Bonsoir !
Eh oui, c'était à prévoir, mais avec le déconfinement, les projets qui se remettent en route, j'ai un tout petit peu moins de temps pour écrire. Et puis, j'écris aussi un original assez court qui me permet d'explorer autre chose que le Tomione. Mais n'ayez crainte, j'ai toujours la ferme intention de terminer cette histoire, même si le rythme passe à un chapitre par semaine en moyenne :)
Je tiens à vous remercier pour votre fidélité : 142 reviews sur FFnet au moment où je publie, toutes plus adorables les unes que les autres ! Je ne vous cache pas que cela me met une petite pression, qui est bienvenue je dois dire. Merci à vous du fond du coeur, je vous lis à chaque fois et cela me met toujours le sourire aux lèvres.
J'arrête de vous raconter ma vie et vous laisse en compagnie de Tom pour un chapitre entier (quelle chance !)
Bonne lecture :)
« Pour bien connaître un homme, il faut le connaître par soi-même. »
{William Shakespeare}
Les heures s'écoulaient avec une impitoyable lenteur, accroissant la nervosité de Tom. Hermione était partie à midi, il était à présent dix-huit heures. Il paraissait peu probable qu'elle soit toujours à Londres. Il s'était rendu devant sa chambre par deux fois déjà, sans aucune réponse. Etait-il possible qu'elle l'évite ? Le souvenir des heures passées avec elle, dans l'intimité, s'imposa à lui. Non. Il l'aurait su, si elle faisait semblant, si elle était indifférente ou pire, si elle le haïssait. Alors où était-elle ? N'y tenant plus, il fourra ses affaires avec rage dans son sac et marcha à grands pas vers les appartements de Morovitch. Si lui non plus n'était pas là, il irait voir le directeur. Celui-ci l'avait autorisée à se rendre à Ste Mangouste, pas à passer la nuit à Londres ! Le préfet-en-chef ne savait pas encore ce qu'il lui dirait. Mais il ne pouvait pas rester à attendre, les bras croisés, alors que ses tripes lui criaient que quelque chose ne tournait pas rond.
D'un pas rapide, il se rendit au cinquième étage, où le professeur de Durmstrang avait élu domicile. Aucun son ne s'échappait de la pièce. Tom frappa à la porte à plusieurs reprises, mais il n'y eut aucun signe de vie. Il tenta même d'appuyer sur la poignée, sans succès. Inquiet et déterminé, il se dirigea finalement vers le bureau du professeur Dippet, avec l'impression de se conduire comme un Gryffondor écervelé. Mais que pouvait-il faire d'autre ?
Il prononça le mot de passe et grimpa en direction du bureau de Dippet, le coeur battant. Cependant, quelqu'un l'avait précédé.
« Très bien. Je vous remercie Mr Morovitch pour vos réponses. Professeur Dippet, je vous tiendrai informé du développement de l'enquête, nous espérons retrouver Miss Jean dans les meilleurs délais. Malheureusement le seul témoin dont nous disposons est un enfant moldu terrifié, puisque vous étiez inconscient, Mr Morovitch… »
Retrouver Miss Jean ? Que s'était-il passé ? Inquiet, il resta aux aguets, espérant grappiller d'autres informations.
« Merci, Mr Abbott. Nous espérons de bonnes nouvelles. »
Les pas se dirigèrent vers la sortie. Tom ne perdit pas un instant et retourna dans le couloir qu'il venait de quitter, silencieux comme une ombre. Après la stupeur, la colère se déversait dans ses veines. Morovitch. Hermione avait disparu à cause de cet imbécile !. Peu importe s'il avait été blessé, il n'aurait jamais dû la mettre en danger. Comment avait-il pu la perdre entre le hall de Ste Mangouste et le portail de Pré-au-Lard, tout cela en présence d'un enfant moldu ? Il devait y avoir eu un relâchement quelque part et Tom décida de blâmer le Suédois pour cela.
