Chapitre 7 : Les secrets de Rogue
- 20 septembre 1998 - Bureau de l'unité -
Hermione attendait en se rongeant les ongles que la procureure arrive.. C'était la première fois qu'elle allait être confrontée à ce rouage du système judiciaire magique français et espérait réellement que cela se passe bien. La véritable raison de son inquiétude était surtout que le bureau du procureur n'avait aucune connaissance de sa présence ici et cela pourrait poser des problèmes.
- Arrête de te ronger les ongles, fit Luc. Tu me stresses.
- Et si on me reconnaît ?
- Tu crois franchement qu'elle va te prêter de l'intérêt ?
- Je sais pas comment je dois le prendre tu vois, fit elle légèrement vexée.
- Déjà il y a des chances qu'elle ne parle qu'au capitaine ensuite, elle demandera peut-être qui tu es sans vraiment prêter attention à toi mais en plus j'aurai droit à son sempiternel "saluez votre père Bertier". Ras le bol...
- C'est à ce point là ?
- Quoi? la proc ou mon père ?
- Ton père ?
- Disons qu'il n'était pas au courant que c'était une infiltration alors notre relation s'est un peu dégradée. Et d'autres choses n'aident pas non plus.
- Je peux en connaître les raisons ou c'est trop privé ?
- Disons que j'ai refusé une union.
- Une union? Avec une femme ?
- Hermione, tu crois qu'on épouse des dragons en France ?
Hermione rit alors de sa propre surprise, elle ne pensait pas que l'on imposait des unions vu le mode de vie français.
- Non bien sûr...
- Quoique quand on voit la proc...
- Mais c'était forcé ? L'union, je parle.
- Non, ça n'existe plus les mariages forcés mais mon père insistait pour que j'épouse une femme de bonne réputation tout de même.
- Et elle ne te plaisait pas?
- Je ne l'ai même pas rencontrée, on ne m'impose pas mon avenir. Et puis, vu mon métier... une vie de famille pourrait être compliquée.
Hermione n'eût pas le temps de poser d'autres questions, la porte du service s'ouvrant sur le capitaine Martin et une femme. C'était une petite femme replète à l'air sévère, portant fièrement un chignon et vêtue intégralement de bleu cyan, qu'il s'agisse de ses chaussures ou même de son sac à main. Elle évoquait quelque chose à Hermione, les mauvais souvenirs de sa cinquième année et elle ne put émettre qu'un seul son.
- Ombrage?
- Quoi? fit Luc étonné.
- Non rien...
C'était ça, si Dolores Ombrage devait avoir de la famille en France, cette procureure serait clairement un membre de cette famille, il n'y avait aucun doute. Cette femme s'arrêta devant toute l'équipe et regarda dans sa direction d'un regard qui semblait vous transpercer sans autre forme de cérémonie.
- Vous êtes ? demanda la femme à son intention.
- Hermione Grangé, nouvelle recrue, fit Hermione en se levant pour lui serrer la main.
- Procureure Amandine Pergaud, fit celle-ci ignorant la main tendue.
Hermione se rassit alors à côté de Luc marmonnant un "pétasse" bien senti que seul Luc pouvait entendre. C'était quand même impoli ce genre de comportement.
- Alors j'ai pris sur mon temps de réunion avec Madame la Ministre de la Magie Gisèle Fortin pour venir, j'espère que cela vaut le détour.
Hermione comprit alors que la procureure était d'une prétention énorme rappelant bien son statut et son milieu, le croisement d'un savant fou entre Lucius Malefoy et Dolores Ombrage.
- Nous aurions besoin d'un mandat pour une fouille précise.
- J'ai lu le dossier... donc vous avez trouvé cette piste suite à une audition effectuée par le Lieutenant Brandé?
Hermione regarda dans la pièce, se demandant qui pouvait être le Lieutenant Brandé, avant de comprendre avec un peu de vexation à vrai dire, que c'était elle... Donc le côté hautain et prétentieux de la procureure n'était pas un mythe, elle était même incapable de se souvenir de son faux nom de famille.
- Oui, fit le capitaine, visiblement habitué. Et cet endroit est réputé, donc nous devons suivre la procédure.
- Mais vous n'avez toujours rien sur le meurtrier.
- Malheureusement non, mais il semblerait que cette victime soit liée à un trafic d'amnios, et que peut-être est-ce par ce moyen que le meurtrier est entré en contact avec elle.
- Bon, fit celle-ci sortant un parchemin et une plume gigantesque bleue.
