Bonjour,

Me revoilà avec ce chapitre, qui s'est révélé complexe à écrire... Je ne vous en dis pas plus et vous souhaite une bonne lecture !

Nous nous retrouverons à la fin !


« L'homme le plus sage n'est jamais vraiment prévenu contre sa propre vanité. »
{Georges Dor}


Hermione eut le plus grand mal à retenir ses larmes de fureur et fixa les étendues salées aux remous apaisants. Elle ne voulait pas craquer à nouveau. Pourquoi fallait-il que les hommes soient si stupides ? Certes, Klaus l'avait agacée avec sa manie de lui couper la parole sans cesse et ses paroles creuses, mais de quel droit Tom Jedusor était-il intervenu dans ce qui ne le regardait pas ? Après tout, c'était de sa faute à lui si elle ne pouvait plus réellement se considérer comme fiancée ! Alors oui, Klaus était sans doute loin d'être subtil mais cela lui faisait du bien au moral d'être courtisée par un homme aussi attirant, même si c'était sans conséquence. Quel était son problème enfin !?

Elle tenta de se raisonner, son esprit rationnel reprenant peu à peu le dessus. Non, ce n'était pas de la faute de Tom si le retourneur de temps défectueux l'avait amenée ici. Il était coupable de bien des choses, mais pas de sa présence en 1944…

« Hermione ? Puis-je me permettre… ? »

Klaus se tenait près de l'escalier sur le pont et la regardait avec incertitude, le visage penaud. Poussant un soupir, elle acquiesça brièvement et contempla à nouveau la mer. Ce n'était pas le moment de se mettre à dos un professeur de Durmstrang.

« Je m'excuse de m'être emporté. C'était stupide de ma part. » Elle ne répondit pas, alors il continua, s'approchant de plus en plus. « Sachez quand même que mon admiration est sincère et j'ai été un idiot complet de vouloir discréditer ce que je prenais pour un rival…
- Tom est mon étudiant. Rien de plus » intervint-elle d'une voix sèche.

« Bien sûr. Je suis désolé. »

Elle lui fit signe de laisser tomber. Il était loin de se douter de la véritable raison de sa contrariété… Si elle n'était pas si triste, elle aurait sans doute éclaté de rire. Tom Jedusor, un rival ? Elle le haïssait, se dit-elle. N'était-ce pas à Hermione qu'il revenait de le mettre hors d'état de nuire ? Elle supposait avoir gagné une partie du respect de Voldemort, ce qui n'était pas rien, mais il était ridicule d'insinuer qu'il puisse s'intéresser à elle, autrement que pour la percer à jour. Il était incapable d'éprouver de l'affection.

« Hermione, j'ai conscience que nous nous connaissons peu et que j'ai tendance à dire facilement ce que je pense. Mais je voudrais savoir… Est-ce ce qu'il a dit est vrai ? Etes-vous déjà engagée ? », demanda Klaus à voix basse.

Les larmes d'Hermione brouillèrent sa vue, une nouvelle fois, et elle les effaça d'un geste sec du bras. Malgré ses airs bravaches, le jeune homme la mettait en confiance, alors elle lâcha la vérité, du moins en partie.

« Oui », murmura-t-elle. « Mais ce n'est plus d'actualité. Il… Il est parti. Pour de bon. »

Le jeune homme ne répondit pas, ses traits exprimant la compassion. Il fit un mouvement pour lui prendre la main et elle le laissa faire.

« Les étudiants ne le savent pas et je souhaiterais qu'il en reste ainsi. » Il acquiesça, compréhensif. « Ecoutez Klaus, je suis très flattée par vos attentions, mais la situation est compliquée et je ne…
- Je comprends très bien, ne vous en faites pas, Hermione. Je vais vous laisser tranquille de ce côté-là. Je sais que je suis un peu stupide sur les bords, mais quand même ! »

Il lui fit un sourire lumineux qui la réconforta. Puis, il l'attira dans ses bras. Hermione se laissa faire. Cela faisait si longtemps qu'elle n'avait plus goûté à la chaleur humaine, réalisa-t-elle alors, et cela lui fit un bien fou. Elle put se blottir librement dans ses bras, sachant qu'il n'attendait plus rien d'elle en retour.

« Merci Klaus », chuchota-t-elle. « J'en avais besoin.
- A votre service, ma chère. »

Une explosion retentit soudain dans les airs, lui arrachant un cri. Sa baguette dirigée vers la source du vacarme, Hermione vit un avion de chasse piquer du nez dans une épaisse fumée et s'effondrer dans l'eau, un peu plus loin.

« Il faut les aider ! », cria-t-elle.

« Nous ne pouvons plus rien pour eux. Aucun parachutiste n'a eu le temps de sauter. Je suis désolé, Hermione. »

La baguette aux aguets, Klaus chercha d'autres avions dans les cieux, mais ils étaient désespérément vides. Il expliqua que des combats aériens avaient toujours lieu, même s'ils se raréfiaient. Roselyn et Tom étaient également montés sur le pont, probablement alertés par le bruit. Elle entreprit de les informer, mais Jedusor ne semblait pas intéressé. Evidemment. Des Moldus qui meurent, ça ne doit lui faire ni chaud ni froid. Au lieu de cela, il fixa froidement Klaus, et redescendit dans le salon sans un mot et sans un regard pour elle.

