Yo !

Un chapitre plus long que les précédents, mais je voulais pas le couper.

Bonne lecture !

Toujours TW : Sang

Sœurs jumelles

Nouvelle lune

L'eau, au moins, est chaude. Elle coule sur le crâne de Kairi, imprègne ses cheveux et ruisselle en serpents sur sa peau. C'est encore douloureux, quand ça passe sur son œil. Elle n'a pas encore de protection en caoutchouc. Son père a dit qu'elle devait éviter de passer la tête sous l'eau. Il a dit que c'était difficile de percer la surface une fois qu'on était en-dessous. Qu'elle verrait à peine la limite. Que l'eau c'est plus lourd que l'air.

Elle halète, sa poitrine s'emballe et elle ferme les yeux plus fort. Quitte à se faire mal. Elle inspire. Expire. Inspire. Expire. De plus en plus vite. Elle cogne la tête contre le mur carrelé, et la porcelaine rouge, miraculeusement fraîche, lui tient le crâne. S'il n'était pas là, elle croit qu'elle tomberait. Le jet d'eau de la douche lui coupe la nuque.

« C'est un nouveau maillot de bain ? »

Elle se retourne brusquement, colle le dos contre le mur. Naminé a sa robe blanche et un sourire presque aussi pâle. Elle la regarde droit. Les mèches carmin qui tombent sur ses épaules, assombries d'eau chaude, les griffures sur ses bras, les boutons percés qui ont laissé des points rouges et les plaques sèches et irritantes de l'eczéma. Des plaques sur l'intérieur des coudes, l'intérieur des genoux et une nouvelle, grosse comme la paume de la main d'un père, qui appuie sur son ventre et vient se cacher dans le bas de son maillot de bain vermillon.

« Je l'ai acheté en Bretagne. Avec Sora. »

Elle décolle lentement le dos du carrelage rouge, sent le contact soudain de l'air sur sa peau. Elle arrête l'eau de la douche.

« Ah, c'est pour ça que je ne l'avais pas encore vu. »

Son corps goutte lentement sur le sol. On entend le bruit du vent à travers la baie vitrée. Quand Naminé s'avance, l'eau que ses pieds soulèvent et abandonnent fait un plic-ploc glacé. Kairi déglutit, et ses jambes sont lourdes, pèsent sur ses hanches comme des blocs de glace. Elle fait un pas vers la baie vitrée. Regarde par la fenêtre. Elle ne croyait pas qu'elle s'habituerait si vite à un champ de vision diminué. Elle a perdu son sens de l'équilibre, son appréciation des distances, mais elle a plus de facilités à se concentrer. C'est plus difficile de la distraire. Et plus facile de la surprendre.

« Les garçons sont dans l'eau ?

— Je ne les vois pas. »

Elle ne veut pas sortir. Elle ne veut pas non plus rester ici. Elle veut rentrer chez elle, prendre une chemise de son père dans l'armoire et la porter en dormant. Les arbres du jardin de Riku ont perdu leurs feuilles, et certaines, presque grises à force d'être marrons, flottent paresseusement sur l'eau de la piscine.

« Ils doivent être dans la chambre de Riku.

— J'imagine. »

L'eau de la douche coule à nouveau et Kairi se retourne. Son œil met un temps à trouver ce qu'il doit regarder. Elle titube, cherche un appui pour sa main et manque de tomber. Elle colle la paume à la baie vitrée. Elle va laisser une marque. L'odeur ferrugineuse du shampoing de Naminé remplit la pièce. Elle chantonne, passe d'un pied sur l'autre.

« Mi-fa-sol, la ... mi, ré, ré, mi, fa, sol-sol-sol, ré-do. »

Elle masse lentement son cuir chevelu, enfonce les ongles dans son crâne comme si elle y cherchait des poux. Elle appuie son pouce juste à la jonction entre la nuque et le crâne, remonte et sourit en entendant ses cheveux se froisser, se frotter les uns contre les autres. Ils sont presque blancs, l'été les a éclaircis encore. Il a échoué à colorer sa peau. Elle est mortellement pâle, l'inverse de Kairi, vraiment. A les voir, toutes les deux, maintenant, on croirait un yin et un yang, quelque chose de symbolique. Naminé sous l'eau, dans une robe trempée, blanche comme une huître, presque grise, presque transparente. Kairi, presque nue dans un maillot de bain pétant, la peau boursoufflée de blessures superficielles et de trop de soleil, un œil fermé sur le monde. Et Kairi déteste ça. Elle sait. Elle sent de quoi elles ont l'air.

« Arrête ça. »

Et Naminé n'arrête pas. Elle lance à peine un regard à sa sœur, continue de se masser le crâne, descend progressivement vers ses épaules.

« Nous sommes de sœurs ... jumelles ...

— Arrête de chanter.

