Bonsoir !

Pardonnez-moi d'avance pour ce chapitre plus court qu'à l'accoutumée... Je pense que vous en comprendrez vite la raison.

Je remercie chaleureusement tous ceux qui me laissent des reviews, vous êtes géniaux ! Au moment où je poste, le compteur affichait 99, ce qui est absolument dingue pour moi !

Bonne lecture :)


« C'est parce que l'intuition est surhumaine qu'il faut la croire ; c'est parce qu'elle est mystérieuse qu'il faut l'écouter ; c'est parce qu'elle semble obscure qu'elle est lumineuse. »
{Victor Hugo}


Finalement, l'idée était bonne. Lorsque Voldemort avait annoncé à ses fidèles que l'expédition punitive était annulée, l'incrédulité s'était peinte sur leurs visages. Tout doute de leur part avait été dissipé lorsqu'il leur avait exposé son nouveau plan. Il assumerait désormais cette rumeur pour reprendre la main dessus. Le professeur Slughorn ne s'était-il pas montré bien plus enjoué avec lui depuis qu'il y croyait ? Qu'on lui prête une relation avec un professeur, même stagiaire, était une preuve de sa supériorité et une couverture parfaite. Et surtout, ces idiots ne se doutaient absolument pas de la véritable raison de l'abandon de leur plan initial. Cela resterait entre Miss Jean et lui.

Il nota qu'un certain soulagement s'était dessiné sur leurs traits à cette annonce. Voldemort n'avait pas apprécié cela, pas du tout. Quelle lâcheté ! Il n'avait pas manqué de leur montrer son déplaisir et avait répliqué vertement qu'ils devaient se tenir prêts à exécuter ses ordres, quels qu'ils soient.

« En plus, si cette Jean fait quelque chose qui te déplaît, tu peux aller voir Dippet et tout lui avouer. Elle serait mise à la porte en moins de deux », ajouta Malefoy, après un instant de silence.

Tom eut l'envie soudaine de l'étriper. Heureusement, il maîtrisa son état d'âme, complètement incompréhensible par ailleurs. Maudits Horcruxes… Il avait envisagé qu'il pouvait blesser Miss Jean en agissant ainsi, mais il s'était souvenu qu'elle ne faisait aucun cas des commérages. Et puis, pourquoi se soucierait-il du bien-être de cette femme ? L'important, c'était de sauver la face. Slughorn lui avait offert des sourires de connivence pendant tout le cours de potions, ce qui n'était plus arrivé depuis quelques mois. Il ignorait pourquoi le professeur était si enthousiaste quant à sa supposée relation, mais cela lui convenait bien. Ce secret-là lui plaisait visiblement plus que leur précédent…

Une fois cette affaire réglée, le jeune homme se plongea dans ses recherches sur l'âme. Il y avait énormément de références et la tâche semblait titanesque. Mais il ne trouvait rien de concret, jusqu'au moment où, après quelques heures d'exploration, il tomba sur un passage concernant la division de l'âme dans Secrets des penseurs antiques. Ce livre traitait d'histoire de la philosophie magique dans l'Antiquité et Tom l'avait choisi par intuition, au milieu du rayonnage. Serait-ce le destin ?

Selon Platon, sorcier universellement connu aussi bien chez les sorciers que chez les Moldus, les êtres humains étaient à l'origine constitués de quatre jambes, quatre bras et d'une tête à deux visages. Zeus, un des plus puissants mages à la naissance de l'humanité, aurait divisé ces êtres pour les affaiblir. Leur âme, ainsi déchirée, était condamnée à rechercher sa jumelle pendant toute leur existence. Cette théorie des âmes soeurs…

