Chapitre15: Protection rapprochée

- 1 décembre 1998 - Saint Eustache -

Hermione avait été soulagée d'un énorme poids lorsque le médecin avait annoncé que Jean allait bien, et le fait que celui-ci n'hésite nullement à déjà réclamer sa médaille était plus qu'un bon signe. Cependant, que celui-ci aie stipulé qu'il était convaincu qu'il s'était retrouvé face à Hyunkel ne la rassurait pas du tout.

Tandis qu'ils attendaient de pouvoir le voir, Hermione semblait plutôt fuir le regard de Luc. Il le lui avait enfin dit, ces trois mots si particulier, implicant plus de choses dans leur relation. Elle n'avait pas eu le temps de répondre, elle était encore assez dubitative à ce sujet. Elle pensait bien être également tombée amoureuse de lui mais avait une crainte cependant, une crainte importante. Elle se demandait en effet si ses sentiments n'étaient pas liés simplement à son éloignement de l'Angleterre et de ses proches, elle avait peur qu'elle aie cru l'aimer car elle n'avait rien à quoi se raccrocher à part lui. C'était d'ailleurs de la même façon qu'elle s'était liée aisément à l'équipe d'enquêteurs, seule dans un pays étranger, elle s'était attachée aux gens qu'elle côtoyait tous les jours. Elle ne voyait pas réellement quelqu'un d'autre, personne d'autre ne partageait son temps et sa vie auprès d'elle. Et si tout ce qu'elle ressentait pour Luc était uniquement lié à la situation, le besoin de ne pas être seule... C'était un véritable torrent de pensées dans sa tête, trop d'informations confuses et opposées. Que se passerait il une fois qu'elle aurait récupéré le droit de rentrer en Angleterre ? Luc accepterait-il une relation à distance ? Pourrait il supporter l'éloignement ? Elle n'en savait rien du tout. Mais le capitaine la sortit alors de ses pensées.

- Mademoiselle Granger ?

- Oui Capitaine ?

- Pourrions nous discuter un instant ?

- Bien sûr.

Elle était surprise du ton calme du capitaine, ce n'était pas dans ses habitudes et c'est donc légèrement inquiète qu'elle le suivit dans le couloir.

- Qu'y a t'il Capitaine ?

- J'aimerais vous parler de ce que j'ai vu.

- Vous voulez parler de Luc?

- Oui, j'ai quelques questions en effet.

- Je vous écoute.

- Avant tout, je sais que cela pourrait être surprenant à entendre mais êtes vous totalement consentante ?

- Je vous demande pardon ? fit elle assez surprise.

- Je pourrais concevoir que votre situation aie pu impliquer une certaine attitude de celui-ci. Attitude à laquelle vous auriez cédé sous la contrainte.

- Non bien sûr que non Capitaine. Luc ne me force en rien.

- Vous comprendrez que je ne désire aucun incident de ce genre? Alors si il se serait montré insistant, vous devez me le signaler, des mesures seraient prises.

- Je vous confirme, toute la situation est totalement consentie.

- D'accord, estimez vous alors que la situation semble inopportune quant à votre professionnalisme ?

- Je ne crois pas Monsieur, je fais le travail du mieux que je peux. Et je pense que Luc fait la part des choses.

Le capitaine ne semblait pas si sûr lui et Hermione allait comprendre pourquoi, sachant qu'elle aussi avait plus ou moins fait un rapport des évènements, stipulant même son erreur avec la porte.

- Le Lieutenant Sargue m'a signifié votre refus des consignes.

Hermione ne pouvait décemment pas en vouloir à la concernée, elle avait en effet passé outre toutes les mesures de sécurité pour retrouver Luc.

- J'ai désobéi, en effet, Monsieur. Je m'inquiètais mais pas uniquement pour Luc, Monsieur, pour Jean également. Je sais que j'ai pu mettre en danger Coralie par mon comportement.

- Au moins vous comprenez les implications de ces actes. Le Lieutenant Sargue aurait pû être blessée également en montant dans les étages de même que vous aussi.

- Je sais Monsieur, je suis désolée.

