Chapitre 1 : Choix difficiles

-29 Août 1998-

Au beau milieu de Londres, dans le bureau du nouveau Ministre de la Magie Kingsley Shacklbolt, se trouvait assise sur une chaise, une jeune sorcière brune de bientôt dix-neuf ans. Cette sorcière n'était autre qu'Hermione Granger, celle-là même qui quelques mois plus tôt avait participé activement à la chute du Seigneur des Ténèbres après près d'une année entière consacrée à la poursuite des horcruxes.

Elle réfléchissait encore à la proposition que le ministre lui avait faite près d'une semaine plus tôt. Il avait cependant été assez évasif sur le contenu exact de cette proposition mais elle savait déjà que cela serait une mission à l'étranger et juste cela.

Elle pesait depuis le pour et contre, sans cesse et sans vraiment réussir à prendre sa décision. Il y avait plusieurs contre, le premier était ses parents, à qui elle avait rendu la mémoire dès le début du mois d'août et avec lesquels elle aimerait passer du temps. Le second étant qu'elle désirait retourner à Poudlard pour terminer son cursus même si il était assez évident qu'elle n'en avait pas réellement besoin à part pour terminer la boucle, comme un symbole d'un monde nouveau, en paix et exorciser l'année terrible qui avait précédé. Le dernier contre représentait ses amis, Harry, Ginny, Luna et Neville. Eux allaient y retourner, c'était sûr. Ron Weasley ne faisait pas partie des contres, bien au contraire.

Parmis les points qui la poussait à accepter, il y en avait tout autant. Le premier, bien que futile était l'envie de découvrir le monde magique avec le regard d'un autre pays, et pas uniquement le regard britannique. Le second était le traumatisme de la guerre, les pertes diverses qu'il s'agisse de Fred, Remus ou Nymphadora. Mais aussi le sien, le seul qui la concerne, celui de la torture de Bellatrix Lestrange. Ce traumatisme l'empêchait de passer une nuit complète et commençait même à lui provoquer un épuisement physique en plus de celui, déjà violent, de moral. Et puis le dernier point qui la poussait à accepter était justement Ronald Bilius Weasley. À lui seul, il faisait une bonne raison.

Évidemment, elle le savait bien elle-même, elle était en partie responsable de la situation : elle l'avait embrassé. Pourquoi ? Elle en doutait elle-même, peut-être était-ce juste le besoin de se sentir vivante ou même la peur de mourir. Peut-être un mélange de confusion, de peur et de craintes. Ou même encore la simple inquiétude pour les elfes de maisons dans la situation où ils étaient... Une idée stupide au final. Elle avait espéré mettre à plat tout ça avant que cela n'aille trop loin. Et puis Fred était mort... Elle ne pouvait décemment pas rejeter Ron dans cette situation, pas tout de suite. La suite d'ailleurs était encore plus compliquée : n'ayant aucune famille où séjourner le temps de retrouver ses parents, Molly Weasley avait proposé qu'elle emménage chez eux durant ses recherches. Les problèmes avaient commencé... Ron désirait sans cesse son attention, qu'elle finissait au final par lui prêter dans des élans de tendresse. Molly voyant cela, proposa qu'ils partagent une chambre pour leur "intimité". Elle ne lui en voulait pas pour cela, la pauvre Molly avait voulu bien faire. Malheureusement, pour Ron intimité signifiait beaucoup de choses. Ces mêmes choses, Hermione s'y était refusée, toujours aussi incertaine quant à ses sentiments. Elle était convaincue que malgré la puissance de ses sentiments, Ron ne lui apporterait jamais ce qu'elle attend chez un homme : de la conversation, de l'intérêt et un tant soit peu de distinction mais aussi et surtout du respect.

Par manque total de respect d'ailleurs, chaque jour il insistait un peu plus. Malgré ses réticences, il avait encore insisté, ignorant totalement la peur qui la prenait le soir en fermant les yeux, ou ignorant également ses inquiétudes au sujet de sa famille. Il s'en moquait, Ronald Bilius Weasley était bien trop égoïste pour ça. Et vers mi-juillet, la situation avait bien plus que dérapé.

