Bonjour,
Me revoici avec ce chapitre pour terminer la semaine. Merci infiniment pour vos reviews, toutes plus adorables les unes que les autres ! J'espère que ce qui suit vous plaira.
Bonne lecture !
« Le plus grand miracle de l'amour est de rendre l'impossible possible. »
{Maxalexis}
Non. C'était tout bonnement impossible. Dumbledore ne pouvait pas se trouver entre la vie et la mort…Comment ferait Harry ? Qu'avait-elle pu changer à ce point ? Une main de fer, nommée culpabilité, se refermait sur son coeur, l'écrasant sans pitié. Qui était l'auteur du sortilège qui avait touché le professeur ? Elle songea à la femme aux cheveux rouges. Se pouvait-il qu'elle soit la responsable du sort qui l'avait touché ? Grindelwald était emprisonné, pour de bon. Cela ne signifiait pas que ses sympathisants avaient tous été arrêtés, ni qu'ils étaient inoffensifs… Toutes ces interrogations n'avaient pas grand lien entre elles, comme la plupart des pensées qui se bousculaient actuellement dans son esprit brumeux. Tom venait-il réellement de la prendre dans ses bras ? L'avait-elle enlacé en retour ? Le froid se répandit à elle, alors qu'elle s'enfonçait dans la confusion.
Elle sortit dans le parc, espérant retrouver sa capacité à respirer. L'air glacé la gifla de plein fouet, la faisant chanceler devant l'entrée du château. Les lourds nuages s'accumulaient et commençaient à déverser de la neige scintillante. Depuis toute petite, Hermione adorait admirer les flocons danser sous le tumulte du vent. Mais pas aujourd'hui. Elle eut l'impression de vivre la mort de Dumbledore une seconde fois, alors même qu'il y avait toujours de l'espoir. Elle visualisait là-bas, près de la lisière de la Forêt Interdite, l'endroit où sa tombe de marbre blanc serait sa dernière demeure, plus tard, bien plus tard. Son heure ne pouvait pas être venue.
Ses doigts s'engourdirent et il fut temps de rentrer. Hermione espéra ne pas croiser Tom, elle n'avait pas la capacité émotionnelle pour gérer les sentiments qu'il éveillait en elle. Sa chaleur réconfortante l'avait envahie un instant et elle s'était abandonnée à lui. Son odeur boisée l'avait enivrée et elle s'était sentie suffisamment en confiance pour lui confier son chagrin, là, tout contre son coeur. Il était gauche, peu habitué, et cela en était devenu encore plus touchant. C'était sa place.
Mais ce n'était pas le moment. Elle ne devait pas oublier qui il était. Et si ces démonstrations d'affection sont des leurres ?, se répétait-elle. Son coeur lui affirmait que non. L'hésitation dans les gestes du jeune homme, leur spontanéité, le battement irrégulier de son coeur ne pouvaient être calculés à ce point. N'est-ce pas ? Elle culpabilisa à nouveau, d'y penser, alors qu'elle s'inquiétait pour Dumbledore. La priorité était de s'assurer qu'il survive. Si ce n'était pas le cas, ce serait un désastre. Elle tenait à ce vieil homme certes, mais elle le voyait aussi comme étant le seul à pouvoir arrêter Voldemort.
Ses pas la menèrent vers le bureau de Dippet, fort heureusement sans croiser le préfet-en-chef. Il était peu probable que le directeur y soit déjà. Etait-il d'ailleurs au courant du sort de Dumbledore ? Les gargouilles du bureau directorial laissèrent entrer Hermione sans un mot. Au moins, elle n'en était pas réduite à faire les cent pas dans le couloir. Lorsqu'elle monta dans la tour, elle entendit des voix. Tom Jedusor était déjà là-haut et échangeait avec le directeur.
« Ah Miss Jean », s'exclama ce dernier. « Je me demandais justement quand vous passeriez me voir. J'ai été informé de cette triste nouvelle il y a quelques heures…
- Triste ? », pâlit-elle. « Avez-vous eu d'autres informations ?
- Non, non, rien de tel, rassurez-vous ma petite. L'espoir est toujours permis. Tom ici présent me disait qu'il s'inquiétait pour vous, car Albus est votre mentor après tout » , ajouta le directeur. Tom regardait soigneusement ses pieds, incapable de lever le regard sur elle, honteux des mots choisis par Dippet.