- Plume d'abraxan, lui fit Luc. Très très prétentieux.
- Elle est toujours comme ça ?
- Vu qu'elle a l'air pressée, elle va rapidement nous foutre la paix.
La procureure remplit alors le parchemin d'un geste noble et distingué avant de le tendre au Capitaine.
- J'espère que la perquisition sera probante Capitaine, je veux des résultats, fit elle en balançant sa cape dans un geste théâtral.
- Oui Madame.
- La Ministre m'attend, avec impatience qui plus est, fit elle en partant.
- Au revoir Madame, fit le capitaine en la voyant fermer la porte. Espèce de vieille harpie mal baisée...
Hermione regarda son capitaine avec surprise, visiblement même lui ne pouvait la supporter et elle tourna la tête vers Luc qui avait les mains croisées devant de lui en remerciant le ciel.
- Merci Merlin, elle m'a ignoré.
- C'est habituel?
- Tu te souviens de la futur épouse que j'ai ignorée ?
- C'était elle?
- Non, t'es dingue, c'était sa nièce... Et elle est encore pire il paraît, elles travaillent dans le même bureau.
- Pauvre chou... Tu aurais été loin de porter la culotte.
- Très drôle...
- Bon les Muppets, vous avez fini votre sketch?
- Oui Capitaine, fit Luc.
- Bertier, Sargue et Granger, en perquisition et au pas de course.
Hermione prit alors ses affaires avec empressement avant d'entendre le chef hurler et ils prirent une cheminée pour l'entrepôt.
- Entrepôt Dumenil, Rue Picpus, Douzième Arrondissement -
Au sortir de la cheminée, Hermione découvrit ce qui ressemblait à d'immenses couloirs identiques ressemblant énormément aux complexes de box de stockage qu'utilisaient les moldus. Cependant, certains "box" étaient consacrés à l'usage de bureau, pour des petits indépendants ou artisans. Elle suivit Luc et Coralie qui allèrent présenter le mandat à l'agent de sécurité. Celui-ci les guida dans les travées et elle fut plus que surprise de la durée de la marche.
- C'est agrandi magiquement à quel point ? demanda-t-elle à Coralie.
- Au maximum, on dirait presque la taille d'un château moldu, ou de Beauxbatons. Oui je sais tu n'as jamais visité Beauxbatons.
- Et comme tu ne connais pas Poudlard...
- Bref c'est gigantesque.
Ils arrivèrent au bout d'un quart d'heure devant une double porte en bois, sous l'invective de l'agent de sécurité qui indiqua le box. Il s'agissait d'une double porte en bois rouge, impressionnante par sa taille, pouvant largement laisser passer quelqu'un de la corpulence d'Hagrid, mais au plus grand étonnement d'Hermione, sans serrure ni poignée. Elle observa l'agent de sécurité qui sortit alors une clef qui dans sa main changea de forme, devant s'agir sans aucun doute d'un passe partout. L'agent de sécurité se placa pile devant la porte et soudain deux immenses chaînes apparurent sur la porte, liées en leurs centres par un cadenas tout aussi magique dans lequel il glissa la clef, faisant disparaître le tout.
- C'est ouvert, fit l'agent de sécurité.
- Il y a des sécurités à l'intérieur ?
- Rien n'est imposé par la direction, peut-être la locataire en a-t-elle posé.
- Parfait laissez nous, fit Coralie.
Elle suivit le mouvement quand ils sortirent baguettes et plaques et se mit en position. Elle sentit Luc lui tapoter l'épaule. Elle allait parler quand il lui intima le silence. Elle comprit que c'était le moment de passer en mode déplacement tactique, première fois pour elle d'ailleurs. Luc lui indiqua d'aller à droite le temps qu'il irait à gauche, Coralie couvrant leurs arrières. Coralie la rassura d'un signe de tête et elle inspira profondément lors de l'ouverture de la porte. L'espace semblait plongé dans le noir et elle sortit comme les autres une lampe torche tactique, le lumos empêchant la réactivité en cas de besoin. Elle partit alors à droite, marchant le plus calmement et silencieusement possible, balayant son champs de vision de sa torche et de sa baguette. Elle avança lentement au milieu de coursives remplies d'étagères, les mêmes étagères remplies de bocaux divers et variés, sans aucun doute des ingrédients de potions, estima-t-elle. Elle continua silencieusement, sentant ses battements de cœur s'accélérer rapidement. Elle était assez stressée à force d'arpenter les étagères et finit devant une porte. Elle dut se souvenir des explications de Jean, elle devait appuyer très doucement sur la poignée et ensuite la pousser lentement du bout du pied tout en balayant son champs de vision qui s'agrandissait sur l'intérieur. Elle bloqua sa respiration pour rester concentrée et s'engouffra ensuite dans la pièce sombre, il était clair qu'il s'agissait de sanitaires. Deux portes étant des cabines de toilettes et les lavabos au bout. Elle ouvrit la première cabine qui s'avéra vide, la deuxième également, se dirigeant ensuite vers le bout de la pièce. Elle se figea alors entendant un crissement métallique. Elle se retourna et brandit sa baguette, concentrée et appréhendant une éventuelle menace. C'est alors que, sortant d'une des cabines qui était pourtant vide un instant plus tôt, apparût une forme qu'elle balaya de sa torche.
