Chapitre 18 : Un étrange cadeau de Noël

Hermione avait beaucoup de mal à trouver le sommeil en cette nuit de Noël, elle ne savait pas réellement pourquoi mais elle avait un drôle de sentiment et ce, même si actuellement elle était lovée dans les bras de Luc, sentant sa respiration lente dans son cou et la chaleur de son torse dans son dos. Elle se sentait étrangement en sécurité dans cette position si intime. Lentement, elle tenta de se retourner très doucement, bougeant à peine le bras de son compagnon en évitant de le réveiller. Désormais, elle pouvait l'observer dans son sommeil. C'était assez étonnant mais il semblait détendu.

" Il arrive à dormir avec tout ce qu'il voit dans son métier, c'est tellement surprenant."

Elle, tout ce qu'elle avait vu depuis son arrivée se manifestait dans son sommeil. Ce n'était pas vraiment des cauchemars comme ceux qui hantaient ses nuits avec cette mangemort sadique qui lui avait fait tant de mal mais cela la travaillait énormément cependant. Elle le regarda sentant désormais sa respiration dans ses cheveux et se blottit alors complètement contre lui, le serrant presque contre elle. Elle avait besoin de sa présence près d'elle désormais, cela la faisait se sentir unique aux yeux de quelqu'un, un quelqu'un qui ne la jugeait jamais. Tandis qu'elle plaça sa tête dans le creux du cou de son compagnon de literie, peu à peu, les bras de Morphée l'appelèrent dans leur étreinte. Elle ignorait encore que cette nuit allait changer totalement qui elle était.

- Nou menm ki, pi lwen pase lanmo,...

Entendant cette voix à nouveau, Hermione ouvrit lentement les yeux de surprise. Elle n'était plus dans une chambre, loin de là. Luc n'était pas là non plus. Une seule chose s'étendait sous son regard : des champs à perte de vue.

- ...agoni mwen, akeri don pret yo.

Toujours cette voix, Hermione tourna la tête alors pour en trouver l'origine. Il n'y avait rien, à part cet immense soleil qui brillait haut dans le ciel, chauffant sa peau. Elle se rendit compte alors qu'elle n'était plus vêtue d'une culotte et d'un débardeur. Elle portait une robe fine et blanche lui tombant sous les genoux ainsi qu'une paire de sandales.

" Mais où suis-je ? Je ne connais pas cet endroit... et pourquoi il fait si chaud?"

Elle sentait déjà la sueur perler sur ses bras nus et passa ses mains dessus. Surprise d'un détail, elle regarda ses bras. C'était étrange mais elle n'avait pas senti cette cicatrice particulière, et en observant bien ses bras nus, ils étaient vierges de toutes cicatrices.

- Atrave lanmo, resevwa fos mwen.

Toujours la même voix, répétant les derniers mots prononcés par Danielle de Bonaventure dans son agonie. Elle ne pouvait que se demander pourquoi elle entendait sans cesse cette litanie. En regardant au loin, elle découvrit une maison en bois assez petite. Peut-être pourrait-on l'aider là bas. Plus Hermione avançait vers cette maison moins elle avait l'impression de rêver.

- Vin pret pa eritye nanm mwen epi defann enmi kole pa nou.

Elle avait l'impression que la voix se rapprochait, elle hâta alors sa marche pour rejoindre la maison, elle avait l'impression étrange qu'elle y serait en sécurité.

- Se pou manman an veye sou ou pou tout tan.

Elle se retourna brusquement, cette fois, cette phrase, la voix semblait l'avoir glissée à son oreille mais elle était toujours seule au milieu du chemin de terre la guidant vers la maison, elle même située au milieu d'un champ de blé que sa famille cultivait depuis longtemps.

" Ma famille ? Qu'est-ce que je raconte ? Pourquoi j'ai l'impression d'être chez moi? Ce n'est pas chez moi."

Elle entendit un bruit provenant des champs et se mit immédiatement sur ses gardes, c'était réellement étrange comme rêve. Pour la première fois elle semblait maîtriser totalement son comportement. Elle chercha en vain sa baguette, elle ne l'avait pas sur elle et même où aurait elle pû la cacher si elle l'avait sur elle? Elle vit les épis de maïs si prolifiques sur ces terres se plier légèrement. Qu'est-ce qui allait en surgir ? Et était-elle seulement en danger ? Elle vit alors une fillette en sortir, une fillette noire aux longs cheveux et en robe blanche dénotant avec sa peau d'ébène. Elle lui souriait et avançait avec précipitation du haut de ses cinq ans fêtés deux semaines plus tôt.