« Merci à vous, mais je vais bien », mentit-elle, consciente que ses traits creusés devaient crier la vérité. « Je souhaite me rendre à l'hôpital Ste Mangouste, si vous me le permettez, professeur. »
Contre toute attente, Dippet n'accepta pas immédiatement. Il la scruta le front plissé, une lueur d'inquiétude dans les yeux.
« Albus m'avait recommandé de ne pas vous laisser sortir seule du château. Il semblait considérer que vous pourriez être en danger…
- S'il vous plaît, professeur, je serai prudente. Je me rendrai directement à l'hôpital et j'en ressortirai aussitôt. Je ne prendrai aucun risque.
- Je regrette Hermione, mais si Albus a raison… »
La jeune femme crut que la discussion était terminée. Elle l'était en tout cas pour le vieil homme qui posa ses mains à plat sur le bureau, assis dans son fauteuil face à elle, le visage désolé. Elle en fut irritée. De quel droit pouvait-il la confiner au château ? Si elle voulait sortir, elle sortirait, point à la ligne. La jeune femme avait simplement voulu faire preuve de respect. Mais ce fut sans compter Tom.
« Je pourrais l'accompagner, professeur. Le professeur Dumbledore ne souhaitait pas qu'elle sorte seule, si je comprends bien, ce ne serait donc plus le cas si j'y allais avec elle. Si vous êtes d'accord, Miss Jean, bien entendu. »
Si elle était d'accord ? Pas tellement, en réalité, mais si cela pouvait faire changer Dippet d'avis… Elle tenait absolument à voir Dumbledore, s'assurer qu'il s'en sortirait. Elle acquiesça.
« Mon garçon, il ne faudrait pas que vous couriez un danger inutile…
- Dans quelques mois, je serais diplômé. Sans vouloir paraître immodeste, mes résultats scolaires dépassent toutes les attentes de mes professeurs, entre autres en défense contre les forces du mal. Miss Jean est une sorcière très douée, sinon vous ne lui auriez pas fait confiance pour assurer le remplacement du professeur Dumbledore. Notre excursion sera très brève. Vous pouvez me faire confiance professeur. »
Hermione eut ainsi l'occasion d'assister à une démonstration de charme de la part de Tom Jedusor. Son coeur se serra alors qu'elle réalisa qu'il ne se conduisait pas du tout ainsi avec elle. Ce ton mielleux, cette attitude obséquieuse et empressée… Ce n'était pas le Tom qu'elle connaissait. Il devait bel et bien être sincère avec elle, à son plus grand désespoir.
« Vous avez sans doute raison, mon garçon, comme toujours. Très bien, je vous accorde la matinée, mais pas un instant de plus. »
Hermione le remercia chaleureusement et sortit de la pièce, le Serpentard sur les talons.
« Tom, pourriez-vous rester une minute, s'il vous plaît ? »
Ils échangèrent un regard interloqué, puis la jeune femme descendit les escaliers, le laissant seul avec le directeur. Elle espérait que quoiqu'ils aient à se dire, cela ne durerait pas trop longtemps. La perspective d'être à nouveau seule avec Tom Jedusor était à la fois terrifiante et grisante. Ces occasions se multipliaient ces derniers temps et chaque fois, elle en ressortait plus indécise que jamais. Mais Hermione n'eut pas le temps d'y songer plus longtemps car déjà, le préfet-en-chef, descendit. Il avait la mâchoire contractée, signe d'agacement. Qu'avait bien pu lui dire le professeur Dippet pour le mettre dans cet état en si peu de temps ?
« Je dois récupérer des affaires dans mes appartements, je propose qu'on se rejoigne dans le Hall dans cinq-dix minutes ? », suggéra-t-elle. « Ou sinon, vous savez… vous pouvez me laisser y aller seule, personne n'en saura rien.
- Il n'en est pas question Miss Jean, j'ignorais que le professeur Dumbledore avait émis des doutes concernant votre sécurité.
- Vous me pensez incapable de me défendre, c'est bien cela ? », riposta-t-elle instinctivement.
« Bien sûr que non, Miss Jean. Mais vous admettrez que nous ne serons pas trop de deux si un quelconque danger se présente. »
Hermione acquiesça, muette. En effet, il était risible d'imaginer qui que ce soit avoir le dessus en duel simple contre Voldemort, surtout en méconnaissance de cause. Satisfait, Tom lui indiqua qu'il la rejoindrait bien dans le Hall comme elle l'avait proposé. C'était étrange de voir ce côté de lui presque… protecteur. Qu'avait bien pu lui dire le directeur ? S'agissait-il de recommandations pour sa sécurité, d'éléments qu'elle ne devait pas connaître ? Ce serait surprenant… Aussi, elle décida de ne pas y prêter plus d'attention.
