Chapitre 21: Serait-ce possible ?
- 1 Janvier 1999 - Logement de fonction
Hermione n'arrivait pas vraiment à croire qu'elle avait osé passer ce cap dans sa relation avec Luc et, même si elle n'osait clairement pas l'avouer à l'intéressé, elle avait très fortement apprécié. Il faut d'ailleurs reconnaître que depuis, elle était bien plus à l'aise avec lui et n'avait quasiment plus aucune réticences aux contacts physiques. Elle ne cachait plus jamais son horrible cicatrice même quand ils restaient chez eux. En parlant de chez eux, il était à noter qu'ils avaient quelque peu transformé l'endroit. La chambre d'Hermione était devenue la chambre du couple. C'était elle qui avait proposé cela, trouvant qu'il était devenu inutile de changer sans cesse de chambre. Les couleurs de Poudlard et Beauxbâtons s'étaient mariées aisément, même si Luc avait laissé la dominance rouge et or au maximum, pensant sans doute que cela apportait une sécurité supplémentaire à sa compagne. Ce qui avait le plus surpris Hermione fut le premier matin après ces changements quand, entrant dans la salle de bain, elle y avait trouvé forcément les accessoires masculins courant : rasoir, mousse à raser, tondeuse à cheveux. C'était également un cap pour elle même si elle avait cohabité avec Ron dans sa chambre, cela n'avait pas eu ce petit côté naturel. La chambre de Luc, elle, était en réalité devenu une sorte de bureau, pour y stocker les affaires liées à l'enquête et les nombreux documents rassemblés avec l'aide bienvenue d'Écaillon. Elle avait également eu l'idée de supprimer magiquement la cloison de séparation qui n'avait plus de raison d'être et avait ainsi rendu à ce logement de fonction sa configuration initiale. Il possédait désormais un large espace de vie bien organisé, pour ne pas dire rangé avec maniaquerie, surtout quand on sait que l'une des deux cuisines a été transformée en bibliothèque. La magie permettaient réellement beaucoup de choses qui nécessiteraient chez les moldus d'employer des entrepreneurs qualifiés. Ils avaient en réalité peu avancé sur les documents, trop occupé il faut bien reconnaître par l'inauguration de la chambre réunifiée. Même le réveillon de la Saint-Sylvestre, ils l'avaient passé dans cette pièce sauf pour aller voir les feux d'artifices moldus et permettre à Hermione de téléphoner à ses parents. Elle avait appris aussi par courrier une bonne nouvelle, qui n'en était en réalité pas vraiment une car elle était tellement évidente : Ginny avait accepté la demande en mariage. Cependant, fait assez drôle, elle refuse d'épouser Harry tant qu'elle n'a pas assouvi son rêve de Quidditch professionnel. Hermione avait appris par ce même courrier que Molly Weasley s'était avérée consternée de l'information, espérant sans doute que sa fille se mettent en ménage après Poudlard, à croire qu'elle ne connaissait nullement les rêves d'indépendance de sa seule et unique fille. Le matin du premier jour de la nouvelle année, elle avait décidé que la journée serait consacrée au travail.
Hermione se trouvait dans la salle de bain séchant ses cheveux à la méthode moldue. Ils ne s'étaient pas levés très tard espérant éplucher au maximum les documents de correspondance d'Alphone Bertier. Elle sentit soudain deux mains sur ses hanches et vit Luc apparaître dans le miroir.
- Enfin remis? fit elle amusée.
- J'ai pas pu résister...
- T'as failli nous tuer imbécile.
- Aucun risque...
- Mais intéressant tout de même, fit elle en l'embrassant.
Hermione disait cela à cet instant là mais un quart d'heure plus tôt, elle ne tenait pas le même discours lorsqu'elle avait été rejointe sous la douche par Luc et qu'ils s'étaient laissés à nouveau aller à quelques activités bruyantes et sportives. Elle avait surtout beaucoup paniqué lorsqu'il l'avait soulevée sous le jet d'eau chaude, une peur de tomber en réalité.
- Je vais te préparer du café...
- Merci.
- Je trouve toujours cela drôle.
- Quoi donc? demanda Hermione méfiante d'un humour graveleux.
