Chapitre 6 Des progrès plus que lent

- 18 septembre 1998 - Paris, Treizième arrondissement

Hermione attendait nerveusement installée dans la voiture garée en plein dans la rue Jeanne d'Arc dans le treizième arrondissement parisien avec Coralie. Elle se remémorait les derniers jours assez énervants à ses yeux.

Tout d'abord, elle vivait une contrariété des plus grandes: elle avait découvert pourquoi ses parents ne lui avaient pas répondu. En effet, le ministère anglais de la magie avait estimé qu'il serait trop dangereux pour elle que ses parents lui répondent et n'avait même pas transmis les courriers d'Hermione. Cela, elle l'avait appris par le Capitaine Martin qui l'avait vue légèrement démoralisée et lui avait posé la question. Elle ne savait, et ne le saurait jamais sans doute, comment son capitaine obtenait ce genre d'information.

Ensuite l'enquête piétinait totalement, en même temps, essayer de trouver les contacts d'une prostituée s'apparentait assez à la réussite d'une épreuve olympique. Ce qui fait qu'avec Coralie, elle arpentait les divers bordels sorciers de Paris et sa proche banlieue en interrogeant une à une chaque prostituée de ces dits bordels.

Il y avait quand même eu des choses appréciables dans cette semaine. La première était qu'Hermione arborait un nouveau look: veste en cuir et capuche, sweat manche longue et jean, très décontracté lui rappelant même sa tenue lors de la bataille de Poudlard ; mais surtout sa nouvelle coupe de cheveux, elle avait dit au revoir à sa longue chevelure indomptable et avait fait place à un carré court dégradé. Malgré la proposition de Coralie de faire une couleur, Hermione avait gardé sa teinte brune habituelle. Selon les dires de Jean, elle faisait de plus en plus flic.

C'était la seconde chose qu'elle avait apprécié, que l'équipe lui enseigne d'autres techniques de l'UMEC. Elle avait ainsi appris le déplacement tactique et ses signaux et comment se déplacer dans un bâtiment où une menace est estimée : le bras gauche plié parallèlement au sol et tenant une éventuelle lampe torche, et le bras droit armé de la baguette posé dessus. Plus de précisions et de sécurité dans les actions ainsi qu'un calme relatif avaient ainsi été acquis par Hermione. De même, et par Delphine plus précisément, elle avait appris à gérer des scènes de crimes sans la contaminer magiquement, afin de ne pas perturber les preuves. Luc, avec son humour légendaire désormais, lui avait alors dit qu'elle emmagasinait l'équivalent de plusieurs mois de stages en quelques jours. C'était surtout le fait que l'équipe le lui explique clairement et calmement dans une ambiance détendue et rassurante, qu'elle avait pû tout mémoriser, même si son intelligence y était aussi pour beaucoup.

Malgré ces quelques bons moments, l'approche d'une certaine date commençait à lui taper sur le système. Et l'attente tout court en réalité, car cela faisait effectivement un moment qu'elles attendaient toutes les deux.

- Pff... des horaires... incroyable, fit Hermione en jetant le bloc-notes sur le tableau de bord de la voiture.

C'était aussi quelque chose qu'elle avait découvert dans cette unité : les déplacements dans Paris se faisait en voiture si il était impossible de s'y déplacer en transplannant avec suffisamment de discrétion. Et donc se rendre dans les lieux très fréquentés se faisait très lentement.

- Hermione, pourquoi tu t'énerves? fit Coralie en posant son magazine.

- Tu y crois toi? Un bordel qui fait des demi-journées de congés ?

- Bah je sais pas, au cas où je suis lieutenant pas maquerelle.

- Merci je sais bien...

- Tu devrais fumer ça te calmerait.

- Je déteste le goût.

- T'as essayé qu'hier. Réessaye.

- Pff je préfère mâcher un chewing-gum pendant des heures si il le faut.

Elle avait aussi découvert cela, la planque était synonymes de mauvaise hygiène de vie: clopes et malbouffe pour tout le monde. C'était pas vraiment son style mais elle s'y habituait sauf au tabac. Heureusement, seuls Coralie et Jean fumaient quotidiennement, les autres étaient plus sur une consommation occasionnelle pour s'occuper dans cette situation.

- Hermione ?

- Oui?

- Guides à cheval, en cinq lettres.

- Rênes.

- Merci.

