Cela fait quelques mois à présent que je n'avais pas remis à jour cette histoire... A vrai dire, j'ai été très occupée, mentalement surtout, entre le boulot, un déménagement et tout ce qui va avec cet été, et un mariage à organiser (et sans doute à reporter pour la 2e fois), et tout ce qui va avec aussi.
L'inspiration m'a fui durant un long moment. Je suis vraiment désolée pour le délai après avoir réussi à tenir un bon rythme pendant 3/4 mois... Merci à tous ceux qui m'ont laissé un message pour votre soutien dans l'écriture de cette fic, cela compte énormément pour moi !
Je ne vous retiens pas plus et je vous laisse lire.
« Mon unique amour a jailli de mon unique haine, je l'ai connu trop tard et vu trop tôt sans le connaitre vraiment, prodigieux amour auquel je viens de naître qui m'impose d'aimer un ennemi tant détesté. »
{William Shakespeare}
De longues minutes avaient été nécessaires à Hermione pour reprendre ses esprits. Son coeur, en lambeaux, lui faisait si mal. Avec difficulté, elle se leva et s'adossa contre le tronc familier. Il était parti. « Ne t'approche plus de moi, sinon je te tuerai. » Les Horcruxes étaient trop puissants. Comment avait-elle pu s'imaginer qu'il s'en rendrait compte, qu'il s'en débarrasserait ? Et à présent, il avait sûrement compris qu'elle savait pour les Horcruxes… Effrayée par ses sautes d'humeur, ses paroles envenimées qui ne lui ressemblaient pas, elle l'avait giflé et lui avait donné un ordre. Alors oui, elle l'avait perdu. Définitivement.
Les heures suivantes s'écoulèrent comme dans un rêve. Il lui semblait voir Tom partout où elle allait. Une partie d'elle espérait encore qu'il reparaîtrait au détour d'un couloir, avec son sourire narquois et ses questions inspirées. Elle haïssait cet espoir, ténu mais bien réel. Pourtant, cela n'aurait jamais pu fonctionner entre eux, quelle que soit la nature de cet étrange lien. N'avait-il pas déjà créé deux Horcruxes ? Il était trop tard pour lui. Hébétée par ce constat, Hermione ne parvenait plus à pleurer.
Les étudiants revinrent le dimanche soir, animant à nouveau le château. Les éclats de voix familiers emplissaient les couloirs, lui offrant une distraction bienvenue, mais insuffisante. Ce soir-là, le dîner fut particulièrement éprouvant. La jeune femme évitait, tant bien que mal, de se tourner vers la table des Serpentard. Elle sentait sa présence, à la fois exaltante et douloureuse. Malgré l'infinie tentation, elle tint bon et regarda partout, sauf dans sa direction. Les étudiants de Durmstrang furent surpris par l'absence de Klaus et leurs sourcils restèrent froncés, malgré les explications évasives du professeur Dippet. La culpabilité la rongeait. Elle se sentait responsable de tout ce qui lui était arrivé. Sans elle, cette Sofia, ou Anna, ne se serait jamais intéressée à lui. Sans elle, il n'aurait pas accompagné Tom à sa rescousse. Sans elle, il n'aurait jamais été rendu responsable d'un meurtre. Alors, dans son esprit, une certitude commença à germer, tenace.
La fin des vacances signifia la reprise des classes. Le lundi matin, Hermione n'avait aucun moyen d'échapper à son cours avec les septième année. Seul le plan qu'elle échafaudait petit à petit lui permettait de conserver un semblant de sérénité. Bien entendu, Tom était là, fidèle au poste avec son éternel Malefoy, mais il ne lui accorda pas un regard. Il n'intervint pas une seule fois, ses yeux résolument fixés sur ses notes. Même Abraxas sembla remarquer que quelque chose ne tournait pas rond, mais ne fit aucun commentaire, en tout cas, pas devant elle. Elle doutât qu'il s'y risque de toute manière. A l'annulaire de Tom, la maudite chevalière la narguait. Si seulement elle pouvait la lui arracher, lui faire comprendre qu'il serait bien mieux sans cet artifact maléfique… C'était peine perdue. Ils étaient devenus inconnus l'un de l'autre, si peu de temps après avoir cédé à leur désir réciproque. Lorsqu'il sortit de la salle, le premier, elle eut le sentiment de le regarder la quitter, à nouveau, pour toujours.
