Chapitre 23: Rochepourpoint
- 10 janvier 1999 - Bâtiment de l'UMEC
Huit. C'était le nombre de jours qu'il avait fallu au Capitaine Martin pour obtenir le droit d'entrer dans Rochepourpoint. Autant dire que l'équipe était un peu sur les nerfs à force d'attendre cette autorisation. C'était donc devant une porte dissimulée que Luc, Hermione, Delphine et Coralie attendaient patiemment.
- Bon, fit Delphine, je vais ouvrir.
Hermione vit alors Delphine sortir une clef transparente d'une boîte, comme si elle était faite en verre et la plaça contre le mur et un bruit étrange se fit entendre, celui d'une clef que l'on tourne dans une serrure. Hermione fut surprise lorsqu'elle vit alors la clef que tenait à cet instant Delphine tomber peu à peu en poussière.
" Ce n'était donc qu'une clef temporaire, visiblement les français sont méfiants quand il s'agit de leur prison."
Le mur disparut peu à peu, devenant transparent avant de disparaitre des plus définitivement. Il y avait désormais une ouverture comme creusée dans le mur, cela donnait étrangement sur un escalier qui fit penser à Hermione à une bouche de métro moldu.
- C'est tout? fit Coralie.
- Tu t'attendais à une fanfare et à des danseuses de french cancan? lui répondit alors Delphine.
- Ben ça a rien d'impressionnant.
- Ça ressemble surtout à un simple accès, lâcha alors Hermione.
- C'est justement ce dont il s'agit, fit Delphine. En route mauvaise troupe.
Delphine se mit à descendre l'escalier, le reste de l'équipe sur les talons. Hermione vit peu à peu la différence plus ils descendaient tous ensemble. Ce qui au départ n'était qu'un simple tunnel digne d'une ligne de métro devenait de plus en plus l'équivalent d'une grotte. Elle entendit alors Delphine lancer un lumos et découvrit sous la lueur de la baguette de la légiste de l'équipe, un tunnel qui semblait constitué d'ossements. Hermione regardait cela avec un visage horrifié.
- Mais où sommes nous donc? fit Hermione.
- Ça doit être les catacombes de Paris, fit alors Luc. C'est ça Delphine ?
- Ouais désolée, c'est pas très joyeux.
- Tu crois franchement qu'on avait besoin de cela? Après tout ce qu'on a déjà vu?
- Ok, fit Delphine, la prochaine fois je demanderai des moulures et une décoration hippie chic ça te va?
- T'es de mauvais poil...
- Je hais descendre ici, fit elle alors. Ces fichus gardiens me débectent.
Hermione avait été briefée rapidement par Delphine. Les prisonniers portaient bien des runes privatives de magie basée sur le vaudou de Louisiane d'ailleurs, comme le lui avait expliqué Luc lors des retrouvailles avec Neville plusieurs mois plus tôt mais les gardiens eux restaient des sorciers. Pour exercer le métier de gardien à Rochepourpoint, il fallait accepter l'équivalent d'un sacerdoce, presque une vie de moine. Les gardiens ne quittaient leurs postes qu'une fois trop vieux pour maîtriser les prisonniers.
- Ha voilà l'accès principal, fit Delphine devant une double porte en bois massif.
Hermione regardait la porte, elle semblait sortie tout droit d'un film d'horreur moldu avec ses renforts métalliques, donnant presque l'impression qu'elle allait entrer dans une salle de torture de l'Inquisition médiévale. Delphine ouvrit la porte et une certaine humidité semblait provenir de l'autre côté.
- Faites attention, ça glisse.
Hermione saisit la main charitable de Luc quand il fallut traverser un tout petit passage de pierres glissantes.
- C'est pas possible un trottoir non? fit Coralie. Hermione donne moi la main aussi s'il-te-plaît.
- Tiens prends là.
- On va dessiner aussi? fit Luc se remémorant la petite enfance où l'on se déplaçait comme ça.
- Dites, vous comptez vraiment tout commenter?