Les âmes soeurs ? Quelle ânerie venait-il de lire ? Il s'agissait d'un mythe, rien d'autre. L'existence de Zeus n'était pas prouvée. Et puis, les âmes naissaient intactes, sinon quel serait l'intérêt des Horcruxes ! Il songea pourtant que le thème des âmes jumelles était abondamment traité dans la littérature pour justifier l'amour qui unissait des êtres. Les amoureux maudits ne sacrifiaient-ils pas leur propre vie lorsque leur moitié mourait ? Il n'avait jamais compris cela… Si les âmes soeurs existaient bel et bien, elles devaient agir à l'opposé des Horcruxes. L'âme divisée ne survivait pas à la perte de son alter ego, et il était très facile de les détruire. Il referma le livre d'un geste sec. Cela était parfaitement ridicule et inutile. Les âmes soeurs n'existaient pas, l'amour n'est qu'une illusion destinée à donner du réconfort aux faibles. Le visage d'Hermione apparut dans son esprit, mais il le repoussa violemment.

Ses recherches étaient décidément frustrantes. De manière générale, le sujet de l'âme était abordé de manière extrêmement théorique dans tous les ouvrages qu'il avait consulté jusqu'à présent, mais rien d'utilisable pour le moment. Il fut tenté de regarder du côté de la magie noire, mais il ne trouva rien de concret sur la nature de l'affaiblissement d'une âme après sa division.

Cela dura quelques jours. Il remarqua qu'Hermione Jean ne fréquentait plus la bibliothèque ce qui était surprenant de sa part. Il se demanda pourquoi, puis il chassa cette interrogation de ses pensées. Il devrait être reconnaissant de son absence n'est-ce pas ? Elle était toujours au château, puisqu'il la croisait dans la Grande Salle au moment des repas, qu'il mettait à point d'honneur à fréquenter aux mêmes heures. C'était dans un simple objectif de surveillance, se persuadait-il. Après tout, il n'avait toujours pas percé ses secrets.

Dans l'attitude de la jeune femme, rien n'avait changé. Elle était constamment en train de lire, les sourcils froncés, sans prêter attention au monde autour d'elle. Sa chevelure bouclée et désordonnée était souvent nouée en un chignon lâche pour dégager son visage. Parfois, elle arborait des taches d'encre sur le menton ou la joue, ce dont elle se moquait éperdument. Ses yeux sautaient d'une ligne à l'autre, à une vitesse impressionnante et l'ouvrage entre ses mains changeait tous les jours. Il ne parvenait jamais à en distinguer le titre.

Les étudiants eurent des nouvelles de Dumbledore au cours de la semaine, à travers la Gazette du Sorcier. Le journal annonçait qu'un entretien privé avait eu lieu entre le professeur et Grindelwald. La nature de l'entretien n'avait pas fuité, mais il semblerait qu'aucun combat n'ait eu lieu. Toute l'école ne parlait plus que cela, éclipsant la rumeur sur l'idylle entre le préfet-en-chef et la stagiaire. Tom ignorait si cela lui convenait, mais il n'en ressentit pas d'émotion particulière.

Au lieu de cela, il se demanda si le retour de Dumbledore était prévu. Sans doute pas, songea-t-il. La communauté sorcière pressait le sexagénaire à mettre fin aux exactions du mage noir. Il était peu probable que Dumbledore revienne tout compte fait. Soit il mourrait aux mains de Grindelwald, soit il deviendrait Ministre de la Magie s'il parvenait à prendre le dessus sur son adversaire. Son temps à Poudlard était révolu et pour Tom, il semblait tout naturel que Miss Jean conserve le poste sur le long terme. Ils seraient sans doute collègues l'année suivante, lorsque Tom aurait remplacé la vieille Têtenjoy…

Le samedi matin, Tom se dirigeait vers la bibliothèque, lorsqu'il fit une rencontre qu'il n'espérait plus. La Dame Grise. Elle était là, flottant dans le couloir, inconsciente de sa présence. Elle observait le parc aux couleurs automnales, qui baignait sous le soleil froid de novembre. Il se figea, incertain de ce qu'il devait faire. Il l'avait cherchée pendant des semaines, sans résultat, et au moment où il doutait des Horcruxes, elle réapparaissait. Il finit par se décider à lui adresser la parole, puisque de toute façon trouver le diadème ne l'engageait à rien pour le moment, quand il fut interrompu par un étudiant de deuxième année. Le garçon, dont il ne connaissait pas le nom, arborait une robe de sorcier aux couleurs de Serpentard.