Le mercredi, au grand soulagement de l'ex-Gryffondor, Dumbledore revint à Poudlard sous les applaudissements chaleureux des étudiants et des professeurs. Il semblait pleinement rétabli et ravi de retrouver l'école. Le soir-même, Hermione sollicita un entretien avec le professeur, se sentant vaguement coupable de lui imposer cette discussion si tôt après son retour. Il la reçut avec un sourire bienveillant, autour d'une tasse de thé. Ils échangèrent des banalités et elle entreprit de lui apprendre ce qu'il devait savoir sur elle, en excluant le voyage temporel de sa narration.
« Hermione, y a-t-il quelque chose qui trouble votre esprit ? J'imagine que vous n'avez pas demandé cet entretien sans raison.
- En vérité, professeur Dumbledore, je souhaitais vous remercier pour tout ce que vous avez fait pour moi et… vous demander d'accepter ma démission. »
S'il fut surpris, l'homme n'en montra rien. Il la jaugea en silence de ses yeux bleu vif, un léger sourire en coin. Avec nervosité, Hermione récita le discours qu'elle avait préparé mentalement pour l'occasion.
« A présent que Grindelwald est sous les verrous, j'imagine que vous allez pouvoir assurer à nouveau vos enseignements et que vous n'aurez plus besoin de moi. C'est à mon tour de devoir m'absenter. Un ami à moi est dans une situation si problématique que sa vie est en danger. Je dois l'aider, même si cela signifie perdre mon emploi. Ce stage était voué à se terminer, tôt ou tard. C'est pourquoi je souhaite que vous acceptiez de me libérer de mes fonctions. »
Hermione termina sa tirade, le souffle court. Dumbledore semblait toujours un brin amusé. Il leva sa tasse, sirota une gorgée, puis la reposa avec un léger clang. Il l'observa pendant quelques secondes, puis rompit le silence.
« D'après les explications d'Armando, il semblerait en effet que le professeur Morovitch soit en fâcheuse posture. Je ne vois aucun inconvénient à ce que vous nous quittiez. C'est moi qui vous remercie pour avoir si brillamment pris la relève pendant mon absence. »
Soulagée, la jeune femme se confondit en remerciements. Le professeur avait beau ne pas se souvenir d'elle, il était aussi attentif et observateur qu'à l'accoutumée. Elle déposa une lettre, à l'attention du directeur, que Dumbledore lui promit de remettre. Au moment de quitter le bureau, la main sur la poignée, elle hésita. Après un instant de délibération, elle se retourna.
« Pourriez-vous… Pourriez-vous, s'il vous plaît, garder un oeil sur Mr Jedusor ? »
Cette fois, le professeur peina à masquer sa surprise. Les sourcils légèrement froncés, il l'étudia avec attention. Une foule de questions sembla naître en lui, mais fort heureusement, il n'en posa aucune.
« Bien sûr.
- Si un jour, vous avez besoin de moi, contactez-moi. Je répondrai présente. Au revoir, professeur. »
Cette fois, elle n'attendit pas de réponse et sortit précipitamment, désireuse d'échapper au regard inquisiteur de Dumbledore. L'Ordre du Phénix ne devait pas naître avant de longues années, mais rien n'excluait un changement de circonstances. En attendant, elle devait disparaître.
Elle avait échoué. Voldemort connaissait son secret et il avait certainement compris qu'elle en savait bien plus sur lui qu'elle ne le lui avouait. Ses sentiments étaient le seul rempart qui l'empêchaient de s'en prendre à elle, mais combien de temps restait-il avant que les Horcruxes finissent pas briser cette résolution, lui enlever définitivement toute humanité ? Hermione ne se faisait guère d'illusion. Il lui fallait partir avant qu'il ne la traque pour lui arracher ce qu'il ignorait et la faire taire à jamais.