- Je le fais d'un point de vue touristique, répondit Hermione avec humour.
Ils arrivèrent alors devant une étendue d'eau : les égouts de Paris sans aucun doute. Mais c'était tout ce qu'il y avait. Rien, pas d'embarcation, pas de passage. Hermione tournait sur elle-même en cherchant un passage.
- Euh... Delphine ? Il y a un passage caché ?
- Non, on doit attendre le passeur.
- J'espère qu'on attendra pas trop longtemps.
- Vous... êtes... si... pressés...
- Haaa! fit Hermione surprise.
Ce qui avait émis ce son avait posé sa main sur son épaule, la faisant sursauter. Elle s'était retournée avec hâte découvrant alors un des fameux gardiens. Il était grand, le visage couvert par des bandages masquant son visage, il portait un immense manteau noir et un haut de forme de la même noirceur, ses bras également bandés arboraient des chaînes servant, selon Delphine, à attraper les prisonniers récalcitrants. L'ordre des gardiens s'appelait la vindicte, selon un terme de vieux français, ceux qui poursuivent les criminels.
" Il m'a fait peur... il sort d'où d'ailleurs ?"
Hermione regarda alors le gardien et découvrit pourquoi il n'était pas là quelques secondes avant. Il était installé sur une sorte d'embarcation assez longue, comme les gondoles vénitiennes.
- Ça va? lui fit Luc tout bas.
- J'ai cru mourir.
- Bag...uettes... fit le gardien en tendant la main.
Delphine tendit alors la sienne en regardant les autres membres de l'équipe. Hermione donna la sienne à contre cœur.
- On est obligé ? fit Luc.
- Bag...uettes... répéta le gardien.
- Ouais ouais, j'avais entendu.
Il finit par se plier à la demande et le gardien leur fit signe d'embarquer. Ils purent monter sans trop de difficultés et s'assirent tandis que le gardien démarra sans qu'Hermione ne sache comment, il n'avait ni rame ni pagaie et n'avait pas sorti de baguette.
" Dire que j'avais toujours voulu faire un tour en gondole si je visitais Venise, mais là ça possède surtout un côté glauque... Ça fait peur même... Et j'ai surtout une impression d'oppression."
- Delphine, fit Hermione tout bas, pourquoi il parle comme ça ?
- C'est lié à la magie des lieux, c'est à force d'y vivre. Ça provoque une sorte de dégénérescence. Mais dès qu'ils sortiront, ils seront totalement normaux.
- D'accord... c'est pas joyeux.
- C'est comme ça, fit Luc. Bienvenue en France.
- T'es con quand tu t'y mets.
- Merci.
Hermione eut un petit rire, ce qui la détendit pour le reste de ce moment de gondole. En tout cas le gardien ne parlait pas du tout. Mais c'était peut-être mieux vu la lenteur de ses déclarations. Près d'un quart d'heure plus tard, un quart d'heure d'un silence plus que pesant, la gondole percuta une surface dure.
- Nous... y... sommes...
L'équipe était très heureuse d'être arrivée, et ses membres ne se firent d'ailleurs pas prier pour descendre. Ils étaient sur le même genre de ponton que de l'autre côté devant le même type de porte également.
- Bon de l'autre côté c'est la prison, alors ça va être chaud.
Hermione appréhendait en déglutissant nerveusement, ça allait être particulier. Dès l'instant où elle ouvrit la porte, Hermione entendit un cri digne d'un fou.
- Merlin...
- Ouais, les prisonniers deviennent dingues. Et je les comprends.
Hermione suivit le reste de l'unité dans des tunnels creusés à même la roche, effrayée par les nombreux cris qui retentissaient un peu partout. Soudain sans crier gare un prisonnier arriva en courant dans leur direction.
- Des gens ? fit le prisonnier.
Il se jeta aux pieds d'Hermione et saisit son jean.
- S'il-vous-plait aidez moi... je suis désolé de ce que j'ai fait mais j'ai assez payé.