" Comment je sais quand était son anniversaire ?"

- Nou menm ki, pi lwen pase lanmo,...

Encore cette voix, mais cette fois Hermione ne put la chercher car la fillette approchait à grande vitesse.

- Maman, Maman! Tu m'as manquée.

Hermione se mit à genoux pour accueillir l'enfant dans ses bras.

- Toi aussi tu m'as manquée ma tendre Jésabelle.

- Maman! fit la petite en se réfugiant dans ses bras.

Cela faisait du bien à Hermione d'avoir sa fille dans ses bras, cette enfant si précieuse qu'elle aimait plus que tout et qui illuminait sa vie depuis cinq ans.

" Ma fille ? Mais je n'en ai pas, je l'aurai eue à quatorze ans..."

- Je t'aime Maman.

- Moi aussi ma chérie.

Hermione avança alors main dans la main avec sa fille, elle était heureuse de l'avoir retrouvée mais était de plus en plus stupéfaite de ce mélange d'impressions : une sensation de déjà-vu mais également beaucoup d'appréhensions vis à vis de ce qu'elle ressentait.

- J'ai appris à lire avec Grand-mère.

- C'est vrai? Je suis impatiente de te voir lire.

La petite la guida alors vers la maison et lui ouvrit la porte en se réfugiant en hurlant dedans.

- Grand-mère ! Maman est revenue.

- Toi qui par delà le trépas assiste à mon agonie, fit la même voix qu'habituellement mais cette fois, elle comprit la phrase.

Hermione comprit alors que ce qu'elle vivait n'était pas un rêve mais des souvenirs, pas les siens forcément mais des souvenirs tout de même. Soudain une femme noire âgée sortît de la cuisine de cette maison si petite mais où elle se sentait bien.

- Sabine, ma chérie, tout c'est bien passé ?

- Ne t'inquiètes pas Maman, je n'ai eu aucun mal à l'extraire, fit Hermione comme si elle savait quoi répondre.

C'était le plus surprenant, elle était à la fois spectatrice et actrice de ce rêve. C'était un mélange de souvenirs et de sensations qu'elle vivait.

- Tu as l'air fatiguée, viens donc manger mon gombo.

Hermione s'installa à table à côté de sa fille adorée l'aidant à manger, elle adorait ces moments de tranquillité. C'était les meilleurs moments de sa vie. Passer du temps avec sa mère et sa fille. Après le repas, tandis que la soirée tombait, elle jouait avec sa fille et sa poupée préférée, celle qui avait été la sienne avant. Hermione réalisa en observant la maison qui n'avait aucun confort moderne et au style si ancien des meubles qu'elle était à une époque différente de la sienne. Ce n'était pas sa vie mais cette tranquilité lui manquait, elle berçait sa fille dans ses bras et Hermione n'avait plus aucune envie de partir. Elle voulait bercer cette enfant pour l'éternité. Alors que la petite sombrait peu à peu dans le sommeil, elle la prit dans ses bras avant de se déplacer dans la maison pour se servir un verre d'eau.

" Quel douceur de vie, loin de la guerre ou des meurtres... je ne veux plus partir d'ici..."

Sa "mère" s'approcha d'elle et murmura en lui tendant une lettre.

- Il est venu aujourd'hui.

- C'est vrai? Et je l'ai raté... fit Hermione avec beaucoup de déception que devait ressentir la personne qu'elle incarnait.

- Tu sais que je n'aime pas qu'il vienne ici.

- Maman, il est son père.

- N'oublie pas que je ne tolère pas que tu aies souillé notre lignée.

- Ne recommence pas.

- C'est un homme marié.

- Ce n'est pas une union consentie et tu le sais.

" Ainsi donc cette femme a une liaison et une enfant illégitime avec cet homme mais je ressens tout son amour pour lui quand elle parle."

- Et toi tu as eu des relations hors mariage avec cet homme.

- Maman, n'oublie pas que grâce à lui, nous sommes affranchies et nous avons cette maison.

