Bonsoir !
Woaw, je tiens à vous remercier pour vos reviews qui me touchent énormément. Je me sens tellement privilégiée que vous preniez le temps de me dire ce que vous pensez de cette histoire. Vraiment ! Un grand merci du fond du coeur. :)
Bonne lecture !
« Well you only need the light when it's burning low, only miss the sun when it starts to snow, only know you love her when you let her go. »
{Passengers}
Comment était-ce possible de passer aussi vite du paradis à l'enfer en quelques secondes ? Il venait de le découvrir. Il s'éloignait à grands pas de ce chêne maudit, où son coeur qu'il pensait insensible il y avait encore quelques mois s'était brisé net, pour la première fois. Et ça faisait mal, tellement mal. La douleur le faisait suffoquer. Mais à aucun moment, il se retourna. Il ne lui donnerait pas cette satisfaction.
Par Salazar, qu'est-ce qui lui avait pris ? Pourquoi avait-il cédé à l'appel de ses lèvres, aussi appétissantes soient-elles ? Elles le hanteraient désormais, c'était une certitude. Tous les baisers étaient-ils aussi incandescents ? Il n'aurait pas su le dire. C'était son premier et vraisemblablement son dernier. Jamais plus il ne retomberait dans ce piège.
« Vous semblez tenir Miss Jean en haute estime, Tom. Vous savez que je désapprouve toute relation entre étudiant et professeur. Mais je sais reconnaître la brûlure quand je la vois, comme dirait Albus. » « La brûlure, professeur… ? » « Oui, Tom. Faites attention de ne pas vous perdre en chemin. »
Ses pas le menèrent vers le terrain de Quidditch, de l'autre côté du château, à l'abri des regards. Il ne pouvait pas se résoudre de retourner à l'intérieur, pas tant que ses membres tremblaient, que son coeur brûlait et que ses yeux piquaient. Non, il ne pleurait pas. Lord Voldemort ne se le permettrait jamais.
Les Horcruxes étaient responsables de ce désastre. Tom contempla sa chevalière, longuement. Il les haïssait d'avoir fragilisé son âme, de l'avoir rendu plus perméable aux émotions. Jamais encore, il n'en avait éprouvé et c'était violent. Les faibles ne savaient pas s'en défaire et il ne l'était pas, non. Il serait le plus grand sorcier de ce monde et contrairement à Grindelwald, il ne serait pas vaincu. Personne ne l'en empêcherait. Alors pourquoi les Horcruxes le trahissaient-ils ?
« Ce serait enfreindre une des lois les plus importantes de la nature. Nul n'y échappe. »
Et maintenant, elle avait conquis son esprit ? Tom poussa un cri de rage et mit le feu à un arbre à quelques centaines de mètres. Mais cet incendie ne lui fit aucun bien. La voix d'Hermione résonnait toujours dans sa tête.
« Tom, je tiens à te remercier pour ton soutien ce matin. Cela compte beaucoup pour moi, plus que tu ne peux l'imaginer. »
Un second chêne connut le même sort que le premier. Tom tomba à genoux.
« Quelle connexion ? Nous sommes deux adultes, je me suis sentie seule. »
Comment pouvait-elle nier ce qui s'était passé ? Tout n'était-il qu'une illusion de son esprit ? Cela lui faisait peine à croire. Pour la première fois de sa vie, il s'était montré vulnérable.
« J'ai cédé à la tentation et je n'aurais pas dû. Il… Il faut que nous en restions là, Tom, je suis désolée. »
Pas autant que lui. Il le savait, quand il avait posé ses lèvres sur les siennes. Il savait qu'il le regretterait. S'il avait su exactement ce qu'il ressentirait maintenant, aurait-il fait un choix différent ? Non. Tom pouvait se voiler la face autant qu'il le voudrait, elle pouvait nier ce qu'ils avaient, il n'avait jamais rien connu de semblable. Il ne l'avait pas imaginée, cette harmonie parfaite, surnaturelle. Le jeune homme n'était pas étranger aux récits de conquête de ses camarades de Serpentard. Aucun ne lui avait décrit quelque chose d'approchant. Ils parlaient de désir, de satisfaction, d'envie, voire de besoin naturel. Mais rien ne l'avait préparé à l'incendie de son coeur, à cette complémentarité parfaite, à cette puissance qui avait jailli dans son âme. Car oui, il s'était senti invulnérable là, à ce moment précis où la jeune femme avait répondu à son baiser impulsif. Quel délice, mais quelle gueule de bois quand cela s'arrêtait !
