Disclaimer : Fairy Tail ne m'appartient pas.
Rating : T
- BAISER DE BONNE NUIT -
Elle ne l'aime pas.
Il est arrogant. Brutal. Dangereux. Malpoli. Incapable de tenir sa langue. Irrespectueux selon son humeur. Un grand enfant qui se laisse dicter par ses émotions.
Alors quoi ?
Non. Non, elle ne va certainement pas succomber, juste parce que monsieur a accepté de la raccompagner sur sa moto. Elle n'a rien contre le moyen de transport ; elle adore le vrombissement du moteur, la manière dont la carrosserie noire luit sous les lumières de la ville, la sensation de vitesse qui lui arrache des frissons. Elle aime définitivement ça, c'est indéniable.
Par contre, ce qu'elle déteste, c'est le sourire suffisant qui étire les lèvres du conducteur, cette manière dont son regard vert s'attarde trop sur elle, lourd de sous-entendus.
C'est irritant, incroyablement agaçant.
Erza retient un soupir tout en resserrant sa prise autour de sa taille. Elle fait attention que son casque ne heurte pas le sien durant le trajet puis arrête d'agripper son manteau en cuir quand ils sont enfin arrivés à destination ; elle est presque déçue de descendre de la moto mais fait mine de rien alors qu'elle se décolle de son dos.
Ses longs cheveux libérés, ils viennent automatiquement se glisser sur ses épaules et effleurer le creux de ses reins. Gerald coupe le contact et le moteur cesse aussitôt son doux ronronnement. L'odeur de sa veste lui chatouille les narines, mélangée au musc de son parfum.
« J'ose espérer que le trajet vous aura plus, princesse. »
Elle grogne sous ce ridicule surnom en se levant du véhicule, accaparant toute l'attention du motard qui tient son casque sous ses mains.
« Merci pour la balade, marmonne-t-elle.
- Tout le plaisir est pour moi. On remet ça quand tu veux.
- Ça ira. »
Le jeune homme esquisse un sourire amusé et se lève à son tour, souplement, en veillant à ce que ses affaires ne tombent pas de la moto. L'air de cet fin d'été est doux, agréable, surtout lors des nuits ; ça lui permet de respirer sans avoir l'impression de suffoquer mais ça ne peut pas lui servir d'excuse quand le rouge lui monte aux joues, dès l'instant où ses yeux se posent sur elle.
« Bonne nuit. »
Son rire lui tord le ventre et Erza ne perd pas de temps pour ouvrir le portail, filant droit vers la porte de la maison qu'elle partage avec une amie de longue date. Ses doigts fouillent vigoureusement les poches de son gilet et ses sourcils se froncent.
« Ce sera peut-être mieux avec ça, non ? »
Sa question est accentuée par le tintement des clés s'entrechoquant.
Prenant une lente inspiration, la rouquine se retourne pour le dévisager ; à quel moment lui a-t-il pris son trousseau ? Quand elle s'est absentée pour aller aux toilettes, dans le bar ? Et personne du groupe ne l'a vu faire ? Mais quelle blague !
Gerald garde son sourire en la rejoignant. Les gravillons couinent sous ses bottes pendant que les lumières jouent sur son visage aux traits fins mais durs. Son expression narquoise la met hors d'elle et la demoiselle s'empare violemment de ses affaires, faisant glisser un bout de sa maigre veste sur son épaule.
« Hum… »
Son fredonnement attire son attention pendant qu'Erza lui tourne le dos ; ses doigts sont tremblants quand elle cherche la bonne clé pour ouvrir cette maudite porte. Elle se dit vaguement que Mirajane doit être encore réveillée, parce que certaines lumières sont allumées, alors elle peut tout simplement toquer ou sonner mais, non, son besoin de contrôler remonte.
« … et si je passais demain matin ? »
Elle se fige.
« Tu en penses quoi ? »
Il la retourne doucement, comme pour ne pas la brusquer. Et c'est peut-être une bonne idée, parce qu'elle ne sait absolument pas quoi répondre, perdue dans ses émotions contradictoires. Ce n'est pas qu'elle le trouve beau, ou quelque chose comme ça. Non.
Pas du tout.
