- "Mademoiselle Granger ?" Hermione s'était levée tôt pour aller se balader en forêt, profiter de la nature. La réceptionniste l'interpella alors qu'elle traversait le hall d'entrée. "Vous avez reçu une lettre."
Hermione reconnut l'écriture brouillon de Harry. Après l'avoir remerciée, elle rejoignit son père qui l'accompagnait. Ils prirent le sentier de la montagne, en suivant les balises. Une promenade de quatre heures s'annonçait. L'air était frais et sec, la neige avait un peu fondu, si bien qu'ils pouvaient marcher sans trop lever les genoux. Le ciel d'un bleu intense contrastait avec les sapins verts et leurs branches lourdes de neige. Hermione aimait marcher avec son père. Avare de mots, il ne parlait que quand c'était nécessaire. Et là, Hermione appréciait le silence qui lui permettait de recentrer ses pensées.
Franchissant une colline, la vue sur la vallée lui coupa le souffle. Le village de Capworth se dressait fièrement, au cœur des montagnes. Une quiétude qui contrastait avec sa tempête intérieure. Il s'était écoulé moins d'une semaine depuis qu'elle avait quitté son dortoir, et cela lui semblait une éternité.
Encore chamboulée des évènements de la veille, elle ne voyait que le regard de Drago et la fureur qu'il lui renvoyait. A quoi jouait-il ? Et Max, qui l'avait embrassée. Elle sourit, touchant inconsciemment ses lèvres. Perdue dans ses pensées, elle n'entendit pas son père la rejoindre.
- « C'est superbe », dit-il, admirant le paysage.
- « Une carte postale, s'il n'y avait pas nos pas dans la neige immaculée »
- « Parfois, l'imperfection rends les choses plus belles et plus vraies, tu sais. »
Les paroles de son père la touchèrent en plein cœur. Dans le chaos des derniers jours, elle s'était sentie appréciée, désirée, vivante. Rassérénée, ils se remirent en route d'un bon pas alors que le soleil se levait haut dans le ciel, indiquant l'heure du repas.
Pénétrant dans la grande salle, elle fut accueillie par des cris d'enfants, qui provenaient sans aucun doute des cordes vocales du petit Charlie. S'approchant, elle vit Teresa essayer de le calmer alors que Jack rampait à quatre pattes sous les tables.
- « Allons, nous allons le retrouver, calme-toi, chut, chut » Teresa berçait son fils dans ses bras, mais il redoubla ses cris.
- « Que se passe-t-il ? »
- « Charlie a perdu son jouet préféré, il est inconsolable. Jack le cherche depuis 20 minutes, mais je pense qu'il l'a perdu au village hier après-midi. Comme il dormait, nous n'avons pas vérifié en repartant. »
- « Je peux peut-être vous aider. Qu'est-ce que c'est ? »
- « Une figurine. Tu l'as peut-être déjà vue, il la traine partout avec lui. »
- « Je vois, je vais essayer de le trouver. » Sortant sa baguette, elle prononça un « Accio jouet de Charlie », puis attendit quelques instants. Très vite, elle se rendit compte que le jouet n'était pas dans les murs, et hors de portée de l'hôtel.
Charlie s'égosillait de plus en plus, alertant tout l'hôtel. Une boule s'écrasa derrière Hermione. Jack avait heurté le sapin de Noël et une boule s'était décrochée. Une idée traversa son esprit. Courant à toute vitesse, elle se précipita vers sa chambre, plongea la main dans sa valise et attrapa un paquet. Revenue à la salle, elle l'ouvrit et tendit son soldat de bois qu'elle avait reçue à Noël. Les cris cessèrent immédiatement, et Charlie sembla content, de même que les autres clients.
- « Merci infiniment Hermione ! » s'écria, soulagée, Teresa.
Jack, courbaturé, s'affala sur une chaise. Sa mère, qui était arrivée entre temps, la prit dans ses bras, et son père lui sourit.
