Chapitre 5 : Membre à part entière.
- 10 septembre 1998 - Le Jaguarion -
Hermione avait été un peu traînée de force le long de l'Avenue d'Éden, directement vers le bar du Jaguarion. Hermione ne jugea pas le nom un peu particulier, connaissant des tavernes aux noms assez éclectiques également : Chaudron Baveur, Trois balais, Tête de Sanglier,... Naturellement l'unité lui avait expliqué que ce nom symbolisait totalement le côté très hybride du bar, celui-ci se trouvant certes dans le quartier magique mais possédait, selon eux, une décoration et une carte assez proche de ce que proposait les bars moldus. Naturellement Hermione savait ce qu'était un jaguarion: le croisement assez rare d'un jaguar et d'une lionne. Quand elle pénétra dans le bar, elle comprit cependant à quel point la culture moldue était présente, en effet, si il n'y avait pas des habitants en tenue de sorciers, elle se serait cru littéralement chez les moldus. La bande l'amena alors à une table avec deux banquettes, s'y installant aux côtés de Coralie et de Luc tandis que Jean et Delphine s'installèrent face à eux.
- Alors, fit Coralie voyant approcher une serveuse, qu'est-ce que tu bois ?
- Bièraubeurre, si possible...
- Bièraubeurre? fit Coralie surprise. Tu n'es plus à l'école...
- Je... je sais mais j'ai jamais rien bu de plus fort que du Whisky Pur Feur, et ça ne me réussit pas trop.
- T'inquiètes, alors cinq Vodka Sang Glacé s'il-vous-plait.
- Vodka ? Mais c'est fort... fit Hermione inquiète de l'état dans lequel elle risquait de se retrouver et de finir sous la table.
- T'inquiètes je t'ai dit t'habites pas loin et au pire Luc te portera.
- Ben tiens... fit le concerné.
La serveuse apporta les verres de cet alcool qu'elle ne connaissait pas et dont le liquide avait l'apparence de la glace. Elle le sentit et remarqua immédiatement la puissance au picotement de ses narines.
- Ho... Merlin... ça doit être fort.
- Une seconde, fit Jean. Un toast d'abord. À Hermione, le nouveau membre de l'équipe...
- Vous m'appelez plus la rosbif ? fit elle mesquinement.
- Ha non, plus maintenant, tu as prouvé que tu avais ta place, et désormais interdiction de se vouvoyer. On est tous à la même enseigne.
- À Hermione, firent les autres la gênant.
Ils burent tous cul sec et désireuse de ne pas se faire remarquer, elle fit de même avant de s'étouffer sous la puissance de l'alcool.
- C'est fort, fit elle en toussant.
- Et oui, une autre tournée, fit Luc à la serveuse.
- J'ai jamais été aussi heureuse de voir l'Angleterre débarquer, fit Delphine provoquant les rires sans qu'Hermione ne comprennent.
- On s'en serait bien passé de celle-là, fit Luc.
Coralie se pencha près de l'oreille d'Hermione.
- En France si tu dis que les anglais ont débarqué c'est que tu as tes règles.
Hermione se mit à rire tout en se disant que c'était très gênant.
- Maintenant le bizutage, fit Jean.
- Bizutage ? fit Hermione avec appréhension. Vous voulez que je fasse quoi? dit elle en yled regardant les uns après les autres.
- Ne t'inquiètes pas, fit Delphine. C'est une tradition de notre unité. Quand un nouveau membre rejoint l'unité, il doit obligatoirement nous raconter un des trucs les plus gênant ou choquant qu'il aie pu faire.
- Gênant ou choquant ? fit Hermione en réfléchissant alors.
Elle avait du mal à trouver quelque chose de gênant, elle était plutôt bon élève et ne se faisait pas remarquer, il y avait bien le coup de ses dents auprès de Madame Pomfresh mais elle ne voulait pas supporter des moqueries idiotes.
- Attends, nous aussi on doit t'en raconter, fit Delphine quand la serveuse apporta la tournée.
- Qui commence? demanda Luc.
- Moi, j'ai lancé le sujet alors... Lors de ma toute première opération comme médicomage il m'est arrivé un truc bizarre, je devais gérer l'ablation d'un poumon.
- D'accord, fit Hermione intéressée.
- J'ouvre mon patient, belle ouverture d'ailleurs... Et là je me rends compte que bizarrement les poumons vont bien... je comprends pas trop... je vérifie... Non... bon sans doute une chose que je ne vois pas.