- 17 juillet 1998 - Le Terrier

Cela avait été un grand jour dans la famille Weasley, Georges avait rit. Cela pouvait sembler idiot dit comme cela mais quand le contexte était tel que celui-ci n'avait plus sourit depuis la mort de Fred, à peine relevait il la tête quand on lui parlait. La raison de son sourire était aussi d'une simplicité qui prêtait à sourire, le petit Teddy Lupin avait réussi à s'accrocher à la fois à ses cheveux à elle et à ceux de Ginny et ne désirait plus les lâcher. Elle commençait même à avoir mal quand Arthur avait spécifié qu'après tout ce qu'ils avaient vécu, c'était un bébé qui les tenait en respect. Et il avait rit, de bon cœur même. Tout le monde avait rayonné. Même Ron semblait heureux pour lui, ce qui présageait peut-être un peu de tranquillité pour elle. Malheureusement, alors qu'elle était montée se changer pour enfiler son pyjama, Ron était venu la rejoindre et elle n'avait pas fini de boutonner le haut, se dépêchant alors.

- Ron, tu aurais dû frapper, dit elle alors.

- Désolé Mione, j'y penserai la prochaine fois.

" Comme les fois précédentes", pensa-t-elle.

C'était un fait, il essayait de plus en plus de la surprendre dans le plus simple appareil. Sans doute devait il penser que les choses seraient simplifiées de cette manière.

- Je suis contente que Georges aille un peu mieux.

- Oui ça fait plaisir, dit Ron en s'approchant.

Il avait posé ses mains sur ses épaules avec douceur, la regardant comme il le faisait toujours, avec amour. Elle évitait son regard dans ces instants là, elle se mentait à elle-même et surtout à lui. Il l'attira alors à lui, la serrant dans ses bras, plaçant son visage contre son épaule à elle.

- Je suis content, vraiment, si même lui va mieux... Ça ne peut que s'améliorer.

- Maintenant, je m'inquiète surtout pour ta mère Ron, elle fait toujours bonne figure mais elle pleure toujours beaucoup.

- Je sais, fit il en lui caressant le dos.

Elle lui rendit l'étreinte, le rassurant comme il semblait en avoir égoïstement besoin, ignorant en général que le besoin inverse existait également. Elle le sentit embrasser son cou.

" Et voilà, c'est reparti..."

- Ron s'il-te-plaît.

- Je t'aime Mione.

- Je... je sais.

Elle ne lui avait jamais dit ces trois petits mots, pourquoi ne comprenait il pas cela à la fin. Tout ça pour une pulsion, un baiser stupide au milieu du conflit. Elle sursauta alors quand elle sentit passer ses mains sur l'avant du pyjama.

- Ron, je ne veux pas.

- Ça fait déjà plus d'un mois et demi que l'on est ensemble.

- Justement Ron, cela ne fait qu'un mois et demi.

- Et?

- Tu peux comprendre que je désire attendre?

- Mais attendre quoi? fit il les mains toujours sur le pyjama.

Elle lui ôta alors ses mains avec toute la délicatesse dont elle pouvait faire preuve.

- D'être prête Ron.

- Je le suis moi.

- Ron, cela se fait à deux. J'ai d'autres choses en tête.

- Ha oui et quoi? fit il légèrement sur les nerfs.

- Je m'inquiète pour mes parents.

- C'est pas grave ça...

- Je te demande pardon? Mes parents ce n'est pas grave?

- Tu m'as compris Mione, ils vont sans doute bien.

- Cela me rassure...

- Mione, je t'assure que cela ne doit pas t'inquiéter, fit il en se rapprochant à nouveau.

- Ron... j'en peux plus de cette discussion incessante.

- C'est pareil pour moi.

- Oui mais toi la solution je me doute de ce qu'elle est.

- Allons... on s'aime... c'est naturel...

Étant donné qu'il semblait revenir à la charge, tant pis elle allait crever l'abcès une bonne fois pour toute.

- Justement, je ne sais plus...

- Quoi?

- Enfin, si je l'ai toujours su, je ne crois pas être amoureuse.

- Hein?

- Ce jour-là, fit elle gênée, je n'aurai pas dû... Ni les baisers suivant. C'était idiot... mais je ne voulais pas te faire du mal.

- Tu dis ça parce que l'on s'engueule mais tu ne le penses pas.

- Si Ron justement, je le pense.

- Viens...

Il tira sur le pyjama pour l'attirer dans ses bras mais elle résista.

