Et un autre chapitre, qui commence en beauté aha et qui finit... plus "gorement" parlant, bref vous comprendrez.

On se retrouve comme d'hab en bas, bonne lecture !

-La Fouineuse-


J'ai besoin de toi, retrouve-moi au sommet de la tour d'astronomie dans 20 minutes.

E.

Drago écarquilla le yeux en voyant ce qu'un hibou venait de lui apporter. Ce sale prétentieux osait le convoquer, lui ?!

Mais il savait qu'il n'avait pas le choix. Après tout, il devait il devait « faire tout ce que lui demanderait son frère pour que ce dernier réussisse sa mission », aux dires du malade qui l'avait étouffé quelques mois plus tôt.

Drago décida d'aller voir Blaise et Pansy, dont ils savaient qu'ils seraient dans leur salle commune à ne rien faire en ce samedi après-midi.

Il se dirigea donc vers les cachots et, après avoir prononcé le mot de passe, entra dans l'espace dédié aux Serpentards.

D'un coup d'œil, il aperçut ses amis affalés sur le canapé, et il les rejoint.

« Hey, Dray, ça faisait longtemps ! s'exclama Pansy en sautant à son cou.

- Je confirme, je commence vraiment à penser que tu nous as oubliés…

- Tu sais bien que non Blaise, je suis juste…

- … très occupé, on sait. » ironisa gentiment la Serpentard en se rasseyant sur le canapé.

Drago vint s'asseoir à côté d'elle.

« Si seulement tu passais autant de temps avec nous qu'avec ta Gryffondor… soupira Blaise d'un ton faussement triste.

- Mec, t'abuses un peu là ! Je passe vous voir au moins une fois par mois ! s'indigna le blond.

- Bon, les garçons, on a compris je pense. Qu'est-ce qu'il y a Dray ? Tu as besoin d'aide pour… quelque chose ? acheva Pansy en baissant la voix.

- Non, ne vous inquiétez pas. De toute manière, je vous avais juré de ne plus jamais vous mettre dans des situations pareilles, alors j-…

- Et nous on t'avait juré que si tu as besoin de nous, on serait là, Drago, le coupa Blaise. C'est pas pour rien qu'on est tes meilleurs potes, tu sais.

- Je sais, mais la dernière fois…

- Drago, écoute-moi bien. La dernière fois, tu as payé pour nous trois, et c'était profondément injuste. Heureusement que… Granger était là. »

Drago la vit légèrement grimacer lorsqu'elle prononça le nom d'Hermione, sachant que depuis quelques temps, elle faisait de réels efforts pour ne plus tenir compte de ces conneries de sang-purs et autre.

« Ouais, elle t'a carrément sauvé la vie, la brunette, ajouta Blaise.

- A quel prix… murmura Drago.

- Comment ça ? » s'enquit Pansy avec un regard intrigué.

Drago ne répondit pas, mais croisa le regard de Blaise, et sut que le métis avait fait le lien. Ce dernier prit la parole :

« Tu es en train de nous dire que cette rumeur de magie noire qui a circulé il y a quelques mois, c'était vrai ?! chuchota Blaise.

- Sans rire ?! s'exclama Pansy à voix haute, attirant l'attention de quelques élèves alentour.

- Pansy, chut ! répliqua Drago à voix basse. Oui, j'en suis pas fier, mais non seulement c'est vrai mais c'est à cause de moi…

- A cause de toi ?

- Oui, je ne vous ai jamais dit ce qu'ils m'ont fait mais… Bref, ils ont utilisé la magie noire et j'ai été, disons pas mal lacéré de partout. Et vous n'êtes pas sans savoir que pour soigner des blessures de leur magie noire…

- Il faut utiliser soi-même de la magie noire… » acheva Pansy.

Drago ne dit rien, les yeux fixés sur le sol, perdu dans ses pensées.

« Vous-savez-qui m'a donné un rendez-vous dans quelques minutes. J'ai vraiment pas envie d'y aller, les gars… soupira-t-il avec un faible sourire.

- Tu veux qu'on vienne avec toi ? proposa gentiment Pansy.