- Lâchez moi, fit Hermione en essayant se dépêtrer.
- Hey lâche la, fit Luc en s'avançant.
- Non Luc! Ne bouge pas.
- Hein? Mais pourquoi ?
" Oui pourquoi ? Il ne veut plus me lâcher... MERLIN!!!!!!"
D'un seul coup, sortant des ténèbres du couloir, apparurent des chaînes argentées qui passèrent autour du cou du prisonnier.
- Non! S'il-vous-plait...
Il fut légèrement tiré en arrière lâchant Hermione et fut traîné dans le couloir. Elle regarda alors à l'extrémité des chaines et vit un gardien identique à l'autre qui le tirait.
- Re...viens... tent...ative...de...fuite...iso...lem...ent.
- Non!!!! Pas l'isolement, pas l'isolement...au secours !!!!
Hermione regardait horrifiée le prisonnier se faire tirer par le cou et disparaître dans les ténèbres.
- Merlin... Ils foutent la trouille vos gardiens et j'ai vu les détraqueurs anglais à l'œuvre...
- À l'œuvre ? fit Delphine. Tu parles du baiser?
- Oui.
- Quand?
- J'avais quatorze ans, ils ont essayé de s'en prendre à Harry et son parrain sur le bord d'une rive, mais Harry... laissez tomber c'est trop compliqué.
Luc connaissait l'anecdote du retourneur de temps vu qu'Hermione lui avait raconté.
- Dis moi... c'est courant à Poudlard toutes ces histoires ?
- Je crois qu'Harry attirait les problèmes.
- Disons que tu sais choisir tes amis toi, fit Coralie.
- Et mes missions vu celle-ci, répondit Hermione amusée.
- Alors c'est ta faute peut-être... je vais te surveiller ma petite, fit Delphine. Bon sérieusement, j'ai pas envie d'attendre Pâques ici on se dépêche.
Ils se dépechèrent donc de rejoindre l'une des nombreuses portes du coin. Delphine frappa et la porte s'ouvrit sur un autre gardien.
" Ho non encore un... Ils sont flippants ces types."
- Bonjour, Lieutenant et Docteur Albin.
- Entrez donc...
" Tiens il parle normalement..."
- J'ai été prévenu de votre arrivée. Vous cherchez quelque chose ?
Hermione remarqua alors que le bandage autour du visage n'était pas aussi serré, lui permettant de parler.
- Y aurait il une cellule qui serait utilisée depuis quinze ans et que vous n'y nourrissez aucun prisonnier.
- Je vérifie... Un instant...
" Il vérifie ? Il ne bouge pas..."
- Coralie, fit elle tout bas après un coup de coude, tu crois qu'il se fout de nous?
- Ouais.
Luc se pencha entre elles et parla tout bas.
- D'après ce que mon père me racontait quand j'étais petit et qu'il voulait me faire peur, ils auraient grâce à leurs tenues une sorte d'esprit de ruche.
- Un esprit de ruche? Intéressant, fit Hermione. Ton père était mesquin...
- Loin de la vérité quand on les voit.
- Chuuut, fit Delphine.
Le groupe se tut, trop impressionné pour faire d'autres commentaires.
- Effectivement dans le dernier sous-sol. Les cellules les plus sécurisées. Nous n'y descendons que pour nourrir les prisonniers.
" Génial, je sens que l'endroit va être gai."
- Allons-y, nous devons marcher vingt minutes pour y accéder.