- « J'ai bien cru qu'il ne s'arrêterait jamais » plaisanta Max, qui se tenait en retrait.
Hermione lui sourit. Il était venu manger avec sa sœur avant le cours de danse. Ils proposèrent de déjeuner tous ensemble. Hermione suivit Max au buffet. Il se pencha vers elle et lui dit :
- « C'était vraiment gentil. Ma sœur t'aime beaucoup, et moi aussi. » Il rougit, et Hermione fit de même.
- « Merci », dit-elle en souriant, peu sûre de ce qu'elle ressentait jusqu'à présent.
Max ne releva pas ou ne le montra pas. Ils retournèrent s'asseoir et ils prirent place, côte à côte. Hermione se sentait bien et à l'aise, jusqu'à ce que Drago entre dans la salle et s'installe. Elle savait que Max l'avait vu, car elle le sentit se crisper légèrement à côté d'elle. Ne sachant si c'était pour se rassurer ou le rassurer, elle lui prit la main sous la nappe et ils se détendirent.
- « Alors Hermione, c'était bien la balade avec ton père ? » demanda sa mère.
- « Très bien, la région est magnifique », soulagée de la distraction.
- « Où êtes-vous allés ? » demanda Jack
- « Nous sommes montés jusqu'au sommet, admirer le paysage. »
Sous la table, Max caressait sa main qu'il n'avait pas lâchée. Hermione sentit soudain ses joues rosir et lui adressa un sourire complice.
- « Et c'est à quelle heure ? »
- « Hein ? Pardon ? » Hermione avait décroché de la conversation.
- « Le cours de danse, Hermione » lui demanda sa mère.
- « 14h, madame Granger » répondit Max.
- « Vous feriez mieux d'y aller alors », indiquant l'horloge dont la grande aiguille bascula sur le 50. « Il reste 10 min avant que cela ne commence. » Elle lui fit un clin d'œil.
- « Oui, allons-y, Max. »
Ils lâchèrent leurs mains, se levèrent et s'éclipsèrent poliment.
- « C'était sympa » lança Max.
- « Tu peux le reconnaître, ma mère est très discrète.» rit Hermione.
- « Oui, c'est vrai » pouffa Max, « mais je parlais de te tenir la main ». Hermione sourit.
Décidemment, ce n'était pas un Noël comme les autres.
Poussant les portes de la grande salle, ils trouvèrent quelques clients qui discutaient ensemble. Joe, le meilleur ami de Max, se tenait à côté d'une jolie rousse. Drago et Mia se tenaient à l'écart et parlaient à voix basse, mais la discussion semblait animée. Lorsque Mia croisa le regard de Max, elle se tût et détourna la tête. Le professeur, un homme assez jeune, rassembla tout le monde au centre et prit la parole.
- « Bienvenue à tous. Je me nomme Rodrigo et je serai votre professeur cet après-midi. Le bal de Noël du Winterland Lodge est une institution dans la région, et y participer est un honneur. Je suis là pour vous enseigner les quelques pas, et votre talent fera la différence pour devenir le roi et la reine du bal ou rester leurs simples sujets. »
- « Un discours des plus motivants » murmura Max à l'oreille d'Hermione.
Elle pouffa discrètement, mais en levant les yeux, elle croisa le regard mi-furieux, mi-interrogatif de Drago. Les lèvres d'Hermione formèrent un « Quoi ? » auquel Drago répondit d'un coup d'œil envers Max. Ce dernier ne le vit pas. Elle haussa les épaules, et reporta son attention sur le professeur, en bonne élève.
Il forma les couples deux par deux, en ligne, puis commença à montrer les premiers pas. La danse ressemblait à une parade des années 1800, un contraste élégant entre la souplesse des pas des femmes et les mouvements plus brusques des hommes. Chacun s'observait à distance, et quelques instants après, ils furent autorisés à se tenir dans les bras.