Coralie passait son temps comme cela en faisant des mots flèchés, Hermione en lisant des romans moldus, plus discrets forcément, mais même si Stephen King écrivait des romans de qualités, cela était lassant.

- Tu sais ce que je comprends le moins? Comment il peut y en avoir autant?

- De bordel sorciers?

- Non de prostituées.

- Ho tu sais, fit elle en posant son magazine, à force il y a de tout: celles dans la merde, celles qui ont des gosses mais aucun moyen de leur filer à bouffer, celles forcées quand même... et celles qui aiment le sexe parfois.

- Aimer le sexe, je peux comprendre mais au point de coucher avec des inconnus même pour de l'argent.

- Allons... "aimer le sexe, je peux comprendre", tu vas pas me dire que t'aime pas ça ?

Hermione venait de se placer sur une pente glissante car, commençant à connaître Coralie, elle ne la lâcherai pas. Et elle allait à nouveau tenter de noyer le poisson.

- Mouais... ça dépend.

- Il y a bien des choses que tu préfères... tu peux me le dire, entre filles...

- Pas trop non.

Hermione entendit alors Coralie refermer totalement son magazine prête à obtenir ses réponses.

" Et voilà, c'est parti pour les questions gênantes."

- Hermione... tu as déjà croqué la pomme?

- Reste concentrée.

- Tu noies le poisson là, et puis pour interroger les prostituées on a le temps, on attend juste qu'il ouvre.

- Bon...

- Alors?

- Je suis vierge, t'es contente? Franchement qu'est ce que ça change ?

- Mais rien... holala qu'est ce que t'es susceptible depuis deux jours.

Deux jours, exactement le nombre de jours depuis lesquels elle savait les magouilles de son ministère pour la priver de ses parents, donc il fallait bien avouer qu'elle était assez à cran.

- Désolée Coralie, des problèmes avec le ministère anglais... Ça me prend la tête.

- Ok ok... et t'as jamais été tentée ?

- C'est gênant d'être vierge à dix-huit ans?

- Non, je demande juste histoire d'occuper le temps. Et d'obtenir des ragots aussi, fit Coralie en riant. Détends toi Hermione je plaisante. Sérieusement ? Jamais personne n'a attiré suffisamment ton attention pour cela?

Hermione réfléchit alors un instant, sachant pertinemment que Coralie insisterait longuement.

- Il y a bien eu un garçon...

- Je suis toute ouïe, fit Coralie intéressée.

- J'étais en quatrième année, c'était le premier garçon à s'intéresser à moi... Et ce n'était pas que physique, je précise, nous discutions énormément, il était intelligent en plus d'être sportif. Mais à part quelques baisers, et c'était la première fois que j'embrassais un garçon, ce n'est pas allé plus loin.

- Tu ne voulais pas?

- En fait, il m'a même invitée pour passer des vacances chez lui. Et je crois que si j'étais allée en vacances chez lui, j'aurai été plus loin.

- Haha... Cela ne s'est pas fait ?

- C'est l'année où Voldemort est revenu...

- Il est...

- Non, mais je me suis consacrée à la lutte. Puis il y a eu mon ex.

- Et avec lui?

- J'étais pas sûre de ce que je ressentais pour lui mais en plus il était pressant.

- Ha... il y a des mecs comme ça.

- Il insistait chaque jour, et essayait même de me voir nue.

- Ho le gros lourd... Mais j'aurais pas cru, on dit toujours qu'en temps de guerre les gens ont peur de mourir et se laissent aller.

- Durant cette année, le seul garçon avec qui je me suis retrouvée seule c'était Harry.

- Et?

- Beurk... il est pas moche hein mais c'est comme un frère, tu vois, cela aurait été plus que bizarre.

- Je peux comprendre... Mais tu trouveras bien un mec qui le mérite.

- Très drôle...

- Je te jure, il y en a des biens, regarde Damien... Mais pas touche il est à moi.

- Ce serait pas mon genre, fit Hermione en regardant la rue. Hey... des clients sont entrés.

- Voilà on peut y aller. Sauvée par le gong.

- J'avais répondu...

Les deux enquêtrices se dirigèrent vers la porte, l'ouvrant maintenant sans difficulté. Hermione fut surprise, comparée aux autres maisons closes qu'elles avaient arpentées, celle-ci avait un côté luxueux et intéressant, très distinguée même malgré ce qui pouvait s'y dérouler. Une femme brune en robe de soirée décolletée se tenait là avec devant elle une sorte de guichet et les regarda avec surprise. Les deux jeunes femmes sortirent leurs plaques.