- Non Pans', t'es gentille mais c'est quelque chose que je dois faire seul, tu comprends ? »

Pansy hocha la tête, et serra fortement la main de Drago, qui lui sourit faiblement.

« Bon, je dois y aller…

- Tu nous raconteras ?

- Pansy, tu sais qu'il peut pas… répondit Blaise. Pas vrai, Dray ? »

Le blond hocha la tête en détournant le regard. Puis, après un dernier sourire vers ses amis, il sortit de la salle commune, direction la tour d'Astronomie.

OoOoO

« Dis-donc, t'es drôlement obéissant Drago, je pensais pas que tu serais à l'heure, se moqua Erwan sans se retourner, dès que Drago s'approcha.

- Tu sais très bien que je n'ai pas le choix, espèce de… »

Ses mots moururent dans sa gorge lorsque le sortilège informulé d'Etouffement le frappa.

« Pardonne-moi, je n'ai pas bien compris, qu'est-ce que tu as dit ? » demanda Erwan d'un ton sardonique.

Drago était de plus en plus rouge à mesure que le sang affluait dans sa tête, et il tentait vainement de jeter un contre-sort.

« A ta place, je me méfierais davantage de moi, maintenant. Le Lord m'a promu, à la suite de la réussite de la première partie de ma mission. Et, les promotions, pour lui c'est… Instructif. » acheva-t-il avec un sourire en coin.

Drago commençait à voir des points noirs danser devant lui, et il sentit ses yeux se révulser. Erwan relâcha d'un coup le sortilège, et Drago tomba à-terre, toussant et crachant.

« Fenwick m'a appris ce sort, à la demande du Lord. Est-ce qu'il a été aussi réussi que quand il te l'a lancé ? » s'enquit Erwan en s'agenouillant près du blond, qui avait l'impression que sa cage thoracique allait exploser.

« Bon, reprit le brun, j'imagine que tu ne pourras pas parler avant quelques minutes, donc laisse-moi t'exposer la raison de ta présence ici. Ma mission consistait à trouver un objet pour le Lord et à le lui ramener. J'ai réussi à apprendre où il était caché, mais malheureusement, je ne suis pas en mesure d'aller le chercher, pour la simple et bonne raison que l'endroit que l'on m'a indiqué est… vague, si l'on peut dire.

- Et qu-que veux-t-tu que j-je fas-sse ? bégaya Drago, d'une voix rauque, en se relevant.

- Oh, simplement que tu ailles chercher l'objet en question.

- T-tu est inc-capable de le f-faire toi-même ? se moqua le blond, avant de tousser une nouvelle fois.

- Prends un autre ton, espèce de moins-que-rien, gronda Erwan. Je te demande de le faire, tu le fais, c'est tout. C'est entendu ? »

Drago le défia du regard quelques secondes, puis hocha doucement la tête.

« Bien, c'est parfait ! s'exclama Erwan avant de se retourner et d'aller vers la balustrade. Je t'enverrai un hibou avec l'endroit et la description de l'objet que tu dois chercher. Je t'ordonne de me ramener l'objet dès que tu l'auras et le plus rapidement possible, est-ce clair ?

- Bien sûr… »

sale psychopathe de mes deux, acheva Drago en pensée. Bien entendu, chaque fois qu'il s'approchait du brun, il prenait soin de fermer son esprit.

Erwan le sonda du regard quelques instants, avant de faire un geste de la main pour le congédier.

Drago commença à partir, quand il se retourna et posa une question au brun. Ce dernier ne répondit qu'au bout de quelques minutes, à contrecœur. Drago, satisfait, tourna les talons mais fut stoppé aussitôt par Erwan qui lui avait saisi le bras.

Il lui dit quelque chose à voix basse, puis le lâcha, et retourna s'accouder à la balustrade. Drago, l'air impassible, s'efforçait au mieux de contenir sa colère, puis il s'éloigna aussi rapidement que possible de ce psychopathe imbu de lui-même et avide de pouvoir.

OoOoO

Il arrivait à peine dans la salle commune quand Hermione surgit de nulle part à sa rencontre.