Mr Abbott passa devant lui, vêtu de sa lugubre cape noire et de son chapeau melon, sans même lui jeter un regard. Les Aurors étaient à la recherche d'Hermione à présent, mais quelles pistes avaient-ils ? Abbott ne semblait pas particulièrement optimiste. Tom attendit quelques instants supplémentaires, masqué par une petite alcôve du couloir, contrôlant sa colère tant bien que mal. Tapi comme un serpent, il attendait… Finalement, sa proie sortit à son tour. Morovitch paraissait abattu, désorienté, mais indemne. Avait-il seulement essayé de l'épauler ? Tom le suivit silencieusement pendant quelques mètres puis décida de le confronter, au détour d'un couloir désert.
« Professeur Morovitch. »
L'homme sursauta et se retourna, surpris par sa présence.
« Tom, tu m'as fait peur…
- Vous avez l'air un peu pâle… Est-ce que tout va bien ? » demanda Tom, d'une voix faussement compatissante, supprimant toute émotion négative.
« Oh, je suis juste fatigué, merci Tom… J'allais justement aller me coucher.
- Sans même manger ? C'est le trajet avec Miss Jean qui vous a mis dans cet état ? »
Morovitch ne répondit pas tout de suite, examinant Tom avec attention. On aurait dit qu'il réfléchissait à la conduite à tenir. Le Serpentard, lui, était à deux doigts de lui jeter un maléfice dont il ne se remettrait pas. Le Doloris n'était pas loin.
« Ecoute Tom, je ne sais pas comment, mais tu sembles en savoir plus que tu ne le montres. Alors jouons cartes sur table. »
Le préfet-en-chef ouvrit une salle de classe à proximité et invita Morovitch à entrer. Après une courte hésitation, celui-ci le suivit à l'intérieur. Son visage se ferma en même temps que la porte, alors que Tom s'adossait au mur, les bras croisés. Ses yeux s'étrécirent, à peine visibles, alors qu'il jaugeait le professeur devant lui.
« Très bien. Alors dites-moi exactement ce qui s'est passé.
- Je ne vois pas en quoi ça te regarde Tom… Les Aurors ont pris les choses en main et…
- Répondez-moi. »
Le ton glacial et menaçant de Tom sembla convaincre le professeur de Durmstrang, qui le regarda avec un soupçon de crainte. Avec un long soupir, celui-ci s'affaissa sur une chaise et plongea sa tête entre les mains.
« Comme tu le sais, Hermione et moi sommes allés à Ste Mangouste. Sur place, j'ai retrouvé par hasard ma… une amie et nous avons proposé à Hermione de se joindre à nous pour un café dans Londres. Je n'aurais jamais dû insister…
- En effet, vous n'auriez pas dû. » Tom tenta à grand peine de maîtriser son exaspération. Il voulait d'abord entendre le récit en entier.
« Hermione ne m'a jamais dit qu'elle était en danger », répliqua Morovitch d'un ton défensif. « Je n'ai su que ce soir pourquoi Dippet ne voulait pas qu'elle sorte seule. »
Le préfet-en-chef dut admettre que ce ne serait guère surprenant de la part d'Hermione, mais il ne s'adoucit pas. Cet homme n'avait aucune excuse.
« Et cette amie, en question, qui est-ce ?
- Pas celle que je croyais apparemment », répondit-il d'un ton amer. « Elle nous a attirés vers une zone industrielle et m'a stupéfixé. Puis, c'est un agent du ministère qui m'a réveillé. Hermione avait disparu et ce petit garçon répétait qu'elle lui avait sauvé la vie. »
Le coeur de Tom chuta comme une pierre dans sa poitrine. Cela ressemblait bien à quelque chose qu'Hermione ferait. Il contempla un instant la possibilité d'éliminer purement et simplement ce Morovitch qui l'avait mise en danger. Klaus est un ami, lui avait-elle dit. Elle ne lui pardonnerait jamais s'il le tuait. Ce n'était pourtant pas l'envie qui lui manquait… Rassemblant tout son sang-froid, Tom continua son interrogatoire.