- UMEC, fit Coralie, Lieutenant Sargue et Grangé, fit elle.

C'était comme ça que l'équipe avait choisi de présenter Hermione reprenant avec amusement la prononciation erronée de Luc dans la gare de Paris Nord à son arrivée. Ils avaient tous décidés cela car, par soucis de respect des procédures, lorsqu'ils faisaient ce que l'on appelle l'enquête de voisinage, ou tout ce qui pouvait s'en approcher comme les maisons closes pour Sandrine Duchemin, ils devaient la nommer. Au début, avec humour, il lui avait dit de se choisir un nom avant de lui proposer avec mesquinerie les noms de famille de l'équipe championne du monde. Hermione avait failli ainsi s'appeler Blanc, Deschamps ou, le plus étrange de tous Hermione Zidane... Ce n'était clairement pas d'une finesse établie et Hermione avait suggéré Grangé. C'était désormais normal.

- Bonjour, nous sommes en règle, nous avons les autorisations nécessaires et toutes nos filles subissent les tests médicaux nécessaires de façon hebdomadaire à Saint Eustache.

C'était le détail surprenant dans les maisons closes sorcières de Paris, car là où les moldus avaient interdits leurs existences, les sorciers avaient plutôt préférés encadrer complètement la profession, les prostituées possédant même des droits à la retraite sachant pertinemment qu'elles payaient des impôts. Et les consignes de sécurités médicales et sanitaires dans ce genre d'endroit étaient très étudiées mais comme partout, il y avait fraudes, dérives et abus... Hermione avait aussi découvert à force le nom de Saint Eustache, hôpital sorcier situé sous le château de Versailles et tout aussi richement décoré et accessible uniquement par cheminée à cause des problèmes liés aux touristes. En effet, cinquante ans plus tôt, un jardinier s'était retrouvé magiquement transporté à Saint Eustache et avait sombré dans une folie passagère à cause des visions des patients atteint de pathologies magiques.

- Nous ne venons pas pour un contrôle de routine, fit Hermione sortant une photo de Sandrine Duchemin, nous aimerions savoir si vous connaissez cette femme. Elle se fait appeler Lady Poison.

- Ho Sandrine, oui je la connais. Il lui est arrivé quelque chose?

- Elle a été assassinée il y a quelques mois, fit Coralie.

- Ho Merlin, ça explique qu'on ne la voit plus.

- Cela ne vous a pas étonnée? demanda Hermione.

- Nous avons cru qu'elle avait raccroché le porte-jarretelles.

- Oui, forcément. Et comment la connaissez vous? demanda-t-elle.

Hermione qui avait été contente d'entendre qu'enfin on connaissait la victime espérait que ce n'était pas juste dans une sorte de relation de collègues.

- Elle nous fournit... fournissait plutôt en potions de protection et de loisirs.

- Serait-il possible d'interroger certaines filles? demanda Coralie.

- Je vous conseillerai d'interroger Camille, elle est au troisième étage, porte verte.

- Merci, fit Hermione.

Hermione et Coralie montèrent les étages sous les regards surpris des diverses filles de joies, dont les aspects physiques étaient aussi divers que variés, passant de la petite à la grande, de la mince à la fille plus en chair, de la fille de couleur au type caucasien. Cette maison close, "Le Jardin d'Eve", était l'une des plus renommées de Paris, selon Coralie, acceuillant les clients politiques et nobles qu'ils soient français ou étrangers. Et surtout, chose utile pour eux, la direction et les filles étaient très coopératifs avec les forces judiciaires. Mais Hermione était surtout amusée de la réaction des clients, certains s'en allaient tandis que d'autres se cachaient tout simplement.

- Enfin un endroit où on la connait.

- Hermione, ce n'est peut-être rien ne te réjouis pas trop vite.

- Vous passez tous votre temps à me le dire. J'ai bien compris, dans la vraie vie c'est pas comme dans les romans.

- C'est dingue... fit Coralie.

- Quoi?

- Elles ont des robes que je pourrais jamais me payer avec mon salaire.

- À ce point là ?

- C'est pour un autre milieu.

Elles arrivèrent au troisième étage, et cherchèrent la porte verte. Une fois celle-ci trouvée, Coralie frappa.

- Entrez, fit une voix à l'intérieur.