Elle ne voulait pas de lui. Elle l'avait bien fait comprendre. Chaque fois qu'ils étaient en contact, elle était la première à se dégager. Aimait-elle toujours ce fiancé dont elle ne portait plus la bague ? Ou alors était-ce vis-à-vis de Morovitch qu'elle se sentait coupable ? L'imaginer partager ce qu'ils venaient de vivre avec un autre que lui le blessa un peu plus profondément.
Mais pourquoi voudrait-elle de lui ? Il était irrésistible, certes, et brillant. Mais Hermione était bien plus pure, bien plus innocente que lui. Elle avait un sens moral bien plus aiguisé que le sien, alors qu'elle avait vécu une vie similaire à la sienne, abandonnée dans un orphelinat. Il admit enfin qu'elle était trop différente. Mais cette sensation d'être à sa place dans ce monde, où la trouverait-il désormais ? Comment pourrait-il supporter de la revoir pendant ces vacances, au repas de Noël, puis en classe ? Ses yeux chocolat le hantaient. Finalement, il éteignit l'incendie, laissant derrière lui des arbres désormais calcinés et rentra au château.
Les jours suivants, jamais ils ne se croisèrent dans ce château si vide. Le manque et la déception disparaîtraient avec le temps, se disait-il. Il avait d'autres projets, bien plus importants. Mais toutes les nuits, Tom dérogeait à sa résolution. Toutes les nuits, il était avec elle. Il revivait sans cesse leur baiser qui avait chamboulé son monde en quelques secondes exquises. Chaque fois, il imaginait qu'elle le laissait se glisser sous sa robe. Pas ici, avait-elle soufflé. Alors il l'emmenait sur son lit, dans ce Poudlard imaginaire où ils auraient été libres de transplaner. Elle gémissait dans son oreille, alors qu'il prenait possession de son corps. Cela semblait si réel que la délivrance l'était aussi, chaque fois, le laissant essoufflé, meurtri et un peu honteux aussi. Voilà à quoi elle l'avait réduit ! Voilà ce que les Horcruxes lui avaient fait ! Mais chaque nuit, il recommençait, incapable de résister à cette pulsion.
Et puis vint le réveillon de Noël. Tom avait longuement hésité à le manquer, car il savait qu'Hermione serait là. Il espérait qu'elle serait là. Il n'avait plus touché à son parchemin contenant les propositions de lectures, ni aux travaux de Selwyn. Il fit tout ce qui était en son pouvoir de ne pas penser à elle, en dehors de ses incartades nocturnes, mais cela ne fonctionnait pas. Elle était à la fois partout et nulle part.
Lorsqu'il arriva dans la Grande Salle, peigné et habillé avec un soin tout particulier, le professeur Slughorn fut le premier à remarquer sa présence et le héla du centre de la salle où était dressée l'unique table de réveillon.
« Tom, mon garçon, quel plaisir de vous voir ! Nous sommes si peu cette année alors c'est beaucoup mieux de tous nous asseoir à la même table. » Il tapota la chaise à côté de lui. « Venez donc vous installer à côté de moi ! »
A contrecoeur, le Serpentard lui obéit avec un sourire poli. Il ne manquait qu'une seule personne à table, à en juger par la chaise vide face à lui. Viendrait-elle ? Il le craignait autant qu'il l'espérait. Il écouta avec un intérêt poli les conversations autour de lui, jouant son rôle à la perfection. Et puis, elle fut là. Elle n'avait fait aucun effort vestimentaire particulier, le strict minimum pour que personne ne lui fasse de remarque. Le regard d'Hermione, il le vit, tomba sur lui et sur la chaise vide face à lui. Son teint pâlit légèrement, mais elle ne flancha pas.