- Que tu te sèches les cheveux au sèche cheveux.
- Tu fais un exercice de diction ?
- Non, fit il en riant.
- Qu'est-ce-qu'il y a de drôle alors?
- Je trouve cela intéressant de conserver un mode de vie entre deux, dit il en quittant la salle de bain.
- Et habille toi... on doit travailler.
- Je suis au courant.
" C'est pas que je suis contre mais on a pas avancé d'un pouce dans cette recherche..."
C'était un fait, beaucoup trop de pauses coquines pour que leurs recherches progressent, ils en étaient toujours à l'époque où Alphonse était en Amérique. Elle finit de se sécher les cheveux et se dirigea donc vers le nouveau et grand salon qui regroupait les deux canapés désormais. Elle s'assit devant sa tasse fumante avisant Luc qui revenait les bras chargés de documents. D'un geste devenu presque machinal, elle fit apparaître son exercice de magie vaudou, le fameux petit serpent. Ce fameux guide spirituel qu'elle avait acquis avait une tendance à se promener de plus en plus dans l'appartement, pour l'obliger à maintenir un flux des plus complets.
Hermione, au départ, ne comprenait pas l'intérêt, préférant évidemment s'entraîner aux divers rituels mais Écaillon lui même lui avait précisé que vivre simplement en sa compagnie lui permettrait de perfectionner son contrôle du vaudou qui l'empêcherait de se laisser déborder par ses pouvoirs, la mort du Loup Garou tué par Giselle en étant le parfait exemple, le reste de l'enseignement était consacré à la lecture du pavé monumental.
- Bon voyons tout ça... Tu m'as donné leurs courriers ? fit Hermione surprise.
- Je garde les cahiers de recherches, fit il en vérifiant la position du serpent.
- Il va pas te mordre.
- Ouais mais je me ferai jamais à la voir soudainement sortir d'une partie de ton corps quand il se nourrit.
- Disons que je ne m'en rends plus vraiment compte en fait.
- Ça signifie que tu progresses.
- Oui je sais bien mais j'ai dû mal à comprendre qu'on puisse progresser sans s'y consacrer pleinement.
- Le même défaut que moi.
- C'est à dire ? fit elle suspicieuse.
- Nous sommes des littéraires, nous aimons apprendre en étudiant et je pense que je serai comme toi, en plus nerveux.
Hermione ouvrit les premières enveloppes qui s'avérèrent étonnamment bien conservées. Mais quelque chose la taraudait.
- Luc? fit elle un peu gênée.
- Quoi?
- Pourquoi tu ne veux pas lire le courrier ?
- Deux raisons.
- Allez dis les moi au lieu de faire genre de rien.
- La première, je ne veux pas me dire que ma lignée a détruit leur histoire.
Hermione n'avait en réalité pas vu cela comme ça mais ce n'était en fait pas si éloigné que ça de la réalité, le fils d'Alphonse ne serait pas né, il aurait vécu avec Sabine. C'était un peu paradoxal en fait.
- Et la seconde ?
- Je me demande si il y a des notices pour vivre avec une voodiste.
- Très drôle...
- Je suis sérieux Hermione.
- Quoi?
- Si tes pouvoirs t'échappent pour une raison ou une autre, si ça peut te donner des affections magiques... Savoir comment réagir.
- C'est gentil. Merci.
- Tu doutais que je m'inquiète pour toi?
- Non bien sûr... je suis juste surprise que tu penses au pire.
- Je me demande aussi si ce que ce mec a fait en est également.
- Pour l'instant je n'ai rien découvert dans le livre qui indique ce type de sort ou de pouvoir. Mais il n'a pas de baguette magique non plus.