- Pas un geste, UMEC! l'interpella Hermione.
La forme se mit à rire, un rire sadique qu'elle ne connaissait que trop bien. Sa torche balaya le visage de cette forme et elle aurait reconnu son regard entre mille et se mit alors à trembler.
- Bonjour ma petite Sang de bourbe...
- Bellatrix? Vous êtes vivante ?
- On ne me tue pas aussi aisément..., fit elle en sortant son couteau fétiche.
- Posez votre arme au sol.
- Allons, tu l'apprécies pourtant, tu veux une autre marque amusante ?
Hermione dans sa panique recula d'un pas, sentant le bord du lavabo s'enfoncer dans son dos. Bellatrix était vivante, Molly s'était donc trompée... Les crimes ne pouvait être que d'elle, un tel sadisme c'était évident. Tout à fait son style.
- Pourquoi Bellatrix?
- Parce que je veux savoir ce que tu as pris d'autres dans mon coffre sale sang de bourbe.
Hermione écarquilla les yeux de surprise, Bellatrix faisait encore une fixette la dessus avant de se mettre à réfléchir suffisamment vite.
- Je suis idiote... Riddikulus.
Alors Bellatrix eût un immense bigoudi qui enveloppa ses cheveux et la déséquilibra la faisant percuter les murs avant de disparaitre. C'était juste un fichu épouvantard. Désormais Bellatrix était le symbole de sa peur, un peu moins idiot que McGonagall lui disant qu'elle avait échoué à ses examens.
- Tu me pouriras la vie longtemps ? dit elle pour elle même.
Hermione ressortit alors des toilettes juste à temps pour entendre Luc prononcer un:
- R.A.S.
- R... R.A.S., fit Hermione.
- J'allume, fit Coralie éclairant la pièce.
Elle découvrit l'étendue gigantesque des étagères et se rendit compte qu'elle avait eu raison, il s'agissait essentiellement d'ingrédients de potions. Elle rejoignit les deux autres membres de son équipe et Luc était déjà en train d'étudier tout ce qu'il voyait sur cet immense plan de travail qui arborait du matériel de potionniste des plus complets. Coralie s'approcha d'elle alors.
- Ça c'est bien passé ?
- Moui..., fit Hermione tout bas.
- Hermione... tu trembles.
- Je... suis tombée sur un épouvantard, fit Hermione à voix basse.
- Merde, murmura Coralie, dur?
- Plutôt... Mais ça va mieux, ne t'inquiètes pas.
- Vous êtes prêtes ? fit Luc.
- Oui, fit Coralie. Hermione ça ira pour le sortilège ?
- Je vais essayer, tu me diras.
Hermione prit sa baguette et tapota sa propre tête pour lancer le sortilège qui permettait aux enquêteurs de ne pas altérer une scène de crime ou ce genre d'endroit. Ce sortilège, que Delphine lui avait appris était du genre à filtrer toutes les empreintes physiques et magiques qu'elle pourrait laisser.
- Magus Liquatorium, fit Hermione en se tapotant alors.
Coralie regarda le sortilège se répendre sur Hermione. Celle-ci sentit le sorte de filtre la recouvrir intégralement. En se regardant, elle pouvait discerner la légère lumière verdâtre qui émanait de sa peau.
- Bien joué Hermione, fit Luc, très fluide.
- Mouais mais vous l'avez lancé en informulé, fit elle un peu jalouse de leurs talents.
- C'est la première fois que tu le lances en application réelle, fit Coralie. Et puis informué ou pas, cela ne change rien tant qu'il est réussi.
- D'accord...
- Tu préfères fouiller le bureau et les documents ?
- Oui je préfère éviter ce qu'il y a dans ces bocaux, fit Hermione.