La jeune femme s'en voulut de s'être emportée un peu plus tôt. Bien sûr, sa colère contre lui était plus que légitime, mais elle n'aurait pas dû oublier qui il était. Il n'était pas le Harry grognon de quinze ans qu'elle avait eu à gérer il y avait quelques années de cela. C'était Lord Voldemort, un meurtrier assoiffé de pouvoir. N'avait-elle pas décidé de mettre fin à son ascension, de détruire les Horcruxes et de l'affronter ? Pourtant, Hermione sentait confusément que son regard sur lui avait évolué. Elle le considérait à présent comme un jeune homme brillant, avide de connaissances et… encore humain malgré tout, avec des émotions. Au fond d'elle, l'incertitude quant à sa décision ne tenait plus au simple problème moral… Il n'empêchait qu'il était dangereux et qu'il pouvait la détruire à n'importe quel moment. Il n'hésiterait pas une seule seconde à partir du moment où il la considérerait comme une menace. La froideur de Voldemort envers Klaus tenait sûrement à une bataille d'égos, entre deux mâles alpha. Elle roula les yeux à cette pensée. Non mais vraiment !

Klaus l'invita à redescendre elle aussi, affirmant qu'il ne voulait pas devoir leur lancer de sort d'Amnésie à l'issue du séjour. Il se montra bien plus agréable que précédemment et répondit de bonne grâce, dans la mesure du possible, aux questions de Roselyn et Hermione. Il prenait soin de ne pas provoquer Tom Jedusor, qui resta obstinément plongé dans son devoir de défense contre les forces du mal. Ils apprirent ainsi que la répartition à Durmstrang se faisait essentiellement en fonction de la langue maîtrisée par l'étudiant. Pour les cours portant sur la théorie, il existait trois groupes, respectivement pour les langues russe, allemande et anglaise. Le professeur Morovitch était lui-même suédois et maîtrisait l'anglais bien plus que le russe et l'allemand. De manière générale, ajouta-t-il, les pensionnaires de l'institut parlaient tous couramment l'anglais vers la fin de leurs études.

Quelques instants plus tard, une violente secousse leur indiqua qu'ils avaient traversé la dernière porte aquatique. Le Suédois leur fit signe de le suivre à l'extérieur pour assister au spectacle. Oliver était également sorti de sa cabine.

« Mesdames et messieurs, bienvenue à l'institut Durmstrang ! »

Ils se trouvaient à présent au coeur d'un immense lac. Tout autour, les montagnes aux sommets enneigés s'étendaient à perte de vue. Les pinèdes verdissaient ce paysage enchanteur, que le soleil commençait à quitter, projetant une lueur orangée. Ici, la nature faisait loi. Près du rivage, un petit château en pierre se dressait, seul témoin de l'activité humaine dans ce coin du monde.

« Quelle heure est-il ? », demanda Roselyn. « Nous ne sommes quand même pas déjà le soir ? »

Klaus éclata de rire. Il entreprit d'apporter les explications avant qu'Hermione ne puisse ouvrir la bouche.

« Eh non Miss, le soleil se couche très tôt ici pendant la période hivernale. Dans moins de deux heures, il aura disparu à l'horizon. »

Roselyn rougit de confusion, toujours un peu perturbée par sa sieste imprévue. Malgré son manteau épais, Hermione frissonna. Elle se souvint de la description que Viktor Krum lui avait faite de Durmstrang et fit aussitôt apparaître un bocal, puis un feu à l'intérieur de celui-ci pour se réchauffer. Vieille habitude… Tandis que le bateau filait doucement vers la rive, un attroupement se forma devant le château. Ils étaient pour la plupart vêtus d'uniformes rouge et noir. Certains professeurs portaient des capes épaisses foncées, si bien qu'on aurait dit des ours. Un homme d'âge mûr les accueillit aussitôt avec un large sourire. Il se présenta comme étant Niklas Valvovitch, directeur de l'Institut, et leur indiqua que tout le monde les attendait pour le déjeuner.

La salle de réception était bien plus petite que celle de Poudlard. Une petite centaine de personnes à peine pouvaient tenir à l'intérieur. Les murs étaient glacés, en l'absence de cheminée. Des bocaux, semblables à celui d'Hermione, contenaient des flammes bleues, répandant une chaleur toute relative autour d'eux. Le mobilier était très spartiate, se composant de simples bancs en bois autour de tables rectangulaires disposées en U. Hermione s'installa, avec Roselyn et Tom, près de Niklas Valvovitch et de Klaus. Le contraste avec Beauxbâtons était frappant.

Roselyn offrit alors le cadeau de Poudlard à l'Institut Durmstrang, une graine de Callisturus Megalus, un arbre particulièrement rare aux propriétés guérisseuses. Le directeur en fut enchanté et les remercia chaleureusement. Jedusor observait avec attention ce qu'il se passait autour de lui, mais restait étrangement distant. A moins qu'elle ne se fasse des idées ? Hermione n'avait pas croisé son regard une seule fois depuis leur confrontation. Au moins, il se montrait poli avec leurs hôtes, qui ne remarquèrent rien de particulier. C'était tout ce qui comptait, n'est-ce pas ?