Il s'humidifie les lèvres et se rapproche encore. Ses doigts courent délicatement sur son épaule nue, exposée, avant de lentement remonter sur sa mâchoire, caressant sa joue et se glissant sans hésiter dans ses cheveux, derrière sa tête.
Il est juste séduisant. Craquant. Sexy.
Sa voix suave, rauque sur les derniers mots, est terriblement envoûtante et elle maudit son cœur qui saute un battement dès qu'il se met à parler.
« Je pense que je dois y réfléchir. »
Erza inspire en se traitant d'idiote ; pourquoi chuchote-t-elle ? D'habitude elle le repousse quand il s'amuse à briser son espace vital. Mais là, non, elle en est incapable. Elle a juste envie de se blottir entre ses bras. Peut-être qu'il l'a remarqué. C'est même certaine, vu la façon dont il pousse sa chance.
Sentir ses mains sur sa taille est agréable. Beaucoup trop agréable. Comme quand son nez effleure le sien et que son souffle brûlant s'écrase sur sa peau sensible. Il la taquine. Elle le sait.
« Tu sais… je peux rester ici ce soir, murmure Gerald. Grimper jusqu'à ta fenêtre pour ne pas éveiller les soupçons et-
- Non, le coupe-t-elle en roulant des yeux.
- Oh, tu me blesses Erza. »
Elle le fusille du regard avant de poser ses paumes contre son torse ; les muscles jouent sous ses doigts et l'envie de découvrir ce corps injustement caché la titille beaucoup trop. Le jeune homme fait la moue en comprenant son intention, celle qui vise à le repousser pour qu'elle puisse rentrer se coucher.
« Et mon baiser de bonne nuit ? »
Haussant les sourcils, Erza le fixe longuement.
« On est ami, répond-elle avec une certaine hésitation.
- Je ne te vois pas comme une amie. »
Il soutient son regard entrelace ses doigts derrière son dos, l'emprisonnant efficacement contre lui. Sa tête s'incline un peu, l'angle parfait pour qu'il puisse l'embrasser longuement.
« Et je suis prêt à parier que tu ne me vois pas comme ça non plus. »
Son assurance la déstabilise et ses doigts serrent inconsciemment son t-shirt blanc. Ses lèvres se pressent de manière suggestive contre le coin de sa bouche. Elle frémit et inspire, fébrile.
« Allez Erza, j'ai été sage aujourd'hui… »
La seconde pression dérape bien plus vers son objectif. Ses paupières tombent un peu sous la sensation, alors qu'elle est transportée par son odeur unique. Ses baisers sont lents, doux, ils l'invitent à partager cette danse. Quand elle tarde trop, Gerald pousse un petit gémissement plaintif.
« Embrasse-moi, susurre-t-il.
- Je ne sais pas, souffle la rouquine en souriant.
- Tu veux que je te supplie ?
- L'idée est intéressante. »
Il fronce les sourcils et la coince entre la porte et lui. Son corps est dur, ferme, et son bas-ventre se crispe sous le début de l'excitation.
Et elle cède quand il l'embrasse à nouveau.
C'est long. Tendre et langoureux.
Ses bras glissent autour de son cou et elle se hisse sur la pointe des pieds. Elle inspire quand Gerald passe une main sous son haut, caressant brièvement son ventre puis sa taille avant de parcourir son dos ; sa paume est rugueuse et lui arrache un frisson qui remonte le long de son échine. Sa langue cajole la sienne et il pousse un soupir de plaisir qui l'embrume encore plus.
Puis, d'une poussée, Erza l'écarte, haletante et échevelée. Il bat des cils, plongé dans le même état qu'elle, ses délicieuses lèvres gonflées par les baisers. Elle passe une main dans ses cheveux, repoussant sa frange en arrière tout en se recoiffant brièvement, juste avant de retourner pour trouver la bonne clé et ouvrir la porte.
« Tu vas vraiment me laisser comme ça ? »
Elle retient un rire en faisant un pas pour entrer.
« Sois à l'heure demain. Peut-être que j'arrangerais ça. »
La dernière chose qui reste dans son esprit quand son visage heurte son oreiller, c'est le sourire en coin de Gerald.
