Hey les lecteurs, j'espère que ça va, voilà le troisième chapitre, espérant qu'il vous plaise !

Un grand merci à la première revieweuse de HBHE : Aalanna !


Musique recommandé : You were good to me - Jeremy Zucker


Cette réflexion se fit doucement et furtivement, et il fallut un certain temps avant qu'elle ne comprenne vraiment ; mais juste au moment où son esprit arriva à le comprendre et à le cultiver, les personnages des juges disparurent, comme par magie, de son imagination ; les grandes bougies fondirent dans le néant ; leurs flammes s'éteignirent complètement...

"Tu n'étais pas au match."

Elle entendit une voix qui la sortit rapidement de sa lecture de "Le Puits et le Pendule". Immédiatement, elle se retourna pour regarder le visage de Draco Malfoy, visiblement épuisé, très décoiffé et très beau, juste en face de sa table, encore une fois.

Il rentrait tout juste du match, remarqua-t-elle, car il portait toujours son uniforme de Quidditch et son balai était sur la table. Une aura de tristesse l'entourait... ou peut-être que c'était juste son imagination. Un groupe de filles se cachait derrière les étagères, à quelques mètres d'eux, en rigolant et en fixant le dos du jeune homme. Hermione lança un regard sévère sur son fan-club puis sur lui. Elle continua sa lecture.

...La noirceur de l'obscurité se fit sentir ; toutes les sensations apparurent englouties dans une folle ruée...

"Oh, allez Granger, tu es toujours en colère ?"

...Précipitant la descente de l'âme vers l'Hadès. Alors le silence, et le silence, la nuit, était le seul univers. Je m'étais évanoui, mais je ne veux toujours pas dire-

"Je pensais que tu ne te souciais pas de ce que les autres pensaient de toi", dit-il doucement.

"Chut." Elle posa un doigt sur ses lèvres, lui indiquant de se taire. Il leva les yeux au ciel.

Elle l'ignora et retourna à son livre à nouveau. Cette semaine avait été terrible pour Hermione. Ses camarades de Gryffondors avaient pensé qu'elle était une traîtresse (malgré les explications d'Harry et Ron). Les Poufsouffles avaient eu peur d'elle. Les Serdaigles avaient dit qu'elle était une hypocrite. Les Serpentards la prenaient pour une pute.

De toute façon, elle ne se souciait pas de ce que les Serpentards pensaient d'elle.

Seuls les professeurs semblaient avoir approuvé cette relation imaginaire. "C'est l'union des maisons ! " Avaient-ils dit.

Pour aggraver les choses, elle avait été bombardée de questions idiotes sur Draco Malfoy et elle se faisait embêter partout où elle allait.

C'était invivable.

Elle décida de l'ignorer. Peut-être qu'il partirait si elle continuait à lire.

...Que toute conscience était perdue. Je ne tenterai pas de définir, ni même de décrire ce qu'il en restait, mais-

Soudain, elle sentit une main lui saisir le poignet.

"Malfoy !" Dit-elle à voix haute, luttant contre son emprise. Elle sentit un objet métallique froid et rond se poser sur la paume de sa main.

Le Vif d'or.

"Tu as gagné ?" Elle le regarda maintenant, oubliant qu'elle était censée l'ignorer. Il sourit triomphalement. Et puis il hocha la tête.

"Tu ne pensais pas que je pouvais gagner, hein ?" Dit-il, croisant les mains et se penchant sur sa chaise.

"Félicitations alors", lui dit-elle. Elle le lui rendit, mais il ne le tint que doucement dans sa main.

Il avait l'air de profiter de la chaleur de sa peau.

"Garde-le."

"Pourquoi ?"

"Mon cadeau de réconciliation", dit-il. Hermione cligna plusieurs fois des yeux pour s'assurer qu'elle ne rêvait pas. Depuis quand Draco Malfoy présentait-il ses excuses ? Et auprès d'une sang-de-bourbe, en plus. Jamais elle n'aurait cru voir ce jour arriver. C'était le premier match de l'année et il était prêt à donner le premier Vif d'or qu'il avait attrapé juste pour qu'elle lui pardonne ?

Cela ne devait pas être évident pour lui.

Elle le regarda longuement, étudiant ses traits. Il y avait encore quelque chose de bizarre dans ses yeux, comme s'il était en train de manigancer quelque chose...De mentir...Mais elle entendait la voix d'Albus Dumbledore résonner dans sa tête. "Tout le monde mérite une seconde chance."