Hermione se plongea alors dans la correspondance même si elle était dérangée par moment par le serpent qui était quand même attiré par la magie vaudou résiduelle. Elle lui administrait une petite caresse rapide et il déguerpissait en général. Hermione leva les yeux lorsqu'elle entendit Luc soupirer en refermant bruyamment un autre des carnets de recherches. Elle, par contre, découvrait l'histoire de ce couple, il n'y avait que des petits mots au départ, eux qui s'étaient rencontrés si jeunes, les premiers mots ne laissait pas présager de l'avenir, parlant uniquement de leurs jeux d'enfants. Elle comprit aussi que c'était Alphonse qui avait appris à lire et à écrire à Sabine, en tout cas l'anglais et le français. C'était touchant d'imaginer leurs vies, lui riche et propriétaire d'esclaves, elle encore esclave... Dans les courriers suivant, il était déjà visible qu'ils grandissaient, les mots étaient plus choisis, plus réfléchis. Il était visible qu'Alphonse et Sabine étaient attirés l'un par l'autre et les missives se faisaient plus enflammées. Hermione rougit même devant certaines tournures de phrases datant d'une époque où les mots servaient à faire la cour ou encore bien plus.
- Ça va? fit Luc voyant sa gêne.
- Ton ancêtre savait être équivoque dans ses lettres...
- Je vois... Et ça te choque ?
- Non... c'était l'époque... Tu es sûr que tu ne veux pas le connaître toi même ?
- Non ça ira. Tu peux continuer...
Hermione reprit sa lecture et se rendit compte que Sabine parlait de plus en plus de ses propres dons magiques, évoquant des visions étranges, effrayantes et malsaines. Hermione relut plusieurs fois une des visions de sabine, elle parlait de baguette et de corbeau. Elle voyait la scène, Jésabelle et les corbeaux, mais elle y voyait également le tatouage de Luc...
" J'aimerais tant savoir ce que Sabine a vu, c'était sa fille ou beaucoup plus loin?"
- Si elle n'était pas morte depuis si longtemps, vous pourriez lui parler, fit le serpent.
" Tu écoutais ?"
- Je suis navré Maîtresse.
" Que disais tu?"
- Que si sa mort était plus récente vous pourriez lui parler.
" Parler avec les morts?"
- Oui, les rituels du Baron Samedi sont consacrés à la mort.
" Je n'ai pas trop approché le chapitre..."
- Pourquoi Maîtresse?
" Ces rituels sont... effrayants et cruels, profondément maléfique."
- Seul l'usage peut le devenir.
" En quoi provoquer d'horribles frayeurs jusqu'à ce que le cœur lâche peut être bénéfique ?"
- Quand un ennemi est trop puissant. Ou pour punir un crime odieux.
" Je n'ai pas trop de connaissances dans les rituels de sanctions pratiqué."
- Vous devriez...
" Et... combien de temps après la mort est-ce efficace ?" demanda-t-elle espérant s'en servir pour appeler Rogue ou Dumbledore.
- Un à quatre mois selon la puissance.
" Ho... je pourrais appeler Sabine."
- Maitresse, fit le serpent en sifflotant lui donnant l'impression de rire, ce n'est pas possible.
"Et pourquoi ? Elle est morte à Noël."
- Une sécurité magique se place sur les voodistes. Pour éviter que leurs corps et leurs esprits ne soient souillés après la mort.
" Je comprends..."
- C'est désormais votre cas maitresse.
Hermione replongea ensuite dans la lecture approfondie de la correspondance entre Alphonse et Sabine. Après le départ de celui-ci pour la France, la relation épistolaire se fit de plus en plus grande et courante, presque hebdomadaire entre les deux amoureux. Sabine donnait beaucoup de nouvelles de Jésabelle et étrangement en prenait du fils légitime. Cette femme n'en voulait nullement à l'amour de sa vie d'avoir choisi son devoir familial. Hermione était assez étonnée qu'elle ne lui reproche absolument rien au fil du temps et finit par interpeller Luc.
- C'est surprenant...
- Quoi donc? fit alors Luc.
- Ils ont refusé l'entrée à Ilvermorny. C'est bien l'Institut Magique Américain ?
- Oui, comme Poudlard et Beauxbâtons. Ils l'ont refusée pour sa couleur de peau?
- Étrangement non... pour ses origines vaudous.
- Les sorciers sont vraiment réactionnaires là dessus.
- Et dire que ça n'a pas changé. Il suffit voir...
- L'Angleterre? Qui a presque soutenu la politique fasciste ?
- Oui... les nés moldus étaient traqués et devaient se cacher.
