Donc voilà. Les cours reprennent et donc, par la même occasion, mes publications. J'espère que vous continuerez à me suivre, comme avant, et vous dit bonne lecture mes choux !


UA.


Alisha Horiraito : J'ai relu mon dernier écrit pour ce recueil pour constater les innombrables fautes faites… je vais sans aucun doute m'aventurer à les corriger, dès que j'ai le temps, un jour, si le courage m'en dit. Cependant, je suis plus que ravie que tu ai adoré cette suite à laquelle j'avais voulu faire une fin assez différente. Bon, je me suis abstenue et le résultat a quand même semblé satisfaisant. J'espère que cette publication va compenser un tout petit peu ces deux mois sans nouvelles qui se profilent à l'horizon…

Lulu – folle : Je dois dire que l'expression que tu as choisi sied à merveille pour résumer Avenir !

Lilo : Et bien, je t'exprime ma gratitude d'avoir aimé le précédent chapitre et ensuite, je m'excuse de cette non-publication… j'espère que cette année, j'arriverai à poster de manière plus harmonieuse, même si j'en doute fortement x)


Disclaimer : Fairy Tail ne m'appartient pas encore ( l'espoir fait vivre, nan ? ).


Rating : T


ATTENTE


Le voyage avait été long. Très long.

Trop long.

Erza se savait patiente lorsqu'elle le souhaitait mais beaucoup moins quand les conditions ne s'y prêtaient pas. Quelques légères turbulences lors du trajet en avion, des personnes – qui se trouvaient être ses futurs collègues – bruyantes, une chaleur soudaine. Ce genre de critères ne permettaient pas forcément d'être calme mais plutôt d'être à bout de nerfs. Par chance, elle avait su trouver un minimum de self contrôle pour ne pas craquer. L'atterrissage de l'énorme boîte métallique – car il fallait le dire ; les transports aériens, Erza n'en était pas spécialement friande – avait été un grand soulagement. Bien sûr, elle ne s'était pas attardée dans les environs plus longtemps, pressée de se trouver dans un endroit où elle pourrait se détendre et anéantir son fichu mal de crâne. Elle s'était dirigée vers un humer noir tout en rehaussant sa paire de lunettes de soleil et en jetant un coup d'œil au trafic ainsi qu'aux passants, désireuse de rester inaperçue, sa main tenant toujours la poignet de sa valise. Alors, quelque peu absorbée par son observation des environs, la jeune femme ne prêta guère d'attention à son chauffeur qui vint s'occuper de son bagage et lui ouvrir la portière.

« Votre voyage s'est bien passé ? »

Le trajet avait commencé depuis quelques minutes maintenant, de manière assez paisible. Et reposante. Cela convenait parfaitement à Erza et à ses tempes compressées. Le silence n'était pas une chose mauvaise. Pourtant, la question posée de manière simple et polie n'avait aucunement accentué ses maux de tête. Le ténor profond, chaud, suave se fondait à cette ambiance assez relaxante qui siégeait dans le véhicule en mouvement.

« J'ai connu mieux, soupira-t-elle. Je me languis de prendre un bain après ces affreuses heures de vol. »

Distinctement, elle perçut un léger rire contrôlé. Elle ne s'en formalisa pas. À vrai dire, elle appréciait ce son et remarqua enfin que ce n'était pas son chauffeur habituel et donc, par la même occasion, son garde du corps lors de son séjour à Crocus. Elle fronça un peu les sourcils sous cette réalisation, quelque peu perturbée par ce changement dont son agent ne lui avait pas fait part. C'était elle qui se chargeait de ce genre d'affaire, en temps normal, parce qu'elle aimait savoir qui était celui détenant sa sécurité. Peut-être qu'il n'avait pas voulu qu'elle puisse passer bien plus de temps dessus que sur son propre travail. C'était sûrement ça.

« Il me semble que des présentations doivent être faites. »

Un virage quelque peu serré fut soudain pris et elle retint un juron. Où cet homme avait bien pu apprendre à conduire ?!

Grâce au rétroviseur, Erza percevait parfaitement le regard émeraude – où elle était prête à parier que des éclats dorés s'y étaient fondus – qui venait parfois s'attarder sur elle. Il y avait quelques mèches azurées, un début d'arabesque pourpre, bien que tournant presque sur le noir. Intriguant.

