Chapitre 22: Le Sorcier au Cœur Velu

- 2 janvier 1999 - Bureau d'enquête

Dans le bureau d'enquête, ce matin là, Hermione était profondément vexée, c'était si évident pour elle et pourtant plusieurs membres de l'équipe riaient.

- Franchement Hermione, elle est pas mal celle là, fit Jean.

- Je suis très sérieuse Jean.

- Allons Granger, fit le capitaine, ce n'est qu'une histoire pour enfants. La plus horrible certes mais bon.

- Je suis sûre de moi, Capitaine. Franchement personne ne me suit?

- Hermione, fit Delphine, je peux comprendre ton histoire de rituels mais le lien avec les contes, j'ai dû mal.

- Je... comprends.

C'était une évidence, elle même ne l'avait pas cru aisément à l'époque pour les reliques mais c'était pourtant la vérité. Et en plus, elle se doutait que Luc ne pourrait soutenir sa théorie, le fait d'être ensemble lui enlèverait sa crédibilité. Et pourtant quelqu'un allait la soutenir.

- Écoutez, franchement c'est complètement malade comme raisonnement, commença Coralie, mais réfléchissez...

- Si je vois un chaudron avec des pieds je me casse...

- Jean bordel! fit Coralie. Depuis le départ Hermione suit des pistes différentes des nôtres et ça a plutôt été probant non?

- Ouais...

- Je suis d'accord sur ce point Coralie, fit Delphine. Je te trouve douée comme enquêtrice Hermione tu le sais mais là...

- Merci et je le sais que c'est tellement peu concevable que vous soyez méfiants.

- Et lui il donne pas son avis? fit Jean en regardant Luc.

- J'ai demandé à Luc de ne pas intervenir, fit Hermione.

- Pourquoi ? fit Jean surpris. Il y a de l'eau dans le gaz?

- Non mais vous allez dire qu'il me soutient forcément.

- Granger, fit le capitaine, je pense que Bertier aura un avis franc et honnête.

- Luc?

- Honnêtement depuis qu'elle est là, j'ai vu plus de trucs bizarres que dans le reste de ma carrière même si elle est courte, et là j'y crois. Et pas pour ça Jean.

- J'ai rien dit.

- Mouais... bref, au début j'y croyais pas non plus mais il y a un détail important.

- Lequel ? demanda le capitaine.

- Ça me concerne, fit Hermione, et Danielle de Bonaventure. C'est encore plus bizarre, mais elle m'a transmis ses pouvoirs.

- Hein? fit Delphine. C'est possible ?

- Il faut croire...

- Fais leur une démonstration, fit Luc.

Hermione choisit alors de marquer le coup en noircissant ses yeux provoquant un sursaut chez tout le monde et fit apparaître aussi Écaillon. Tout le monde fut à la fois choqué et surpris.

- Alors ça... c'est spécial, fit Jean.

- Qu'il est mignon, fit Coralie en touchant le serpent.

Delphine, elle, s'était approchée d'Hermione pour observer ses yeux.

- Intéressant... tu vois normalement ?

- Euh... oui.

- Pas de spectre lumineux supplémentaires ? Pas d'images doubles?

- Non, je vois normalement... en fait c'est juste l'activation de la magie vaudou.

Cela vira à l'interrogatoire sur toute la situation nouvelle d'Hermione, Delphine l'abreuvant de questions médicales tandis que Jean s'amusait à poser toutes les questions idiotes qui lui passaient par la tête. Coralie était plutôt proche de kidnapper le serpent que de poser des questions.

- Hum hum, fit le capitaine. J'aimerais plutôt entendre le point de départ du raisonnement.

Hermione réfléchit alors un instant en inspirant profondément avant d'expliquer un raisonnement assez fou.

- Tout d'abord dans la pensine du dernier instant il disait quelque chose comme :"Ho mon cœur, pourquoi sont ils si cruels tous. "

- Tu penses que ce "mon cœur" était à prendre au pied de la lettre? demanda Delphine.

