Chapitre 16 : Robe de bal et beaux-parents

- 24 décembre 1998 - Ministère de la Magie Français

Hermione avait pu remarquer durant ces quelques jours entre sa revendication et le bal que Luc était désormais plus détendu dans sa relation avec elle. C'était une certitude, il avait été assez bien rassuré du fait qu'Hermione partage ses sentiments. Cela l'avait rendu plus tendre dans leurs moments ensemble même si il respectait toujours une forme de barrière limite. Hermione appréciait d'ailleurs énormément qu'il n'aie jamais tenté de la pousser plus loin dans leur relation. C'était même une condition sine qua non pour que sa relation progresse selon elle. Bien évidemment elle était amoureuse de lui mais elle estimait qu'il était encore bien trop tôt pour lui offrir sa dernière portion d'innocence qui certes avait deja été bien entamée précédemment. Et même une nuit de volupté comme la précédente n'avait pas eu lieu. Mais au fil des jours du calendrier de l'Avent de son bal, une crainte était montée en elle, une crainte liée à sa relation d'ailleurs. Et si, en ce jour de réveillon puis de Noël, Luc désirait déballer un cadeau bien particulier : elle. Naturellement, si la soirée était magique autrement que par leur nature, bien évidemment, il risquait peut-être de désirer un petit plus. Que faire alors ? Le repousser au risque de peut-être le vexer ou bien alors lui céder même si elle ne le désirait pas réellement. Bien sûr la personnalité de Luc semblait cependant indiquer qu'être repoussé n'allait nullement le déranger mais dans l'éventualité où celui-ci aie abusé quelque peu de substances alcoolisées, elle ne pourrait nullement se défendre. Repousser Ron n'avait déjà pas été simple en soi mais repousser un homme bien plus grand, plus musclé et rompu à diverses techniques de combat serait largement plus complexe.

Mais elle avait décidé d'éviter d'y penser au maximum préparant une éventuelle surprise pour Luc quant à sa tenue. Trouver une robe spécialement pour cette soirée fut compliqué, il fallait bien reconnaître que l'invitation avait été assez tardive et malgré tout elle voulait être à son avantage pour cette soirée.

C'est donc devant la porte de sa chambre, stressant bêtement, qu'Hermione attendait pour sortir. Elle avait entendu Luc s'agiter un peu dans sa partie du logement.

- Mademoiselle Granger, c'est un bal de Noël vous savez, fit il avec beaucoup d'espièglerie, il ne nous attendront pas jusque la Saint-Sylvestre.

- Je suis au courant idiot, fit elle.

- Rassure moi tu ne t'inquiètes pas de ta tenue ?

- Je ne le dirai pas.

- Hermione, je sais déjà que tu seras la plus belle lueur de Noël, alors ne t'inquiètes pas.

- La plus belle lueur de Noël ? D'où tu sors cette réplique de dragueur.

- De ma tête.

Hermione pouffa alors amusée de la stupidité de la blague et elle se décida à ouvrir. Elle tomba alors, avec beaucoup de surprise sur un Luc Bertier en uniforme d'apparat. C'était un magnifique costume blanc dont le pantalon arborait des rayures noires sur les côtés et la veste de costume arborait également un trait noir partant de l'épaule gauche pour descendre en ligne droite vers le pantalon. Sa chemise également était noire et relevée d'une cravate blanche. Il portait également les décorations destinées à signaler son grade. Cette tenue lui allait merveilleusement bien.

- Hermione tu es... sublime, je suis sans voix.

- Ma tenue te plaît? dit elle en tournant sur elle-même.

Elle avait hésité longuement pour sélectionner cette magnifique robe à manches longues, obligatoire pour cacher ses cicatrices. La longueur d'abord, elle a avait estimé qu'une robe longue comme celle du bal de Poudlard était peut-être un peu trop longue et risquait de l'entraver dans pas mal de ses mouvements, optant ainsi pour une robe tombant au niveau des genoux et large. Ensuite le décolleté, elle n'en portait pas très souvent mais celui-ci était suffisamment dévoilant à son goût, laissant le haut de la poitrine se dévoiler. Sa coupe de cheveux ne permettait pas grand chose de particulier mais elle arborait un léger chignon à l'arrière dans un style assez victorien. Mais le détail le plus important avait été la couleur. Au départ elle désirait une tenue très Gryffondor dans des tons rouge et or mais finalement elle avait opté pour du bleu ciel et du blanc, volontairement. La véritable raison était simplement de rendre hommage à l'école de son petit ami : Beauxbâtons. C'était exactement les couleurs de l'uniforme scolaire et Luc semblait le remarquer même si il était plutôt en état de choc à cet instant.