" Affranchies? J'étais... enfin cette femme était une esclave. Je suis donc dans une époque éloignée."

- Il t'a affranchie mais cela ne lui donne aucun droit sur notre lignée.

- C'est sa fille.

- Je ne risque pas de l'oublier, il vient se pavaner dans ses beaux habits et donner un peu d'argent mais il n'est pas là quand elle est malade.

- Ses devoirs de sorciers l'appellent ailleurs tu le sais, comme les miens.

" Des sorciers esclavagistes ? Cela existait ? "

- Maintenant laisse moi lire cette lettre à ma fille.

- Que Maîtresse Alizée veille sur nous et éloigne les Lwas que cette enfant attire sur le clan.

- Arrête Maman, Jésabelle n'attire rien du tout.

- Je l'ai vu ma fille. Baron Samedi m'a montré que la mort guidera nos pas.

- Ça change de l'habitude ?

- Les Lwa-Mêt-Têt veulent la présenter.

- Ces tontons macoutes? Ils ne toucheront pas ma fille. Ils veulent appeler les békés pour lutter uniquement. Une arme de mort ou pour les crochets de Damballa Ouedo, voilà à quoi servira son sang. Je refuse, je sers Maîtresse Alizée.

- Tu maîtrises tous les esprits. Et tu les sers tous.

- Ma fille fera ce qu'elle voudra.

- Inutile de te raisonner. Je vais me coucher.

Hermione ne comprenait pas tout mais elle avait lu des choses sur ces mots si particulier, ils appartenaient tous au vocabulaire du vaudou. C'était de ça qu'elle parlait, les tontons macoutes étaient les guerriers et les Békés étaient les prêtres. Si cette femme servait Maîtresse Alizée, c'était parce qu'elle pratiquait majoritairement la magie blanche. Maîtresse Alizée étant simplement la Vierge Marie.

" Il s'agit donc de la famille de la victime."

Hermione, ou son hôte vraisemblablement, emmena la petite sur son lit et ouvrit la lettre.

- Jésabelle, j'ai une lettre de ton papa.

- Papa? C'est le beau monsieur qui est venu?

- Oui, le beau monsieur. " Ma tendre Sabine, mon amour, tu ne sais à quel point je me languis de toi et du fruit de notre amour, j'aimerais tant l'élever à tes côtés. Je ne le puis tu le sais, mes devoirs m'obligent à conserver mon union, Dieu me pardonne de te faire souffrir...

" Dieu? Depuis quand les sorciers croient en Dieu? En tout cas cet homme l'aime malgré tout."

-... J'aimerais tant que tu sois mon épouse devant Lui et la loi. Mais moldus comme sorciers ne tolèreraient cette union. J'ai une nouvelle bien plus triste à t'annoncer. Je vais devoir vous quitter."

- Il s'en va Maman?

- Ton père est tenu par ses devoirs.

Hermione remarqua que la mère de l'enfant ne lui lut aucunement une certaine partie de la lettre mais elle put la déchiffrer : "J'ai dû concevoir un enfant avec cette femme, pour perpétuer mon nom et ma lignée, je suis navré de te l'annoncer, mais j'aimerais également cet enfant, il n'est pour rien dans cette histoire et mérite également un père, ce père que je ne puis être pour notre fille." Hermione comprenait les implications de ces mots, la pauvre femme allait être abandonnée avec sa fille.

- " Jésabelle est l'être le plus parfait qu'il m'aie été accordé de voir, je l'aimerais jusque ma mort. Tu hanteras mes rêves et mes pensées à chaque instant Sabine, nos cœurs seront unis pour l'éternité, je suis peiné d'être si lié à ma famille. J'ai pris les précautions pour vous deux. Un coffre, là où nous nous sommes aimés la première fois. J'y ai glissé des souvenirs de moi pour notre fille. Et une lettre pour elle quand elle sera en âge de tout comprendre. Puisse tu un jour me pardonner mes faiblesses et que notre amour puisse vivre pour l'éternité. Ton Alphonse."

Hermione sentit les larmes couler sur ses joues, elle ne sut si c'était réellement les siennes ou celles de son hôte, sans doute celles des deux. Longuement elle berça sa fille dans ses bras avant de la coucher et de regarder le ciel étoilé.