« Le professeur Dippet souhaite te voir dans son bureau… »

Pourquoi donc ? Il remercia l'enfant, qui disparut sans demander son reste. Il songea aux différentes raisons qui lui valaient cette convocation, mais son instinct lui murmura que c'était à propos d'Hermione. Il leva les yeux vers le fantôme, se demandant s'il pouvait faire attendre Dippet. Mais la Dame Grise avait disparu. Le moment était passé. Il poussa un soupir de frustration et tourna les talons en direction du bureau directorial.

L'horloge du bureau de Dippet indiqua dix heures lorsque Tom entra. Le vieil homme était assis dans son fauteuil, le regard grave, perdu dans le vague.

« Vous avez demandé à me voir, professeur ?
- Ah mon garçon, entrez, entrez. »

Le jeune homme s'installa respectueusement devant le professeur Dippet, qui l'observait d'un air soucieux.

« J'ai été mis au courant d'une situation particulièrement fâcheuse, Tom. J'espérais que vous pourriez m'éclairer.
- Bien sûr, professeur. Tout ce que vous voudrez », répondit Jedusor d'un ton poli. Il avait un mauvais pressentiment.

« Eh bien… Comment dire… ? En arrivant ici, chaque professeur est averti des règles qui entourent ce statut. Il leur est interdit en particulier de fréquenter les élèves dans un cadre non-professionnel. On m'a dit que Miss Jean aurait eu une attitude inappropriée envers vous. »

Il maîtrisa sa réaction sans peine et fronça poliment les sourcils. Son pressentiment avait au moins eu cette utilité.

« Vous pouvez tout me dire sans crainte, Tom. Certes, elle est bien jeune, mais elle se trouve néanmoins dans une situation de pouvoir par rapport à vous. Je vous avoue avoir eu du mal à croire que vous puissiez être entraîné dans une telle situation, mais je me devais de vous demander. Un mot de votre part et je règlerai personnellement le problème. »

Un mot de sa part, et Hermione serait renvoyée, comprit-il. Il était agacé par le discours paternaliste de Dippet : lui, inférieur à Miss Jean ? Que Salazar l'en garde ! Il réfléchit malgré tout à cette proposition. Et s'il en profitait pour évacuer une bonne fois pour toutes le mystère Jean ? N'avait-il pas souhaité ne plus la voir en raison de ses émotions hors de contrôle à son approche ? Ne pourrait-il pas survivre sans découvrir le secret de son identité et de l'étrangeté de certaines de ses actions ? Ne devrait-il pas mettre fin à cette distraction une bonne fois pour toutes ?

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Au même instant, Hermione se rendait à Pré-au-Lard, une lettre serrée dans son poing. Les feuilles mordorées craquaient sous ses pas pressés. Elle avait compté les minutes à partir du moment où elle avait reçu la missive de Dumbledore.

Dix heures quinze samedi, entrée est de Pré-au-Lard.

Cette fois, le message avait été protégé par un enchantement, pour lequel dix minutes avaient été nécessaires pour en venir à bout. Le vent frais de l'automne s'infiltrait dans les vêtements de la jeune femme et elle resserra les pans de la cape autour d'elle. Elle parvint à un petit portail, près de la Forêt Interdite qui s'étendait jusqu'ici, à des centaines de mètres de la dernière habitation. Elle était en avance.

Hermione s'était longuement demandé pourquoi Dumbledore voulait la rencontrer, elle. Il avait sans doute quelque chose à lui demander, cela concernait peut-être sa connaissance du futur… Si c'était le cas, que déciderait-elle ? L'éthique lui commandait de ne rien dire, mais n'avait-elle pas mis à mal les règles d'utilisation d'un retourneur de temps depuis quelques mois ? Le futur qu'elle avait connu était sans doute bouleversé. Son coeur se serra à cette idée, et elle s'efforça de ne pas y songer. Cela restait bien trop douloureux. Elle décida alors de ne pas spéculer et d'attendre de voir ce que le professeur lui dirait.