- À ce moment là, je croyais que c'était une provocation envers Danielle. Mais je me demande si il ne lui parlait pas tout simplement, il disait au tout début "je te retrouverai bientôt".

- Autre chose? fit le capitaine.

- Il existe un rituel vaudou pour enlever le cœur de quelqu'un pour le rendre plus fort.

- Beurk... fit Coralie en lâchant le serpent. Oops...

- Pas grave, il ne sent pas la douleur...

- Ha? Ok! Viens ici toi..., fit elle en le reprenant en bras.

Hermione se souvint alors de la grossesse de Coralie et chercherait un rituel de protection pour le bébé.

- C'est assez ignoble... mais d'un point de vue médicomagie, commença Delphine, c'est une théorie qui se tient.

- Hein? fit Jean.

- Le corps peut vivre sans battements surtout les corps de sorciers mais bien sûr c'est très compliqué de maintenir quelqu'un en vie alors qu'il puisse combattre...

- J'ai vu de mes yeux... ou presque quelqu'un se faire replacer son cœur.

- D'accord... je te crois.

- Et puis la légende sur le parchemin de Flamel.

- Attendez, ça doit être ce document..., fit Jean en cherchant.

- L'obscurisation planant depuis des siècles en son sein voit apparaître l'occultation de la bonté. L'être impur préférant cesser de choyer l'âme, par usage occulte, oublie ses sentiments. Oubliant désir, espoir, amour et rêves; l'obscurité l'oblige à dégénérer. Pour combler le vide et enfermer les damnés, septs prêtres unissant âmes et esprits créèrent sur ordre du Roi le Coffre. Nourrir le coffre au cœur duquel la noirceur sombre demande sacrifice et rigueur tant que les ténèbres vivent en son sein. À jamais liés, veilleurs gardent espoir mais le démon ayant cédé aux bas instincts devint inaliénable. Réunis plus fort à nouveau mais plus faible aussi, fit alors Luc d'une traite.

- Merlin..., fit Jean.

- Quoi? fit Delphine.

- Ces deux là sont pas humains... elle fait apparaître un serpent et l'autre mémorise sans problème un texte sans queue ni tête.

- Tu sais Jean, fit Luc amusé, on n'est pas tous des cancres.

- Ouais bah moi au moins je suis un mec normal.

- C'est fini? fit le capitaine.

- Pardon Capitaine, fit Jean.

- Granger, expliquez le texte alors.

- Bon, "l'être impur qui préfère cesser de choyer l'âme", ça signifie pour moi qu'il renonce à tout ce qui fait de lui un homme: désir, espoir et amour, l'amour le cœur, là c'est simple.

- Ensuite? demanda alors le capitaine.

- "Nourrir le coffre au cœur duquel la noirceur sombre..." On a pris le sens au cœur comme à l'intérieur du coffre. mais si c'était le "coffre au cœur" pour dire le coffre qui contient le cœur.

- Moui... pas bête, fit le capitaine. En plus il s'agit d'un texte ancien, une légende et on ne sait jamais dans quel sens il faut le prendre.

- Et puis la suite peut ressembler au conte: "L'obscurité l'oblige à dégénérer" comme le cœur dans l'histoire.

- J'avoue que mes enfants sont grands alors...

- Moi je lis des contes moldus surtout, fit Jean. Bien plus mignon.

- Ha oui... mignon? fit Delphine. Cendrillon est traitée comme une merde, Blanche-Neige a plus de parents et est empoisonnée, la belle au bois dormant ben dort longtemps, et a donc plus de proches, etc...

- Ouais bon...

- Et... fit Coralie.

- Oui? fit Hermione impatiente d'entendre la question.

- Ton livre a toi semble très vieux... Il serait différent ?

- Je sais pas, je suis née moldue je te rappelle, moi justement c'était Cendrillon et les autres. Mais je peux vous le lire.

- Allez y Granger, lisez toujours.

Hermione saisit alors son exemplaire des contes de Beedle le Barde, celui de Dumbledore et commença la lecture à haute voix.