Coralie poussa la porte et Hermione la suivit, refermant derrière elle. Une magnifique rousse incendiaire était allongée d'une manière aguicheuse sur un lit à baldaquin vert, portant un porte-jarretelles et un bustier de ce même vert satiné. Hermione trouvait étrangement cette tenue sublime, se demandant si elle pourrait être capable de porter ce genre de choses.

- Navrée mesdames, vous avez dû vous tromper, je ne fais pas les femmes.

- UMEC, fit Hermione, Lieutenant Grangé et Sargue.

- On veut juste vous parler, fit Coralie.

- C'est... à quel sujet?

- Sandrine Duchemin.

- Elle va bien? fit la jeune femme inquiète.

- Je suis navrée de vous annoncer cela, fit Hermione, mais elle a été assassinée.

La jeune femme rousse se mit alors à pleurer sous l'annonce, visiblement elles étaient proches toutes les deux.

- Pouvons nous discuter? demanda Coralie.

- Si... je peux vous aider.

- Quel était votre lien avec Sandrine?

- Nous étions amies, même en dehors d'ici... j'ai cru qu'elle avait quitté Paris, ce serait bien son genre de disparaitre comme ça... c'était son genre...

- Elle vous fournissait également en potions ? demanda Hermione.

- Oui, de protection essentiellement.

Coralie posa d'autres questions tandis qu'Hermione inspectait un peu la pièce. Elle était d'une distinction intéressante, assez proche de ce qu'elle avait pu voir du manoir Malefoy. Du peu qu'elle avait vu même. Il y avait quelques accessoires liés à la profession : menottes, cordelettes, godemichés, et même pour son étonnement, un gode ceinture. Hermione ne pût que penser que les gens avaient vraiment de drôle de loisirs. Elle remarqua cependant une douce odeur, celle du parchemin neuf, ainsi que de l'herbe fraîchement coupées... Elle réalisa alors que c'était ce qu'elle avait senti lors du cours du Professeur Slughorn : l'Amortentia, le filtre d'amour. Naturellement, devant sa classe, elle avait arrêté sa phrase à temps, évitant d'annoncer que le troisième parfum qu'elle ressentait était celui des cheveux de Ron. Mais à sa plus grande surprise, elle ne sentait plus cette odeur mais à la place, un mélange de menthe et d'agrumes. Elle interrompit alors la conversation qui n'était en réalité nullement productive.

- Vous avez de l'Amortentia ici?

- Hein? Euh oui... fit la dénommée Camille. Sous forme de bougie.

- Bougie?

- Une fabrication maison de Sandrine justement, elle disait que si les clients sentaient ces odeurs, il y avait peu de chance qu'ils ne deviennent violent.

- Pas bête, fit Coralie.

- Il n'y avait rien pour en faire, fit Hermione en réfléchissant à voix haute.

- Quoi? fit Coralie.

- Je disais qu'il n'y avait absolument rien pour fabriquer cela dans son logement.

- C'est vrai... ni même de nécessaire à potions maintenant que tu le dis.

- Sandrine ne réalisait pas ses potions chez elle.

- Quoi? fit Coralie

- Oui, elle avait un atelier dans un espace locatif. Un bâtiment de location, il met des ateliers à disposition.

- Et ça se trouve où ?

- Euh... elle m'y a emmené une fois... rue de Picpus dans le douzième.

- Ça c'est intéressant, fit Hermione, on en avait aucunes traces.

- Une dernière chose, vous savez ce qu'elle pouvait faire avec de l'amnios? demanda Coralie.

- Merlin... non... enfin...

- Enfin quoi? demanda Hermione.

- Elle faisait aussi des potions sur commande.

Hermione et Coralie étaient ravies d'avoir découvert cela même si la joie allait être de courte durée. En effet, vu le genre de bâtiment, il faudrait un mandat mais la procureure en charge de l'affaire était absente jusqu'au surlendemain. Hermione obtint donc un jour de repos. Qu'importe... elle n'avait pas grand chose à faire... ni à voir. Mais elle s'interrogeait sur la troisième odeur, qu'est-ce que cela pouvait bien être.

- 19 septembre 1998 - Logement de fonction.

