Bonsoir !
Alors, je réalise que ça fait deux semaines depuis le dernier chapitre... Je vous rassure tout de suite, je compte toujours aller au bout ! Simplement, celui-ci m'a posé pas mal de problèmes et je pense que vous comprendrez pourquoi en le lisant.
Merci pour vos messages adorables, cela me touche toujours énormément !
Je ne vous en dis pas plus et je vous laisse le découvrir.
Bonne lecture !
« Si tu veux connaître quelqu'un, n'écoute pas ce qu'il dit, mais regarde ce qu'il fait. »
{Dalaï Lama}
« Gellert l'a vue ! Dans une transe ! Elle est la clé, même si Dumbledore le nie encore et toujours ! »
Les mots résonnaient dans son esprit, impitoyables et tranchants, tels des poignards. Voilà la véritable raison pour laquelle Grindelwald s'intéressait à Hermione. Il n'y avait pas eu d'espion qui lui avait parlé d'elle, comme Dumbledore avait pu le croire. Il devenait alors essentiel que ses sbires ne lui remettent pas la main dessus. A quel point savait-il qui elle était ? Etait-elle « la clé » parce qu'elle venait du futur ?
Elle voulait se battre, confronter la femme aux cheveux rouges et la vaincre une bonne fois pour toutes, l'envoyer rejoindre son maître à Nurmengard. Mais Hermione ignorait où se trouvait sa baguette et peinait à tenir debout. Pour le moment, elle en était réduite à s'accrocher au cou de Tom, dans la posture humiliante de la demoiselle en détresse qu'elle avait toujours refusé d'être.
La présence de Tom ici soulevait d'ailleurs un grand nombre de questions en elle, et surtout, d'émotions. Il était là. Il était venu pour elle. Comment avait-il su où elle se trouvait ? Et pourquoi se préoccupait-il tant de son sort ? Quelque chose les liait tous les deux, peut-être ce lien l'avait-il guidé vers elle ? La jeune femme se promit de le lui demander.
Tom les désillusionna tous les deux, tenant fermement son corps contre lui. Quand elle s'était réveillée, Hermione avait rapidement été amenée dans cette chambre, où Sofia l'avait interrogée. Lorsque la brune refusait obstinément de répondre, utilisant toute sa concentration pour fermer son esprit, elle était punie. La douleur était physique, réelle, mais cela restait loin de la torture endurée sous la baguette de Bellatrix. Alors elle avait continué à résister, tant bien que mal. Lorsque la femme aux cheveux rouges avait finalement quitté la pièce, lui promettant de revenir très vite, Hermione avait sombré dans l'inconscience. Jusqu'à ce qu'elle ouvre les yeux pour découvrir le visage d'un Tom soucieux.
Des pas précipités se firent entendre à proximité. Ils retinrent leur souffle. Allaient-ils être découverts ? La sorcière et son acolyte ne s'arrêtèrent pas dans le couloir et descendirent directement les escaliers, au grand soulagement d'Hermione. Etrangement, ils n'avaient pas utilisé le sortilège permettant de révéler la présence humaine dans la maison. Le connaissaient-ils seulement ? Tom ne perdit pas une seconde et se glissa silencieusement à leur suite. Hermione et lui avaient presque atteint la porte d'entrée lorsque des éclats de voix retentirent au premier étage. Un combat acharné sembla débuter. Le préfet-en-chef se rua aussitôt à l'extérieur.
« Tom, qui d'autre est là ? »
L'oreille tendue, Hermione tentait de glaner des indices sur ce qu'il se passait. Il ne répondit pas et avança rapidement en direction du portail.
« Tom, réponds-moi ! »
Qui pouvait-ce bien être ? Que lui cachait le Serpentard ? Ce ne pouvait pas être Dumbledore, à Ste-Mangouste. L'évidence lui sauta aux yeux. Mais bien sûr, cela ne pouvait être que lui. Il avait dû guider Tom jusqu'ici.
« Est-ce Klaus ? »
C'était frustrant de ne pas pouvoir voir son visage, mais la raideur soudaine du jeune homme ne la trompa pas. Hermione tenta de desserrer son étreinte, sans succès. Derrière lui, des flashs intenses de lumière illuminaient le manoir par moments, tels des feux d'artifice. Ce fut sa dernière vision, alors qu'ils transplanèrent.
« Tom, nous ne pouvons pas le laisser ! Nous devons y retourner ! »
Il resta muet, tandis qu'Hermione se débattait de plus en plus dans ses bras. Finalement, après avoir franchi les portes du parc de Poudlard, il la déposa avec délicatesse sur une souche d'arbre et leva le charme qui les masquait. Son visage imperturbable l'examina avec attention, à la recherche des blessures infligées par les fidèles de Grindelwald. Les jambes d'Hermione la lançaient toujours, mais elle se leva tant bien que mal, se raccrochant à une branche épaisse. Son regard furibond transperça Tom.
« Il faut aller aider Klaus ! Il n'est pas question de le laisser à leur merci !
- Non. Nous sommes venus pour toi, rien d'autre.