Le coeur lourd, Hermione rassembla ses effets personnels. Dans un sac soumis au sortilège d'Extension, elle fourra tour à tour ses vêtements, ses affaires de toilette, ses cahiers et ses livres. Elle termina par le tiroir du bureau. Le livre sur Beauxbâtons termina à son tour dans le sac, tout comme celui sur les Prophéties qu'elle contempla quelques instants. Le sablier connut le même sort, d'un geste sec. Enfin, ses yeux se posèrent sur la petite boîte renfermant la bague de fiançailles.
Ce fut à ce moment-là que la culpabilité devint la plus violente. Plusieurs fois, elle avait songé à la façon dont elle les trahissait tous les deux, Ron et Harry. Pendant des années, Ron avait été son béguin, puis son grand amour. Et en quelques semaines, Tom avait tout balayé. Il était devenu une partie de son monde, bien plus que Ron ne l'avait jamais été. Hermione pouvait tenter de se convaincre avec des arguments rationnels, mais elle savait qu'ils étaient illusoires. Ce n'était pas parce qu'elle avait perdu espoir de revoir Ron un jour qu'elle s'était permise de le trahir. C'était parce qu'elle était tombée amoureuse de Tom, bien que ce fusse d'abord à contrecoeur, et parce qu'elle avait réalisé qu'elle n'avait jamais eu cette connexion avec le jeune Weasley. Et c'était une pensée horrible. Elle ne le méritait pas. Elle glissa la bague dans son sac, avec la ferme intention de la faire disparaître à la moindre occasion. Celle-ci représentait un mensonge.
Elle ferma avec douceur la porte de sa chambre pour la dernière fois. La désagréable impression d'être une lâche prenant la fuite s'insinua dans son esprit. Non. Il était nécessaire qu'elle disparaisse, qu'elle se cache de Voldemort. Et puis, Klaus avait besoin d'elle. Hermione devait le retrouver et l'empêcher de faire une bêtise, s'il n'était pas déjà trop tard.
Les couloirs étaient vides. Une boule dans la gorge, les larmes aux yeux, elle les traversa pour la dernière fois, terriblement consciente de chacun de ses pas. A chaque instant, elle s'attendait à le voir. La retiendrait-il ? Comment réagirait-il en la voyant ainsi vêtue, prête à affronter l'hiver au-dehors ? Et elle, comment se justifierait-elle ?
Mais ce ne fut pas le cas. Sans croiser personne, elle atteignit les grandes portes du Hall, puis le parc. Seule, elle s'aventura sur le chemin qui menait vers Pré-au-Lard, pour la dernière fois. Son coeur lui faisait si mal, se déchirant à chacun de ses pas sur la neige. Les souvenirs de ses entrevues avec Tom affluèrent dans sa mémoire, comme déterminés à la faire changer d'avis. Arrivée au portail gardé par les sangliers ailés, elle se retourna pour contempler le château dans lequel elle avait passé de si nombreuses années et où elle laissait une partie de son coeur. L'observation nostalgique ne dura que quelques secondes. Incertaine de résister plus longtemps à l'appel des murs, elle transplana. oO0OoO0Oo
Au même instant, Tom sentit que quelque chose avait changé. Depuis plusieurs jours interminables, le manque le rongeait de l'intérieur. Autant que possible, il avait évité la présence d'Hermione. Et quand il n'avait pas le choix, il l'avait ignorée et elle le lui rendait bien. Les dernières paroles qu'il lui avait assenées le hantaient toujours. Hermione avait toutes les raisons du monde de lui en vouloir. Tous les deux, ils avait besoin de temps. Tom nageait en pleine confusion avec tout ce qu'il avait appris en l'espace de quelques heures. Qu'ignorait-il encore à son propos ?
Après l'incident, le jeune homme avait aussitôt créé une réplique de sa chevalière. L'original était désormais enfermé à double-tour dans un tiroir de sa chambre. Il ne voulait pas attirer l'attention sur l'absence de ce bijou auprès de quiconque, et encore moins de Malefoy. Celui-ci rentra d'ailleurs le dimanche soir de ses vacances au manoir familial. Ces derniers jours, Tom lutta pour ne pas observer Hermione avec insistance. Il était hors de question que le jeune blond se rende compte de quoique ce soit.
