Bonjour, j'espère que votre confinement se passe bien. J'aimerais remercier les 2 reviews du chapitre 3 : Guest et Kuraileen ! J'espère que ce chapitre vous plaira autant que les précédents. Merci à ceux qui mettent HBHE en favoris et follow également. Merci mille fois!
Bonne lecture mes moldus préférés !
Musique recommandé : Rescue me - One Republic
Quelque chose n'allait pas. Il ressentait un sentiment horrible au plus profond de ses tripes, un sentiment qui ressemblait un peu à la douleur de sa cicatrice.
"Tu te rends compte, Harry ?" Dit Ron avec excitation alors qu'ils approchaient du terrain de Quidditch. Aujourd'hui les Canons de Chudley étaient à Poudlard et ils allaient enseigner à toutes les équipes quelques trucs et astuces sur le Quidditch.
C'était un des avantages du prochain festival sportif de Poudlard qui aura lieu la semaine prochaine. Normalement, Poudlard n'organisait jamais ce genre d'événements, mais les enseignants avaient jugé bons de mettre en place des activités qui aideraient les élèves à se remettre des terribles souvenirs de la guerre.
Les Canons de Chudley se tenaient au centre du terrain de Quidditch, vêtus de robes orange vif qui se déplaçaient au gré du vent. On pouvait voir leur logo composé de deux C noirs et d'un boulet de canon en mouvement.
Harry marchait devant avec Ron, tandis que les autres membres de l'équipe de Quidditch de Gryffondor avançaient juste derrière eux. Tous étaient anxieux et excités... Tous sauf Harry cependant.
Ce n'était pas qu'il n'était pas excité... Il ne semblait juste pouvoir pas se débarrasser de ce sentiment désagréable.
"On dirait que les autres équipes sont arrivées en premier." Dit Ginny.
Les autres équipes étaient déjà là. Ils pouvaient voir les membres des Canons de Chudley se diviser en plusieurs groupes, un groupe par équipe.
Trois joueurs se rapprochèrent d'eux.
Ron sembla soudain vert.
"Équipe Gryffondor !" Dit l'homme au milieu, en leur souriant joyeusement.
Il avait les cheveux châtain foncé et le nez pointu. Il était très grand, et il tenait son balai à la main. "Je m'appelle Galvin Gudgeon, Attrapeur des Canons de Chuddley. Voici Joey Jenkins, le batteur et Dragomir Gorgovitch, le poursuiveur."
Il désigna les deux autres à côté de lui.
"C'est un plaisir de travailler avec vous tous", dit l'homme appelé Joey, en leur souriant également. L'autre homme resta silencieux derrière les deux autres.
"Nous allons vous apprendre quelques techniques de pilotage et de maniement de vos balais-"
Harry écouta Galvin dès qu'il entendit une voix forte provenant de l'équipe à côté d'eux, les Serpentards.
"Le capitaine de l'équipe de Serpentard ?" Demanda l'homme des Canons de Chudley.
"Il n'est pas là", dit l'un des joueurs des Serpentards.
Les yeux d'Harry s'agrandirent. Son cœur s'emballa tandis que son esprit assimilait ce qu'il venait d'entendre.
"Ah, tu dois être le célèbre Harry Potter, le capitaine de Quidditch de Gryffondor. Je dois dire que je suis-" commença Galvin, mais Harry était trop choqué pour lui prêter attention désormais.
"Malfoy !" Cria Harry, hystérique, avec un regard affolé, alors qu'il se dirigeait vers les Serpentards. Il attrapa un garçon, Nott, par le col, brutalement. Celui-ci fixa son visage assassin avec un regard inquiet. "Où est Malfoy ?"
Les Gryffondors et les Serpentards (et aussi les membres des Canons de Chudley) le regardèrent comme s'il était devenu fou.
"Qu'est-ce que tu racontes, Harry ? Tu as perdu la tête ?" Dit Ron, mais Harry l'ignora. Il regarda Nott à nouveau.
"Où est-il ?"
"Il est à Beauxbatons", dit Nott à voix basse. "Il a dit quelque chose à propos d'une-"
Harry ne lui laissa pas le temps de finir.
Il quitta le terrain de Quidditch, entraînant Ron avec lui.
"Comment pouvez-vous permettre cela ?" Cria-t-il furieusement à McGonagall. Ils étaient entrés dans son bureau il y a quelques minutes et lui ont dit qu'Hermione était à Beauxbatons avec Malfoy et Zabini. Il avait les paumes des mains à plat sur son bureau et il lui lançait des regards assassins.
"Je ne comprends pas quel est le problème, M. Potter", répondit-elle calmement en ajustant le bord de ses lunettes.
"Quoi ? C'est tout ce que vous allez dire, professeur ?" Cria Harry de nouveau. "Après que vous l'avez laissée partir seule avec ces-ces- Serpentards !"