— ... nées sous le signe des gémeaux ... »

Elle déglutit. L'eau sur sa peau a eu le temps, bien le temps de refroidir, au point qu'elle en frissonne maintenant. Elle veut juste que sa sœur arrête.

« Naminé.

— Toutes deux demoiselles ...

— S'il-te-plaît !

— ... ayant eu des amants très tôt ...

— Arrête !

— Aah ! »

Kairi ne l'a pas touchée. Elle peut le promettre. Elle n'a pas bougé de là où elle était – elle y a pensé pourtant, s'est dit que ce serait incroyablement facile de marcher jusqu'à Naminé, qu'elle a des jambes comme des allumettes sa petite sœur, alors elle n'aurait même pas à viser avec son pied, elle n'aurait qu'à se baisser et attraper les jambes à pleins bras avant de les tirer vers l'arrière. Elle sait qu'elle en est capable. Elle n'aurait rien de plus à faire que Naminé plongerait tête la première vers le mur. Elle se fendrait la lèvre, se casserait peut-être une dent ou deux. Est-ce que ce serait plus grave que ça ? Kairi se demande combien c'est vraiment solide, un crâne. On lui a toujours dit qu'elle avait le crâne dur.

Elle y a pensé, mais elle n'a pas touché Naminé. Pourtant Naminé a crié, et elle se tient le ventre comme si on lui avait mis un coup de couteau. Il y a du sang qui sort, qui s'étend sur la robe et qui se mêle à l'eau de la douche pour couler vers l'évacuation. Naminé à les yeux écarquillés, et la bouche ouverte sur le néant. Elle serre les jambes, et Kairi voit le sang couler entre les cuisses de sa sœur. Elle abandonne la baie vitrée, avance du plus droit qu'elle peut pour poser une main sur son épaule. Naminé s'arrache à elle.

« Ne touche pas ! »

Alors elle croise les bras.

« C'est normal, Naminé. »

Mais Naminé secoue la tête.

« Ça ne devait pas arriver. Ça ne devait pas m'arriver. »

Son regard est fixé sur le sang, elle ne peut pas le fuir. Elle le sent, quand elle sursaute et que son abdomen se contracte, il se déverse, il coule, traverse une partie de son corps qu'elle n'a jamais touché et s'extrait d'elle, la laisse vidée de lui. Il la salit, quand il s'accroche aux poils blonds de ses cuisses, aux aspérités de son genou. Elle a envie de pleurer. Elle veut que l'eau lave tout, le sang qui a coulé et celui qui coulera. L'odeur de fer lui donne la nausée, l'attaque, elle inspire par la bouche mais l'air l'étrangle.

« Je veux pas – Kairi, il faut faire quelque chose. Il faut faire quelque chose pour que ça s'arrête. Je veux nager. Si je vais dans l'eau je vais me noyer. Kairi, arrête ça ! Arrête ça. Je veux pas. J'ai rien fait. Je te promets que j'ai rien fait de mal. Tu le diras à Maman ? C'est pas ma faute.

— Tout va bien.

— Je vais mourir ?

— Tout le monde va mourir. Ecarte les jambes, ne laisse pas le sang sécher. Tu mourras demain si Maman voit la tâche sur ta robe. »

.

Naminé est assise au bord de l'eau. Il y a un gilet par-dessus son maillot de bain, et une tasse de chocolat chaud dans sa main. Son pied droit est plongé dans l'eau chlorée de la piscine. Debout à côté d'elle, Kairi le voit trouble. On dirait qu'il va disparaître. Se faire engloutir. Aspirer par le fond de la piscine. Il bouge à droite et à gauche dans un bruit mouillé qui perce les oreilles de Kairi. Krrrrliss. Plrrikl.

« Le tampon me fait mal.

— Alors retire-le.

— Mais je veux me baigner.

— Alors baigne-toi vite et retire-le après.

— Je veux pas avoir mal quand je me baigne. »

Naminé tend la main vers la surface de l'eau avec une délicatesse incroyable. On dirait qu'elle approche un animal sauvage. Une bête à la conscience incompréhensible, imprévisible. Elle pose un doigt sur la surface, sans la traverser. Kairi veut attraper son bras. L'éloigner. C'est son rôle de la protéger. De quoi ? Naminé n'a pas peur. Seulement mal. Elle est juste triste et ça, Kairi n'y peut rien.

« … ri. »

Si Naminé ne va pas se baigner, ça l'arrange. C'est moins angoissant. Elle a l'impression qu'il est là. Qu'il va surgir de l'eau, trempé, les cheveux comme de l'encre et les yeux liquides. Il est comme une sirène. La nuit, elle croit l'entendre appeler, et sa voix ressemble à une cascade. Elle frissonne. Quelle idée de venir ici ? Quelle idée de venir dans l'eau alors qu'octobre gèle ? Le ciel est blanc, tellement blanc qu'elle n'arrive pas à le regarder. Elle est bien forcée de regarder en bas. L'eau transparente qui reflète le ciel. La lumière est si forte, on ne voit pas bien ce qu'il y a sous la surface. Comme un miroir, la piscine protège son intérieur. Elle garde ses secrets, laisse à peine entrevoir le mouvement d'un pied ou l'ombre d'une hanche.