Elle se hâta dans les couloirs vides et attrapa sa cape la plus chaude. Lorsque Hermione redescendit quelques instants plus tard, Tom était déjà prêt. Il avait revêtu une cape épaisse pour se protéger du froid et tapotait sa baguette sur la jambe, dans un geste machinal et impatient. Ils se mirent aussitôt en route vers Pré-au-Lard, sous la neige et sans un mot, afin de pouvoir y transplaner jusqu'à l'hôpital sorcier. Elle appréhendait son arrivée là-bas. Allait-on la laisser voir le professeur Dumbledore ? Serait-il en état de lui parler ? Savait-il ce qui lui était arrivé ?
« Avez-vous pu passer votre permis de transplanage, Tom ? », demanda-t-elle, pour échapper à l'angoisse sourde qui l'étreignait.
« Oui, Miss. En juin dernier.
- Du premier coup, je suppose ?
- En effet », confirma-t-il, visiblement fier.
Hermione sourit avec tendresse, sous le col de sa cape. Parfois, dans des moments comme celui-ci, Tom lui donnait l'impression de se trouver face à un miroir. Ils partageaient tant de traits de caractère, que Ron et Harry trouvaient sans doute agaçants.
« Miss Jean, m'autorisez-vous à vous poser une question un peu personnelle ? »
Sur le qui-vive, Hermione acquiesça et se prépara à tout type d'interrogation.
« Avez-vous toujours voulu être professeur ?
- Non », dit-elle finalement, après une courte réflexion. « J'ai longuement hésité au moment de choisir ma carrière. Tellement de choses valent la peine d'être étudiées ! J'ai voyagé après Poudlard, puis ai repris des études supérieures. Je ne suis pas professeur, Tom, simplement stagiaire. L'enseignement est un métier enrichissant, mais je ne pense pas y consacrer ma vie. »
Elle espéra que sa réponse serait suffisamment détaillée pour éloigner tout soupçon. Elle ne voulait pas mentir ouvertement, mais simplement habiller son faux témoignage des atours de la vérité.
« Et vous, Tom ? Savez-vous ce que vous allez faire en quittant Poudlard ?
- Rien n'est encore décidé. Je vous avoue que je suis également attiré par l'enseignement. »
Lui aussi avait enjolivé la vérité, mais au moins il n'avait pas éludé le sujet. Elle savait parfaitement quelle question il avait posé au professeur Slughorn, concernant la vieille Têtenjoy. Ils arrivèrent aux portes de l'école, la dispensant de répondre immédiatement.
« Allons-y », dit-elle avec détermination et s'apprêta à prendre son envol, lorsqu'elle nota que Jedusor semblait inhabituellement nerveux.
« Je ne me suis jamais rendu à l'hôpital Ste Mangouste.
- Oh », articula-t-elle, la gorge soudainement sèche. Son pouls s'accéléra lorsqu'elle lui tendit la main. « Alors laissez-moi vous guider. »
Il la saisit, provoquant une vague de chaleur qui la saisit jusqu'aux joues, malgré la température hivernale. Les contacts physiques entre eux devenaient bien trop récurrents pour son bien. Elle se concentra, fit le vide dans son esprit et visualisa le grand hall d'accueil de l'hôpital. Certes, elle s'y était rendue dans le futur, mais elle était confiante quant au fait que l'hôpital, tout comme le Ministère de la Magie et nombre de bâtiments sorciers, n'avait guère changé depuis des siècles.
En effet, ils arrivèrent dans un hall bien plus calme que lors de sa dernière visite. A cette heure-ci, il n'y avait que deux sorcières qui discutaient dans un coin de la salle d'attente. Hermione lâcha aussitôt la main de Tom, bien que ses doigts regrettèrent aussitôt la sensation de vide qui s'ensuivit. Elle se précipita vers le bureau d'accueil. La sorcière brune au guichet semblait un peu endormie et tournait les pages d'un Sorcière Hebdo. Avant qu'Hermione ne puisse articuler un mot, elle pointa le doigt vers l'horloge, sans lâcher son magazine des yeux.
« Pas de visite avant neuf heures.
- Mais c'est dans trente minutes et il n'y a personne », répondit-elle d'un ton exaspéré. Ne comprenait-elle pas l'urgence de la situation ? « Ecoutez, c'est important, je voudrais voir…
- Pas de visite avant neuf heures », répéta la sorcière sans s'émouvoir.