- Si vous étiez un officier classique, je serais obligé de prendre quelques mesures de sanctions.

- J'accepte les sanctions Monsieur, en quoi consistent-elles?

- Granger, vous n'êtes pas un officier au sens basique du terme, nous vous considérons comme telle mais j'aurais dû penser plus tôt que vous ne l'êtes pas.

- C'est-à-dire ?

- Les relations sentimentales et sexuelles entre les officiers ne sont pas interdites mais assez peu recommandées normalement, pour éviter ce qu'il s'est passé justement. Et à cet effet, ces relations doivent être stipulées aux chefs d'unité.

- Je ne le savais pas Monsieur.

- Normalement, le Lieutenant Bertier aurait dû me le signifier bien avant. Mais il a dû estimer que votre statut lui permettait de passer outre.

Cela lui fit un petit quelque chose, l'idée que Luc n'aie pas signalé cela indiquait peut-être un manque de certitudes de sa part, quant à leur relation sans doute.

- Granger... qu'y a t'il ?

- Rien Monsieur, fit elle un peu contrite.

- Vous vous méprenez je pense.

- Sur quoi Monsieur ?

- Le fait que Bertier ne me l'aie pas stipulé. Je pense qu'il s'agissait surtout d'une forme de respect de sa part.

- De respect ?

- Vis à vis de vous je pense. Pour que vous ne soyez pas jugée par moi.

- Ho... vous pensez que c'est la raison ?

- Oui... sachez que je ne m'opposerai nullement à la situation. Mais à une seule et unique condition.

- Laquelle Monsieur ?

- Ce qu'il s'est passé aujourd'hui, ne doit jamais absolument jamais se reproduire, le Lieutenant Sargue vous a stipulé de stationner aux étages inférieurs, vous avez désobéi. La prochaine fois, je prendrai des mesures très lourdes.

- Quels genres ?

- Une interdiction totale au Lieutenant Bertier d'entrer en contact avec vous.

- Quoi? Mais...

- Granger, si vous ou lui mettez quelqu'un en danger pour une relation quelle qu'elle soit, je ne peux le tolérer. Suis-je clair?

- Oui Capitaine.

- Maintenant, continuez donc cette collaboration internationale. Je ne l'avais pas vu comme ça mais bon...

- Merci capitaine, fit Hermione en riant alors.

Les recommandations de celui-ci étaient des plus normales après tout, elle avait désobéi à un ordre direct. Elle retourna alors près des autres qui, vu leurs têtes, avaient dû comprendre la teneur de la conversation. D'ailleurs Hermione pût aisément voir que Coralie s'en voulait d'avoir signalé cela au capitaine et elle lui sourit pour signaler à Coralie qu'elle ne lui en voulait nullement. La porte s'ouvrit alors sur l'épouse de Jean et ses filles.

- Je vais vous le laisser le voir, nous y retournerons ensuite.

- Vous pouviez prendre plus de temps, fit le Capitaine.

- Je le prendrai ensuite.

La femme de Jean s'approcha de Luc et le remercia d'avoir aidé son époux.

- Merci à vous aussi Mademoiselle. Mon mari est en vie grâce à vous deux.

Hermione remercia l'épouse de sa politesse et entra avec l'équipe. La chambre était d'une blancheur immaculée, très propre et visiblement déjà fournie en cadeaux divers qui devaient sans doute être apporté par des elfes de maisons travaillant pour l'hôpital. Jean semblait d'excellentes humeurs, les potions antidouleurs étaient très efficaces.

- Hey, vous venez tous voir le héros ?

Il était comme à son habitude mais Hermione remarquait la tête de Luc, clairement celle de quelqu'un ressentant de la culpabilité.

- Luc... merci.

- C'est ma faute, pourquoi tu m'as poussé?

- Allons mon gars... tu es plus jeune que moi c'était normal.

- Non, j'ai fait l'erreur Jean.

- Pff on s'en branle, et puis t'as une jolie copine désormais.

Hermione se mit à rougir au même instant où Jean se rendit compte que le capitaine était là.

- Ha euh...

- Laissez tomber Carvert.

- Ok, surtout que ce serait triste si elle était totalement dévastée.