Leur longue marche dans les méandres de tunnels et couloirs de Rochepourpoint permît à Hermione de découvrir la façon française d'organiser la prison. Le premier niveau était constitué de criminels dits de droits communs, de simples voleurs ou fraudeurs, qui pouvaient déambuler dans les couloirs, dans des espaces communs aménagés, et paticiper à des activités. Ils étaient assez bien traités même si ils ne pouvaient pas voir la lumière du jour. Le second niveau était réservé aux récidivistes, les mêmes droits mais un peu plus de gardiens. Le troisième niveau comportait presque autant de gardiens que de prisonniers, ceux-ci n'ayant le droit de déambuler dans les couloirs que pour se rendre dans leur réfectoire ou encore vers les psychomages. Ils avaient été plus que dévisagés tous les quatre, fait normal sachant que les équipiers d'Hermione avait envoyé certains d'entre eux dans ces murs. Le dernier niveau était extrêmement calme, réservé aux crimes obscurs, tueurs multiples, terroristes,... Il y avait à peine un gardien dans le couloir et il fallait bien avouer que les prisonniers du niveau étaient discrets voir silencieux.
- Je déteste ce niveau, marmonnait Delphine.
- Pourquoi ? fit Hermione.
- Si tu savais...
- Vous désirez voir un de nos prisonniers ? Un de mes collègues va en nourrir un.
" En nourrir un? Comment ça ?"
- Moi je veux bien, fit Luc.
- Venez.
Hermione suivit comme Coralie d'ailleurs, Delphine sachant déjà à quoi s'attendre attendit alors dans le couloir. Quand ils arrivèrent devant la cellule ouverte, Hermione vit le gardien déposer quelque chose dans une boîte attachée au mur.
- La vache, fit Coralie.
Hermione regarda alors mieux, découvrant le reste de la cellule, elle en fut choquée et marquée. Le prisonnier n'était pas assis ou allongé sur un lit, d'ailleurs il n'y en avait aucun dans la cellule, mais il reposait dans un récipient. Un immense tube tronait en effet au milieu de la cellule, et c'était à l'intérieur de ce fameux tube que se trouvait le prisonnier. Ce tube semblait rempli d'un liquide un peu plus épais que de l'eau et le prisonnier y était enveloppé dans un linceul marron lui même intégralement recouvert de chaînes. Tandis que les cheveux du prisonnier flottaient dans le liquide, Hermione remarqua le tuyau qui devait s'enfoncer dans la bouche du prisonnier et sans aucun doute servir à lui permette de respirer et, comme pour l'instant présent, à se nourrir.
" C'est sûr que le prisonnier peut pas faire grand chose dans ce genre de situation..."
- Ça c'est de la détention, fit Luc, mais limite inhumain comme traitement.
Le gardien tourna alors la tête vers Luc et haussa simplement les épaules, Luc regarda alors Hermione surpris.
- Je crois qu'il s'en moque, lui confirma-t-elle alors.
- Pourrions nous accèder à la cellule s'il-vous-plait ?
- Suivez moi.
Ils marchèrent alors dans le couloir extrêmement silencieux et finirent devant une porte identique à toutes les autres dans cette prison visiblement conçue pour égarer les sens.
- Un instant...
- Ho... je déteste ça...
Hermione releva alors les mots de Delphine et allait comprendre ce que celle-ci détestait. Le gardien posa son chapeau au sol et se mit à défaire les bandages de son visage. Peu à peu Hermione y découvrit une peau violacée et boursouflée, les lèvres très asséchées presque comme sur les momies dont on a stoppé la décomposition. Et le pire était à venir: lorsque le gardien s'occupa alors d'enlever les bandages protégeant ses yeux, Hermione ne s'était pas attendue à ce qu'elle allait découvrir. En effet, les yeux du gardien étaient vitreux et opaques comme ceux des cadavres. Après avoir enlevé tout ça, il plaça sa tête contre la porte et elle s'y enfonça alors créant la surprise chez tous le groupe. Le gardien retira ensuite sa tête et regarda Delphine.
- Voilà, un coffre est déposé dans le coin si vous devez transporter ce qu'il y a dans cette cellule.
- Merci...
Le gardien s'en alla et tout le monde soupira enfin de soulagement. Ces gardiens apportaient un certain sentiment d'oppression bien mal venu.
- Fichue prison... fit Delphine.
- C'est horrible comme condition, fit Hermione en indiquant le couloir. Et c'était ça la dégénérescence?
- Oui, pour tout, mais c'est efficace.