« Il faut absolument que…
- Il n'y a pas de problème, Miss, nous attendrons », coupa Tom. « Veuillez excuser ma compagne, elle est très inquiète. »
Ma compagne ? De quel droit osait-il intervenir alors qu'elle allait plaider sa cause une nouvelle fois ? Elle ne sut dire si elle était en colère, choquée ou peut-être… émoustillée par son choix de mot. Ma compagne ? Elle le fusilla aussitôt du regard, le poussant à entourer ses épaules de son bras, et à lancer un sourire contrit à la sorcière de l'accueil, visiblement sous le charme. Il l'entraîna un peu plus loin, à l'abri des oreilles indiscrètes.
« A quoi joues-tu Tom ? », murmura-t-elle sur un ton furieux, tout en se dégageant de lui, pour fuir cette proximité troublante.
Elle n'eut pas le temps de terminer la diatribe qu'elle s'apprêtait à déverser car le jeune homme se pencha vers elle et chuchota à son tour, calmement :
« S'énerver serait contreproductif, vous le savez autant que moi.
- Tu sais très bien de quoi je parle.
- Je me suis dit que si nous lui avouons qui nous sommes réellement, ils ne nous laisseront pas entrer. Ils vont uniquement accepter la famille et les amis proches. Si vous aviez l'intention de dire que vous êtes sa collègue et moi un étudiant, autant rentrer tout de suite à Poudlard. »
Elle dut admettre avec réluctance qu'il avait raison. Combien de fois avait-elle reproché à Harry son impulsivité, pour tomber à son tour dans le même travers ? Elle remarqua que la cape du Serpentard masquait tout signe d'appartenance à Poudlard. Ils pouvaient être crédibles.
« Nous ne pouvons pas mentir », protesta-t-elle pour la forme, bougonne. « Mais nous ne pouvons plus faire marche arrière à présent… »
Tom esquissa un sourire narquois devant sa mauvaise foi absolue. Hermione n'y prêta aucune attention, imperturbable. L'horloge pointait à présent neuf heures moins vingt-cinq.
« Souhaitez-vous que je réessaye, Miss ? », demanda-t-il poliment.
Elle allait refuser. Mais un regard en biais vers la sorcière de l'accueil lui apprit que Tom avait de bien meilleures chances de s'en sortir qu'elle. La femme le regardait avec des yeux emplis d'admiration, ce qui fit naître une légère pointe de jalousie en elle et ce fut ce qui la décida. Elle mit son orgueil de côté et acquiesça, un peu vexée.
« Essayez de ne pas trop en faire, elle va finir par flairer le mensonge.
- Très bien. Restez ici, ayez l'air désespérée et admirez le travail. »
Hermione voulut répondre, mais il était déjà parti. Elle l'observa marcher d'un pas décidé et s'accouder négligemment sur le guichet d'accueil, une moue dépitée. Ses gestes, qu'elle savait contrôlés à l'extrême, semblaient si naturels lorsqu'il passa une main dans ses cheveux noirs, bouclés et impeccablement peignés. Il était follement séduisant ainsi. La sorcière n'avait aucune chance d'y résister.
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« Excusez-la », souffla Tom. « Elle vient d'apprendre la nouvelle, nous sommes tous très inquiets pour son grand-oncle…
- Je suis désolée, monsieur, les règles sont les règles, je ne pouvais pas…
- Ne vous inquiétez pas, je comprends parfaitement. » Il se pencha légèrement au-dessus du guichet, causant un rougissement instantané chez son interlocutrice. Un peu plus loin, Hermione le regardait d'un air vaguement soupçonneux. « Vous faites un très bon travail, Janice », lut-il sur son badge. « Pensez-vous que vous pourriez m'aider ? Elle peut être si terrifiante quand elle se met en colère et je ne veux pas dormir sur le canapé ce soir. » Il lui fit un clin d'oeil entendu.
« Je ne sais pas si je peux… Mon supérieur… »
Il avisa l'en-tête du courrier devant elle, d'un coup d'oeil discret.
« Je ne suis pas censé vous dire cela… Mais Archibald m'a confié récemment que vous étiez sa préférée, tant vous êtes charmante et compétente, Janice. Bien sûr, cela reste entre nous, n'est-ce pas ? »
La sorcière rougit furieusement et bégaya. Il sentit que ses défenses étaient sur le point de céder.
