Jerza1, je suis désolée, ce n'est pas encore tout de suite la situations "entre deux étagères" mais elle arrive. Et j'espère que ce chapitre te plaira quand même ;).


Alisha Horiraito : Moui, je devrai écrire Gerald plus souvent ainsi... c'était très plaisant ! Heureuse d'avoir réponde à tes attentes ;).

Elisha : Et bien, tu as des pensées assez violentes à mon égard XD.


Disclaimer : Fairy Tail ne m'appartient pas.


Rating : T (mais un T assez prononcé)


RÊVES INTIMES


Erza soupira et passa une main dans ses cheveux écarlates. Ses ongles grattèrent sa tête sous l'énervement. Elle regarda l'heure rapidement, désireuse de ne pas s'attarder ce soir au prestigieux cabinet d'avocats Fairy Corp. Non, cette nuit elle souhaitait se changer les idées et la proposition de Mirajane, plus tôt dans la journée, était cruellement tentante. Pas de travail mais la fête. Elle avait assez avancé sur ses dossiers pour se le permettre alors qu'est-ce qu'elle attendait ?

Décidée, elle recula sa chaise, se leva et éteignit son ordinateur. Derrière elle, depuis l'immense baie vitrée de son bureau, la ville était en feu avec toutes les lumières scintillantes. Bientôt, elle se retrouva dans un bâtiment particulièrement lumineux, faute d'être un endroit assez connu pour passer des soirées vertigineuses sous une bonne musique et une dose peu recommandée d'alcool pour certains.

« Tu es venue ! S'écria son amie de longue date en l'étreignant. Ça me fait vraiment plaisir ! »

Et effectivement, Mirajane avait un sourire béat et les yeux brillants. Son euphorie était palpable, tout comme celle de Kana qui sautillait sur place, un verre dans sa main droite. Le reste était devenu soudain plus vague, après quelques cul-secs. Ses talons claquaient sur la piste de danse, son bassin se remuait dans un rythme hypnotisant, ses bras se levaient, son visage était légèrement penché vers l'arrière, dévoilant sa gorge aux yeux avides de la gente masculine.

Ses yeux finirent par s'accrocher à une paire attrayante, plus claires, plus intimidantes. Elle sourit, sa conscience assez embrumée pour ne pas remarquer que son sourire était plus séducteur qu'amical. Elle vit le coin de ses lèvres tressaillir sous les flashs de lumière pour finalement sentir son corps derrière elle. Ses mains étaient assez chaudes pour picoter son épiderme malgré le tissu doux de sa robe. Posées sur hanches, elles l'attirèrent fermement. Son souffle était brûlant, son odeur captivante.

Elle se mit à rire sous les lèvres baladeuses qui chatouillèrent son cou tandis que ses doigts agrippèrent les avants-bras de l'inconnu. En aucun cas elle chercha un moyen de se soustraire. Au contraire. À la place la jeune femme profita de la friction qui se produisait entre eux, de la manière dont la voix rauque et suave la berçait. Ses mots étaient envoûtants, autant que les promesses qu'il lui murmurait dans le creux de l'oreille.

Alors que la nuit se terminait lentement, Erza laissa choir ses paupières, fondit sous les baisers sur sa peau sensible, gémit sous les caresses qui la rendirent folle, exhala un souffle fragile alors que son corps tremblait encore sous les exquises réminiscences du volcan ayant explosé en elle.

Quand elle rouvrit les yeux avec un esprit plus claire, sa tête était douloureuse. Elle étouffa une série de jurons sous le mal de crâne naissant avant d'observer distraitement l'heure qui s'affichait sur le réveil numérique. L'information mit un temps fou à monter jusqu'à son cerveau et la réalisation la frappa de plein fouet ; elle allait être en retard si elle ne dépêchait pas. Se préparer convenablement pour une nouvelle journée de travail était primordial car il était hors de question qu'elle arrive en étant débraillée.

Un bâillement lui échappa. L'avocate s'étira longuement, sur le dos, mais finit par se raidir quand son pied toucha quelque chose. Elle écarquilla les yeux, figée.

Non. Elle n'avait quand même pas…

Après avoir tourné la tête sur sa gauche, ses yeux se fixèrent sur un dos nu, assez musclé – pour ne pas dire délicieusement musclé – et quelque peu meurtri à peine recouvert par le drap qu'elle avait aussi sur elle. Pour être sûre, elle le souleva avant de le rabattre brusquement, les joues rouges.

Oh. Mon. Dieu.

L'homme à côté d'elle expira et enfouit plus profondément sa tête dans l'oreiller, l'empêchant de mettre un visage dans sa mémoire floue. Elle regarda autour d'elle, comprenant très vite que ce n'était pas son appartement mais plutôt celui de l'endormi. Elle se maudit intérieurement tout en quittant aussi doucement que possible le lit très confortable. Elle repéra ses vêtements étalés par terre, en compagnie de d'autres habits et de quelques livres. Se rhabillant silencieusement, Erza jeta un dernier coup d'œil à la silhouette sous le drap blanc, tout de même assez désireuse de savoir à quoi ressemblait le garçon. Il ne bougeait pas. Tant pis. C'était le moment de partir.