- " Il était une fois un jeune sorcier beau, riche et

talentueux, qui avait remarqué que ses amis devenaient sots lorsqu'ils tombaient amoureux, folâtrant et se pomponnant, perdant l'appétit et leur dignité. Le jeune sorcier décida qu'il ne serait jamais la proie d'une telle faiblesse et il eut recours à la magie noire pour assurer son immunité."

- Toujours sympa la magie noire, fit Jean.

Hermione le regarda alors légèrement énervée d'être interrompue mais reprit sa lecture.

- "Ignorant son secret, la famille du sorcier riait

de le voir si froid et distant.

—Tout changera, prophétisaient-ils, lorsqu'une jeune fille lui tournera la tête!

Mais la tête du jeune sorcier ne lui tournait pas.

Bien que de nombreuses jeunes filles, intriguées par ses airs hautains, eussent employé leurs arts les plus subtils à essayerde lui plaire, aucune ne parvint jamais à toucher son cœur. Le sorcier tirait gloire de son indifférence et de la sagacité qui l'avait suscitée.

Lorsque la première fraîcheur de la jeunesse

déclina, les amis du sorcier commencèrent à se marier et à engendrer des enfants."

- Ha l'amour, fit Jean.

- Tu vas te taire un peu? fit Delphine.

- Merci Delphine, fit Hermione.

- De rien.

- " «Leur cœur ne doit plus être qu'une coquille

ratatinée par les exigences de cette progéniture vagissante», ricanait-il intérieurement en observant les jeunes parents qui batifolaient autour de lui.

Et une fois de plus, il se félicitait de la grande

sagesse qui l'avait amené à faire ce choix très tôt dans sa vie.

Le temps vint où les parents du jeune sorcier, qui

étaient âgés, moururent. Leur fils ne les pleura pas. Au contraire, il considéra leur décès comme une bénédiction. À présent, il régnait seul sur leur

château. Ayant transporté son trésor le plus cher dans le plus profond des cachots, il s'adonna à une vie de bien-être et d'abondance, son confort

devenant le but unique de ses nombreux serviteurs."

- Ha l'argent toujours l'argent, fit Jean interrompant Hermione une nouvelle fois.

- Tu comptes m'interrompre encore souvent ? fit Hermione agacée.

- Bon bon je la ferme...

- Merci, je reprends : "Le sorcier était convaincu qu'il devait inspirer une immense envie à tous ceux qui contemplaient sa superbe et paisible

solitude. Sa colère et son dépit n'en furent donc que plus violents lorsqu'il entendit un jour deux de ses valets parler de leur maître.

Le premier serviteur exprimait sa pitié pour le

sorcier qui, malgré toute sa richesse et tout son pouvoir, n'avait personne pour le chérir.

Mais son compagnon eut un rire moqueur et lui

demanda pourquoi un homme qui possédait autant d'or et un château semblable à un palais n'avait pas été capable d'attirer une épouse.

Leurs paroles furent autant de coups terribles

portés à l'orgueil du sorcier.

Il résolut aussitôt de prendre femme, et d'en

trouver une qui serait supérieure à toutes les autres. Elle devrait être d'une beauté renversante et susciter désir et envie chez tout homme qui la verrait.

Elle serait d'une lignée de sorciers pour que leurs enfants héritent de dons magiques exceptionnels. Et elle posséderait une fortune au moins équivalente à la sienne, afin que la confortable existence du sorcier soit assurée, en dépit de l'agrandissement de sa maisonnée.

Le sorcier aurait pu mettre cinquante ans à

trouver une telle femme, mais il arriva qu'au lendemain même du jour où il avait décidé de la chercher, une jeune fille répondant à tous ses souhaits vint rendre visite à sa famille qui habitait le voisinage.

C'était une sorcière aux dons prodigieux et elle

possédait également beaucoup d'or. Sa beauté était telle qu'elle saisissait le cœur de tous les hommes qui posaient les yeux sur elle. Tous sauf un. Le cœur du sorcier ne ressentit rien du tout. Néanmoins, elle était la perle rare qu'il

recherchait et il commença donc à lui faire sa cour.