« Je suis Gerald Fernandez, votre nouveau-

- Baby-sitter, acheva-t-elle d'un ton assez tranchant. D'où venez-vous ?

- Magnolia.

- Votre nom a pourtant une consonance étrangère.

- Je vous le concède.

- Des origines ?

- Du côté de ma mère. »

Il semblerait que ce Gerald ne comptait pas approfondir d'avantage ses réponses. Tant pis, Erza pouvait s'en contenter pour le moment. Ils avaient amplement le temps de faire connaissance étant donné que ce jeune homme et elle allaient passer beaucoup, beaucoup de temps ensemble au point de risquer une overdose. Elle espérait simplement qu'il avait bien les compétences nécessaires afin de l'escorter sans embûches.

« Où allons-nous ?

- Monsieur Draer m'a demandé de vous conduire jusqu'à votre suite et de vous informer de votre interview qui se tiendra demain matin.

- Quelle interview ?

- Il semblerait que des rédacteurs ont eut vent de votre prochain film.

- Jason a encore frappé…, marmonna la rousse avant d'ajouter plus clairement : le trajet est encore long ?

- Vingt minutes vu la circulation. »

Elle s'enfonça un peu plus dans son siège et appuya son menton contre ses doigts, son coude installé sur l'espace que la fenêtre lui offrait.

« Faîtes au plus vite. »

Cela faisait un très long moment qu'elle n'était pas revenue ici, à Crocus. C'était une ville magnifique, grande, colorée grâces aux magnifiques fleurs aux diverses et exquises senteurs. Mais Erza ne pouvait s'empêcher d'avoir un petit faible pour Magnolia, lorsque les cerisiers du parc laissaient danser ses fins et délicats pétales rosés en une pluie à couper le souffle. Cependant, rien ne pouvait égaler Rosemary, son petit village natal. La nature grimpait sur les habitations, délivrant fraîcheur et beauté. Les plantes écloraient, ajoutaient un charme à cet endroit où l'activité calme et régulière ne bouleversait quoi – ou qui – que ce soit. En somme, c'était un havre de paix où le confort rimait avec chaleur, douceur, convivialité.

Son havre de paix.

Il faudrait qu'elle songe à passer bien plus de temps là-bas, comme elle s'était empressée de le faire après avoir clôturé ses dernières séances photos et interviews. Certes, elle n'avait pas pu rester bien longtemps mais elle s'était refaite une santé, s'était ressourcée et vidée la tête pour mieux se concentrer sur son travail et sa vie suffisamment animée. Mais, pour le moment, elle ne devait pas songer à d'autres vacances – même si elles étaient plus que méritées – mais à ranger ses affaires dans ce duplex que Makarof avait choisi pour elle. Cet endroit était somptueux, spacieux et sans aucun doute extrêmement hors de prix. Il le savait qu'elle aimait la simplicité, bien que les choses excessives restaient tout de même avec un certain charme. Sauf qu'elle pouvait aisément se priver de toutes fioritures.

Un soupir lui échappa ; elle devra faire avec et ne pas se plaindre de ce luxe offert.

S'avançant sans se presser vers les immenses baies vitrées de la salle de séjour, Erza effleura la rembarde de l'escalier qui menait à une autre pièce puis les canapés en angle d'un blanc pur. Ses pieds nus – car elle s'était très vite débarrassée de ses talons à aiguille et les avaient jeté dans un coin – savouraient le frais du marbre. Elle aperçut grâce au reflet son nouveau toutou qui descendait de l'étage, ayant déposé sous sa demande sa valise dans sa chambre. C'était un homme grand, carré des épaules avec un corps élancé. Sa peau était dorée, hâlée, plus que la sienne et faisait ressortir ses joyaux qu'étaient ses yeux. Ses mèches qui venaient d'une chevelure ébouriffée, désordonnée, lui tombaient parfois devant les yeux lorsqu'il baissait la tête pour retenir un sourire narquois à son égard. Mais le plus intriguant – à part le fait qu'elle ne détenait encore aucune information sur sa vie – restait ce tatouage sous son œil droit et une partie de son front. Les courbes étaient soignées, harmonieuses. Fluides. Elle mourrait d'envie d'y faire courir ses doigts pour en tracer le contour et, ainsi, le mémoriser. Malgré son emploi, il était habillé de manière élégante, sans trop en faire. Sa chemise nacrée était impeccable, son pantalon d'un bleu profond collait un peu à ses jambes et se retrouvait plié lorsqu'il atteignait ses chevilles. Ses chaussures au peu montante étaient ocre, lacées et propres. Vêtu comme ça, il se fondait dans la masse et ne semblait pas être capable de maîtriser quelqu'un.