Merde, fichue conscience.

Elle mit le Vif dans sa poche, se retourna vers le livre qu'elle lisait et soupira de défaite.

Tout le monde mérite une seconde chance.

"D'accord. Je te pardonne."

Tout n'était pas perdu.


"Il y a eu plusieurs meurtres de centaures dans la Forêt interdite. Je veux juste rappeler à tout le monde qu'il est interdit de pénétrer dans la Forêt. Nous ne nous soucions que de votre sécurité", déclara McGonagall, sa voix résonnant dans le calme de la Grande Salle. "Toute violation de cette règle entraînera de graves conséquences."

Un petit sourire narquois vint soudain agrémenter les beaux traits de Draco.

C'était trop facile. Cette histoire de Vif d'or n'était qu'une mascarade. Draco ne s'était jamais excusé de sa vie. Hermione était une exception. Elle était spéciale. Il savait déjà à l'avance qu'Hermione allait lui pardonner. Hermione n'était pas capable de le détester même si elle avait essayé. Elle était du genre à faire confiance et à pardonner et elle pensait que tout le monde méritait une seconde chance.

Il comptait utiliser cela à son avantage.

Tout comme il l'avait fait avec Voldemort et Albus Dumbledore.

"As-tu quelque chose à voir avec ça ?" chuchota Blaise, de manière accusatrice. "Tu as tué ces centaures ?"

"Bien sûr que non", dit-il avec un air indifférent. Mais le garçon le connaissait trop bien. Il savait qu'il mentait. Draco s'en fichait.

Laisse-les haïr tant qu'ils ont peur.

Il n'avait pas connu le côté de la Lumière et le côté Obscur de la bataille finale. Il n'avait reconnu aucun camp. Il n'en connaissait qu'un, son côté. Cependant, il avait utilisé les deux camps pour acquérir plus de pouvoir. Il avait été espion pour le côté de la Lumière et avait appris l'Occlumancie et les Potions de Rogue, sur ordre de Dumbledore lui-même. Il avait été un Mangemort apprécié du côté Obscur et avait appris la magie noire de Voldemort en personne.

Mais ce salaud de serpent avait remarqué son potentiel et le gardait de côté.

Il avait remarqué la maîtrise de Draco dans la magie noire.

Il lui avait donc offert le cadeau le plus convoité de tous.

... Être son héritier.

"Où est Granger ?" Demanda-t-il à voix haute, sans se soucier de qui l'avait entendu. Quelques filles de Serpentards le regardèrent et froncèrent les sourcils.

"Elle fait sa dissertation de potions au dortoir", répondit Blaise.

Draco n'avait pas voulu être l'héritier de Voldemort. Il n'avait pas voulu recevoir d'ordre de qui que ce soit. Draco était son propre maître, après tout... Mais quand même, il avait accepté. Il avait prédit que Voldemort finirait par mourir.

L'avantage d'être l'héritier du Seigneur des Ténèbres était le savoir incroyable qui allait de pair avec cette fonction. Voldemort avait enseigné à Draco tout ce qu'il savait, chaque compétence, chaque technique, chaque secret. Les Mangemorts n'en savaient rien, mais le changement soudain de puissance de Draco les avait rendus méfiants.

Lorsque Potter avait finalement tué Voldemort, Rogue avait expliqué au garçon-qui-a-survécu que Draco avait été un espion de l'Ordre et il s'en était tiré facilement.

Et maintenant, il était toujours en vie, plus puissant et plus dangereux que jamais.

Voldemort n'avait pas été faible. Il avait juste fait une erreur et cela l'avait conduit à sa perte. Draco ne ferait pas cette erreur. Il ne se laisserait pas détruire si facilement.

Il ne serait jamais détruit.

"Tu avais raison, Zabini", dit-il en buvant l'eau de son gobelet. "Peut-être que la forcer à porter le blason va trop loin."

"Oui, il t'a fallu du temps avant de t'en rendre compte. Ce n'est pas un jouet, Draco. Elle a-"

"Tu vas m'aider ou pas ?"

Blaise réfléchi un instant, le fixant.

"Qu'est-ce que j'y gagne ?"

"Penses-y de cette façon", siffla Draco. "Je ne te tuerai pas quand je dirigerai le monde."

