UA.
Alisha Horiraito : ça c'est le cas de le dire... ! XD
Lulu-folle : Tiens, tu viens de me donner une idée pour le prochain !
Disclaimer : Fairy Tail ne m'appartient pas.
Rating : T
SÉDUCTION
C'était un dîner d'affaire pour un énorme investissement, rien de plus. Alors adopter une tenue convenable était bien nécessaire pour parfaire la future offre, non ? Ce fut donc avec un maquillage discret mais efficace, une robe d'un noir intense révélatrice de chacune de ses courbes, un décolleté ravageur, un sourire charmeur sur ses lèvres teintées de carmin, ses longs cheveux écarlate attachés en un chignon lâche, qu'Erza fit son entrée dans ce restaurant classé cinq étoiles où les plus gros bonnets partaient déguster des mets hors de prix, chaussée de ses meilleurs talons à aiguilles. Si elle voulait faire bonne impression, autant frapper un bon coup avec autant de force possible, pas vrai ?
« Vous désirez ? S'enquit l'homme de la réception non sans avec un regard baladeur.
- Je dois retrouver Monsieur Fernandez. »
Il consulta d'un coup d'œil rapide son cahier posé sur le petit guichet.
« Mademoiselle Scarlett, c'est bien ça ?
- Oui, confirma-t-elle automatiquement.
- Je vous en prie, suivez-moi. »
Avec seulement quelques pas dans cet environnement, la jeune femme avait senti plus d'une observation sur sa personne tandis qu'elle suivait le garçon. Une satisfaction l'envahit quand elle constata avec joie qu'elle avait bien fait de se vêtir ainsi, sans compter le fait que cet endroit était des plus luxueux ; l'ambiance tamisée que procurait les lumières rajoutait un charme supplémentaire aux murs peints de couleurs chaudes. Une certaine intimité régnait entre chaque table et ce fut avec une appréhension qu'Erza se rendit compte que ce n'était pas dans cette pièce que se tiendrait le dîner mais plutôt dans une autre, à l'étage.
Le réceptionniste l'accompagna jusqu'au bout, ouvrit la porte et lui fit signe d'entrer de la main.
Elle battit des cils, incertaine de s'il s'agissait d'une blague. C'était un balcon avec une vue pour le moins époustouflante de Magnolia ; d'ici la ville semblait en feu avec tous les éclats qu'elle pouvait percevoir. Les étoiles étaient bien plus perceptibles de là et brillaient fougueusement. L'air était chaud. Une table était dressée à la perfection, napée d'un blanc pur. Lorsqu'elle s'avança, elle partit effleurer la texture du tissu, puis les couverts en argent, les verres et, enfin, la rose d'un rouge profond placée dans le vase de cristal qui se trouvait au milieu.
« Si vous pouviez patienter quelques instants, fit l'homme, Monsieur Fernandez ne tardera pas. »
Erza hocha mollement la tête et elle entendit la porte se fermer doucement.
Cette boule dans son ventre qui s'était invitée ne semblait pas prête de partir tandis qu'elle continuait d'analyser les détails placés sur la table dressée avec harmonie. Ce n'était rien de plus qu'un fichu dîner alors hors de question de repenser à ce que Mirajane n'avait pas cessé d'insinuer alors qu'elle se préparait pour la rencontre. Il n'y avait rien d'autre derrière ça. C'était simplement pour conclure l'affaire qu'elle avait accepté de venir ce soir. Et c'était pour cette même raison que son client lui avait proposé tout ça.
Inconsciemment, elle regarda son reflet dans le verre. Peut-être en avait-elle trop fait pour ce soir ? N'était-ce pas trop osé ? Et s'il n'aimait pas du tout sa tenue ? Elle consulta rapidement son téléphone qu'elle avait sorti de son sac-à-main noir. Dieu. Il était impossible de faire marche arrière, maintenant.
« Pressée de partir, Scarlett ? »
Un sursaut l'ébranla lorsque le timbre feutré du jeune multimilliardaire vint lui caresser les tympans et que deux mains se posèrent délicatement sur ses épaules découvertes. Elle s'écarta immédiatement de ce dernier d'un pas, comme brûlée au vif sous son toucher. Il haussa un sourcil, un sourire amusé peint aux lèvres.
« Vous êtes ici depuis longtemps ? J'espère ne pas vous avoir fait trop attendre.
- Non. Non, ne vous inquiétez pas. Je suis arrivée il y a peu. »
Son sourire s'agrandit un peu plus et elle ne put retenir le sien, en écho.
« Et si nous nous installions, proposa-t-il en désignant les chaises. Nous ne sommes pas venus ici pour rien, après tout. »
Il avait raison. La signature n'allait pas se faire toute seule.
En un vrai gentleman, Fernandez lui tira son siège pour qu'elle puisse s'installer confortablement. Une petite attention qui ne put que lui faire plaisir. Après tout, il fut un temps où elle n'avait pas aperçu l'ombre d'une bonne manière avec la gente masculine qu'elle fréquentait presque tous les jours : Natsu et Grey, entre autre, avaient encore beaucoup de progrès à faire sur ce domaine aux grands désespoirs de leur compagne respective.
Erza vit s'asseoir en face d'elle le jeune homme qui déboutonna sa veste de costume d'un bleu marine profond pour le moins impeccable. Au même moment, un serveur fit son entrée avec une bouteille de vin. Il partit remplir leur coupe consciencieusement. Tout était parfaitement orchestré. Lorsqu'il partit d'un pas léger après avoir laissé la bouteille sous la demande du bleuté, elle reporta son attention sur ce dernier qui passait machinalement ses doigts sur son couteau tout en balayant son visage de ses yeux émeraude tachetés d'or. Son regard était intense, inquisiteur, sûr de lui. Il savait parfaitement où mènerait ce dîner d'après son attitude mais il restait hors de question qu'elle perde la partie de son terrain ce soir.