Hermione avait en effet pû remarquer que ces bocaux contenaient largement plus que de simples ingrédients, surtout des parties de cadavres, très magie noire en fait. Elle se dirigea alors vers le bureau au fond de la pièce et se mit à farfouiller ne trouvant que des recettes classiques, sans même une once d'amnios.
- Hey... fit elle, j'ai un coffret ici.
C'était un petit coffre métallique, légèrement ouvragé et complètement fermé.
- Tu arriveras à l'ouvrir ? demanda Luc.
- Je vais essayer attends... Alohomora.
Suite à la petite lueur, elle tenta de pousser le couvercle mais il était toujours fermé.
" Fichu coffre... tu vas pas me résister longtemps."
- Cistem Aperio, fit elle légèrement énervée.
La serrure explosa et le couvercle s'ouvrit alors.
- Et bien, pas de pitié pour les coffrets, fit Coralie amusée.
- Ça change des croissants, fit Luc avec humour ce qui fit rire Coralie.
- Hein? De quoi vous parlez? demanda Hermione.
- C'était un programme télé pour la jeunesse, fit Coralie. Programme moldu tu te doutes bien.
- Pas de pitié pour les croissants ? Amusant comme titre.
Après ce petit interlude télévisuel, Hermione plongea la main dans le coffret et en sortit un petit lot de parchemin et fit d'ailleurs tomber une photographie par terre.
- Et merde, fit elle en se penchant pour ramasser.
Elle retourna alors la photographie qui était plutôt de facture moldue, aisément remarquable sachant que les sujets photographiés ne bougeaient pas. C'était une photo faite dans cet endroit qu'ils fouillaient actuellement. Il y avait attablé dans un coin une femme dont on ne pouvait voir le visage. Il y avait aussi la victime Sandrine Duchemin avec pas mal d'années de moins.
- Ho Merlin... s'exclama alors Hermione.
- Tirez le frein et stoppez le train, on a quelque chose, fit Luc. T'as trouvé quoi?
Hermione vit Luc et Coralie s'approcher d'elle et regarder la photo. Ils furent attirés par un des deux hommes présent sur la photo. Celui qui était debout, bien que plus jeune, était Martin Godard.
- Bravo Hermione, fit Coralie, tu as la preuve que les victimes se connaissaient. On a un lien... Hermione ?
Hermione ne bougeait pas, son regard à elle était plutôt attiré par le second homme de la photo, il avait des cheveux noirs qui semblaient gras et un nez aquilin ainsi qu'un regard dur. Il n'était sans doute âgé que d'à peine plus de vingt-cinq ans mais elle n'avait aucun doute sur son identité.
- Le professeur Rogue... fit elle pour elle-même.
- Quoi?
- Cet homme est Severus Rogue... Il ne connaissait pas que Godard mais aussi Duchemin et sans doute les autres victimes. Mais c'est quoi cette histoire?
- Donc, commença Luc, le lien entre toutes les victimes est ton ancien professeur de potions.
- Ils ont... sans doute tous travaillé ensemble. Donc j'avais raison, ils doivent tous avoir un symbole dans les rapports de Rogue.
- Donc deux mangemorts, une potionniste surdouée et qui l'avait bien caché. On a quoi d'autre comme victime ?
- Disons que cette femme, on peut pas la reconnaître. Il y aussi la personne qui a pris la photo, fit Hermione.
- Ça ne donne pas le nombre de victimes en tout cas, fit Coralie.
- Peut-être que c'était une photo des amis proches, fit Luc.
- Il y a peut-être autre chose dans le coffret, fit Hermione.
Avec cette piste en main, c'était avec fébrilité qu'elle farfouilla dans les parchemins, c'était des plans et des recettes plus complexes qu'elle ignora pour l'instant avant de tomber clairement sur un courrier. Une lettre signée S et écrite en anglais.
- Attendez, ceci ça doit être important pour être dans le coffret, fit Luc.
- Je vous la lis?
- Vas y Hermione, fit Coralie. Au fait elle date de quand.
- Quatre-vingt-seize, fit Hermione. C'était ma sixième année...
- Ça change quelque chose ? demanda Coralie.
- Mauvais souvenirs... Bref je lis: " Sandrine, ..."
- Ha c'est bien Duchemin, fit Coralie. Pardon... trop de pression continue...
- " Sandrine, je n'ai pas le temps de crypter ce courrier, la situation en Angleterre a empiré en quelques mois. Voldemort est revenu et commence à reprendre beaucoup trop de pouvoir. Je pense que je ne pourrais plus t'écrire à toi ou aux autres. Ma mission ici va entrer en phase critique, Albus Dumbledore a pris sa décision et elle semble irrévocable."