Blaise renifla, mais Draco pouvait toujours voir la petite lueur de peur dans ses yeux. Blaise savait pertinemment qu'il ne fallait pas le contrarier. Bon garçon.

"Je ne fais pas ça pour toi Draco", dit-il enfin. "Je veux que Potter disparaisse. Tue-le."

"Ça marche."

Il devait séparer sa princesse de ses chers gardes du corps de Gryffondor. Elle était plus vulnérable quand elle était seule.

Diviser et conquérir.

C'était ça, le plan.


"Donc ils viennent ici le même jour que la convention ?" Dit-elle tristement.

Harry et Ron acquiescèrent. Ils lui ont déjà promis de l'accompagner à cette convention du livre qui se tiendra à BeauxBatons ce vendredi. Le professeur McGonagall lui avait dit il y a un mois qu'elle et Blaise devaient représenter Poudlard. Ils ont été autorisés à emmener deux amis avec eux.

Elle avait bien sûr demandé à Harry et Ron.

"Cela n'arrivera qu'une fois dans l'histoire de Poudlard", dit Harry en essayant de cacher son excitation.

"Mais si tu veux, nous viendrons à la convention avec toi à la place", ajouta Ron, sans enthousiasme. Elle savait qu'ils essayaient de la convaincre de les laisser rester ici au lieu d'aller à la convention du livre. Même s'ils lui avaient promis que quoi qu'il arrive, ils iraient ensemble.

À quel point ils pouvaient facilement la remplacer par du Quidditch lui fit mal au coeur.

Elle soupira. C'était de ça qu'elle parlait. Ils s'éloignaient...

"Non... C'est bon", dit Hermione fermement. "Ce serait égoïste de ma part de vous forcer à venir avec moi..."

Ils lui firent tous deux un sourire enthousiaste et la serrèrent très fort dans leurs bras. "Merci, Hermione."

Elle leur dit bonne nuit et se dirigea vers le dortoir des préfets.

"Putain, c'est génial !", elle entendit la voix de Ron dès qu'elle tourna au détour d'un couloir. "Les Canons de Chudley ! Vendredi ! À Poudlard ! Je mourrais plutôt que de manquer ça en allant à une convention de Livre bidon."

Les jointures de ses mains devinrent blanches lorsqu'elle monta les escaliers. Elle ne leur avait demandé qu'une seule chose cette année, et même là, ils l'abandonnaient pour faire autre chose.

Elle savait qu'elle était égoïste, mais elle ne pouvait pas s'en empêcher. Ça lui faisait mal.

Elle sentait ses larmes essayer d'échapper de ses yeux, mais elle les retenait. Elle ne pleurerait pas maintenant. Pas quand elle savait que ça serait arrivé de toute façon.

Pas quand elle était déjà habituée à être si seule.

"Granger." Malfoy venait de sortir du dortoir des préfets. Il avait un sourire en coin quand il l'a vit. Ses mains étaient de nouveau rentrées dans ses poches. Elle arrêta de marcher, mais il continua, ne s'arrêtant que lorsqu'il fut à côté d'elle.

"À vendredi, mon amour", dit-il, avant de s'éloigner.


"BLAISE !"

"Tu as dû voir Draco toi", murmura le préfet, en levant les yeux au ciel. Il était de nouveau assis près du feu. Elle voulait le tuer. "Je suis désolé, mais je lui ai proposé de venir. Est-ce que tu sais combien il est difficile de trouver un Serpentard qui aime les livres ?"

"Oui, mais-"

"Potter et Weasley devront se montrer civilisés avec lui", l'interrompit-il comme si de rien n'était.

À la mention de leurs noms, son visage se figea et elle se tut. Blaise leva ses yeux foncés pour la regarder.

"Quoi ?" Demanda-t-il, remarquant le changement soudain d'atmosphère.

"Ils ne vont-" Il vit ses yeux se remplir de larmes. Elle lui tourna le dos pour qu'il ne voie pas son visage "-pas venir".

"Oh..." Dit-il maladroitement, ne sachant pas comment réagir. "Pourquoi ?"

"Les Canons de Chudley ou je ne sais pas quoi", dit-elle. Blaise comprit qu'elle pleurait maintenant.

Il faillit rire à la mention des "Canons de Chudley " mais il se retint. Il se sentit vraiment mal pour Hermione.

"Je vais dans ma chambre", dit-elle doucement. "Je m'en fiche que Malfoy vienne."