- Luc... tu baves.

- Moi pas du tout... mais je risque d'être jaloux.

- Quoi?

- Tu vas attirer tous les regards.

- Je n'ai plus porté une telle tenue depuis le mariage de Bill et Fleur. J'avais peur de la finesse des manches.

- On ne voit pas ce qu'il y a dessous.

- Ça me rassure.

Il avait l'air complètement estomaqué par sa cavalière et Hermione en fût des plus heureuse.

La salle de bal du Ministère de la Magie était réellement gigantesque plus de cinq fois au moins la Grande Salle de Poudlard, même lors du bal de quatrième. Et sa décoration était non seulement luxueuse, arborant dorures et moulures digne du château de Versailles mais aussi très enchantée, une fausse neige semblable à des flocons brillants tels des diamants tombait continuellement. Hermione avait le regard qui dérivait sur tout: les nombreux officiers hommes en uniforme, les femmes ayant clairement préféré des robes de soirée ; le magnifique buffet proposant des mets venant de la France entière et les tables richement fleuries. Il était clair que c'était un hommage à la France au vu du nombre conséquent de lys. Elle descendit lentement les marches au bras de Luc espérant ne pas s'étaler à cause de ses talons. Il ne fallut pas longtemps pour qu'une jeune femme blonde en robe rouge très échancrée et décolletée arrive.

- Hermione, Morgane m'en est témoin, tu es sublime.

- Coralie merci, ta robe est très...

- Sexy? fit celle-ci en tournant. C'est le but... Et tu verrais ce qu'il y a dessous... fit elle tout bas accentuant d'un clin d'œil.

- J'ai peur d'imaginer...

- Très peu de tissus... répondit-elle sans honte.

- Coralie!

- Et toi? Un chouette cadeau à déballer ou pas?

- Ça ne te regarde pas... désolée.

Coralie la tira un peu plus loin pour éviter que Luc n'entende.

- Ne me dis pas que vous n'avez toujours pas...

- Si. Je te le dis.

- C'est pas folichon tout ça.

- Coralie, s'il-te-plaît...

- Je donne mon avis... c'est tout mais après tout c'est toi qui vois. Allez zou... j'ai soif.

Et sur ce très bon mot, Coralie s'éclipsa alors, laissant une Hermione dubitative et pensive. Elle fut sortie de ses pensées par une flûte de champagne sous son nez.

- Merci Luc.

- Tu as envie de t'asseoir un peu ou d'aller directement au buffet ? Ou même danser.

- M'asseoir d'abord.

Luc et Hermione se dirigèrent alors vers une table libre, où sa chaise fut tirée par Luc avec galanterie. Hermione regardait parmi les convives et discerna la Ministre de la Magie, d'autres personnes qui devaient être des membres du ministère, elle vit au loin Delphine qui repoussait difficilement quelques hommes attiré par sa robe blanche moulante et même son capitaine avec un femme, son épouse visiblement.

- Je ne vois pas Jean.

- Noël en famille, c'est plus sympa pour les enfants. La plupart des gens ici sont soit jeunes soit leurs enfants restent à Beauxbâtons.

- Beaucoup d'élèves y restent?

- La plupart en fait, pas à Poudlard ?

- Quasiment aucun en fait.

- C'est surprenant.

- Il y a quelque chose qui motive les élèves à rester à Beauxbâtons?

- Il y a en général une kermesse avec assez bien de manèges, un marché de Noël dans le village voisin aussi. Et puis le bal d'hiver.

- Bal d'hiver ? Vous en avez plusieurs ?

- Oui. Celui d'hiver, celui de la Saint-Valentin et celui de fin d'année. Pas vous ?

- Je n'ai connu que celui du Tournoi.

- Quel dommage, tous ces garçons qui n'ont pu que rarement voir dans de belles robes.

- Idiot.

- Non... réaliste.