Dumbledore avait choisi ce mercredi pour faire son grand retour à Poudlard, Savait-il à quel point Hermione s'était inquiétée pour lui ? Connaissait-il sa véritable identité ? Tom était en était persuadé. N'avait-il pas donné des instructions à Dippet afin qu'elle ne sorte pas seule ? Lui avait-il donné une mission ? Ce fut à ce moment-là qu'il devint très difficile de ne pas observer la jeune femme à la dérobée, mais il ne céda pas. Ils avaient besoin d'encore un peu de temps, s'était-il convaincu.
Pourtant, à présent, une sensation de vide plus intense que jamais le tenaillait. Quelque chose était arrivé. C'était absurde, insensé, irrationnel. Son esprit lui jouait des tours, sans voix intérieure cette fois. Il était tard, dix heures passées. A travers la fenêtre de sa chambre, le lac était sombre, impénétrable. Seul le reflet d'un jeune homme échevelé et angoissé s'imposa à lui. Il détesta ce que signifiait cette image et s'allongea, déterminé à s'endormir.
Mais il n'y avait rien à faire. La sensation ne disparaissait pas, inconfortable. Sa gorge se serra, emprisonnant un souffle devenu erratique, son coeur battit la chamade. Effrayé et excédé, Tom se dégagea d'un geste sec de ses draps et revêtit son uniforme de préfet-en-chef. Une petite ronde de nuit lui ferait du bien et l'aiderait ensuite à trouver le sommeil.
Les couloirs sombres et déserts ne lui apportèrent aucun réconfort. Il se surprit plus d'une fois à espérer qu'Hermione apparaisse dans un coin, son visage studieux s'éclairant d'un sourire à sa vision. Mais elle n'était pas là, vraisemblablement plongée dans un profond sommeil, hors de sa portée. Pensait-elle à lui quelquefois, avec un autre sentiment que l'effroi ?
Le jeune homme ralentit devant la porte de ses appartements, le coeur battant. Quelques jours plus tôt, il se serait faufilé, mais ce n'était désormais plus possible. Il lui avait sommé de ne plus jamais l'approcher. Avec un soupir, il se détourna, comprenant amèrement qu'il devrait apprivoiser la sourde angoisse pour le reste de la nuit. Demain matin, il jetterait un oeil dans sa direction et cela le calmerait, au moins pour un temps.
Mais le lendemain matin, elle ne se montra pas au petit-déjeuner. Tom se raisonna : elle avait sûrement dû se rendre en cours immédiatement. Mais le midi déjà, une rumeur circulait dans le château. Le professeur Dumbledore aurait laconiquement expliqué aux étudiants de quatrième année que la période de stage de la jeune femme était terminée. Ce fut Abraxas Malefoy lui-même qui le rapporta à Tom. Miss Jean aurait déjà quitté le château.
Les mots mirent longtemps à faire leur chemin jusqu'à son cerveau. Tout d'abord, il acquiesça, l'air absent avant de réaliser leur pleine signification. Hermione était partie. Elle l'avait pris au mot et l'avait quitté, définitivement. La sensation de vide s'intensifia. Troublé, il ne fit aucun commentaire à l'adresse d'Abraxas. Pouvait-il faire confiance à sa propre voix ? Il n'en était pas certain. Le repas s'acheva dans le plus grand silence.
Il n'aurait plus à l'éviter. N'était-ce pas un soulagement ?
Les mois s'écoulèrent avec une lenteur insupportable, mais Tom Jedusor avait pourtant l'impression tenace d'être dans un rêve. Au début, il avait tenté de porter à nouveau la chevalière, dans un élan de colère envers Hermione. Mais il l'avait vite enfermée à nouveau, ne supportant pas la voix insidieuse dans son esprit qui lui disait que faire chaque fois qu'il pensait à elle. Aucune autre personne n'avait à l'influencer, pas même une réminiscence de ce qu'il avait été à seize ans !