Tom et Hermione firent tout leur possible pour ne pas croiser leurs regards. La tension était palpable et il en vint à se demander si tous les convives pouvaient la percevoir aussi nettement que lui. Malgré tout ce qu'elle lui avait dit, il était impossible qu'elle ne ressente pas la même chose. Mentait-elle à cause de son sens moral ? Quelqu'un d'aussi droit qu'elle ne concevait peut-être pas l'idée d'être attirée par un étudiant. Son rougissement chaque fois que leurs doigts se frôlaient pas accident en voulant se servir, que leurs yeux se croisaient involontairement, ne pouvait être factice. Comment pouvait-il lui faire réaliser la vérité ? Il espéra un instant qu'ils trouveraient l'occasion de parler, mais dés la fin du dîner, Hermione quitta la table en toute hâte alors que le professeur Slughorn l'avait attiré dans une conversation sans grand intérêt. Elle lui échappait, encore et toujours.
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Hermione avait passé d'horribles depuis que Tom Jedusor l'avait embrassée. Son coeur menaçait constamment d'exploser face à la diversité d'émotions contradictoires qui l'envahissaient en permanence. Elle aurait pourtant dû se douter que cela pouvait arriver. Il y avait eu des signes, subtils certes, mais qu'elle aurait dû percevoir, elle qui s'était donné pour mission de surveiller Lord Voldemort. Mais pourquoi était-ce arrivé ? Comment en était-il venu à s'attacher à elle, et elle à lui ? Si elle avait tant besoin de chaleur masculine, Klaus aurait très bien pu faire l'affaire. Mais elle savait que ce n'était pas juste cela. Elle ne faisait pas dépendre son bonheur d'un homme. Alors pourquoi fallait-il que Tom Jedusor la fasse perdre la tête à ce point ?
Souvent, bien trop souvent, elle se replongeait dans ce moment de félicité. Un miracle était vraisemblablement à l'oeuvre, terriblement frustrant.. Avant ce baiser, elle pensait beaucoup à Tom, mais elle avait des raisons rationnelles de le faire. A présent, elle y pensait constamment, et d'une manière telle que Ron et Harry l'auraient rayée de leur vie s'ils l'avaient appris. La nuit, c'était pire. Elle se réveillait fréquemment pantelante, en sueur, cherchant immédiatement des yeux la silhouette du Serpentard, avant de réaliser sa froide solitude.
Elle s'était mise en colère contre Tom, se souvint-elle. Elle l'avait rabroué, oubliant un instant qui il était réellement, qu'il pouvait l'éliminer d'un coup de baguette s'il le souhaitait. Elle l'avait oublié, toute à son inquiétude pour Dumbledore, parce qu'elle avait confiance en lui. Elle se sentait suffisamment à l'aise pour décharger sa tristesse sur lui et l'appréciait assez pour se rendre compte qu'elle se montrait injuste. De plus, se sermonna-t-elle, en quoi était-ce prudent de le rejeter chaque fois qu'il faisait quelque chose de désintéressé ?
La culpabilité dévorait son esprit, difficile à supporter, tant elle revêtait de formes différentes. Culpabilité envers le monde entier pour son saut temporel et les conséquences qui en découlaient. Culpabilité envers son fiancé et son meilleur ami surtout, car cette fois elle fraternisait réellement avec l'ennemi. Culpabilité envers Tom aussi, pour la façon dont elle avait nié ce qui se passait entre eux alors qu'elle éprouvait quelque chose pour lui. Et enfin, culpabilité envers Dumbledore qui se trouvait toujours dans un état précaire, mais à qui elle songeait trop peu à son goût.