La rouquine se retourna et posa sa main sur la poignée de la porte.

« Où vas-tu ? »

Sursaut.

Son cœur martelait sa poitrine. Elle ne s'attendait pas à entendre ce timbre, pas alors que cet étranger était encore endormi il y avait à peine deux minutes. Elle osa enfin un regard dans sa direction quand le muscle dans sa cage thoracique se calma.

« Je dois aller au travail. »

Cette fois, elle pouvait le voir en entier. Il s'était un peu redressé, soutenu par son avant-bras droit. L'autre était posé sur son ventre, là où elle arrivait à discerner des abdominaux prononcés – et elle ne parlait pas encore de son torse qu'elle se rappelait assez ferme au toucher –. Il était décoiffé. Ses mèches d'un bleu électrique formaient des pics, d'autres étaient aplaties. Son visage à la mâchoire carrée était plaisant, peut-être à cause de ses yeux d'un vert émeraude et des paillettes dorées qui s'y étaient logées, peut-être aussi à cause du tatouage aux somptueuses arabesques ou encore de ses lèvres pleines et de son nez parfait. Elle ne savait pas trop.

« Tu veux que je t'y amène ?, demanda-t-il en la fixant.

- Non. » répondit-elle vivement.

Il haussa un sourcil mais ne dit rien. À la place, elle vit sa langue passer sur la chair supérieure de sa bouche et son bas-ventre s'enflamma.

« Je-

- Je te raccompagne. »

Seigneur.

Elle détourna pudiquement ses prunelles quand il sortit à son tour du lit – dire qu'elle n'arrivait pas à se souvenir de quoi que ce soit, quel gâchis ! –. Aucun mot ne fut échangé pendant qu'il la guidait jusqu'à la sortie, modestement vêtu d'un boxer noir.

« Et bien, je… euh... »

Le jeune homme lui sourit et la fossette qui se creusa dans sa joue gauche eu raison de sa pauvre conscience. Elle entrouvrit les lèvres après avoir déglutit, faute d'une gorge devenue sèche. C'était maladroit. Sérieusement, comment était-on censé partir après une partie de jambes en l'air dont on ne se souvenait pas tout en ayant l'objet du crime sous les yeux ?

« Prend soin de toi, Erza. »

Alors qu'elle était assise dans le taxi qui la ramenait chez elle, la concernée chercha à retrouver l'identité de sa conquête – après tout elle avait le droit de le considérer comme ça, non ? –. Il ne lui restait que très peu de temps avant d'être dite comme « en retard » mais elle jugea bon de prendre une douche et de changer d'habits. Ainsi, lorsqu'elle parvint enfin à être au cabinet, elle fut accueillie par sa secrétaire Reby qui lui donna son habituel café. Elle suivit ses pas vers la salle de réunion où son client devait sans doute l'attendre.

« Il n'est pas là ?, s'étonna-t-elle.

- Non, il dit avoir un léger contretemps à cause de la circulation. »

Quelle chance. Elle avait évité de peu la catastrophe.

« Très bien. J'ai le temps de revoir son dossier dans ce cas. »

Évidemment, sa collègue était assez organisée pour lui tendre les papiers qu'elle avait en tête.

« Je vous laisse prendre place et je retourne à mon bureau. J'emmènerai le client ici dès qu'il se présentera.

- Bien, merci. »

Erza s'installa sur un des nombreux fauteuils tout en lisant les lignes sur les feuilles. Elle fronça les sourcils sous le nom qu'elle lisait. Ça sonnait familier. Il n'y avait pas une photo, par hasard ? Elle déplaça plusieurs papiers sous sa recherche jusqu'à trouver ce qu'elle souhaitait.

« C'est… »

Battements de cils.

Réalisation.

Merde.

Alors qu'est-ce qui s'était passé lorsqu'il était entré dans la même pièce qu'elle, mis à part ses rougeurs inhabituelles et sa gêne occasionnelle ? Rien, si on omettait ses nombreuses allusions.

« Si tu es aussi dominante lors d'un procès qu'hier, je n'ai pas besoin de m'inquiéter. »

Elle pencha la tête, juste un peu, très légèrement, sa mâchoire crispée – ça l'agaçait de ne pas se remémorer le moindre détail –. Bien décidée à ne pas faire une remarque, aussi minime soit-elle, la demoiselle reprit sa lecture évasive du dossier. Évasive parce que se concentrer avec un homme assez intéressant n'était pas aisé.

« Qu'est-ce que tu fais ce soir ?, s'enquit-il à la fin de leur rendez-vous.

- J'ai pour coutume de ne pas sortir avec les clients.

- Ce n'est pas trop tard pour dire ça ?, ricana-t-il. Après tout, on a déjà sauté l'étape du rencard.

