Un message pour vous souhaiter à tous un joyeux Noël! Merci pour vos retours ces 3 derniers jours :) Bonne lecture!
Un bruit sourd fit émerger Hermione. Malgré le mal de tête persistant, elle fit un rapide bilan de la situation. Narcissa, la forêt, le froid, la lumière, la chute... Elle avait chaud, elle semblait en sécurité, et visiblement, elle n'était pas seule. Ouvrant péniblement les yeux, elle découvrit Malefoy accroupit près de l'âtre. Elle tenta de se redresser, et sentit un picotement qui lui arracha un gémissement : elle s'était ouvert la main en tombant. A ce bruit, Drago se redressa et lui dit :
- " Ca y est, tu es enfin réveillée ? Je ne trouve pas la poudre de cheminette."
Il fouillait les étagères, à la recherche du pot. Mais à la vue des objets présents, le lieu semblait appartenir à un moldu.
- "On est dans la cabane du gardien ? Comment on est arrivé ici ?"
- "T'es tombée, je t'ai ramassée. Je suis venu ici, c'était le plus proche, mais maintenant on est coincé, vu que ce satané hôtel bloque les transplanages." Il jeta de dépit une louche dans un seau.
Hermione se rappela soudain la raison de leur présence. "Merci. Tu as retrouvé ta mère ?" s'inquiéta-t'elle.
- "Non. On ne voit plus rien avec cette neige dehors. Tant que la tempête ne sera pas calmée, je ne peux rien faire." Il se laissa tomber dans le fauteuil. Sur ses traits, se lisait l'inquiétude d'un fils impuissant. Il regardait dehors, espérant sûrement que sa mère apparaitrait à la fenêtre. Hermione voyait pour la première Malefoy démuni, et cela lui serra l'estomac, imaginant sa peur. Depuis qu'elle était arrivée, elle voyait un aspect de sa personnalité qu'il ne montrait jamais. Après un long moment de silence où elle était perdue dans ses pensées, Drago prit la parole :
- "Arrête de me regarder comme ça Granger, je ne suis pas un veaudelune en détresse... Ça va ta tête ?"
- "Oui, mais je me suis ouvert la main. Tu pourrais arranger ça avec ta baguette ? Je n'arriverais pas à tenir la mienne correctement pour le faire seule."
Drago sortit sa baguette et la coupure se referma, nette, ne laissant qu'une fine cicatrice. Il avait du talent, c'est certain, mais Hermione ne l'admettrait pas. Elle se contenta d'un simple merci, et se leva. Elle entreprit de fouiller dans les placards, à la recherche de quelque chose à manger. Drago la suivit du regard, mais ne remua pas.
- "Tu m'aides Malefoy ? Je cherche à manger."
- "Y a des pâtes, là." Il montra du doigt une étagère, trop haute pour elle.
- "Accio Pâtes". Le paquet arriva dans les mains d'Hermione, qui, saisissant une marmite, essaya en vain d'ouvrir le robinet. L'eau avait été coupée, sûrement pour éviter aux canalisations d'exploser à cause du froid. Elle marmonna "Aguamenti", et la marmite se chargea d'eau. Drago se décida enfin à participer. Il récupéra deux assiettes ébréchées, dénicha deux fourchettes et deux verres.
Quelques minutes plus tard, le repas de fortune fut prêt. Ils placèrent quelques bougies sur la table, et commencèrent à manger. Hermione brisa le silence.
- "Merci pour le sauvetage, tout à l'heure." Drago ne répondit pas mais sa fourchette marqua une légère pause à l'entrée de ses lèvres. "Tu étais déjà venu ici ?"
- "Je venais jusqu'ici avant, mais je n'étais jamais rentré. C'est plus sale que je ne le pensais." Dit-il, regardant autour de lui.
- "Tu venais avant, plus petit tu veux dire ? " Hermione se rappela les propos du directeur, sur le fait qu'il le connaissait. "Tu viens ici chaque année ?"
- "Presque. Ca faisait trois ans qu'on était pas venu. La dernière fois, mon père était là." Il se tût, car c'était un sujet qu'il ne souhaitait pas aborder avec elle.