« Savez-vous ce que votre amie voulait à Miss Jean ?
- Non… Je n'en ai franchement aucune idée. Bien sûr, je lui en avais déjà parlé, en passant, mais elle n'a jamais semblé manifester un intérêt particulier à son sujet… Ce n'est jamais forcément une bonne idée de parler d'une autre femme à celle que tu veux séduire.
- Mais vous lui en avez quand même parlé.
- C'est venu dans la conversation. Ecoute, Tom, je ne comprends pas pourquoi tu t'y intéresses tant. Les Aurors ont été avertis, ils la retrouveront. Je vais finir par croire que tu as vraiment le béguin pour…
- Cela ne te regarde pas non plus, Morovitch », coupa Tom, avec froideur. « Donc, si je comprends bien, tu comptes rester assis confortablement, sans rien faire ? Elle était sous ta responsabilité… Et ça se dit professeur de Duel… », acheva-t-il d'une voix pleine de mépris. Il ne voyait plus l'intérêt de vouvoyer cet homme.
« Ne me parle pas ainsi ! », riposta le Suédois, fou de rage, la baguette levée. « Ce n'est pas un petit prétentieux de ton espèce qui va…
- Je t'ai posé une question Morovitch », répéta Tom, avec un calme qu'il ne ressentait avait lui aussi brandi sa baguette. « Je ne suis pas sûr que ça soit dans l'intérêt de Miss Jean de nous battre.
- Je m'en occupe », grommela-t-il. « J'ai peut-être une piste, dont je n'ai pas parlé à l'enquêteur…
- Alors emmène-moi avec toi.
- Hors de question !
- Je te rappelle que je suis meilleur que toi en combat…
- Ca reste à prouver.
- Tu peux te voiler la face autant que tu veux, Morovitch. La seule raison pour laquelle tu n'as pas perdu le duel il y a deux mois, c'est parce que Miss Jean est intervenue. Et je suis prêt à parier que si tu es en vie après ce soir, c'est encore grâce à elle.
- Sofia n'aurait pas…
- Apparemment, cette femme n'avait aucun scrupule à menacer un petit garçon. Penses-tu vraiment qu'elle t'aurait épargné, sachant que tu pourrais parler ? »
Morovitch se tut, ébranlé. Il se tourna vers la fenêtre, les mains croisées derrière le dos. A l'évidence, il n'y avait pas songé. Tom était conscient de jouer avec le feu, mais il n'éprouvait aucun respect pour lui. En quoi le méritait-il ?.
« Je te défie en duel Tom. Si tu me bats, je te laisserai m'accompagner. Sinon, tu me laisseras partir seul, sans protester. »
Le Serpentard accepta immédiatement, certain d'avoir le dessus. Ils dégagèrent l'espace dans la salle de classe et lancèrent des sorts de protection et d'insonorisation autour d'eux. Puis, ils se saluèrent et se mirent en position. La tension était palpable dans la pièce, alors que les adversaires se fusillaient du regard.
Tom ressentait le besoin d'évacuer cette rage qui s'était accumulée depuis qu'il avait appris la nouvelle. Où était-elle à présent ? Avait-elle réussi à s'échapper ? Il voulait y croire, mais son instinct lui dictait d'agir vite. Il aurait dû insister pour l'accompagner au lieu de ce Morovitch. Visiblement, ce dernier voulait prouver qu'il n'était pas un incapable. Lui aussi cherchait à s'affranchir de la frustration d'avoir été piégé comme un lapereau.
Tom le trouva plus vif, plus rapide et plus malin encore que lors de leur dernière confrontation. Ils tournoyaient l'un autour de l'autre, impitoyables, faisant jaillir des sorts qui s'écrasaient contre les murs. La confiance de Tom vacilla quelque peu, ce qui n'arrivait jamais en combat. Morovitch bloquait ses attaques sans peine, son front plissé par une intense concentration. Finalement, au bout de quelques minutes, le Suédois parvint à le toucher au bras d'un Maléfice Cuisant qui l'envoya au sol.