Chaque fois qu'Abraxas ou un autre fidèle, comme Cygnus Black, lui déplaisait, il se montrait plus cruel que jamais. Parfois, il agissait ainsi juste parce qu'il se sentait perdu, déboussolé lui-même et se défouler sur quelqu'un était son seul exutoire. En revanche, il avait cessé de s'en prendre gratuitement à des personnes qui n'avaient rien demandé. Un temps, il avait songé à punir Tillman une bonne fois pour toutes, ainsi qu'il l'avait prévu avant son marché avec Hermione. Mais chaque fois, le visage de la stagiaire apparaissait dans son esprit, les sourcils froncés, la moue désapprobatrice. Alors, durant ces six mois, Voldemort et ses Mangemorts s'étaient davantage lancés dans des expéditions punitives pour asseoir leur pouvoir. Ni les Nés-Moldus, ni les bouc-émissaires faciles n'étaient plus pris pour cible. Au lieu de cela, ceux qui déplaisaient à Voldemort par leur arrogance ou leur propension à maltraiter des étudiants plus faibles, faisaient l'objet de représailles. Si certains Mangemorts furent surpris de ce revirement de situation, ils n'en montrèrent rien. Après tout, leurs actes furent plus faciles à justifier devant leur conscience.
Pour Tom, ce fut bien plus difficile à assumer. Mais quelque part, il avait toujours l'espoir de la retrouver. Et le jour où elle serait finalement face à lui, ses actes l'accompagneraient. Le jour où il la reverrait, il devrait montrer patte blanche, il en était certain. Et là enfin, ils pourraient s'expliquer et elle lui reviendrait.
La retrouver, c'était son désir le plus intense. Elle l'avait abandonné, comme sa mère avant elle, mais il ne pouvait nier que c'était lui, cette fois, qui l'avait poussée à fuir. Sans elle, il était plus faible que jamais. Pendant six mois, il ne la mentionna pas une seule fois, il ne prononça pas son nom en public. Et pendant six mois, il prépara minutieusement son périple, dans le plus grand secret.
Longtemps, il avait caressé le rêve de rester enseigner la défense contre les forces du mal à Poudlard, dans le but d'influencer des générations d'élèves, dans ce château qu'il considérait comme son véritable foyer. Mais sans Hermione, l'école était si vide, lugubre. Force était de reconnaître que ses besoins avaient changé.
La veille du grand départ, juste avant le festin de fin d'année, Tom s'isola dans sa chambre de préfet-en-chef, pour terminer ses bagages. Il avait besoin de peu d'affaires, ayant prévu de cacher le reste dans la Salle sur Demande, dont il était le seul à connaître l'existence. Il conserva des vêtements neutres, son matériel d'écriture, son nécessaire de potion, quelques livres, ses Horcruxes. Pour faciliter le transport, il avait pris soin de maîtriser le sortilège d'Extension. Il contempla longuement son vieux journal intime et résista à la tentation de l'ouvrir. Voilà deux ans qu'il n'était plus descendu rendre visite au Basilic.
Trois coups résonnèrent à la porte. Surpris, il fourra précipitamment le petit ouvrage dans son sac et se leva, méfiant. Qui pouvait donc bien vouloir le déranger à cette heure ?
« Qui est-ce ? », demanda-t-il avec prudence.
« Je suis le professeur Dumbledore et je souhaitais m'entretenir avec toi, Tom, avant ton départ. »
Que pouvait-il bien lui vouloir ? Agacé, Tom jeta le bagage sous le lit. Il ne souhaitait pas que le vieil homme cherche à en deviner le contenu. Le professeur lui donnait la troublante impression de le surveiller. Avec lui, il devait se montrer particulièrement prudent.
« Bien sûr, professeur, entrez. »
Les yeux bleus et la barbe rousse, entremêlée de fils argentés, apparurent dans l'encadrement de la porte. Derrière lui, la salle commune était vide.
« Comment te sens-tu ?
- Très bien, professeur, je vous remercie », répondit-il avec raideur.
Dumbledore entra dans la pièce et avança jusqu'à la fenêtre, les bras croisés derrière le dos. Puis, il se tourna vers lui, le regard intensément fixé sur lui.
« Que prévoit un étudiant aussi brillant que toi, une fois les ASPICS en poche ? »
Tom s'était préparé à cette question, qu'il avait maintes et maintes fois entendue depuis qu'il avait obtenu la mention Optimal à l'ensemble de ses ASPICS. C'était un véritable exploit par lequel il marquait un peu plus l'histoire de l'école de son empreinte, et peu pouvaient se targuer d'un tel palmarès. En réalité, un des seuls hommes à partager cet honneur se trouvait face à lui.