Hermione rit de bon cœur au moment où une vois les interrompit.

- J'ai dû mal à en croire mes yeux, fit une voix d'homme.

Hermione vit un homme qu'il lui semblait avoir déjà vu, un homme très distingué avec à son bras une femme du même âge dans une magnifique robe de soirée couleur pêche. Luc écarquilla les yeux, s'étouffa même avec son champagne et se retourna en se relevant.

- Bonsoir Père. Maman.

" Ses parents... mais oui, son père je l'ai vu dans le journal."

Sa mère le prit dans ses bras et l'embrassa chaleureusement, loin du stoïcisme qu'affichait le père de famille. La façon si particulière de les appeler prouvait bien que les liens étaient différents.

- Laissez moi vous présenter Hermione, ma compagne.

" Ma compagne ? Il hésite pas... c'est intimidant par Merlin".

- Hermione, voici Jean-François et Mary Bertier, mes parents.

- C'est un immense honneur pour moi, fit Hermione. Heureuse de vous rencontrer.

Hermione fut surprise des différentes réactions des parents de Luc, son père venait presque de pâlir en apprenant cela et sa mère s'approchait déjà pour l'embrasser sur la joue.

- Puis-je te parler en privé mon fils?

- Si tu veux...

Hermione n'appréciait pas trop de se retrouver seule à seule avec la mère de son petit ami, elle ne s'y était pas préparée du tout.

- Asseyons nous voulez vous Hermione ?

- Avec plaisir.

- Dites moi, vous avez un petit accent anglais, fit elle en anglais.

- Je suis anglaise, fit celle-ci surprise.

" Mais oui, elle est écossaise, Luc me l'a dit, c'est pour ça qu'il parle aussi bien anglais."

- Navrée de la réaction de mon mari, sa surprise est compréhensible, il est un peu... comment dire...

- Traditionaliste? tenta Hermione.

- J'aurai dit balais dans le cul.

- Pardon? fit Hermione choquée.

- Oui, soyons honnêtes. Nos éducations sont très différentes.

- Je crois que vous êtes moldue, c'est cela?

- Exactement, d'où le conflit culturel avec mon mari et je suis libraire à Amiens.

- D'où l'amour des livres de Luc.

- Faut bien gagner quelque chose des moldus. Vous êtes sorcière ?

- Oui, née moldue.

- Ho excellent choix de mon fils.

- Merci, fit Hermione amusée.

- Vous faites quoi dans la vie?

- Je suis une collègue de votre fils.

- Collègue ? Vous voulez dire une agente de terrain.

- Oui...

- Ne soyez pas gênée. Je suis juste surprise. Dans le bon sens.

- Le bon sens?

- Ça va bien enquiquiner mon époux, lui qui voulait faire un mariage d'intérêt. Plus mondain.

Hermione s'étrangla alors de surprise.

- Mariage ? Madame Bertier nous n'en sommes pas là.

- Ha bon?

- Oui, nous ne sommes ensemble que depuis quelques semaines.

- Semaines ? Et forcément mon fils ne me dit rien. Je vous jure.

- Je suis navrée.

- Les relations père fils sont assez conflictuelles.

- Par rapport à sa première enquête?

- Tout à fait, mon mari croyait qu'il était passé dans l'illégalité et moi aussi mais quand j'ai compris que c'était une mission, je ne lui en ai pas tenu rigueur.

- Votre mari oui?

- Rapport à son nom... lignée importante etc. Le même problème que les riches chez nous. Pff.

Hermione était très surprise par la mère de Luc, se demandant même ce qu'elle faisait avec son père d'ailleurs. Ils semblaient déjà tellement différent.

- Dites moi Hermione, où habitez vous?

- Je... euh...

- Oui?

- Avec Luc, fit elle en se grattant la tempe gênée.

- Déjà ? Cela me semble bien sérieux.

- Nous étions colocataires... puis une chose en entraînant une autre...

- Ne m'en dîtes pas plus... Vous vous plaisez en France ?

- Énormément Madame.

- Appelez moi Mary.

- D'accord.

Luc vint se rasseoir et son père s'installa près de sa femme, visiblement les deux étaient de mauvaise humeur. Mais Luc passa une main dans son dos.

- Tu ne racontes rien de gênant Maman? fit Luc en portant son verre à ses lèvres.