- C'était quoi sa décision ? demanda Luc.
- Le professeur Dumbledore a choisi de mourir... Mais Rogue en parle... " Je vais devoir le tuer pour asseoir ma position chez les mangemorts, même si Voldemort me fait presque une confiance aveugle. Dumbledore refuse que les mains de mon filleul ne soient souillées de son sang." Il parle de Drago, il devait assassiner Dumbledore. Je vous expliquerai.
- Ok continue, fit Luc.
- " Mais ce n'est pas la seule mauvaise nouvelle pour notre mission. Hyunkel s'est évadé d'Azkaban en même temps que les mangemorts." C'est qui Hyunkel?
- C'est pas un mangemort ? demanda Coralie.
- Pas à ma connaissance... " Son enfermement avait été tenu secret mais il est encore plus puissant que l'on ne pensait, les détraqueurs n'ont eu aucun effet sur lui et ils semblaient même l'éviter."
- Si ce Hyunkel est notre tueur, il a l'air d'un putain de morceau, fit Coralie.
- Le reste est pire: " Il ne fait aucun doute qu'il va vous rechercher pour le récupérer une nouvelle fois. Je ne pourrai pas vous aider. Il ne me reste qu'à croiser les doigts pour que Potter gagne rapidement contre Voldemort. J'ai au moins une bonne nouvelle..."
- C'est bien, ça nous change, fit Luc.
- " Dumbledore prépare sa mort et surtout l'après. Il compte léguer à Potter et sa bande de quoi lutter contre Voldemort. Je n'ai aucun doute en disant que ni Potter ni Weasley ne puisse comprendre l'intégralité du message. Mais par contre Granger et son côté Miss-je-sais-tout va sans doute pouvoir comprendre les messages biscornus de Dumbledore. Il va sans aucun doute lui laisser ce qu'il faut pour aussi comprendre comment stopper Hyunkel. Je ne sais si nous nous reverrons mais j'avais apprécié cette année, j'espère que vous survivrez suffisamment longtemps pour attendre les renforts, Godard enverra un courrier quand la situation le nécessitera, j'espère être en vie pour le recevoir mais j'ai prévu de tout faire pour aider le fils de Lily. Si ce gamin survit, il vous aidera sans doute aussi, il est assez doué pour se battre. Et Granger pourra t'assister, même si je ne le reconnaîtrais jamais devant elle, cette gamine est une surdouée, sans doute plus que n'importe quel sorcier de sa génération. Adieux et bonne chance. S."
Hermione se sentit touchée tout de même de la considération de feu son professeur de potions. Il pensait donc déjà offrir sa vie pour sauver Harry. Et il la pensait surdouée. Elle en avait presque des larmes aux yeux quand elle releva la tête. Les deux enquêteurs la regardaient fixement et avec, il faut bien le reconnaître, une certaine impatience.
- Tu savais contre qui on se retrouvait ? demanda Luc.
- Non... je vous jure que non, c'est la première fois que j'entends parler d'un Hyunkel. Vous me croyez tous les deux?
- Oui... t'as l'air aussi perdue que nous, fit Luc.
- Tu as eu des choses pour combattre par ce Dumbledore ? demanda Coralie.
- Juste pour les reliques de la mort...
- Le conte pour gamins?
- Oui c'était pour lutter contre Voldemort. Mais c'était le but... on a rien eu d'autres pour ce Hyunkel.
- Peut-être que Dumbledore pensait que de toute façon si Voldemort gagnait chez vous, c'était foutu.
- Je pense aussi.
- Bon visiblement seul le coffret est intéressant, il y a quoi d'autre ?
- Plus grand chose à part le grand parchemin.
Ce fut Luc qui se décida à le déballer intégralement, étendant cet immense parchemin d'un mètre sur deux. Ils le regardèrent tous assez dubitativement en réalité. Il était complexe et plutôt deux fois qu'une même. Il y avait le dessin d'un chaudron avec un couvercle et des pieds au centre du parchemin et l'intégralité du reste de la surface était recouvert de runes.
- Waouh... fit Coralie.
- Alors là... je suis paumée, fit Hermione. J'y comprends absolument rien. Et vous ?
- J'étais excellent en runes, fit Luc, et pourtant j'ai l'impression de ne jamais en avoir ouvert un livre. J'en reconnais à peine quelques unes.