- Arrête un peu, fit Hermione gênée.

- C'est qu'elle serait gênée... bon j'arrête.

Hermione vit alors que Delphine regardait le rapport de santé, sa formation médicale lui permettant de tout comprendre mais elle avait une drôle de tête.

- Hey calme toi Delphine c'est pas grave.

- Qu'est-ce qu'il y a? demanda Coralie.

- Rien de grave, fit Jean, plus de terrain pour moi. Pour un bon moment en tout cas.

- C'est-à-dire ? fit le capitaine.

- Il ne pourra faire aucun effort physique pour un moment, plusieurs mois en fait.

- Cela ne remet nullement votre place en question, fit le capitaine.

- Je sais mais ça craint...

- Jean, je suis désol... commença Luc.

- Ho fais pas chier, l'interrompit Jean, c'est surtout que vous allez pouvoir vous venger de toutes mes vannes pourries, je serai cantonné à la paperasse.

- Génial, plus de rapport à retaper, merci Jean, fit Coralie.

- Et merde... bon sérieusement, si j'ai demandé à ma femme de vous laisser entrer c'est pour vous dire ce que j'ai vu.

- On vous écoute.

- C'était effrayant. Quand il a tourné la tête, j'ai à peine eu le temps de voir son visage mais je suis sûr que c'était notre homme.

Hermione le vit prendre une profonde inspiration. Il avait réellement dû être effrayé pour réagir comme ça.

- Ses yeux étaient totalement blanc, sans pupilles ni iris, il est blond voir blanc, et il a pas l'air très vieux, je dirai trente ans environ, et une force physique hors du commun.

- Il a arraché la tête d'un type à main nue, confirma Luc.

- Toi aussi tu l'as vu? Ce mec est un tueur né, il sait de quoi il est capable. Je sais pas ce qui a enclenché l'explosion mais...

- Les premiers experts sur place pensent à une potion explosive.

- Ce n'est pas ça... quand j'ai poussé Luc je l'ai vu, il a tendu la main, il n'avait pas de baguette, et une sphère est apparue avant de tout dévaster, ce n'était pas du feu ou un bombarda c'était comme un souffle, comme pour les explosifs moldus, le souffle d'une explosion. Si c'est un sort qu'il a inventé, il est encore plus dangereux que prévu.

- Merci de vos informations Carvert.

- C'est pas grand chose mais peut-être apparaît-il dans des dossiers... Hey, fit il au reste de ses équipiers, faîtes vraiment gaffe, il rigole pas. Ce carnage était impressionant, je sais même pas comment il est parti.

- Reposez vous, et votre bureau vous attendra.

L'équipe s'apprêtait à repartir quand Jean interpella à nouveau le capitaine.

- Capitaine ?

- Autre chose Carvert ?

- Ouais... elle est où ma médaille ?

- 13 décembre 1998 - Bureau d'enquête

Les jours qui suivirent furent désormais consacrés à la fouille des dossiers des archives. L'unité cherchait en effet une photo d'un homme correspondant à la description. Mais "homme blanc aux yeux intégralement blanc" n'était pas non plus un suspect courant. Mais forcément ils conservaient les dossiers de tous les hommes blond pour les montrer ensuite à Jean, la possibilité que si il avait déjà un dossier, ses yeux pourraient avoir étés normaux à l'époque.

Par la suite, le retour de Jean fut chaleureusement célébré, déjà par l'obtention d'une médaille du mérite pour son acte désintéressé en sauvant Luc, qui aimait stipuler que ce n'était pas si désintéressé vu qu'il réclamait sa médaille. Évidemment, l'équipe lui avait offert de beaux cadeaux pour son retour, cadeaux auxquels Hermione avait participé avec un plaisir immense pour taquiner Jean: une collection complète de plumes, d'encriers et de parchemins pour ses tâches de bureau. Il l'avait pris avec humour, mais il continuait de vanner sans cesse devenant même parfois un enquiquineur professionnel.

La somme de travail était plus qu'énorme après la perquisition, Hermione voyant sans cesse les notes de services se déposer sur les bureaux, tous les suspects interpellés ce jour là étant confiés aux services concernés et les informations données lorsqu'ils étaient entendus par le bureau du procureur étaient également transmises.