« Kairi. »

Il y a quelque chose sous l'eau. A l'autre bout de la piscine. Une forme plus sombre que le ciel, qu'elle ne distingue pas. Est-ce que c'est Sora ? Ou Riku ? La forme ne semble pas vouloir percer la surface. Kairi ne veut pas qu'elle le fasse. Que ce qui est dans l'eau reste dans l'eau. Et si c'est Sora, qu'il se noie. Elle ne serait pas triste, non. Quand elle y pense, elle se dit que tout serait même plus facile. Elle pourrait marcher sur le rebord de la piscine, à bonne distance de l'eau, un pas après l'autre en luttant contre le froid. Elle marcherait jusqu'à la forme. Elle serait fébrile, et le regard perdu mais quelque chose de brûlant commencerait à monter du bas de sa colonne vertébrale jusqu'à sa poitrine avant de lui gagner la tête. Ce liquide chaud et impulsif la calmerait, comme une excitation, comme une drogue, la perspective d'une nuit à dormir dans des draps partagés avec son chien, un plaisir simple, et puisqu'elle serait si calme, elle attendrait. Elle attendrait que la silhouette essaie de venir au monde mais dès que la tête de Sora passerait la surface elle s'agenouillerait et poserait les deux mains sur ses épaules, elle appuierait et verrait sans peur des bulles d'air éclater depuis le monde sous la surface, elle sentirait bientôt les épaules se relaxer. Se détendre. Elle n'aurait plus qu'à le pousser un peu vers le bas, et il finirait de se noyer seul mais – ce n'est pas Sora. Ce n'est pas Sora, Sora a des épaules plus petites. Sora a des mains plus petites et des ongles plus sales. Sora ne se débat pas si furieusement. Si ce n'est pas Sora, où est Sora ?

« Kairi ! »

Deux mains, une sur chacune de ses omoplates et la prochaine chose qu'elle inspire, c'est de l'eau. Elle est paralysée. Tout autour d'elle est glacé. Elle n'arrive pas à fermer l'œil, tout est flou et

FROID

Elle est dans l'eau. Elle est sous la surface. Si ce n'est pas Sora c'est peut-être elle, le monstre, avec ses ongles sales et ses épaules larges, avec son maillot de bain trop serré à la taille et sur son sexe, qui l'empêche de respirer, qui lui fait mal partout. L'eau qui l'entoure la calmait, quand elle était enfant, quand est-ce qu'elle a perdu ça ? Elle veut s'agripper à quelque chose, un objet qu'elle tire vers elle et bientôt l'eau rougit. C'est salé comme de l'eau de mer et ça pique l'œil de Kairi. Elle sent un serpent s'enrouler autour de son cou. Deux autres autour de ses jambes. Quand elle perce la surface, Naminé la tient. Du sang a rougi ses cheveux. Elles sont presque identiques, difficiles à différencier, si ce n'est pour l'œil saignant de Kairi. Un tampon flotte à côté d'elles. Kairi tend la main vers lui. Il s'enfuit.

.

Sora est derrière Kairi. Dans son dos quand elle regarde l'eau. Il regarde son dos. Et il regarde Naminé. Elle est presque maigre. Elle a quinze ans. On ne croirait pas. S'il ne la connaissait pas, Sora lui donnerait peut-être douze ans. Elle ne se maquille pas. Elle ne porte que du blanc. Un gilet blanc sur ses épaules blanches et son maillot de bain blanc sur sa poitrine qui n'a pas encore poussé.

Sora déglutit. Il s'approche sans un bruit. Comme un loup qui suit la trace d'un lapin au beau milieu de l'hiver. Naminé est jeune et belle et pure. Sora le sait. Est-ce qu'elle lui plaît ? Ce serait si facile, si écœurant de facilité de la salir. De la pousser dans le sang et le stupre. Elle ne comprendrait même pas. Elle a confiance en Sora. Il lui sourit et elle lui sourit. Elle ne se doute de rien. Elle ne comprend rien. Ce qu'elle est bête, de ne pas se méfier. Elle ne sait pas ? Elle n'a jamais appris que le monde est plein de fous ? Que ceux qui ont perdu l'enfance veulent l'arracher aux autres ?

Non, non. Il secoue la tête. Il est encore un enfant. On le lui dit tout le temps. Il fait des choses stupides. Il est impulsif. Il n'a que ça. Des impulsions. Il pose les mains sur les omoplates de Kairi. Il pousse.