Ron hocha la tête, mais il ne dit rien. Il savait pertinemment qu'il ne devait pas parler quand Harry était en colère.
"Calmez-vous M. Potter", dit le professeur McGonagall. Ses yeux ne quittaient pas les siens. Il se sentait de plus en plus énervé face à son impassibilité devant cette situation.
"Je ne peux pas me calmer alors qu'elle est là-bas avec eux !"
"Elle n'est pas en danger", lui répondit-elle, la voix toujours aussi sévère. Harry vit qu'elle commençait à s'énerver contre lui. "Je leur ai dit qu'ils pouvaient choisir eux-mêmes avec qui ils souhaitaient partir. M. Zabini a choisi M. Malfoy, et miss Granger, eh bien, elle a choisi d'y aller seule. Je ne comprends pas pourquoi, vu qu'elle m'avait dit quelques mois plus tôt qu'elle irait avec vous deux."
"Elle n'a pas dit que Malfoy venait", dit Harry, plus pour lui-même que pour quelqu'un d'autre.
Et il comprit. Il se tourna pour regarder Ron, qui, d'une certaine manière, savait déjà ce qu'il pensait.
Ce n'était pas la faute du professeur McGonagall après tout. C'était la leur. Ils ont laissé cela se produire.
Ils ont laissé Hermione se faire dévorer par les Serpentards, impuissante et seule.
"Miss Granger est en parfaite sécurité sous la garde du Professeur Flitwick, je vous l'assure." Poursuivit le professeur McGonagall. Elle avait tort. "Maintenant, retournez en cours avant que je ne vous colle tous les deux en retenue."
"Elle n'est pas en sécurité !" Cria Harry à nouveau. "Vous devez nous laisser aller à Beauxbatons ! S'il vous plaît, professeur !"
"M. Potter, vous mettez vraiment ma patience à rude épreuve. Retournez en classe."
L'Académie de Magie de BeauxBatons était un palais resplendissant, probablement plus récent que Poudlard. Ses arches dorées bordaient les murs des salles, donnant l'impression que c'était un passage pour entrer au Paradis. Les hautes fenêtres en verre touchaient le sol et des lustres sophistiqués étaient suspendus au plafond. C'était un véritable spectacle visuel, mais ces scintillements et ces dorures n'attiraient pas l'intérêt d'Hermione. Elle était plus concentrée sur ce qui se passait dans le palais, que du palais en lui-même.
Il y avait des livres, des kiosques et des auteurs partout. C'était comme un rêve pour elle.
Elle semblait ne pas savoir par où commencer, alors elle se perdait dans la foule, passant devant les kiosques, parlant à différents auteurs et s'emparant de tous les livres qui l'intéressaient.
Et elle était heureuse.
Draco la surveillait, non loin. Au moment où Hermione était entrée dans la convention, son visage s'était illuminé.
Tout comme le jour où elle avait fait un ange de neige avec lui.
Il sentit de nouveau quelque chose remuer dans son estomac, mais il ne savait pas pourquoi cela continuait à se produire chaque fois qu'elle était là.
Elle était la seule personne qui pouvait lui faire ressentir cela.
C'était la seule personne qui pouvait lui faire ressentir quelque chose tout court.
Il ne fit pas grand-chose à la convention du livre, à part parler à quelques filles de Beauxbatons qui voulaient en savoir plus sur "Ze magnifique Draco Malfoi". Il avait répondu à quelques-unes de leurs questions, mais elles commencaient à l'ennuyer rapidement.
Il était beaucoup plus comblé de suivre Hermione et de la voir si heureuse.
"Les filles de Beauxbatons" entendit Draco. Blaise se tenait maintenant à côté de lui, portant un tas de livres dans les bras. Il faisait référence aux filles qui gloussaient en les suivant. Draco soupira. "C'est ton nouveau fan-club, Draco ?"
"Elles n'arrêtent pas de me suivre."
Il continuait à fixer Granger qui avait maintenant une conversation passionnée avec un autre auteur, indifférente de ce qui l'entourait.
Compte tenu de sa nature confiante, il lui serait probablement facile de la manipuler pour qu'elle déteste ses amis...
"Tu as encore ce regard", dit Blaise doucement. "Tu as fait quelque chose de mal ou tu es sur le point de le faire? C'est lequel des deux ?"
Draco fit un sourire en coin.
"Les deux."
Les nuages étaient maintenant obscurs et gris. Ils se déplaçaient dangereusement dans le ciel, déversant de l'eau et de la grêle sur le palais de BeauxBatons.
Le tonnerre frappa fort, la faisant sursauter et se couvrir les oreilles.
