Bonjour !
Merci pour votre fidélité et vos nombreux retours !
Un peu plus tôt dans la journée, j'ai posté le chapitre 24.5 sous la forme d'un OS nommé "Arresto Temporum". C'est le lemon que j'avais mentionné au chapitre précédent. Il ne contient aucun élément strictement nécessaire à l'intrigue, donc il n'est pas essentiel de le lire.
Ce chapitre 25 est uniquement écrit selon le point de vue d'Hermione.
Bonne lecture !
« Nous devions nous aimer c'était écrit là-haut. Les âmes sœurs finissent par se trouver quand elles savent s'attendre. »
{Théophile Gautier}
Hermione mit un long moment à retrouver ses esprits après le départ de Tom, au milieu de la matinée. Merlin, que c'était intense. Elle se haïssait d'avoir finalement cédé à la tentation mais elle ne le regrettait pas une seule seconde pour autant. Ce n'était définitivement pas Voldemort, se disait-elle. Ce jeune homme inexpérimenté, dont le simple contact provoquait des étincelles en elle, ne pouvait pas être un assassin sans espoir de rédemption. Et pourtant, il avait déjà tué, sans remords ni regret. Pouvait-il se repentir ? Etait-elle sa moitié perdue, comme il semblait le penser sans jamais le formuler à haute voix ? Allongée sur le lit, le visage tourné vers la fenêtre, la jeune femme massa distraitement ses muscles endoloris. Elle n'aurait pas dû céder, se répéta-t-elle. Elle devait penser à ses secrets. Il ne lui pardonnerait jamais s'il apprenait qu'elle venait du futur, qu'elle avait cherché à l'éliminer et qu'elle savait pour les Horcruxes. Son coeur eut soudain froid à cette pensée. Combien de temps pourrait-elle le lui cacher s'ils continuaient ainsi ? Elle devrait rester loin de lui…
Mais elle ne le pouvait pas. Elle l'aimait, se dit-elle avec une stupeur mêlée de consternation. Elle aimait ses yeux si noirs qui brûlaient d'une chaleur qu'elle ne lui connaissait pas, si loins de ces deux tunnels vides et froids de leur rencontre. Elle aimait ses grandes mains hésitantes mais volontaires avec lesquelles il l'attirait dans ses bras ou lui emprisonnait le visage. Elle aimait son intelligence, malgré sa corruption pour la magie noire. Elle aimait sa détermination, son goût pour le débat, le feu qu'il faisait naître en elle chaque fois qu'il s'approchait, son charme, sa façon de parler, son sarcasme, sa vivacité… Elle l'aimait malgré ses meurtres, sa soif de pouvoir, sa peur destructrice de la mort, sa possessivité. A l'encontre de toute rationalité, elle l'aimait.
Alors, serait-il possible qu'ils soient des âmes-soeurs ? Sa présence à cette époque était-elle réellement une manoeuvre du Destin pour rétablir la balance ? Tom qui n'avait jamais connu l'amour, sa propre mère ayant préféré mourir de chagrin plutôt que d'élever son fils, avait-il fait l'objet d'un oubli aux conséquences dévastatrices ? Et si c'était bien le cas, n'arrivait-elle pas trop tard, maintenant que son âme était déjà corrompue ?
C'était une hypothèse tellement présomptueuse. Qui était-elle pour affirmer être l'instrument du Destin ? Certes, les indices pointaient dans cette direction, Hermione était forcée de le reconnaître, mais relevaient essentiellement de la foi, un domaine qui n'avait jamais été son fort. Et pourtant Harry était la preuve vivante du pouvoir de l'Amour. Elle avait beau retourner le problème dans tous les sens, tout était question de choix et de croyance. Où était son meilleur ami quand elle avait besoin de lui ? Mais penser à Harry l'amena inévitablement au souvenir de Ron. Elle imagina la façon dont son sourire lumineux s'affaisserait en découvrant avec qui elle le trahissait aujourd'hui.