- Vous croyez qu'il y a pire dedans? fit Luc.
- Suffit d'y entrer.
Lorsqu'ils avaient pénétrés dans la pièce, il n'y avait rien à part un coffre dans un coin, pas même le fameux tube. Juste le fameux coffre de transport indiqué par le gardien.
- Il n'y a rien? fit Coralie.
- Les sortilèges de protections cachent peut-être... suggéra Hermione.
- Sans baguette ça va être pratique.
Elle entendit Luc se diriger vers le coffret et l'ouvrir, il avait l'air vide mais il regardait le coffret sous toutes les coutures avant de s'exclamer.
- J'avais vu juste.
- Quoi? fit Hermione.
Elle le vit enclancher un bouton escamotable sur le coffret et quelque chose de fin en sorti alors: une baguette magique.
- Au moins on est pas totalement désespéré.
- Bon tout le monde se souvient ?
- Il y a du sort de dissimulation, de la potion, de la rune, des plantes et du vaudou.
- Passe la baguette Luc, fit Delphine. Je brise le sort de dissimulation. Faut de la précision façon médicale.
Luc tendit alors la baguette et Hermione vit Delphine agiter la baguette, sans aucun effet, puis recommencer autrement sans effet non plus.
- Et bien...
- T'es rouillée ma vieille, fit Luc.
- Ta gueule toi... Bon et celui-ci...
Suite à un troisième mouvement de baguette, il se passa quelque chose, un film d'invisibilité tomba tel un rideau de douche qui se décroche. Apparût alors un immense coffre, entouré d'une plante, orné de runes et des plus effrayant.
- Ok... fit Coralie, il y a toutes les sécurités qu'on pensait.
Hermione s'approcha alors doucement du coffre observant sa disposition. La plante, le fameux Arbor Incubus, semblait être la première sécurité à enlever, il existait un flacon en dessous puis les runes. Un vrai système de logique.
- Donc la plante d'abord, fit Hermione. Mais ça va pas être simple.
- Pour ? demanda Delphine.
- Si on détruit trop fortement la plante, on détruit ce qu'il y a en dessous.
- Envoie la baguette, fit Luc.
Delphine lui donna alors la baguette et Luc la brandit vers la plante.
- Luc, fais attention au flacon, lui rappela Hermione.
- Je sais, t'en fais pas. Aurora Tenebrae!
Luc lança alors un sortilège de flammes, Hermione avait envie d'hurler de colère sur son petit ami vu qu'elle venait de lui dire de faire attention mais étrangement, les flammes qui apparurent ne devorèrent que la plante. De plus, elle n'était ni orangée ni violettes, comme celles qu'elle même avait déjà lancée mais bien noires comme les ténèbres. La plante se tortilla alors et disparut en poussière.
- C'était quoi ça ? fit Hermione.
- Des flammes qui ne dévorent que les formes de vies. Elles épargnent totalement ce qui n'est pas biologique.
- Bizarre, fit Hermione.
- Et t'as appris ça où ? fit Delphine.
- Traîner un an avec des criminels apprend certaines choses utiles.
Hermione comprit alors qu'il avait appris cela durant son année d'infiltration. Elle allait réfléchir à l'action suivante lorsque le coffre remua.
- Oulala... Y a bien un truc vivant dedans, fit Coralie.
- Tout à fait normal... fit Delphine. La suite?
- Je dirai les runes, fit Hermione.
- Ah enfin mon domaine, fit Coralie.
Celle-ci tourna peu à peu autour du coffret en cherchant les diverses runes et semblait réfléchir à plein régime.
- Tu trouves ? fit Luc.
- Ta gueule, je réfléchis...
- Ha les hormones...
- Arrête, fit Hermione en lui donnant un coup de coude.
Coralie marmonnait en tournant autour et finit par regarder le groupe.
- Hermione viens avec moi.
Hermione s'approcha alors et regarda où lui indiquait Coralie.
- Là il y a la rune de la vie, par là-bas celle de la mort.