- Et comment est-ce que tu vas m'empêcher d'y aller ? », dit-elle, relevant la tête avec défi. Elle savait confusément qu'elle était bien peu crédible avec ses jambes qui tremblaient sous son poids. Mais peu lui importait. Klaus était seul là-bas, à cause d'elle, et elle ne pouvait le supporter.
« Tu n'as pas de baguette. De toute manière, sans lui, tu ne te serais jamais mise dans cette situation.
- Il ne m'a pas kidnappée Tom ! C'est uniquement de ma faute si je me suis laissée avoir. Je t'ai déjà dit que je ne suis pas une demoiselle en détresse…
- Ce n'est pas ce que j'ai dit non plus.
- Je vous suis très reconnaissante à tous les deux pour votre intervention, mais nous ne pouvons pas le laisser… Donne-moi ta baguette Tom, s'il te plaît, et je serai de retour en un clin d'oeil. »
Il la regarda, comme si elle avait proféré une énormité. C'était bien le cas. Elle avait demandé sa baguette, la baguette à la plume de phénix. Elle la lui avait réclamé si simplement, oubliant qu'il n'était pas Ron, ni Harry. Elle ne se laissa pas démonter pour autant, envahie par la culpabilité. Klaus et lui avaient risqué leur vie pour la sauver des griffes des alliés de Grindelwald.
« Il n'en est pas question Hermione. Je dois te conduire à l'infirmerie.
- Et comment vas-tu expliquer que tu es sorti du château ? Comment vas-tu expliquer l'absence de Klaus ? »
Il leva les yeux au ciel. C'était très étrange de voir cette expression, pour le moins inhabituelle sur le visage du jeune homme.
« Personne ne doit savoir que je suis impliqué. Tu raconteras que Klaus s'est sacrifié pour te sauver. De toute façon, il est probable qu'il ne soit plus là pour démentir. »
Cette déclaration lui fit l'effet d'un coup de poignard en plein coeur. Hermione dut mobiliser toutes ses ressources pour éviter de s'effondrer, sous le choc. Comment pouvait-il en parler avec tant de désinvolture ? Klaus ne pouvait pas… Non. Les larmes affluèrent au coin de ses yeux. Pourquoi est-ce que je passe mon temps à pleurer en présence de Tom ?, songea-t-elle avec colère. La jeune femme les essuya prestement et se mit à courir en direction du château. Courir… C'était un bien grand mot pour désigner cette démarche pressée et claudiquante qui lui coûtait énormément d'énergie, celle du désespoir. Elle devait chercher de l'aide. Si seulement elle avait eu sa baguette, elle aurait lancé un Patronus pour avertir Dippet. Mais elle devait faire sans.
« Que fais-tu ? », demanda la voix interloquée de Tom derrière elle.
Il la rejoignit sans la moindre difficulté, marchant à côté d'elle, et tendit le bras pour la soutenir, mais elle s'écarta en titubant. Hermione ne doutait pas une seconde du ridicule de la situation.
« Il n'est pas question que je l'abandonne à son sort. Je vais chercher de l'aide.
- Il est sans doute trop tard pour lui…
- Comment peux-tu en être aussi sûr ? », lui répondit-elle, les dents serrées, continuant sa course.
« Je ne sais pas, mais…
- Alors, si tu ne veux pas l'aider, laisse-moi au moins trouver quelqu'un qui le pourra !
- Hermione, est-ce que tu l'aimes ? »
La question posée de but en blanc, avec cette pointe d'incertitude, la stoppa net dans son allure. Lentement, elle se tourna vers Tom, peinant à en croire ses oreilles. Son visage, à peine éclairé par les premières lueurs de l'aube, cachait à grand peine sa fatigue et les doutes qui s'agitaient en lui.
« Est-ce pour cette raison que tu ne veux pas l'aider ? », demanda-t-elle enfin.
« Non. Mais je veux savoir pourquoi tu tiens tant à le sauver. Est-ce que tu l'aimes ? », répéta-t-il.
Etait-ce tout ce qui l'importait ? Savoir si elle aimait Klaus ? Elle avait déjà répondu à cette question, posée de façon moins directe. Pensait-il qu'on n'aidait les gens, qu'on refusait leur mort uniquement parce qu'on les aime ? Cette dernière interrogation assécha soudain sa gorge. Il était venu la sauver. Il avait bravé le couvre-feu, lui le préfet-en-chef modèle, sachant qu'il aurait pu être pris. Il avait risqué sa vie. Hermione savait parfaitement qu'il était capable de vaincre n'importe quel adversaire, mais à quel point en était-il lui-même conscient ? Etait-il possible qu'il… qu'il l'aime ? Non, bien sûr que non. C'était ridicule. Voldemort était incapable d'un sentiment aussi pur, aussi fort.
« Ce n'est pas le sujet, Tom… Tu en connais très bien la réponse », lui dit-elle d'une voix tremblante.
« Alors pourquoi veux-tu que nous risquions nos vies pour le sauver ?
- Klaus est mon ami. Et on n'abandonne pas les amis. Je sais que tu aurais le dessus sur eux tous. Pas Klaus. Il n'a pas ta puissance magique. Il a besoin de toi. J'ai besoin de toi. » Ces mots venaient tout droit de son coeur, mais il était tellement difficile de les prononcer à voix haute. « J'ai confiance en toi », acheva-t-elle, d'une petite voix.