- Je te comprends et j'ai eu Optimal à mes BUSE. Mais bon sang qui sont ces gens.
- Deux ex mages noirs, une potionniste capable d'utiliser de l'amnios dans des recettes, mais les autres étaient quoi?
- Maxime Martel était juste un bibliothécaire. Leblanc était simplement serveuse.
- Et Abdel Elraoui était en formation de botaniste, ajouta Hermione.
- Ouais, fit Luc. En plus Leblanc et Elraoui était tout gosses il y a quinze ans. Ces deux là ne devaient même pas les connaître.
- Et pourquoi je suis censée être au courant...
- Mais c'est quand même étrange, fit Coralie.
- Quoi donc? demanda Hermione.
- Toi.
- Je comprends pas.
- Ce Rogue pensait que tu comprendrais, Dumbledore aurait dû t'informer mais les deux étaient visiblement convaincus que tu survivrais à la guerre.
- Oui, je me sens touchée de leur confiance.
- Mais par pur hasard, c'est toi qui a été envoyée, fit Coralie en réfléchissant.
- Et si je n'avais pas survécu... comment ils auraient fait?
- Je pense donc qu'on est chanceux de t'avoir mais Rogue et Dumbledore étaient des vicieux.
- Quoi? fit Hermione choquée.
- Ouais, un message clair c'était trop demander? Juste pour comprendre cela, on va en passer du temps en recherche. T'es prête à te plonger à fond dans une bibliothèque.
- Si tu savais à quel point j'ai l'habitude...
- Le chef va devenir complètement fou, fit Coralie.
- Il reste qu'à trouver les spécialités des trois derniers larrons. Et surtout qui sont les deux autres, celle sur la photo et le photographe.
- Il faudrait surtout savoir combien ils étaient, fit Hermione.
- Parce que si il y a d'autres concernés par cette liste de spécialistes, il va y avoir d'autres victimes.
- La vraie question c'est combien ?
- Et ce Hyunkel, fit Hermione, si les détraqueurs ne lui font rien, comment on le stoppe?
- En bref, ce parchemin devient la priorité numéro une, fit Luc. Et décrypter ce fichu rapport. Par le caleçon troué de Merlin, j'en ai mal au crâne.
- On est pas dans la merde... ajouta Coralie.
- Pourquoi moi? marmonna Hermione, et bon sang qu'est-ce que Dumbledore aurait-il dû me donner?
- 8 octobre 1998 - Avenue d'Éden
Cela faisait dix-huit jours que toute l'unité faisait intégralement chou blanc. Et pourtant, tous ensemble ils cumulaient pas mal d'heures supplémentaires, cherchant sans cesse les liens, mais sans rien trouver de probant. Leblanc et Elraoui étaient même dans des années différentes à Beauxbatons et il était difficile de croire qu'ils se soient rencontrés plus que simplement en se croisant dans les couloirs. Ils ne fréquentaient ni les mêmes clubs, ni les mêmes personnes, même leurs options étaient différentes. L'unité avait même arpenté longuement les dossiers de Gringott pour étudier les fluctuations des coffres grâce aux bons de retraits que ces deux là signaient dans les commerces mais à part des données stupides comme des vêtements sur l'avenue ou un abonnement au journal, ils n'avaient absolument rien en commun. La famille Elraoui était des fleuristes certes réputés dans la capitale mais sans vraiment faire de vague. Mais chez les Leblanc c'était encore plus choquant, le père décédé il y a quelques années dans un accident de chasse était juste un collectionneur de magicozoologie, et encore il fallait vraiment s'y intéresser pour remarquer cela, ils n'étaient après tout pas célèbre ni reconnu dans aucun milieu important. C'était comme si ils étaient des erreurs au milieu des autres cibles. Et Martel était à peu de choses près dans la même situation, il n'avait rien de choquant dans l'intégralité de sa vie. Une scolarité excellente mais une vie à côté tout à fait banale: devenu bibliothécaire dès la fin de sa scolarité, il n'avait rien fait de reconnu, rien publié ou rien découvert. Un véritable Monsieur tout le monde. Même pas une amende pour avoir trop fait la fête lors d'un réveillon. Au moins lui avait pu connaître les autres victimes étant adultes il y a quinze ans. Et ça commençait à énerver pas mal l'équipe. Et le capitaine surtout, qui commençait à s'arracher les cheveux. Heureusement que des crimes considérés comme obscurs étaient les moins courant car cela leur permettait tout de même de rechercher des informations au maximum.