Tous ceux qui remarquèrent ce changement dans les manières du sorcier en furent stupéfaits et dirent à la jeune fille qu'elle avait réussi, là où une centaine d'autres avaient échoué.

La jeune femme elle-même était à la fois fascinée

et rebutée par les attentions du sorcier. Elle sentait la froideur qui existait derrière ses chaleureuses flatteries et elle n'avait jamais rencontré d'homme si étrange et si distant. Sa famille, cependant, estimait qu'ils étaient très

bien assortis et, impatients de favoriser cette union, ils acceptèrent l'invitation du sorcier à un grand festin en l'honneur de la jeune fille.

La table, chargée d'une vaisselle d'or et

d'argent, offrait les vins les plus fins et les mets les plus somptueux. Des ménestrels, s'accompagnant de leurs luths aux cordes de soie, chantaient un amour que leur maître n'avait jamais ressenti. La jeune fille était assise sur

un trône, au côté du sorcier, qui lui susurrait des mots tendres volés aux poètes, sans avoir la moindre idée de leur véritable signification.

La jeune fille écoutait, perplexe, et elle finit

par lui répondre:

—Vous parlez bien, sorcier, et je serais

enchantée de toutes vos attentions si seulement je pensais que vous aviez un cœurLe sorcier sourit et lui assura qu'elle n'avait pas de crainte à avoir en la matière. La priant de le suivre, il l'emmena à l'écart du festin et la fit descendre dans le cachot soigneusement verrouillé

où il conservait son plus grand trésor.

Là, dans une châsse de cristal ensorcelée,

reposait le cœur palpitant du sorcier.

Depuis longtemps privé de tout contact avec des

yeux, des oreilles ou des doigts, il n'avait jamais été sous le charme de la beauté, de la musique d'une voix, de la douceur d'une peau soyeuse. En le voyant, la jeune fille fut terrifiée car le cœur était tout ratatiné et recouvert de longs poils noirs.

—Oh, qu'avez-vous fait? se lamenta-t-elle. Remettez-le là où il doit être, je vous en implore!

Comprenant que c'était indispensable pour lui

plaire, le sorcier tira sa baguette, déverrouilla la châsse, se trancha la poitrine pour l'ouvrir, et remit le cœur velu dans la cavité béante qu'il avait autrefois occupée.

—Vous êtes guéri, à présent, et vous connaîtrez le véritable amour! s'écria la jeune fille.

Puis elle l'étreignit.

La douceur de ses bras blancs, la légèreté de son

souffle dans son oreille, le parfum de sa lourde chevelure d'or, tout cela transperça comme des lances le cœur nouvellement éveillé. Mais il était devenu étrange au cours de son long exil, aveugle et sauvage dans l'obscurité à

laquelle il avait été condamné, et il avait développé des appétits puissants et

pervers. Les invités du festin avaient remarqué l'absence de leur hôte et de la jeune fille. Au début, ils ne s'en étaient pas inquiétés,

mais à mesure que les heures passaient, ils avaient fini par s'alarmer et avaient entrepris de fouiller le château.

Lorsqu'ils découvrirent enfin le cachot, un

spectacle effroyable les attendait. La jeune fille était étendue morte sur le sol, la poitrine ouverte d'un coup de couteau, et à côté d'elle, le sorcier fou était accroupi, tenant dans sa main sanglante un grand cœur écarlate, lisse et brillant, qu'il léchait et caressait, s'étant juré de l'échanger contre le sien.

Dans son autre main, il tenait sa baguette

magique, essayant d'inciter le cœur velu et desséché à sortir de sa propre poitrine. Mais le cœur velu était plus fort que lui et refusait d'abandonner l'emprise qu'il avait à présent sur ses sens, ou de retrouver le cercueil dans

lequel il avait été si longtemps enfermé.

Devant les yeux horrifiés de ses invités, le

sorcier jeta alors sa baguette et saisit un poignard d'argent. Faisant vœu de ne jamais se laisser dominer par son cœur, il l'arracha de sa poitrine à coups de couteau.