C'était la vérité, réalisa-t-elle avec surprise. Hermione eut du mal à l'admettre, mais ses certitudes avaient progressivement évolué en quelques mois. Le visage de Tom s'illumina, à la faveur d'une lueur dorée du soleil naissant, et il lui sourit, d'un vrai sourire, comme lorsqu'il avait abattu toutes ses barrières la nuit précédente. Il était incroyablement beau ainsi.
« Très bien », dit-il d'une voix ferme, légèrement rauque. « Attends-moi ici. Reste cachée.
- Mais je…
- Tu n'as pas de baguette. Nous ne pouvons pas risquer qu'ils t'enlèvent à nouveau, n'est-ce pas ? »
Et il fit demi-tour, s'éloignant d'un pas leste, et transplana derrière les grilles du château, restées ouvertes. Hermione s'assit à nouveau, au pied d'un tronc, à l'abri des regards. Ces dernières heures lui semblaient si irréelles. Pourquoi fallait-il qu'elle n'est aucune prise sur les évènements ? Sans sa baguette, elle se sentait nue, vulnérable. Avec un soupir, elle espéra de tout coeur que les deux hommes lui reviennent vite, très vite. La culpabilité lui rongeait les entrailles. Malgré tout, elle ne put s'empêcher de sourire. Il y avait un peu de Gryffondor en Tom.
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Toute sa vie, le contrôle, l'impassibilité furent ses maîtres mots. Longtemps, il avait été persuadé que les émotions étaient superflues, voire dangereuses. Mais il avait eu tort. Les sentiments avaient un sens, une utilité même. Hermione était son âme soeur, il en était désormais convaincu. Depuis qu'il s'était ouvert à elle, il ne s'était pas senti affaibli, au contraire, il la voulait plus que jamais. Il était conscient de sa dépendance, un mot banni de son vocabulaire depuis le plus jeune âge, et pourtant, il ne pouvait plus imaginer ses jours sans elle. C'était pathétique, certes, mais aucun retour en arrière n'était possible désormais.
Ce n'était pas pour Morovitch que Tom avait changé d'avis, non. Les aveux d'Hermione l'avaient touché : J'ai confiance en toi. J'ai besoin de toi. Et cela lui avait procuré la sensation d'être immortel. Tant qu'elle avait besoin de lui, tant qu'elle avait confiance en lui, tout se passerait bien. Comment pouvait-il en être autrement ? Cependant, le fait que la jeune professeur soit mortelle et régulièrement en danger, était un problème, un problème qu'il fallait résoudre de toute urgence, d'où son retour dans ce manoir.
Sans même prendre la peine de se cacher, il s'avança dans l'allée, déterminé. La porte vola en éclats pour le laisser passer. D'un seul geste, il projeta avec violence Lars et Oliver, qui se précipitaient sur lui, contre le mur. Hermione avait raison. Sa puissance magique était telle que personne ne pouvait lui résister, et il en éprouva une intense fierté.
Tom trouva rapidement la pièce où Morovitch se défendait toujours face aux assauts de la dénommée Anna. Il semblait en mauvaise posture, acculé dans un coin sans fenêtre, lançant de puissants charmes du Bouclier les uns après les autres, mais incapables de riposter. Le Suédois eut un soupir de soulagement en le voyant arriver. Vraisemblablement, il l'avait attendu et commençait à se demander ce qui lui prenait tant de temps. Mais Voldemort n'eut aucun regard pour lui et se tourna vers la femme aux cheveux rouges. Ainsi, c'était elle qui s'en était prise à Hermione.
« Endoloris ! »
Elle esquiva de peu le sortilège, avec dédain, mais son rictus s'effaça aussitôt lorsqu'elle vit les traits de Tom, déformés par la rage qu'il s'autorisait à présent à ressentir. Il ne serait pas surpris qu'elle perçoive un rougeoiement dans ses yeux, tant la haine qu'il ressentait le brûlait, tel un poison. Elle ne lui échapperait pas. Plus jamais, elle ne s'en prendrait à Hermione. Plus jamais, elle ne représenterait une menace pour elle.
« Toi aussi tu es venu pour la fille ? », hurla-t-elle.
Il était clair qu'elle tentait de gagner du temps et cherchait à alerter les deux hommes. Malheureusement pour elle, ils étaient inconscients et ne viendraient pas en renfort. Elle fit un mouvement pour l'attaquer mais Tom esquiva sans effort.
« Endoloris », répéta-t-il à nouveau.
Le Charme du Bouclier qu'elle déploya fut insuffisant pour contenir la puissance du sort et Anna s'écroula au sol.
« Vous n'avez aucune idée de qui elle est… », chuchota-t-elle, pleine de hargne.
« Alors, éclaire-moi », dit-il en s'agenouillant à côté d'elle. D'un simple geste, il la débarrassa de sa baguette magique. Comme lorsqu'il avait vaincu Klaus quelques heures plus tôt, il irradiait de magie. Perdre ce combat ne faisait pas partie de ses options.
« Pourquoi devrais-je te répondre ?