Fort heureusement, Tom ne fut nulle part en vue ces jours-ci. Hermione s'arrangeait pour prendre ses repas rapidement et à des heures où elle ne croiserait personne. Elle évitait la bibliothèque autant que possible, n'y allant rapidement que pour emprunter des livres. Sa chambre et la Salle sur Demande furent ses nouveaux lieux de prédilection. Non, elle ne l'évitait pas, se disait-elle. Mais c'était encore un mensonge. Elle s'efforçait de faire des recherches sur les Horcruxes, mais sa nouvelle interrogation concernait les âmes soeurs. La jeune femme avait emprunté des ouvrages pour tenter de comprendre le phénomène, si elle se faisait des idées ou non. Mais pour le moment, elle faisait chou blanc, la littérature recueillie s'entendait sur un seul principe : leur existence.
Hermione n'avait pas pu échapper au repas de Noël. Le hasard ou le destin, - ou bien était-ce une manoeuvre du professeur Slughorn ? - avait installé Tom et elle, en face l'un de l'autre. Cette soirée avait ainsi compté parmi les plus longues de sa vie. Tout devenait prétexte à un contact accidentel de leurs mains, au battement désordonné de son coeur, aux pensées vagabondes. Les yeux noirs de Tom l'évitaient autant qu'ils la cherchaient. Comment allait-elle l'esquiver durant tous ces mois ? Devait-elle reprendre une relation cordiale avec lui ? Il avait failli aborder le sujet des Horcurxes, Hermione en était certaine.
« Et s'il existait un moyen de ne pas mourir ? Que feriez-vous ? »
Que faire ? Tenter de le décourager ? Mais comment ? Face à lui, elle se liquéfiait. Il suffirait qu'il l'appelle par son prénom, qu'il la regarde avec cette intensité et elle perdrait ses moyens. Hermione ne donnait pas cher de sa volonté. Son seul espoir, qui lui meurtrissait le coeur, reposait sur la réaction de Tom. Si le rejet avait eu l'effet d'une douche froide et définitivement éteint la passion qui l'animait, il demeurait possible qu'ils puissent se reparler un jour. Mais en réalité, elle savait qu'il ne lui pardonnerait jamais. Comment le pouvait-il ? Elle ne se pardonnait pas elle-même. Elle songea également, aux moments les plus désespérés, à quitter Poudlard et revenir quand la magie noire aurait noirci le coeur du préfet-en-chef, jusqu'à le rendre méconnaissable…
Au regard de cette soirée de réveillon désastreuse, Hermione décida de manquer le dîner organisé pour la Nouvelle Année. Elle n'ignorait pas, en outre, que Tom aurait dix-huit ans ce jour-là. Elle ne pouvait pas lui imposer sa présence. Alors, elle se cala dans son lit avec Les Prophéties, observant avec angoisse les aiguilles de son horloge passer les heures en direction de 1945, au son entêtant du tic tac. Il aurait dû se passer tellement de choses cette année-là. Dumbledore devait affronter et vaincre Grindelwald. Le vieil homme avait sûrement sauvé des vies en agissant plus tôt, mais à quel prix ? L'idée était trop terrifiante pour s'y attarder. Tom Jedusor réussirait ses ASPICs haut la main, puis irait travailler dans une sombre boutique de l'Allée des Embrumes au grand dam de tout le monde. Conserverait-il le même destin ?
La jeune femme rangea soudain son ouvrage de chevet, écorné par les lectures quotidiennes qu'elle lui imposait, dans le tiroir de son bureau avec le sablier et la bague de fiançailles. Ce soir, elle enfermait ces morceaux de sa vie, au moins temporairement. Ce soir, elle s'appuierait à la fenêtre et observerait le majestueux paysage jusqu'à ce que le sommeil l'emporte dans un autre monde…
Quelqu'un frappa à la porte, la faisant soudain sursauter. Qui pouvait bien vouloir lui parler un trente-un décembre à vingt-trois heures ? Etait-ce Dippet avec des nouvelles de Dumbledore ? Ou bien, Slughorn voulait-il connaître la raison de son absence au repas ? Le coeur battant, elle tourna la poignée et entrouvrit la porte. Le monde autour d'Hermione se figea. Tom Jedusor se tenait devant elle, agité, les cheveux désordonnés et le visage torturé. Il la regardait de ses yeux noirs, si lumineux ce soir, et emplis de crainte. Ce n'était pas Voldemort. Elle ne l'avait jamais vu ainsi et tous ses sens s'engourdirent aussitôt. Que voulait-il ? En son for intérieur, la jeune femme le savait, l'espérait même, ses principes moraux étant bien fragiles ce soir face à la fureur de la passion.