Hermione perçut son trouble. Elle posa une question qui lui brûlait les lèvres : "Est-ce que c'est pour ça que tu voulais absolument la suite de mes parents, parce que vous venez ici chaque année en famille ?"
Drago la regarda, sans rien dire, et hocha la tête. Hermione comprenait les traditions, toutes les familles en avaient. Drago avait perdu son père, et la suite était un moyen de se rapprocher de lui.
- "C'est plus pour ma mère. Ce n'est pas évident pour elle cette année." Il faisait allusion à l'enfermement de son père, six mois plus tôt, à Azkaban.
- "Et pour toi ? " Dès que ces mots avaient franchi ses lèvres, Hermione sut qu'elle était allée trop loin. Un peu agacé de la proximité qu'elle essayait de créer, il se leva et alla s'asseoir près du feu. "Je suis désolée, je ne voulais pas remuer le couteau dans la plaie."
- "Ca fait deux fois que tu es désolée Granger, va falloir arrêter de t'excuser à tout bout de champs" dit-il, sans se retourner. L'allusion à la scène de l'escalier était évidente.
Elle s'assit, à côté de lui, près du feu, les yeux lourds. Il commençait à se faire tard dans la nuit. Elle reprit : "Tu veux faire comment pour dormir ? Il n'y a qu'un canapé."
- "Je ne dormirai pas parterre, Granger."
Elle se leva et récupéra deux couettes, qu'elle posa au sol pour s'en faire un matelas rudimentaire.
- "J'aurai cru que tu te battrais un peu. C'est presque décevant. Allez, vient, on va se serrer, Hermione." dit Malefoy, soudainement redevenu joueur.
L'emploi de son prénom perturba Hermione qui eut la vision de Malefoy couché sur elle une nuit plus tôt. La boule au ventre revint. "Non, je vais me mettre près du feu, il y fait plus chaud." Ravie de l'excuse qu'elle avait trouvée, elle se retourna, dos à Malefoy.
- "Demain, on se lèvera tôt. On redescend vers l'hôtel récupérer des affaires, et je repars la chercher" dit Drago.
- "Je viendrai avec toi."
- "Pourquoi ?"
Hermione ne savait pas vraiment répondre à cette question. Elle éluda d'un "C'est normal d'aider." Elle resta allongée, ne trouvant pas le sommeil. Au bout de ce qui lui sembla une heure, elle entendit Malefoy claquer des dents. Le feu couvait, et la température avait chuté. Résignée et privée de sommeil par ses frissons, Hermione prit les deux couettes et vient se coucher près de lui. Immédiatement, il se blottit contre elle, les mains glacées. Une fois emmitouflés et serrés l'un contre l'autre, il reprit un souffle régulier et se rendormit profondément. Hermione sombra elle aussi dans un sommeil profond, peu de temps après.
Elle se réveilla au petit matin, Drago dans son dos, un bras autour de la taille. Sa respiration était lente, mais trop irrégulière pour quelqu'un d'endormi profondément. Elle sentait son cœur battre, martelant son dos, lui rappelant sa proximité. Toute la nuit, ils avaient alterné de position, chacun cherchant la chaleur chez l'autre, "pour survivre", enfin ça, Hermione essayait de s'en convaincre. Quand son bras bougea et que sa main vint se poser sur sa hanche, Hermione sentit le souffle de Drago accélérer, et son propre souffle aussi. Incertaine, elle se retourna pour le lui faire face. Drago la regardait, les cheveux décoiffés. Ils étaient enlacés, chacun n'osant plus remuer d'un millimètre. Leurs bouches étaient proches, et les lèvres de Drago s'ouvrirent, penchant la tête vers elle. Ce fut cet instant que choisit une voix pour les interrompre. "Hermione, Drago !". Cette dernière tomba du canapé sous la surprise.
- "On est là !" cria Drago.