Sa chambre était sombre. La seule lumière que l'on pouvait distinguer provenait des éclairs à l'extérieur de la grande fenêtre vitrée. Elle pouvait voir son lit à baldaquin par la petite ouverture de la porte du placard.
Elle serra les couvertures plus fort contre elle.
Le placard était petit et vide. Elle avait couru à l'intérieur dès qu'elle avait entendu le premier coup de tonnerre. Elle n'a jamais aimé les orages. Le traumatisme qu'elle avait vécu dans son enfance avait eu un effet durable sur elle. Elle pouvait affronter des Détraqueurs, Bellatrix, des Mangemorts, ou même Voldemort lui-même, mais pas des orages.
Jamais des orages.
Ce sera bientôt fini, se dit-elle.
Puis, le silence et l'obscurité revinrent.
La foudre éclata, accompagnée d'un bruit assourdissant, la faisant bondir et se boucher les oreilles davantage. C'est alors qu'elle vit une silhouette se tenir à côté de son lit à baldaquin. Elle su tout de suite qui il était, avec ses cheveux blond-platine. Qu'est-ce qu'il faisait ici ?
Elle referma les yeux au moment du coup de tonnerre. Quand elle les ouvrit, elle se retrouva nez à nez avec lui. Il se tenait à l'extérieur du placard, ressemblant à un chevalier sombre, beau et méchant comme toujours.
"Tu te caches de moi ?" Sa voix n'était qu'un murmure grave.
Elle resta silencieuse. Elle se sentit frissonner de froid et de peur. Sa haute silhouette la dominait, d'autant plus qu'elle était assise par terre, les genoux contre sa poitrine.
"Granger, lève-toi", dit-il doucement.
"Pas maintenant, Malfoy", murmura-t-elle d'une voix douce et suppliante. "J'ai- j'ai peur."
Elle fixa le sol et se couvrit les oreilles en entendant un autre tonnerre.
Elle sentait que Malfoy souriait.
Il se glissa dans le placard et s'accroupit devant elle, la regardant droit dans les yeux, ce qui la rendit encore plus effrayée. Il était proche... trop proche.
"Qu'est-ce que je t'ai dit sur le fait d'être si vulnérable, mon amour ?"
Elle referma les yeux à l'éclair suivant.
"Je suis juste- va-t'en", gémit-elle. Elle ne voulait pas qu'il la voie comme ça.
"Non", dit-il simplement. Elle ne pouvait pas voir son visage dans le noir, mais elle savait qu'il aimait ça. Malfoy était un sadique et il aimait voir les gens souffrir.
"Je n'aime pas les orages, d'accord ?" admit-elle, en sursautant au son d'un autre éclair.
"Je vois ça."
"Qu'est-ce que tu fais dans ma chambre au fait ? Qu'est-ce que tu veux ?" demanda-t-elle avec agacement.
Il rigola, mais ce n'était pas comme les rires chaleureux et joyeux qu'elle entendait chaque fois qu'elle était avec Harry, Ron ou des amis. Son rire était froid et vide... tout comme lui.
"Toi", dit-il tranquillement, comme si c'était la chose la plus normale au monde. "Je veux toi."
Non. Elle s'appuya plus fort sur le mur derrière elle. "Tu ne le penses pas", murmura-t-elle. "Tu-tu me détestes. Tu me détestes tellement que tu ne voudrais rien avoir à faire avec moi."
La foudre jaillit et pendant une seconde, elle aperçut son visage agacé. "C'est ce que tu te dis pour t'endormir la nuit ?" dit-il froidement.
Puis il fit noir à nouveau. Elle sentait sa main jouer avec les boucles de ses cheveux.
"Ne me touche pas", dit-elle, mais il ne bougea pas.
"Qu'est-ce que tu vas faire ? Me gifler ?" dit-il avec suffisance. "Vas-y."
"Arrête de faire l'imbécile !" cria-t-elle avec colère. Elle tenta de le repousser, mais il ne bougea pas d'un poil.
"Dis-moi Granger, où est Saint Potter maintenant ?"
Elle arrêta de le pousser à la mention du nom d'Harry. Harry l'avait toujours serrée dans ses bras et la consolait à chaque fois qu'il y avait de l'orage. Harry lui avait dit que ça irait toujours bien.
Eh bien... pas toujours.
"Il voulait rencontrer les Canons de Chudley", dit-elle amèrement. Il ricana, lui prenant les mains dans les siennes. Elle le fixa.
"C'est à ça que servent les amis", dit-il, la voix dégoulinante de malice. "Ils utilisent les gens."
"Non ! Il ne se sert pas de moi !", le défendit-elle avec indignation. "Tu ne comprendras jamais. Tu n'as pas d'amis."
Elle regretta d'avoir dit ces mots dès qu'ils avaient quitté sa bouche. Elle le fixa du regard en s'excusant.
