout, c'était peut-être ce dont j'avais besoin.
Je me demande ce que va faire Tthéodore à son réveil. Va t-il être gêné, mettre ça sur le compte de l'alcool, s'excuser ou au contraire, être heureux de la situation... D'ailleurs, je me demande si je ne dois pas le lever, nous sommes Mercredi et il doit avoir cours.
Joignant les gestes à la pensée, je lui chatouille le ventre. Il grogne dans son sommeil avant d'ouvrir doucement les yeux.
Je lui sourit, penchée au dessus de lui, mes cheveux chatouillant son torse. Ses yeux me rendent la pareille et il s'étire avant de glisser ses mains autours de mes hanches et de me faire basculer sous lui. Je savoure quelques instants la chaleur de son corps avant de murmurer :
-Je me demandais si je devais te réveiller ou non... J'ai décidé de le faire pour avoir ma réponse.
-Tu as bien fais. Il rit doucement. Je dois retourner à l'école avant qu'un de mes professeurs ne se rende compte de mon absence.
-Alors effectivement, il faut que tu y ailles. Je souris.
-L'envie n'y est pas, crois-moi. Il soupire, en mordillant la peau de mon cou. Je reviendrais vite..
-Je ne pense pas que ce soit une bonne idée. Je réplique à contre cœur. Lucius m'a formellement interdit d'avoir des relations dans son domaine. Il vaudrait peut-être mieux se voir à l'extérieur car tu risques de te faire attraper un jour ou l'autre et ne le prends pas mal. Mais je ne me remettrais pas de perdre une chance d'avoir North Wind, pour une histoire de coucherie.
-Ainsi, c'est comme ça que tu nous vois ? Il demande, blessé. Comme une partie de jambes en l'air ?
-Non excuses-moi. Je souffle, en me redressant. Tous ça est arrivé si vite, je ne m'y attendais pas et je t'avoue que je n'ai jamais pensé qu'un jour nous deux... Enfin, tu vois. C'est juste si soudain que je n'ai pas eu le temps de faire le point sur mes sentiments mais j'aime être avec toi, sache-le. Seulement, je ne veux pas me déconcentrer de mon but. Gagner la Coupe d'Argent.
-Donc, ça veux dire qu'on est pas ensemble ? Il demande, amer.
-Dans trois mois, je repars en France. Je réponds, ennuyée. Crois-moi, mieux vaut ne pas s'attacher, car je rentrerais, petit ami ou non. Et toi, dans tous les cas, tu resteras en Angleterre car ta place est là. Je ne suis pas contre un peu d'affection mais pardonne-moi, je ne veux pas prendre le risque de m'attacher plus que de raison. Je veux me préserver et te protéger aussi. Je comprendrais si tu trouves cela très égoïste de ma part, mais j'ai assez donné.
-Je comprends. Souffle Théodore, en se levant pour s'habiller. Je suis juste déçu mais tu as raison, si tu as décidé de repartir dans trois mois, il vaut mieux ne pas s'attacher. Je ne suis pas le genre d'homme à abandonner. Je reviendrais que tu le veuilles ou non ! Et je te ferais changer d'avis, sur nous deux !
Je l'écoute mi-amusée, mi-ennuyée. Je me connais, je ne changerais pas mes plans malgré ses efforts et ça m'embête de ne pas lui faire entendre raison. Je ne souhaite pas le faire souffrir ou penser que je me sers de lui comme d'une distraction. La pensée d'agir comme Lucius me traverse l'esprit et je me dégoutte au plus haut point.
J'attends qu'il finisse de s'habiller avant de lancer :
-Ne reviens pas. Ce que je fais est immoral ! Je n'ai pas le droit de me servir comme ça de toi. Tu devrais trouver une fille libre, qui sera de ton monde !
Théodore me regarde avec un expression indéchiffrable avant de s'avancer vers moi et de gronder, menaçant :
-Je te l'ai dis, je ne suis pas le genre d'homme à abandonner. Tu ne te débarrassera pas de moi ainsi. Je ne suis pas lui !
C'est sur ces paroles, qu'il sort de la pièce avant de s'enfuir dans la lumière naissante du matin, me laissant incertaine, heureuse et perdue...
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Comme je suis bien réveillée, je décide d'avaler un café bien serré avant de me diriger vers la carrière pour préparer un nouveau parcours afin de faire travailler Élégance sur sa remontée de garrot.