- Et nous n'avons pas soutenu les opprimés alors que nous aurions pu aider... Le monde change mais pas les comportements égoïstes. Les moldus l'ont bien compris sous le Troisième Reich.
- Je n'ai connu que le point de vue anglais...
- En résumé, Churchill et Roosevelt préférait négocier avec Darlan qu'avec De Gaule, alors que Darlan était un proche de Pétain.
- Pétain c'est celui qui a signé l'armistice ?
- Oui, et collaborationniste convaincu.
- Toujours les mêmes manipulations politiques.
- Au moins sur ce point là on est tous logés à la même enseigne.
Après cette constatation remarquable de l'incapacité humaine d'apprendre de ses erreurs, Hermione reprit sa lecture, cela devenait de plus en plus inutiles, elle ne trouvait rien d'intéressant.
- Maîtresse, puis je faire une constatation ?
" Vas-y."
- Vous pourriez chercher le document le plus magiquement marqué.
" C'est-à-dire ?"
- Le vaudou marque fortement son environnement surtout après des rituels intenses.
" Ça signifie qu'après un rituel particulier, ce que touche une voodiste est imprégné de magie?"
- Exactement Maîtresse.
" Et tu peux trouver ?"
- Pas moi Maîtresse, mais vous oui.
" Comment ?" pensa alors Hermione fortement intéressée.
- Le rituel de Décorporation.
" Je ne l'ai pas lu encore..."
- Vous avez évité ceux du Baron Samedi.
- Quoi? fit Hermione surprise et à voix haute.
Luc releva la tête comprenant qu'Hermione menait la conversation avec son serpent. Il n'y prêtait pas attention en général et ne lui en tenait nullement cure d'être écarté de son apprentissage.
- Il vous permettra de pénétrer le domaine des esprits.
- Il est compliqué ?
- Intense surtout mais je vous accompagnerai
Hermione se précipita alors dans la chambre attrapant sous le lit le coffret dans lequel elle enfermait son livre vaudou, un coffre magique qui empêchait toute personne non voodiste d'y accéder. Ce coffret était une création ritualisée et utilisait le même concept que la sécurité dans l'appartement de Danielle. Elle revint alors, se jetant presque nerveusement sur le canapé avant de tourner les pages à une vitesse folle, agitée d'une certaine fébrilité.
- Ton copain t'a donné une information utile ?
- Un rituel...
- Mais encore, fit Luc amusé de la concentration de sa compagne.
- Il s'appelle Décorporation, il permet de pénétrer le monde des esprits.
- Imagine que je ne suis pas voodiste, fit il en riant.
- Désolée mon cœur... euh... comment il a dit? Un ou une voodiste marque plus fortement ce qu'il touche après qu'il aie effectué un rituel puissant.
- Donc tu saurais où se situe le courrier de Sabine après le rituel de ton rêve.
- Tout à fait ça... ce que c'est plaisant de ne pas toujours devoir tout expliquer.
- Ravi de l'entendre.
Elle l'embrassa alors rapidement avant de se jeter à nouveau sur le livre, abordant ainsi les fameux rituels du Baron Samedi, l'être maudit et protecteurs des cimetières. Ces rituels étaient quand même très maléfiques, réveiller les morts ou créer des morts-vivants...
- Ha voilà... Wahou... ça a l'air complexe.
- C'est dangereux ?
- Sans doute... Mais on a pas le choix alors.
Hermione prit alors Écaillon dans ses mains et croisa les jambes sous elle, et gardant le livre sous les yeux, Luc s'installant par terre en face d'elle.
- Bon... j'y vais... j'espère que ça va marcher.
- Hermione... ne prends pas de risques inutiles, fit Luc inquiet.
- Je ferai attention, à tout de suite...
Hermione prit une profonde inspiration et sa baguette dans la main, vérifiant par trois fois chaque ligne du rituel.
- Ô Baron Samedi, veilleur du monde des esprits ; qu'en cet instant s'échappent mon âme pour errer dans la mort sans flamme...
Hermione ne sentit aucune différence et caressa Écaillon comme pour vérifier qu'il était toujours là.
- Ça ne...AAAAHHHHH...
Hermione sentit comme si son corps se tordait dans tous les sens, même son cou semblait craquer.
