Suite du précédent écrit.


Disclaimer : Fairy Tail ne m'appartient pas.


Rating : T


- PREUVES -


Si elle doit être franche, Erza n'a pas pensé à un seul instant qu'il serait venu ; Gerald n'a jamais été ponctuel, non, vu qu'il vadrouille toute la nuit et dort le matin, voire même une partie de l'après-midi. Mais, contre toute attente, il est bel et bien là.

Appuyé contre sa moto, il souffle une bouffée de sa cigarette déjà bien entamée. Il esquisse un petit sourire en la regardant s'approcher et se dépêche de finir la raison de son futur cancer. Elle plisse les yeux quand il jette le mégot par terre et l'écrase avec sa semelle.

« T'en fais pas, je vais le jeter, s'amuse-t-il, sois pas si tendue de si bon matin. »

La rouquine gonfle les joues et croise les bras tandis qu'il s'agenouille pour récupérer son déchet. Son rire lui caresse les oreilles et la demoiselle le regarde ouvrir un tube pour le mettre dedans. Il le range à l'intérieur de sa veste avant de poser ses mains sur ses hanches, afin de l'attirer vers lui.

« Tu as bien dormi ? »

Sa voix est encore rauque, remplie de sommeil ; il lui semble plus fatiguée que d'habitude, mais elle met ça sur le compte de sa présence matinale. Légèrement attendrie, Erza glisse ses paumes sur son torse pour les remonter vers son cou puis sa nuque. Ses doigts se faufilent dans les cheveux bleus, coupés hier, avant de frotter affectueusement sa tête.

Gerald soupire de satisfaction et incline la tête, pressant ses lèvres contre les siennes. Elle peut goûter l'arrière goût du tabac quand sa langue effleure brièvement la sienne. Ses baisers sont doux mais exigeants, trahissant le désir refoulé de plusieurs mois à se tourner autour.

« Tu as fini ?, chuchote la rousse en se détachant presque avec regret de sa bouche.

- Et bien… »

Il remet distraitement en place quelques mèches rouges derrière son oreille, son regard rempli de promesses à venir ancré dans le sien.

« … si tu m'offres la possibilité de continuer, je peux toujours venir avec toi dans ta chambre et-

- Oublie ce que j'ai dit. »

Une moue se dessine sur son visage. Une moue boudeuse, le genre qui s'accompagne avec un air de chiot. Pourquoi diable fallait-il que cet homme possède un côté enfantin aussi craquant ? Et le pire, dans tout ça, c'est qu'il est loin, très loin, d'en avoir l'innocence. Une pure injustice.

« Tu n'en as pas envie ? »

En prime, il est incorrigible ; il faut toujours qu'il mette les pieds dans le plat.

« Alors, c'est quoi le programme aujourd'hui ?, demande-t-elle pour changer de sujet. J'espère qu'il est intéressant.

- Sinon quoi ? Tu vas retourner chez toi et passer ta journée à ne rien faire ? »

Erza retient un sourire et hoche la tête, un air sérieux marquant ses traits.

« T'es pas sérieuse… »

Finalement, elle éclate de rire à cause de son expression déçue et choquée ; le garçon grogne tout en faisant mine de la repousser, mais elle s'accroche fermement à son t-shirt. C'est après l'avoir enlacé qu'elle appuie son menton contre son torse.

« Où est-ce que tu m'emmènes ?

- C'est une surprise, murmure-t-il en caressant son visage.

- Alors on y va ?

- Votre carrosse est prêt, il suffit de monter dessus. »

Une fois l'étreinte brisée, la demoiselle se glisse derrière le motard qui ne contient pas son sourire, le genre éclatant et charmeur, avec des dents blanches, parfaites, qui contrastent avec son teint halé. Il jette un coup d'œil par dessus son épaule, sans doute pour vérifier si elle a bien mis le casque.

Le moteur se met à ronronner lorsqu'il met le contact et, soudainement, le temps passe à une vitesse affolante. C'est toujours comme ça avec lui. Gerald débarque et elle ne compte plus les heures passées à ses côtés. Elle se sent détendue. Entière. Vivante. Et c'est agréable, ça la déstabilise aussi, un peu, parce qu'elle n'a pas l'habitude, ayant oublié ce sentiment.

Arrêtés sur un immense parking, en haut d'une falaise tout près de la mer, Erza observe silencieusement son compagnon de route qui glisse en arrière, se mettant à sa place habituelle sur la moto. Il lui fait un signe de tête, lui intimant de s'approcher.