Hermione s'était fait mal en tombant, mais ce n'était rien comparé au froid qui s'était brusquement insinué en elle. Il ramassa vite son manteau et ses chaussures, et s'engouffra par la porte, qui resta béante. Se couvrant rapidement, elle jeta un regard dans la pièce voir si rien n'avait été oublié. Elle eut un dernier regard pour les assiettes dans l'évier, et pour ce canapé, témoin de son instant de faiblesse et de la frustration qu'il lui vrillait l'estomac. Elle sortit, la neige avait cessé et un grand soleil couvrait la vallée. Au loin, en contrebas, elle apercevait le toit de l'hôtel. Drago discutait avec leurs deux sauveteurs. Hermione reconnut un groom et Jack, l'ami du Nevada. Ce dernier envoya une gerbe d'étincelles vertes en l'air, signe qu'ils les avaient trouvés.
- "Hermione, ça va ? Tes parents sont très inquiets. Ils vont nous rejoindre en bas."
- "Oui, ça va " dit Hermione d'une voix blanche. "Et Narcissa, vous l'avez trouvée ?"
- "Oui, ils l'ont trouvé, elle était descendue vers le village, et elle a trouvé refuge chez son amie " dit Drago, visiblement soulagé.
Ils se mirent en route, et Drago n'adressa pas un regard à Hermione. Celle-ci se gifla mentalement : que pouvait-elle attendre d'autre de lui ? C'était Malefoy après tout, il jouait avec les gens. Elle s'était fait avoir. Honteuse et en colère, elle ne prononça pas un mot jusqu'à franchir les portes de l'hôtel. A leur arrivée, des clameurs s'élevèrent dans le hall. Ses parents se précipitèrent vers elle, la serrant dans leurs bras. Après les avoir rassurés, elle alla remercier ses sauveteurs. Jack tenait dans ses bras le petit Charlie.
- "Merci à vous, pour ce matin."
- "Nous n'avons pas fait grand-chose, vous avez eu raison de vous arrêter là. J'espère que vous n'avez pas eu trop froid. La cabane de Romeo est là depuis toujours, d'autant que je me souvienne..."
- "Romeo ? Le gardien s'appelait Romeo ?" L'ironie de la situation la frappa.
- "Non, il s'appelait Fred, mais on la surnomme comme ça car c'était la cachette des amoureux dans mon temps. Teresa et moi, eh bien, nous y allions parfois... " dit-il, avec un sourire complice.
- "Oh, je vois !" Hermione rougit légèrement. Elle le remercia une fois encore et s'éloigna. Narcissa l'aperçut et se dirigea vers elle.
- "Hermione Granger ? Je voudrais vous remercier, toi et tes parents. Nous n'avons jamais eu l'occasion de parler, mais Drago m'a dit que tu étais une brillante sorcière, si j'en crois les menaces qu'il lance à la maison !" Elle lui fit un clin d'oeil. "Merci à toi, vraiment. "Au bout du hall, Drago l'attendait. Il la prit par le bras et disparut avec elle dans un couloir.
Elle rejoignit ses parents.
- "On va aller manger, comme hier nous étions tous inquiets, nous n'avons pas réveillonné. Tu te joins à nous ?"
C'est vrai, on était le 25 ! Elle en avait oublié Noël. Elle monta rapidement se changer et récupérer ses cadeaux, puis descendit vers la salle de repas. Une partie de la salle avait été redressée pour accueillir les manquants de la veille, qui s'assirent autour d'une grande table tous ensemble. Les entrées étaient déjà apparues, mais Hermione avait du mal à manger. Elle se força à prendre un peu de foie gras, plaisantant avec ses voisins de table, et s'acharna à rentrer dans l'ambiance. La chaleur, les rires et le vin finirent par l'emporter. Quand vint l'heure d'ouvrir les cadeaux, elle reçut plusieurs présents dont une bougie qui brûlait même mouillée, des sels et des crèmes qui faisaient la peau douce et pensa au bain chaud qu'elle allait prendre en arrivant dans sa chambre. Il en restait un dernier qu'elle n'avait pas ouvert, emballé soigneusement dans un papier de soie bleu. Celui-ci portait les armoiries de l'hôtel. En l'ouvrant, elle découvrit un soldat de bois, semblable à ceux près du sapin.
- "C'est une tradition" dit une voix derrière elle.
Alfred Withers se tenait derrière elle. "Chaque année, nous offrons à chacun des éléments du décor de Noël, une boule, un personnage, une couronne... Ils sont faits spécialement chaque année pour nous, et nous honorons les clients présents ce jour-là en leur permettant de partir avec un souvenir. Mais je dois avouer que chaque année, je garde l'étoile pour moi !" ajouta-t-il, en baissant la voix, complice.