« Ai-je quelques chose de déplaisant pour que vous me dévisagiez ainsi ?
- Loin de là, répondit le jeune homme en s'appuyant contre le dossier de sa chaise. Vous êtes juste particulièrement ravissante ce soir.
- Flatterie ? Quel dommage que j'y sois insensible.
- Et bien vous ne me facilitez pas la tâche. C'est un agréable changement concernant la gente féminine que j'ai l'habitude de côtoyer. Mis à part ma secrétaire au tempérament assez … Colérique.
- J'ai trouvé Ultia d'agréable compagnie.
- Vous n'êtes pas son souffre douleur.
- Vous êtes pourtant son supérieur.
- Cela ne veut rien dire. Je ne suis pas un tyran. J'encourage les liens dans mon entreprise car je pense que c'est important.
- Les relations sont indispensables dans ce monde, effectivement.
- Nous en venons ainsi au vif du sujet, n'est-ce pas ? »
Un sourire vint chatouiller la commissure de ses lèvres alors que la femme d'affaire se saisissait avec lenteur de son verre à pied pour savourer le nectar versé dedans, ses orbes de bronze se fixant avec témérité dans ceux éclatants de curiosité.
« Vous souhaitez réellement cet investissement. »
Ce n'était pas une question mais une constatation de la situation. Avait-il songé que tout cela n'avait été qu'un moyen de détourner son attention d'une meilleure proposition ? Certes, Erza se savait parfois manipulatrice pour réussir mais elle n'était pas folle pour passer à côté de ce phénomène qu'était Gerald Fernandez.
« Mais j'ai autre chose à vous offrir. »
Surprise mais soudain piquée par la curiosité, elle effleura de sa bouche le rebord du verre, attendant la suite.
« J'estime que… »
Il se leva avec tranquillité tout en attachant le bouton de sa veste. Elle le suivit du regard tandis qu'il contournait d'un pas lent l'obstacle qu'était la table.
« … verser cette somme dans votre entreprise ne me sera pas bénéfique.
- Où voulez-vous en venir ? Vous estimez que c'est une cause perdue ?
- Vous pouvez voir ça ainsi, oui. J'y ai longuement réfléchi vous savez et… »
Elle le sentit dans son dos avant que ses mains se posent à nouveau sur elle durant cette nuit, sur ses épaules, tandis que son souffle cajola sa nuque puis le dos de son oreille.
« … devenir un associé pour Fairy Tail serait bien plus avantageux pour nos deux affaires, mademoiselle Scarlett. »
Un associé ?
Après une longue série de jurons qu'elle se destinait pour ne pas avoir envisagé une seconde cet aspect, la jeune femme tenta de garder une expression calme mais la soudaine proximité de son client n'arrangeait rien, autant que la nouvelle réflexion qu'il venait d'apporter.
« Pourquoi se borner à rester sur Fairy Tail ? S'enquit-elle. Vous êtes pourtant loin d'être idiot, non ? »
Car la concurrence était bien là, désormais. De nouvelles sociétés venaient empiéter sur les territoires des autres et ce, soit pour les détruire ou les annexer d'une quelconque manière. Une talonnait de près celle où travaillait Erza : Sabertooth. Vu le prestige que gagnait cette dernière, il suffisait d'un chiffre plus important pour qu'elle renverse Fairy Tail malgré les compétences évidentes.
Ce fut donc intriguée qu'Erza se leva à son tour de son siège qu'elle admettait volontiers être confortable pour se diriger vers la rambarde du balcon où elle posa une main pour que ses ongles pianotent dessus.
« Vous venez de dire la réponse : je ne suis pas un imbécile. J'ai un minimum de jugeote concernant ce genre d'accord.
- Vous vous doutez bien du risque encouru.
- Êtes-vous en train d'hésiter ?
- Non. Je ne comprend pas, voilà tout. »
Fernandez s'approcha.
« Fairy Tail est en pleine crise mais cela ne vous empêche pas de vouloir vous associer à nous.
- Et alors ?
- C'est un pari risqué. »
Elle l'entendit rire. Prenait-il cette situation à la légère ? Mécontente, elle lui fit face mais retint juste sa respiration en se rendant compte qu'il était bien plus proche que prévu. Son cœur s'emballa contre son gré, se mit à battre de manière irrégulière lorsqu'il l'emprisonna entre ses bras, ses mains allant attraper la barre de la rambarde.
« Ce n'est pas grave, murmura Fernandez. J'aime le risque. »
Disait-il ça en sachant pertinemment qu'elle pouvait à tout moment lui briser les côtes sous sa soudaine audace envers elle ?
« Vous n'y gagnez rien, dans cette histoire. »
Fernandez se pencha un peu. Son nez caressa le sien. Son exquis parfum lui fit tourner la tête pendant que leur souffle se mélangeait.
« Tu te trompes. »
Tutoiement.
« J'y gagne des relations, Erza. »
Erza.
« Et comme tu l'as dis, les relations sont importantes. »
Manipulateur.
« Il suffit ensuite de séduire des investisseurs. »
Silence. Elle s'humidifia les lèvres, battit à la légère des cils, fit dériver durant quelques secondes son regard sur la bouche de Gerald.
« Comme vous le faîtes maintenant ? »
Il prit une faible inspiration.
« Associée, rectifia-t-il après un instant.
- Pardon ? »
Une de ses mains partit sur sa joue. C'était chaud. Doux. Affectueux.
« Nous devrions sceller ce contrat. »
Ce soir, le tour était joué, bien que les rôles aient été inversé.
Oui.
Car après tout, ce soir, Erza était séduite.