« Viens, dit Gerald en tapotant la place du conducteur, j'ai envie de tester quelque chose. »

Le soleil se couche tranquillement et la vue qu'ils ont est à couper le souffle. Les rayons orangés font scintiller la carrosserie impeccable qu'elle caresse délicatement, une fois installée. Les casques sont posés par terre, sur les vestes.

« Que dirais-tu d'une initiation ? »

Un sourire titille le coin de ses lèvres. Elle sent son souffle chatouiller son cou et elle n'a pas envie de lui dévoiler maintenant qu'elle sait faire de la moto ; elle préfère l'écouter et être bercée par ses instructions, apprécier cette manière qu'il a de lui montrer chaque chose. Son torse et appuyé contre son dos et ses bras musclés l'enlacent comme si elle était un trésor inestimable.

« C'est bon pour toi ?, demande-t-il en embrassant son épaule. Ou tu veux que je recommence ?

- Non, ça devrait aller. »

Gerald doit sans aucun doute grimacer derrière elle quand elle commence, parce qu'elle mime une inexpérience parfaite. C'est amusant de l'entendre gémir de protestation sous certains de ses gestes et, au moment où il lui propose de revoir les bases, Erza fait rugir le moteur ; la moto décolle, toute sa puissance et sa vitesse coulant dans leurs veines sous forme d'adrénaline.

Un sourire étire ses lèvres pulpeuses alors que ses cheveux voltigent avec grâce. Elle entend à peine le rire extatique du jeune homme qui l'encourage à aller plus vite. Son cri de joie résonne et les pneus de la moto crissent quand elle freine.

Plus tard, alors qu'elle est encore installée devant lui et que les étoiles scintillent doucement, elle pousse un soupire satisfait. L'arrière de sa tête épouse parfaitement l'épaule de Gerald qui caresse distraitement ses cuisses. Elle frémit, sensible sous ses doigts forts.

« Une occasion particulière pour que je puisse conduire ta moto ? »

La mer, plus bas, est aussi calme qu'eux. Les vagues s'écrasent contre la roche et le sable de la plage à quelques kilomètres. La lune s'y reflète et c'est magnifique ; elle regrette déjà la fin de ses vacances, trop courtes à son goût.

« Tu es la première fille à qui je laisse cette chance. »

Erza hausse un sourcil, un peu amusée par cette réponse.

« Tu dis ça à celles que tu cherches à mettre dans ton lit ou… »

Il rit et remonte ses mains sur ses hanches.

« Non Erza, tu es vraiment la première. »

Sa phrase est ponctuée d'un baiser, sur sa mâchoire.

« Tu sais, ça pourrait presque ressembler à une demande en mariage, sourit-elle en dessinant les veines sur ses avants-bras.

- Mademoiselle Scarlett a donc un faible pour les mauvais garçons ?

- Qui sait ? »

Taquin, Gerald appuie son nez contre sa joue et l'y frotte.

« C'est un peu tôt pour la demande en mariage mais… tu peux voir ça comme une preuve.

- Une preuve ?, répète-t-elle lentement.

- Ouais. Comme quoi tu as mon entière confiance.

- Ta moto a une si grande place dans ton cœur ?, s'amuse la rouquine en tournant un peu la tête.

- Tu te sens menacée ?, la taquine-t-il avant de brièvement presser ses lèvres contres les siennes.

- Ne sois pas ridicule. »

Sans se départir de son sourire, le jeune homme l'embrasse à nouveau. Longuement, tendrement, en prenant tout son temps. Les minutes s'écoulent et, lorsqu'un premier frisson vient s'éparpiller sur sa peau, Gerald décide qu'il est temps qu'elle rentre.

Aucune lumière est allumée et elle en déduit que Mirajane est sortie ce soir. Elle s'étire après avoir quitté le siège passager puis retire son casque. Il l'imite, le posant entre ses cuisses ; il l'observe avec une curiosité à peine dissimulée. Erza fouille ses poches pour lui tendre un petit objet très utile.

« Tiens. »

Prenant la main du jeune homme, elle y place une clé dans le creux de sa paume.

« C'est pour éviter que tu te brises le cou en essayant de grimper jusqu'à ma fenêtre. »

Gerald retient un rictus suggestif et, bon sang, comment peut-il être aussi beau ?

« Pourquoi ? »

La rouquine se penche et lui vole un baiser. Son chuchotement s'écrase contre sa bouche chaude.

« Ça, c'est la preuve de ma confiance. »