- Toi qui par delà le trépas assiste à mon agonie, acquiers les dons de la prêtresse. A travers la mort, reçois mes atouts. Deviens prêtresse en héritant de mon âme et pourfends l'ennemi de la colère des nôtres. Que la mère veille sur toi à jamais.

Hermione avait entendu cette voix, et son corps réagissait comme si elle le contrôlait totalement, elle pût chercher d'où provenait la voix et vit quelqu'un par la fenêtre. Elle sortit de la maison et découvrit une femme, la victime.

- Bonsoir Hermione.

- Vous me connaissez?

- Baron Samedi m'avait accordé le même don que la dame la plus âgée, je connaissais ma mort et quand elle surviendrait.

- C'est horrible.

- Particulier uniquement. Je me nomme Danielle mais tu le sais déjà.

- Oui, je suis navrée que...

- Que je sois morte? Ne t'inquiètes pas, la mort n'est qu'une porte pour le couloir de l'éternité, ce sont nos croyances. Asseyons nous veux tu?

Hermione s'assit sur un banc dehors à côté de Danielle.

- Ne t'inquiètes pas, ce sont des souvenirs elles ne nous entendent pas. As tu des questions ?

- Qui sont elles?

- Jésabelle est mon arrière-arrière-arrière-grand-mère.

- Ça remonte à loin. Nous sommes en Amérique ?

- Oui, la Louisiane, précisément.

Hermione avait beaucoup de questions sur les phrases qu'elle entendait alors mais elle voulait savoir des choses sur cette famille.

- Cet Alphonse ?

- Il a réellement aimé Sabine, ils étaient enfants quand ils se sont rencontrés, un jeune maître et son esclave de compagnie.

- Esclave de compagnie ?

- Alphonse n'avait aucun ami, sorcier ou moldu, et il n'aimait pas l'esclavage, depuis tout petit il considérait chaque domestique comme quelqu'un de sa famille.

- Il était en avance sur son temps.

- Plutôt oui, ils ne sont pas nés à une époque leur permettant de s'aimer. Et ils se sont aimés dès qu'ils furent assez grands pour comprendre ce qu'était une attirance. Deux cultures et deux arts sorciers. C'était un amour d'une pureté étonnante, plus que n'importe quel autre et Jésabelle fut la plus belle chose de la vie d'Alphonse. Il a aimé également son fils.

- Celui avec son épouse ?

- Oui. Mais sa Jésabelle et sa Sabine lui manquèrent jusque sa mort. Ses derniers mots furent pour elles d'ailleurs.

- C'est une histoire triste...

- La tristesse fait partie du monde. J'aime ces souvenirs, tu y vois l'amour pur.

- Cette enfant... elle maîtrisait les deux magies?

- Oui, elle eut même une baguette et fusionnait les deux magies, permettant un certaine chose.

- Je suppose qu'il s'agit de ces phrases qui se répètent sans cesse depuis que je suis ici.

- Tu les as entendues dans ta langue?

- Une seule fois. Avant elles étaient incompréhensibles.

- C'était de l'haïtien. Veux-tu que je te les répète ?

- Oui, j'étais trop concentrée sur la petite.

- Toi qui par delà le trépas assiste à mon agonie, acquiers les dons de la prêtresse. A travers la mort, reçois mes atouts. Deviens prêtresse en héritant de mon âme et pourfends l'ennemi de la colère des nôtres. Que la mère veille sur toi à jamais.

Hermione enregistra alors chaque mot les uns après les autres, cela signifiait énormément et ses questions allaient être nombreuses.

- D'avance Hermione, pardonne moi.

- Vous avez... transmis vos pouvoirs?

- C'est l'ultime don, celui de Maîtresse Alizée. J'ai choisi une personne pour lui transmettre mes pouvoirs.

- Pourquoi moi? Je ne suis pas voodiste, je ne maîtrise pas cette magie. Je suis une sorcière ordinaire.

- Car tu remplissais un critère particulier, tu as subi la cruauté d'autrui avant et après la mort.

- Après la mort?

- C'est étrange cette capacité des prophéties d'être incompréhensible jusqu'à ce qu'elle se réalise. Après la mort... car tu as vu la mienne.

- La cruauté d'autrui, la torture? J'ai été torturée et vous aussi, je l'ai vu...

- Vécu par deux fois.

- Après la mort... la vôtre.

- Je t'ai offert mes dons, ceux de mon ancêtre et désormais les tiens.