« En tout cas, je comprends très bien, Janice. » Il soupira lourdement. « Je vais retourner auprès de ma compagne et essayer de la faire patienter un peu plus longtemps. »
Tom s'éloigna d'un pas, en direction d'Hermione, qui le regardait avec une profonde déception. Deux pas. Il sentait littéralement le combat interne qui se jouait en Janice. Trois pas…
« Attendez, monsieur. »
Il arbora un sourire victorieux à l'adresse d'Hermione, qui leva les yeux au ciel, tentant de masquer le sourire qui fleurissait sur ses lèvres. Puis, il se composa un visage résigné et se retourna vers l'accueil.
« Oui ?
- Eh bien, je suppose que je pourrais faire une exception pour un ami de Mr Whitley. Qui vouliez-vous voir, monsieur…?
- Je vous remercie infiniment, Janice. Vous me sauvez la vie ! Le grand-oncle de ma compagne se prénomme Albus. Albus Dumbledore. »
Elle regarda ses fichiers. Hermione se rapprocha d'eux, en silence. Il l'enlaça, la mine inquiète pour tromper la sorcière de l'accueil. Il la sentit raidir à son étreinte inattendue, mais elle ne dit rien et ne s'écarta pas. Ses boucles soyeuses lui caressaient la joue, dégageant un parfum fleuri.
« Oui, nous avons bien un patient enregistré à ce nom, qui est arrivé cette nuit. Malheureusement, il n'est pas en état de recevoir de visite. Il a été plongé dans un sommeil magique et les guérisseurs estiment qu'il est plus prudent de ne laisser entrer personne tant que le diagnostic n'a pas été posé. Je suis désolée monsieur, de ne pas pouvoir vous aider. Peut-être voulez vous parler au guérisseur chargé du dossier ?
- Ce ne sera pas nécessaire », intervint Hermione, la voix chargée d'émotion. « Nous vous remercions pour ces informations. »
Elle s'arracha de ses bras et se précipita dans le hall où elle transplana sans l'attendre. Maudite Gryffondor !, songea-t-il. Il remercia encore la dénommée Janice et courut transplaner à son tour vers Pré-au-Lard. Où était-elle passée ? Dippet lui avait dit qu'elle était en danger. Pour quelle raison ? Cela avait-il quelque chose à voir avec son absence le mois précédent ? Il regarda partout autour de lui, sentant une vague de panique monter en lui. Où diable était-elle passée, par Salazar ?
« Miss Jean ? » Il avança vers le portail. Elle ne se trouvait pas sur le chemin serpentant jusqu'à l'école. Avait-elle réellement transplané jusqu'ici ? « Miss Jean ? » Il chercha dans les rues du village, l'adrénaline se déversant dans ses veines. Tous ses sens étaient en alerte. Et si elle avait été victime d'une embuscade ?
« Hermione ? », cria-t-il enfin, d'une voix plus forte, dans laquelle la panique transparaissait.
« Je suis ici, Tom. »
Elle se tenait contre un pilier du portail, surmonté d'un sanglier ailé. Son visage était neutre et froid, ce qui ne lui ressemblait pas. En colère, il marcha vers elle, bien décidé à passer ses nerfs sur la jeune femme. Elle s'y attendit et croisa les bras de défi, le menton relevé.
« Je vous cherchais partout, bon sang ! Vous ne pouvez pas vous permettre de disparaître ainsi !
- J'avais besoin d'être seule », répondit-elle, butée. « Je n'ai jamais été en danger. Je suis dans l'enceinte de l'école. » Elle désigna la ligne invisible entre les deux piliers.
« J'ai donné ma parole à Dippet de ne pas vous lâcher d'une semelle ! Vous ne vous rendez pas compte… Je ne sais pas qui vous menace, mais…
- Personne », répondit-elle de ce ton froid. « Personne ne me menace. Ce ne sont pas vos affaires, Tom. Je suis assez grande pour me défendre seule en cas de besoin.
- Ce n'est pas ce que semblait croire Dumbledore, et maintenant regardez ce qu'il devient… »
Elle pâlit mais ne céda pas. Au contraire, la fureur commençait à l'animer elle aussi.
« Ne parlez pas de lui ainsi… Vous ne connaissez pas le contexte… Et puis qu'est-ce que ça peut bien vous faire d'ailleurs ? C'est mon problème.
- Je cherchais simplement à vous rendre service et c'est ainsi que vous me remerciez ? »
Hermione ne faisait rien pour apaiser son humeur. Ne réalisait-elle pas tout ce qu'il faisait pour elle ? Il n'avait jamais autant donné à une autre personne et elle se permettait de se mettre en colère contre lui, alors que son comportement avait été irréprochable ce matin ?