Sentimentalement, Luc n'avait pas réitéré son annonce, et Hermione n'y avait toujours pas répondu... elle s'en voulait un peu tout de même mais elle ne trouvait pas le bon moment, Luc étant énormément atteint par son syndrome de culpabilité. Elle le rassurait désormais autant qu'il le faisait avec elle.

Mais le matin du treizième jour de décembre, le capitaine les appela un peu plus tôt, presque à leur arrivée.

- Bertier, Granger, bureau.

- Ça sent pas bon...

- Tu crois que c'est lié à nous? fit Hermione.

- Non, je ne pense pas.

Hermione remarquait pourtant que Luc était inquiet sur ce fameux "nous", elle aurait dû répondre à son annonce, elle le savait, elle avait pris le risque de trop et cela allait sans doute éloigner Luc d'elle.

" Je suis idiote, il a l'air honnête avec moi, il s'est exprimé et pas moi, il doit se dire que je ne cherche qu'à m'amuser peut-être."

- Granger ? fit le capitaine la sortant de ses pensées. Vous allez bien?

- Oui, oui, pardon, je réfléchissais à l'enquête.

- Une piste?

- Je ne pense pas, mentit elle.

- Je vous ai convoqué pour une mission particulière qui ne rentre pas dans nos attributions.

- Quel genre? fit Luc.

- Le genre qui m'emmerde quand on me met au pied du mur.

Hermione s'inquiéta alors.

- Un ordre direct du ministère. Vous devez vous rendre dans un hôtel dont la localisation restera inconnue même de vous. Le tout pour assurer la sécurité d'un dignitaire étranger.

- C'est aux affaires secrètes de gérer ça, fit Luc.

- Le dignitaire n'est autre que le Ministre Shacklbolt d'Angleterre.

- Quoi? fit Hermione.

- Il vient pour signer des tractations avec notre ministère. Il a effectué la demande pour notre service.

- Il veut connaître les avancées vous pensez? fit Hermione.

- C'est clair mais je n'aime pas ces méthodes, il veut vous parler il ramène son cul du ministre ici. C'est quoi ces méthodes!

- Hum, euh Capitaine... de quoi ai-je le droit de parler ?

- Vous pouvez tout raconter, après tout il vous a envoyé pour ça. Mais cette façon de faire me déplait.

- Je suis désolée Capitaine, fit Hermione.

- Bah... de toute façon faut obéir, voici le code de cheminée, fit il en tendant un papier. Procédure de sécurité. Mais ce n'est sans doute pas important. Allez faire un rapport... et n'hésitez pas à dire ce que je pense de ces méthodes.

- Hôtel inconnu, Lieu inconnu -

Hermione fut surprise de découvrir le milieu de la sécurité diplomatique, c'était incroyablement sécurisé. Lorsqu'ils avaient passé la cheminée en énonçant la destination "Plan Vigisorcier", ils s'étaient retrouvés dans une pièce braqués par près de cinq baguettes différentes portées par des sorciers en uniformes de combat et visiblement français. Hermione avait immédiatement levé les bras mais pas Luc.

- Bras en l'air.

- Aucune formule de politesse ? Et ben...

- Bras... en... l'air, insista bien l'agent.

Luc s'exécuta alors et ils durent subir une fouille au corps complète qui gêna Hermione, mais l'agent qui effectuait la fouille n'avait aucun geste déplacé et ne s'attardait sur aucune zone gênante. Par contre, vu son comportement, Luc était palpé plus lourdement.

- Hey on est collègue... et puis j'ai pas droit à un cocktail d'abord.

- Ta gueule.

Hermione fut surprise mais rassurée que cela se passe bien. Ils ouvrirent alors une porte qui donnait sur un long couloir sans portes ni fenêtres, mais où se trouvait quatre autres gardes, environ un tous les quatre mètres.

- Qu'est-ce qui t'as pris?

- La police et ce service se détestent cordialement.

- Ha bon?