Etre avec Tom était aussi naturel que respirer. Ce qui s'était passé cette nuit et ce matin le confirmaient. Ils étaient parfaitement accordés. Tom n'avait aucune expérience et pourtant, il s'était produit quelque chose. Plus que les conséquences classiques de l'acte charnel, il y avait eu une épiphanie qui s'était produite en elle, ce sentiment que la vie n'avait plus aucun mystère, que c'était cette complétude, cette harmonie qu'elle cherchait depuis toujours. Avec le ralentissement de son rythme cardiaque, ce sentiment s'estompait peu à peu, sans jamais la quitter. Tom avait-il ressenti la même chose ? Lui aussi avait-il eu, un instant, l'étonnante impression d'être maître du monde ?
Avec un soupir, la jeune femme prit sa seconde douche de la matinée, songeant malgré elle au beau visage endormi de Tom et à son bras qui reposait autour de sa taille à son réveil. Elle pensa à sa promesse de ne rien révéler de leur relation et à la façon dont il l'avait capturée une seconde fois, avec un enthousiasme contagieux. Chassant ces rêveries coupables, elle se rendit finalement dans la Grande Salle pour y prendre un déjeuner bienvenu.
A sa grande surprise, Klaus était attablé et lisait une lettre, un sourire au coin des lèvres. Il était revenu ! Mais avant qu'Hermione ne puisse le rejoindre, le professeur Dippet vint à sa rencontre, le visage grave. Il sait, se dit-elle immédiatement, prise d'une panique soudaine.
« Ah Miss Jean, je vous cherchais justement ! Nous avons eu des nouvelles de l'Hôpital Ste Mangouste, Albus s'est réveillé hier et son état est encourageant. J'ai pensé que vous voudriez le savoir. »
Elle sentit une vague de soulagement la submerger. Dumbledore était sorti d'affaire. Sa culpabilité s'allégea un court instant. Dans ce passé, il n'était pas mort à cause d'elle. Pas encore. Même si elle n'avait pas pensé à son tuteur autant qu'elle l'aurait voulu, l'angoisse sourde était restée bel et bien présente ces dernières semaines.
« M'autorisez-vous lui rendre visite une nouvelle fois, professeur Dippet ? », demanda Hermione après une courte réflexion.
« Eh bien… vous ne devriez pas sortir seule, vous le savez Hermione. Mais si vous êtes accompagnée comme la dernière fois, bien sûr je n'y verrai aucun inconvénient…
- Je comptais me rendre à Londres justement », intervint Klaus qui s'était approché en silence. « Je peux parfaitement accompagner Hermione. »
Dippet acquiesça avec satisfaction et quitta la pièce. Ce fut seulement à ce moment-là qu'Hermione remarqua Tom, assis sur un banc, à la table de Serpentard, non loin d'eux. Le préfet-en-chef était arrivé pendant leur conversation et à en juger par son expression, il en avait au moins entendu la fin. Il feuilletait le livre qu'il avait posé devant lui avec une agressivité inhabituelle.
« Merci Klaus.
- C'est un plaisir, ma chère. J'ai tellement de choses à te raconter ! Je te laisse déjeuner, je vais me préparer et je te rejoins, est-ce que ça te convient ? »
Hermione acquiesça avec reconnaissance et l'observa quitter la Grande Salle, nerveuse de se retrouver seule avec Tom. Incertaine quant à la conduite à tenir, elle décida de se diriger vers la table des professeurs, sans oser le regarder. Le souvenir de cette nuit était bien trop frais et bien trop déconnecté de cette réalité.
« Des nouvelles du professeur Dumbledore ? »
Malgré ses résolutions, elle se retourna au son de sa voix, le coeur battant. Le préfet-en-chef tentait de composer une expression neutre, mais qui ne la trompa pas. A nouveau, les souvenirs de la nuit affluèrent, la faisant rougir. Comme il était difficile de feindre de l'indifférence, de rester à distance !