Hermione n'avait pas réellement dormi beaucoup, très peu même. Pour une fois, ce n'était pas lié à ses cauchemars mais plutôt à sa tristesse, aujourd'hui, elle avait dix-neuf ans. Et aucun de ses proches n'était là, et elle ne pouvait même pas communiquer avec eux. Si elle devait recevoir un courrier pour lui souhaiter, ce serait dans plusieurs jours qu'il arriverait. Elle était assise dans son lit, le regard triste et perdu dans le vide, regardant ses vieilles photos dans un des albums qu'elle avait emmené, celui-ci n'était constitué que de photos, l'autre était en plus agrémenté de bien d'autres choses, des dessins, des objets ou des articles de journaux qui les avaient tous concernés au fil des années. Elle écrasa une larme en voyant une photo de Fred en train de faire l'idiot et de la taquiner au Terrier.

- Bonne anniversaire Hermione... marmonna-t-elle pour elle-même.

Elle se leva alors désireuse de se faire une boisson chaude pour s'occuper. Arrivée dans sa cuisine, elle chercha sa boîte de thé quand un bruit étrange attira son attention : un tapotement qui se répétait souvent à des rythmes différents. Elle chercha rapidement dans le salon mais ne vit pas l'origine. Soudain, elle redressa la tête et comprit d'où cela venait, du logement de Luc. Elle s'approcha de la porte et eut confirmation.

" Qu'est-ce qu'il peut bien être en train de faire?"

Elle entreprit alors d'écarter légèrement la porte et d'avancer un peu. Luc devait être dans son salon car le bruit semblait en provenir. Elle ne savait pas pourquoi mais elle avança un peu et tomba sur la source du bruit. Luc était en train de s'entraîner sur un mannequin en bois comme elle en avait vu dans des films moldus. Il frappait du poing, du plat de la main, parant avec les coudes,... Elle comprit que c'était dans doute une base de leur entraînement, le combat au corps à corps dont lui avait parlé Coralie. C'était même assez impressionnant à regarder. Et le reste également... En effet, se pensant seul, il faisait son entraînement torse nu et à la plus grande surprise d'Hermione, il était incroyablement musclé. C'était très intéressant à regarder, il n'avait rien à envier à la plupart des sportifs, chacun de ses muscles était magnifiquement dessiné et la sueur qui ruisselait sous ses efforts intenses n'enlevait rien à son plaisir. Elle sentait même une petite chaleur l'envahir, se le reprochant rapidement tout en mordillant sa lèvre. Dans son entraînement, il pivota petit à petit et maintenant c'était son torse dessiné et ses abdominaux qui l'étaient tout autant qui s'offraient au regard d'Hermione. Mais ce n'était plus les muscles qui attiraient son attention mais les marques, Luc portait d'énormes cicatrices, comme celles que portent les gens qui ont été frappés par la foudre, les veines dessinées dans une couleur sombre. Et cela était visible sur près de la moitié du torse.

" Merlin qu'est-ce-qu'il a dû vivre pour porter de telles blessures ?"

Soudain, dans un coup du coude, Luc dû se rendre compte d'une présence dans sa vision périphérique et tourna alors la tête vers elle.

- Hermione ?

Celle-ci surprise se recula dans le couloir, peu désireuse de passer pour une fille du genre à reluquer ce genre de spectacle, même si elle en avait bien profité, se dit-elle intérieurement avant de s'infliger une gifle mentale. Elle le vit apparaître dans le couloir, après avoir revêtu un t-shirt, ce pourquoi elle lui en était reconnaissante.

- Tu vas bien? demanda-t-il inquiet. Je t'ai réveillée ?

- Non...je... j'entendais du bruit, je ne voulais pas te déranger. Désolée.

- Pas grave... mais t'es sûre d'aller bien, tu as l'air perdue.

- J'étais impressionnée, on dirait un film d'art martiaux, fit elle désireuse de noyer le poisson.

- Oui, ça vient avec l'habitude. Si tu veux apprendre un jour... mais ça c'est loin d'être la base.

- Un prochaine fois sans doute. Je te laisse continuer, fit elle en retournant dans sa partie du logement.

- Attends...

Elle se retourna alors et le vit filer quelque part avant de revenir une main derrière le dos.

- Qu'est-ce que tu caches?

- Ceci, dit il en tendant un paquet cadeau.

- Mais...

- Bon anniversaire.

- Merci... mais comment as tu su? fit elle touchée de l'attention.

- Quand tu as récupéré ton badge, j'ai entendu ta date de naissance.

Hermione rejoignit son canapé tout en déballant son cadeau, vu la forme c'était un livre. Elle finit de le déballer, découvrant ainsi son cadeau.

- L'Histoire de Beauxbatons. Merci Luc.

- Ça changera de Poudlard.

- Peut-être sera-t-il aussi intéressant?