- Ce sont des baguettes faciles, quand ils interviennent sur le terrain ils nous mettent un désordre pas possible.

- Ha je vois...

- Le pire c'est qu'eux ne préviennent jamais de leurs opérations.

- Ils sont plus accrédités que nous alors.

- Largement. D'où la stupidité de la demande.

Hermione avança alors d'un pas calme et vaguement détendu. Approchant pas à pas de la porte d'un bureau que les agents du ministère ouvrirent alors. Hermione vit alors le Ministre Shacklbolt debout devant un bureau, accompagné d'un seul Auror qui arborait un drapeau anglais sur son col, devant sans doute signifier sa présence.

- Hermione, comment vas-tu ?

- Bien Monsieur le Ministre, et vous.

- Ça va.

- Voici mon équipier Luc Bertier.

- Enchanté Monsieur le Ministre, fit il en anglais.

- Merci jeune homme.

Luc et Kingsley Shacklbolt échangèrent quelques mondanités sur la sécurité et la sécurité incroyable dont faisaient preuves les français. Hermione regarda attentivement l'Auror, qu'elle ne connaissait pas, mais pour accompagner le ministre il devait avoir sa confiance. Il était petit, la quarantaine environ, chauve avec un léger embonpoint et les yeux marrons. Hermione se surprenait toujours d'être devenue aussi observatrice des détails physiques d'une personne, surtout à force de fréquenter les milieux criminels français. Il y avait quelque chose qu'elle n'aimait pas chez cet Auror, sa façon de la regarder avec un certain effarement.

" C'est vrai que je suis connue maintenant en Angleterre, ça doit faire un choc... Le ministre aurait dû le prévenir mais bon il a l'air de manquer de professionnalisme."

- Cette fonction que tu occupes dans l'UMEC te plaît Hermione ?

- Oui, j'apprends beaucoup de choses, fit elle réjouie d'en parler.

- Je pense que Monsieur... Bertier? Je prononce bien?

- Oui Monsieur.

- Monsieur Bertier donc, va pouvoir me débriefer vos progrès dans l'enquête.

- Pardon? fit Hermione. Alors pourquoi m'avoir demandée?

- Parce que j'avais pris une décision avant de venir. Une pensée pour toi. Tu peux rompre, le sortilège de métamorphose.

- Quel sortilège ?

- Pas toi Hermione, fit il en se retournant vers l'Auror dans la pièce.

Elle regarda alors l'Auror qui fit un mouvement de baguette et changea. Son ventre se rentra, il grandit lentement et des cheveux poussèrent, des cheveux noirs précisément, et ses yeux devinrent verts. Avant même de remarquer la cicatrice en forme d'éclair apparaître, elle courut vers lui pour le prendre dans ses bras.

- Harry! Tu m'as manqué.

- Toi aussi, fit il en la serrant fortement. Tu étais en France alors?

- Oui, une mission secrète.

- Hermione, fit Kingsley Shacklbolt la forçant à se retourner, je vais continuer avec Monsieur Bertier, si tu as besoin tu peux parler de la mission avec Harry.

Hermione fut contente, s'asseyant sur un des canapés avec Harry discutant, lui racontant la mission et ses avancées.

- Rogue... un sorcier évadé d'Azkaban... c'est risqué.

- Plutôt oui, mais je vais bien.

- Pourquoi Kingsley t'a envoyé toi?

- À cause de toi.

- Hein? Mais non!

- Tu lui as dit que je parlais français.

- Mais je savais pas.

- Hey c'est rien Harry. Être ici m'a changé l'esprit et je suis devenue plus forte.

- Plus forte ?

- Oui, j'ai appris à interroger des suspects, à faire des perquisitions, et même à me battre, la dernière fois j'ai affronté trois moldus.

- Des moldus.

- Oui, c'est compliqué, mais je les ai ratatinés à mains nues.

- J'arrivais pas à le croire quand je t'ai vue entrer. Et cette coupe de cheveux.

- Oui c'est Coralie, elle m'a dit que c'était mieux pour éviter que les suspects ne s'y accrochent.

- Coralie?

- Une de mes équipières.

Hermione parla alors du service, des équipements, lui montrant même son gilet pare-sortilèges.