Gerald n'était pas déplaisant à regarder, au contraire, il était fascinant.

« Allez-vous rester debout encore longtemps ? S'enquit Erza en se dirigeant vers lui d'une démarche chaloupée. Vous me stressez. »

C'était loin d'être une blague. Sa nervosité n'avait pas cessé de s'accroître en percevant son regard inquisiteur posé sur elle. Il ne bougeait pas, restait à la porte ou non loin d'elle, mains derrière le dos, raide et droit, le menton légèrement relevé, les pieds un peu écartés. Cette posture lui était familière, ayant vu Luxus se tenir ainsi plus d'une fois. Son métier le voulait, il s'y était plié.

La jeune femme enfonça son ongle – sans trop appuyer – dans le torse du garde du corps qui haussa un sourcil, comme amusé – et intrigué.

« Je ne pensais pas que Makarof embaucherait un militaire pour veiller sur moi.

- Ancien militaire, corrigea-t-il dans un souffle. Monsieur Draer se préoccupe beaucoup de votre protection.

- Au point d'embaucher et de valider cette fois une personne assez compétente ?

- Est-ce un mal ?

- Une perte de temps, grogna la rousse. Je sais me débrouiller seule. »

Sur ces mots, elle partit vers la cuisine en contournant le comptoir.

« Sans vouloir vous offusquer, il est préférable d'être accompagnée lorsque l'on est une femme aussi connue que vous. »

Sans répondre, Erza ouvrit le frigo pour regarder ce qu'il contenait. Sans surprise, il était plein à craquer mais rien ne retint son attention. Elle voulait autre chose, une chose source de délice, de sucrerie, de douceur. Et il n'y en avait pas, dedans. Avec une moue, elle ferma la porte et se retourna, retrouvant Gerald qui n'avait pas fait un geste mais qui l'observait encore, sans se soustraire ou baisser les yeux lorsqu'il s'aventurait à s'accrocher à son regard d'ambre.

« Quelque chose ne va pas ? »

Elle se mordit la lèvre. Elle n'aimait pas faire des caprices mais là… là, c'était important. Elle en mourrait d'envie tout le temps de son vol car ces incapables n'en avaient même pas. Elle avait dû patienter. Longtemps. Et en arrivant, pas de petite boîte contenant son péché mignon. Rien. Juste des fruits. Des légumes. De la viande. Des aliments basiques.

« Il faut qu'on sorte.

- Sortir où ? N'y a t-il pas tout ce qu'il faut, ici ?

- Non, il n'y a pas tout ce qu'il faut, répondit Erza en prenant soin d'insister sur la négation.

- Vraiment ? Et ce que vous désirez ne serait-il pas… facultatif ? »

Comment osait-il dire de pareilles absurdités sans savoir de quoi il était question ?!

« Qu'importe votre avis, siffla-t-elle, dangereuse, votre rôle est de me suivre partout sans protester.

- Si vous accordez tant d'importance à ce que je vous suive gentiment partout alors, très bien, allons-y. »

Quelque part dans sa tête, une petite voix ne cessait pas de lui répéter qu'elle allait sans aucun doute le regretter, un jour.

Trois longues semaines étaient passées et contre toute attente, Gerald était d'une compagnie agréable malgré le sarcasme qui était parfois palpable dans ses commentaires. Il n'était pas envahissant, se montrait respectueux envers elle et avait de – très – bonnes manières. Il était intelligent, logique, doué, stratégique. Elle admettait volontiers que sa capacité physique aux divers entraînements lui était fort utile, surtout quand elle se trouvait dans l'obligation de s'entretenir pour sa carrière. Elle avait même découvert qu'il était un cuisinier hors pair après avoir goûté bon nombre de ses plats. C'était une personne surprenante, aux diverses facettes qu'elle mourrait d'envie de connaître. C'en était presque devenu son passe-temps favori.