- Tu as enlevé le poumon?
- J'étais à ça, fit elle en mimant un tout petit espace, et soudain l'infirmière me stoppe. Je m'étais trompée de salle d'opération, ce patient était venu pour une grosseur au pied...
Tout le monde se mit à rire, Hermione étant complètement effrayée que cela lui arrive un jour désormais.
- Ton patient a eu de la chance.
- Tu m'étonnes une opération gratuite hey, fit Jean.
- Depuis même à la morgue je vérifie trois fois que j'ai le bon dossier, conclut Delphine.
- À Jean, fit Luc.
- Ok, c'était il y a bien vingt ans, tout début de carrière. Attaché au cabinet d'un ministre.
- Protection ? demanda Hermione.
- Oui, tout nouveau poste j'étais content et j'ai décidé de faire du zèle. Un mec se pointe, je le contrôle et j'aime pas sa tête, il est... trop contrarié. J'insiste bien pendant trois-quarts d'heure au moins... il finit carrément à poil.
- Ho Merlin, fit Hermione, tu as trouvé quelque chose au moins?
- Même pas... sauf mon chef qui s'est mis à me hurler dessus. Je venais de mettre à poil le chef de cabinet sur qui je devais veiller... il avait été nommé le matin même et je connaissais pas sa tête.
Tout le groupe eut du mal à se remettre en buvant, recommandant une nouvelle tournée. Hermione commençait à apprécier la Vodka Sang Glacé.
- Bon moi, fit Coralie, c'était à Beauxbâtons...
- Je crois connaître l'anecdote, fit Luc.
- Ben tu la boucles. C'était le bal de Noël de ma sixième année, fête importante tu t'en doutes. J'avais prévu de m'offrir pour la première fois à Damien pour Noël.
- C'est romantique..., fit Hermione amusée.
- C'était prévu pour... sauf que j'étais... paniquée. On l'est un peu toute non?
Hermione hésita et préféra faire comme si elle savait et acquiesça.
- J'ai un peu bu...
- Un peu? C'est pas ce qu'on m'a rapporté, fit Luc.
- Bon... beaucoup... trop... au final j'ai fini à poil dans la Fontaine Flamel, et surtout toujours vierge.
Hermione rit alors surprise du résultat mais décida de demander ce qu'était la fontaine.
- Fontaine Flamel? Comme Nicolas Flamel?
- Ouais, en fait dans le parc de Beauxbâtons, se trouve une fontaine en l'honneur de Flamel et de sa femme Pernelle parce qu'ils en ont financé la construction, du château j'entends, avec leur or alchimique.
Hermione se souvint de l'histoire de Flamel qu'elle avait apprise en première année pour récupérer la pierre philosophale.
- On dit qu'elle a plein de pouvoirs mais bon... des légendes.
Hermione rit à nouveau et regarda Luc impatiente de connaître son anecdote.
- Qu'est-ce que je peux raconter?
- Moi, je sais fit Jean. L'année dernière, tu te souviens?
- Ho non... bon d'accord. On enquêtait sur un supposé mage noir sur le campus universitaire qui provoquait une vague de désinibation. On cherchait avec Jean et j'ai interrogé une sororité. Les filles de Gaïa.
- Les filles de Gaïa? demanda Hermione.
- Ouais, écologie etc... Bref, j'entre, elles sont trois et bizarrement je me sens pas à l'aise... vraiment pas.
- Attends je continue, fit Jean. Je le trouve vachement long... je vais à la sororité. On ne m'ouvre pas la porte. Je l'ouvre, j'entre et je tombe nez à nez avec un spectacle marrant.
Hermione regarda alors Luc avec suspicion, le lieutenant avait il profité de la sororité ?
- Il me voit en boxer en train de me débattre contre ces trois furies presque en manque. Je devais même en empêcher une de se déshabiller.
- Quel succès !!! fit Hermione amusée.
- Tu parles, ces trois folles fournissait des bâtons d'ambiance à allumer dans une pièce pour l'ambiance magique... sauf que l'une d'elle, qui n'avait plus de branche magique a prit autre chose...
- Quoi donc?
- Des cheveux de Vélanes, et donc c'était elle qui provoquait les effets désinibants sur le campus. J'ai cru qu'elles allaient me violer...