- « Un, deux, trois, quatre, un, deux, trois, quatre… Mr Almond votre bras, plus haut s'il vous plait ».
Un jeune homme brun, un peu dégingandé, remonta brusquement sa main et sa cavalière rougit. Max et Hermione échangèrent un regard amusé.
- « Tu te débrouilles bien, Max » dit Hermione.
- « Merci, je m'entraine depuis longtemps. C'est la dernière année où je pourrais tenter ma chance, l'année prochaine, je serai trop pris par le travail. »
Soudainement, un cri transperça la salle. Mia était allongée au sol, se tenant la cheville, le visage tordu par la douleur.
- « Mia ! » Max se précipita à son chevet.
Drago se tenait à côté, et visiblement, l'évènement ne semblait pas l'affecter outre mesure. Max aida Mia à se relever, et ils sortirent de la salle en direction de l'infirmerie, non sans lancer un regard d'excuse à Hermione. Le calme revint, et Hermione réalisa qu'elle se trouvait désormais sans cavalier.
- « Mr Malefoy, vous vous mettez avec Mademoiselle Granger, merci. Reprenons. »
Drago approcha d'un pas souple et prit Hermione par la taille avant qu'elle n'ait eu le temps de réagir.
- « Bouge tes pieds » siffla Drago
Hermione mit quelques instants à reprendre ses esprits, et commença se mouvoir. Drago savait ce qu'il faisait.
- « Tu sais danser » constata Hermione, surprise.
- « Ça te surprend ? »
- « Un peu, je n'aurais jamais imaginé cela de toi » admit Hermione.
- « J'ai appris jeune. Nous avions souvent des réceptions à la maison. »
Drago fit tourner Hermione et la ramena contre lui, proche, très proche de lui. Il était plus grand qu'elle, et sa tête n'était qu'à quelques centimètres de la sienne.
- « Est-ce que tu sors avec lui ? » interrogea Drago.
- « C'est encore trop frais pour répondre », répondit sincèrement Hermione. Un éclair passa dans les yeux de Drago. « Et toi, Mia ? Est-ce que tu la vois souvent, Drago ?» Hermione ne perçut pas le frisson qui traversa l'échine de Drago à la prononciation de son prénom.
- « Elle est… Intéressante. Et pas de mauvaise compagnie quand Max n'est pas dans le coin. »
- « Pourquoi êtes-vous brouillés tous les deux ? » demanda Hermione.
La musique s'était arrêtée, mais Drago et Hermione ne s'en étaient pas rendus compte. La voix de Rodrigo les ramena sur terre.
- « Le cours touche à sa fin. Merci à tous d'être venus. Je vous donne rendez-vous le 31 ici même. »
Quelques danseurs se dirigèrent vers le professeur pour obtenir quelques conseils supplémentaires. Hermione sentit quelqu'un lui saisir la main. A ses côtés, Drago lui souffla : « Viens avec moi ». Elle n'hésita pas longtemps et ils sortirent de la grande salle, ensemble.
Ils traversèrent en courant le hall d'entrée, et entrèrent dans la bibliothèque de l'hôtel. Hermione ignorait si Drago avait choisi cet endroit par hasard, mais il avait choisi le seul endroit où elle se sentait totalement en sécurité. Mais pas vraiment le meilleur pour parler. Comme pour répondre à cette problématique, Drago sortit sa baguette et lança un maléfice de surdité sur les quelques clients présents et la bibliothécaire. Ils étaient à présent seuls à s'entendre.
Elle s'assit dans un fauteuil de velours rouge, et Drago fit de même en travers du siège en face. Un silence gêné s'installa.
- « Tu as fini le Marchand de Venise ? » dit-il, pour briser le silence.
Les livres, un terrain familier. Hermione relâcha un peu la tension dans ses épaules.