Elle songea à ces derniers jours. Hermione avait poursuivi son exploration de la Salle sur Demande. Elle ne voulait pas se décourager, mais ce n'était pas facile. Elle avait l'impression que la salle s'agrandissait au fur et à mesure de son exploration, ce qui était finalement possible. Mais que pouvait-elle faire d'autre. Elle se raccrochait à cette mission. En attendant, l'ex-Gryffondor n'avait pas mis la main sur le journal. Où pouvait-il bien l'avoir caché ? Elle se le demandait en observant Tom à chaque repas. Il semblait tenir sa promesse et n'accordait aucun regard à la Roselyn, ce qui la rassurait. Elle n'aurait pas aimé devoir intervenir… Parfois en revanche, le regard du jeune homme croisait le sien. Il l'intriguait, ses yeux en particulier la fascinaient. C'était pourtant ce qu'elle détestait le plus chez lui en arrivant, mais à présent, son avis avait changé.

Elle se demandait souvent comment il en était arrivé à vouloir tuer un bébé, par soif de pouvoir. Le Jedusor qu'elle avait appris à connaître, de manière toute relative, aurait d'abord tenté d'autres solutions, elle en était sûre. Il aurait observé le bébé grandir et attendu le bon moment avant d'agir. Et comme Harry aurait grandi avec ses parents, il n'aurait pas représenté de menace particulière et la prophétie n'aurait pas eu lieu. N'est-ce pas ?

Elle avait lu plusieurs fois le livre sur les prophéties. Elle avait du mal à digérer ce qu'elle y découvrait et ne savait plus que penser. La jeune femme avait compris ce qui avait poussé Tom à l'emporter. Malgré son dédain pour la divination, elle avait été obligée de convenir que Seraphine Hollow, l'auteur, utilisait un grand nombre de sources et de constats pour appuyer ses hypothèses. Elle en vint à se demander pourquoi ce livre n'était pas davantage connu… Le destin sans doute ?, s'était-elle dit avec ironie.

Le postulat de base du livre était : Lorsqu'une authentique prophétie est prononcée, celle-ci peut déjouer toutes les règles de la physique et de la magie. Quand elle avait lu cette phrase, Hermione avait opposé un rationalisme catégorique. C'était tout bonnement faux. La prophétie concernant Harry n'avait rien changé aux règles magiques. Ses décisions, ses amitiés, son courage et un peu de chance, il fallait l'admettre, lui avaient également permis de s'en sortir. Mais elle avait continué sa lecture malgré tout et avait suivi le conseil de son chef de service du Département des Mystères. Pas de rationalisme borné… Elle avait fini par admettre certaines choses et Hermione s'était surprise à se poser des questions.

Par exemple, était-il réellement possible de créer accidentellement un Horcruxe ? Aucun des ouvrages qu'elle avait consulté n'avait parlé de ce point. Certes, Voldemort était allé plus loin que quiconque sur ce chemin et l'instabilité de son âme a pu jouer un rôle. Mais pourquoi, fallait-il que ça arrive précisément avec un bébé ? Il avait fallu un grand nombre de circonstances pour que la prophétie s'accomplisse. Si Rogue n'était pas amoureux de Lily Potter, Voldemort aurait prévu de la tuer et le sort de protection de la jeune femme n'aurait pas fonctionné. Le Destin, tel qu'il était mentionné par Seraphine Hollow, ne pouvait-il pas avoir donné un coup de pouce au monde sorcier pour vaincre Voldemort, par le biais de Sybille Trelawney ? Elle ne savait plus quoi en penser… Les prophéties authentiques qu'abordaient l'ouvrage étaient-elles réellement inéluctables ?