Hermione rit à nouveau imaginant bien la scène surréaliste.
- Bon ben tu te marres bien, fit Coralie, mais maintenant c'est à ton tour.
- Ho euh... fit Hermione réfléchissant.
Elle hésitait, que pouvait-elle bien raconter? Puis une idée lui vint.
- En sixième année, j'ai jeté un sortilège de confusion sur un garçon au Quidditch pour que celui dont j'étais amoureuse puisse réussir les essais, fit Hermione honteuse.
Personne ne rit alors, elle fut un peu déçue.
- Un sortilège sur un condisciple, t'as rien de mieux? demanda Luc.
- Tu baisses dans mon estime, fit Coralie.
- Disons que j'étais assez sérieuse.
- Allez un truc rigolo, fit Coralie.
Hermione réfléchit et se souvint qu'il y avait bien eu un truc gênant, très gênant même pour elle. Au départ elle allait parler de McLaggen chez Slughorn, regrettant de l'avoir invité mais c'était stupide alors que cette anecdote allait les faire rire...
- Bon d'accord, fit Hermione décidée, mais c'est un peu compliqué, il vous faut du contexte. Alors durant ma deuxième année à Poudlard, nous avons subi plusieurs attaques d'un Basilic qui était caché dans Poudlard depuis longtemps.
- Un basilic ? fit Jean. Vous aussi vous avez des dingues qui ramène tout et n'importe quoi.
- C'était à Salazar Serpentard... une seconde nous aussi?
- Ouais y a un truc dans les tunnels sous Beauxbâtons, ils sont fermés normalement. À moins qu'il n'y soit plus? fit Delphine en regardant Luc, le dernier sortit de l'académie française.
- Il y est toujours et c'est toujours le gros défi.
- Vous parlez de quoi ? demanda Hermione.
- En fait, fit Jean, il y a près d'un siècle, voire deux... Un élève de dernière année, très doué en créatures magiques et sortilèges a eu la bonne idée, après avoir réduit sa taille et lancé un sort de longévité dessus, de ramener un Nundu.
- Un Nundu? Et je croyais Poudlard dangereux.
Le Nundu est une sorte de léopard géant originaire d'Afriquedel'Est. Àl'âge adulte, il peut atteindre une taille équivalente à certains dragons.Anthropophage,ilest extrêmement dangereux etdifficile à arrêter du fait desa granderésistance à lamagie.Chasseur hors pair,totalement silencieux quandilse déplace, il est également connu pour posséder un souffle véhiculant une maladiemortelleet extrêmement contagieuse,capable de décimer desvillages entiers. Le genre de créatures qui plairait grandement à Rubeus Hagrid.
- Mais au moins il n'émet plus le gaz mais c'est un gros défi pour les dernières années, on aime bien partir à sa recherche. Bref continue.
- Euh oui, ... donc pour le Basilic on savait une rumeur sur un héritier de Serpentard. Et Harry était convaincu que c'était Drago Malefoy, une vraie fouine, fils de mangemorts par dessus le marché... bon ça c'est une autre histoire. Bref, il fallait pénétrer dans le cachot des Serpentards, c'est leur dortoir, ajouta-t-elle en voyant que certains allaient le lui demander, et on a...
Hermione hésitait, après tout c'était son idée à elle alors... autant revendiquer.
- Et j'ai décidé de réaliser du polynectar pour l'infiltrer, on a récupéré des cheveux sur ses acolytes et hop on a bu. Sauf que... moi accidentellement, ce n'était pas un cheveu mais... un poil de chat, j'étais affreuse...
Elle haussa les yeux pour les regarder, trouveraient-ils ça drôle ? Ils se mirent à rire mais étaient tout de même surpris.
- Tu as été capable de faire du Polynectar en deuxième année ? fit Luc impressionné.
- Hermione... fit Coralie.
- Quoi?
- Épouse moi ma petite potionniste de génie.
Hermione rit alors de cette phrase et profita un peu des compliments.
- Quand je pense que j'ai dû attendre la quatrième année pour réussir ça, fit Coralie tout bas.
- Pour quelle raison ? demanda Hermione sur le même ton. Un truc secret ?
- Non, futile... je me demandais à quoi ressemblait un garçon à poil, fit elle avec un clin d'œil.
Hermione fut étonnée, ne sachant si c'était une blague ou la plus pure vérité. Tant pis, elle profiterait de la soirée et de l'alcool.