Non ! Il pensa à Hermione, sans doute en danger où qu'elle soit. Il pensa à ses yeux chocolat qui le regardaient avec malice, à sa moue boudeuse lorsqu'elle n'appréciait pas ses mots, à sa peau de velours dont il se languissait. Il l'imagina enfermée, ensanglantée, aux mains d'un ennemi sans visage. Non. Il ne pouvait pas rester ici à Poudlard, les bras croisés. Elle était sienne. Alors il se releva, malgré la douleur. La défaite n'était pas envisageable. Jamais. Il redoubla d'intensité. Hermione avait besoin de lui. C'était son devoir de la protéger lorsque la puissance de la jeune femme ne suffisait plus. Morovitch, surpris, recula à son tour devant les assauts de Tom qui enchaînait les attaques, telle une rafale furieuse. Il esquiva deux sortilèges de Désarmement et un Stupéfix, mais ne put rien faire contre l'Incarcerem que Tom lui envoya.
Ligoté, il perdit sa baguette, qui roula aux pieds de Tom, tel un déjà vu. Tremblant de fureur, Morovitch leva le visage avec défi, s'attendant aux sarcasmes de l'étudiant. Mais celui-ci n'était plus d'humeur à le rabaisser. Il saisit la baguette de son adversaire, défit ses liens et la lui rendit sans cérémonie, ni raillerie.
« Emmène-moi. »
Il savait qu'il ne devait sa victoire qu'à sa détermination, bien plus qu'à son talent naturel. Cette impression dérangeante et tenace s'était ancrée dans son esprit. Morovitch avait fait parler son expérience et aurait dû l'emporter. Alors peut-être finalement, que le Suédois n'était pas aussi mauvais que le Serpentard l'avait insinué. Il imagina le sourire entendu d'Hermione, si elle avait assisté à cette scène. Il réalisa alors que ses sentiments pour la jeune femme lui avaient permis de remporter cette manche. Que devait-il en penser ?
L'étrange paire quitta Poudlard, à la faveur de la nuit noire, avec la lune pour seul témoin. Morovitch avait à peine prononcé un mot depuis leur duel, renfrogné, ce qui tranchait avec sa volubilité habituelle. Tom, déterminé, le suivit jusqu'au portail. Morovitch put l'ouvrir, en tant que professeur, ce que Tom n'aurait pas pu faire en cette heure tardive.
« Nous allons commencer par le lieu où Sofia m'a stupéfixé. J'imagine que les Aurors ont déjà analysé les indices présents sur place, mais je veux savoir exactement ce qui s'est passé. »
Tom acquiesça et prit le bras tendu de Morovitch. Avant la fin de la nuit, il voulait l'avoir retrouvée. Il voulait la prendre dans ses bras et se sentir à nouveau complet. Sans elle, son esprit confus lui assurait que c'était impossible. Des lanternes à incandescence projetaient une lueur blafarde et tremblotante dans la zone industrielle où le professeur l'avait emmené. A quelques mètres, des voies ferrées rouillées hébergeaient des wagons abandonnés. De l'autre côté, un hangar s'étendait sur des centaines de mètres. Comment ce professeur et Hermione avaient-ils pu se laisser entraîner jusqu'ici ?
Morovitch examinait les lieux, accroupi et les sourcils froncés, sa baguette éclairée d'un Lumos. Les Oubliators avaient fait le ménage, mais quelque chose leur avait peut-être échappé.
« Hermione s'est défendue », déclara-t-il. « Je détecte des sorts de Désarmement et de Stupéfixion. Je reconnais aussi une autre signature, certainement celle de Sofia, mais il n'y a pas eu de troisième personne.
- A quoi le vois-tu ? », demanda Tom avec un intérêt mal dissimulé. Il était capable d'examiner des sortilèges en place grâce à des charmes simples, mais il n'avait jamais étudié la possibilité de détecter des sorts passés.