- Ou pas, fit il amusé.

Elle était réellement très touchée du geste, c'était même une preuve de plus que Luc appréciait réellement leurs discussions. Hermione en était d'ailleurs très impatiente d'entamer sa lecture.

- Hermione, avant que tu ne plonges avidemment dans la lecture de l'ouvrage je voulais te proposer quelque chose.

- Ha bon?

- Je sais que je ne pourrai pas remplacer tes amis proches ou tes parents aujourd'hui mais serais-tu intéressée à l'idée de découvrir mon endroit préféré dans Paris ?

- Ça dépend du type d'endroit.

- Je pense que tu seras intéressée.

- J'ai pas droit à un indice ?

- Allez un indice facile alors: pyramide de verre.

Hermione, au vu de ses connaissances avait déjà deviné de quoi lui parlait Luc et appréciait déjà l'idée de visiter ce magnifique musée : Le Louvre

- Devant Le Louvre, Premier arrondissement -

C'était donc avec une motivation énorme qu'Hermione se transforma en une touriste lambda pour découvrir le célèbre musée parisien situé sur la rive droite entre laSeine et la rue Rivoli. Et d'ailleurs la découverte de la pyramide de verre située dans la cour Napoléon depuis l'année de sa naissance avait déjà eu son petit effet. Et elle arpenta les salles les unes après les autres avec un plaisir non feint mais une petite déception cependant. En effet, au vu de la réputation de La Joconde de De Vinci, elle s'était attendue à quelque chose de plus grand mais c'était tout de même intéressant. Elle avait même préféré la Vénus de Milo ou encore La Victoire de Samothrace. En réalité, ce fut avec un air plus qu'épuisés qu'ils en sortirent mais Hermione continuait d'en parler.

- J'adore La Liberté guidant le peuple de Delacroix.

- Ha bon?

- Oui surtout la symbolique de la femme forte au premier plan.

- Je vois...

- Je peux te demander quelque chose ?

- Vas y... mais je suis pas guide touristique donc...

- Non, c'est pas ça... Comment cela se fait il que ce soit un musée moldu ton endroit préféré?

- Ça remonte à ma mission sous couverture.

- Ha... je comprends pas trop.

- Le contact à qui je rendais des comptes me donnait rendez-vous ici, alors au fur et à mesure je me mettais à le visiter, et j'y prenais pas mal de plaisir oubliant totalement ma propre condition.

- Ton infiltration était difficile ?

- Plutôt... disons que fréquenter une bande pareille avait ses inconvénients surtout pour l'initiation.

- C'est à dire?

- Disons que je morflais pas mal... Mais c'est le passé.

Hermione eut l'impression que c'était lié aux traces présentes sur son torse mais préféra ne pas poser de question, se disant qu'il pourrait juger déplacé qu'elle l'ai observé attentivement. Elle n'avait certes pas désiré en profiter mais il était assez évident que le spectacle ne lui avait pas réellement déplu. Elle aimerait en effet être capable de se battre de cette manière, c'était impressionnant. Cela lui aurait bien servi l'année précédente et peut-être que cela lui aurait permis d'éviter la capture. Et surtout la suite... Il faudrait sans doute qu'elle ose une fois au moins lui demander de lui apprendre au moins quelques techniques de combat de ce genre.

Les deux équipiers étaient pour l'instant installés sur un banc public buvant simplement des canettes de soda et profitant du sandwich le plus parisien : le jambon beurre.

- Ça reste simple.

- Oui mais le jambon est de qualité au moins mais je préfère vos viennoiseries.

- Ha le croissant pur beurre.

- J'ai découvert ça et les petits pains aux raisins en vacances avec mes parents...

Dire cette phrase lui rappela leur absence et lui mit un coup supplémentaire au moral. C'était naturellement gentil de la part de Luc de lui avoir apporté une petite distraction mais ses parents étaient tellement loin...

- Hermione ?

- Oui...

- Tu vas bien?

- Un peu triste quand même. Tu t'en doutes.

Elle l'entendit soupirer alors, était elle trop exigeante ? Mais c'était compréhensible après tout, elle ne les avait vus qu'un mois entier en près d'un an après tout et puis avait rejoint la France.

- Si je fais quelque chose qui enfreint toutes les règles liées à ta sécurité, m'en voudras tu ?

- Ma sécurité ? Qu'est-ce que tu comptes faire ?

Il plongea sa main dans une poche de sa veste et lui tendit alors un petit objet rectangulaire.