« Je vais prendre une année sabbatique, professeur. C'est le moment idéal pour explorer le monde, découvrir d'autres cultures et acquérir de nouvelles connaissances. J'aurai ainsi le loisir de réfléchir à mon projet de carrière ensuite.
- Très bien, très bien », répondit Dumbledore. « C'est une excellente idée, Tom, que d'ouvrir son esprit au reste du monde. Par où comptez-vous commencer ?
- J'ai prévu de me rendre d'abord de l'autre côté de la Manche. Ensuite, j'irai où le vent me portera.
- Ah, la France, ce pays aux charmes insoupçonnés. J'espère que vous y trouverez ce que vous cherchez », termina-t-il.
J'y compte bien. oO0OoO0Oo
La lettre de l'université de San Francisco entre les mains, Hermione tenta de chasser la mélancolie qui s'était emparée d'elle. Dans quelques mois, elle serait sur un autre continent. C'était pourtant une excellente nouvelle, le véritable nouveau départ qu'elle avait ardemment souhaité. Elle avait quitté Poudlard huit mois auparavant, en quête d'une renaissance.
« Qu'est-ce que tu as entre les mains, Mione ?
- Je t'ai déjà dit de ne pas m'appeler comme ça, Klaus », répondit-elle en levant les yeux au ciel.
Pour toute réponse, celui-ci ricana et saisit le courrier qu'elle lui tendit.
« Voyons voir… J'ai l'immense honneur de vous informer que nous avons accepté votre candidature… Oh ! Toutes mes félicitations ! »
Le grand Suédois se pencha vers elle pour la serrer dans ses bras. Il allait tellement lui manquer. Elle se blottit avec tendresse contre le colosse. A présent, il saurait se débrouiller seul. Sept mois plus tôt, elle avait fini par le retrouver, après d'intensives recherches, dans un obscur bar clandestin de Siepraw, près de Cracovie en Pologne. Le malheureux avait trouvé le réconfort dans l'alcool, n'ayant pas su se résoudre à se rendre, tiraillé entre sa promesse et sa conscience. Alors, Hermione s'était assise près de lui, d'abord en silence.
Puis elle lui avait murmuré ces simples mots : « Tu es innocent. »
D'abord, il se laissa gagner par la colère, refusant d'y croire. Alors, elle lui indiqua que ses souvenirs avaient été modifiés mais elle n'apporta jamais plus de précision. Pendant des jours, Klaus lui en avait voulu, se lançant constamment dans de nouvelles disputes pour en savoir plus. Comment pouvait-elle l'en blâmer ? Elle lui cachait la vérité, qu'il était pourtant en droit de connaître. Mais elle ne pouvait se résoudre à livrer le nom de Tom. Lui aussi, il avait fait ça pour elle. Hermione était responsable de ce désastre, alors elle prit sur elle. Elle encaissa les accès de colère de Klaus, ses larmes de désespoir, son mutisme intermittent. Petit à petit, elle regagna sa confiance. Elle leur trouva un appartement avec deux chambres dans une petite ville, près de la mer Baltique, travaillant comme serveuse sous une fausse identité. Et surtout, elle redonna à Klaus une raison de vivre.
Ensemble, ils chassèrent les derniers sbires de Grindelwald, les remettant à la justice magique. Ils avaient commencé par établir une liste, à partir de ce qu'ils savaient, et Klaus s'avéra remarquablement bien informé. Ils avaient impitoyablement traqué chaque nom sur cette liste. Leur tandem fut d'une efficacité redoutable. Au fil des jours, le jeune homme avait retrouvé la santé, le moral et acquis une détermination sans faille. Il finit par accepter le silence d'Hermione et redevint finalement le comparse qu'elle avait appris à connaître à Durmstrang et à Poudlard.