- C'est incroyable tout ça.

- Tu sais ce qui est encore plus incroyable ? Harry Potter veut se marier.

- Ouais... je sais c'est peut-être précipité.

- Non... mais tu es prêt ?

- Oui, j'ai juste peur qu'elle refuse.

- Harry... On parle de Ginny, une fille qui est amoureuse de toi depuis ses dix ans.

- Je sais bien... mais imagine qu'elle dise non.

- Comme si c'était envisageable.

- Vous me dites tous pareils, que ce soit Georges, Arthur, Ron ou Bill. Merde... euh je voulais pas parler de lui.

- Comment va ce cancrelat ?

- Il... tu lui manques.

- N'importe quoi.

- C'est vrai, il s'inquiète pour toi, énormément, le manque de nouvelles, tout ça.

- Lavande aussi s'inquiète ?

- Hermione... je suis désolé pour ça.

- Pas moi. C'est la meilleure preuve de la puissance de ses sentiments pour moi.

- Hermione... tu vas bien sinon?

- Parfaitement bien. Surtout sur ça.

- Tu es sûre ? Ça doit être dur...

- Je te dis que ça va, Harry.

Hermione vit alors que Luc semblait avoir fini de discuter avec le ministre vu que le ton semblait détendu.

- Je vais te présenter Luc.

Elle alla le chercher à la plus grande surprise de celui-ci.

- Luc voici Harry Potter.

- Célèbre...

- Euh... oui, on me le dit souvent, fit Harry géné.

- Surtout pour vos bêtises, d'après Hermione.

- Ho euh...

- Je vous jure, Harry voici Luc Bertier, il est mon équipier...

- Ho, c'est vous qui veillez sur elle alors.

- ... et nous sommes ensemble. En couple.

Luc regarda Hermione surpris et Harry écarquilla les yeux, mû par un désir de s'asseoir.

- C'est surprenant...

- Que j'ai rencontré quelqu'un ? Sympa.

- Non je ne pensais pas que tu passerais à autre chose si vite.

- J'ai bien entendu ? Ron ferait ce qu'il veut et pas moi? Belle mentalité Harry.

- C'est pas ce que je voulais dire Hermione, c'est surprenant.

- Je vais peut-être vous laisser discuter, fit Luc voyant l'ambiance.

- Toi assis, Harry ça te choque ?

- Non, oui, un peu... mais comprends moi aussi, la dernière fois que je t'ai vue...

- J'étais en bas de la pente je sais. Mais ici j'ai pu passer à autre chose. J'ai découvert la France, Beauxbâtons et je suis plus proche de Luc que de n'importe qui d'autre, fit elle en prenant la main de celui-ci.

- À ce point là ?

- Il est intelligent, travailleur, cultivé et intéressant. Je peux passer des heures à discuter avec lui. J'avais besoin de quelqu'un comme lui.

- Je suis content pour toi...

- Mais?

- Je suis surpris... Ne m'en veuillez pas Luc mais j'avais cru que peut-être toi et Ron... tu vois.

- Je vois oui... mais non Harry. Je comprends que tu pensais ça, on a vécu tellement de chose... toutes nos aventures, toutes ces difficultés, j'ai aimé Ron... mais c'est fini. Aujourd'hui je...

Elle hésitait à le dire à voix haute mais le regard surpris d'Harry avait fini de la convaincre.

- Aujourd'hui, je suis amoureuse de Luc. Tu es la première personne, à part notre unité de curieux, à le savoir.

- Je suis content pour toi alors, tu as l'air sûre de toi.

- Je le suis, fit elle en regardant Luc dans les yeux.

Hermione y vit autant de surprise que de tendresse, c'était peut-être pas la meilleure façon de le dire mais elle venait de l'affirmer. Et devant son meilleur ami voir son frère de cœur, c'était encore plus important. Il semblait se rendre compte de l'importance de ce qu'elle venait de faire.

- Je suis tellement sûre de moi que j'ai pu parler avec lui de ce qu'il s'est passé dans le Manoir Malefoy. Tu sais Bellatrix.