- Plus tu parles, plus tu gagneras du temps. Si ça m'intéresse, peut-être que je t'épargnerai », lui dit-il, sans aucune sincérité. Anna tenta de se jeter sur sa baguette, mais il la repoussa contre le mur d'un geste du poignet.
« Tsss, dommage. Endoloris. »
Elle se tordit de douleur pendant les quinze secondes qu'il lui infligea. Horrifié, Morovitch s'approcha de lui avec lenteur.
« Hum, Tom ? Peut-être n'est-il pas nécessaire de…
- Stupéfix ! »
Morovitch s'effondra au sol, inconscient. Au moins, il ne l'ennuierait plus. Voldemort se tourna vers la sorcière qui peinait à reprendre son souffle et observait le corps du Suédois. Son visage exprimait une profonde surprise.
« Ce n'était pas très judicieux de ta part… Alors, dis-moi pourquoi Grindelwald s'intéresse à Hermione ?
- Je me souviens de toi. Tu es l'étudiant qui était à Durmstrang avec elle…
- Apprends-moi plutôt quelque chose que je ne sais pas. Endoloris ! »
Elle hurla. Voldemort ne ressentit pas la moindre once de pitié. Malgré sa curiosité, il n'oubliait pas à quel point Hermione était affaiblie après seulement quelques heures de disparition.
« Tant de colère, tant de puissance… », murmura Anna, malgré les spasmes qui la parcouraient. « Tu ferais mieux de nous rejoindre… Gellert t'accueillerait dans ses rangs à bras ouverts.
- Et qu'aurais-je à y gagner ?
- Tu pourrais la protéger. Gellert ne désire pas la tuer, contrairement à ce que tu crois. Au contraire. Elle est très précieuse. »
Il le savait déjà, qu'elle était précieuse. Hermione était son âme soeur.
« Alors réponds-moi. Pourquoi s'intéresse-t-il à elle ? Legilimens ! »
Affaiblie comme elle l'était, Anna ne put l'empêcher de s'introduire dans ses pensées, malgré ses tentatives déplorables pour se défendre. Il trouva rapidement ce qu'il cherchait et l'obligea à traduire le souvenir.
Debout devant une large fenêtre, un homme blond lui tournait le dos, croisant ses poings gantés derrière lui.
« Elle est à Poudlard, Gellert, nous ne pouvons pas l'atteindre là-bas. Es-tu sûr qu'il s'agit de la femme qui était à Durmstrang ?
- Certain. Albus s'est montré bien trop évasif à son sujet. Vous devez l'obliger à sortir de sa cachette. Ne la malmenez pas trop. Je la veux vivante. Une fois qu'elle nous rejoindra, tout ce qui doit advenir pourra être évité.
- Tu veux dire… Elle voit ?
- Non. Son don est bien plus précieux.
- Gellert ?
- Elle sait.
- Mais si ce n'est pas une voyante, comment…?
- Elle sait car notre présent est son passé. »
L'homme se tourna vers une Anna stupéfaite. L'âge commençait à creuser ses traits d'une grande beauté. Il lui sourit, satisfait de son petit effet.
« Tu comprends à quel point elle est essentielle Anna. Je suis sûr qu'Albus est au courant. Il refuse d'utiliser cette connaissance, car il en craint les conséquences. »
Profitant de la surprise de Tom, Anna réussit enfin à se défaire de son emprise. Elle rampa rapidement vers sa baguette magique, mais Voldemort reprit ses esprits à temps et la rejeta à nouveau. Il saisit la baguette de Morovitch qui avait roulé à ses pieds et la pointa sur elle.
« Tu ne pourras pas la protéger indéfiniment », cracha-t-elle avec fureur.
- Peut-être », susurra Voldemort d'un ton glacial. « Mais ce ne sera plus ton problème. »
L'éclair vert frappa Anna en pleine poitrine. Elle s'écroula au sol, telle une poupée désarticulée. Il en ressentit une intense satisfaction, rapidement ternie par la culpabilité. Hermione ne doit pas savoir. Elle n'aurait pas voulu qu'il la tue. Avec un certain désarroi, il s'aperçut qu'elle comptait encore pour lui. Enormément. Il avait toujours su que quelque chose ne tournait pas rond à son propos… Mais il était trop tôt pour qu'il comprenne l'ampleur de ce qu'il venait d'apprendre, et pour le moment, il y avait plus urgent.
Alors, il se tourna aussitôt vers Morovitch, à qui il lança un sortilège d'Amnésie. Il modifia sa mémoire, de manière à ce qu'il porte la culpabilité de ce meurtre. Ce ne fut pas difficile pour Voldemort. Il l'avait déjà fait. En cas de besoin, un simple examen de la baguette de Morovitch apprendrait aux Aurors ce qu'ils avaient besoin de savoir. En ce qui concernait le Suédois, il n'avait jamais croisé le chemin de Tom ce soir-là. Il avait sauvé Hermione, l'avait aidée à transplaner à Pré-au-Lard et, acculé, il avait tué Anna en légitime défense. Il lui avait concédé cet élément, certain qu'Hermione lui en voudrait. La légitime défense serait davantage crédible à ses yeux.