- Non... nous faisions connaissance... j'allais justement lui demander si elle voulait des enfants.

" HEIN? Elle est pressée d'être grand-mère ou quoi?"

- Vous verriez vos têtes à tous les trois, c'est extrêmement drôle. Je sais que cela ne fait que quelques semaines grâce à Hermione.

- Et vous vous affichez en public, fit le père.

Luc allait répondre mais Hermione vit le regard mauvais de Mary Bertier et sentit un choc sous la table avant de voir une grimace de douleur sur le visage du père de Luc.

" Elle l'a frappé ? Sérieux ?"

- Je veux dire... vous êtes la première jeune femme que nous présente notre fils...

- Et qui plus est vous êtes ravissante, fit Mary.

- Merci.

- Et vous occupez quelle profession ?

- C'est une collègue de Luc, n'est-ce-pas intéressant? fit Mary en regardant avec insistance son mari.

- Si... bien sûr.

" Bon tentons de rompre la glace..."

- Vous êtes procureur Monsieur Bertier, il me semble.

- C'est exact. Vous êtes comme mon fils?

- Pardon? fit Hermione surprise.

- Vous détestez les gens qui exerce mon métier car ils mettent des bâtons dans vos roues?

- Père...

- Laisse la donc répondre.

- Non, je trouve que votre métier est aussi important voir plus que le notre. J'ai lu votre entretien en novembre, pour le procès de cet homme qui torturait ses elfes de maisons. J'ai d'ailleurs apprécié la verve avec laquelle vous condamniez cet acte.

Hermione fut ravie de la tête effarée du père et du regard surpris de Luc.

- Vous avez apprécié mon intervention ?

- Effectivement, durant ma scolarité à Poudlard j'ai même largement défendu l'affranchissement de ceux-ci.

- Ha oui? Puis-je en savoir plus?

Hermione parla alors de la S.A.L.E. et découvrit l'intérêt de son beau-père sur le sujet, pendant ce temps Luc était allé chercher de quoi faire un apéritif pour tout le monde.

- Je suis très impressionné Mademoiselle Grangé, fit le père usant de la version francisée de son nom de famille, toujours en usage.

- C'est vrai?

- Peut-être ne le savez vous pas mais j'ai, au début de ma carrière, participé à l'élaboration du code pénal qui protège les elfes et leur octroie le statut d'employés et fonctionnaires d'état.

- C'est vrai?

- Oui, une société se juge à la façon de traiter ses ouvriers.

- Je suis parfaitement d'accord avec vous, fit elle en regardant Luc qui l'observait amusé.

- Je suis très heureux de voir que mon fils n'aie nullement trouvé une compagne superficielle. Une femme intelligente qui plus est.

- Merci.

- Quand annonce-t-on votre relation ?

- Jean-François... Pourquoi vouloir ce genre de mondanités ?

- Mais cela se fait, Mary. C'est normal.

- Dans un milieu réac... fit Luc.

- C'est ton milieu Luc. Vous êtes de quel milieu

d'ailleurs?

- Elle est né-moldue, ça te va? fit Luc méchamment.

- Luc... fit Hermione, calme toi.

- Je n'ai aucun problème sur ce sujet Luc, fit son père.

- Ce n'est pourtant pas mondain.

- Oui, mais elle compense aisément ce défaut. Je ne parle pas d'ascendance Mademoiselle, comprenez moi bien, mais de milieu social.

- Mes parents sont dentistes, fit Hermione gênée sans savoir pourquoi.

- Pourquoi êtes vous gênée? fit le père de Luc, c'est un beau métier. Beaucoup d'études je crois.

- Oui.

- Père... laissez la un peu tranquille, nous sommes assez loin du mariage.

- Cela n'empêche pas... Perpétuer le nom des Bertier est important. Qu'importe le temps que cela prenne.

- Mangeons, peut-être... fit Mary.

Hermione fut rassurée de pouvoir manger enfin dans un calme relatif. Luc se pencha vers elle.

- Je suis désolé pour ça... mais il n'ont vraiment aucun problème avec les origines.

- Je sais Luc, je crois avoir compris ton père. Il veut quelqu'un qui ne nuit pas à ta famille. La preuve: il a épousé une moldue.

- Elle est très riche également, mais plutôt simple.