« La magie laisse des traces. Quand on sait où chercher, c'est plus facile. Nous avons tous cette capacité de les repérer, à des degrés divers, mais encore faut-il savoir les interpréter. »
Le jeune homme nota mentalement de faire des recherches dessus, visualisant une nouvelle fois le sourire entendu d'Hermione. Celle-ci ne l'avait-elle pas encouragé à s'ouvrir plus aux autres, arguant qu'il avait beaucoup à apprendre d'eux ? Cette discussion à la bibliothèque semblait si lointaine, comme venue d'une autre époque. Il voulait la supprimer, se souvint-il, et il frissonna imperceptiblement à cette pensée. Morovitch se leva et regarda le jeune homme d'un air grave, interrompant ses réflexions.
« Il n'y a qu'un seul transplanage de groupe, mais je ne peux pas déterminer qui en est à l'origine. » Il tendit à nouveau l'avant-bras en direction de Tom. « Je ne connais pas suffisamment Sofia, en tout cas rien qui puisse nous aider. En revanche, mon ami Lars, qui me l'a présentée, en sait peut-être plus. »
Ils transplanèrent une nouvelle fois, au centre d'un village de campagne. Le clocher à moitié effondré et la place principale creusée de trous béants témoignaient de la féroce bataille des airs qui avait eu lieu quelques mois plus tôt. Les deux hommes s'enfoncèrent d'un pas rapide dans une rue pavée, en direction d'une maison miraculeusement épargnée par les impacts. Toutes les lumières y étaient éteintes. Morovitch frappa à la porte à plusieurs reprises.
« Lars ? »
Aucune réponse. La baguette levée, le Suédois ouvrit la porte avec précaution à l'aide d'un sortilège. Il devait bien connaître cet ami pour s'introduire ainsi chez lui, songea Tom. Il ne s'en plaignait pas : si Morovitch n'avait pas pris les devants, il aurait sans doute fait sauter la serrure lui-même. Ils s'aventurèrent dans une maison coquette et bien entretenue, mais sans aucun signe de vie. Tom s'en assura d'un sortilège. Hermione n'était pas ici.
« Lars, c'est Klaus ! », répéta Morovitch, davantage par politesse que par conviction.
« Cet ami, est-il fiable ?
- Oui ! Enfin, j'en suis persuadé… Peut-être que Sofia s'en est prise à lui aussi. Je reconnais sa signature magique ici… » Il s'interrompit, interdit. « Elle est même un peu trop présente pour être honnête… comme si… comme si elle avait vécu ici elle aussi. »
Pour Tom, la situation était claire. Les deux compères s'étaient joué de Morovitch et s'en étaient pris à Hermione. Dans quel but ? Il ne le savait pas encore. Il y avait bien trop de mystères qui la concernaient. En était-elle elle-même consciente ? Sans attendre d'autorisation, Tom commença à ouvrir tous les tiroirs des meubles du salon où ils se trouvaient.
« Que fais-tu ? », s'enquit Morovitch, scandalisé.
« Ce Lars, il est impliqué.
- Tu ne le connais pas, comment peux-tu l'affirmer avec tant de certitude ? »
Tom ne répondit pas et ouvrit le dernier tiroir de la pièce, dissimulé à l'intérieur d'un buffet. A première vue, il était vide, mais il ressentit une force magique. Après avoir examiné avec précaution le sortilège qui dissimulait le véritable contenu, Tom détermina qu'il n'y avait aucun autre piège. Quel amateur…, se dit-il avec dédain. Il découvrit une pile de parchemins, rédigées en russe. Il les tendit à Morovitch.
« Une raison particulière pour que ces lettres soient cachées ? »
Le grand blond les examina d'abord avec réluctance, puis avec un intérêt croissant quand enfin, il blêmit.