- « Pas encore. Dis-moi, pourquoi m'avoir parlé de ce livre ? »
- « Je l'aime bien. Il était très en avance sur son temps. Et puis, encore aujourd'hui, on peut y voir plein de références. »
- « Tu parles de la guerre de religions ? Un parallèle entre sorciers et moldus ? »
L'œil de Drago brilla d'un éclat soudain. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas eu de conversation aussi stimulante. Il reprit :
- « En effet. Shylock, bafoué par la chrétienté, tente de se venger de tous les déshonneurs qu'il a subi en demandant justice. Il y a deux visions de cette pièce : l'antisémite, celle où Shylock étant donné son statut de juif, est vu comme un avare sans cœur. Et l'autre, que je préfère : celle où on comprend ses raisons, et qui, de nos jours, s'apparenterait à une forme de revanche. »
- « Comme toi. Comme la revanche que tu attends sur ceux qui s'en sont pris à toi. » dit Hermione.
Le silence se prolongea. Drago semblait peser ses mots.
- « Oui. Tu me vois bien comme un ennemi, prêt à tout pour écraser les autres. Je me vois plutôt comme quelqu'un qui veut être le meilleur parce que je le mérite. »
- « Je ne te vois pas comme un ennemi. Mais je reconnais que tu es un adversaire intéressant. » admit-elle en haussant les épaules.
Drago eut un léger sourire.
- « Merci de ta franchise. »
La conversation continua d'un ton léger, anodin. Ils parlèrent ensuite de Romeo et Juliette.
- « Les Montaigu et les Capulet, quelles familles. Incapables de s'entendre. On dirait Serpentard et … »
- « Gryffondor. Oui, je sais. » l'interrompit Hermione. « As-tu fini de le lire ? »
- « Non, je suis au passage où Frère Laurent espère que le mariage des deux amants va réunir les deux familles. Quel idiot. Comme s'il suffisait de quelques baisers pour atténuer une rivalité aussi grande. »
Hermione eut la vision du baiser qu'ils avaient échangé dans sa chambre. Elle ferma les yeux quelques secondes, pour reprendre contenance. En ouvrant les yeux, elle croisa ceux de Drago qui étaient rivés sur ses lèvres, qu'elle mordillait inconsciemment. Hermione aurait pu jurer qu'il pensait à la même chose.
- « Oui, en effet. Quel idiot. » conclut Hermione, attendant une réaction de sa part.
Les yeux de Drago s'étaient assombris. Hermione se leva et se dirigea vers un rayon de livres pour leur échapper. Elle avait déjà cédé une fois, elle ne recommencerait pas. Surtout quand elle repensait à comment tout s'était fini : en larmes, revivant encore et encore la scène, mille questions tournant dans son esprit.
Drago, lui, devait savoir. Il se leva, et la rejoignit dans le rayon. Elle était dos à lui, ses longs cheveux tombant dans son dos. Il n'avait jamais admis le temps qu'il passait à la regarder. Enfin, il l'avait vue, dans son pyjama de soie, et s'était surpris à l'espionner quand il venait à la croiser au détour d'un couloir, mais maintenant, il se rendait compte que ces moments s'étaient multipliés ces dernières années. Elle était si différente par rapport à Poudlard. Plus détendue, moins cernée par les deux blaireaux qui lui servaient de gardes du corps, et qu'elle devait materner. Elle était une femme mordante, cultivée et intéressante. Trop butée et miss je-sais-tout. A sa portée et insaisissable.
Elle tressaillit, sentant sa présence, mais ne se retourna pas. Elle savait que si elle le faisait, elle acceptait d'admettre que Drago ne lui était pas indifférent. Elle entendit le crissement de la moquette, signe qu'il approchait. Si proche maintenant qu'elle sentait son souffle dans son cou. Comme dans l'ascenseur. Elle avait une décision à prendre, mais Drago toucha sa main et elle sut qu'elle l'avait déjà prise. Elle se retourna et attrapa son visage entre ses mains, et ils scellèrent leurs lèvres.