- Je ne peux les apprendre.

- Il y a un livre chez moi, il est caché. Tu sauras le trouver.

- Mais pourquoi ?

- Pour affronter Hyunkel.

- Je ne comprends pas.

- Le vaudou a un certain pouvoir sur lui. Je n'ai pu le vaincre mais tu le pourras.

- Comment ?

- Tu avais la confiance du seul homme qui comprenait des choses que nul ne comprenait.

- Le Professeur Rogue ?

- Lui-même, il comprenait les implications du vaudou, et il permis à une famille d'exister encore même si son dernier membre subit la cruauté des hommes aujourd'hui.

- Son dernier membre?

- L'enfant des enchères.

- Non? Elle est liée à Rogue?

- Severus, lors de sa venue il y a quinze ans m'a aidé à accomplir un rituel, c'était mon paiement.

- Votre paiement ?

- Nous avions tous des exigences pour combattre Hyunkel, la mienne était l'aide de Severus.

- Puis-je savoir pourquoi ?

- Pour une purification, une voodiste avait été maudite et la magie du sang de Severus était compatible. Il a sauvé la vie de ma sœur.

- Votre sœur ?

- Oui, la mère de Giselle, sa magie a remplacé le vide de ma sœur et lui a permit d'avoir un enfant. Je ne le sais que parce que j'ai accès à tes souvenirs. J'aimerais que quand Hyunkel sera stoppé, tu l'aides, elle est le dernier membre de ma famille, et elle a un peu de ton professeur en elle. Un peu comme une fille.

- Comme une fille?

- Purement voodist comme concept.

- Je dois donc retourner dans mon corps... comment ?

- Patience Hermione, il te restera encore une chose à voir, mais...

- Mais quoi ?

- J'ai une question qui me taraude, liée à toi en réalité.

- À moi? Laquelle ?

- Aime tu cet homme d'un amour sincère?

- Qui? Luc? Bien sûr pourquoi ?

- Le destin a de l'humour.

- Je ne comprends pas.

- Réfléchis.

Hermione détestait qu'on joue avec ses nerfs, déjà qu'elle allait devoir apprendre le vaudou un peu forcée à vrai dire, même si elle ne comprenait pas à quoi cela servirait.

- Je tiens mes dons de ma famille, même celui de voir ma mort...

- Je verrai la mienne ?

- Non, il faut notre sang.

- D'accord, pardon de l'interruption.

- Ce n'est rien. Je savais qu'une jeune sorcière douée et intelligente verrait ma mort, et que je lui transmettrais mes dons.

- Merci...

- Je le pense mais j'ignorais qu'à l'instant où démarrerait ce voyage dans ma lignée, j'accèderai à ta mémoire. Ce rituel ne l'indiquait pas.

- Excusez moi Danielle mais je ne comprends toujours pas.

- C'est plutôt simple. Et lié au père.

- Le père de Jésabelle?

- Oui. Alphonse.

- Je sais qu'il s'appelle Alphonse mais...

Hermione se releva soudainement et fut comme prise d'un vertige. C'était impossible...

- Alphonse... s'appelait Bertier? demanda-t-elle alors.

- Oui.

- Luc m'a dit que sa famille était liée à la Louisiane. Mais...

- Alphonse n'a jamais réellement avoué l'existence de Jésabelle et sa femme a gardé le secret.

- C'est tellement invraisemblable.

- Le destin, tu hérites de mes dons et l'homme à l'origine de la branche est également l'ancêtre de ton compagnon. Tellement improbable... et pourtant.

- Y...

- Oui?

- Y a-t-il un danger pour lui?

- Tu hérites de mes dons, pas de mon sang. Et même si cela aurait été le cas, les lignées sont dilluées depuis longtemps.

- Je ne parlais pas d'enfants, fit Hermione gênée de l'incompréhension de Danielle. Je parlais de danger physique.

- Ho... pas du tout.

- Tant mieux...

" Ho non... elle a eu accès à mes souvenirs..."

- Vous avez vu toute ma vie?

- Dans son intégralité. Pourquoi ?

- Ho... Merlin... C'est pas vrai...

- Pfff j'en ai vu d'autres. Ça n'est rien de choquant.

" C'est gênant quand même, mes pensées, mes souvenirs honteux, Luc..."