Après le repas, ils furent invités à faire une courte visite de l'école, qui tenait toute entière sur quatre étages. Au premier et second étage, les salles de cours se ressemblaient toutes, tandis qu'au troisième, les locaux spécialisés pour les potions et la bibliothèque côtoyaient les salles communes des étudiants. Au dernier étage, les appartements des élèves et du personnel s'alignaient. On leur présenta leurs chambres respectives, dotées de minuscules salles d'eau. Néanmoins, la véritable déception d'Hermione vint de la bibliothèque. Celle-ci était fermée à tous depuis la rentrée, en raison d'un inventaire poussé. On soupçonnait Grindelwald d'avoir fait infiltrer des ouvrages ensorcelés.

Enfin, Hermione, Roselyn et Tom furent tous trois conviés à participer à un cours de duel assuré par le professeur Klaus Morovitch, au rez-de-chaussée. Un samedi par mois, le professeur organisait un petit tournoi avec les étudiants volontaires pour s'exercer. Hermione songea avec tendresse à l'Armée de Dumbledore, Harry aurait sauté sur l'occasion pour participer. Ce fut à ce moment précis qu'elle réalisa que cette compétition était une mauvaise idée. Une très mauvaise idée.

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En revanche, Lord Voldemort était très séduit par cette proposition. Il ressentait depuis quelques jours le besoin de se défouler et ce serait l'occasion rêvée de le faire sans nuire à sa réputation, au contraire. Ces dernières heures, il s'était montré bien trop imprudent, ce qui ne lui ressemblait pas.

Pourquoi n'était-il pas resté sagement dans le salon du bateau, en compagnie de l'insipide Tillman qui n'avait pas osé prononcer un mot en sa présence ? Pourquoi avait-il fallu qu'il décide de n'en faire qu'à sa propre tête et de se rendre sur le pont du bateau ? Et surtout, pourquoi avait-il ressenti un coup de poing à l'estomac lorsqu'il avait aperçu Miss Jean et Morovitch enlacés ? Il avait vu rouge à cet instant, son poing serrant sa baguette magique à s'en faire mal. Il avait réprimé toute envie de hurler sa rage et de jeter un sort au professeur. A ce moment précis, un avion avait explosé. Etait-ce lui qui en était responsable ? Il n'espérait pas que ce soit le cas, non pas parce qu'il avait peur d'être responsable de la mort de Moldus, mais bien parce que cela signifiait qu'il perdait le contrôle de lui-même. C'était inacceptable. Et pour quelle raison ? Il devrait se ficher totalement de Morovitch.

Pourquoi vous préoccuper autant de cette rumeur, alors que vous connaissez la vérité, mylord ? Les mots d'Abraxas lui étaient revenus en mémoire. Vous n'avez rien à perdre. Ne me disiez-vous pas vous-même, il y a quelques jours, que vous en aviez assez de ces filles qui vous traquent dans les couloirs ? C'est elle qui a tout à perdre. Bien sûr que cette rumeur était fausse, lui avait-il répondu avec impatience. Il était toujours en colère contre Tillman. Pourtant, Morovitch lui donnait l'occasion de prouver, sous les yeux de la Serdaigle, qu'elle était fausse. Alors pourquoi s'était-il senti rejeté lorsque Hermione avait bondi de son siège, prête à lui lancer un maléfice, pour ensuite se jeter dans les bras de ce bellâtre ? Pourquoi était-il… jaloux ? Ce constat lui avait fait l'effet d'une douche froide. Bien sûr qu'il n'était pas jaloux, c'était ridicule. Alors, lorsqu'il avait débarqué à Durmstrang, il avait entrepris de chasser toute émotion parasite. Jusqu'à ce tournoi de duel.

Miss Jean refusa tout net de participer. Il arqua un sourcil. Avait-elle peur de se ridiculiser ? Il avait pourtant l'intime conviction qu'elle surpasserait une grande partie des sorciers présents dans la salle. Elle tenta même de dissuader Morovitch de les faire combattre, Tillman et lui, arguant qu'ils n'étaient pas formés au duel. Le professeur tenta de la rassurer et elle dut s'incliner devant l'enthousiasme de Tillman. Cela amusa Voldemort. Il devina très bien que ce n'était pas la véritable raison de sa réprobation, lorsqu'il croisa son regard pour la première fois depuis quelques heures. Elle savait au contraire qu'il était trop puissant pour eux tous, il le lisait dans ses yeux inquiets. Elle n'avait pas peur pour lui, mais de lui. Il en fut inexplicablement flatté et cela redoubla son intention d'en découdre.