- Arrête Ron...

- Pourquoi ?

- Tu es égoïste Ron. Tu ne penses qu'à toi tout le temps. Tu ne t'inquiètes pas pour moi, dit-elle explosant de colère. Tu ne me demandes même pas pourquoi je fais des cauchemars.

- Mais j'en fais aussi, c'est normal... la bataille, quand on a cru Harry mort, l'année à se cacher, dans le froid et sous cette tente. C'est pas une raison pour en faire un problème.

- J'ai été torturée Ron!!! Tu l'oublies ou quoi? Et puis cette fameuse année tu es parti un bon moment... pour ton confort, et lui uniquement pas pour ta famille comme tu le prétends mais pour un lit Ron. C'est pour ça que tu te cachais chez Bill.

- Mione, je... dit il l'attirant avec force et arrachant par la même occasion les boutons du pyjama.

C'en était trop, elle ne pouvait plus les supporter lui et ses jérémiades incessantes, et cette fois il allait trop loin. D'un mouvement ample, elle lui administra une gifle retentissante de la main droite, tellement fortement qu'elle en avait des fourmillements dans la main. Mais elle s'en voulait déjà.

- Ron... désolée, je voulais pas te...

Elle n'avait pas eu le temps de finir sa phrase, alors qu'elle regrettait son geste, lui n'hésita pas une seconde. D'un revers de son bras droit, il la frappa en plein menton tandis qu'elle hurla sous la douleur. Ce geste et la surprise provoqua sa chute contre le lit et la table de chevet. Le petit goût dans sa bouche lui indiqua qu'il lui avait fendu la lèvre et qu'elle saignait. Elle ne pouvait que le regarder surprise de son geste et croiser un regard empli de colère. Et en plus il s'approchait.

- Ron tu vas...

Il approchait toujours plus, tandis qu'Hermione sentait la peur monter en elle. Mais son courage de Gryffondor était toujours là et elle allait lui faire comprendre.

- Tu vas faire quoi? Me frapper encore? Jusqu'à ce que je te supplie d'arrêter ? Me violer ? Tu m'as déjà frappée et même déchiré un vêtement, alors tu peux continuer... Mais t'en auras pas le courage... comme durant cette année. Tu es lâche Ronald Weasley, prêt à maltraiter une femme pour obtenir ce que tu veux. Alors vas y!!! Je te déteste, tu me dégoutes, lui cracha-t-elle au visage.

Alors qu'il s'apprêtait sans doute à nouveau à la frapper ou pire, la porte s'ouvrit à la volée.

- Qu'est-ce... fit Harry qui semblait avoir été alerté par les cris de son amie. Ron! Mais qu'est ce que tu fais ?

- C'est elle... elle m'a giflé.

Et encore une fois, il cherchait une excuse en accusant les autres. Mais pas une seule seconde elle ne s'était abaissée à verser des larmes de peur, elle ne lui aurait pas fait ce plaisir.

Par la suite, le Terrier étant ce qu'il est, en moins de quarante secondes montre en main, tous les Weasley étaient au courant. En même temps, il était assez difficile de le cacher car, en plus de la gifle, sous le choc, sa tête avait percuté la table de chevet provoquant un léger saignement. Naturellement Molly avait presque expulsé manu-militari son fils, l'envoyant chez Bill. Ensuite, elle dû tout expliquer mais ne cacha aucunement des doutes et même sa gifle. Les Weasley comprirent du mieux qu'ils pouvaient la situation mais Hermione prit la décision de prendre une chambre au Chaudron Baveur pour préparer son départ à la recherche de ses parents. Accompagnée d'Harry et Ginny, elle leur avait rendu la mémoire et avait repris possession de sa chambre dans la maison familiale. Et elle avait profité de ces instants de félicité. Évidemment, celle-ci était énormément perturbée par la venue incessante d'un petit hibou nommé Coquecigrue. Ron la harcelait sans cesse de lettres, toute plus bêtes les unes que les autres, à un tel point que l'envie de faire du mal au hibou l'avait tenaillée. Le pire était le contenu des lettres : des quantités de " je t'aime", " je recommencerai pas", "reviens", " je ne t'en veux pas". Ces derniers mots lui donnaient des envies folles de meurtre. En quoi devait il lui en vouloir ? C'était elle qui avait failli subir un outrage impardonnable de la part d'un garçon qui prétendait l'aimer. Elle aurait pû pardonner et redevenir simplement amie avec lui si au moins une seule fois il s'était excusé de son comportement, mais pas une fois elle n'avait lu de tels mots dans ses lettres. Et maintenant que son acte se mélangeait à ses autres cauchemars, elle ne pouvait plus avoir confiance.