- Hermione arrête !!! faisait Luc très paniqué.
Elle ressentait la sensation de ses yeux qui devenaient noirs, pour la première fois d'ailleurs, comme si c'était volontaire. Elle se sentit agitée de spasmes nerveux tordant son cou en arrière d'une façon si brutale qu'elle avait cru se briser la nuque.
" Ça... ça fait un mal de chien..."
Ses spasmes augmentait encore avant de cesser. Elle ouvrit alors les yeux et se vit, assise les yeux noirs et la bouche ouverte.
- Vous avez réussi Maîtresse.
- Tu n'as pas eu l'impression que tu aurais dû me prévenir de la douleur ?
- Je n'ai pas de notion de douleur...
- Veinard.
Elle avisa alors la pièce de l'appartement, toutes les couleurs semblaient altérées, plus ternes plus cuivrées. Luc l'observait en lui parlant mais elle ne répondait pas, ce qui était assez normal en réalité. Elle remarqua alors que Luc cherchait quelque chose et l'entendit parler mais comme si il était dans une autre pièce.
- Il me cherche, fit Écaillon.
- Je me disais aussi, toi tu n'as pas de corps réel alors?
- Aucun Maîtresse.
- Et maintenant je fais quoi?
- Concentrez votre pouvoir magique dans vos yeux.
- Pardon?
- Comme si vous fixiez quelque chose avec intensité.
Hermione décida alors d'écouter attentivement les conseils de l'esprit serpent, sans doute de bien meilleurs conseils qu'un simple instinct. Cela lui prit un peu de temps mais il y eu une altération de sa vue. Désormais, depuis Luc elle voyait comme un fil qui s'échappait vers le ciel.
- Qu'est-ce que c'est ?
- Le fil de son âme, son pouvoir magique qui s'échappent peu à peu.
- Pourquoi cela s'échappe-t-il?
- Vous aussi à la base, la normalité, chaque instant de votre vie vous approche de la mort après tout.
- Ho... je vois. Ça fait penser aux Parques de la mythologie.
- Elles utilisaient une magie équivalente, fit alors Écaillon.
- Elles existaient ? fit Hermione surprise.
- Oui comme la plupart des créatures mythiques.
- Je vois... donc je dois chercher dans les lettres.
- Vous ne pouvez cependant pas altérer le monde physique.
Hermione nota l'information et regarda alors le tas de lettres et effectivement certaines semblaient briller légèrement.
" Ça doit être la présence de rituels."
Tandis qu'elle regardait le tas de lettres, une semblait réellement sortir du lot, brillante comme un phare dans une nuit de brouillard.
- C'est celle là... mais...
Hermine avait tenté de se diriger vers elle mais elle restait totalement immobile. Elle était comme figée.
- Je ne peux pas bouger Écaillon...
- C'est normal Maîtresse.
- Tu peux développer s'il-te-plaît.
- Vous devez penser à vous déplacer mais pas comme dans le monde physique.
- Penser à me déplacer.
" Bon... avancer... avancer... MAIS AVANCE PAR MERLIN !"
Soudain, elle fut comme projetée en avant. Hermione paniqua lorsqu'elle dépassa le tas de lettres se dirigeant vers le mur. Elle hurla de peur se protégeant du choc physique. Cependant, celui-ci n'arriva jamais, elle était passée au travers du mur de la façade de l'appartement, se retournant sur l'Avenue d'Éden. Elle était quasiment arrivée à l'autre bout au milieu des gens qui s'y promenaient.
- Merde...
- C'est compliqué n'est-ce pas?
- Plutôt oui...
Elle observa alors voyant les fils de la magie des promeneurs, sur certains sorciers âgés, le fil semblait si fin alors que, sur les jeunes enfants, il tenait beaucoup plus du ruban que du fil. Sur certains, il n'y avait rien du tout.
- Pourquoi...
- Moldu, la magie ne s'échappe pas de leur corps. C'est autre chose, pour eux il existe un autre rituel.
- Le vaudou est vraiment complexe.