« Bonjour à tous. » Morovitch prit la parole devant la trentaine d'étudiants massés dans la salle. La plupart devait être en dernière année. « Pour notre traditionnel tournoi mensuel de duel, nous avons trois invités de marque, que je vous demande de traiter avec le plus grand respect. Je vous présente le professeur Jean, qui a accepté de faire office d'arbitre quand je serai moi-même en duel, ainsi que Roselyn et Tom, les meilleurs élèves de Poudlard. Croyez-moi mes enfants, ce ne sera pas facile de les battre ! »

Roselyn se rengorgea à ces mots. Tom supposa qu'en réalité, Morovitch cherchait simplement à motiver ses troupes pour qu'ils ne leur laissent aucun quartier. Il avait hâte.

« Je vous rappelle les règles. Aucun sang ne doit être versé, pas de Sortilège Impardonnable, pas de magie noire ! La torture, la mutilation et le meurtre sont interdits dans le règlement de l'école, ne l'oubliez pas ! Vous avez cinq minutes pour venir à bout de votre adversaire. Que le meilleur gagne ! »

Miss Jean semblait à présent réellement agitée et se mordait la lèvre inférieure, sa baguette prête à intervenir. A Durmstrang, le duel était une véritable discipline sportive. Les combats, à élimination directe, se déroulaient dans les règles de l'art, au milieu de la salle des duels. Les premiers combattants furent tirés au sort par Morovitch lui-même, qui inaugura le tournoi en désarmant aisément une jeune fille d'une quinzaine d'années. Tom trouva étrange qu'un professeur, plus expérimenté que ses étudiants, se mêle à eux mais il ne vit personne rechigner. Parfait. Il se délectait à l'idée de l'affronter et de lui infliger la correction qu'il méritait.

Tom vint facilement à bout de ses trois premiers adversaires, prenant garde à conserver le plus d'atouts possibles dans sa manche. Il se contenta d'Impedimenta et d'Expelliarmus. Pour se défendre, il n'eut pas besoin d'autre chose que de faibles charmes du Bouclier. Tillman, quant à elle, fut vaincue au deuxième tour par un étudiant de dernière année, un individu nommé Vladimir. Dans l'ensemble, la plupart des combats duraient à peine plus de deux minutes.

Une heure et demie après le début du tournoi, ils n'étaient plus que 4 duellistes en lice : une étudiante de Durmstrang particulièrement douée, Vladimir, Morovitch et Tom. Le hasard voulut que la première demi-finale eut lieu entre Vladimir et Jedusor. Le moment où il pourrait affronter Morovitch à la loyale approchait et son excitation grandit. Il poussa le vice jusqu'à faire durer le combat contre l'étudiant et donner l'impression d'être en difficulté. Miss Jean ne le quittait pas des yeux. Pensait-elle qu'il pouvait être défait ? Il élimina son opposant d'un sortilège de Stupéfixion bien placé et s'autorisa un sourire triomphal en direction de la stagiaire. Elle leva les yeux au ciel et applaudit tout de même avec les autres.

Lord Voldemort était prêt à en découdre avec le Suédois. Pour le moment, il avait pris garde de n'humilier aucun adversaire, se réservant pour la finale. Il observa avec attention le combat entre Morovitch et la jeune fille. Les sorts du professeur étaient précis et il se mouvait avec grâce, évitant les jets de lumière provenant de la baguette adverse, si bien qu'il recourait peu aux sortilèges de défense. Tom peaufina peu à peu sa stratégie d'attaque. Malgré le talent de son adversaire, Morovitch l'emporta en la désarmant d'un jet de sa baguette lancé par-dessous le coude.

« Félicitations Ekaterina pour ce très beau combat ! Tu progresses de jour en jour », dit-il en s'inclinant devant la jeune fille. Celle-ci semblait déçue, mais contente de sa prestation.

« Ce n'est que la troisième fois qu'elle participe au tournoi », glissa ensuite Morovitch à Miss Jean, qui félicita à son tour ladite Ekaterina. Le sourire de la jeune femme se fana aussitôt quand le professeur lui murmura quelques mots, qu'il ne put saisir, à l'oreille. Cela raviva la colère de Tom qui, cette fois, la canalisa.

Un grand silence s'installa dans la pièce lorsque Tom et Morovitch se placèrent au centre et se saluèrent. Hermione annonça le début du combat, et il aurait pu jurer que sa voix tremblait légèrement. Aussitôt, Tom lança un sort de Désarmement, qui rata de peu le professeur qui dut bondir sur le côté pour l'esquiver. Comme il s'y attendait, l'homme tenta de contre-attaquer dans la foulée mais il envoya son sort au plafond d'un geste négligent du poignet, tout en avançant lentement vers lui. Reculant peu à peu, Morovitch enchaînait à présent les sortilèges. Il donnait l'impression de s'amuser. Plus pour longtemps, songea le Serpentard.

« Impedimenta ! Expulso ! Expelliarmus ! Petrificus Totalus ! Incarcerem ! »

Sa baguette tendue, Jedusor se concentra intensément pour neutraliser les sorts un par un, à l'aide d'informulés. Celui-ci commença à marcher en cercle autour de son adversaire. Un rictus sur le visage, il n'attaquait pas. Pas encore…

« Locomotor Wibbly !
- Protego ! »

Le puissant charme du Bouclier de Jedusor renvoya le maléfice de Jambencoton droit sur le professeur qui l'esquiva de justesse, d'une gracieuse pirouette. Tom anticipa immédiatement le jet de lumière du Suédois et fit un bond de côté pour l'éviter. En revanche, le sort informulé suivant le frôla. Cette fois, le Serpentard riposta immédiatement.