Le Serpentard replaça la baguette d'Anna entre ses doigts et descendit ensuite les escaliers pour modifier la mémoire des deux sorciers du rez-de-chaussée, toujours assommés, avant de sortir Morovitch de l'inconscience dans laquelle il l'avait plongé. Il se cacha dans un renfoncement du couloir alors qu'un Morovitch hagard se précipitait à l'extérieur. Si tout se déroulait comme prévu, il chercherait Hermione à l'entrée de Poudlard. Il était à présent temps pour Tom de quitter les lieux. Si d'autres alliés de Grindelwald se précipitaient ici… Mais il manquait quelque chose d'important.
« Accio baguette d'Hermione »
Il referma ses doigts sur le bout de bois qui avait filé vers lui, en provenance de l'escalier. Elle en avait besoin. Il l'examina quelques instants, conscient qu'il n'en aurait pas l'occasion de sitôt. Puis, d'un pas résolu, il quitta le manoir, en direction d'Hermione. Il ne savait pas encore ce qu'il déciderait au sujet de la jeune femme, mais il avait besoin de la retrouver.
Tom transplana aux portes du château pour découvrir Morovitch enlaçant la sorcière. La jalousie s'insinua aussitôt dans ses entrailles, aussi vive qu'un serpent. Il dut se retenir pour ne pas les séparer. Hermione le vit aussitôt, braquant ses grands yeux chocolat interrogateurs sur lui. Il resta à distance et posa son doigt sur ses propres lèvres, lui intimant le silence. Puis il se désillusionna, afin que Morovitch ne s'aperçoive pas de sa présence. Il semblait de toute façon trop perdu pour s'intéresser à ce qu'il se passait autour de lui.
« Viens Klaus, il faut rentrer…
- Je ne peux pas, Hermione, tu ne comprends pas… J'ai tué. Il faut que j'aille me livrer aux autorités. »
Tom ne s'était pas attendu à cela. Il pensait au contraire que Morovitch allait garder le secret sur ce qu'il s'était passé.
« Nous en parlerons plus tard. Pour l'instant, tu as besoin de te reposer. Je suis sûre que tu ne l'as pas fait volontairement… »
Le grand Suédois ne répondit pas, mais finit par acquiescer. Hermione, les jambes toujours faibles, tenta de le soutenir et s'éloigna en direction du château. Tom resta derrière eux, incapable de la quitter des yeux. Il ne s'était pas attendu à une réaction si compréhensive de sa part. Si le Serpentard lui avait avoué le meurtre, aurait-elle réagi avec autant de délicatesse ? Il était persuadé que non. Etait-elle au courant de ce qui s'était passé dans le manoir ? Savait-elle que le véritable assassin, c'était lui ? Son coeur s'arrêta à cette pensée. Etait-il possible qu'elle sache ce qu'il avait déjà fait ? Connaissait-elle l'existence des Horcruxes ? Non… Si elle savait, elle l'aurait éliminé sans hésitation. N'est-ce pas ?
Au moment de grimper les marches du château, il s'aperçut que Morovitch était toujours aussi amorphe et qu'Hermione ne tiendrait pas bien longtemps dans cette posture. Alors, il la saisit délicatement par le bras libre et l'assura alors qu'elle montait avec lenteur, mais détermination. Puis, il glissa sa baguette dans sa poche, sans qu'elle ne s'en rende compte. Enfin, il s'éclipsa dans ses appartements, afin que personne ne réalise qu'il avait été ailleurs que dans son lit cette nuit. Pour la seconde nuit consécutive, songea-t-il.
Cette fois, il avait vraiment besoin de dormir, malgré les questions qui hantaient son esprit. Lui avait-elle menti ? Cherchait-elle à lui nuire ? Il ne pouvait y croire. Elle avait lutté contre ses sentiments, certes, et elle avait fini par y céder. Hermione était son âme-soeur. Vaincu par la fatigue, il s'enfonça dans un sommeil profond et sans rêve.
Lorsqu'il se réveilla quelques heures plus tard, le soleil était bien haut dans le ciel. L'esprit clair et reposé, Tom se rendit aussitôt dans la Grande Salle. A cette heure-ci, le déjeuner devait tout juste commencer à être servi. Si Hermione n'était pas présente, il rôderait près de l'infirmerie et en dernier lieu, vers ses appartements. Il avait besoin de réponses.
Ce fut finalement dans ses appartements qu'il la trouva, quelques instants plus tard, après de premières recherches infructueuses. Tom avait sans doute réveillé la jeune femme mais elle ne s'en plaignit pas. Au contraire, elle semblait s'attendre à sa visite, malgré son teint pâle et ses traits tirés.. Alors, il se glissa dans sa chambre et referma prestement la porte derrière eux. A sa grande surprise, elle se jeta dans ses bras et l'étreignit avec force. Une seconde d'hésitation plus tard, il se détendit et l'enlaça à son tour, plongeant son visage dans ses boucles brunes. Il fut forcé de reconnaître que c'était là une des plus belles sensations au monde. Malgré ses doutes, la rejeter était impossible.
« Merci », murmura-t-elle, se libérant de son étreinte.