- Tu es très riche?

- Serais-tu intéressée ? fit il en riant à son oreille.

- Toujours bon à savoir.

- D'ailleurs, j'aurai voulu que tu les rencontres dans un autre contexte.

- Tu comptais me les présenter ? fit elle surprise.

- Oui, un jour... ma mère surtout, mon père cela aurait pu attendre je sais pas... au moins quarante ans.

Hermione se mit à rire de la boutade de Luc et touna la tête tombant sur une Madame Bertier songeuse.

" Merlin... elle va reparler mariage..."

- J'ai l'impression de vous avoir déjà vue...

- Ho j'ai un physique banal...

- Non, je suis sûre... Mais où... Vous fréquentez le milieu de la mode peut-être ?

- Ha non désolée Mary.

- Maman, j'aimerais l'inviter à danser, si tu permets.

- Ho oui pardon vous êtes jeunes amusez vous donc.

Hermione se fit alors trainer sur la piste qui pour l'instant diffusait des chansons assez lentes leur permettant de danser calmement.

- Désolé, j'ai pas pensé à ça...

- De quoi tu parles? fit Hermione étonnée.

- Il lui arrive de commander la presse sorcière britannique pour "se tenir au courant" comme elle dit.

- Tu crois qu'elle m'y a vue ?

- Il y a des chances, mais attends une ou deux flûtes de champagne et ce sera bon.

- Elle boit beaucoup ?

- Tellement rarement qu'elle est ivre en deux ou trois coupettes. Sauf que ne pas boire en soirée mondaine, cela ne se fait pas... bref.

- Ton père est très intéressant.

- Tu parles...

- Sérieusement, le combat pour les elfes tout ça... c'était intéressant, bon d'accord il est un peu borné pour le milieu mondain mais...

- Au moins tu leur plais. C'est un bon point même si ce n'était pas important.

- Ha bon?

- Oui c'est à moi que tu dois plaire, fit il en la faisant tourner.

- Et? Je remplis les critères ? fit elle amusée de la danse et de la conversation.

- Tous... les uns après les autres.

- Flatteur...

- Au fait, tu veux des enfants ?

- Hein? fit elle tellement choquée qu'elle percuta quelqu'un. Pardon Madame.

Hermione n'en revenait pas qu'il pose la question, il voyait leur relation sur du long terme, pas elle en tout cas.

- C'est pas un peu tôt...

- Je parlais de façon rhétorique, on parle beaucoup de nos souvenirs mais assez peu de nos visions de l'avenir.

- Ho...

- Tu croyais que j'imaginais déjà la maison, les gosses et le chien?

- J'aime pas les chiens, mais tu m'as effrayée.

- Désolé mais tu ne m'a pas répondu.

- J'avais toujours pensé à un garçon et une fille, bon on ne choisit pas mais je trouvais l'idée bonne.

- Moi je tablais sur trois. Coupons la poire en deux... ha non je finirai à Rochepourpoint.

- Arrête tes conneries... Tu penses faire carrière à l'UMEC?

- Je n'ai pas réellement envisagé autre chose pour tout te dire, professionnellement que j'ai connu que cela après tout. Et toi? Tu vas passer des tests pour tes ASPICS ? Après tout ça ?

- Oui j'aimerais bien... je pense m'orienter peut-être vers l'histoire de la magie, avec ce que j'ai appris récemment. Bien que ce métier me plaît énormément aussi.

- Criminels d'Angleterre, tremblez...

- C'est sûr, tu m'imagines au côté d'Harry? Le duo de Poudlard reformé.

- Je les plains d'avance. Il y aura plus assez de place en prison.

- Ou alors une carrière ministérielle pour faire comme chez vous.

- Chez nous?

- Oui les elfes de maisons.

- D'ailleurs très bel acronyme.

- Arrête j'étais gamine. C'était un peu idiot.

- Malgré cela, le bal te plaît ?

- Assez... fit elle timidement tout à coup.

- Qu'est-ce-qu'il y a ?

- Rien du tout.

Hermione pouvait largement apprécier les talents de danseur de son cavalier français, c'était assez évident vu le nombre de bals de Beauxbâtons, mais il était réellement doué et en plus, elle arrivait à le suivre même si elle eût quelques difficultés avec la valse. Heureusement, les petits faux pas amusaient surtout Luc. Après près d'une une heure à danser. Ils retournèrent s'installer à la table où les attendaient toujours les parents de Luc. Hermione appréciait cette pause, ses pieds la réclamaient d'ailleurs depuis un moment.