« Expulso !
- Stupéfix !
- Expelliarmus !
- Tarentallegra !
- Reducto !
»

Le combat devint de plus en plus dur, aucun des deux adversaires ne voulant essuyer une défaite. Les sorts pleuvaient dans la salle, les étincelles de toutes couleurs jaillirent et provoquèrent des explosions, au point que les étudiants déployaient des charmes du Bouclier autour d'eux pour éviter les accidents, sans perdre une miette des affrontements. Les murs, eux, tenaient bon.

« Incarcerem ! »

Cette fois, le sort de Tom fit mouche et des cordes enveloppèrent aussitôt Morovitch qui tomba au sol, provoquant des réactions de stupeur dans la pièce. Tom jeta à coup d'oeil à Miss Jean, curieux de savoir comment elle réagirait en voyant son champion à terre. Elle ne paraissait nullement surprise… Au contraire, elle fixa intensément le Suédois, concentrée, le regard calculateur. Qu'est-ce que cela signifiait ? Ce fut la seconde d'hésitation de trop. Morovitch se dégagea de ses liens, récupéra sa baguette et cria :

« Diffindo ! »

Le jet de lumière rouge alla s'écraser au mur, derrière Tom, qui eut à peine le temps de s'écarter d'un pas. Ainsi donc, il cherchait à le blesser ? Le professeur brisait ses propres règles… Cela signifiait qu'il était temps d'en finir une bonne fois pour toutes.

« Deprimo ! »

Le sol s'effondra sous le professeur qui dut se lancer un sort de lévitation pour éviter de chuter. Il leva à nouveau sa baguette pour le stupéfixer. Morovitch eut à peine le temps d'en faire autant. Les sorts jaillirent des deux baguettes. Tom était confiant de la puissance du sien, qui surpasserait sans peine celui de son adversaire, lorsque…

« PROTEGO ! EXPULSO ! EXPULSO ! »

Un bouclier lumineux se déploya au milieu de la pièce, renvoyant leurs sorts respectifs droit sur eux. Du moins, cela aurait été le cas s'ils n'avaient pas été violemment projetés sur les murs derrière eux. Tom ne ressentit pourtant aucune douleur. Ils avaient été ensorcelés pour amortir les chocs. Hébété, il se tourna vers la foule afin d'identifier le responsable.

« Les cinq minutes se sont écoulées… », articula Hermione d'une petite voix, en abaissant sa baguette.

Qui d'autre ? Il aurait dû s'en douter. Qui d'autre aurait pu lancer un charme du Bouclier assez puissant pour repousser non pas un, mais deux sorts lancés par des sorciers enragés ? Qui d'autre aurait ensuite eu l'énergie de les éjecter tous les deux pour leur épargner de recevoir chacun leur sort en plein coeur ? Il éprouvait de la colère, oui, une intense colère. Elle m'a volé ma victoire. Mais celle-ci se mêlait avec l'admiration et le respect pour cette femme. Il brûlait de percer son secret. Il était intimement convaincu qu'elle en avait un, chaque jour qui passait le lui confirmait. Il se releva immédiatement et dépoussiéra soigneusement sa robe noire.

« Beau duel, Tom ! »

Klaus Morovitch lui tendit la main, avec un large sourire. De mauvaise grâce, il la lui serra. Il ne pouvait pas se permettre de le snober devant autant de témoins. Des applaudissements nourris retentirent lorsque Morovitch leva la main de Tom avec la sienne.

« Quel dommage que nous n'ayons pas pu finir ! Mesdemoiselles et messieurs, prenez-en de la graine ! Ça, c'est ce que j'appelle un duel ! »

Tom était agacé. Un peu plus et il l'emportait, il en était certain. Il avait fallu que Miss Jean se mette en travers… Celle-ci se dirigeait d'ailleurs vers lui et l'entraîna légèrement à l'écart, alors que le professeur de duel donnait ses impressions aux uns et aux autres, sur les duels précédents.

« Je suis désolée… », commença-t-elle d'une voix anxieuse.

« Vous n'auriez pas dû intervenir. Encore un peu et je…
- Je sais bien, Tom. Je le sais », insista-t-elle à voix basse. « Mais écoutez-moi, je vous en prie. »

Il lui fit signe de continuer, tout en s'efforçant de maîtriser sa mauvaise humeur.

« Kla… Le professeur Morovitch est un enseignant de Durmstrang. Il a son propre orgueil lui aussi et je ne suis pas sûre que l'écraser devant ses étudiants soit le meilleur moyen pour servir notre mission ici. »

Elle avait raison, bien entendu. Il s'était laissé aveugler par la colère, la frustration et la vengeance. Il en avait oublié pourquoi il était venu dans ce pays. Toutefois, il ne ne put résister à la curiosité :

« Alors, vous saviez que j'allais l'emporter ? », demanda-t-il, esquissant un sourire narquois.