- Un autre cadeau. Si tu le veux bien sûr.

Elle regarda attentivement l'objet et comprit de quoi il s'agissait : une carte téléphonique pour cabine publique. Il lui indiquait même la cabine la plus proche. Elle tendit la main mais il retira un peu la carte.

- Tu comprends les risques? Je pourrais comprendre que tu leur dises où tu es mais cette enquête est sous le signe du secret, tu ne dois donner aucun détail.

- Luc, tu risques gros non?

- Sans doute mais te priver de contacter tes proches n'est pas une façon de te motiver à travailler. Et je veux que tu sois à cent pour cent sur l'affaire. Et si tu es obnubilée par le bien-être de tes proches, tu ne seras pas concentrée. Et puis d'après ce que j'ai cru comprendre, la menace sur toi serait surtout des mangemorts.

- Oui mais je ne comprends pas en quoi ça facilite.

- Ce sont bien des sorciers sang-purs intégristes non? Ils ne doivent pas savoir mettre une ligne téléphonique sur écoute non?

Hermione n'y avait en effet pas pensé, c'était un détail important pourtant mais elle s'était fait la promesse de respecter les consignes du ministère. Ce même ministère qui lui avait planté un couteau dans le dos.

- Merci Luc.

- Tiens et profite...

Hermione attrapa la carte et se rendit dans la cabine avec fébrilité et impatience. Elle glissa la carte et composa le numéro de téléphone avec le préfixe pour joindre l'Angleterre depuis l'étranger. Elle entendit alors la tonalité...

" Je vais pouvoir enfin leur dire que je vais bien..."

Mais cela sonnait dans le vide. Hermione prit ça pour une injustice du destin, ils n'étaient pas chez eux... Puis elle eut une illumination. Elle raccrocha et reprit le combiné composant un autre numéro. Et au bout de la troisième sonnerie, on décrocha.

- Cabinet dentaire Granger. Bonjour.

C'était évident, ils devaient être en train de travailler, et elle avait eu raison. Mais elle était heureuse d'entendre la douce voix de sa mère.

- Bon... Bonjour, tu es seule?

- Ma chérie ? Mon dieu ça fait du bien de t'entendre. On a personne là j'appelle ton père... Chéri !!! Vite dépêche toi.

Elle entendit la voix de son père, elle avait dû mettre le téléphone du cabinet sur haut-parleur.

- Tu vas bien? Tu es blessée ?

- Non non, je vais bien mais je pourrais pas rester longtemps.

- Bon anniversaire avant tout, mais pourquoi on peut pas te joindre?

- Notre sécurité à tous. Je sais c'est dur mais les hiboux peuvent être surveillés.

- Il me semblait que vous aviez gagné, fit sa mère.

- Il peut rester des ennemis.

- Où es tu?

- Le pays de Molière.

- Tu es en France ? Mais qu'est-ce que tu fais là bas.

- Je n'ai pas trop le droit d'en parler mais il s'agit d'une enquête criminelle.

- Sur des sorciers ?

- Oui mais je ne dois rien vous dire. Mon équipier a pris un risque pour me laisser téléphoner...

- Un équipier ? Comme dans la police? fit Monsieur Granger.

- Police magique oui, je travaille avec eux. Ne posez pas de questions sur ça, je dois juste pouvoir vous dire que j'apprends à enquêter comme eux.

- D'accord... tu fais attention ?

- Oui oui.

- Et ça va pour apprendre ces trucs là?

Hermione se dit que un détail aussi peu important ne poserait pas de problème.

- J'ai arrêté mon premier suspect.

- Félicitations, je suppose...

- Oui c'est le cas.

- Et ça te plaît ? De faire ça ? Et pas être retournée à l'école ?

- Oui, j'apprends des choses et les autres membres de l'équipe me mettent à l'aise.

- Parle nous de toi...

- J'ai les cheveux courts maintenant.

Et Hermione mena une conversation aussi longue qu'elle put, racontant un peu Le Louvre, qu'elle découvrait la vie des sorciers français et d'autres choses du même acabit, tout en évitant de donner le moindre prénom, nom ou lieu précis. Parler avec ses parents lui faisait du bien mais elle leur précisa que même face à ses amis si ils les contactaient, ses parents devaient ignorer comment elle allait. Elle vit alors Luc approcher de la cabine et lui indiquer d'abréger.