« Drago, tu m'as pas dis ce qu-… Merlin, que t'est-il arrivé ?! s'exclama-t-elle en se reculant, les yeux grands ouverts.

Et merde, pensa Drago en se détournant de la Gryffondor. Il savait pertinemment à quoi il devait ressembler : des marques autour du cou, les yeux injectés de sang, et la respiration sifflante

Il sortit sa baguette, se lança un sort de soin, et sentit les traces se dissiper peu à peu, ainsi que sa respiration redevenir normale.

« Drago, par Salazar, dis-moi ce qu'il s'est passé ! s'écria Hermione en le retournant par l'épaule.

- Il voulait me demander quelque chose, j'ai voulu l'insulter, il n'a pas aimé. Fin de l'histoire, Granger. Lâche-moi, franchement, t'es pas ma mère ! » lâcha Drago d'un ton agacé.

Hermione ne répondit pas, le visage impassible, les yeux fixés sur le visage du Serpentard. Puis, elle se recula et, faisant demi-tour, alla s'enfermer dans sa chambre.

Drago soupira en la voyant s'éloigner, puis il se dirigea vers sa propre chambre, dans l'intention de passer le reste de l'après-midi à dormir dans l'espoir d'oublier la souffrance aperçue dans les yeux de la Gryffondor quelques minutes plus tôt.

OoOoO

Hermione travailla jusqu'à 19h30, puis sortit de sa chambre pour aller dîner avec ses amis. Elle jeta d'abord un œil dans la salle commune, et fut soulagée de voir qu'il n'y avait personne. En se dirigeant vers la Grande Salle, elle se perdit dans le fil de ses pensées, qui tournaient principalement autour du comportement de Drago.

Une fois qu'elle fut arrivée, elle vit Erwan, de loin, lui faire signe de venir s'asseoir à côté de lui. Hermione poussa un soupir discret, se constitua un sourire, puis se dirigea rapidement vers le brun.

« Alors, tu as bien bossé ? s'enquit-il une fois qu'elle fut assise.

- Oui, j'ai pu réviser le chapitre 20 de Métamorphoses, et j'ai fini le devoir que Binns nous a donné.

- Attends, tu parles de celui qu'il nous a donnés hier et qui doit faire une cinquantaine de centimètres sur les conséquences politiques et économiques de la crise des gallions en 1937 ? demanda Ron.

- Oui, Ron, je suis surprise que tu aies retenu l'intitulé du sujet d'ailleurs, se moqua gentiment Hermione avec un sourire en coin.

- Oh, c'est parce que je l'ai terminé, figure-toi, déclara-t-il avec un petit sourire satisfait, en se servant dans le plat de pâtes à la carbonara.

- Tu l'as fini ?! s'exclama Hermione, stupéfaite. Mais c'est… c'est super Ron, tu as compris la méthode et tu as réussi à trouver des documents à ce sujet ?

- Euh… Oui, oui, bien sûr. Seulement, je me disais… Je pourrais te le donner à relire, histoire que tu corriges mes quelques fautes ? » demanda le roux en baissant les yeux sur son assiette.

Hermione éclata de rire.

« Oh, Ronald, tu ne changeras donc jamais ! Tu crois vraiment que je n'ai rien compris à ton petit jeu ? rit-elle.

- Quel petit jeu ?! s'indigna Ron.

- T'es grillé mon vieux, je t'avais dit que ça marcherait pas… commenta Ginny, un sourire mesquin sur les lèvres.

- J'ai rien compris là, vous m'expliquez ? fit Erwan, l'air perdu.

- Oh c'est simple, depuis la première année, Ron s'arrange pour qu'Hermione lui fasse ses devoirs, se moqua gentiment Harry en donnant une bourrade au rouquin qui était de plus en plus rouge.

- Mais Hermione, tu le laisses faire ?! s'exclama Erwan.

- Disons qu'au début, je le forçais à travailler, mais depuis le temps, j'ai appris qu'avec Ron, le meilleur moyen pour qu'il y arrive c'est lui donner un point de départ. Et après, la piste est facile à suivre ! » expliqua Hermione.

Ses amis riaient de bon cœur, et Ron, bien qu'un peu gêné, ne mit pas longtemps à se joindre à leur hilarité.