- Oui, mais la mort n'est pas sous la forme courante.
- Je pense que si tu réunis les deux runes, tu obtiens...
- La rune de l'immortalité... Bien vu... On appuie sur les deux en même temps.
Les deux jeunes femmes prirent position et se baissèrent alors.
- À trois, fit Coralie.
- Attends, fit Luc. À trois ou à trois et on y va?
Delphine se mit alors à rire en regardant Luc. Hermione ne saisit pas la raison immédiatement et Coralie non plus visiblement.
- Référence moldue... l'arme fatale, expliqua Luc.
- Je n'aime pas les films d'action, fit Hermione.
- Ok...
- Sinon à trois et hop ok? fit Coralie.
Sous le signe de tête d'Hermione, Coralie entama le décompte et elles appuyèrent sur les runes correspondantes. Un bruit magique et une vibration firent disparaître les runes.
- Et voilà Hermione, l'intelligence supérieure des femmes a triomphé.
- C'est toi qui a trouvé Coralie.
Cela faisait donc une sécurité de plus de désactivée, il ne restait que la petite fiole de potion, un coup de Severus Rogue sans aucun doute.
- Bon c'est quand même simple non? fit Luc.
- Disons surtout que tous ensemble on se débrouille bien, moi je sais pas pour les plantes combien de temps j'aurais mis pour trouver une solution.
- Et moi et les runes ça fait deux, ajouta Delphine.
- Ils misaient sur Hyunkel seul, donc pas forcément doué dans tous les domaines.
- Bon, fit Hermione, voyons la fiole...
- STOP! Hurla Delphine.
Hermione se figea en regardant Delphine avec énormément de circonspection, pour quelle raison l'avait-elle donc arrêtée?
- Vous oubliez la dernière victime.
- Et? fit Coralie.
- Du vaudou forcément...
Hermione recula alors du coffre, cela allait devenir problématique. Les rituels vaudous étaient nombreux et elle savait pour avoir déjà interrogé Écaillon sur ce point là qu'il était impossible de savoir quel rituel était apposé.
- Bon, fit Luc, tout repose sur toi désormais.
- D'accord... Passe moi la baguette.
Hermione saisit alors la baguette et se figea en la regardant, elle connaissait cette baguette, c'était un fait mais d'où...
- Ça va? fit Luc.
- Cette baguette... je l'ai déjà vue...
- C'est la fameuse baguette de sureau? fit Coralie amusée.
- Non, idiote... Mais... Oh Merlin... C'est...
- Roulement de tambour... fit Luc.
- Arrête c'est celle de Jésabelle. L'ancêtre de Danielle, fit Hermione envers les deux femmes.
- Ok, ils sont sympas ils nous aident. Donc c'est à toi.
- Bon collez vous aux murs, on ne sait jamais.
Les trois autres membres de l'unité obéirent immédiatement à Hermione.
- Je vous conseille d'admirer, fit Luc, vous verrez pas ça souvent.
Hermione allait en effet tenter le vaudou à la manière de Jésabelle en faisant flotter la baguette. Peu à peu ses yeux se noircirent et la baguette se mit à flotter devant elle, comme dans les souvenirs familiaux. Elle écarta les bras et commença une litanie à l'esprit suprême :
- Ô Grand Maître, fondateur de l'existence ; grandes sont ta puissance et tes connaissances ; enlève en ce jour précis ; tout ce qui nous entrave aujourd'hui !
L'air dans la pièce se mit à vibrer, c'était puissant et impressionnant. Les membres d'Hermione eux-mêmes s'étaient mis à trembler tandis qu'un peu de sang perlait d'une de ses narines, la gauche précisément, faisant couler son sang gouttes à gouttes sur son chemisier, exactement au centre même de là où se trouvait son cœur. Autour du coffre, apparurent comme des mains désincarnées, qui se rejoignirent au dessus et, comme un enfant avec un sachet de bonbon, se mirent à déchirer l'air autour. Cela prit près de deux minutes, les tremblements d'Hermione ne cessant pas.