Ce que Klaus ignorait cependant, c'était que sa présence aidait Hermione, la distrayait de ce vide angoissant en elle. Chaque fois qu'elle était désoeuvrée, seule, Tom se glissait dans ses pensées, y laissant un goût doux-amer. Le temps n'était-il pas censé panser les blessures, effacer les souvenirs ? Il ne semblait avoir aucune prise sur lui, sur eux. Sa mémoire restituait avec une fidélité déconcertante la beauté de ses yeux lorsqu'un éclat d'or y brillait, cette lueur qui n'existait que pour elle. Tout aussi précisément, elle revivait le moment fatidique où il l'avait menacée, arrachant une partie de son coeur.
La jeune femme avait surveillé les nouvelles provenant d'Angleterre avec attention, mais rien de notable ne lui était jamais parvenu. Quoique Tom fasse actuellement, il restait sous les radars. A présent, il devait avoir quitté l'école pour Barjow & Beurk où il mettrait bientôt la main sur la coupe de Poufsouffle et sur le médaillon.
« Quand est-ce que tu me quittes alors ?
- Je ne sais pas encore. La rentrée a lieu début octobre et j'ai encore des choses à régler en Europe. »
Klaus acquiesça.
« Tu me manqueras. Mione. »
Il esquiva prestement la tape de la main qu'elle voulut lui asséner sur le bras. Hermione secoua la tête, un sourire en coin sur les lèvres.
« Tu me manqueras aussi, grand bêta. »
.
Hermione regarda autour d'elle avec émotion. Le village n'avait pas changé depuis sa dernière visite. Les souvenirs revinrent en flot dans sa mémoire, mais elle les écarta un par un, avec un soupir. Elle avisa un banc sur la place principale et s'assit dessus, tripotant son sac avec nervosité. Les Prophéties y attendait sagement de retourner à sa place originelle. Mais ce n'était pas la raison pour laquelle elle était revenue en France, dans la chaleur étouffante du mois d'août.
Depuis qu'elle avait quitté Beauxbâtons, un an plus tôt, elle avait régulièrement repensé à la menace des êtres de l'eau. Longtemps, la jeune femme s'était persuadée qu'il valait mieux ne pas se mêler de cette histoire qui ne la regardait pas, ce qui était d'ailleurs l'opinion de Tom. Mais son coeur pensait autrement. Pour le bien de tous, éviter le bain de sang, elle souhaitait provoquer une discussion entre les sorciers et les créatures intelligentes. La communication permettrait d'apaiser la situation n'est-ce pas ? Après tout, les sorciers n'étaient pas au courant de l'existence de ce pacte ! Comment pouvaient-ils le respecter ?
Elle lissa sa robe avec soin, attendant avec nervosité le carrosse qui ne devrait plus tarder à arriver. Cela n'avait pas été très difficile d'obtenir un rendez-vous avec la directrice de Beauxbâtons. Il avait suffi de prétexter un entretien pour demander un poste de professeur. Par politesse, elle avait accepté de recevoir Hermione. Encore quelques minutes d'attente et celle-ci en aurait définitivement terminé avec l'Europe. Cette pensée provoqua un pincement au coeur.
« Bonjour Hermione. »
Son coeur s'arrêta subitement de battre. Cette voix. Elle l'aurait reconnue n'importe où, même après de longs mois d'absence. N'en croyant pas ses oreilles, la jeune femme se tourna lentement. Elle redoutait, autant qu'elle l'espérait, qu'il ne s'agisse que d'une hallucination, son esprit en manque lui jouant des tours.
Mais non. Il était bien là. Aussi beau que dans ses souvenirs, ses cheveux noirs ondulés soigneusement peignés, ses traits fins et surtout ses yeux, noirs comme la nuit. Aucune erreur possible. Son coeur hésita entre l'explosion de joie et la chute glaciale. Prudemment, elle se leva, les doigts fermement plantés sur son sac.
« Bonjour Tom. »
Comment Tom l'a-t-il retrouvée ? Quelle sera la réaction d'Hermione ? Vont-ils pouvoir, eux aussi, finalement communiquer après 8 mois d'absence ?
J'espère que ça vous a plu ! Normalement, il reste toujours 2 chapitres et un épilogue avant le point final de cette histoire. Cela me fait très bizarre... Je vais me remettre tout de suite au travail sur le chapitre 30 ! Je ne peux pas vous donner de date, mais je ferai au mieux.
Bonne journée et prenez soin de vous !