« C'est impossible… », murmura-t-il, rendant les lettres à Tom, avant de s'effondrer sur une chaise. « Il… Il n'a pas pu nous trahir ainsi… »
Nous ? Cela attisa la curiosité de Tom. Celui-ci rangea les lettres et plaça à nouveau le charme pour effacer toute trace de leur passage. Avisant son compère d'une nuit d'un oeil noir, il croisa les bras pour se retenir de lui jeter un maléfice. Ce benêt s'était fait mener par le bout du nez, avec une naïveté incroyable. Et à cause de lui, Hermione était en danger.
« Eh bien ?
- Depuis le début, il avait prêté allégeance à Grindelwald et nous n'avons rien vu… »
Grindelwald ? Que venait-il faire dans cette histoire ? Etait-ce lui qui en avait après Hermione ? Mais pour quelle raison ?
« Et donc, où est-elle ? Ces lettres contiennent bien des indices ! »
Morovitch lui lança un regard empreint d'une grande lassitude et soupira.
« Sofia, ou plutôt Anna, est une des sorcières les plus dévouées à Grindelwald. Quel idiot ! Comment ai-je pu me laisser berner ainsi ?
- Cela n'a aucune importance, Morovitch. Tout ce que je veux savoir, c'est où elle se trouve.
- Je ne sais pas… »
Tom se contint à grand peine, malgré son bouillonnement intérieur. Si des fidèles de Grindelwald en voulaient à Hermione, il aurait dû le savoir. Et ce Morovitch, depuis le début, il se faisait mener en bateau, sans jamais le réaliser. Il dut se retenir pour ne pas l'accabler davantage. Ce n'était pas l'envie qui manquait…
« Je vais fouiller l'étage au cas où je trouverais d'autres indices », ajouta-t-il.
Il avait sans doute perçu la colère intérieure de Tom. Celui-ci acquiesça, résistant à la tentation d'émettre des critiques acerbes. Il explora les autres pièces du rez-de-chaussée, en vain. Ils devaient faire vite à présent, avant que le maître des lieux revienne. Le Serpentard n'avait pas encore décidé consciemment s'il voulait l'attendre pour le torturer ou non, mais il n'était pas censé se faire remarquer, pas devant Morovitch. Il songea alors qu'il pourrait éliminer Morovitch, si bien que personne ne saurait ce qu'il s'était passé ici… L'idée était très séduisante… Klaus est un ami. La voix d'Hermione, emplie de reproche, résonna dans sa tête.
« Tom ! J'ai une piste ! »
Morovitch descendit les escaliers à toute vitesse, le visage triomphant, une enveloppe dans la main droite.
« Il y a une adresse dans cette lettre. Apparemment, ils se donnent régulièrement rendez-vous au manoir d'un certain Oliver M. Rowle, et il y a les indications pour s'y rendre. »
Tom haussa un sourcil, suspicieux. Quel manque de prudence…
« Et ils auraient écrit ça sur une lettre ?
- C'est écrit qu'il fallait la brûler après lecture, mais il semblerait que Lars n'ait pas pris le temps de le faire. »
Ou alors, il s'agissait d'un piège. Mais ils n'avaient pas tellement le choix, n'est-ce pas ? Il ne restait plus qu'à espérer qu'Hermione soit bel et bien là-bas.
« Très bien, allons-y. »
Le manoir se dressait, seul, au milieu de la campagne typiquement anglaise, sous le clair de lune. Ils avaient transplané à quelques centaines de mètres de là, suivant les instructions données dans la lettre et sur la photo qui y était jointe. Tom ne revenait toujours pas de la désinvolture de ce Lars. Le jour où un de ses Mangemorts ferait une erreur pareille, il ne survivrait pas assez longtemps pour le raconter, c'était une certitude.
Cachés derrière des arbres à l'entrée d'un bois, face aux grilles, les complices d'une nuit examinèrent les défenses autour du domaine. Elles étaient relativement légères, bien qu'existantes. Cela amena Tom à douter de la présence d'Hermione ici. C'était bien trop facile… Il ne concevait pas une telle désinvolture en matière de sécurité. Ou bien était-il plus exigeant que la moyenne de ce côté ? Un homme et une femme sortirent soudain du manoir, enveloppés de capes et discutant avec véhémence. Tom tendit l'oreille.