« Bien entendu. », répondit-elle sans aucune hésitation. « J'ai observé tous les combats et puis je sais aussi que… » Elle chercha ses mots. « Que l'échec n'est pas une option pour vous.
- Mais alors, comment auriez-vous fait si je l'avais battu avant la fin ? Quand je l'ai ligoté… » Sa réplique mourut sur ses lèvres, incrédule. « C'était vous… Vous l'avez libéré. »

Tom était franchement indigné à présent. Comment avait-elle osé truquer le duel ? Sous ses airs innocents, il lui découvrait de plus en plus de penchants manipulateurs.

« Je ne vois pas de quoi vous parlez », chuchota t-elle avec force, mais ses joues avaient pris une teinte cramoisie, ne laissant aucune place au doute.

« Tom, j'espère que vous n'en voulez pas à votre professeur de nous avoir interrompu », intervint Morovitch qui venait d'arriver, prenant Miss Jean par les épaules. « Le duel aurait pu durer des heures… »

Quel culot ! Tom faillit le remettre à sa place, mais les yeux implorants d'Hermione le ramenèrent à la réalité.

« Bien sûr que non, professeur. Les règles sont les règles. »

Elle le remercia du regard et poussa un imperceptible soupir de soulagement. Puis, les deux enseignants se joignirent à la foule qui quittait la salle. Il sortit à leur suite, combattant sa frustration. Il aurait dû gagner.

« Tom, c'est bien ça ? »

Le dénommé Vladimir l'avait attendu seul dans le couloir, adossé contre le mur. Le Serpentard acquiesça, se demandant ce qu'il voulait.

« Je voulais te féliciter pour ce duel, c'était incroyable ! Un peu plus et tu devenais le premier champion étranger de notre petit tournoi mensuel. »

Tom le remercia d'un signe de tête et ne répondit pas. Cet étudiant ne pouvait pas l'avoir attendu uniquement pour le congratuler. Effectivement, il commença à se balancer d'avant en arrière sur ses pieds, incertain.

« Ecoute… Je voulais te demander si tu pouvais m'arranger le coup avec… Enfin… Je ne devrais pas demander ça mais… Je l'ai trouvée jolie et j'aimerais bien au moins discuter avec elle, tu vois ce que je veux dire ? »

Mais qu'avaient-ils tous avec Miss Jean ? Elle n'était pas si digne d'intérêt alors pourquoi fallait-il qu'ils soient tous attirés par elle comme des Hippogriffes en rut ? Tom s'efforça de répondre le plus calmement possible.

« Je crains qu'elle soit déjà fiancée »

Même si elle ne porte plus sa bague. Il se garda pourtant de le préciser. Le jeune homme face à lui parut stupéfait et déçu.

« Oh, si jeune ? Je ne l'aurais pas imaginé, puisqu'elle est toujours étudiante… Dommage. »

Il parle de Tillman, réalisa alors Tom. Il fut troublé par ce quiproquo. Comment avait-il pu sauter aussi vite aux conclusions ? Mais c'était aussi l'occasion d'appliquer son plan pour se venger de la Serdaigle bien trop indiscrète…

« Oh, elle ! Je n'y avais pas pensé parce que vois-tu… »

Et ce n'est qu'un avant-goût…

Quelques instants plus tard, Tom se rendit seul dans la salle de réception pour le dîner. Cette fois, les tables étaient alignées en rangées, comme à Poudlard, pour pouvoir accueillir plus de monde. Les deux filles avaient besoin de se préparer et il n'avait aucune intention de les attendre puisque cette fois, ils ne partageaient pas le même appartement. Morovitch lui fit des grands signes au bout d'une table pour qu'il le rejoigne, et indiqua la place en face de lui. Il avait également conservé une place pour Hermione à sa droite. Quant à Tillman, il lui expliqua vouloir la placer sur le bout de la table à leur gauche, à un mètre d'eux.

« A cause de sa condition, bien sûr, nous avons prévu une distance de sécurité. »

Il n'eut pas besoin de réagir puisque Miss Jean arrivait à son tour. Cette fois, elle n'avait pas fait d'effort particulier. Elle portait une simple robe bleu marine aux longues manches moulantes, et avait relevé ses cheveux en un chignon lâche. Elle s'installa à côté du professeur en lui souriant. Celui-ci engagea aussitôt la conversation à voix basse.

Tillman, au contraire, avait prévu d'en mettre plein la vue. Elle entra dans la salle, vêtue d'une robe argentée et scintillante qui attira tous les regards sur elle. Il fallut à Tom tous les efforts du monde pour ne pas ricaner. Elle venait de rendre la vengeance plus douce encore. Son homologue parut surprise d'être placée en bout de table, à un mètre de Morovitch et de Tom, ses voisins les plus proches, mais ne protesta pas.

Tout au long du dîner, Tom se retrouva à faire la conversation avec Mr Valvovitch, l'insipide Suédois, Hermione Jean et Tillman. Ils discutèrent de manière informelle du programme d'échange, dont la signature aurait lieu le lendemain matin. Les mets s'enchaînèrent, aussi copieux que délicieux.