- Logement de fonction d'Hermione -
Hermione rentra tout en titubant jusque chez elle, guidée, il faut bien le dire par Luc qui semblait largement moins ivre. Elle percuta son canapé en riant bêtement.
- Je crois qu'on te fera plus boire autant...
- Mais si... je me suis éclatée...
- J'ai vu ça...
Il faut bien reconnaître que le spectacle avait été spécial : au bout du huitième verre, elle s'était mise à danser sur la table risquant surtout une chute et c'est ce qui avait poussé Luc à mettre fin à la soirée. Mais l'air pur de l'Avenue d'Éden semblait lui avait fait recouvrir une bonne partie de ses moyens même si elle était toujours un peu euphorique. Et pour une fois, ses traumatismes étaient noyés sous les effluves alcooliques. Cependant elle vit deux choses sur la table basse la première, qu'elle lut à voix autre, était une note de Fanny.
- "Mademoiselle Hermione, je vous ai mis un gratin de pâtes au frais, ma petite spécialité." Elle est adorable... je l'adore... oulala ça tourne.
- Une bonne nuit de sommeil et une gueule de bois et tu seras comme neuve.
- On boit plus?
- On va éviter...
Elle s'intéressa alors à la deuxième chose sur la table basse: une lettre.
- Ho... une lettre... hips... C'est Harry... comme c'est gentil... il se souvient de moi...
Elle lut alors du mieux qu'elle pût sous le regard inquiet de Luc qui visiblement s'en voulait de l'avoir fait autant picoler.
- " Ma très chère Mione," C'est moi...
- Tu vas vraiment la lire à voix haute ?
- Bah toute façon c'est filtré alors... j'ai plus de vie privée...
- Laisse tomber...
- " Ma très chère Mione, j'ai bien reçu ton courrier mais il était pas mal effacé, plein de trous, visiblement tu ne dois pas pouvoir trop en dire..." Des trous... comme les fromages Hihihi... Vais peut-être m'asseoir...
- Tu es assise.
- Ha oui..., c'est vrai. " Je suis heureux de savoir que tu te plais là où tu es et j'espère cependant que ce n'est pas trop dangereux" Il est gentil hein?
- Oui oui, fit Luc amusé.
- " Ma formation d'Auror se passe bien, mais comme tu t'en doutes, j'ai des difficultés pour les potions et pour rendre mes devoirs à temps". Bah en même temps t'as plus Hermione Granger pour faire tout le boulot... fit elle en jetant ses chaussures dans la pièce.
Elle vit Luc ramasser en râlant ses chaussures.
- " Je vais te donner des nouvelles de tout le monde. Ginny arrive à suivre ses cours mais tu lui manques, comme à Luna, et en plus elle s'apprête à passer des essais pour intégrer les Harpies de Holyhead après ses ASPIC." Hooo mes copines aussi me manquent...
Elle regarda alors la photo de ses amies sur le mur avec un sourire nostalgique et fit signe à leurs images de la main.
- " Neville n'y est pas retourné, il a accédé à une formation pour botaniste et voyage un peu partout. " Un qui est pas prisonnier au moins.
- Dit elle après une sortie au bar, fit Luc.
- Gna gna gna... " Georges reprend du poil de la bête, il a repris le travail malgré la mort de Fred..."
Ces quelques mots firent qu'Hermione redescendit un peu de son perchoir alcoolique. Et Luc la regarda inquiet s'attendant peut-être à des larmes.
- " Cela rassure Molly tu t'en doutes même si elle reste inconsolable, surtout que tu lui manques également, elle est convaincue que tu es en train de risquer ta vie à cause de ce qui s'est passé cet été..."
Elle regarda alors Luc et se remit à lire uniquement pour elle quand elle vit son inquiétude.
" Arthur par contre assure l'intérim en Études des moldus à Poudlard en attendant un nouveau professeur... Au fait McGonagall te souhaite beaucoup de réussite dans ton activité quelle qu'elle soit. Bill et Fleur vont bien et semblent penser à agrandir la famille. Toujours pas grand chose sur Charlie tu t'en doutes mais les liens avec Percy semblent revenir à la normale."
Hermione déglutit quand elle vit le début de la phrase suivante.