Le courrier du ministre l'avait surprise, il voulait la rencontrer pour lui proposer une mission particulière et, complètement épuisée par tout ces événements successifs, elle avait décidé d'écouter la proposition.

Enfin, le ministre arriva dans son bureau, épuisé également visiblement.

- Hermione, excuse moi du retard, dit-il en lui serrant la main.

- Monsieur le ministre.

- Allons appelle moi Kingsley.

Elle ne pouvait pas se le permettre, à ses yeux, elle devait le respect à sa fonction.

- Comment vas tu?

- Cela peut aller.

- Difficile n'est-ce pas ? De retrouver un sommeil normal, j'entends.

- En effet.

Il s'assit à son bureau et la regarda, discernant sans doute les cernes qu'elle arborait depuis pas mal de temps déjà.

- Tu te demandes sans doute pourquoi j'ai pensé à toi?

- Oui, je n'ai pas vraiment le profil pour les missions secrète.

- En réalité, si...

- Pardon?

- Je m'explique... Je suppose qu'Harry a dû te dire que je lui posais énormément de questions sur votre année passée dans le plus grand secret.

- Il l'a évoqué, oui.

- Il m'a dit que sans toi et ton esprit de déduction, il n'aurait pas accompli le quart de ce qu'il a pu faire.

Hermione fut touchée d'entendre cela, c'était vrai que toutes ses recherches et ses préparatifs avaient été d'une grande aide.

- Et ce sont ces facultés de réflexion et de déduction qui nous intéresse.

- Ha bon?

- Oui. Vois-tu durant cette année, le ministère a reçu un courrier inquiétant de l'étranger, lié à une série de meurtres ignobles commis dans des rituels de magie noire.

Hermione écoutait très attentivement ce qu'elle entendait, elle n'était pas sûre de pouvoir énormément se rendre utile pourtant.

- Bien sûr au vu de tout ce qu'il s'est passé, il a été ignoré totalement. Quand j'ai repris le ministère, les courriers furent ouvert et il était clair que celui-là était de nature à éveiller mon intérêt.

- Que contenait-il?

- Des informations sur un des meurtres, dont l'auteur n'a toujours pas été arrêté, je me suis assuré de cela auprès de mon homologue. Et cette information a allumé une alarme dans ma tête.

- Que disait ce courrier ?

- Que cette victime était en contact avec Severus.

- Le professeur Rogue? Pourquoi ?

- C'était lié à son passé.

- Son passé de mangemorts vous voulez dire?

- Pas réellement, je suppose que tu dois savoir que Severus nous a rejoint dans le but d'empêcher la mort des Potter.

- Harry me l'a dit oui...

- Durant quelques années, il a œuvré dans l'ombre, pour l'Ordre du Phénix... Sur ordre de Dumbledore surtout. Et il traquait des mages noirs à l'étranger. Je n'en sais pas beaucoup plus.

- Et en quoi serais-je utile?

- Après avoir fouillé les diverses cachettes de l'ordre, il s'est avéré qu'il avait laissé certaines notes à notre attention, ses rapports sans doute. Mais celles-ci sont cryptées et étrangement, nous n'arrivons pas à traduire. Peut-être qu'eux, au vu du contexte pourraient comprendre.

- Je dois juste transmettre ces documents ?

- En réalité, j'aimerais que tu enquêtes avec eux, grâce à tes connaissances et surtout le fait d'avoir côtoyé Severus à Poudlard.

- Je ne le connaissais pas si bien que ça.

- Mais tu sais comment il pensait et sa façon de réfléchir. Harry m'a dit que plusieurs années durant tu semblais convaincues qu'il ne désirait pas lui faire de mal.

- Oui mais... pourquoi moi? Je ne suis pas Auror, je n'ai même pas fini Poudlard, je comptais le faire mais...