Ça et le taquiner.

Erza mentirait si elle ne disait ne prendre aucun plaisir à le voir bafouiller, perdre ses mots, son sens de la répartie et rougir face à elle. C'était sa douce et lente vengeance pour tous ces moments où elle s'était retrouvée ainsi, devant lui, faible et vulnérable tandis qu'il se moquait d'elle d'un sourire en coin aux allures taquines. C'était sans doute une habitude dorénavant mais elle ne s'en lassait pas, renouvelait sans cesse et se satisfaisait de sa petite victoire personnelle. Mais malgré ce rapprochement, il y avait toujours cette barrière qu'il imposait, celle qu'il s'interdisait de franchir.

Pas de relation au delà du professionnel. Aucune amitié.

Ou plus.

Oh, oui cette idée avait franchi l'esprit de la jeune femme plus d'une fois, elle l'avouait sans broncher. Mais un être normalement constitué ne resterait pas toujours de marbre face à un homme avec un tel charisme avec lequel elle vivait, pour ainsi dire, tous les jours. Il lui était même arrivé de finir dans des situations embarrassantes où son espace vital avait soudain été réduit en miette. Elle ne s'en était jamais plaint. À vrai dire, elle avait apprécié ces moments car ils étaient devenus bien rares avec le temps. Voir inexistants. Mener une vie de star n'était pas aisé. C'était difficile, dur à gérer et aimant être discrète, Erza préférait éviter les ragots dont elle pouvait être le sujet central. Ses relations avec les hommes – et les femmes – restaient ainsi purement amicales, de peur des scandales que les journaux étaient capable de publier. Certes, ça avait parfois un côté bénéfique, comme augmenter sa popularité mais exister pour de tels besoins, ce n'était pas son truc.

Le fait était bien là, néanmoins : ses interactions avec la gente masculine se réduisaient à de simples banalités comme dire bonjour, rire avec eux et surtout avec aucun contact.

Mais Gerald était comme le testeur de ses limites.

« Pourquoi avoir quitté l'armée ? »

Elle lui avait posé la question sans détour, bien trop curieuse, une simple envie de combler ce défaut. Sauf qu'il ne répondait pas, changeait le sujet, désireux de détourner la conversation. Une habitude quelque peu irritante. Elle ne prévoyait pas de lâcher l'affaire. Pas cette fois. Alors, avec un petit sourire, Erza s'était avancée vers lui, doucement, très lentement, ses mains tressant machinalement ses longs cheveux écarlate sur le côté tout en se mordillant à la légère la lèvre inférieure, ses yeux se baladant sur le visage de Gerald qui se tenait près de la baie vitrée, de dos à celle-ci.

« Vous avez beaucoup à faire demain, répondit ce dernier en s'écartant d'elle. Peut-être devriez-vous songer à vous reposer.

- Tu évites souvent les discussions.

- Je pense que vous demandez beaucoup de choses qui ne servent à rien.

- J'aime bien connaître les personnes que je fréquente.

- Je n'ai rien d'intéressant à conter, marmonna le garçon qui trébucha et se retrouva assis sur le canapé, penaud.

- Hum… »

Il n'avait pas eut le temps de se relever qu''elle avait posé sa paume contre se torse, exerçant une soudaine poussée pour le plaquer dans le confort des coussins. Elle s'installa sur lui, sur son bas-ventre, délicatement.

« … je ne suis pas de cet avis, chuchota la rousse. Tu es quelqu'un qui cultive le secret.

- Je ne suis qu'un employé et… ce genre de comportement n'est pas conventionnel entre… »

Avec un certain amusement, elle remarqua qu'il avait inachevé sa réponse alors qu'elle s'était penchée vers lui, sa bouche effleurant la courbure de sa mâchoire. Elle s'autorisa à prendre une inspiration, humant son agréable odeur. Elle laissa ses paupières se fermer, un instant, désireuse de l'apprécier durant encore quelques secondes. Il ne bougeait pas, était comme pétrifié.