« Oui Tom. Il s'est réveillé et je me rends à Ste Mangouste m'enquérir de son état.
- Avec Morovitch. » Cette fois, l'amertume était bien audible, même si son expression restait maîtrisée.
« Avec Klaus, oui. » Elle soupira et s'assit finalement face au jeune homme. Elle se sentait comme une adolescente nerveuse devant un béguin. Elle avait quand même quatre ans de plus que lui dans cette réalité, que diable ! « Nous ne pouvions pas y aller ensemble une nouvelle fois, je suis sûre que vous… que tu t'en rends compte toi-même. »
Il était ridicule de conserver le vouvoiement entre eux après ce qu'ils avaient partagé. Un sourire narquois fleurit sur les lèvres de Tom et causa un envol de papillons dans l'estomac de la jeune femme. Son visage se transformait lorsqu'il baissait la garde et abandonnait les faux-semblants.
« C'est vrai qu'avec moi, il est peu probable que tu arrives à Ste Mangouste de sitôt », murmura-t-il et son clin d'oeil la fit fondre, mais elle tenta de garder son sérieux.
« Personne ne doit savoir, Tom », dit-elle en se mordant nerveusement la lèvre inférieure.
« Ce sera notre petit secret. Par contre… » Sa voix se fit plus hésitante. « Fais attention. Reste près de Morovitch, pas trop évidemment, mais malgré sa stupidité, tu auras moins de chance de te retrouver dans une situation désagréable. Si les agresseurs te sous-estiment et s'en prennent à lui en priorité, tu auras le temps de rentrer…
- Klaus est un ami », répondit-elle avec un ton d'avertissement. « Il n'est pas aussi bête que tu le penses et je l'apprécie. De toute façon, je n'abandonnerais jamais un ami en combat. Tu n'as aucune raison d'être jaloux…
- Jaloux, moi ? » Il ricana avec dédain, mais elle l'observa avec un sourire entendu. « Jamais de la vie », poursuivit-il en se penchant vers elle, le visage plus sérieux. Il effleura discrètement la main de la jeune femme qui ressentit une décharge électrique dans sa poitrine. « Préviens-moi quand tu rentres. Je t'attendrai à la bibliothèque. »
Elle acquiesça, les mots soudainement perdus au fond de sa gorge. Elle se leva et se dirigea vers sa table, l'appétit soudain coupé. Deux autres étudiants arrivèrent et s'assirent à la table de Serdaigle en bavardant. Hermione se força à avaler quelques bouchées, son regard trop souvent attiré par le préfet-en-chef. Elle constata avec fierté qu'il lisait une des références qu'elle lui avait conseillé, un des ouvrages de Selwyn. Parfois, elle sentit qu'il l'observait lui aussi, discrètement, avec une intensité à la faire rougir. Le retour à la normale semblait désormais impossible.
Quelques instants plus tard, elle prenait le chemin de Pré-au-Lard, en compagnie d'un Klaus volubile. Il lui apprit qu'il était resté en Grande-Bretagne pendant les congés, pour visiter le pays et retrouver d'anciens amis perdus de vue. Manifestement ravi par la chute de Grindelwald, il lui raconta comment il avait vécu cette nouvelle entouré de camarades opposants et comment ils avaient fêté cela de manière mémorable. Hermione songea avec affection à l'Ordre du Phénix.
« C'est d'ailleurs à ce moment-là que j'ai rencontré Sofia. Elle vit en Angleterre depuis quelques années maintenant, mais elle a étudié à Durmstrang elle aussi, nos promotions ont deux ans d'écart. Elle est vraiment belle et brillante, Hermione. Un peu comme toi », acheva-t-il avec un clin d'oeil, sans doute désireux de ne pas la vexer.