- Hermione, de un, tu n'en as pas réellement besoin. Cette année tu as accumulé énormément de connaissances sur la magie noire. Tu n'aurais rien à envier à un Auror expérimenté. De deux... je sais par les visas demandés qu'avec tes parents tu as séjourné plusieurs fois en France et qu'en plus, durant le temps où vous vous cachiez, pour t'occuper tu apprenais le français dans des livres.

- Donc c'est en France ? Mais ça ne m'explique pas pourquoi je suis votre choix...

- Lors des dernières cérémonies officielles, j'ai vu ton regard, il était comme éteint. Tu sembles avoir du mal à passer à autre chose... Ce que je comprends aisément, ce que Bellatrix Lestrange t'a fait est innommable, et je sais d'expérience qu'elle était une experte en ce domaine.

Hermione, à l'évocation du nom de son bourreau avait légèrement tremblé, elle ne pouvait oublier en effet l'expertise de celle-ci dans le domaine de la torture. Les cicatrices physiques mettraient du temps à disparaitre mais celles qui étaient psychologiques en mettraient bien plus.

- Je pense que l'idée de t'éloigner de tout ça te ferait le plus grand bien. Loin du tumulte, des photographes et de tout ce qui pourrait encore évoquer ce moment.

- Et... ce serait combien de temps?

- Là est justement l'un des problèmes.

- Jusque la fin de l'enquête, conclua-t-elle logiquement. Et les autres ?

- Tu devras garder le silence sur ta destination et éviter les contacts avec tes proches.

- Comment ça éviter le contact ?

- Oui, il est facile de croire que tout est fini mais il est évident également que certains partisans puissent avoir quitté le pays. Étant seule à l'étranger, tu pourrais être une cible. Naturellement, par le biais du ministère, nous te transmettrons courriers et nouvelles mais ils seront ouverts et censurés si tu évoques des détails.

- Je... je...

- Mais ta sécurité sera assurée par le service qui enquête depuis Paris.

- Paris? La capitale ?

- Oui, cette unité d'enquête est spécialisée dans les crimes dit obscurs, liés à la magie noire et sont visiblement très compétents malgré le fait que cette unité soit récente.

- Mais je vais vivre de quoi? Je n'ai pas d'argent.

- Hermione, penses-tu réellement que des dispositions ne sont pas prises? Tu seras logée, nourrie et blanchie, le tout au frais de leur ministère. Et ils assureront ta protection en cas de besoin.

- Serais-je comme prisonnière ?

- Plutôt une invitée de marque. Les français ont le sens de l'hospitalité.

- Pensez vous que je serai utile ? Réellement ?

- Hermione, je n'ai rencontré qu'une seule personne plus intelligente que toi... il s'agissait de Dumbledore. Si quelqu'un peut les aider à résoudre ce mystère et à déchiffrer les notes de Severus, c'est bien toi.

- Vous n'avez personne d'autres je suppose ?

- Le plus apte aurait été Severus lui-même, tu t'en doutes bien mais les circonstances ont fait que ce n'est plus possible.

- Je vois... et... quand devrais-je partir?

- Le trente-et-un de ce mois.

- Après demain ? Mais je n'aurais jamais le temps de m'organiser, sélectionner les livres utiles, les objets essentiels, réviser des sorts d'enquêtes...

- Hermione, tu en seras capable et ils seront aussi là pour t'aider. Accepte-tu?

- Je..., dit elle lentement en réfléchissant une dernière fois, j'accepte... à une condition.

- Laquelle ?

- Je veux pouvoir voir mes parents si je le désire, qu'importe la sécurité nécessaire. J'ai dû leur effacer la mémoire et ignorer ce qu'il advenait d'eux, je refuse de revivre cela à nouveau.

- Nous arrangerons cela.

- Dois-je prendre un portauloin pour m'y rendre ?

- Tu t'y rendras en Eurostar. Plus discret. Ils t'attendront à Paris.

- Et... qu'ai-je le droit de dire à Harry?

- Que tu pars... tu peux même l'interroger sur Severus. Mais pas d'information sur l'enquête et sur ta destination. C'est une affaire classifiée.

- Je ferai de mon mieux.

- 31 août 1998- Domicile des Granger.