« Dis 'Mione, tu veux qu'on aille faire un tour dehors, ce soir ? C'est la pleine lune, et il ne fait pas trop froid.

- J'adorerais, mais j'ai promis à McGonagall de remplacer un préfet pour une ronde, ce soir.

- Ah oui… Bon, tant pis, une autre fois ?

- Avec plaisir. » sourit la Gryffondor avant d'embrasser la joue du brun.

Lorsqu'elle se retourna en face de son assiette, elle surprit le regard de Drago qui détourna bien vite les yeux pour demander quelque chose à Pansy, à côté de lui. Hermione sentit son cœur se serrer, se rappelant les paroles du blond quelques heures plus tôt…

OoOoO

« Hermione, ouhou, t'es avec moi ? » demanda Anthony Goldstein, l'autre préfet avec qui la Gryffondor faisait sa ronde.

Hermione sursauta.

« Oui oui, ne t'inquiètes pas, je suis là, répondit-elle précipitamment.

- T'es sûre que tout va bien… ? s'inquiéta Anthony.

- Oui, ça va, lâcha Hermione, évasive. On continue ?

- Très bien. On a encore les cinquième et sixième étages à faire, et ensuite Ernie et Pansy feront le reste. »

Ils se remirent en route.

« Tu sais si Jason va mieux ? » demanda Hermione quelques minutes plus tard.

Jason Charmer était le préfet de Gryffondor, qu'Hermione devait remplacer exceptionnellement ce soir.

« Je suis allé le voir, cet après-midi, il va s'en remettre. Il faut dire que, maintenant, il va avoir la côte auprès des filles avec sa cicatrice sur la joue ! plaisanta le blond.

- Oui, enfin il aurait tout de même dû faire attention, je trouve, commenta Hermione. Je me demande qui avait lancé ce défi stupide.

- Oh, je crois que c'était Adams. Mais, tu sais, pour Jason, le fait d'affronter un Snargalouf, c'est un jeu d'enfants ! » rit Anthony.

Hermione marmonna dans sa barbe, restant certaine qu'affronter un Snargalouf n'était pas un jeu d'enfants, même lorsque l'on est en sixième année, et nota dans un coin de sa tête d'aller dire deux mots à Erwan pour proposer des absurdités pareilles.

Ils parvinrent au cinquième étage, où ils n'entendirent aucun bruit suspect. Par acquis de conscience, et surtout parce qu'Hermione insista, ils firent un rapide tour des couloirs pour s'assurer qu'aucun élève n'avait dépassé le couvre-feu.

Arrivés au sixième étage, ils n'entendirent rien non plus. Anthony, sachant que dans tous les cas, Hermione insisterait pour y faire un tour, s'avança dans le couloir sans broncher. Hermione le suivait, perdue dans ses pensées.

Soudain, ils entendirent des grincements provenir d'une salle vide, sur leur gauche.

Anthony soupira, et tendit sa baguette en avant pour allumer l'intérieur de la salle.

« Mais vous êtes sérieux ?! Vingt points en moins pour Poufsouffle ! » s'exclama-t-il soudain, furieux.

Hermione fut tirée de ses pensées, et s'avança vers Anthony. Deux élèves sortirent de la salle, les vêtements débraillés. La Gryffondor se figea, cette scène lui était vaguement familière. Un léger malaise s'empara d'elle, et elle s'appuya contre le mur.

« Hermione, tout va bien ? s'enquit Anthony. Attends, je vais t'aider, si tu veux, dit-il en passant son bras autour de la jeune fille.

- Non arrête, ça va, je te promets, lâcha Hermione en se dégageant de l'étreinte du préfet. Promis, Anthony, ça va aller, insista-t-elle devant le regard anxieux du jeune homme.

- Tu es sûre ? Tu sais, tu peux m'en parler si quelque chose ne va pas.

- C'est gentil, mais je t'assure, tout va bien. » sourit la jeune fille.

Anthony ne répondit pas, la fixant quelques secondes, puis ils se remirent en route. Hermione voyait les coups d'œil que lui lançait Anthony et, agacée au bout d'un moment, lui demanda que ce qu'il voulait lui dire.