« … ce n'est plus qu'une question d'heures avant qu'elle craque », déclarait la sorcière. Son compère semblait, lui, singulièrement agacé.
« Pourquoi tu n'y vas pas un peu plus fort ? On aurait déjà nos réponses… »
Parlaient-ils d'Hermione ? Il eut envie de bondir pour les attaquer, mais il ignorait qui ils étaient. Alors il continua d'écouter, alors qu'ils s'approchaient du portail de la propriété.
« Combien de fois faut-il que je te le répète, Lars ? Gellert m'a ordonné de ne pas la brutaliser outre mesure. Sinon, elle ne nous rejoindra jamais. »
Le dénommé Lars marmonna quelque chose que le jeune homme ne put distinguer. La femme éclata de rire.
« Plus pour longtemps, mon cher, plus pour longtemps… »
Et ils transplanèrent, au moment de traverser la grille. Tom échangea un regard avec Morovitch, dont le visage exprimait une incompréhension totale.
« C'est Sof… Anna. Je reconnais sa voix… Elle doit parler d'Hermione, mais je ne comprends pas… Grindelwald est en prison et puis, pourquoi s'intéresserait-il à elle ? »
Tom se posait la même question. Cependant, le moment n'était pas venu de s'y pencher. Il avait une autre mission. Sans un mot, il se lança un sortilège de Désillusion et avança en direction du manoir, ignorant les chuchotements de protestation de Morovitch, qui finit par le suivre. Ainsi camouflé, il déjoua avec précaution les sortilèges qui protégeaient l'endroit. Si on pouvait appeler cela protéger… Le jeune homme resta aux aguets, conscient que cette facilité apparente pouvait cacher des protections bien plus efficaces. Il atteignit la porte d'entrée sans encombre. Une seule fenêtre était allumée à sa droite. Un homme d'une trentaine d'années dégustait un verre rempli de liquide marron devant sa cheminée, seul.
« Hominem Revelio », chuchota-t-il. Le sort lui apprit qu'il y avait une seule autre personne dans la maison. Hermione. Sans plus attendre, Tom poussa la porte. Le grincement alerta l'occupant, dont il entendit les pas précipités. Il allait le tuer, se dit-il, et il en savoura l'idée par avance.
« Je m'en occupe », chuchota Morovitch derrière lui. « Va chercher Hermione. On ne sait pas quand les autres vont revenir. »
A contrecoeur, il obéit. Cela valait peut-être mieux. Ce Rowle ne perdait rien pour attendre… Par où commencer ? Le Serpentard avisa une porte entrouverte un peu plus loin dans le couloir. Aucune lumière ne s'en échappait, mais donnait sur une volée de marches qui s'enfonçaient dans un sous-sol. Sans hésiter une seconde, il descendit. S'il avait à garder des prisonniers, nul doute que ce serait à cet endroit qu'il les enfermerait.
Mais non, les sous-sols étaient vides. Remontant l'escalier quatre à quatre, il se dépêcha dans le couloir. Il leva le sort de Désillusion alors que Morovitch se précipitait vers lui.
« Elle est là-haut, deuxième étage », murmura-t-il. « Dépêchons-nous, ils vont revenir. »
Ils ne perdirent pas un instant et se dirigèrent vers le grand escalier, à l'entrée de la maison. Le coeur de Tom battait à tout rompre. Elle était ici. Et une fois qu'elle serait à nouveau en sécurité, il ne se priverait pas de punir tous ceux qui s'en étaient pris à elle. Elle était à lui.