Cependant, ils avaient au moins enquêté sur l'usage d'un Imperium quelques jours plus tôt. Hermione avait pu résoudre l'affaire avec ses équipiers mais sans grande difficulté cependant. La personne ayant lancé l'Imperium l'avait fait pour une raison des plus futiles: l'argent. Et forcément quand la victime vide son coffre et que celui de son voisin se remplit du même montant, il ne fallait pas avoir trente ans d'expérience dans la police pour résoudre le mystère. Hermione avait même trouvé cette affaire décevante. Delphine, qui avait emmené Hermione sur l'enquête, lui avait alors précisé qu'en réalité ils avaient plus d'affaires de ce genre là que de celle du tueur en série. Hermione s'était alors rendue compte que ce métier n'était pas toujours aussi héroïque et épique mais qu'il était cependant nécessaire de le faire. Et surtout, une affaire simple lui avait remonté le moral.
Après cette petite affaire, elle était retournée aux diverses recherches pour tenter de traduire les runes et c'était donc au milieu d'un tas de livres de runes et dans la bibliothèque de l'avenue d'Éden qu'elle se trouvait en compagnie de Luc. Celui-ci était en train de s'étendre pour se tenir éveillé, le tout en soupirant bien évidemment.
- Bon sang, on se croirait revenus à l'époque des BUSE.
- C'est vrai qu'on lit énormément, fit Hermione sans quitter son livre des yeux.
- Tu veux une information drôle ? fit Luc pour détendre l'atmosphère.
- Vas y, dit Hermione en relevant juste les yeux vers Luc et en lui souriant.
- Je suis passé au bureau tout à l'heure et j'ai découvert que j'ai accumulé plus d'heures supplémentaires sur cette affaire que dans le reste de ma carrière.
- Ha oui quand-même...
- Impatient de voir ma fiche de paye... D'ailleurs tu as bien reçu un salaire ?
- Oui, j'ai été surprise, heureusement Delphine m'a ouvert un coffre à Gringott à son nom mais où j'ai accès. Je pensais pas être payée.
- Une idée du capitaine.
- Faudra que je le remercie d'ailleurs...
- Tu pensais réellement que tu ne serais pas payée ?
- Bah en fait j'avais pas abordé la question avec le Ministre Shacklbolt.
- Tu étais si pressée de partir ? Non... réponds pas. Sujet compliqué je sais.
- Tu veux savoir ?
- Pas besoin, mais il faudra qu'on se remette à parler de nos écoles ça me manque.
- À ce point là ?
- Bah disons qu'on bosse, on rentre, on mange ce qu'à laissé Fanny à notre attention et bonne nuit.
- C'est vrai qu'à part de l'enquête on ne discute plus beaucoup.
- Et j'avoue que discuter avec quelqu'un qui a énormément de conversation et de connaissances vaut le détour.
- Merci. J'apprécie aussi ces conversations.
Hermione regarda Luc, touchée d'avoir quelqu'un qui aime l'écouter discourir des heures durant sur Poudlard. Elle voulait lui montrer qu'elle le considérait réellement comme un ami et choisit de s'étaler.
- Je peux te dire pourquoi j'ai quitté l'Angleterre ?
- Tu n'es pas obligée.
- Je le veux. Je ne te parlerai pas de la guerre et de ce qui me travaille mais je veux bien te dire la raison qui a fait déborder le vase. C'est à cause de mon ex.
- Rupture difficile ?
- Plus que difficile en fait... Il... il m'a frappée.
- Pardon? fit Luc choqué.
- Oui, une seule fois et avec le recul je ne sais même pas si il s'en est rendu compte sur l'instant.
- Hermione c'est pas une raison, il n'avait pas à te frapper.
- C'était pas grave hein... juste la lèvre fendue, ajouta-t-elle tout bas.
- Hum, fit il très contrit.
Hermione le voyait complètement énervé, il était clair que pour lui ce n'était pas normal mais elle voulait lui dire, après tout elle se souvenait de la soirée où elle était ivre.
- On se disputait sans cesse...
- Tu crois que c'est une raison ?
- Luc... calme toi.
- Désolé, je trouve ça choquant. Faudrait pas que je le trouve devant moi.
- Quoi?
Elle était surprise, elle savait que les liens entre les membres de l'équipe étaient important mais qu'il veuille la venger la surprenait.
- Je... je crois que je vais m'arrêter là...
- Quoi? Il y a pire ?
- Non... oui... je sais même pas... c'est la raison qui est stupide.
- La raison ?
- Je n'étais pas prête à aller plus loin avec lui.