- Maman, Papa, mon collègue me fait signe de couper la conversation, je vais y aller. Je sais pas quand je pourrais à nouveau vous appeler mais je vous aime, vous me manquez et je vous embrasse de tout mon cœur... je vous aime...

- Nous aussi... fais attention.

Hermione raccrocha alors et fut alors incapable de réprimer ses larmes qui coulèrent en reprenant la carte téléphonique. C'était à la fois de la tristesse mais majoritairement la joie de les avoir entendu. Elle sortit alors de la cabine.

- Je suis désolé de t'avoir pressée mais il fallait éviter que ce soit trop long au cas... Hey.

Hermione venait de le serrer dans ses bras ce qui l'avait plutôt surpris.

- Merci Luc. J'apprécie ce geste... vraiment. Merci.

- De rien. J'espère qu'ils vont bien.

- Ils vont bien, fit elle en essayant ses yeux avec le revers de sa manche.

- Ça t'a redonné du poil de la bête ?

- Oui. Ça m'a donné la pêche.

Et ils mirent en chemin pour l'Avenue d'Éden, Hermione ignorant ce qui l'attendait.

- Logement de fonction -

Hermione était vraiment contente de la journée que lui avait préparée son équipier et qu'elle considérait même comme un ami.

- Franchement j'aimerais qu'on y retourne faire les salles qu'on a pas faîtes, fit elle en passant sa porte.

- SURPRISE !!!!

Hermione sursauta en tombant nez à nez avec Delphine, Jean, Coralie et même Fanny en tant qu'invitée. Sur sa table basse étaient disposées des bouteilles ainsi que des assiettes. Ces assiettes comportaient des aliments qui servaient d'apéritifs dans les repas français et surtout constituaient un petit panel des mets régionaux : saucissons divers et variés, pâtés, fromages et même du foie gras.

- Mais comment avez vous su? fit Hermione surprise.

- Luc nous a dit, fit Coralie. On sait que l'on est pas vraiment de ta famille ou des amis de longues dates mais en vingt jours à peine on s'est plutôt bien liés à toi. Alors tu n'as qu'à imaginer Luc comme un grand frère, moi comme ta cousine fofolle. Delphine comme ta tante sympa et Jean comme l'oncle alcoolique.

- Hey, fit le concerné sous le rire d'Hermione.

Hermione reçu plusieurs cadeaux en plus du repas offert par Fanny avec son propre salaire, Delphine lui offrit un livre sur la magie médico-légale qui allait trouver sa place sur sa table de chevet aux côtés de l'histoire de Beauxbatons. Coralie lui offrit un faux cadeau : un simple bon pour une journée payée par ses soins à Disneyland à passer en sa compagnie. Cette journée, Hermione pourrait la prendre quand son moral aurait besoin d'un petit coup de pouce, ce qui serait en effet une bonne façon de le remonter, nota Hermione. Jean lui offrit un set de dix libellules de capture. Hermione ignorant de quoi il s'agissait, Jean lui expliqua qu'il s'agissait d'un objet à lancer vers un suspect qui finissait ligoté, preuve à l'appui en l'essayant sans honte sur Luc. Il ne lui resterait alors qu'à passer l'entrave magique puis à lancer un "reparo" pour récupérer sa libellule. Hermione leur fut reconnaissante de se placer comme une famille de substitution et la soirée commença sur les chapeaux de roues par l'humour de Coralie qui lui précisa que ces libellules seraient très utiles pour ramener chez elle un mec qui lui plairait dans un bar. Hermione oublia ainsi l'absence de ses amis anglais profitant de ses nouveaux amis français qui certes n'avaient pas vécus toutes ses aventures mais qui partageaient tout de même énormément de temps avec elle.

reponse review

katymyny: merci de ton attention déjà. Ça fait toujours plaisir. Déjà le rapprochement entre Luc et Hermione va se faire progressivement, voir très progressivement même si les deux sont déjà plus ou moins attirés par l'autre. Ensuite, je ne pense pas faire immédiatement passer Hermione à la casserole, mais plutôt une découverte initiatique du plaisir, tout un programme ( elle va bien s'éclater quoi). Pour la vitesse de post cela va dépendre de mon imagination. Je peux du jour au lendemain faire une pause de deux semaines comme pas du tout.

Par contre si tu aimes les trucs un peu fou, j'écris aussi actuellement sur fanfictions.fr une fic originale appelée Some Red In Car ( croisement improbable entre Bling Ring et Fast Furious) mais en post lent. Bonne continuation à toi.