" Quant à Ron, je vais te l'annoncer moi-même car je ne sais pas si tu as accès à la Gazette mais comme les journalistes ne nous lâchent plus tu le sauras tôt ou tard. Je suis désolé de te l'apprendre par courrier mais Ron s'est remis avec Lavande et s'affiche un peu partout avec. Autant le dire..."
Hermione ne finit pas sa lecture qui indiquait que Molly n'appréciait pas la situation après ce qu'il lui avait fait et qu'il espérait recevoir bientôt d'autres nouvelles. En effet, elle déchira nerveusement sa lettre en éructant de colère.
- Espèce de bouse de troll... comment il a pu oser. Il y a pas deux semaines il me demandait de revenir et là il s'affiche avec cette grognasse, hurlait-elle en anglais.Tu es une merde Ron, un enfoiré, un salaud, un gros connard ingrat de tout ce que j'ai fait pour toi.
Hermione aggripa la photo de la famille Weasley et la lança dans le mur, pulvérisant le cadre sous le choc.
- Ho... pardon les Weasley.
Elle s'empressa de récupérer la photo, comme si elle s'en voulait de leur avoir fait peur. Elle pu voir comme si ils regardaient tous méchamment Ron.
- Tu es un moins que rien... je suis bien contente de t'avoir dit la vérité !!! SALE CON!!!
Elle sentit deux mains se poser sur ses bras.
- Calme toi d'accord... Je t'ai préparé une potion pour dormir.
- Je veux pas dormir, je veux boire encore pour oublier ce... ce... ce Ronald. Il devrait être une insulte à lui tout seul.
Elle se sentit guidée vers sa chambre et être allongée sur son lit.
- Tu bouges plus... Tiens prends la potion.
Elle prit ce que Luc lui donnait et tapota sa joue de sa main droite.
- Toi au moins t'es gentil.
- Merci bon, maintenant plus d'alcool et tu dors, ça va faire effet, je laisse la porte entre les deux logements ouverte au cas où tu serais malade.
- Tu restes pas?
- Et non... Désolé...
- Mais pourquoi? On peut parler...
- Tu as tellement bu que je suis pas sûre que tu te souviennes où tu es alors pas de discussion, dors.
- Bon... merci Luc.
- Bonne nuit, je ferai pas de bruit demain matin. Bien la première fois que je vois une britannique qui ne tient pas l'alcool.
Elle était là, allongée sur le sol froid souffrant le martyre sous la baguette de cette ignoble sorcière au regard empli de folie. Ses jambes avaient déjà été longuement torturées et Bellatrix s'apprêtait à s'attaquer au reste.
- Je repose la question ! Où avez-vous eu cette épée ? Où ?
- Nous l'avons trouvée… nous l'avons trouvée… S'IL VOUS PLAÎT ! hurla Hermione sentant un énième sortilège lui lacérer le ventre.
Dès l'instant où la mangemort sadique bougeait sa baguette, Hermione pouvait sentir sa peau s'écarter lentement ouvrant des plaies qui ne saignaient pas mais dont la douleur semblait encore plus grande. C'était comme si un scalpel lui effleurait la peau à chaque passage. Chaque écartement lui arrachait un cri de douleur plus fort encore sue le précédent. Bellatrix se pencha sur elle, arborant son sourire machiavélique. Hermione n'arrivait plus du tout à réfléchir, chaque parcelle de sa peau lui faisant mal.
— Tu mens, immonde petite Sang-de-Bourbe, et je le sais. Vous avez pénétré dans ma chambre forte, à Gringotts ! Dis-moi la vérité, dis-moi la
vérité !
Une nouvelle lacération, sous son sein gauche qui lui fit émettre un autre cri désespéré, après ses jambes et son ventre, la sorcière semblait encline à s'en prendre à sa féminité.
— Qu'est-ce que vous avez pris d'autre ? Qu'est-ce que vous avez emporté ? Dis-moi la vérité ou je te jure que je te transperce avec ce poignard !Qu'avez-vous pris d'autre ? Quoi d'autre ?RÉPONDS-MOI ! ENDOLORIS !
L'écho des hurlements d'Hermione résonnait sans aucun doute d'un bout à l'autre du rez-de-chaussée tandis que son corps était secoué de soubresauts. Elle espérait que cela cesse quitte à sombrer dans la folie à jamais comme les Londubat. Au moins cela serait fini.
- Tu vas finir par répondre, tu vas voir ma petite Sang-de-Bourbe. Tiens, tu vas l'arborer ton nom. Cet endroit sera pas trop mal, tu le verras souvent...