« Je suis ravie pour toi, Klaus, vraiment. Je te souhaite d'être heureux ! »
Hermione était sincère. Elle appréciait réellement ce Suédois un peu exubérant mais attachant. Elle détailla avec amusement sa robe repassée avec soin sous l'épaisse cape qui caractérisait les pensionnaires de Durmstrang. Il avait peigné ses cheveux blonds vers l'arrière, et sentait l'eau de cologne. Elle se retint d'émettre tout commentaire.
« Je dois la retrouver en fin d'après-midi à Londres, justement. »
Tiens donc, elle ne s'en serait jamais doutée !
« Je ne serai pas longue avec le professeur Dumbledore, Klaus. Merci de t'être porté volontaire.
- Pas de problème. Comment aurais-tu fais sinon ? Tu aurais pu te retrouver coincée avec Tom Jedusor ! » Il éclata de rire, sans réaliser qu'Hermione masquait sa gêne par une toux peu crédible. Il ne croyait pas si bien dire. « D'ailleurs, Hermione, comment se fait-il que Dippet souhaite que tu sois accompagnée ?
- Oh, il est vieux-jeu », esquiva-t-elle. La jeune femme ne tenait pas à raconter ses précédentes mésaventures, ni avouer que Tom l'avait déjà escortée. Devoir être ainsi chaperonnée lui déplaisait fortement. « Je ne suis que stagiaire et donc je reste sous la responsabilité du professeur Dippet.
- D'accord, j'imagine qu'il n'a pas tort. En tout cas, ça me fait plaisir ! »
Elle sourit et entraîna la conversation vers des eaux moins inconfortables. Elle lui demanda quelles villes il avait pu visiter et cela le lança pour un bon quart d'heure, le temps d'arriver à Pré-au-Lard. Puis, elle saisit sa main pour le guider vers l'Hôpital Ste Mangouste. Cela ne faisait pas battre son coeur comme lorsqu'elle touchait Tom, constata-t-elle. Mais aussitôt, Hermione chassa le jeune homme de ses pensées, qu'il occupait bien trop souvent à son goût, et se précipita vers le guichet d'accueil. Cette fois, trois personnes attendaient en ligne devant la même sorcière brune que la dernière fois. Elle se plaça derrière elles, attendant son tour avec impatience.
« Klaus ! »
Une jeune femme blonde se jeta dans les bras du grand Suédois. De taille moyenne, elle avait de longs cheveux blonds lisses et de jolis yeux marrons. Elle comprenait sans peine l'attirance de son ami. Un peu comme toi. De qui se moquait-il ?
« Sofia, quelle surprise ! Que fais-tu ici ?
- Ma tante est hospitalisée au troisième étage et je voulais lui rendre visite avant notre rendez-vous », lui annonça la jeune femme avec un accent marqué. « Et toi ? Je ne savais pas que tu viendrais !
- Je te présente Hermione, ma collègue de Poudlard, elle va voir…
- Un grand oncle », coupa rapidement Hermione. Elle ne voulait ébruiter la raison de sa présence. Klaus lui jeta un coup d'oeil surpris mais ne releva pas. « Enchantée de faire ta connaissance Sofia, Klaus m'a beaucoup parlé de toi sur le trajet.
- C'est vrai, mon chéri ? Tu es tellement adorable ! », minauda la jeune femme, visiblement ravie. Hermione se sentit légèrement mal à l'aise en présence du couple Elle n'était pourtant absolument pas jalouse vis-à-vis de Klaus, mais la femme lui inspirait un sentiment irrationnel de méfiance. Elle ressemblait sûrement à quelqu'un de son passé, se dit-elle. Elle laissa les deux amoureux roucouler plus loin et s'avança vers la sorcière de l'accueil, lorsque son tour fut venu.
« Bonjour, je viens voir Albus Dumbledore. On m'a informée de son réveil.
- Oh, je me souviens de vous ! Où est votre charmant époux ? » La sorcière tenta de regarder par dessus son épaule.