« J'ai eu peur qu'il t'arrive la même chose que l'autre fois, en cours… avoua Anthony en baissant les yeux.

- Attends, mais… Tu n'étais même pas là, fit remarquer Hermione en fronçant les sourcil. Et d'ailleurs, ce n'était rien, je t'assure, j'ai… fait une mauvaise expérience, mais ça n'a eu aucune répercussion, je te promets.

- Pourtant, il y en a qui disent que… que… »

Anthony se mordit la lèvre, se sermonnant intérieurement d'avoir commencé cette phrase.

« Que quoi, Antony ?

- Ok, le prends pas mal, d'accord ? Certains, mais pas moi, hein, disent que… tu es passée de l'autre côté… » annonça-t-il très vite, avant de jeter un regard vers la Gryffondor pour voir sa réaction.

Hermione leva les yeux au ciel en soupirant.

« Ce sont des bêtises Anthony !

- Pourtant, tu passes beaucoup de temps avec Malefoy, non ? insista le préfet.

- Oui, mais en quoi ça regarde qui que ce soit ? En plus, le fait que je passe beaucoup de temps avec lui ne signifie en rien que je suis passée « de l'autre côté » comme les gens disent ! Drago Malefoy n'est plus celui qu'il était, il a changé, expliqua Hermione tout en ne pouvant s'empêcher de repenser à la manière dont il lui avait parlé.

- Tu me rassures ! soupira Anthony. Franchement, je sais pas ce que j'aurais fait si toi, tu avais décidé de passer du côté obscur ! plaisanta-t-il.

- Mais quelle bande d'abrutis, ceux qui disent ça ! râla la Gryffondor. Bon, on a fini, je vais aller me coucher. Bonne nuit Anthony !

- A toi aussi, Hermione ! »

Lorsqu'Hermione revint dans la salle commune, il devait être aux alentours de 23h30. Lorsqu'elle entra, elle vit Drago allongé sur le canapé, un papier à la main, et l'air contrarié.

La jeune fille se raidit, et se dirigea rapidement vers sa chambre. Heureusement pour elle, le blond ne montra aucun signe de vouloir lui parler, et elle se coucha quelques minutes plus tard, avant de s'endormir, ses rêves tourmentés, peuplés de visions de Dumbledore, et de son enterrement.

OoOoO

Drago frissonna sous le froid mordant, malgré ses deux pulls et son épais manteau. Il marchait aussi silencieusement que possible, en direction de Pré-au-Lard.

Quelle poisse qu'on ne puisse pas transplaner directement à Poudlard ! pensa-t-il amèrement.

Le vent soufflait et, malgré l'enchantement de chaleur qu'il s'était lancé, se faisait cruellement ressentir.

Il arriva enfin dans le village, désert à cette heure de la nuit, et transplana dès qu'il le put.

Il réapparut dans un petit village, assez différent de celui qu'il venait de quitter, bien qu'il n'y ait également personne. Il rangea rapidement sa baguette, sachant qu'ici, tous les habitants n'étaient pas sorciers.

Sachant où il se rendait, il marcha dans la neige, jetant de temps en temps des regards alentour. Il traversa quelques rues, passa devant une église, et vit enfin au loin les grilles rouillées et branlantes qui entouraient le cimetière. Drago leva les yeux, et jeta un œil aux maisons qui encerclaient le lieu, sachant que l'une d'elles était connue comme étant le lieu tristement célèbre où, 18 ans plus tôt, un bébé avait survécu au sortilège de la mort.

Le Serpentard regarda quelques minutes la maison, puis il détourna le regard et pénétra dans le cimetière. Lorsqu'il parvint près du monument funéraire, au centre, il sursauta lorsqu'il vit sa forme changer. Après quelques minutes, l'obélisque s'était changé en une statue représentant un couple avec un bébé sur les genoux. Drago s'approcha, intrigué. L'homme portait des lunettes, et avait les cheveux en bataille. A côté d'elle, la femme souriait, d'un air bienveillant. Sur ses cuisses, le bébé semblait heureux. Drago sut immédiatement de qui il s'agissait. Il en fut profondément touché, saisissant la force et le message d'espoir que cette statue laissait à l'intention des sorciers.