- Je ne savais pas que vous étiez mon client. C'était une erreur. »

Gerald fit mine de réfléchir en jouant avec le nœud de sa cravate noire. Ils s'étaient levés et étaient près de la porte, encore coupés du reste de l'établissement. Quand elle s'était apprêtée à l'ouvrir pour quitter la salle, il l'en avait empêché en y plaquant une paume. Un frisson était remonté le long de son échine – mémoire corporelle –.

« J'aimerai te connaître en dehors d'un lit, Erza.

- Vous aurez assez de temps pour ça plus tard, marmonna-t-elle.

- Je ne veux pas attendre. »

Il était proche. Trop proche. Son souffle était sur sa peau. Ses yeux étaient sur elle. Ses lèvres avaient fini sur les siennes.

Ça avait été rapide. Un baiser chaste, sans une réelle pression, jusqu'à ce que ses mains – ses mains étaient si grandes ? – prennent en coupe son visage. Sa bouche était revenue, plus lente. Elle le sentait la brosser délicatement contre la sienne en expirant. Sa langue s'invita, l'entraîna dans un ballet de soupirs. Ses doigts s'étaient recroquevillés sur la veste de son costume trois pièces et elle ne s'était pas rendue compte qu'elle avait fermé les yeux. Il se déplaça un peu, de manière à la presser entre le bureau et lui en quelques pas. Son cerveau n'existait plus. Il ne restait plus que son ardent plaisir qui la consumait. Le bois était dur sous ses fesses et froid contre sa peau brûlante.

Elle vibrait sous ses touches, s'harmonisait sur une mélodie qu'elle avait connu cette nuit. La fermeture dans son dos glissa et les boutons de sa chemise blanche sautèrent. Son corps était puissant et sa peau ferme sous ses ongles. Elle encercla sa taille de ses jambes pour l'avoir davantage contre elle. Il gémit dans son cou. Elle l'imita quand ses dents la croquèrent quelque part vers le commencement d'une épaule. Erza s'arqua, haletante, perdue dans un brouillard de désirs et de luxure. Sa ceinture cliqueta pour se défaire mais son pantalon s'accrocha vers le bas de ses hanches, laissant entrevoir la marque de son boxer en une bande blanche. Son sous-vêtement glissa jusqu'à ses chevilles. Dès lors une caresse furtive se fit ressentir, vicieuse, tortueuse. Son souffle se prit dans sa gorge pendant que son bassin remua, son corps protestant par lui-même.

Elle mordilla le lobe de son oreille rougie, un sourire aux lèvres et des pensées vagues plein la tête. Et Gerald grogna, poussa si fort, si puissamment, qu'elle sentit le bureau devenir plus faible sous elle. Elle attrapa une poignée de cheveux bleus tandis que son autre main se posa sur dans le creux de ses reins. Alors elle l'embrassa, ignorant ses propres lois pour se concentrer sur le tourbillon de plaisir qui chamboulait tout en elle. Ses cris étranglés s'étouffaient sous une langue taquine et une bouche avide.

« … Erza… »

Un gémissement servit de réponse incertaine.

« … Erza… » répéta-t-il plus fermement.

La rouquine ouvrit les yeux avec un léger froncement de sourcils. Elle battit des cils, une fois, deux fois, jusqu'à ce que sa vue soit claire.

« Hum ?

- Tu t'es endormie. »

Quoi ?

Elle regarda autour d'elle. Ils étaient toujours dans la salle de réunion et elle n'était certainement pas sur la table en train de batifoler avec l'homme assis en face d'elle. Sa gorge était sèche, comme ses lèvres. Par magie un verre d'eau était posé devant elle, tout de même assez éloigné de ses papiers.

« Je ne pensais pas que tu étais si fatiguée. »

En aucun cas elle ne prit la peine de répondre à ça. Elle se redressa sur le fauteuil, histoire de garder un peu de crédibilité. En vain. L'heure avait tourné et le rendez-vous touchait pratiquement à sa fin.

« Je suis désolée, vous auriez dû me réveiller et-

- Pourquoi j'aurai fait une telle chose ?, s'indigna-t-il. Tu es magnifique lorsque tu dors. »

Ses doigts pianotèrent sur le bois, faute de la honte et de la gêne.

« Je peux vous proposer un autre rendez-vous plus tard dans la journée, afin de régler cette erreur. »

Il gratta son cuir chevelu sous l'irritation – son professionnalisme l'exaspérait, elle le voyait –.

« Est-ce qu'on peut mettre de côté ce procès ? On doit parler d'hier soir.

- Pas la peine d'en parler puisque je ne m'en souviens pas.

- Mais moi si. Et s'il le faut, je vais te rappeler chaque détail. »

D'un mouvement, elle croisa les jambes sous la table.

« Et je n'ai pas besoin d'être un devin pour savoir de quoi tu rêvais. Alors voilà ce que je te propose ; lorsque cette histoire sera réglée, tu viendras avec moi au restaurant. Je ne te laisse pas la possibilité de refuser. Je n'ai pas envie de recourir au chantage mais je le ferai si besoin. »

Merde.

Ça lui apprendra à s'endormir et à rêver de situations salaces avec un client.