« Il n'a pas pu se libérer cet après-midi, malheureusement », répondit Hermione, avec une moue contrite. Tom avait vraiment fait forte impression sur cette pauvre femme. Pouvait-elle réellement lui en vouloir ?
« Quatrième étage, salle 43 », indiqua-t-elle, un peu dépitée. « Je vais prévenir les Médicomages. »
La jeune femme la remercia et prit le temps de prévenir Klaus qu'elle montait et qu'elle n'en aurait pas pour longtemps. Une nouvelle fois, elle éprouva le même sentiment inconfortable en la présence de Sofia, qui semblait pourtant très souriante et aimable.
Les Médicomages ne firent aucune difficulté pour la laisser entrer. Il lui assurèrent qu'il allait déjà bien mieux et que son grand-oncle était un héros. Elle s'inquiéta un peu de cette sécurité quelque peu relâchée, mais fut bien contente de pouvoir lui rendre visite. Hermione poussa la porte de la salle 43 avec un peu d'appréhension. Dans quel état allait-elle retrouver le professeur Dumbledore après deux semaines de coma ? Le vieil homme avait eu droit à sa chambre individuelle. Assis sur le fauteuil à côté de son lit, il lisait le journal, le front plissé. Son visage s'illumina lorsqu'il vit Hermione.
« Ma chère Hermione, entrez, entrez ! »
Ses joues étaient creusées, ses traits, tirés, mais ses yeux bleus n'avaient rien perdu de leur vivacité.
« Comment va Poudlard ? Je suis ravi de retrouver ma collègue, ou comme je dois le comprendre, ma petite-nièce ? », ajouta-t-il avec malice. Il n'y avait aucun reproche dans sa voix, alors Hermione ne chercha pas à se justifier. Au lieu de cela, elle entreprit de lui raconter les dernières nouvelles, les exploits de tel ou tel élève en cours de métamorphose, l'échange avec les étudiants de Durmstrang et de Beauxbâtons. Dumbledore sembla ravi de parler de son école, ce qui lui permettait de penser à la vie en dehors de cette chambre. Puis, il lui demanda comment elle était venue.
« Le professeur Dippet, sur vos conseils, a exigé que je sois accompagnée », dit-elle en s'efforçant de masquer le reproche dans sa voix, « alors je suis venue avec le professeur Morovitch, justement. Nous avons transplané à partir de Pré-au-Lard. »
- Ai-je fait cette requête ? Pardonnez-moi, je ne m'en souviens pas.
- Oui, suite à l'embuscade des fidèles de Grindelwald à Pré-au-Lard, professeur.
- Grindelwald a tenté de s'en prendre à vous ? Pourquoi aurait-il fait une chose pareille ? », marmonna-t-il plus pour lui-même qu'à son adresse.
Hermione, surprise, n'ajouta rien. Le sort lui avait-il fait perdre la mémoire ? Dumbledore plissa les yeux, se tenant le menton d'une main, plongé dans une profonde réflexion. Puis, il fit un geste vague de la main.
« Ce qui importe, c'est qu'il soit hors d'état de nuire… » Il esquissa un sourire triste. « J'espère que Gellert aura l'occasion de se repentir de ses actes à Nurmengard. »
C'était étrange de voir le professeur Dumbledore si affaibli physiquement et émotionnellement. Ils s'aimaient, se souvint-elle, Grindelwald et lui. Peut-être que des années plus tôt, elle n'avait pas forcément compris son amour pour un être aussi malfaisant. Mais depuis, la vie d'Hermione avait grandement évolué, tout comme sa perspective en la matière.
« Je suis sûre que ce sera le cas », dit-elle gentiment. Elle se blâma aussitôt de lui donner cet espoir. Il savait qu'elle venait du futur et risquait de la prendre au mot.
« Vous êtes bien aimable, Hermione. Hélas, seul l'avenir nous le dira. »
Interloquée, la Gryffondor se demanda soudainement s'il se souvenait de sa véritable origine. Pour ne pas le brusquer, elle tenta simplement une question détournée.