Elle revint à la réalité, lorsqu'un bruissement de feuilles se fit entendre. Un homme s'approchait à quelques mètres d'elle, à sa droite. Ce n'était pas Dumbledore. L'homme paraissait massif, et elle ne pouvait pas distinguer son visage encapuchonné. Peut-être s'agissait-il d'un déguisement du vieil homme ? Cela ne lui ressemblait pas… Sa baguette prête, cachée dans le pan de sa cape, Hermione attendit, calmant les battements de son coeur. Il s'agissait sûrement d'un passant. Puis, elle se retourna vivement vers sa gauche, alertée par des pas sur le chemin recouvert de feuilles. Une silhouette plus fine, elle aussi cachée dans une cape, marchait en sa direction. Quelle était la probabilité pour que plusieurs promeneurs se croisent dans cet endroit isolé du village ? Les sens affûtés par la méfiance, Hermione recula légèrement vers le portail, et tenta de rapidement de transplaner. Impossible.

« Cela ne sert à rien de t'enfuir, tu ne nous échapperas pas ! »

L'homme à sa droite avait fini par s'exprimer d'une voix rauque, la baguette pointée sur elle. La femme à l'opposé ricana et brandit également sa baguette.

« Quoi ? Tu attendais quelqu'un d'autre, ma petite ? »

Hermione se mit aussitôt à courir, lançant des sorts de protection par-dessus son épaule. Si elle pouvait atteindre le village, des habitants viendraient certainement à son secours… Mais au bout de quelques mètres, elle se heurta à un mur invisible, qui lui coupa le souffle.

« N'oublie pas Aleksi, Gellert la veut vivante. »

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« Cette rumeur est fausse, professeur. J'ignore qui vous l'a rapportée, mais cette personne me connaît mal, et connaît mal Miss Jean. Si nous avons une chose en commun, c'est notre plus profond respect pour les règles. »

Dippet resta interdit pendant une paire de secondes. Tom n'avait pas prévu d'en dire autant. Il voulait simplement dire que c'était faux, sans en rajouter, mais sa langue l'avait trahi. Heureusement, le vieil homme sourit.

« C'est très honorable de votre part Tom. Sans nul doute, c'est la jalousie qui s'est exprimée. J'étais moi-même très surpris par ces propos, d'autant que je n'ai rien à eu à reprocher à Miss Jean depuis son arrivée. Mais s'il y a la moindre chose, Tom…
- Sauf votre respect, professeur Dippet, il n'y a rien et… » Il s'humecta les lèvres et pris une expression peinée. « je dois avouer que je suis confus que vous songiez que je puisse faire une chose pareille dans l'enceinte de l'école. »

Le vieil homme se leva de son siège pour poser la main sur l'épaule de Tom.

« Vous m'en voyez navré, Tom. Je vous crois bien sûr. Mais sachez qu'il n'y aurait eu aucune honte de votre part, vous ne seriez pas le premier homme à succomber aux délices de l'amour… »

Mais que disait-il ? Il se retint de regarder le vieil homme de travers, mais ne put s'empêcher de se renfrogner. Celui-ci, le regard lointain se remémorait sans doute une charmante rencontre. Ridicule ! Il attendit poliment que le directeur le congédie, puis sortit du bureau d'un pas raide.

Il avait fait le choix de nier après tout, si cela signifiait qu'Hermione garderait son poste. Il se demanda s'il devait le lui dire, afin qu'elle réalise qu'il lui avait sauvé la mise et qu'elle avait une dette supplémentaire envers lui… Peut-être bien qu'il lui en parlerait, oui. Un mince sourire se dessina sur ses lèvres et il se dirigea d'un ton nonchalant vers la bibliothèque, espérant croiser la jeune femme.

Mais elle n'était pas là, ce qui n'aurait pas dû le surprendre. Depuis leur retour de Durmstrang, il ne l'y avait pas croisée une seule fois, alors qu'elle y vivait littéralement la semaine précédente. Peut-être échangeait-elle des lettres dans sa chambre, avec Morovitch ? Il se sentit agacé à cette idée et l'évacua pour se concentrer sur ses lectures.