Et Bellatrix plongea alors la lame dans son bras commençant sa macabre scarification. Elle commença par le S qui serpenta sur sa peau dans une douleur bien plus brûlante qu'avec sa baguette. Suivi la boucle du A douleureuse car Bellatrix prit soin d'y passer deux fois ce qui faisait bien rire Bellatrix d'ailleurs, le N lui, fut bien moins douloureux comme préparant le G qui la fit hurler lors de la grande boucle.
- Non non non non... arrêtez noooooooon!!!!
Elle était maintenant secouée, de plus en vite. Entendant un cri de crainte.
- Hermione...
Cela devait être Harry qui venait la sauver, enfin... Ou alors Ron... Non il ne fallait pas que ce soit Ron. Il viendrait finir ce qu'il avait commencé devenant, dans un acte horrible, pire encore que la mangemort, prêt sans honte à lui prendre la seule part d'innocence qu'il lui restait.
- Hermione. Réveille toi...
- Ron! Non! Je ne veux pas, fit elle en pleine panique.
Cette fois, elle ne se laisserait pas faire, de sa main droite elle griffa le visage penché sur elle dans l'obscurité totale. Et elle suivit d'un coup de pied au ventre pour le repousser. Elle attrapa sa baguette en se redressant, brandissant celle-ci, prête à lui faire payer. Cependant, l'ombre par terre saisit son bras, la tirant en avant. L'ombre passa rapidement dans son dos, passant ainsi son bras autour d'elle, et maintint sa main tenant la baguette suffisamment loin. Elle était prise au piège, il allait la violer, comme il voulait, elle serait à sa merci, incapable de se défendre, il était plus fort qu'elle.
- Lâche moi salaud..., fit elle sentant les larmes couler sur ses joues.
- Calme toi Hermione, fit une voix en anglais. Je ne te ferai jamais de mal. C'est Luc... Calme toi...
- L... Luc?
Elle semblait réaliser où elle était et d'un coup de baguette magique alluma les lumières. Elle fut relâchée de l'étreinte de soumission et se retourna.
- Ho Merlin Luc, je suis désolée, dit elle en voyant le sang sur sa joue.
Elle lui avait littéralement saccagé la joue, la lacérant de ses ongles pour se protéger. Elle le guida dans son salon et le fit s'asseoir sur son canapé et alla chercher la trousse de premiers soins. Elle s'assit en face de lui gênée.
- Tu vas bien? demanda-t-il.
- Oui, je... je suis gênée... tu dois me prendre pour une folle.
- J'ai entendu tes cris.
- Quoi?
- Tu hurlais de te lâcher, de lâcher ton bras.
- Ho... la guerre. Ça arrive.
Elle mit du désinfectant sur sa plaie et se souvint de tout ce qui s'était passé avant de dormir. Elle fuyait son regard, par honte et surtout pour éviter qu'il ne demande à voir son bras.
- Désolée du spectacle.
- On aurait pas dû te faire boire autant, on est prévenu.
- Je n'ai rien dit ou fait de gênant ?
Elle se souvenait vaguement qu'il l'avait emmenée dans sa chambre mais pas du reste et espérait quand même s'être tenue correctement.
- Disons que je connais assez peu de femme aussi directe. Et ces propositions...
- Quoi? J'ai fait quoi?
- Rien je voulais te mettre mal à l'aise... Aïe...
Vexée, elle avait appuyé la compresse plus fort sur sa joue, remarquant qu'elle avait griffé profondément.
- Imbécile. C'est franchement pas drôle.
- Je sais. Tu fais ce genre de rêve souvent ?
- Toutes les nuits... mais là, peut-être à cause de l'alcool c'était plus réel... comme si je le revivais. Je peux te faire un café, un thé ?
- Un café.
Elle voyait bien que Luc voulait lui demander quelque chose et elle avait peur de devoir se justifier. Le café était une bonne diversion.
- Ronald et Ron sont bien la même personne n'est-ce-pas ? Ton ami?
Elle se figea devant le placard en cherchant le sucre.
- Oui, c'est bien le même.
Elle apporta ensuite le café et elle n'osait pas regarder son équipier. Elle espérait qu'il change de sujet, sauf que forcément un officier de justice savait faire des liens.
- Ce Ron, il t'a...