- "Merci infiniment, il est magnifique. J'en prendrais soin !"
- "Ravi qu'il vous plaise. Je voulais vous remercier pour l'aide que vous avez apporté aux recherches lors de la disparition de Mme Malefoy. Peu de gens se seraient impliqués ainsi."
- "Je connais la détresse que l'on peut ressentir en étant loin de ses proches." Hermione repensa à l'époque où elle avait été séparée de ses parents, sous l'emprise du sortilège d'Oubliettes. "Au fait, merci pour votre invitation au bal. Je suis très contente d'y participer. Il faut juste que je me trouve une tenue !" dit-elle en riant, dissimulant son pincement au cœur en pensant à sa merveilleuse robe.
- "Ah, et avez-vous trouvé un cavalier ?"
- "Non, je n'ai personne en vue" répondit-elle, un peu amère. "De toute façon, je n'ai pas besoin de cavalier pour m'amuser !"
- "Vous avez raison, mais vos prétendants seraient bien avisés de se précipiter pour vous y inviter ! Je vais vous abandonner Mademoiselle Granger, et une fois encore, je vous souhaite un joyeux noël !"
- "A vous aussi, Mr Withers!"
Le reste de la journée s'écoula rapidement. Elle descendit au spa de l'hôtel se faire masser, histoire de se délier les épaules. Ces vacances étaient tout sauf reposantes. Drago était toujours présent dans un coin de son esprit. La vulnérabilité dont il avait fait preuve la nuit dernière ne lui ressemblait guère. En tout cas au Drago qu'elle connaissait. Il pouvait avoir feint d'être sensible, mais elle en doutait. Cela dit, elle n'était pas prête à assumer l'étrange connexion qui se développait entre eux.
La masseuse sortit de la pièce. Les épaules d'Hermione avaient été violentées, mais elle ressentait déjà le relâchement de ses muscles. Un peu endormie, elle se dirigea vers le solarium, s'allongea et ferma les yeux quelques instants.
- "Hermione ? Réveille-toi, Hermione !"
- "Laisse-moi Drago..." Elle ouvrit lentement les yeux, mais elle s'était trompé d'interlocuteur.
A côté d'elle, debout, se tenait Max, le garçon de la boutique. Il était à moitié nu, une serviette lui tombant sur les hanches. Il était musclé, et une fine ligne de poils descendait sur son ventre. Le regard d'Hermione remonta, et elle rougit légèrement et en voyant le grand sourire qui ornait son visage. Vérifiant inconsciemment que son maillot de bain était encore bien en place, elle tenta de se donner contenance.
- "Max ? Que fais-tu là ?"
- "Je profites du spa. Ma sœur m'a filé son pass!" Il lui fit un clin d'oeil. "Adorable", pensa Hermione.
- "Ta sœur ? Elle travaille ici ?"
- "Non, elle est de passage avec son mari et son fils. Elle s'appelle Teresa, tu l'as peut-être déjà rencontrée..."
- "Teresa du Nevada ? Si c'est elle, oui, mes parents ont sympathisé avec eux. Jack m'a aidé ce matin."
- "Oui, c'est elle. J'ai oublié de te le dire l'autre jour, et quand je suis revenu, tu avais filé."
Hermione pensa soudain à la robe.
- "Et j'ai loupé le transport. Je suis revenue sur mes pas, et je n'ai jamais retrouvé la boutique... La robe blanche a été vendue ?" demanda Hermione, pleine d'espoir.
Max réfléchit deux secondes, mais répondit qu'il ne savait pas, il n'était pas passé à la boutique depuis qu'il s'y était croisés.
- "Je vais me renseigner, ne t'inquiète pas !"
- "Merci Max. Il commence à faire un peu froid, je vais aller m'habiller. Tu restes un peu ?"
- "Je vais profiter du sauna. Dis, Hermione, ça te dirait d'aller boire un verre tout à l'heure, au bar de l'hôtel ?"
- "Euh, oui, avec plaisir !"
Après s'être donné une heure, Hermione sortit du spa, le cœur léger. La soirée promettait d'être intéressante...