« J'ai lutté, Hermione. Mais rien n'y fait. Je ne puis réprimer mes sentiments. J'ai repensé à ce que vous avez dit et je ne peux y croire. »
Il s'avança vers elle, déterminé, si proche.
« Dis-moi que tu ne veux pas de moi. Dis-moi que tu ne me désires pas autant que je te désire. Dis-moi que je me trompe et qu'il n'y aucune connexion entre nous. Dis-moi ces mots et je te laisserai. Mais je t'implore, dis-moi la vérité. »
Hermione en fut absolument soufflée. Elle fut incapable d'articuler le moindre mot devant cette déclaration touchante, aux accents de sincérité et si… inattendue. Il avait évacué tous les faux-semblants et les vouvoiements. Dans le parc, quelques jours plus tôt, elle avait réussi à puiser ce qu'il fallait en elle pour l'éloigner d'elle. Mais à présent, elle n'en avait ni le pouvoir, ni la volonté.
Alors elle ouvrit la porte et l'invita à entrer.
Il n'en fallut pas plus pour que Tom ferme la porte derrière eux et l'entraîne dans une étreinte passionnée. Cette nuit, pour une fois, ce serait la réalité.
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Ce fut le soleil qui vint chatouiller les paupières de Tom. Il avait si bien dormi cette nuit, comme rarement ces dernières années. De l'eau s'écoulait non loin de lui, telle une pluie régulière. Soleil ? Pluie ? C'était impossible. Il ne pouvait voir le soleil de sa chambre, ni entendre les clapotis caractéristiques des gouttelettes d'eau tombant sur un sol carrelé. Ce fut le moment que choisirent ses muscles légèrement endoloris pour le ramener à la réalité.
La veille au soir, le jeune homme avait été mû d'une inspiration subite. Il avait désormais dix-huit ans. Officiellement, il ne faisait plus partie du système des orphelinats anglais. Une nouvelle ère débutait pour lui et il ne pouvait pas continuer ainsi. Rien n'y faisait, il ne pouvait pas l'oublier. Il l'avait attendue pendant tout le dîner et elle n'était jamais venue. Après son attitude au repas de Noël, cela confirmait, aux yeux de Tom, qu'elle n'était pas aussi indifférente qu'elle voulait bien le lui faire croire.
Il lui avait fallu du temps, de nombreuses tergiversations et d'un peu de courage pour aller frapper à sa porte. Il se convainquit qu'elle le laisserait entrer. Et s'il parvenait à assouvir son désir, comme dans ses rêves, il en aurait enfin fini avec elle. C'était du moins ce qu'affirmait le livre A la merci de son coeur, comment y remédier ? qu'il était retourné consulter. L'auteur affirmait que pour tuer un « amour naissant » dans l'oeuf, il fallait engager une relation sexuelle avec l'objet de son affection. Tom avait trouvé ce conseil très étrange, mais l'idée ne lui était pas si déplaisante. Tous les soirs, il l'imaginait déjà. Peut-être que le livre avait raison. Qu'avait-il à perdre ? Il en rêvait tellement. Un rejet. Il ne voulait pas l'essuyer une nouvelle fois, malgré sa conviction. Que faire si le sens moral d'Hermione était à nouveau plus fort que sa passion ? Et puis, il avait lâché prise, après des heures de conflit interne dans sa chambre. Il n'en pouvait plus. Il devait être fixé une bonne fois pour toutes, et après… Après, il aviserait.
Alors il s'était trouvé face à ses yeux chocolat, et comme au bord du lac, il n'était plus lui-même. Tom avait prononcé des mots dont il ne pouvait se souvenir. Il ignorait même s'il les avait préparé. Tout ce qui comptait, était qu'elle lui avait ouvert la porte et bien plus encore. Il avait enfin passé la nuit avec elle, pour de vrai. Et par il ne savait quel miracle, c'était encore mieux que dans ses rêves. C'était la première fois qu'il explorait le corps d'une femme et par Salazar, que c'était intense. Le livre avait menti. Cette nuit n'avait en rien éteint sa passion pour elle. C'était pire.