« Tu es quelqu'un d'assez compétant pour me repousser. À moins que… tu n'en ai pas envie. »

Il déglutit, détourna brusquement le regard du sien. Ses joues se mirent à rosir.

Son cœur s'arrêta en comprenant le sous-entendu qui pesait dans son silence.

Un mois s'était écoulé.

Un mois durant lequel elle s'était montrée quelque peu distante envers Gerald. C'était plus fort qu'elle, et ça malgré son attirance pour lui. Elle préférait l'éviter, ignorer ces papillons qui s'incrustaient dans son ventre, son cœur qui menaçait d'exploser à chaque regard appuyé, sourire en coin ou même simple parole sans réelle importance. Se retrouver dans cet état n'était pas familier. C'était même la première fois depuis longtemps. Voir depuis toujours. Elle avait le droit de se sentir confuse. Incertaine. Sans oublier qu'il n'était pas non plus un grand bavard, désormais. Le silence se faisait de plus en plus souvent.

La tension s'agrandissait, elle aussi.

« Gerald ?

- Oui ?

- Tu aimes ce métier ? »

Ils étaient sur le balcon. Elle regardait la ville en contre-bas, s'émerveillait devant les lumières qui brillaient. L'air était chaud.

« Oui. »

Elle sourit, posa son menton sur ses avants-bras posés contre la rembarre.

« Pourquoi ? »

Il se racla la gorge.

Reprit la parole.

« Parce que j'ai rencontré quelqu'un de formidable. »

Elle se surprit à se mordre la lèvre – un acte devenu une habitude. Les tournages étaient bientôt finis, encore deux semaines avant de retourner à Magnolia et de voir Makarof, pour parler de ses futurs contrats et de ses éventuelles interviews. Un nouveau voyage aura lieu.

« Tu as été embauché pour cette période à Crocus ? »

Elle voulait savoir. Elle avait besoin de savoir.

« Si c'était le cas, est-ce que cela changerait quelque chose pour vous ? »

Gerald avait cette manie de toujours répondre par une autre question. Elle pouvait trouver ça énervant par moment et il en avait conscience. Cela ne l'empêchait pas de recommencer lorsque l'humeur lui en disait.

« Oui. »

Lui faire face, le regarder. Rougir. Sentir son souffle se prendre dans la gorge. Chercher les mots. Renoncer. Se plonger dans l'étendue mordorée de ses yeux scintillant, s'y perdre. S'avancer, ne pas reculer un instant. Sentir la respiration profonde et encore régulière balayer son visage, doucement.

« Mais tu le sais, maintenant. »

La brise déplaça quelques unes de ses mèches pourpre. Mèches qu'il rangea derrière son oreille, faisant chavirer un peu plus son cœur qui succombait déjà. Il fit traîner son pouce sur sa promette, glissa, atteignit ses lèvres entrouvertes. Ses mains lui relevèrent le visage.

« C'est mal.

- Je m'en fiche.

- On ne devrait pas.

- Je m'en fiche, répéta-t-elle à nouveau, obnubilée par sa bouche.

- On ne p- »

S'appuyant sur la pointe de ses pieds, Erza pressa ses lèvres contre les siennes, ses doigts se recroquevillant dans la crinière désordonnée et soyeuse. Lentement – mais sûrement – elle sentit ses bras autour d'elle, la pressant contre son corps tout en lui rendant son baiser avec ferveur.

« Vous avez été élu modèle féminin de l'année, une nouvelle fois encore. Est-ce que cela vous plaît de la même manière qu'il y a trois ans ? »

C'était sa dernière rencontre avec les journalistes. Elle les avait donc convié dans ce qui avait été son domicile durant ces longs mois et avait obtenu une réponse pour le moins enjouée. Elle était assise ainsi en face d'eux, sur un des canapés, Gerald se tenant derrière, en retrait, surveillant les invités.

« Et bien… je ne suis guère de celle qui se pavane grâce à toute une célébrité accumulée, comme je l'ai déjà dit lors de d'autres interviews. J'aime la discrétion et ce métier en offre que très peu, parfois. Je peux dire cela me plaît toujours autant car la passion est là et n'a pas disparu, pour le moment.

- La pensée de tout arrêter ne vous a jamais traversé l'esprit, récemment ? »

Le dos entrant en contact avec le canapé, Erza croisa les jambes, de légères couleurs ornant ses joues.