" Dépêche bon sang, je fatigue... Allez plus vite!!!"
Deux minutes de plus et les mains disparurent, leur besogne terminée. Hermione tomba alors à genoux rejointe par le reste de l'unité qui s'inquiétait de son état.
- Ça va Hermione ? Tu te sens comment ? fit Luc.
- Complètement vidée... Je suis épuisée et je serais même incapable de faire un simple sortilège.
- Faut te reposer maintenant, fit Coralie.
- Je vais t'aider à te lever, fit Delphine.
Delphine soutint alors Hermione pour l'amener près du coffre, il ne restait désormais qu'un cadenas et une fiole de potion.
- Bon, fit Luc en prenant la fiole dans ses mains.
Il détacha quelque chose de l'étiquette, une notice visiblement.
- Alors...
- Ça dit quoi?
- " Celui qui désire la clé obtenir, ingérer ceci en oubliant celui-ci, le conservant en l'usant t'obligeant à finir en mourant". C'est joyeux.
- Ça c'est du Professeur Rogue tout craché, fit Hermione.
- Oublier le désir ? C'est impossible, fit Coralie.
- Il doit y a un message caché.
- Une question de logique? fit Luc. Non rhétorique...
Hermione essayait de décrypter le message, celui de la pierre philosophale était plus simple. Elle vit alors Luc déboucher la fiole.
- Luc... tu fais quoi là ? fit Hermione inquiète.
- Moi, ben je bois...
- T'es dingue, on a pas encore saisit le message.
- De toute façon la question se pose pas.
- Hein ? fit Coralie.
- Oui, toi t'es enceinte, on évite les risques inutiles. Hermione, vous avez besoin de son cerveau.
- Il reste moi, fit Delphine.
- Hum oui mais je suis gentleman alors... Santé !
- LUC! fit Hermione en le voyant avaler le contenu de la fiole.
Hermione n'arrivait pas à croire qu'il prenne immédiatement un tel risque sans réfléchir. Au bout d'à peine quelques secondes, Luc se mit à tousser nerveusement.
- Luc merde!
- Respire, fit Delphine.
- Putain de merde, fit Coralie.
Les trois jeunes femmes semblaient paniquer tout à coup, la toux se faisant plus rauque.
" Non non... Luc... mais qu'est-ce que tu as fait... Merlin..."
Soudain, la toux s'arrêta et Luc écarquilla les yeux, puis se pencha en avant comme pour régurgiter quelque chose. Il enleva la main de sa bouche et dévoila une clef transparente, comme celle pour accéder aux souterrains.
- Une clé ? fit Coralie.
- Tu vas bien? s'inquiéta Hermione.
- Je hais ton professeur...
- C'était quoi la solution ?
- Conserver le désir en l'usant et finir en mourant. De la rhétorique, il faut désirer obtenir ce qu'il y a dans le coffre mais pas vouloir s'en servir.
- C'est particulier.
- La meilleure sécurité, fit Delphine.
- Ha bon? fit Coralie.
- Oui, confirma Hermione, Hyunkel désire s'en servir et ne peut l'obtenir.
- Nous on veut le détruire.
Luc enfonça alors la clef à l'intérieur de la serrure et les deux tombèrent alors en poussière. À peine la serrure avait-elle disparu que le couvercle du coffre explosa dans une gerbe d'éclats de bois.
- Bordel...
- Il s'est passé quoi? fit Coralie.
- Je sais pas, fit Delphine en s'approchant du coffret. Hey il est vide...
- Quoi? fit Hermione. Ho non...
Tout le monde se mit à chercher dans la pièce légèrement inquiets, après tout ils n'avaient qu'une baguette pour quatre. Hermione regardait chaque recoin de la pièce et vit Luc aller chercher le coffret de transport pour essayer peut-être d'y enfermer ce qui venait de disparaitre. Hermione entendit un cliquetis et regarda Delphine qui pencha la tête sur le côté.
- J'y crois pas...