Pendant un instant, le sorcier triomphant resta à

genoux, un cœur dans chaque main. Puis il s'affaissa en travers du corps de la jeune fille et mourut."

( Texte intégral issu des Contes de Beedle le Barde par JK Rowling Éditions Gallimard, excellent achat pour les fêtes de Noël)

Hermione finit alors sa lecture s'attendant à des moqueries mais c'était un silence qui régnait dans le bureau, les autres enquêteurs la regardaient comme pensifs. Elle fixa alors Luc qui se contenta de hausser bêtement les épaules. Coralie était d'ailleurs tellement pensive que le petit serpent spirituel s'était échappé de ses mains sans qu'elle ne se rende compte de son "évasion". Celui-ci s'était en effet fondu en Hermione pour ressortir par son épaule, sans doute après s'être nourri de sa magie.

- Granger, vous vous rendez compte que c'est tout de même improbable.

- Mais en même temps, tout ce que l'on voit depuis cette enquête est à part, ajouta Delphine.

Jean leva la main alors pour prendre la parole.

- Je peux parler ?

- Vas-y, fit Hermione amusée.

- C'est assez fou mais ça correspond. Enlever son cœur pour être plus fort, c'est quand même dingue...

- Et ça confirmerait son immortalité, fit Hermione avant de subir une pluie de regards étonné.

- Pardon? fit Delphine.

Hermione expliqua alors du mieux qu'elle pût à des profanes le rituel qu'elle avait utilisé la veille. Ce qu'elle avait vu, avec les fils, les rubans et celui qui se stoppait en vol.

- Dis moi, fit Delphine.

- Quoi?

- C'est pas trop dangereux comme euh... codex?

- Je ne lance pas ces rituels à tort et à travers, je ne prends pas de risques inconsidérés.

- Et tu la laisses faire? fit Coralie en regardant Luc.

- Pourquoi je devrais l'empêcher ?

- Tu t'inquiètes pas pour elle? fit Jean.

- Elle sait ce qu'elle fait...

- Merci Luc.

- Et vu de quoi elle est capable je préfère ne pas me la mettre à dos.

" Celle là, je l'avais vue venir... mais c'est vrai qu'il croit en moi."

- Et tu as appris des choses intéressantes ? fit Delphine par intérêt scientifique.

- Je lance peu de rituels en fait... mes exercices consiste surtout à m'habituer à cette magie d'où celui-ci, fit elle en agitant Écaillon.

- Il sert à quoi? demanda Coralie. À part être trop mignon...

- C'est une sorte de guide mais il est du genre évasif.

- Vous posez des questions fermées aussi Maîtresse.

" C'est pas le moment Écaillon, si je te réponds à voix haute, ils vont penser que je deviens folle."

- Bon donc... on part du principe que c'est le cœur de Hyunkel que nos victimes ont caché ?

- Voilà Capitaine.

- Bon... après tout c'est une piste, spéciale mais une piste quand même.

Hermione semblait assez contente que même le capitaine suive son idée mais cela ne faisait en réalité que compliquer la situation. Si ils avaient raison, c'était un pas qui ne menait nulle part en réalité. En imaginant donc que Hyunkel était comme ce fameux sorcier du conte, et qu'il avait bien caché son cœur, la véritable question semblait être où il avait pu être caché. Le professeur Rogue ne faisait pas dans la demi mesure en réalité, il suffisait de voir toutes les précautions prises.

- Il faudrait mettre la main dessus avant ce Hyunkel, fit Jean.

- Et ça complique la situation.

- Oui, fit Delphine. Paris est grand en admettant qu'il soit caché à Paris.

- Vu que la plupart de ses gardiens étaient à Paris, fit alors Hermione, il y a de bonnes chances qu'il y soit.

- C'est tout à fait plausible, fit le capitaine, apportez les plus grands plans que vous puissiez trouver.

L'équipe déplaça alors tous les bureaux pour étaler au sol des plans gigantesques de chaque arrondissement. C'était étonnant de travailler à l'ancienne.