« Oh très bien, Tom. Vous vouliez me rendre service. Sachez que je ne vous avais rien demandé ! Pas une seule fois ! Qu'espériez-vous exactement en retour ? »
Oui, qu'avait-il espéré exactement ? Il avait été idiot. Que lui avait-il pris ce matin de la prendre dans ses bras ? A plusieurs reprises, il avait initié le contact entre eux et cela devenait trop habituel et surtout, cela devenait un besoin de sa part. Il méritait le mépris de la jeune femme, tel qu'il suintait dans ses paroles. Il s'était montré faible et cela commençait à se voir. Le professeur Dippet lui-même n'était plus tout à fait dupe et ses allusions avaient fait bouillir le sang du Serpentard.
Tom Jedusor pensait qu'il pourrait contrôler ses émotions, maintenant qu'il avait plus ou moins pris conscience de leur existence. C'était du désir passager, rien de plus, n'est-ce pas ? Se voilait-il la face ? Il resta silencieux devant la jeune sorcière qui tremblait de colère, incapable de lui répondre. Pour une fois, il séchait. Les secondes s'étirèrent en minutes. Les yeux chocolat le scrutaient, la poitrine de la jeune femme se soulevant au rythme de sa respiration, une moue toujours réprobatrice sur son visage. Son regard vagabonda sur son abondante chevelure bouclée, sur la forme de son nez et surtout, celle de ses lèvres. Du désir, insista-t-il, rien de plus. Il n'avait pas encore rencontré de femme dont l'intelligence l'époustouflait à ce point, voilà tout. Rien de plus. Non ? Sa poitrine lui faisait mal à présent.
Alors il tourna les talons, brusquement. Il ne voulait pas rentrer dans ce débat. S'éloigner d'elle lui déchirait le coeur, mais il ne pouvait pas se l'admettre. C'était une illusion. Il l'oublierait en moins de deux. Il le fallait.
« Tom… »
Elle avait murmuré son prénom, faisant voler toutes ses résolutions en éclats. Il s'arrêta, sans se retourner. Une main se posa sur son épaule, le faisant frémir imperceptiblement.
« Je suis désolée. »
Elle s'excusait. Il l'entendit déglutir. Cela semblait si simple et si difficile à la fois, mais ces trois petits mots lui firent du bien. Qui l'eût cru ? Son coeur battait la chamade dans sa poitrine, lui qui était si douloureux quelques secondes plus tôt. En une heure, Hermione avait causé bien plus d'irrégularités cardiaques que ce à quoi il était habitué. En une heure ? Non, en quelques mois en vérité.
Tom se retourna, et se retrouva face à de grands yeux contrits. La sincérité et la culpabilité émanaient d'elle d'une telle force qu'il en eut le souffle coupé.
« J'ai peur pour le professeur Dumbledore. J'ai besoin d'encaisser, d'être seule avec moi-même. Mais je n'avais aucun droit de vous traiter comme je l'ai fait, alors je suis désolée. »
Le coeur de Tom doubla de volume, littéralement. Il ne savait même pas que c'était possible. A nouveau, ce besoin de contact physique le saisit avec violence. Il lutta pour résister, ce qui ne fut pas une mince affaire.
« C'est normal d'avoir peur de la mort. Il n'y a rien de pire. »
Elle soupira, puis lui fit signe de la suivre. Ils avancèrent en direction du château, alors qu'elle reprenait la parole.
« Non, Tom. Il y a pire que la mort, bien pire », dit-elle avec une grande conviction.
« Alors pourquoi avoir peur ? »
Hermione réfléchit un instant, ses doigts jouant machinalement avec ses lèvres.
« J'ai peur de l'inconnu », déclara-t-elle enfin. « Le professeur Dumbledore me manquerait forcément car je me repose beaucoup sur lui. Cela me rendrait également triste pour sa famille, pour ceux dont il a impacté la vie.
- La mort, c'est pourtant l'annihilation totale, la destruction de notre essence. Ne craignez-vous pas que cela vous arrive ?
- Bien sûr, comme tout le monde, car nous ne savons pas s'il y a un après. C'est l'un des grands mystères de la vie. Mais c'est dans l'ordre naturel des choses. Nous profitons de la vie, justement parce que l'on sait qu'elle n'est pas éternelle. »
L'esprit de Tom était en ébullition. Hermione s'était clairement résignée. Elle acceptait l'idée de la mort car elle avait renoncé.