Le baiser n'avait rien à voir avec ce qu'elle avait imaginé. Doux, comme le moment passé dans la cabane, violent, comme celui passé dans sa chambre. Il était incroyablement délicat, mordillant la lèvre d'Hermione, une main caressant ses cheveux et une main sur sa taille.
Drago n'avait jamais embrassé une femme comme cela. Il prit conscience de l'attente qui avait été la sienne. C'est comme si tout se mettait en place, toutes les disputes, les batailles, les provocations, tout n'avait été que pour l'avoir quelques secondes pour lui. Les carillons sonnèrent 19h et firent éclater leur bulle. Il fut soudainement submergé par la peur.
Il mit fin au baiser, et déjà cet instant s'éloignait. Un froissement de tissu, et Drago lança un « Oubliettes ». Lorsqu'Hermione ouvrit les yeux, elle était seule. Seules quelques lumières filtraient à travers les rayonnages, plongés dans la pénombre. Tout doucement, le bruissement du papier vint effleurer ses oreilles. Elle toucha ses lèvres, sans pouvoir se rappeler pourquoi elles étaient si rougies. Elle se sentait étrangement complète, sereine, mais elle ne parvenait pas à se rappeler de la raison de sa présence dans les rayonnages.
Elle revint vers les fauteuils, retrouver Drago, mais celui-ci n'était plus là. Il avait dû partir alors qu'elle s'était éloignée. L'horloge du hall retentit, elle indiquait 19h15. Il était l'heure de rejoindre ses parents pour manger.
Elle grignota quelques légumes et une part de tarte, puis monta vers sa chambre. En rangeant son manteau qu'elle avait jeté sur un fauteuil en rentrant de sa balade, la lettre de Harry glissa sur la moquette. Elle décacheta l'enveloppe, et s'installa confortablement.
Salut Hermione,
Joyeux Noël ! J'espère que tes vacances se passent bien. Tes parents vont bien ? Tu leur passeras le bonjour. L'hôtel est-il aussi bien que tu l'avais imaginé ? La nourriture aussi ? (Désolé, Ron veut savoir). J'espère en tout cas que tu as bien fêté, et que tes révisions avancent. D'ailleurs, est-ce que tu connaîtrais un sort qui fait grandir les vêtements ? Mme Weasley a fait un très gros repas de Noël, et je ne peux plus voir de gâteau sans avoir la nausée. C'était très bon quand même, et j'espère que le Quidditch va m'aider à éliminer. Dean est arrivé, on joue beaucoup, et le soir il aide Ginny à réviser, mais ça n'a pas l'air très sérieux, on les entend beaucoup rire. « Oh Harry », pensa Hermione. Elle reprit la lecture.
Tu nous manques beaucoup, j'ai hâte de te revoir à la rentrée. Histoire que tu cloues le bec à la fouine, quand il verra tes résultats ! Aucun doute qu'il sera vert Serpentard de jalousie, haha (N'écoute pas Ron quand tu le verras, le jeu de mots est de moi !).
Tu as les bisous de tout le monde ici, à bientôt Hermione !
Bisous, Harry.
Ron avait également griffonné un joyeux Noël dans un coin du parchemin. Elle replia la lettre et la glissa dans sa table de nuit. Après sa discussion avec Drago ce soir, aucun doute qu'il était un concurrent sérieux. Mais elle n'était plus aussi convaincue que le voir enrager lui ferait le même effet…
Au même moment, Drago prenait l'air, penché à son balcon. Il l'a vit sortir, admirant la vue, une étole sur les épaules. Elle semblait soucieuse. Quand la lumière de sa fenêtre s'éteignit, il relâcha sa respiration. Son exemplaire de Romeo et Juliette était étalé sur le lit. Il s'endormit longtemps après, revivant chaque instant de ce moment qu'il culpabilisait un peu de lui avoir volé.