" Écaillon?"

- Oui Maîtresse.

" Existe-t-il un rituel pour trouver quelqu'un ?"

- Bien évidemment.

Hermione venait encore de poser une question fermée et forcément le petit serpent n'allait pas se lancer dans une diatribe gigantesque pour lui répondre, elle soupira en réfléchissant comment poser la question tout en obtenant une véritable réponse.

" Comment lance-t-on ce rituel et quelles en sont les conditions ?"

- Vous avez besoin de quelque chose appartenant à la personne que vous désirez retrouver.

" En bref, ça ne marchera pas du tout, merci quand même de ton aide précieuse..."

- Merci Maîtresse.

Hermione regarda son serpent surprise, visiblement l'ironie lui semblait aussi étrangère que les différentes formes de douleur. C'était surprenant mais en même temps un esprit n'a pas besoin d'ironie.

- J'attends vos idées, fit le capitaine.

- Stade de France, fit Jean.

- Raisonnement ? fit Luc.

- Et un et deux et trois zéro...

- Bravo Jean, ça vole haut.

Hermione sourit, Jean était capable de rendre n'importe quelle situation stressante supportable, et encore une fois cela marchait bien.

- Notre-Dame ? fit Luc.

- Ouais bien, après les contes: Quasimodo, fit Jean.

- Ça va... ça va...

- Tour Eiffel ? fit Hermione.

- Trop de passage, de jour comme de nuit, fit Coralie.

- Mais je pense qu'on a raison sur un point, quelque chose de visible serait logique, impossible d'attaquer de front.

- Pareil, fit Delphine. L'Arc de Triomphe ?

- Trop de voitures..., fit Jean. Moulin Rouge.

- T'es marié, fit Hermione amusée.

- Genre... on peut regarder le menu quand on est au régime.

- L'Élysée ? fit Coralie. Ou le Ministère ?

- C'est quand même très sécurisé par les moldus et nous, fit Jean.

- En fait, lança Hermione, j'ai peut-être une idée mais...

Hermione pensait à une certaine expédition dans une certaine banque londonienne, qui s'était finie à dos de dragon... Elle espérait bien ne pas devoir recommencer, ce n'était pas une promenade de santé.

- Dis toujours ?

- Gringotts?

- Ouais ce serait compliqué d'y accéder, fit Coralie.

- On braque pas Gringotts, fit Jean.

- C'est arrivé je crois, fit Delphine, en Angleterre.

- Oui, c'était dans le journal, fit Luc, tu devais sans doute te...

Hermione avait baissé la tête en rougissant, Luc s'était interrompu et tout le monde semblait avoir tourné la tête vers elle.

- J'y crois pas!!! hurla Coralie.

- Franchement, tu as de ces anecdotes... Il y a de quoi écrire une série de romans, fit Jean.

- Ouais... on peut oublier s'il-vous-plait ? fit Hermione.

- C'est vrai que tu t'es échappée en dragon ?

- Oui, mais c'était pas prévu...

- Pas bête... fit le capitaine.

Tout le monde se retourna désormais vers le capitaine, y compris Hermione, lui aussi rentrait dans le délire ?

- Capitaine, on attaque Gringotts? fit Jean.

- Non Carvert! Mais l'idée est bonne.

Hermione ne saisissait pas réellement ce que voulait dire le capitaine et ses hommes encore moins visiblement. Cela la rassura d'ailleurs car elle ne voulait pas être laissée de côté du raisonnement.

- La partie sorcière de Paris.

- Oui mais où capitaine.

Le capitaine pointa alors le plan de l'Avenue d'Éden, et précisément tapota leur bâtiment.

- Mais oui, je me disais aussi avoir vu un cœur à côté de la machine à café, fit Jean.

- Vous êtes un idiot.

- Mais un idiot décoré, chef.

Hermione ne put que retenir un rire, valait peut-être mieux ne pas vexer le capitaine, une veine semblait trembler sur sa tempe. Il devait être à un doigt de l'explosion de colère. Hermione s'inquiétait nerveusement de ce à quoi une colère du capitaine allait ressembler.