- Oui, fit Harry, ayant le regard voilé.

Hermione se rendit compte que Luc devait avoir raison, Harry s'en voulait également que cela lui soit arrivé.

- Harry, ce n'est pas ta faute, rien de ce qui s'est passé à cette époque n'est de ta faute.

- J'avais prononcé son nom...

- Ce n'est Harry.

- Je ne sais pas ce que Bellatrix t'a fait ce jour là mais...

- Harry, je ne t'en ai jamais voulu... et je ne t'en voudrais jamais pour ça.

- Elle t'a fait quoi? demanda alors Harry. Pardon, je voulais savoir depuis le début ce que tu avais vécu mais je n'ai jamais osé te le demander. Même à Ron, tu n'en parlais pas et Fleur m'a dit que c'était assez grave mais elle n'en a parlé à personne. C'était...

- Gênant ?

Hermione enleva alors sa veste et releva sa manche.

- Avant de te montrer, je veux que tu me jures de ne jamais t'en vouloir.

- Quoi?

- Jure le... Je ne t'en veux pas, c'est à elle que j'en veux et uniquement elle.

- D'accord.

Hermione montra alors son bras à Harry qui fut plus que choqué, il allait toucher la cicatrice mais Hermione retira vivement son bras.

- Voilà. Tu sais.

- Hermione je suis désolé.

- Harry... comme le dit Luc, j'ai cette marque parce que j'avais des convictions. Si cela devait être refait, je ferai tout de la même manière, absolument tout, malgré les évènements qu'on a vécu. Et malgré Ron...

Harry et Hermione se serrèrent alors longuement dans les bras avant de partager beaucoup de souvenirs l'un avec l'autre et partageant leurs expériences professionnelles. Quand les retrouvailles furent finies, Hermione et Luc marchaient dans le couloir vers la cheminée et elle vit le grand sourire de Luc.

- Tu as quoi ?

- Hermione Granger est amoureuse de moi.

- Pff idiot.

- Quoi? J'ai cru avoir fait une bêtise en te le disant.

- Non, je ressentais la même chose mais je n'osais pas le dire.

- Mais j'apprécie, vu que tu l'as affirmé à ton meilleur ami.

- Ha oui?

Elle l'attira à elle pour l'embrasser alors.

- Et ça ?

- Aussi mais pas eux sans doute.

Hermione se rendit compte que les gardes les regardaient bizarrement et elle avança jusque la cheminée en devenant rouge pivoine. Et fut heureuse d'être rentrée au poste.

- La honte...

- Je vois pas pourquoi...

- Luc...

- Au fait, tu as quelque chose de prévu pour le réveillon...

- Que veux-tu que j'ai prévu ? Un retour en Angleterre ? Ça m'étonnerait... désolée je voulais pas être méchante.

- Je me suis mal exprimé... avais-tu prévu quelque chose de particulier que pour nous.

- Euh... non rien, je t'avoue...

Hermione se rendit compte qu'en effet, elle n'avait pensé à rien, pas même à un cadeau pour lui. C'était gênant, déjà qu'elle n'avait pas le tempérament d'une femme d'intérieur alors organiser un repas complet en amoureux. Si au moins elle pouvait demander des conseils à Molly... Puis elle songea que lui pensait peut-être à autre chose, un repas avec sa famille par exemple.

- Apprécierais tu alors de te rendre au bal annuel de la police avec moi... si tu veux... sauf si tu veux qu'on reste tout les deux...

- Un bal ? Je... Pourquoi pas. Je saurai alors si j'aurais bien fait de te choisir toi si tu étais venu à Poudlard.

- Tu ne seras pas déçue.

- Par contre... je n'ai pas de robe.

- On va y remédier...

Hermione se demandait surtout les spécificités des bals de police magique, les ignorant totalement. Elle espérait que cela se passe bien.

Réponse review

katymyny: faire la broche c'est faire des galipettes, tout simplement (selon un ami québécois) mais y a tellement d'expression, à force on s'y perd ( planter le javelot dans la pelouse est pas mal dans le genre). La façon d'hermione de le révéler à son tour est plus belle, je trouve enfin j'espère