- Ne t'inquiètes pas la passation se passera aisément. Ça va venir tout seul.

- Je ne comprends pas le haïtien.

- Tes dons traduiront pour toi les textes, tu verras le vaudou vient à l'instinct. Es tu prête pour le souvenir important ?

- Oui, je vais le vivre comme celui-ci ?

- Non, tu le vivras en spectatrice mais observe tout ce qu'il s'y passe. Attentivement.

- Promis.

Hermione se sentit alors hapée par les ombres qui tourbillonèrent autour d'elle. C'était encore plus particulier et la chute fut douloureuse. Elle tomba en effet à genoux sur le sol et leva les yeux, c'était un village dans le même style que la maison et il y avait une drôle d'ambiance.

- Il est possédé, faisait un homme.

- Maudit plutôt, répondait une femme.

- Elle n'y arrivera jamais, fit enfin un dernier homme.

Hermione se leva et se dirigea vers la foule agglutinée là au milieu du village devant une maison précise. Elle pouvait aisément se glisser dedans passant en travers afin d'entrer dans cette maison. Elle entendit des voix provenant d'une pièce et y pénétra. Il y avait là un homme qui grognait attaché à un lit, une femme en pleurs à ses côtés. De l'autre côté de la pièce il n'y avait que deux femmes noires, l'une semblait à peine adolescente.

- Maman, on va y arriver tu crois?

- Nous n'avons pas le choix Jésabelle.

" Jésabelle et Sabine, il s'est donc passé quelques années déjà".

Elle les vit s'approcher de l'homme et Sabine était armée d'un couteau.

- Commence ma chérie, fit Sabine.

- Ô toi Maîtresse Alizée, protectrice de tes enfants, veille sur tes prêtresses ici bas, nous œuvrons pour purifier une âme damnée.

Sabine faisait des gestes étrange avec le couteau et versait des choses dessus.

- Grand Maître, veille sur tes filles qui absolvent les péchés de leurs lames purificatrices. Expulse le Baron, messager des âmes vagabondes.

Hermione vit alors la même chose qu'avec la vidéo de Giselle, les yeux de Jésabelle changèrent de couleur, devenant noirs intégralement et l'homme enragé fut totalement plaqué sur le lit.

- Bravo ma fille, fit Sabine. La suite.

- C'est pas facile, il est puissant...

- Aie confiance ma chérie. Tu es plus puissante que moi.

Hermione vit alors la baguette ou ce qu'elle supposa être la propriété de Jésabelle quitter une de ses poches et se mettre à flotter dans les airs devant Jésabelle, qui les bras tendus sur les côtés psalmodiait tellement vite que ça en devenait indiscernable. De la baguette magique sortirent des rayons de lumière, des sortilèges pour immobiliser les bras et les jambes de l'homme. C'était surprenant comme mélange de magies

- Maintenant à moi, fit Sabine.

Hermione fut choquée lorsque Sabine plongea la lame dans la poitrine de l'homme et l'ouvrit en deux. Elle avait une profonde envie de vomir, c'était sadique et horrible.

" C'est ça la magie que je dois apprendre ? J'en veux pas".

Sabine sortit ensuite une boîte et l'ouvrit.

- Purifie ces entrailles, fit Sabine.

- Purifie ces entrailles, reprit Jésabelle.

Et Sabine sortit quelque chose de la boîte, c'était profondément nauséabond et horrible à regarder, elle en sortait... un cœur humain. Déjà horrible en soit, Hermione remarqua alors que ce cœur battait dans le vide et à un rythme effréné.

" Un cœur qui bat? Mais c'est impossible ? Leur magie peut faire ça ?"

Et là, Sabine plongea le cœur dans la poitrine de l'homme avant d'en ressortir la main vide. Jésabelle semblait utiliser sa baguette pour lancer des sortilèges visant à soigner les blessures et l'homme cessa de grogner pour regarder sa femme. Il semblait guéri. Hermione ne pouvait détacher les yeux du guéri miraculeux.

" Incroyable... c'était dingue et bizarre surtout"

- Bravo ma fille, tu es la meilleure, pour un premier cas. Jésabelle? Ça va? Jésabelle?

Hermione regarda alors vers Jésabelle et eut un mouvement de recul, les yeux noirs la regardaient fixement, comme la transperçant.

" Elle me voit"

- Arrête le.