- Chef, fit Delphine inquiète.

- Oui?

- Vous parlez du neuvième sous-sol ?

" Il n'y a pas de neuvième sous-sol," pensa Hermione, " et vu la tête des autres je dois pas avoir tort".

- Vous avez picolé une coupe de trop au réveillon, fit Coralie.

- C'est un secret classifié, fit le Capitaine.

- Et pourquoi elle est au courant alors? fit Luc.

- Je suis habilitée à soigner les détenus, ils sont amenés à l'étage médico légal.

- Les détenus ? fit Hermione surprise. Tu parles de...

- Rochepourpoint oui, fit le Capitaine.

- Y a une accès au bâtiment ? fit Jean.

- Pas réellement un accès, fit Delphine. En réalité les médecins du ministère sont censés soigner les éventuels blessés de la prison.

- T'es pas médecin légiste ? fit Hermione.

- Si... Tu te doutes quand même que je sais soigner.

- Oui bien sûr, excuse moi... C'est une question idiote.

- Faut pas que tu te trompes, fit Jean un grand sourire aux lèvres.

- Donc on va chercher dans Rochepourpoint? fit Coralie.

- Il faut demander une autorisation au ministère je crois... comment j'explique ça ? fit le capitaine.

- Intuition, fit Luc.

Hermione se doutait alors que convaincre et un procureur et le ministère n'allait pas être simple. En effet, vu le nombre de preuves qu'ils avaient, c'était donc à dire aucune, qui serait assez fou pour leur donner une autorisation? Elle était cependant assez heureuse d'avoir enfin cerné le message de Dumbledore, elle espérait surtout qu'il n'y aurait pas à l'avenir d'autres saloperies du genre qui surgiraient des ténèbres. C'était bien plus que suffisant en réalité, sauf si c'était la fontaine de guérison, là, elle était preneuse. Ils allaient attendre leurs autorisations d'accès avec une impatience qui allait être semblables à celles qui avait habité les enfants peu de temps auparavant. Cependant, Hermione eut droit à un cours particulier sur les gardiens de la prison qui, bien qu'humains, feraient pâlir de peur les détraqueurs britanniques.

Reponse review:

katymyny Pour tout avouer, à part le gros délire borderline de Institut magique secret, qui est plus un essai réel qu'une fic ( pour la première fois je ne sais pas où je vais), je préfère des textes comme celui-ci, plus mature et réfléchis. Pour te donner un exemple, j'ai une fic en cours qui s'appellent Destin des sœurs Tate, l'histoire d'une adolescente violée qui se reconstruit par la musique à Nashville en compagnie d'un groupe de musiciens ( forcément dans la reconstruction, il y a un garçon, confiance en l'homme à reprendre, même si le je ne pense pas aller loin dans le détail). D'ailleurs tu as dû remarquer qu'ici, l'histoire de couple est juste une toile de fond (en soi un peu inutile mais j'aime pas Ron lol on se refait pas), la plupart des chapitres restent centrés sur l'enquête.

D'ailleurs ici il y a une fic très détaillée (que je dois continuer de poster) qui s'appelle la Dernière Héritière ( Persia Clark, petite fille de Grindelwald affronte des partisans de son aïeul, bref sur plusieurs années au point que je pense après faire cohabiter avec l'histoire principale officielle).

En parlant de projet j'en ai sur le feu, très sombre (mais j'ai pas encore le titre et j'en suis qu'à la documentation) : Paris seconde guerre mondiale, un soldat SS de l'unité Das Reich et muté au SD va découvrir la réalité de l'extermination des juifs et se retrouver à protéger deux sœurs juives contre toute attente...

Quand je disais particulier...

Sinon en HP je vois bien une suite à celle ci, retour en Angleterre, nvlle enquête... Et peut-être une fic où Hermione part aux USA faire médicomage ( avec de vraies données médicales) ou alors très dark, Voldemort tue Harry et répression façon seconde guerre mondiale, camp de concentration et résistance... Je sais pas trop, finissons d'abord...