- Hein? Non non... il m'a... non il ne m'a pas violée si c'est ta question.
- C'était lui le fameux garçon pour qui tu as lancé un sort de confusion ?
- Oui, fit elle honteuse. Je pensais que je l'aimais en fait.
- Si tu veux que j'évite le sujet...
- Je préfère en effet.
- Et le premier cauchemar ?
- Le premier ?
- Celui qui te faisait hurler. C'était sans doute bien pire...
- Je préfère éviter aussi.
Elle le regarda en suppliant comme pour lui demander de laisser tomber et d'oublier.
" Ne me pose plus de questions je t'en prie, je ne veux pas en parler..."
- Hermione...
- Je veux rien te dire...
- Si un jour tu veux en parler, n'hésite pas. Que ce soit de Ron ou de tes cris. Tu peux me parler, je resterai muet.
- Merci mais je ne suis pas encore prête à en parler. C'est trop présent encore. Mais merci de t'être inquiété.
- Sacrée façon de me remercier, fit il en touchant sa joue.
- Arrête, je m'en veux suffisamment déjà.
- Bon, fit il en se levant après avoir bu son café. Essaye de te rendormir, tu vas en avoir besoin...
Il passa devant elle et elle attrapa son bras. Il la regarda surprise.
- Tu veux bien rester... discuter s'il-te-plaît, préféra-t-elle préciser.
- Si tu veux, fit il en partant se rasseoir.
- Tu veux parler de quoi?
- Ben en fait..., réflechit-il, tiens parle moi de la répartition à Poudlard.
Et forcément lancer Hermione Granger sur Poudlard était une façon facile de lancer une longue conversation. D'ailleurs elle fit le détail des maisons, de la répartition et même les discours du choixpeau y passèrent et alors elle finit sur sa propre répartition.
- Et là le choixpeau a choisi Gryffondor pour moi. D'après McGonagall je suis une des élèves sur laquelle il a mis le plus fe temps, je correspondais à ce que pouvait attendre chaque maison d'une élève.
- Tu devrais écrire des livres tu sais.
- C'était long? dit-elle un peu blessée.
- Dans le bon sens Hermione, je sens bien que tu adorais Poudlard.
- C'était un nouveau monde pour moi, tu vois. Je voulais être une sorcière talentueuse.
- Tu l'es.
- Pfff...
- Polynectar en deuxième année.
- Oui c'est vrai... Et puis d'autres choses...
- Du genre?
- Retourneur de temps en troisième...
- Sérieux ?
- Je voulais suivre toutes les options.
- Merlin...
- J'ai aidé Harry pendant le tournoi, en cinquième j'ai eu l'idée de cours pour éviter le ministère qui donnait un enseignement théorique.
- Et tu oses penser que tu n'es pas talentueuse? Tu as fait plus que certains en une carrière.
- Mais bon... parle moi de Beauxbâtons.
- Notre répartition ?
- Oui.
- Bien moins spectaculaire... tu te souviens de la Fontaine Flamel? C'est elle qui fait la répartition.
- Comment?
- Entre tes mains, tu pends une quantité de l'eau de la fontaine. Tu dois te placer au dessus des deux jarres. Une par maison.
- Vous n'avez que deux maisons ?
- Oui, la rose et les épines.
- Mais les deux forment un tout...
- Voilà. Tu comprends vite.
- Et les deux maisons correspondent à quoi?
- La rose est la maison qui symbolise la connaissance et l'apparat, sensés devenir les guides. C'est un mélange de Serpentard et Serdaigle... je prononce bien?
- Parfaitement.
- Les épines, c'est le talent et l'esprit combattif, prêt à défendre les siens. Gryffondor et Poufsouple.
- Poufsouffle, corrigea Hermione.
- Donc le filet d'eau que tu laisses écouler de tes mains va onduler dans l'air et finir dans la jarre qui t'es destinée.
- Tu as fini où?
- Les épines. Mais il n'y a pas toute cette compétition comme chez vous. Même plutôt l'inverse, un ensemble. Les épines aident souvent la rose pour tout ce qui est sortilèges et métamorphose. La rose nous aide pour les potions, l'histoire, l'étiquette...
- L'étiquette ? Vous avez des cours pour apprendre à vous comporter en société ?
- Oui, mais c'est un peu vieillot quand même.
- C'est vrai que les élèves de Beauxbâtons semblaient dignes et bien éduqués.