"Je suis désolée, je ne voulais pas-"
"Oh, je comprends parfaitement la situation", dit-il avec condescendance, ignorant sa dernière déclaration. "Tu n'es qu'un objet pour eux, utilisé sans cesse, et oublié quand il n'est plus nécessaire."
"Tu as tort Malefoy", dit-elle. Elle sentit une boule se former dans sa gorge.
Il a tort. Il a complètement tort. Elle n'arrêtait pas de se le répéter.
Mais d'une certaine façon, elle avait du mal à se convaincre.
"Ce sont des salauds, tous autant qu'ils sont."
Elle enfonça sa tête dans le mur et ferma les yeux. Un autre éclair retentit. "S'il te plaît, arrête de me manipuler."
"Ils ne se soucient pas de toi."
Elle trembla légèrement. Presque instantanément, elle pensa que ses amis l'abandonnaient à nouveau. Ce sentiment de solitude - c'était comme si elle était hors de son corps, regardant ses amis et sa famille à travers une vitre. Ils étaient heureux et chaleureux, inconscients de sa présence. Et peu importe à quel point elle hurlait, ils ne l'entendaient pas.
"Je croyais qu'ils devaient venir avec toi, mon amour ?" continua-t-il faiblement. "Alors, où sont-ils maintenant ?"
Oui, c'est ce qu'elle se demandait aussi. Ils ont promis de venir avec elle. Alors pourquoi était-elle seule maintenant ?
"Je n'ai pas-"
Elle ne devait pas l'écouter. Elle devait sortir de sa torpeur avant de détester complètement Harry et Ron. Ce n'étaient pas de mauvaises personnes. Ils étaient ses amis. Ils prenaient soin d'elle.
Elle eut tout à coup peur de la facilité avec laquelle il aurait pu la convaincre de croire à ses mensonges.
"Non, tu te trompes !", dit-elle hystériquement. "Arrête ! Arrête de me laver le cerveau !"
Elle sentit sa colère parce qu'il commença à claquer sa langue. Il était déçu d'elle. Il se leva. Elle sursauta à ce geste soudain. "Lève-toi."
"Non", dit-elle obstinément, en baissant la tête sur ses genoux alors qu'un autre éclair brilla dans le ciel.
"Ne mets pas ma patience à l'épreuve", dit-il d'une voix dure. "Je t'ai dit de te lever."
Quand elle ne bougea pas, elle se sentit soulevée. Elle gémit quand sa main toucha les bleus sur ses poignets.
"Malfoy !" cria-t-elle de douleur. Il tirait trop fort. Il la traîna hors du placard et la jeta dans le lit à baldaquin. Elle le regarda, furieuse. "Tu es un salaud, tu sais ça ? Va te faire foutre."
"Ne me tente pas, mon amour. Je pourrais te forcer à le faire", menaça-t-il d'un air menaçant, les yeux brillants d'agacement. Pendant un moment, elle pensait qu'il ne faisait que plaisanter, mais l'expression de son visage lui fit penser le contraire.
Elle frémit intérieurement.
Ils se regardèrent longuement. Hermione n'osait pas bouger, pas quand il était encore en colère. Il agita les mains, les rideaux se fermèrent et la pièce fut soudain silencieuse, elle n'entendit plus le tonnerre.
Il pouvait faire de la magie sans baguette ?
Et quel sort avait-il utilisé ? Les sorts de silence ne fonctionnaient que sur les gens.
"Arrête ces conneries puériles maintenant", dit-il sévèrement. "C'est indigne."
Elle vit ses couvertures voler vers elle et elle les saisit. "Indigne ? Tu n'es pas ma mère", dit-elle d'un ton brusque, incapable de contrôler sa colère.
"Tu veux mourir ?" lui dit-il en faisant quelques pas dangereux vers elle. Son coeur se déchaîna de terreur.
"D'accord, d'accord, je suis désolée", dit-elle nerveusement. Elle ne voulait pas qu'il s'approche.
Elle ferma les yeux, pensant qu'il allait encore lui saisir les poignets... mais, étonnamment, elle le sentit lui embrasser la joue.
"Bonne nuit, mon amour", dit-il en souriant.
Puis il partit.
Elle regarda fixement, muette, l'endroit où il se tenait il y a quelques secondes. Elle avait peur d'imaginer ce qui aurait pu se passer s'il était resté un peu plus longtemps.
Elle se maudit d'avoir failli tomber dans le piège de ses paroles. C'était la façon dont il avait parlé, le ton de sa voix, la façon dont il avait affirmé - comme si tout ce qui sortait de sa bouche était une règle - une vérité. C'était un bon menteur. C'était aussi un charmeur, un serpent. Il essayait de la manipuler...
Et ça marchait.