Elle se dirigea vers son lit et s'assit en tailleur, l'invitant à la rejoindre, ce qu'il fit aussitôt. Si ça ne tenait qu'à lui, il l'étendrait et la déshabillerait aussitôt. Mais ils devaient parler. Elle avait forcément des questions et lui aussi.
« Je ne sais pas comment, mais j'ai récupéré ma baguette, mais j'imagine que tu n'y es pas étranger… Merci Tom. » Elle déglutit. « C'est très courageux de ta part d'y être retourné. Je… Je souhaiterais savoir ce qu'il s'est passé. Comment m'avez-vous retrouvée ? Que s'est-il passé quand tu es retourné chercher Klaus ? »
Au départ, il fut tenté de ne pas lui répondre. Pouvait-il lui faire confiance ? Il la dévisagea quelques instants, son regard coulant vers ses lèvres pleines et attirantes, ses yeux tirés par la fatigue, ses joues légèrement rebondies. J'ai besoin de toi. J'ai confiance en toi. Ces mots ne pouvaient avoir été un leurre. Alors, il choisit de lui faire confiance à elle aussi. Quel autre choix avait-il ? Il ne pouvait pas s'éloigner d'elle, ni l'éliminer. Il lui raconta la manière dont Morovitch et lui s'étaient rendus sur le lieu de l'enlèvement, puis chez Lars et les indices qui les avaient conduits au manoir. Ensuite, il lui expliqua être tombé sur un Morovitch, choqué devant le corps sans vie d'Anna, et avoir effacé sa présence de la mémoire de tous.
« Je me suis doutée que tu avais eu recours au sortilège d'Amnésie. C'est peut-être mieux ainsi », répondit-elle aussitôt. « Je suis quand même inquiète pour Klaus. Il est véritablement en détresse à l'idée d'avoir pris une vie, même en légitime défense.
- Il s'en remettra », dit-il avec désinvolture.
Il n'avait plus envie de parler de Morovitch avec elle. Hermione le regarda avec attention. Dans ces moments-là, il pourrait jurer qu'elle voyait en lui avec clarté. Etait-ce d'ailleurs le cas ? Il ne flancha pas, malgré son mensonge éhonté.
« Il s'en remettra, s'il se pardonne un jour. Cela dit, sa réaction n'est pas anormale, c'est peut-être ce qui sauvera justement son âme. »
Tom prit soin de ne pas répondre. Au lieu de cela, il posa une question pour changer de sujet.
« Pourquoi Grindelwald en a-t-il après toi ? »
Son regard chocolat se braqua soudain vers son bureau, incapable de le regarder dans les yeux.
« Je ne sais pas. »
Elle mentait. Elle ne cherchait même pas à être crédible.
« La femme qui t'a kidnappé… Elle a parlé de clé. Tu n'as pas paru si surprise.
- Tom, je suis désolée… Je… Je ne peux pas t'en parler. »
Hermione lui adressa un regard suppliant.
« Tu ne me fais pas confiance ? », lui demanda-t-il.
Ce fut plus fort que lui. Tom n'était pas idiot. Il avait gardé suffisamment de secrets pour la comprendre. Son secret était trop important. Pourtant, égoïstement, il voulait qu'elle lui prouve que ses mots n'étaient pas vains. Il savait qu'il avait tort en agissant ainsi, qu'il avait besoin d'elle malgré tout. Mais il ne pouvait s'en empêcher. Les émotions contradictoires s'éveillaient dans son coeur, alors qu'il l'observait. Hermione était si complexe, si proche et si lointaine à la fois. A quel point leur situation était tenable ? Devrait-il apprendre à vivre sans elle, dans un futur proche ? Lui échapperait-elle ? Non. Ce n'était pas envisageable.
« Je pensais tout ce que je t'ai dit, Tom. » Elle prit une profonde inspiration. « Certains secrets sont trop importants pour être partagés.
- Très bien. Donc tu ne me fais pas confiance. »
Une fois de plus, les mots jaillirent de sa bouche, sans aucun contrôle. Cela ne lui ressemblait pas, mais ses paroles l'avaient blessé plus qu'il ne l'avait anticipé. Une voix, logée dans un recoin de son esprit, lui susurra qu'il serait tellement plus simple de fouiller dans ses pensées à elle aussi, de la torturer pour qu'elle lui apporte la dernière pièce du puzzle. Mais il s'en sentait incapable. De frustration, il serra le poing où brillait la chevalière des Gaunt. Il avait créé sa propre faiblesse et il ne se le pardonnerait pas.
« Tom…
- Je sais bien plus que tu ne le penses.
- Qu'est-ce que tu veux dire ?
- Anna m'a mis au courant de certaines choses. »
Puis, Tom se détourna pour quitter la pièce. Il avait besoin d'air. Il avait besoin de réfléchir à tout ce qu'il avait appris en si peu de temps, échapper à ses émotions contradictoires.