« Vous souvenez-vous de ce que je vous ai demandé le jour où je suis arrivée à Poudlard ?
- Je crains que tout ce qui vous concerne est un peu flou pour moi. Cependant, une lettre vous attend dans le double-fond du troisième tiroir de mon bureau à Poudlard. J'espère qu'elle contiendra la réponse à vos questions. »
Il lui fit ce clin d'oeil malicieux qu'elle connaissait tant et qui la rassura un peu.
« Je ne manquerai pas d'aller la lire, professeur. Nous attendons tous votre retour avec impatience. »
Il la remercia et elle sentit que le moment était venu de prendre congé. Après avoir échangé les dernières banalités d'usage, elle quitta la chambre en fermant la porte avec précaution. Puis elle digéra. Le sort lui avait-il fait perdre une partie de la mémoire, de ses facultés mentales ? Pourtant, aux yeux d'Hermione, cela paraissait peu probable. Dumbledore était certes fatigué et touché émotionnellement, mais il ne semblait pas avoir perdu la tête. Les seuls « oublis » qu'elle avait noté la concernaient directement. Et cette lettre qui l'attendait… Elle soupçonna alors qu'avant la confrontation avec Grindelwald, le professeur avait effacé les souvenirs concernant son origine et tout ce qui s'y rattachait. Cela pouvait faire sens, en cas d'échec, il voulait protéger le futur en la protégeant, elle. Après tout, n'avait-elle pas nourri le même projet avant de confronter Voldemort ?
Cette pensée la fit culpabiliser. Dumbledore savait-il à quel point elle avait mis en danger avec ses actes le futur qu'elle connaissait ? Son étrange relation avec Tom Jedusor devait aussi avoir eu un impact, qu'il soit positif ou négatif. Seul l'avenir nous le dira. Hermione entreprit de rejoindre Klaus. Avec un peu de chance, il accepterait de la laisser rentrer seule, pendant qu'il se rendrait à son rendez-vous galant.
« Tout va bien Hermione ? », demanda le colosse, le visage soucieux, lorsqu'elle le retrouva dans le hall de l'hôpital Il était toujours avec la dénommée Sofia. Celle-ci l'observa d'un air étrange qui la mit mal à l'aise. Hermione acquiesça en direction de Klaus, avec un sourire de gratitude. « Ecoute, avec Sofia, on se disait qu'on pourrait boire un café tous les trois avant que je te raccompagne. Ca te dit ? »
Elle n'eut pas le coeur de refuser net devant le sourire lumineux de son ami, alors même qu'elle ne rêvait que de retourner au château et de retrouver la lettre cachée par Dumbledore. Et d'être auprès de Tom aussi, ajouta-t-elle avec honte en son for intérieur.
« Je ne veux pas m'imposer, vous aviez rendez-vous… », tenta-t-elle.
« Ne dites pas de bêtise », s'exclama Sofia avec un petit rire. « Je serais ravie de faire votre connaissance !
- Ce n'est que l'histoire d'un petit quart d'heure, Hermione, promis. S'il te plaît ? »
Elle céda, contre sa propre volonté. Elle pouvait bien sacrifier un petit quart d'heure, non ? Ils se mirent aussitôt en route dans les rues de Londres. Hermione fut agréablement surprise de reconnaître certaines rues moldues de son enfance dans cette époque très différente. Cependant, au bout de cinq minutes, le chemin emprunté lui parut étrange. Ils s'éloignaient des rues passantes où étaient situés les pubs et cafés.
« Il y a un très bon salon de thé par là », tenta Hermione qui ne voulait pas perdre plus de temps.
« Non, non », répondit Sofia. « Je vous emmène au meilleur café de Londres.
- Où se situe-t-il ?