- Quoi? fit Sabine.

- Tu dois le stopper, lui ne peut pas être guéri, ce n'est pas la méthode, la mort doit l'atteindre. Pas de pitié.

- Qu'est-ce que tu racontes ? fit Sabine.

- C'est à moi que tu parles Jésabelle? demanda Hermione.

- ARRÊTE LE TANT QU'IL EST INACHEVÉ !!!

- Qu'est-ce qui est inachevé ?

- ARRÊTE LE.

Hermione ne comprenait pas et visiblement Sabine non plus. Alors, stupéfiant tout le monde, Jésabelle ouvrit grand la bouche provoqua un souffle dans la maison. Accompagnant ce souffle, des corbeaux volaient en tout sens, comme si ils avaient été invoqués, et des plumes se répandaient dans la grande pièce.

- Ahhh arrête... je ne vois plus rien, fit Hermione.

- AHHHHHHHHHHHHHHHHHHHH, hurlait Jésabelle.

D'un mouvement brusque Hermione se redressa alors dans le lit, emportant le bras de Luc dans le mouvement et poussant un petit cri.

- Hermione, fit Luc allumant la lumière. Ça va?

- J'ai... j'ai fait un rêve bizarre.

Luc la prit alors dans ses bras pour la rassurer.

- C'est la pensine, ça arrive.

- Quoi?

- Un effet secondaire, parfois, dit il en lui tournant le visage pour toucher son front.

- J'ai de la fièvre ?

- Un peu, tu es brûlante. Je reviens.

Luc se leva alors pour aller dans la salle de bain, sans doute pour récupérer une serviette.

" Ce n'était qu'un rêve, un délire fiévreux? Merlin... c'était spécial."

- Luc?

- Ouais, fit il en revenant.

- C'est quoi les effets secondaires ?

- Tu mélanges les rêves, les souvenirs et les craintes de la victime avec les tiennes et ça te fait délirer en te donnant de la fièvre, fit il en l'épongeant.

- C'était dingue... on aurait dit un voyage dans le temps.

- Le propre du délire. Tu veux une potion contre la fièvre, j'en ai encore au besoin.

- Non, ça ira.

- T'auras vraiment pas passé un bon Noël, je suis désolé.

- C'est rien Luc, au moins c'est mémorable.

Elle le vit pencher légèrement la tête dubitatif.

- Quoi ?

- Bouge pas... t'as un truc dans les cheveux.

Luc passa sa main dans sa chevelure et en sortit quelque chose de long et noir qu'il regardait intrigué tandis qu'Hermione se mit à paniquer.

- Une plume de corbeau? fit Luc.

- Ho Merlin, c'était pas un rêve.

- Quoi?

- Rien habille toi.

- Pourquoi faire ?

- On retourne chez la victime.

- Hermione, il est quatre heures et demi du matin et on est le vingt-cinq décembre.

- Je sais mais c'est important.

- T'explique?

- Après... c'est tellement fou que j'y comprends rien moi-même.

- Ok, je m'habille deux secondes...

- Luc...

- Quoi?

- Désolée.

- De?

- Tout ça... maintenant mais j'ai besoin de réponse.

- Ok.

Hermione remarqua alors le détail dans le dos de Luc. Elle l'avait déjà vu mais maintenant c'était plus symbolique encore. Le corbeau tenant une baguette. Coïncidence ? Ou alors tout était destiné à se mettre en place...

reponse review

katymyny: c'est vrai que je met jamais de visuel, habitude d'utiliser l'imagination et puis bizarrement c'est mis sur l'application... lol

Par contre j'ai des descriptions physique pour les personnages, mais vu que tu es québécoise je t'invite à regarder sur internet

Luc Bertier - Jules Fabre (Théo Bommel dans Plus belle la vie)

Coralie Sargue - Blandine Bellavoir ( Petits meurtres d'Agatha Christie,

Maison Close)

Jean Carvert - Samuel le Bihan ( Alex Hugo, Le Pacte des Loups)

Delphine Albin - Odile Vuillemin ( Profilage)

Antoine Martin - Olivier Marshall ( besoin de le présenter ?)

Fanny - Voix de Louane.

Samir - Reda Kateb ( Django Reinhardt, Possessions).

Hyunkel - David Bowie ( avec son look dans le film labyrinthe)