Le clocher de l'église sonna trois coups. Drago, ramené à la réalité, secoua la tête, repensant soudain à la raison de sa venue ici.

Il chercha des yeux sur les stèles une inscription, et finit par l'apercevoir, après quelques minutes de fouille.

Il s'approcha et, après s'être accroupi, passa sa main sur la pierre, dévoilant l'épitaphe recouverte par la neige.

Albus Perceval Wulfric Brian Dumbledore

Au plus grand sorcier que notre époque ait connu.

Resquiescat in pace

Drago frissonna de nouveau. Ce n'était pas à cause du froid, cette fois-ci, mais bien à la pensé de ce qu'il s'apprêtait à faire.

Il se demandait un instant si son âme serait damnée pour avoir profané la tombe d'un aussi grand sorcier que lui, mais réalisa rapidement que, quoi qu'il en soit, il n'avait encore une fois pas le choix. Et qu'avoir plus ou moins collaboré avec Voldemort avait déjà probablement damné son âme pour l'éternité. Alors un peu plus ou un peu moins… Il brandit sa baguette, et commença son travail.

Il n'était pas fier de la manière dont il s'y était pris pour obtenir cette information. Erwan lui avait, à sa demande, indiqué la manière d'influencer les rêves d'autrui pour révéler des parties de leur passé, mais il s'agissait d'une forme de magie très avancée, et très coûteuse en énergie. Drago avait, pendant plus d'une heure, tenté de pénétrer dans l'esprit d'Hermione, avant de finalement parvenir à faire surgir dans ses rêves les souvenirs de l'enterrement de Dumbledore.

Ou plutôt de son deuxième enterrement. En effet, après que Voldemort eut profané une première fois sa tombe, il avait été décidé de déplacer son corps dans le cimetière de son village d'enfance, le rapprochant ainsi de sa famille. Bien entendu, des sortilèges de protection avaient été installés mais aucun que Drago ne sut contrer.

Après une demi-heure, Drago parvint enfin à ouvrit le cercueil. Il s'était préparé mentalement à ce moment, mais la vue du cadavre décomposé de Dumbledore dépassait tout ce qu'il avait alors imaginé. Il eut un haut-le-cœur, et dut se reculer pour reprendre son souffle. Il s'avança de nouveau et, surmontant sa répulsion, tendit la main pour écarter les doigts squelettiques du corps, qui entouraient l'objet de sa venue ici : la Baguette de Sureau.

Drago était, depuis qu'il avait reçu l'ordre d'Erwan, tiraillé à l'intérieur de lui-même. Il savait qu'accomplir ce qu'il faisait revenait à donner le pouvoir absolu à Gellert, mais il ne pouvait se résoudre à mettre Hermione en danger, ce qu'avait clairement expliqué Erwan à la fin de leur rencontre.

Oh, au fait, Drago, si tu t'avises d'en parler à qui que ce soit, je ferai en sorte que ce qu'il t'est arrivé quand tu nous a volé s'applique aussi à ma charmante copine, pour laquelle tu sembles porter beaucoup d'affection…

Les mains moites, Drago acheva d'écarter, dans un craquement sec, les doigts du cadavre, afin de libérer la baguette. Il lui semblait que les orbites vides le fixaient, et cela le mettait profondément mal à l'aise. Il extirpa non sans mal la baguette des mains du corps, puis se recula rapidement et referma le cercueil d'un coup de baguette, avant de le remettre en terre. Il se promit alors que, quoi qu'il arriverait, il n'irait plus jamais s'embarquer dans des histoires impliquant des profanations, persuadé que son acte ne resterait pas impuni bien longtemps…


Alors, je me suis longuement demandé si je devais détailler l'aspect du corps de ce bien-aimé Dumby, mais n'ayant pas fait d'études pour ce faire et n'ayant aucune envie de m'ôter à tout jamais l'envie de dormir sereinement la nuit, j'ai évité ! ^^

Breffons, ça vous a plu ? A la semaine prochaine !

-La Fouineuse-