Après ce fameux baiser, il savait que ce serait compliqué de passer à autre chose. Après leur nuit ensemble, il savait que ce serait impossible. Et si le doute était permis auparavant, il n'en avait plus aucun à présent. Elle était son âme soeur. Aucune autre explication n'était possible.
Cette idée le terrifia autant qu'elle le galvanisa. Il saisit ses vêtements abandonnés sur le sol, vestiges d'une passion dévastatrice. Il en frissonna. Son caleçon était à peine enfilé que la porte de la salle de bains s'ouvrit, découvrant une Hermione entièrement habillée. Elle rougit et se mordit la lèvre, ses yeux, humides et gonflés, irrésistiblement attirés par son torse. Les mots eurent de grandes difficultés à sortir de sa gorge. Elle avait pleuré.
« C'était interdit, Tom, nous n'aurions pas dû…
- Hermione », l'interrompit-il calmement. Il ramassa sa robe de sorcier. « Nous n'avons pas à le crier sous tous les toits, n'est-ce pas ? »
La culpabilité la rongeait. Pourquoi avait-il fallu que son âme soeur soit aussi droite ? C'était sans doute précisément la raison pour laquelle ils étaient autant attirés l'un par l'autre. Il termina de s'habiller à son tour.
« Ce n'est pas parce que c'est désapprouvé par la morale que c'est une erreur, n'est-ce pas ? Transgresser est parfois nécessaire. »
Il s'approcha d'elle, avec une lenteur calculée. Il ne voulait pas qu'elle lui glisse sous les doigts, une fois encore. Elle examinait ses pieds avec grande attention.
« Je pense que tu sais aussi bien que moi ce qu'il se passe entre nous. Je sais que tu es assez intelligente pour y mettre un nom. Ce que nous sommes, personne ne peut s'y opposer.
- Et qu'est-ce que nous sommes exactement, Tom ? » demanda-t-elle, incertaine.
Il refusait de le formuler à voix haute. Une pudeur particulière l'en empêchait. La hantise du rejet ne l'avait pas tout à fait quitté. A la place, il s'approcha bien plus près et domina la jeune femme de sa haute stature.
« Ceci », souffla-t-il, en se penchant pour l'embrasser. Comme la première fois, comme la veille au soir, le sentiment d'être enfin complet l'enveloppa. Il était tout-puissant. Comment pouvait-il songer une seule minute qu'il serait capable de s'en passer ? Pour autant il ne se sentait pas faible. Les bras d'Hermione passèrent autour de son cou, abandonnant toute résistance et il la souleva, la positionnant contre le mur. Non, il ne s'en passerait jamais.
Il oublia leurs différences, la mortalité d'Hermione, ses secrets, pour ne penser qu'au goût de ses lèvres et au velours de sa peau. Comment pourrait-il la convaincre qu'ils étaient faits pour dominer le monde, tous les deux ? Comment s'assurer qu'elle ne deviendrait pas son point faible ? Accepterait-elle de reconnaître la réalité surnaturelle de leur connexion et ses implications ?
Par Salazar, ces questions pouvaient bien attendre encore un peu.
Pour information, j'ai écrit un lemon sur ce qu'il se passe pendant la fameuse nuit, mais je n'ai pas voulu l'inclure dans le texte. Cette fic est catégorisée "T" et non "M" et je ne voulais pas "trahir" ceux ou celles qui ne veulent pas en lire. J'hésite encore à la poster dans un chapitre à part pour ceux ou celles que ça intéresse. Il faudrait que je le retravaille un peu, je ne suis pas une habituée de l'exercice ;)
En tout cas, j'espère que malgré sa longueur bien moindre qu'habituellement, cela vous a plu et que vous voulez toujours autant connaître la suite :) J'ai glissé une petite référence à un livre que j'aime beaucoup, je me demande si vous l'avez reconnue !
Prenez soin de vous.