- Tu parles au passé ?
- Disons que quand je vois notre unité... ça dénote un peu.
- Tu viens de dire un truc qui me fait énormément plaisir Hermione.
- Que vous dénotez? En quoi ça te fait plaisir ?
- Mais non... tu as dit notre unité. Cela veut dire que tu te sens à ta place.
Hermione se surprit en effet à le penser, elle découvrait une vie différente, un monde différent et surtout des gens différents qui ne la voyait pas juste comme une héroïne de guerre ou la fidèle comparse d'Harry Potter. Mais comme une personne à part entière, un membre de leur unité à part entière, en qui ils avaient confiance et à qui elle pouvait faire confiance.
- Luc... Tu as des regrets ?
- Du genre?
- Avoir quitté Beauxbâtons pour rejoindre l'UMEC? Tu aurais pu faire autre chose...
- Franchement ? Je n'en ai aucun, je suis devenu quelqu'un de différent, meilleur peut-être même, mais surtout utile.
- Je comprends.
- Hermione...
Elle espérait qu'il ne repose pas une question sur ses rêves.
- Regrette-tu ta vie?
- Ça m'est arrivé... je me suis un jour demandé si ma vie n'aurait pas été plus simple si j'étais dans une autre maison.
- C'était quand?
- L'année dernière, j'étais cachée avec Harry, on ne restait jamais longtemps au même endroit.
- Que tous les deux?
- Ron nous avait abandonné, cet espèce de lâche... Hum, et là oui, on avait faim et froid et on ne voyait pas le bout du tunnel... Je me suis dit que si j'étais à Poufsouffle par exemple et bien je serais restée avec mes parents...
Hermione eut une larme au coin de l'œil en songeant à ses parents, leur absence.
- Désolé, j'aurai pas dû demander.
- Non, c'est parce qu'ils me manquent. Je venais de leur rendre leur mémoire...
- Pardon?
- Ha oui... je... je leur ai lancé un sortilège d'oubliettes avant de partir pour cette quête avec Harry. Pour... tu vois.
- Pour que si tu meurs, ils ne ressentent pas ta perte?
- Tu as compris...
- Ce n'est même plus du sacrifice à un tel point.
- Quoi?
- Hermione, c'est plus qu'impressionnant. Tu as sans aucun doute accompli un acte qui mériterait à lui seul d'être cité en exemple. Naturellement tu as accompli d'autres choses héroïques mais ce geste... c'est un acte supérieur à la bravoure. Tu étais prête à disparaître de leur existence pour leur bien.
Hermione regardait Luc surprise, il semblait comprendre bien plus que quiconque ce qu'elle avait ressenti et réalisa que lui avait du faire de même, quitter des amis et peut-être sa famille pour infiltrer un groupe criminel risquant sa vie. Elle le regarda se lever du canapé.
- Ne m'en veux pas mais je commence à être fatigué.
- Bonne nuit Luc, et merci.
- De rien, dit il en approchant de la porte de séparation qu'il s'apprêtait à refermer.
- Luc... ne la ferme pas totalement. Je serai... rassurée.
- Pas de problème... Hermione?
- Oui?
- Je suis vraiment content de t'avoir rencontrée, et impressionné. Et puis j'aime bien nos petites comparaisons.
- Quand tu veux, on reprend où on s'est arrêté.
- Avec plaisir, fit il en plaçant la porte contre la fermeture, juste une légère ouverture.
Hermione se sentait en ce fait assez rassurée et avant de tenter de retourner se coucher, elle ramassa la lettre d'Harry pour la remettre en forme, désireuse de relire les nouvelles des siens. Elle se demandait quand elle recevrait une lettre de ses parents, sachant que les leurs seraient bien plus filtrées que celle d'Harry. Hermione comprenait maintenant pourquoi elle se sentait bien dans cette unité : ils partageaient leurs connaissances les uns avec les autres. Et c'était pareil avec Luc Bertier, elle discutait longuement de Poudlard et il l'écoutait sans jamais lui dire qu'elle était énervante à force de parler, chose que certains lui avaient souvent dites. De plus, il semblait aussi intéressé qu'elle à l'idée de découvrir, par témoignages interposés, la vie d'une autre école. Elle était de plus en plus contente d'avoir finalement accepté cette mission de la part de Kingsley Shacklbolt, cette expérience, elle ne l'oublierait sans doute jamais.