L'Aube est radieuse, les oiseaux chantent doucement et l'humidité de la rosée se dépose avec grâce alors que les premiers rayons du soleil percent la brume, répandant une lueur violette, presque magique.
Me sentant de bonne humeur, je me mets à pousser la chansonnette en esquissant quelques pas de danse au milieu du sable, une barre d'obstacle à la main. Je m'amuse à tourner autours en chantant plus fort, avant de la laisser tomber au sol avec un bruit mat et de continuer ma chorégraphie, seule. L'instant est si parfait, je suis engloutie dans le silence et la tranquillité et pour une fois depuis longtemps, mon cœur se trouve regonflé d'espoir. Je finis ma danse , les mains tendues vers le ciel en réalisant des pointes de ballerine presque parfaite, un reste de mes cours de danse...
Des applaudissements me ramènent à la réalité et je croise le regard amusé de Henry, qui dit gentiment :
-Et bien Marie, je ne vous connaissais pas d'aussi bons talents de chant et de danse.
-Surtout ne le dites à personne. Je ris, en ramassant la barre. Je ne voudrais pas commencer une carrière de chanteuse, en plus de celle de cavalière.
-Ne vous en faites pas, votre secret sera bien gardé. Réplique de bon cœur le maître d'écurie. Je suis heureux de voir que vous vous sentez mieux.
Je lui adresse un signe de tête entendu alors qu'il tourne les talons, avant de me remettre à ma tâche.
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Pour la première fois depuis que je monte Élégance, celle-ci a été très caractérielle. Avec Henry, nous mettons ça sur le compte de ses récentes chaleurs. Je pense qu'elle a mal aux reins, ce qui la rends récalcitrante sur les obstacles. Décidant qu'il valait mieux ne pas la faire sauter aujourd'hui et demain, j'en ai profité pour travailler son dressage, pour l'arrondir et ainsi faciliter les prises de courbes sur le parcours. Après quelques énervements, j'ai retrouvé ma jument aussi à l'écoute et concentrer que d'ordinaire, ce qui a confirmé nos soupçons sur ses possibles douleurs de dos.
Ensuite, j'ai préparé North Wind et nous nous sommes éclatés sur le parcours. Pour le récompenser, je lui propose une promenade sur le domaine, à cru (sans selle).
Je mets quelques minutes à m'habituer à son dos et ses allures que je sens beaucoup plus qu'avec un équipement. En passant devant l'écurie, j'aperçois Henry en train de faire du rangement. Je fronce les sourcils, quand je vois un vieil arc et un carquois remplis de flèches posés négligemment sur un tas de vieilles affaires.
Je mets pied à terre et demande au vieil homme en désignant l'arc :
-Puis-je les emprunter ?
-Et même les garder ! Il réplique en essuyant son front. Ils partaient à la poubelle de toute manière.
Je le remercie, un peu surprise avant de passer le carquois en bandoulière et de sauter sur le dos de Vent du Nord, l'arc à la main.
Nous pénétrons joyeusement dans les bois denses, mon cheval prend même gentiment le galop sur un sentier dégagé et nous arrivons vers le lac. Je fais bifurquer North à gauche, en parallèle au point d'eau car l'allée et grande et dégagée mais bordée tout le long de haie d'arbres. Je saisie une flèche et l'encoche sur la corde de l'arc. On dirait d'ailleurs que l'arme a été faite pour moi, je la met en joue très facilement mais je sens dans la tension de la corde que ce n'est pas non plus un arc d'enfant.
Agréablement surprise, je fais un nœud pour raccourcir les longues rênes de North Wind, avant de les coincer contre le garrot et je le talonne. Ma monture part au petit galop, semblant comprendre mon intention. Je me concentre sur le tronc du boulot à 200 mètres et quand nous arrivons à 5 mètres, je décoche ma flèche qui part se figer dans l'écorce blanche. Au son du projectile et de la corde, North pile doucement et réalise un très joli petit cabré en secouant la tête. Pas le moins du monde déstabilisée, j'éclate de rire en lui flattant l'encolure. J'ai l'impression d'être dans un monde fantastique et médiéval !
Ma bonne humeur retombe vite, quand j'entends quelqu'un s'exclamer dans mon dos :
-Et bien, maintenant tu décides de transformer mon meilleur Pur-Sang d'obstacle, en cheval de spectacle ?
-Bonjour, Lucius. Je réplique en relevant la tête, les cheveux au vent.
-Je dois dire que l'effet est très convainquant. Il rit froidement en faisant avancer son hongre vers nous. Je pourrais presque te prendre pour une Valkyrie.