- Vous vous amusez bien? fit Mary Bertier.

- Oui, votre fils est excellent danseur.

- Tant de mal à lui inculquer... n'est-ce pas Luc?

- Oui, Maman, fit celui-ci déjà lassé.

- J'ai fait apparaître quelques photos de familles Hermione.

- Ha oui ? fit celle-ci soudainement intéressée.

C'était peut-être le seul et unique point commun que l'on soit sang-purs, sang mêlés ou nés moldus: les parents adorent faire honte à leurs enfants. Molly avait fait de même en lui montrant toutes les photos plus ridicules les unes que les autres de toute la fratrie, et Luc ne dérogeait pas à la règle. Des photos de lui bébé dans le plus simple appareil et posé dans un coquillage, lui faisant ses premiers pas... Hermione remarquait d'ailleurs que les deux types de photos se succédaient.

- Celles-ci étaient pour partager avec votre famille je suppose ?

- Oui, ils ne sont pas au courant de la nature de mon mari et de mon fils.

- D'ailleurs comment avez vous su qu'il était sorcier également ? Vous l'avez poussé un peu? demanda Hermione se souvenant du traitement de Neville par sa famille.

- Ho on ne cherchait pas à le savoir. C'est sa grand-mère paternelle qui lui a offert un ours en peluche vert.

- Je ne comprends pas...

- Luc détestait le vert quand il était petit, et il a changé la couleur du nounours.

Hermione écarquilla les yeux et se mit à rire de bon cœur imaginant la scène, heureusement qu'il l'avait fait devant sa famille sorcière.

- Et vous?

- À vrai dire, il a bien dû se passer des choses bizarres mais je ne sais pas quoi, j'ai juste reçu une lettre m'informant que j'étais une sorcière. Je me demande toujours comment c'est possible qu'un sorcier naisse dans les familles moldues.

- Pardon? fit le père étonné. L'étude n'a pas été diffusée en Angleterre ?

- Quelle étude? demanda Hermione.

- Que les notions sang-purs et autres n'ont en réalité aucune valeur.

- Je... ne savais pas non.

- Je vous explique, il y a environ sept ans, des médicomages français ont analysé le sang de tous les types de sorcier et le même gène est présent dans chacun d'entre nous.

- Ha bon?

- Oui, vous par exemple, dans votre arbre généalogique, il y a forcément des sorciers, même à un niveau éloigné et sans doute dans les deux branches de votre famille.

- Donc techniquement je descends de sorciers?

- Obligatoirement, c'est comme les sang-purs, nous serions éteint depuis très longtemps si nous n'avions pas mélangé notre sang. Ou alors profondément consanguins. C'est évident. Sinon les non-mages n'existeraient pas non plus.

- Donc techniquement, je suis aussi sorcière que n'importe lequel autre?

- Oui bien sûr... c'est tout de même surprenant que l'Angleterre n'aie pas communiqué cette découverte.

- Vous pensez que c'est pour garder une mainmise ?

- Je pense, mais c'est pour ça que la France n'y prend pas attention, avant d'être scientifiquement prouvé, cette théorie existait. Il faut juste que les circonstances s'y prêtent et un sorcier né, heureusement d'ailleurs, sinon à quoi ressemblerait les sang-purs ? À des animaux.

Hermione venait de comprendre sa nature et fut choquée que le ministère anglais n'aie pas donné cette information, cela serait une telle évolution pour les mentalités. Les Malefoy, Lestrange et les Black auraient eu leurs caquets rabattus depuis bien longtemps avec leurs théories eugéniques sur la valeur du sang.

- Si cette théorie était plus répendue, les lois ségrégationnistes qui ont marqués l'Angleterre l'année dernière n'auraient pas eu lieu, fit alors Hermione.

- Je pense également que plus de gens se seraient soulevés, effectivement, fit le père de Luc.

- Granger... Hermione Granger, je savais que je vous avais vue dans les journaux.

- Maman parle moi fort.

- Quoi? Pourquoi ?

- Mademoiselle doit peut-être cacher son identité, fit le père de Luc.