« Et maintenant, un peu de musique ! »

Les plats disparurent aussitôt des tables. Le directeur fit apparaître un gramophone et aussitôt, un morceau de jazz se déversa dans la pièce. Toutes les surfaces furent alors poussées sur le côté par les étudiants, à la main ou à l'aide de magie. Quelques couples se mirent à danser au milieu de la salle, tandis que les observateurs s'assirent sans cérémonie sur les tables alignées le long des murs.

Jedusor aurait pu quitter la pièce à ce moment-là, mais cela aurait signifié rater le spectacle d'une Tillman seule sur un banc, lançant des regards plein d'espoirs autour d'elle, auquel personne ne répondait. Elle avait bien pris son courage à deux mains et tenté de l'inviter lui, sous le prétexte de montrer l'exemple, mais il avait refusé net, sans se donner la peine de se justifier. Quelques élèves de Durmstrang, présents un peu plus tôt dans la salle de duel, s'approchèrent de lui pour parler sortilèges. Tom les remercia pour leurs compliments et tenta d'en savoir plus sur eux. La conversation s'orientait enfin vers la magie noire lorsqu'il aperçut Morovitch et Hermione, qui dansaient un swing endiablé.

La jeune femme ne dansait pas très bien, mais elle riait aux éclats, guidée par son partenaire au sourire lumineux. L'estomac de Voldemort se contracta à nouveau, sans raison. Mais que pouvait-elle bien lui trouver ? Il était insipide, inintéressant et prétentieux au possible. Ignorant l'envie de meurtre qui flamboyait dans ses veines, Jedusor se concentra à nouveau sur les étudiants qui se demandaient si oui ou non l'usage de la magie noire devrait être autorisée en duel, puisque dans les combats qui faisaient rage à l'extérieur, aucune loi n'était capable de les empêcher d'en faire usage. Cela aurait dû intéresser Tom. Cela aurait dû lui permettre de détecter de potentiels partisans de Grindelwald avec des questions précises et calibrées. Mais il n'était pas d'humeur. Même un regard vers Tillman, triste sur son banc, comme elle le méritait, ne parvint pas à le calmer.

La musique se fit plus douce et Tom se fit violence pour ne pas regarder la piste de danse. Quel intérêt ? Quelques minutes plus tard, Morovitch et Miss Jean s'approchèrent d'eux. Tandis que le professeur suédois se lança avec animation dans le débat et il sentit une main tirer discrètement sur sa manche.

« Allons danser », murmura une voix.

Trop surpris pour refuser, il accepta les doigts tendus d'Hermione Jean qui l'entraîna sur la piste.

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L'esprit d'Hermione était en pleine ébullition alors qu'elle se rendait au milieu de la pièce, Voldemort à sa suite. Elle avait d'abord pensé qu'il refuserait. Elle avait un objectif en tête lorsqu'elle l'avait invité, un objectif très précis. Elle avait pris sa décision lorsqu'au cours d'une valse lente, Klaus lui avait posé la question qui lui avait mis la puce à l'oreille.

« Vous avez beaucoup de courage, Hermione. Gérer une élève qui a la grippe du crapaud, beaucoup de monde aurait refusé.
- Comment ? », avait-elle réagi, estomaquée. « De quoi parlez-vous ? »

Et puis tout avait fait sens. Roselyn, resplendissante, mais éloignée vers le bout de table. Roselyn, esseulée près de la piste de danse, alors qu'elle avait tout d'une princesse de conte de fées. Roselyn, le visage triste mais tentant courageusement de sourire et de ravaler ses larmes. Hermione s'en était alors voulu de n'avoir rien remarqué plus tôt. Voldemort. Elle ne savait pas pourquoi son esprit l'avait automatiquement désigné comme coupable. Car après tout, quel intérêt avait-il de blesser la Serdaigle de la sorte ? Elle ne lui avait rien fait, n'est-ce pas ? Pourtant, qui d'autre que lui aurait pu faire une chose pareille ?

« Ce sont des étudiants qui m'ont prévenu. J'imagine qu'elle prend des précautions, mais on n'est jamais trop prudent avec ce genre de virus. »

Hermione entreprit de lui assurer qu'il y avait une erreur et que Roselyn était seulement victime d'une rumeur très injuste. A son grand désespoir, Klaus ne parut pas convaincu, pensant qu'elle tentait de défendre son élève. Alors Hermione avait décidé d'en avoir le coeur net. A la fin du morceau, elle lui indiqua qu'elle devait en parler à Tom et ils s'étaient tous deux dirigés vers lui.

Mais quand elle glissa sa main dans celle de son élève qui la dominait d'une tête, elle n'était plus aussi sûre d'elle. Pourquoi cette discussion ne pouvait-elle pas attendre le lendemain ? Leurs corps se touchaient à peine, tandis que Tom Jedusor la guidait avec autorité, une main dans le dos. Et elle ne pensait qu'à ce contact et ce qu'il lui faisait ressentir. De la répulsion, se dit-elle. Les battements ratés de son coeur, les visages offensés de Ron et Harry qui hantaient son esprit, tout cela était sans nul doute dû à la haine qu'elle ressentait pour Voldemort. Il dansait de la même façon qu'il maîtrisait son comportement. Avec fermeté, à la perfection.