Je le regarde sans rien dire s'approcher de nous, mon cœur se serrant un peu plus à chaque foulée de son cheval. Je me ressaisis en lui demandant :
-Que veux-tu ?
-Terminer cette promenade avec toi. Il répond tranquillement
Pour réponse, je talonne North qui prend un galop beaucoup plus soutenu que lors de notre séance de tire. Dans notre course, j'en profite pour passer mon arc également en bandoulière contre ma poitrine. J'entends Lucius nous rattraper et je jette un coup d'œil par dessus mon épaule, le voyant à cinq foulées. Je tourne à droite, dans le chemin des troncs, je me demande si Lucius sera assez bon cavalier pour ne pas abandonner.
Vent du Nord, s'embrase au dessus des obstacles naturels. Cette fois, je n'essaie même pas de le retenir, lui donnant tout droit et quelle merveilleuse sensation que de voler sur son dos en sentant tous ses muscles..
Arrivé au bout des cinq troncs, j'arrête North et me retourne pour voir où se trouve Lucius et je le vois enchaîner parfaitement les obstacles, avec une classe non négligeable.
Je sens une vague de désir en même temps que de la souffrance m'étreindre l'estomac et je détache mes yeux de mon employeur, arrivant à ma hauteur. Pour donner le change, je dis :
-Et bien, je n'aurais jamais cru que tu puisses aussi bien te débrouiller sur un cheval.
-J'aurais pu te surprendre encore bien d'avantage. Il me nargue.
Pour la peine, je hausse des épaules en reprenant le chemin des écuries au pas. Lucius se met à côté de moi en ne disant mot et pour une fois, je savoure ce silence et sa présence.
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-Prête ? Me demande Henry.
-Comme toujours. Je lui sourit en rentrant Élégance dans son box, aux écuries Ragata.
-Bien. Vos tours de passage sont 18 avec la jument et 37 avec North Wind.
Je le remercie d'un signe de tête alors que la cloche sonne le début de la reconnaissance. Sur le chemin menant au parcours, je me fais tirer dans un angle caché des regards et plaquer contre le mur en béton. Je ris en reconnaissant Théodore :
-Et bien, pour un homme qui n'abandonne pas, je ne t'ai pas vu après notre nuit ! Pratiquement deux semaines sans nouvelles, j'ai cru que tu m'avais oublié.
-Moques-toi. Il gronde avec un sourire. Mais je n'ai pas pu revenir aussi facilement que les autres fois. Les surveillants ont dut savoir que des élèves partaient en escapade nocturne et depuis, l'école a forcé la sécurité. Je n'ai pas encore trouvé comment m'esquiver mais crois-moi, ça viendra ! En attendant, tu m'as manqué !
-Tu m'en vois ravie. Je réplique avec gentillesse. Mais la reconnaissance a commencé. Donc si tu permets...
Théo s'écarte pour me libérer et je lui adresse une moue reconnaissante en rougissant devant ses yeux brûlants de convoitise.
Arrivé sur le parcours, je fais ma reco en même temps qu'une autre fille qui m'adresse un regard plutôt sympathique. J'essaye d'engager la conversation :
-Salut, je suis Marie Nilsen et toi ?
-Oui je sais. Elle répond. Moi c'est Daphné Greengrass.
-C'est incroyable ! Je m'exclame. Tout le monde semble savoir qui je suis ici et moi je ne connais personne !
-Il est assez dur de se faire accepter chez nous. Elle soupire tristement en contournant un Oxer.
-Oh, je ne désespère pas. Je ris. À moins que toutes les filles ressemblent à Pansy Parkinson ! Là, d'accord, j'abandonne !
Daphné, éclate de rire à ma plus grande surprise. Son rire est merveilleux, cristallin, pur et précieux comme si il était rare. C'est étrange de savourer chaque petite seconde de quelque chose d'aussi naturel. La jeune fille se ressaisit en jetant quelques coups d'œil inquiet autour d'elle avant de reprendre plus bas :
-Heureusement, nous sommes peu comme elle mais je ne dois pas le dire. Mon père à des relations avec le sien et il aime par dessus tout sa fille chérie. Si je m'attire les foudres de Pansy, les relations de mon père en pâtiront, tu comprends ?
-Oui. Je soupire en finissant de calculer les foulées sur le triple. Ça veux dire que nous ne pourrons jamais être amie..