- C'est pas vrai... ajouta Hermione.
Les deux jeunes femmes levèrent les yeux au plafond et il était là. Il en avait la forme caractéristique, et il battait même, c'était clairement un cœur. Mais comme dans le conte pour enfants, des poils avaient poussé sur le cœur le recouvrant intégralement. C'était d'ailleurs grâce à ces mêmes poils que le cœur semblait de déplacer au plafond.
- Par le caleçon sale de Merlin! fit Delphine.
" Je le verrai pas de mes propres yeux que je n'y croirais pas... Quoique même en le voyant..."
Tout à coup, le cœur se jeta sur Delphine, sur la poitrine exactement.
- Saloperie ! Hurla Delphine.
- Bouge pas... Expelliarmus, fit Hermione pour repousser le cœur.
Pourtant, ce fut le sortilège qui rebondit sur les poils quand le cœur s'en prit à Hermione, un de ses poils énormes tel une tentacule, vint frapper Hermione lui faisant lâcher la baguette tandis que Delphine finissait au sol.
- Pourquoi c'est aussi fort ce truc! Ha... Haaaaaaaaaaa hurla-t-elle alors.
- Delphine, fit Coralie.
- Il essaye d'ouvrir ma poitrine... enlève le vite...
Coralie tenta de le saisir et le cœur lui fit alors une large entaille sanguinolente sur son bras, lui faisant lâcher prise. Hermione voyait une immense tâche sanguinolente sur la poitrine de Delphine s'agrandir peu à peu, Luc cherchait la baguette.
- Coralie tire dessus...
- Hein.
- Tire le de sa poitrine.
Coralie s'avança encore et tira une fois de plus. Elle résistait aux coups que donnaient le cœur.
- Luc, prépare le coffret ! Lâcha Hermione.
Elle prit son élan et envoya alors un immense coup de pied à pleine puissance dans le cœur le faisant lâcher à la fois Delphine et Coralie. Elle le vit alors voler à travers la pièce. Il retomba au sol et se redressa à nouveau sur ses poils. Il allait revenir à la charge mais Luc se jeta sur lui avec sa veste dans les mains et l'enveloppa avant de le jeter dans le coffre, serrant celui-ci avec plusieurs attaches magiques.
- Saloperie...
- La vache...
- Hey Luc tu t'es pris pour Fabien Barthez ? fit Coralie.
- Très drôle...
- C'est qui? demanda Hermione.
- Le gardien de l'équipe de football française.
- Merci, je vais bien, fit Delphine en approchant.
Hermione découvrit alors l'étendue des dégâts, le chemisier de Delphine était lacéré comme sa peau tout autour de son propre cœur.
- Je devrais demander une augmentation... et une meilleure prime de risques, fit Delphine.
- Et dire qu'on va devoir se farcir le sorcier qui le veut...
- On aurait peut-être pas dû le faire sortir... fit Coralie.
- Si on veut attirer Hyunkel, on en a besoin.
- Dire que le conte disait vrai... fit Hermione.
Les trois autres la regardèrent alors surpris et toute la tension retomba quand tout le monde rit à cette évidence, après tout c'était son idée à elle.
Réponse review
Katymyny: ouais c'est dommage c'est que certaines ne mènent nulle part... lol. Par contre j'ai démarré Blood Honor, où Voldemort gagne, je sais pas si tu l'as lue ou commencée.
Sinon une idée a germé lors d'une énième insomnie. Je te donne vaguement le synopsis : Rose Weasley va entrer en cinquième année tout en ayant ras le bol d'être la fille modèle à sa maman et d'être harcelée par un blondinet transi. Lors d'une soirée mondaine avant la rentrée elle rencontre son parfait opposé, issus du passé de ses parents : Rigel Black, petit fils de l'oncle préféré de Sirius et qui ferait passer ce dernier pour un élève assidu. Elle va devenir plus dissipée (entre autres) tout en cherchant un mystérieux objet appartenant à Godric Gryffondor.