Hermione regarda le ciel qui était comme rouillé là où tous les fils se dirigeait, au loin, elle en voyait bien d'autres. Mais un en particulier attira son regard, il était plus large que les rubans des enfants presque une banderole et il s'arrêtait avant le ciel.
- Écaillon... qu'est-ce que c'est ?
- Ho c'est surprenant...
- Tu as déjà vu cela?
- C'est très rare voire unique ou presque, cela signifie que la vie ne s'écoule plus de ce sorcier.
- La vie ne s'écoule plus? Il est immortel?
- Quelque chose s'approchant de cela je dirai.
- Et pourquoi est il si épais ?
- Parce que sa puissance est démentielle.
- Hyunkel! C'est forcément lui... il serait immortel?
Soudain, ses "jambes" semblèrent lâcher sous elle tandis que la douleur grimpait dans sa "poitrine".
- Que se passe-t-il? fit Hermione.
- Vous mourrez Maîtresse.
- Quoi???? Mais..., fit Hermione paniquée.
- Vous devez vous rapprocher de votre corps physique.
- Mais j'arrive même pas à me déplacer normalement.
- Maîtresse, rapprochez vous vite.
- J'essaye...
- Faîtes le ou ne le faites pas mais inutile d'essayer.
Si elle pouvait, elle l'aurait frappé mais elle préféra tenter de se rapprocher et cela se faisait très lentement mais elle voyait la façade approcher. Bizarrement la douleur était moins grande et elle passa la tête dans l'appartement.
- Hermione! Reviens bon sang !
Luc était près d'elle tandis que du sang coulait de sa bouche, elle était réellement en train de mourir mais elle remarqua autre chose : du sang s'échappait du nez de Luc.
- Écaillon, qu'est-ce-qu'il se passe ?
- Votre corps a cherché une autre source de magie que votre âme.
- Quoi? Je m'en prends à Luc?
- Pas réellement, ce serait plutôt lui qui vous insuffle sa magie. Regardez le Codex...
Hermione regarda alors le livre, Luc avait dû tourner la page quand tout avait dérapé. Il y avait un vague croquis sur la façon de tenir le voodiste en voyage spirituel si le corps saignait. Il avait improvisé avec un simple croquis. Mais que le corps cherche à se nourrir de magie de lui-même était surprenant.
- Vous devez rentrer dedans, Maîtresse.
- D'accord... mais avant.
Hermione tenta de mémoriser la position du courrier le plus brillant pour le retrouver aisément avant de rentrer dans son corps.
Elle ouvrit soudain les yeux tombant sur Luc qui semblait soulagé. Il n'eût pas le temps de parler qu'elle le serra contre elle.
- Pardon... je savais pas...
- Tu m'as fait une peur incroyable...
- Désolée... c'était particulier comme sensation...
- Rassure moi, tu n'as pas risqué ta vie pour rien ?
- Non... J'ai trouvé la lettre la plus importante... mais j'ai besoin d'un peu de repos... une ou deux heures.
- Tu n'as qu'à dormir...
Hermione s'était reposée deux heures entières ne bougeant qu'à peine tant elle était courbaturée. Elle avait cependant remarqué que les saignements de nez de Luc avaient duré énormément de temps comme si offrir de sa magie l'avait gravement blessé. Désormais elle s'en voulait d'avoir essayé le rituel mais la présence du serpent à côté d'elle lui rappelait également l'intérêt dans les recherches.
- Luc?
- Ça va mieux?
- J'ai vraiment mal partout.
- Ce crétin aurait pû te prévenir.
- Il m'a dit que lui n'avait aucune notion de douleur.
- Mouais... une bonne excuse.
- Arrête le pauvre...
Hermione avait toujours eu ce côté surprotectrice avec ses animaux comme avec Pattenrond qui cherchait à faire du mal à Croutard à l'époque. C'était un fait, elle adorait les animaux.
Maintenant qu'elle allait un peu mieux, elle se dirigea vers la pile de lettres et chercha celle dont elle avait mémorisé l'emplacement.
- C'est celle là, fit Hermione. Elle en parle... " Mon cher Alphonse, tu me manques..."
- Tu peux zapper les mondanités ? l'interrompit alors Luc.