Daphné m'adresse un regard d'excuse avant de s'éloigner de moi pour rejoindre Pansy, l'appelant au niveau de la carrière de détente.
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Du haut d'Élégance, je me présente sur le parcours officiel après avoir vécue une détente assez mouvementée car la Miss avait envie de faire la folle. La cloche sonne et je m'élance tranquillement. Le parcours se déroule bien, je suis heureuse d'avoir bien travailler le dressage de ma jument qui du coup, est beaucoup plus tonique et à l'aise sur les courbes. J'ai appris que nous ne serions pas noté au temps mais sur les fautes ainsi que la tenue et la propreté de notre tour.
Je pense que nous nous en sommes bien tirées, nous n'avons touché qu'une barre mais heureusement , elle n'est pas tombée.
C'est maintenant à notre tour avec North, juste avant j'ai croisé Théodore qui finissait le sien avec River Star. Il s'est arrêté à ma hauteur pour me souhaiter bonne chance en laissant traîner sa main sur ma cuisse de manière négligée mais appuyée. Chose qui a eu l'air de ne pas échapper à Pansy. Je me suis dégagée un peu brusquement en oubliant même de le remercier.
Sur le parcours Vent du Nord est parfait, quelle merveille de monter ce cheval. J'ai l'impression que toutes nos cellules sont connectées et réagissent sur la même et unique pensée. Je n'ai jamais ressentie quelque chose d'aussi fort, il semble d'avance savoir quelle option prendre, quelle nombre de foulées faire.
Si je m'écoutais, je lâcherai les rênes et je tendrais les bras comme les ailes d'un oiseau pour prolonger cette sensation de vol et de puissance mais bien sûr, je serais immédiatement disqualifiée.
Sur les derniers obstacles, je sens North me demander les commandes. Pour la première fois, je suis obligée de le les lui refuser en lui flattant l'encolure, espérant qu'il ne m'en tiendra pas rigueur. Mais après quelques instants de réflexion de sa part, il me fait comprendre que c'est OK. Et nous nous envolons une dernière fois au dessus de l'immense SPA.
La cloche sonne la fin de notre tour et je salue le jury avant de sortir de la carrière sur un North fumant et écumant.
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J'apprends qu'avec North Wind, nous nous sommes classés premier et avec Élégance, nous restons en troisième position. Henry, vient chercher l'étalon en me demandant de commencer à préparer les affaires et à charger le camion. En effet, comme je ne suis pas de la famille Malfoy, je n'ai pas le droit d'apparaître sur la photo officielle. Et franchement, ça m'arrange !
En rangeant les brides dans la sellerie du camion, je me sens très mal à l'aise, comme observer. Je me retourne vivement, le cœur tambourinant follement. J'ai l'impression d'être une biche au aboie. Et je tombe sur deux yeux m'observant froidement. C'est tout ce que je retiens, deux yeux froids comme la mort. Calculateurs et remplis de menace.
J'ai le cœur au bord des lèvres, tous mes membres tremblent de manière incontrôlable et tout mes muscles me disent de fuir, vite, sans me retourner.
Pourtant, j'avance vers ce regard prédateur comme hypnotiser par ma propre danse macabre. Je ne l'explique pas mais dans ma frayeur, ces yeux perçants ont quelques chose de familier, si proche mais je n'arrive pas à mettre le doigt dessus...
Je suis proche, si proche... Juste quelques mètres nous séparent... Quand soudain, un bruit me sort de ma transe. Comme si on avait coupé la lumière et que le papillon de nuit se retrouve égaré, cherchant dans la pénombre l'espoir terrifiant qui l'a animé.
-Qu'est-ce que tu fais ? Demande, je le reconnais Lucius.
J'essaye de me débattre encore troublée par l'apparition et mon employeur me secoue plus fort :
-Marie, que se passe t-il ?
-Il … Il y avait quelqu'un là... Je bafouille, en reprenant mes esprits.
-Où ? Demande l'homme, en scrutant les alentours des yeux.
Je lui montre l'endroit en frissonnant avant de dire :
-Et d'un coup, plus rien. C'était terrifiant... Ce regard, je veux dire... Comme un fauve prêt à me tuer... Et en même temps, terriblement tentant...
Je vois Lucius s'agiter mais au lieu de m'inquiéter, je le laisse faire comme dans un état second. Je l'entend parler avec Henry, je crois qu'il lui dit de rentrer seul.
Puis il m'empoigne le bras avant de m'entraîner à sa suite et de me dire les dents serrées :
-Vous rentrez avec moi.