.

« L'eau … l'eau est un problème. »

Gros plan sur le visage de Kairi, elle transpire et son œil fixe le sol. Sa respiration est un peu en vrac. La chaise sur laquelle elle est assise est confortable. Elle fait face à une fenêtre, et la lumière qui se plaque sur son visage la met mal à l'aise. Elle remue. Enferme une de ses mains sous ses cuisses. Il lui semble qu'elles pèsent une tonne chacune.

« Voulez-vous développer ?

— Je crois que … je crois que j'ai peur de l'eau ? Ça ne m'avait jamais fait ça avant. C'est depuis … Depuis l'accident. »

Elle porte une main à son œil, le caresse fébrilement. Voilà, une chose à laquelle elle ne s'est toujours pas habituée. Se sentir pleurer d'un seul œil. L'eau qui coule jusqu'à la commissure de ses lèvres. Et une joue sèche et froide.

« Ce n'était pas un accident, Kairi. »

Elle sursaute. Elle le sait. Sa psychiatre ne le lui a jamais dit. Elle a laissé faire jusque là. Elle est à deux doigts de sentir la honte lui brûler les joues, mais le sourire rassurant de la femme en face la rassure. Enfin, elle arrive à se détendre. A se souvenir pourquoi elle se sent si bien ici. Pourquoi elle se sent mieux que chez elle.

« Voulez-vous revenir sur l'eau ?

— Je ne comprends pas. Ça a changé brusquement. Ou petit à petit ? Je n'arrive plus à prendre un bain. L'eau … l'odeur de l'eau. Ça me donne envie de partir en courant. Alors que l'eau … Et si je n'aime plus la mer ? Alors que … La mer me rassure. C'est pour ça que j'ai choisi ce prénom. Vous savez ça, vous étiez là. Alors pourquoi ? La mer, ça a toujours été … l'eau … l'endroit où je me sens bien. Où je m'enferme. Je sais pas ce que je ferai, si je perds ça pour de bon. Vous croyez que c'est … un genre de stress post-traumatique ? Mais ça … ça n'avait rien à voir avec l'eau. Et maintenant j'ai l'impression que les vagues sont des serpents, c'est un nid de serpents, voilà, des serpents noirs et venimeux et beaucoup plus puissants que moi … J'ai l'impression que …

— Que votre mère vous a trahi.

— Oui. Oui. C'est … c'est exactement ça. C'est comme si elle me … Elle me prenait dans ses bras …

— Elle vous étreignait. Et l'instant d'après, elle vous serrait si fort que vous n'arrivez plus à respirer. Alors vous la serrez aussi. Parce que vous ne voulez pas l'éloigner, vous ne voulez pas la perdre et vous la regardez, vous essayez de dire Maman ? Qu'est-ce que tu fais ? Mais l'eau avale vos mots et s'infiltre dans votre bouche malgré vous. Tout est noyé, tout à part la douleur qui commence à monter et la panique, et les yeux levés vers votre Maman, qui vous regarde vous noyer depuis la surface, et qui vous sourit, et vous n'arrivez pas à savoir si vous avez encore plus peur ou si ça vous rassure, parce que c'est familier et terrifiant, parce que vous sentez à quel point elle vous aime quand elle vous enfonce plus profond encore, toujours plus profond, et la lumière diminue mais elle vous tient toujours, et vous croyez qu'elle vous dit qu'elle vous aime, qu'elle ne vous lâchera pas, ne vous lâchera pas tant que vous serez en vie mais qu'il n'y a pas à s'inquiéter parce que bientôt vous serez morte. »

Kairi halète. Les yeux de sa psychiatre tirent vers le jaune. Quand elle l'a rencontrée, il y a dix ans, pour son premier rendez-vous, elle avait les yeux bleus. Bleus comme ceux de Kairi. Quelque chose les a empoisonnées depuis. Elle n'avait pas remarque.

« Comment vous savez ça ? »

La psychiatre ouvre son tiroir, en sort une petite boîte ronde et bleue, le genre de boîte qui abriterait bien une clé pour un monde fantastique, parallèle au leur.

« Prenez ça. Avalez d'un coup avec un verre d'alcool fort. »

Kairi n'ose pas ouvrir. Elle prend la boîte.

« Qu'est-ce que c'est ?

— Une dent. Une dent de chienne. »

Elle dit avec un sourire troué.

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La la la.

Avec le recul, je crois que j'aime plutôt bien ce texte ? C'est plus un gros test qu'autre chose, c'était en vrac dans ma tête et c'est ça qui me gênait. J'ai du mal à voir où ça va et c'est assez chaotique mais voilà. Je pense que ça vaut quand même le coup de poster.

Le chapitre 4 est pas fini, mais de toute façon, y a pas vraiment de fin à tout ça ? C'est juste … en recherche ? Idk.

Tchuss !