- C'est encore pire non? fit il un peu trop fort.
- Chuuttt. Parle pas si fort. Je te le dis car je pense que je peux te considérer comme un ami proche... peut-être parce qu'on est quasiment toujours ensemble mais je voulais que tu saches.
- D'où ma griffure alors... tu as cru que j'étais lui?
- Oui... Mais tu sais moi et Ron cela a toujours été assez compliqué, dit elle avant d'en raconter les grandes lignes.
Hermione parla alors de la quatrième année et de la jalousie de Ron, la cinquième quand il a tenté d'attirer son attention, la sixième où c'était elle qui était jalouse ainsi que la dernière année et le fameux baiser déclencheur. Elle vidait littéralement son sac.
- Voilà... tu sais.
- Pfff... franchement... je comprends pas que t'aies pu croire qu'il y avait une histoire envisageable.
- Quoi? Attends une seconde, c'est quoi ce jugement, fit elle vexée.
- C'est pas un jugement Hermione, je pense que t'as été amoureuse de lui, mais tu as dû te rendre compte qu'en fait tu l'aimais peut-être plus qu'il ne t'aimais.
- Hein? C'est quoi ton raisonnement ? demanda-t-elle un peu perdue.
- Je résume comment je comprends l'histoire. Il ne t'a jamais considéré comme une "fille" jusqu'à qu'un garçon s'intéresse à toi, durant vos cours improvisés il faisait genre d'être gentleman pour une faible femme et si je comprends tout parce que là même toi tu t'embrouilles, en sixième alors qu'il était avec cette Lavande il te faisait des crises de jalousie... Ce mec est un caprice vivant.
- Un caprice vivant ?
- Oui, un enfant, façon de voir, mais sans doute lié à sa famille nombreuse. Mais c'est évident par cette sixième année, il avait droit d'être avec quelqu'un d'autre mais pas toi, obtenant sans doute ce qu'il voulait de cette fille si facile comme tu la décris, je pense et donc de toi il voulait la même chose. Docilité, obéissance et sans aucun doute une femme au foyer au petit soin pour son mari. Mais c'est mon point de vue.
- Tu crois que c'était ça ? Juste parce que je ne me pliais pas à ses exigences ?
- Je suis pas psychomage mais oui. Il ne t'avait pas cernée en autant d'années.
- Pas cernée?
- Intelligente, indépendante, débrouillarde... sûrement pas docile. Et sans aucun doute loin de la femme au foyer classique qui attend son mari avec ses pantoufles et son journal.
Hermione fut légèrement étonnée d'être cernée aussi facilement. Plus par Luc en un peu plus d'un mois que par Ron en plusieurs années en fait. Lui semblait avoir compris qu'elle était quelqu'un qui devait s'accomplir aussi dans une vie professionnelle et pas uniquement familiale.
- Hermione ?
- Quoi?
- Tu ne prends pas mal mon avis, j'espère...
- C'est très direct.
- Désolé mais j'oublie aussi de prendre en contre toutes ces histoires vécues ensemble. Ça joue...
- Luc, merci de ton avis.
- Tu veux toujours apprendre le combat au corps à corps ?
- Quoi? Oui mais pourquoi ?
- Comme ça le prochain mec qui essayera de t'en coller une tu l'envoie au tapis. Allez viens, de toute façon j'en peux plus de ces runes.
La soirée avait déjà bien commencé et le soleil se couchait tandis qu'ils rejoignaient leur logement, Hermione débarrassée d'un de ses poids. Elle était en train de réfléchir au raisonnement de Luc sur son histoire avec Ron et réalisa qu'en effet, ils étaient bien trop différents et qu'il n'aurait jamais rien pu lui apporter de ce qu'elle désirait. Au moins, professionnellement c'était plus intéressant qu'avant.
- Et je peux devenir douée rapidement ?
- Tu as des bases de combat ?
- Bah en fait... un coup de poing à Malefoy en troisième. C'est à peu près tout.
- Faudra me raconter ça.
- C'est assez drôle, sa mâchoire doit s'en souvenir surtout quand je me suis vue le frapper.
- Vue le frapper?
- Oui, c'est l'année du retour...
- Hermione ? Hermione Granger ? fit une voix derrière le duo.
Hermione tourna lentement la tête vers l'origine de la voix. Elle venait d'être reconnue et c'était ce qu'il fallait éviter mais était-ce une menace? Allait-elle devoir se battre pour sa vie? Elle ne le savait pas encore mais ça allait être compliqué.