Hermione préparait activement ses derniers bagages, heureusement qu'elle maîtrisait désormais bien le sort pour créer un objet sans fond, mais cette fois, par commodité, c'était une valise trolley et non plus un petit sac comme l'année précédente. Elle avait pris de tout, des vêtements d'été et d'hiver, ne sachant pas du tout la durée de la mission ; mais aussi, comme à son habitude, de nombreux livres dont l'Histoire de Poudlard qui ne l'avait jamais quittée depuis qu'elle l'avait acquis. Dans sa chambre, se trouvait également Ginny et Harry. Celui-ci ne semblait pas trop accepter la situation.

- Je vais parler à Kingsley.

- Harry, fit Hermione calmement, je te l'interdis.

- Mais Mione, tu voulais terminer ta septième année avec Ginny.

- Harry, ce n'est pas un drame, fit la concernée.

- On ne saura même pas où tu seras.

- Harry, pour la centième fois, c'est pour ma sécurité.

- Si c'est si dangereux tu devrais refuser.

- Harry je veux le faire.

- Même mort Rogue pose problème c'est dingue.

Hermione n'arrivait pas à comprendre sa réaction, au final ils ne se verraient même pas, Harry ayant finalement décidé de débuter sa formation d'Auror.

- Harry... tu me manqueras aussi tu sais mais je ne m'inquiète pas, Ginny veillera sur toi, dit-elle avec un clin d'œil pour l'intéressée.

- Compte sur moi.

Harry s'assit en soupirant sur le lit de son amie. La séparation semblait déjà plus que compliquée.

- Pourquoi pas moi? On aurait pu partir tous les deux.

- Pardon ? fit Ginny offusquée. Tu m'as déjà laissée pendant une année et maintenant, tu repartirais? Tu es sérieux?

- Ginny, tu m'as compris. Mione ce sera trop dangereux.

- La sécurité sera assurée par des forces officielles, ils auront les moyens de le faire.

- J'abandonne, tu feras ce que tu veux de toute façon.

Hermione le prit dans des bras afin de remercier celui-ci de sa compréhension.

- Mione? fit Ginny. Est-ce à cause de ce qu'il s'est passé avec Ron?

- Ginny, il n'y a pas que ça... Tout ici me fait penser à ce qu'il s'est passé récemment. La mort de Cédric, Dumbledore, Remus et Tonks, Fred... et tous les autres. Plus... ce que j'ai subi. Même si ce qu'il a fait est dégueulasse tu ne dois pas rejeter ton frère Ginny.

- L'espèce de crétin...

- Écoutez, vous allez me manquer comme jamais, vous êtes comme ma famille l'un et l'autre. Je vais penser à vous à chaque instant mais je veux partir en sachant pertinemment que vous ne m'en voudrez pas et que vous ne chercherez pas à me trouver.

- Promis, fit le couple en chœur.

- Et puis n'oubliez pas de préciser que c'est à ma destination le courrier au ministre.

- Aucun problème.

- Je ne pourrai pas trop décrire où je suis, confidentialité oblige, mais je vous écrirai chaque semaine, je vous le promets.

- J'espère que tu ne partiras pas trop longtemps, fit Harry.

- Allez, vous devez partir, ils vont bientôt venir me chercher.

- Et il t'emmène où ? demanda Ginny.

- À mon moyen de transport Gin, bien essayé.

Ses deux amis prirent alors le soin de transplanner, la laissant seule devant sa valise. Un nouveau départ pour elle ne savait combien de temps. Elle posa un regard sur ce dossier et ce cahier appartenant au professeur Rogue, elle avait déjà essayé de comprendre son contenu en vain. Visiblement Rogue était non seulement un génie des potions mais aussi du cryptage, une pointure dans la sécurisation de documents. C'était de ça dont elle avait besoin, une véritable occupation, qui allait l'obnubiler longuement. Et puis, peut-être que le service d'enquête français lui laisserait du temps pour visiter la capitale et ses nombreux musées. Elle allait bientôt emprunter le Tunnel sous la Manche et changer de vie, mais au moins pourrait elle donner des nouvelles à ses parents. C'était dommage de n'avoir eu qu'un mois pour se retrouver même si pour eux, cela n'avait au final duré qu'un instant.

Elle entendit alors la sonnerie de la porte d'entrée, les Aurors étaient là, elle mit alors les affaires de Rogue dans son sac à main pour les étudier dans le train et descendit, regardant avec nostalgie sa chambre d'enfant...