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C'était un cauchemar. Hermione allait se réveiller d'un instant à l'autre, elle en était certaine. Autrement, comme pourrait-elle se sortir de ce pétrin ? Qu'avait dit la femme aux cheveux rouges à Tom ? Bluffait-il ? Elle était perdue. Si réellement il lui disait la vérité, elle devait faire quelque chose, se préparer à défendre son esprit et s'assurer qu'il n'évente pas son secret. Elle ne souhaitait pas qu'il s'éloigne d'elle, pas comme ça.
« Tom, attends ! »
Il ne se retourna pas.
« Tu m'as dit qu'Anna était déjà morte quand tu es arrivé. »
Le jeune homme s'interrompit, la main sur la poignée, mais ne se tourna pas vers elle. Au moins, elle avait son attention. Cependant, elle ne devait pas oublier qu'il était extrêmement dangereux, quels que soient ses sentiments envers lui.
« Je pense que je ne suis pas la seule à cacher des choses, Tom », dit-elle d'une voix douce. « Je ne dis pas ça pour te blâmer. C'est juste que… il semblerait que nous ayons des choses à nous dire. »
Enfin, son buste pivota en sa direction. Hermione tenta de ne pas flancher devant son visage dur, ses yeux froids. Elle ne pouvait pas montrer à quel point il lui faisait peur. Alors, elle s'approcha avec précaution, un pas après l'autre. Il l'observait, parfaitement immobile.
« Tom, si vraiment tu sais quelque chose, je suis sûre que tu comprends aussi pourquoi je ne pouvais rien dire. Alors s'il te plaît, éclaire-moi.
- Quel est ton vrai nom ?
- Je m'appelle réellement Hermione. »
A son tour, il s'approcha d'un pas, les yeux plissés. Elle n'eut aucun mouvement de recul. Sa réponse ne le satisfaisait pas entièrement, mais il ferait avec.
« Pourquoi es-tu ici ?
- Je ne sais pas. C'est la vérité. Ma présence est un accident. »
Hermione prenait soin de ne pas trop en dire. De toute évidence, il savait qu'elle n'était pas ce qu'elle prétendait être, donc il ne servait à rien de lui mentir. Elle n'était pas douée à ce jeu. Bien moins que lui, c'était certain.
« Dis-moi ce que tu sais exactement. Et je tâcherai de répondre à tes questions en toute sincérité.
- Qu'est-ce qui me fait croire que tu ne me mentiras pas ?
- Je te demande de me faire confiance. Je réalise que… que je te demande beaucoup. »
Elle s'efforçait de ne pas avoir peur. Elle craignait que sa soif de pouvoir l'emporte et qu'il cherche à l'utiliser. A quel point savait-il ? Cette incertitude lui retournait l'estomac. Elle devait espérer que ses sentiments étaient réciproques. Elle détestait ne pas avoir le contrôle, plus que jamais.
« Grindelwald affirme que tu viens du futur. »
Il sait réellement. La jeune femme tenta de maîtriser sa stupeur et les battements désordonnés de son coeur affolé.
« Est-ce que tu le crois ? », lui demanda-t-elle, aussi impassible que possible.
« Il semble être sûr de son fait. Suffisamment certain pour te pourchasser. Cela expliquerait aussi pourquoi Dumbledore ne voulait pas que tu quittes Poudlard. »
Elle acquiesça. Il ne servait à rien de nier l'évidence. Au moins, ne semblait-il pas réaliser de quelle époque elle venait. Plus elle se montrait sincère, plus elle pouvait espérer cacher l'essentiel.
« Tom, est-ce que tu comprends que je ne pouvais rien révéler de tout ça, à personne ? »
Il ne fallait pas qu'il réalise qu'elle se méfiait de lui. Il ne devait pas se douter qu'elle le connaissait.
« C'est pour cette raison que notre relation me semblait…
- Est-ce que tu comptais me le dire un jour, Hermione ? Ou est-ce que tu comptais disparaître une fois ta mission accomplie ?
- Tom, je n'ai pas… Je n'ai pas l'intention de disparaître. » Dire qu'elle était décontenancée par la réaction du Serpentard était un euphémisme. « Aucune mission ne m'a amenée ici. J'avais résolu de commencer une nouvelle vie. » Ce n'était pas l'entière vérité, mais elle avait bel et bien laissé son passé derrière elle.
« Comment as-tu fait pour voyager dans le temps ?
- Je ne sais pas Tom. Je te le promets. Je menais des expériences et… j'ai atterri ici. J'ai vite compris que ma vie ne serait plus jamais la même. Alors j'ai décidé de rester.
- Ton fiancé…
- C'est fini. »
Les questions de Tom la désarçonnaient. Hermione était persuadée qu'il allait chercher à se renseigner sur le futur, et avant tout sur son futur à lui. En toute logique, c'est ce qu'il aurait dû faire.
« Je n'avais pas prévu ce qu'il se passerait entre nous, Tom. Je…
- C'est pour ça que tu me rejetais », dit-il soudain, d'un ton légèrement accusateur.