Hermione ne reparut pas au dîner, ni aux repas du lendemain. Etait-elle partie en week-end ? Cela se pourrait après tout. Il ne connaissait absolument rien de sa vie en dehors de Poudlard. Mais le lundi matin, lorsqu'ils attendirent une bonne demi-heure dans la classe de métamorphose, Tom se rendit compte que quelque chose n'allait pas. Ce fut lui qui prit l'initiative d'aller frapper à ses appartements privés, sans réponse. Il se demanda un court instant si elle n'allait pas l'ignorer comme lui, lorsqu'elle avait failli faire sauter sa porte à Durmstrang, mais c'était impossible. Cela ne lui ressemblait pas de manquer un cours, ni de se jouer de lui.

S'efforçant de rester calme, il regagna la salle de métamorphose. Tillman prit immédiatement l'initiative de prévenir Dippet, ce qui lui convint. Il n'avait aucune envie de se confronter au vieil homme pour le moment. Au lieu de cela, il se rendit dans la bibliothèque, dans le vague espoir de l'y retrouver, endormie sur un ouvrage. Mais ce ne fut pas le cas, bien évidemment. Des émotions l'assaillirent et il sentit une douleur dans la poitrine. Le souffle court, il se raccrocha à une table, à l'abri des regards, une main serrée contre son coeur. Que lui arrivait-il ? Il n'avait jamais expérimenté une telle douleur. Quelqu'un lui avait-il jeté un sort à son insu ? Sa fierté l'empêcha de se rendre immédiatement à l'infirmerie. Il respira profondément, jusqu'à ce que la douleur s'amenuise et disparaisse. Il retourna alors en classe, une nouvelle fois.

Le professeur Dippet était arrivé et les assura que Miss Jean avait sans doute eu un empêchement et que leur cours serait reporté un peu plus tard dans la semaine. En attendant, ils étaient invités à étudier en vue des ASPICs. Et il sortit, d'un pas insupportablement nonchalant. Ne devait-il pas tout mettre en oeuvre pour la retrouver ? Il se retint de lui courir après. Il était sûr que Miss Jean avait un problème. Et si, réalisa-t-il, elle avait appris qu'il était convoqué par Dippet ? Avait-elle pris les devants et décidé de s'enfuir ? Non, c'était parfaitement idiot. Cela ne lui ressemblait pas. Elle n'était pas du genre à s'enfuir.

Les jours suivants s'écoulèrent avec une lenteur irritante. Il guettait constamment la table des professeurs, demandait innocemment des nouvelles à certains professeurs, afin de savoir, leur disait-il, quand aurait lieu le cours reporté. Mais s'il sentait une certaine indifférence de leur part les premiers temps, il vit rapidement une certaine tension s'emparer d'eux. Personne ne savait ce que Miss Jean était devenue.

S'il pensait, quelques semaines auparavant, qu'Hermione provoquait des dérèglements dans ses émotions par sa présence, il en fut pour ses frais. Depuis son absence, il ressentait alternativement un vide étrange dans sa poitrine et des palpitations douloureuses qui lui coupaient le souffle. Il n'avait rien montré de cela à son entourage et refusait toujours d'aller à l'infirmerie. Il se demandait où elle était, si elle en avait eu assez de Poudlard, de lui. Il se demanda si son fiancé avait reparu dans sa vie et si elle avait tout quitté. Chaque fois, il se sermonnait lui-même d'avoir de telles pensées. Il n'avait aucune raison de s'en faire ! N'avait-il pas envisagé de la faire renvoyer par Dippet ? Et pendant ce temps, il parvenait à peine à mener de front les devoirs qui s'accumulaient et les recherches personnelles qu'il faisait. Tom en avait assez de lire des considérations spirituelles sur l'âme, rien ne répondait à ses questions.

Trois jours après le constat de la disparition d'Hermione, Dumbledore reparut à la table des professeurs.


J'espère que ce chapitre a répondu à quelques unes de vos questions et vous a plu... N'hésitez pas à me laisser un petit message, j'adore lire ce que vous spéculez !

Le chapitre suivant devrait être bien plus long au regard de ce qui s'annonce ;)

Bonne soirée et prenez soin de vous.