- C'est... exact, fit Hermione gênée et mal à l'aise.

- Une mission de collaboration magique ? C'est assez rare.

- Vous êtes une héroïne de guerre, fit Mary Bertier toujours surprise.

- Maman s'il-te-plaît...

- Ce n'est pas une honte, fit celle-ci. Tu imagines le courage qu'il faut pour se dresser face à l'oppression?

- Bien-sûr qu'elle est courageuse, tu ne m'apprends rien.

Hermione se rendit compte que peu à peu, sa présence en France se transformait en secret de polichinelle, trop de gens étaient au courant à force. Elle vit la mère de Luc s'installer dans le fond de son siège pensivement. Hermione en profita pour prendre un verre de champagne supplémentaire quand elle fut interrompue par Mary.

- Ils seront durs à surveiller...

- Pardon? Qui donc?

- Vos enfants. Le courage de leurs parents est grands si ils en héritent... ça va être mouvementé.

- Excusez mon épouse... je pense qu'elle voit bien trop loin. Champagne aidant...

- Ce... ce n'est pas grave... fit Hermione gênée.

- La soirée est de plus en plus gênante, fit Luc à son oreille.

- Je te comprends...

Effectivement, la mère de Luc semblait déjà avoir bu un peu trop et les insinuations pleuvaient même trop, surtout qu'elle insistait sur les couleurs préférées d'Hermione, ses plats préférés, la taille de sa famille, si seuls ses parents étaient au courant pour son côté sorcière... Hermione jurerait presque que Mary Bertier songeait même à une liste de mariage. C'était en réalité affreusement gênant. Au moins la soirée ne serait pas suffisamment bonne pour pousser la libido de Luc. C'était clair car lui aussi commençait à cerner les non-dits dans la conversation de sa mère. Le père également d'ailleurs qui tentaient de ramener cela à des sujets professionnels.

- Vous avez participé à l'opération dans l'Antre de Bacchus?

- Oui, fit elle heureuse de parler d'autre chose, c'était impressionnant comme déploiement.

- Vous n'avez pas été blessée?

- Non, par chance.

- Vu les chiffres, vous m'en voyez rassuré.

- Quels chiffres? demanda Mary.

Hermione savait que ces chiffres étaient le nombre de victimes qui était assez énorme d'ailleurs. Elle avait même assisté à la cérémonie d'obsèques d'honneur des officiers qui étaient très belle d'ailleurs, et très touchante. La France honorait bien ses héros.

- Dix-sept morts dont six officiers, douze blessés dont un est toujours dans le coma et le plus étrange les six décapités.

- C'était une véritable zone de guerre, fit Luc. On ne sait pas trop ce qui s'est passé.

Hermione se doutait bien que le père devait être au courant de certaines choses, il était procureur après tout. Mais sans doute que Luc lui même devait ignorer ce que ce son père pouvait savoir. Regardant sur sa gauche, elle vit Delphine bousculer plusieurs personnes pour venir vers eux.

- Luc regarde, fit Hermione.

- Hein? Quoi? Ho ho...

- Pfiou... désolé de vous gâcher la soirée les tourtereaux.

- Qu'est-ce qui se passe ? fit Hermione paniquée.

- Notre homme... il a recommencé ce soir. On a eu un appel. Faut y aller tant que les pistes sont fraîches.

Hermione fut un peu déçue que sa soirée se termine comme ça mais quand le devoir vous appelle, il faut répondre.

- Monsieur et Madame Bertier, ce fut un plaisir et un honneur.

- L'honneur est partagé, fit le père.

- Luc, veille sur cette jeune femme, elle me plaît bien, fit la mère.

- T'inquiètes, bonne soirée.

Hermione, Luc et Delphine furent rejoint durant leur sortie de la salle de bal par le capitaine et Coralie.

- L'enfoiré savait que la plupart des officiers seraient en repos, fit Coralie.

- Je pense qu'on imaginait autre chose comme cadeau, fit le capitaine.

Hermione allait assister au début d'une enquête pour la première fois et ce en robe de bal.

Réponse review

Katymyny: et oui, comme il n'y en a pas dans ma fic et que selon JKR Hermione aurait pû être envoyée n'importe où... faut qu'elle ait un petit côté roublarde.