- Quelque part, là bas, je connais le chemin, ne t'en fais pas. »
Mais ils s'éloignaient toujours autant en direction de la zone industrielle. Cela faisait à présent dix minutes qu'ils marchaient et Hermione eut un mauvais pressentiment. Par égard pour Klaus, elle ne dit rien, mais tenait fermement sa baguette dans sa robe, les yeux aux aguets.
« Sofia, ma chérie, es-tu sûre que tu ne trompes pas de route ? », tenta Klaus, lui aussi un peu étonné.
« Pour la dernière fois, non, espèce d'imbécile ! », hurla-t-elle en se retournant et stupéfixa le professeur de duel qui n'était absolument pas préparé à cela. Il s'effondra sur le trottoir, le regard vide.
Hermione bondit et lança un Revelio que Sofia ne put esquiver. La chevelure blonde de la jeune femme devint rouge, son nez s'allongea et ses yeux bruns prirent une teinte bleu brillant. C'était elle, la femme qui lui avait tendu un piège quelques semaines plus tôt, celle qui servait Grindelwald. Hermione n'avait donc pas rêvé. Son inconscient devait l'avoir reconnue, malgré son déguisement.
« Bravo Hermione », dit-elle d'un ton sarcastique.
Celle-ci pointa sa baguette vers Klaus, mais Hermione lança un Protego pour protéger son ami.
« Ne le touchez pas. » Elle tenta ensuite de lui lancer des sorts de Désarmement et de Stupéfixion, mais la femme aux cheveux rouges les esquiva tous. Hermione tenta ensuite de transplaner pour l'éloigner de Klaus, mais elle en fut empêchée. Encore ce maudit sort Anti-Transplanage !
« Cette fois, tu ne m'échapperas pas. »
Un duel entre les deux femmes s'engagea aussitôt. Elles rivalisaient de férocité, chacune déterminée à ne pas céder un pouce de terrain. Les sortilèges lumineux volaient dans tous les sens, provoquant des explosions dans cette zone heureusement déserte. Elle espéra que personne ne viendrait et que les autorités seraient rapidement averties de cette débauche de magie. Soudain, un petit garçon, d'à peine une dizaine d'années, se précipita sur les lieux fasciné par le duel qui se jouait. D'où venait-il ? Que faisait-il là ? Paniquée, Hermione lui cria de s'enfuir mais ce fut une erreur. Son ennemie pointa sa baguette sur lui et cria à Hermione :
« Un seul sort et il ne reverra plus jamais sa mère. Baisse ta baguette, suis-moi, et je l'épargne. »
Elle ne ferait pas ça… Mais elle lut dans son regard, qui lui rappela celui de Bellatrix, qu'elle n'hésiterait pas une seconde si elle lui en donnait la possibilité. Sans baisser sa baguette, Hermione s'adressa à elle à son tour.
« Qu'est-ce qui me garantit que tu ne le toucheras pas ? »
Le petit garçon attendait le verdict, figé par la terreur. La sorcière tendit la main en direction d'Hermione.
« Je tiens toujours parole. Donne-moi la main et nous transplanerons aussitôt. »
Hermione n'avait plus le choix. Elle ne voulait pas risquer d'attaquer et de manquer sa cible. Si tel était le cas, elle aurait la mort d'un enfant sur la conscience. C'était impensable. Alors, elle tendit la main à son tour et son adversaire leva le sort d'Anti-Transplanage et elles disparurent ensemble. Hermione eut à peine le temps d'apercevoir un immense salon, richement meublé, que sa baguette lui fut arrachée par la femme aux cheveux rouges. Tom, pensa-t-elle juste avant qu'un sort la fasse sombrer dans l'inconscience. Il l'attendait toujours à la bibliothèque.
J'espère que ça vous a plu, malgré cette fin. Après ces derniers chapitres essentiellement consacrés au développement de la relation entre Tom et Hermione, nous entrons dans une phase un peu plus mouvementée !
Le chapitre suivant est écrit uniquement du point de vue de Tom. ;)
A bientôt, je l'espère !