- Je vous jure... bon..." Hier, Jésabelle a fusionné pour la première fois nos deux magies en situation réelle, elle était merveilleuse et puissante, elle n'a besoin d'aucun des sacrifices nourrissant le rituel de sa magie classique."
- Comme toi donc, fit Luc.
- Heureusement, je me vois pas sacrifier des animaux... " Elle a eu cependant une drôle de réaction à la fin, elle a invoqué des corbeaux et parlé dans le vide, je pense qu'elle possède effectivement un don de voyance." Donc elle m'a réellement parlé, des siècles avant...
- Tu te rends compte à quel point c'était particulier ce que tu as vécu ?
- Oui, tiens elle parle du rituel... "Nous devions replacer un cœur dans une victime, cet homme voulait être un guerrier et devenir fort. Il est allé voir un béké dissident pour qu'il lui ôte le cœur..." Beurk...
- Charmant...
-"Ôter le cœur semblerait rendre presque invincible un guerrier tant que les deux ne sont pas réuni..."
- Donc elle lui a remit son cœur en place, niveau folie on est pas mal.
- " C'était incroyable comment notre tendre fille s'en est sorti et elle a pu empêcher ce cœur de prendre possession d'elle" Hein?..." En effet, quand nous l'avons trouvé dans la grotte, il a tenté de s'emparer de son corps, je ne connais pas les aboutissants du rituel mais c'était impressionnant..." Je dirai effrayant.
- Elle ajoute quelque chose ?
- Pas vraiment, elle reparle d'eux et de leurs souv...
- Hermione ?
- Serait-ce possible ? Non... celui là aussi... une seconde... Accio Histoire de Poudlard.
Hermione venait de comprendre quelque chose d'important, le pourquoi du comment. Le livre tomba sur ses genoux et elle tourna les pages pour retrouver la photo de Dumbledore.
- Tu m'expliques?
- " Maintenant que je le note, ce rituel me rappelle nos souvenirs, cette histoire du chanteur..."
- Histoire du chanteur ?
- Une seconde... Regarde cette photo de Dumbledore.
- Euh... je dois voir quoi? Il indique quelque chose du regard en bougeant mais...
- Tu vois la fiole?
- Une potion... vu les reflets tricolore c'est une potion médicale puissante, chirurgicale sans doute. Ton directeur était malade?
- Non... mais on s'en sert dans les greffes et puis j'ai vu ce livre en-dessous...
- Hein? Euh... j'arrive pas à lire le titre...
- Pas besoin, fit Hermione en se levant alors.
Elle se dirigea lentement vers la bibliothèque cherchant le fameux livre, c'était tellement invraisemblable, une logique implacable et une double surprise... Elle en sortit un livre et s'assit près de Luc.
- Ce livre et celui de la photo sont les mêmes, j'en ai hérité à sa mort.
- C'est une blague?
- Luc je t'assure, je l'ai lu en long et en large de nombreuses fois et ça peut correspondre, attends...
Hermione tourna les pages pour le mener à ce qui les concernait.
- Lis..., fit elle tandis que Luc se pliait à l'exigence.
- Mouais... tiré par les cheveux. C'est quoi le raisonnement ?
- Histoire du chanteur.
- Approchant...
- Je vais te raconter un secret sur ma dernière année, je n'ai pas cherché que des morceaux d'âmes de Voldemort, j'ai aussi cherché ceci...
- Les Reliques de la Mort? Elles existent ?
- Oui, les trois... Tu comprends maintenant?
- Tous seraient réel ?
- Je n'en sais rien... Mais les Contes de Beedle le Barde semblent cacher pas mal de secrets.
- Ça va être marrant leurs têtes demain...
- Ils vont me suivre?
- Ça dépend... convaincs moi avec tes reliques.
Elle lui parla alors de la baguette de Sureau et de sa possession, de la pierre et surtout de la fameuse cape d'invisibilité, convaincant peu à peu Luc de la crédibilité des contes de Beedle le Barde.
Réponse aux reviews:
katymyny: j'ai fait très romantique pour une première fois, disons que c'est mieux pour la gente féminine que la vision masculine, où le romantisme manque en général. Mais comme il y aura plus trop de chapitre comme ça autant mettre le paquet