Une fois à l'étage indiqué, ils ouvrirent toutes les portes d'un sort, révélant des chambres vides et poussiéreuses. Aucune trace d'Hermione. Poussant un juron, Morovitch descendit au premier. Comment pouvait-il se faire avoir encore et toujours ? Ce Rowle avait certainement voulu gagner du temps. Tom s'apprêtait à descendre, lui aussi, lorsqu'il réalisa que l'encadrement d'une des chambres brillait, à peine perceptible, comme si le rayon de la lune se reflétait directement sur un voile, autrement invisible à l'oeil nu. Un charme de Camouflage. A pas de loups, Tom se posta devant la pièce et examina ce phénomène. Elle était là, il pouvait le sentir. L'espoir se répandait insidieusement en lui. Il utilisa le contre-sort et enfin, elle apparut devant ses yeux. Etendue sur le lit, inanimée, sa respiration était lente et régulière. Il n'avait jamais ressenti un tel soulagement avant ce jour. Sans s'en inquiéter outre mesure, il se précipita dans la pièce et referma la porte derrière lui.
« Enervatum. »
Les yeux bruns papillonnèrent, emplis de confusion. Puis, ils s'agrandirent de stupeur. C'était elle. Son Hermione. La reconnaissance et le soulagement se peignirent sur son visage.
« Tom ! Mais, comment… ?
- Tu n'es pas revenue », fut tout ce qu'il parvint à lui répondre, avec un accent de reproche.
Elle voulut se lever, mais grimaça de douleur. Les sorciers qu'il avait surpris à l'extérieur n'avaient vraisemblablement pas été aussi doux qu'ils le laissaient entendre. La fureur envahit Tom. Il les tuerait.
« Nous devons sortir d'ici, Tom ! », chuchota-t-elle, craignant d'être entendue par des oreilles indiscrètes
Il l'enlaça et voulut transplaner. Impossible. Ils allaient devoir passer par les portes. Il fut rapidement évident qu'Hermione ne pourrait pas tenir debout sans aide. Alors, il la souleva, la laissant glisser ses bras autour de son cou et se précipita à nouveau vers les escaliers d'où il venait. Il songea à Morovitch, mais au diable ! Le plus important était d'abord de la sortir d'ici.
Des éclats de voix l'interrompirent. L'homme et la femme étaient vraisemblablement revenus. Déjà ?
« Anna ! Quelqu'un a stupéfixé Oliver !
- Dépêchons-nous, il a dû venir pour la fille. »
Tom ne perdit pas un instant et se cacha dans la chambre la plus proche. Hermione toujours accrochée à son cou, il se plaqua contre le mur près de la porte, d'où il pouvait distinguer l'escalier. Une femme aux longs cheveux rouges passa près d'eux, suivi d'un brun trapu. S'il pouvait juste avancer de quelques pas, si l'escalier ne grinçait pas…
« Non ! », hurla une voix, provenant de la chambre où Hermione était allongée quelques instants plus tôt.
« Gellert va nous tuer !
- Mais pourquoi y tient-il tellement ? », demanda Lars d'une voix ennuyée. Visiblement, il n'était pas dans la confidence. A raison, songea Tom avec ironie.
- Je n'ai pas le temps de répondre à tes questions stupides, il faut les retrouver !
- Anna ! Nous la retrouverons…
- Tu ne comprends vraiment pas, espèce d'imbécile ! Gellert l'a vue ! » Elle hurlait à présent. « Dans une transe ! Elle est la clé, même si Dumbledore le nie encore et toujours ! Alors maintenant, sois gentil et va réveiller Oliver en bas. Nous devons absolument la retrouver, tu le réalises maintenant ? »
Stupéfait, Tom se tourna vers Hermione, dont le visage était si proche du sien. Il fut encore plus surpris d'y lire de la résignation et de la culpabilité. Par Salazar, dans quel pétrin s'était-elle fourrée ?
J'espère que ce chapitre, un peu plus riche en dialogues que d'habitude, vous aura plu.
Eh oui, dans quel pétrin s'est fourrée Hermione, et Tom avec ? Tom et Klaus peuvent-ils devenir amis ? :O
Le prochain chapitre alternera à nouveau les points de vue. Merci pour votre fidélité et bienvenue aux nouveaux lecteurs, s'il y en a ! :)