« Et s'il existait un moyen de ne pas mourir ? Que feriez-vous ? »
L'intensité avec lequel elle le regardait à présent était désarmante. Son envie dévorante revint de plus belle. Il la voulait à ses côtés.
« Ce n'est pas possible Tom… Si cela l'était, ce serait enfreindre une des lois les plus importantes de la nature. Nul n'y échappe.
- Pourtant, la pierre philosophale existe.
- Certes, mais elle ne garantit pas l'immortalité. Elle permet simplement une très longue vie, pendant laquelle la personne continue de vieillir, à un rythme singulièrement plus lent. Et je suis certaine que cela délaie simplement la mort naturelle.
- Vous semblez avoir réfléchi à la question, Miss Jean », remarqua-t-il. Elle haussa les épaules, peu impressionnée.
« Je suis simplement très curieuse. »
A ce moment, Tom faillit lui parler des Horcruxes. Les mots allaient littéralement franchir ses lèvres, mais il les retint de justesse. Il était bien trop tôt. Il savait d'avance comment elle allait réagir. Elle serait choquée et ne voudrait plus jamais avoir affaire à lui. Puis il réalisa qu'il avait l'intention de lui dévoiler son secret un jour. Machinalement, il fit tourner sa chevalière autour de l'annulaire. Par Salazar, dans quelle voie s'engageait-il ?
« Avez-vous peur de la mort, Tom ? », demanda-t-elle avec une timidité touchante.
« Comme tout le monde, Miss Jean », répondit-il laconiquement.
Ils approchaient du château, mais Hermione l'entraînait vers le lac. La culpabilité la poussait sans doute à rester un peu plus longtemps avec lui.
« Avez-vous commencé à lire les références que je vous ai données ?
- Oui, Miss. Les travaux de Selwyn sont bien plus intéressants que le titre le laisse supposer. Je n'ai pas dépassé le troisième chapitre pour le moment, donc je ne me prononce pas encore. »
Elle acquiesça et s'arrêta près du grand chêne au bord du lac. Les doigts de la jeune femme glissèrent sur l'écorce de l'arbre, qu'elle examinait avec attention.
« Tom, je tiens à te remercier pour ton soutien ce matin. Cela compte beaucoup pour moi, plus que tu ne peux l'imaginer. »
L'euphorie le saisit à ces mots. Elle se tourna vers lui et s'approcha. Il s'empêcha de lever les doigts pour l'effleurer. Elle manquait déjà à sa peau et c'était un sentiment très étrange.
« Je suis très touchée que tu te sois inquiété pour moi et je suis encore désolée de m'être mise en colère. »
Elle murmurait à présent. Tom resta immobile. Il n'osait pas faire le moindre geste, bien trop conscient des battements désordonnés de son coeur et de sa respiration anormale. Cette fois, il s'attendit à la chaleur qui naquit dans son bas-ventre, délicieuse et irrésistible. Il oublia toutes ses résolutions. Il en oublia même son identité.
« Je peux être injuste quand je suis énervée… »
Elle n'eut pas le temps de finir sa phrase que tous les murs s'abattirent d'un coup. Tom franchit l'espace qui les séparait et la plaqua contre l'arbre, à l'abri des regards indiscrets, sa bouche capturant ses lèvres si tentantes. Elle était surprise, à n'en pas douter et ne réagit pas immédiatement. Puis ses lèvres s'entrouvrirent et elle lui rendit son baiser. Leurs deux coeurs battaient à l'unisson, dans une harmonie parfaite. L'esprit de Tom n'avait plus aucune prise sur lui. Tout ce qui comptait, c'était son corps contre le sien et ses lèvres qui découvrirent enfin le goût qu'avaient les siennes. Il n'avait aucune envie que cela s'arrête. Toutes les émotions qu'il avait pu ressentir jusque là n'étaient rien en comparaison du sentiment qui l'étreignait à présent, puissant, jouissif et brut. Ses doigts jouèrent avec ses boucles, tandis qu'il la pressait contre le chêne. Cela ne pouvait pas se terminer. Il tuerait celui qui les interromprait. Pourtant, il leur fallait reprendre leur souffle.
« Tom… », commença-t-elle haletante, mais il n'avait pas envie de l'écouter, pas maintenant. Le moment n'était pas passé, il aurait tout le temps de regretter plus tard.
Son gémissement lorsqu'il reprit possession de son visage mirent le feu à tous ses sens. Qu'importait qui elle était, professeur, Née-Moldue, Gryffondor, tout cela n'avait aucune importance. Avec elle, il atteignait un degré de complétude qu'il n'avait jamais connu. Le concept rencontré au cours de ses lectures, traversa son esprit : âme soeur. Finalement, cela existait, n'est-ce pas ?