A la perfection, vraiment ? Elle repensa à son visage déterminé lors du tournoi quelques heures plus tôt. A la manière dont il avait remporté les duels, les uns après les autres, sans forcer, mais cachant son jeu. Elle avait lu dans son regard, dirigé vers Klaus, une forme de colère qu'elle ne lui connaissait pas. Une colère qui pourrait le faire déraper et révéler sa véritable nature. Mais il l'avait habilement contenue, jusqu'au duel final. Elle avait véritablement ressenti de la peur. Peur pour Klaus, peur pour leur intégrité ici, à Durmstrang, où ils avaient été si bien reçus. Le professeur Morovitch pouvait prendre des airs bravaches, il n'avait aucune chance contre Voldemort. Heureusement, elle avait pu contrôler le combat et le faire accepter ensuite par Tom. Celui-ci semblait avoir réalisé qu'il était allé trop loin. Alors non, il ne maîtrisait pas son comportement à la perfection.

Mais cette danse… Hermione n'avait pas éprouvé cette tension, cette conscience d'elle-même, lorsqu'elle dansait avec Klaus. Avec le Suédois, ils étaient joyeusement désaccordés, ce qui la faisait rire. Elle ne faisait pas d'effort particulier pour suivre son rythme et cela lui convenait très bien. Avec Tom c'était différent. Elle avait conscience de la main droite du jeune homme posée sur son dos, l'entraînant avec une délicatesse qu'elle ne lui soupçonnait pas, de son autre main emprisonnant la sienne dans une étreinte volontaire. Leurs corps étaient remarquablement en harmonie, aucun des deux ne ratant une mesure. La jeune femme perdit la notion du temps et de l'espace alors qu'ils valsaient, leurs regards fixés vers le lointain, tout à l'intérieur d'eux-mêmes.

Roselyn traversa le champ de vision de l'ex-Gryffondor. La jeune fille sortait de la salle, dans sa belle robe argentée, vaincue par sa solitude de la soirée. Elle revint alors à la réalité et, calmant la sensation étrange au creux de son estomac, elle décida d'aborder enfin le sujet qui lui tenait à coeur.

« Tom ? », chuchota-t-elle.

Ses lèvres étaient si proches de son visage. Sans perdre le rythme, il la regarda, arquant les sourcils d'un air interrogateur. Elle en eut le souffle coupé. Ses yeux, habituellement aussi vides et profonds que des tunnels, semblaient à présent vivants. Elle ne savait pas comment expliquer cette différence. Etait-ce un effet d'optique dû à la proximité ? Elle battit les paupières deux fois et retrouva sa lucidité.

« Savez-vous pourquoi Roselyn semble mise à l'écart ? »

Il tressaillit imperceptiblement et son visage se durcit momentanément. Un éclair traversa ses prunelles qui devinrent à nouveau froides et vides. Hermione frissonna instinctivement. Il ne la lâchait pas cependant, et elle commença à se sentir au piège. Mais elle ne rompit pas le contact, incapable de déterminer si c'était parce qu'elle ne le pouvait pas ou parce qu'elle ne le voulait pas.

« Non, Miss Jean, j'en suis navré. Est-ce pour cette raison que vous m'avez invité ? »

Elle refusa d'interpréter son expression. Même si Tom avait l'air sincère, il devait forcément être impliqué et il était forcément en train de lui mentir ouvertement. La musique s'arrêta à ce moment-là, avant qu'elle ne puisse répondre quoique ce soit. Le jeune homme s'inclina et déposa un baiser sur sa main, ne la lâchant pas du regard. Puis, il se détourna et quitta la salle, la laissant seule et bouleversée au milieu de la piste.

Par Merlin, que venait-il de se passer ? Pourquoi avait-elle si froid tout d'un coup ? Elle en tremblait encore lorsqu'elle rejoignit Klaus, toujours plongé dans son débat avec ses élèves de dernière année.

« Klaus, savez-vous où est passée Roselyn ? », articula-t-elle avec peine.

« J'imagine qu'elle a dû aller se coucher », répondit le professeur en haussant les épaules, peu concerné.

« C'est vraiment dommage, une si jolie fille… », intervint un étudiant, qu'elle reconnut pour avoir participé aux duels. « Heureusement quand même que Tom m'a prévenu ! »

Le sang d'Hermione se glaça dans ses veines et ses oreilles bourdonnèrent. Ce maudit Serpentard. Il ne perd rien pour attendre.


Alors, que va-t-il se passer ensuite ?

J'ai passé de longues heures à écrire ce chapitre, à le relire et le retravailler, et j'espère qu'il vous a plu.

Je vous remercie pour vos reviews, qui font vraiment plaisir. Cela me touche de voir que mon histoire vous fait réfléchir et conjecturer... Les prochains chapitres sont déjà planifiés, c'est pour cette raison que vous pourrez être déçus que je n'ajoute pas tel ou tel élément que vous aviez imaginé !

N'hésitez pas à me faire part de votre ressenti ! Bonne soirée, et surtout, prenez soin de vous.