« Je savais qu'il y avait ce secret entre nous. Cela me mettait mal à l'aise. Je suis toujours mal à l'aise, pour te dire la vérité. J'ai nié cette… ce lien entre nous, parce que j'avais peur. J'avais peur que ce jour arrive. »
Il ouvrit la bouche comme pour dire quelque chose, puis la referma. Il resta ainsi muet pendant quelques instants. Hermione pouvait littéralement voir les questions tournoyer dans son esprit, mais pour une raison inconnue, il n'osait en poser aucune. Cela ne ressemblait pas à Voldemort. En cet instant, il n'y avait qu'un Tom incertain. Elle mourrait d'envie de se blottir dans ses bras et qu'il lui dise que tout allait bien se passer. Cependant, son visage était si impassible, ses membres, si raides, qu'elle n'osa pas faire le premier pas. Elle se sentait si vulnérable, à sa merci.
« Est-ce que tu pourras garder cette information pour toi, Tom ? »
Il réfléchit longuement. Puis il acquiesça avec lenteur. Bien sûr, il avait tout intérêt à ne rien dévoiler. Il avait une prise sur elle, à présent. Il la regarda avec une méfiance teintée de tristesse, ce qui lui brisa le coeur. Alors, sans réfléchir, elle finit par franchir les centimètres qui les séparaient et l'enlaça. Dans son étreinte, elle voulut lui communiquer sa culpabilité, ses craintes et, surtout, ce qu'elle ressentait pour lui. Pendant de longues secondes, il resta les bras ballants, décontenancé. Hermione ne laissa pas la peur du rejet l'envahir et tint bon. Au moins, il ne l'avait pas repoussée, se dit-elle. Puis, lentement, très lentement, les bras de Tom se levèrent et se refermèrent autour de sa taille.
En cet instant, ses doutes s'envolèrent, par magie. Ils ne faisaient plus qu'un, elle et lui, et c'était le phénomène le plus naturel au monde. Elle ne comprenait pas comment ils avaient pu rester séparés aussi longtemps en présence l'un de l'autre. Son odeur boisée emplit ses narines, alors qu'elle se blottit plus profondément encore dans son cou. Tom se détendait, petit à petit et laissait ses propres émotions transparaître dans leur réunion.
Si elle avait pu en douter plus tôt, ce fut désormais une évidence. Il l'aimait. La jeune femme fut stupéfaite par cette révélation muette, mais ces dernières heures l'avaient confirmé. Elle doutait qu'il le lui avoue un jour avec des mots, mais ses actions parlaient pour lui. Il ne l'avait pas rejetée. Il n'avait pas tenté d'obtenir des informations. Elle ne put s'empêcher de songer que Ron ne lui aurait jamais pardonné d'avoir caché une information aussi essentielle. Et pourtant, Tom semblait l'avoir compris, malgré tout. Elle ignorait s'il la pardonnait, mais il ne la rejetait pas.
Quelques mois plus tôt, elle avait vécu dans la peur que Voldemort apprenne sa véritable origine, son histoire. Elle craignait qu'il cherche à l'utiliser, à l'éliminer. Mais quand il avait appris qu'elle était née moldue, il n'avait montré aucun signe de dégoût. Et maintenant qu'il savait qu'elle venait d'ailleurs, d'une autre époque, il s'était montré davantage blessé par la perspective de son départ que par le secret qu'elle avait si longtemps gardé. Et s'il faisait semblant ? Et s'il cherchait à gagner sa confiance pour obtenir des informations ? Hermione en doutait, mais se promit de rester prudente. La situation lui échappait totalement.
« Grindelwald ne mettra jamais la main sur toi », lui chuchota-t-il enfin, au creux de l'oreille.
« Je te crois. »
Elle se remémora alors la femme aux cheveux rouges. Elle devait le lui demander, malgré ses craintes.
« Anna… Est-ce vraiment Klaus qui l'a tuée ? »
Tom s'écarta légèrement pour la regarder attentivement. Si elle avait de sérieux doutes auparavant, à présent, elle en était certaine. Il était le véritable meurtrier.
« Elle s'en est prise à toi. Elle n'a eu que ce qu'elle méritait.
- Est-ce Klaus, Tom ? », répéta-t-elle, avec appréhension, mais sans jamais relâcher l'étreinte.
« Non », souffla-t-il, à peine audible.
Hermione encaissa. Elle s'efforça de songer à la signification de son honnêteté envers elle. Ils allaient devoir aborder ce sujet bien assez tôt. Elle ne savait pas encore comment. Elle était si fatiguée. Ces dernières heures avaient été éprouvantes. Mais elle ne pouvait pas encore s'endormir. D'abord, elle devait voir Klaus. Et retrouver la lettre que Dumbledore lui a laissée.
Dans son esprit, sa mission avait changé. Cela ne s'était pas fait du jour au lendemain, et il lui avait fallu du temps pour accepter ce fait. Elle était incapable de l'éliminer. Un seul choix était désormais possible : elle devait l'empêcher de devenir le monstre de son passé. Elle devait sauver son âme mutilée.
Alors, j'imagine que plus d'un sera déconcerté par la réaction de Tom. Dans le prochain chapitre, j'espère apporter des explications sur ce qu'il se passe dans son esprit, tout ce qu'il n'a pas dit, son combat intérieur. Ici, on termine sur le point de vue d'Hermione.
J'espère que vous comprenez mieux pourquoi ce chapitre a été si difficile à écrire !
Malgré tout, j'espère qu'il vous aura plu...