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Hermione était incapable de réfléchir. Son cerveau lançait des signaux d'alerte, mais elle les ignora complètement. Les mains de Tom Jedusor exploraient son corps avec la même faim qui l'animait, comme elle n'en avait jamais connu.
C'est Voldemort.
Quelle importance ?, lui répondait son coeur. Elle découvrait des sensations dont elle ignorait jusqu'à l'existence. Son bas-ventre la torturait impitoyablement, alors que Tom se pressait contre elle. Comme lorsqu'ils dansaient, l'expérience ne comptait plus. Leurs corps semblaient se connaître par coeur.
Avec Ron, elle aurait été consciente de l'écorce du chêne qui lui râpait le dos. Avec Tom, l'existence de l'arbre même était remise en question. Avec Ron, elle réalisait le bonheur qu'elle éprouvait d'être avec lui. Avec Tom, elle oubliait jusqu'à son propre nom. Avec Ron, ils avaient tâtonné pour que les baisers deviennent de plus en plus agréables. Avec Tom, ils étaient instinctifs, mais sans maladresse aucune.
C'est Voldemort que tu embrasses !
« Tom… Nous ne… »
Et ils replongèrent à nouveau dans cette volupté, en roue libre. Elle avait besoin de lui, réalisa-t-elle. Ce n'était pas une simple envie, comme elle l'avait déjà éprouvé avec Ron ou avec d'autres hommes. Non, c'était un besoin aussi vital que l'oxygène. Déjà, elle sentit la main de Tom se glisser sous sa robe. Elle ne voulait pas qu'il s'arrête. Surtout pas. Merlin savait à quel point elle le désirait en cet instant précis.
« Pas ici », fut tout ce qu'elle parvint à articuler, haletante. Il la regarda enfin dans les yeux, si proche. Ses pupilles étaient aussi dilatées que devaient l'être les siennes. Pantelant, il obéit. Quelle malchance qu'il soit impossible de transplaner à Poudlard ! Ils seraient sûrement allés dans sa chambre et ils auraient, sans nul doute, poussé l'exploration l'un de l'autre plus loin, bien plus loin. Avec un regret immense, elle s'écarta, lissant ses robes et ses cheveux.
« Nous n'avons pas le droit, je… je suis désolée.
- Tu le sens aussi, n'est-ce pas ? Cette connexion entre nous ? », murmura-t-il, en se rapprochant à nouveau.
Oui, elle le ressentait. Par Merlin, elle n'avait qu'une envie, celle de replonger dans ses bras. Il n'était pas normal que chaque contact physique entre eux paraisse si naturel, si instinctif, si harmonieux. Cela n'arrivait que dans les romans, pas dans la vraie vie. Elle aimait Ron, avec sincérité. Elle était prête à passer le reste de sa vie avec lui. Alors pourquoi Tom lui faisait-il cet effet-là ? Le désir n'était pas inconnu d'Hermione non plus. Elle l'avait déjà ressenti, à de maintes reprises. Mais celui qu'elle ressentait pour Tom ne soutenait pas la comparaison. Avec un peu de chance, il manquait d'expérience et ne se rendrait pas compte de l'ampleur de ce qui se passait entre eux.
« Quelle connexion ? Nous sommes deux adultes, je me suis sentie seule », mentit-elle, un pincement au coeur. « J'ai cédé à la tentation et je n'aurais pas dû. Il… Il faut que nous en restions là, Tom, je suis désolée. »
Il encaissa. Hermione sentit son coeur se briser alors qu'il acquiesça, le visage durci et neutre. Puis, le préfet-en-chef s'éloigna sans un mot, le pas raide. Envolé le moment. Il n'y en aurait plus d'autre. Il ne pouvait y en avoir d'autre.
Mais Hermione savait que ce baiser la hanterait. Que la nuit tombée, elle souhaiterait qu'il ait duré bien plus longtemps. Elle culpabiliserait, se maudirait, tenterait de se haïr. Cela n'aurait aucun effet.
Peut-être que la théorie qu'elle avait envisagé n'était finalement pas si idiote.
Ca y est, ils ont enfin franchi le pas ! J'espère que ça vous a plu. Comment vont-ils pouvoir se côtoyer à présent ? Que va-t-il arriver à Dumbledore ?
N'hésitez pas à me laisser un petit mot, c'est toujours très encourageant ! Prenez soin de vous.