Récemment était sans hésiter le bon mot. L'idée de stopper sa carrière était beaucoup revenue lors de ces deux semaines suite aux récents événements survenus, impliquant de très près un certain employé, derrière elle. Lorsqu'elle avait commencé à mentionner cette possibilité de mettre un terme à ses activités d'actrice et de mannequin, Gerald s'était montré contre. Vraiment contre. Cette illumination ne lui plaisait absolument pas. Elle n'avait pas protesté bien longtemps, sachant très bien qu'il avait raison et qu'elle devait oublier ça.

« Non. J'aime ce que je fais, cela fait partie de moi. Arrêter, ce serait un peu comme me punir.

- Est-ce que vos proches se plaignent parfois de ne pas vous voir ?

- Hum… pas vraiment. Ils me supportent dans chacune de mes décisions. »

Elle entendit le journaliste se racler la gorge, signe qu'il s'apprêtait à entrer dans le domaine intime, une partie dangereuse qu'elle préférait éviter.

« On peut vous voir en compagnie de différents hommes pendant vos projets. Beaucoup de fans s'imaginent qu'une romance a vu le jour entre vous et Hibiki, le chanteur faisant partie du groupe de musique, les Trimens, lors de votre tournage… »

Erza se retint de faire une grimace.

« … est-ce vrai ?

- C'est absurde, comme toutes les allusions concernant le fait que j'ai un amant à chaque fois que je rencontre de nouveaux collègues.

- Vous n'êtes donc actuellement pas amourachée d'une quelconque personne ? »

Silence.

Devrait-elle mentir ? Les gens finiront bientôt par le savoir, dans tous les cas. Pourtant...

« Je préfère garder cela privé. »

Les journalistes étaient partis depuis une heure. Erza était partie vaquer à des occupations, comme faire couler un bain tout en rangeant ses affaires, une certaine nostalgie imprégnant ses gestes lents mais précis. Une fois la majeure partie rassemblée et mise près ou dans la valise, elle avait commencé à se diriger vers la salle d'eau avant de s'arrêter, sentant un regard perçant dans son dos.

« Quelque chose ne va pas ?

- Tu sembles pressée de partir.

- Je suppose que c'est un « oui » vu ta réponse.

- Non, je… »

D'un pas fluide, la comédienne lui fit face, un petit sourire en coin.

« Puisque tu es là… pourquoi ne pas profiter du temps qu'ils nous restent ? Proposa-t-elle.

- Pardon ? »

Ses doigts coururent à la légère sur sa chemise immaculée, atteignirent son épaule gauche puis sa nuque. Il se pencha tandis qu'elle le poussait vers le bas, vers son visage.

« Mets de côté ton contrat, juste pour cette nuit. »

Erza marcha d'un pas rapide dans l'aéroport, suivie par son garde du corps qui tenait sa valise. Son séjour à Crocus était terminé. Maintenant, elle devait s'en aller, comme prévu. Elle atteignit les portes d'embarcation, le cœur déchiré entre son souhait de rester et son devoir de partir. Elle sentit la poignet de son bagage se retrouver dans sa main, puis la légère caresse de doigts parcourir fébrilement sa peau.

« Donc tu ne viens vraiment pas. »

Elle ne posait pas une question. C'était simplement ce qu'elle remarquait avec un pincement dans ce muscle si vivace qui tambourinait dans sa poitrine, sans relâche.

« Je ne peux pas. Mon contrat avec toi est fini.

- Est-ce qu'on va se revoir ? Demanda la jeune femme avec une voix éteinte. Sois honnête. »

Et Gerald sourit. Un sourire doux. Tendre. Un sourire remplit de promesses, comme cette nuit qu'ils avaient partagé avec passion, envie, désir. Un sourire qu'elle lui retourna, amoureusement, avant d'enfreindre cette règle du non contact en public. Elle l'embrassa, une dernière fois, rapidement, ne se souciant pas des regards, des flash causés par les appareils photos et téléphones. Elle se fichait des futurs potins.

Seul cet homme comptait, désormais.

Elle se détacha de lui, avec difficultés avant de susurrer contre son oreille, menaçante.

« Ne sois pas trop long. Je n'aime pas attendre. »