Petit mot du jour :

Je m'excuse pour les fautes dissimulées dans le texte (un coup de javel et ça ira mieux ensuite) et remercie Alisha Horiraito pour ses commentaires sur mes derniers chapitres.

Bonne lecture !


Disclaimer : Fairy Tail ne m'appartient pas.


Rating : T


SPORT


« Salut Erza, comment tu vas ? »

La concernée relève la tête de l'écran en souriant. Le grand brun tient sa serviette, appuyée contre sa nuque, par les deux extrémités reposant près de sa poitrine ; son t-shirt gris est plus foncé à certains endroits, signe de ses récents efforts physiques.

« Ça va, répond-t-elle en défaisant la tirette de sa veste, et toi ?

- Je teste les nouveaux équipements.

- Oh, ça y est, ils sont arrivés ?

- La nuit dernière, déclare-t-il gaiement. J'espère que les clients viendront plus nombreux grâce à ça.

- C'est Luxus qui gère la salle aujourd'hui ? »

Simon hoche la tête avant de la tourner en direction de l'accueil désert.

« Je crois qu'il est parti montrer tout ça à Mira. »

Un rire échappe à la rouquine qui monte sur le tapis de course. La bout de sa queue de cheval caresse ses omoplates tandis qu'elle commence lentement son échauffement.

« C'est ton jour de repos ?, s'enquiert son ami en l'observant. Tu viens rarement en journée.

- Humhum, approuve Erza en configurant la machine, j'ai pris quelques jours de congés. J'en avais bien besoin.

- Ça se passe mal à l'hôpital ? »

Ses pas deviennent un peu plus rapides tandis qu'elle étire lentement le haut de son corps ; son débardeur noir remonte légèrement, exposant brièvement son ventre dessiné. Les yeux sombres de l'employé ne perdent pas un instant pour s'y perdre le temps d'un instant et, très vaguement, les souvenirs d'une nuit de solitude noyée entre ses bras lui reviennent brièvement en tête.

Elle les chasse rapidement, parce qu'elle ne désire pas accorder autant d'importance à cet évènement. Elle a été suffisamment explicite avec lui pour qu'il comprenne qu'elle ne recherche pas une relation avec lui.

« Tout va bien. J'avais juste besoin de prendre du temps pour moi. »

Du moins, c'est surtout le directeur de l'hôpital qui lui a demandé de s'arrêter quelques temps, la trouvant trop acharnée dans son travail ; les résultants sont là, pourtant, alors quelle idée stupide de lui soumettre cette requête. Elle voue une véritable passion pour sa profession, compter les heures est inutile.

« C'est rare venant de toi, sourit Simon, mais je ne vais pas me plaindre de te voir plus souvent. »

Erza esquisse à son tour un petit sourire tout en préparant sa playlist pour sa course. Remarquant sans doute qu'elle s'apprête à entamer sa session de sport, son ami décide de retourner vaquer à ses propres occupations. C'est maladroit et c'est dans ces moments-là qu'elle se demande pourquoi elle a jeté son dévolu sur lui pour satisfaire ses besoins ; peut-être par facilité.

Il est aux alentours de dix heures et la salle commence à bien se remplir. Elle voit Simon habillé dans des vêtements propres afin de s'occuper lui aussi des clients. La rouquine les reconnait facilement, étant une habituée, tout comme eux. Et, quand de nouveaux visages apparaissent, elle n'a jamais ressenti de gêne à se présenter aux personnes désirant la connaitre.

La musique dans ses oreilles la coupe du monde mais c'est facilement qu'elle remarque que quelqu'un s'installe sur le tapis de course, à côté du sien. Elle arque un sourcil, étonnée, étant donné que la plupart des personnes présentes dans cette salle filent directement vers la musculation.

Ses yeux se perdent instantanément sur le visage à la mâchoire carrée, un peu contractée, du garçon à côté d'elle qui commence peut-être sa routine ; elle ne l'a jamais vu. Ses cheveux bleus sont parfaitement coupés, caressant un peu son front tatoué. Sa joue aussi est marquée et elle a du mal à s'arrêter dans son observation, jusqu'à ce qu'elle sente ses pommettes chauffer quand il tourne la tête vers elle.

Les battements de son cœur sont déjà rapides mais, pourtant, elle a l'impression qu'ils viennent de monter d'un cran sous le regard vert posé sur elle. Un sourire, qui fait apparaître des fossettes absolument craquantes, de la part de l'inconnu et Erza part braquer toute son attention ailleurs, bénissant secrètement le fruit de ses efforts qui rendent sa peau déjà rose.


Son travail ayant repris, ses horaires à la salle sont redevenus les mêmes ; parfois elle vient tard, d'autres fois tôt, mais, pourtant, elle le croise souvent et semble avoir pratiquement la même routine que lui. Il n'est pas rare que ses yeux se perdent plus d'une fois dans les siens sauf qu'elle n'a pas encore rassemblé suffisamment de courage pour aller vers lui.

Cependant, ça n'empêche en rien au fait que son regard se balade sans vergogne sur la silhouette sportive du jeune homme. Ses muscles luisent sous l'éclairage et son ventre se tord tandis qu'elle chasse toutes les idées farfelues lui traversant l'esprit.

Erza essuie le coin de sa bouche, faisant disparaître la goutte d'eau. Elle a fini sa séance depuis dix minutes mais elle est restée là, plantée à côté de la fontaine d'eau, le poste idéal pour observer discrètement cet homme qui l'intrigue ; il n'est pas nouveau, c'est même un habitué et Luxus lui a confirmé cette information. Ça l'étonne parce qu'elle l'aurait forcément remarqué.

Finissant son dernier verre, elle jette le gobelet recyclable pour s'en aller vers les vestiaires.

Qu'est-ce que ça peut bien lui faire de toute façon ? Elle n'a même pas réfléchi à ses actions, trop curieuse d'en apprendre sur cet inconnu, pour remarquer qu'elle ne sait même pas ce qu'elle souhaite en l'abordant.

La rouquine pousse un soupir vaincu, incapable de se comprendre elle-même ni d'expliquer l'attraction qu'elle éprouve pour lui. C'est stupide et croire à toutes ces histoires d'amour, ou même juste au coup de foudre, ce n'est pas pour elle ; elle laisse volontiers tout à Lucy ou même Jubia.

Ses cheveux sont détachés quand elle sort des vestiaires, son sac de sport sur le dos. Erza esquisse des sourires pour dire au revoir aux autres personnes puis traverse tranquillement le parking éclairé par quelques lampadaires. Le froid attaque sa peau tandis qu'elle cherche ses clefs. Ses sourcils se froncent quand elle ne met pas la main dessus, peu importe le nombre de fois où elle les cherche.

« Hey ! »

Cette voix ne lui est pas familière et Erza hésite à se retourner. Elle le fait quand même lorsque les bruits de pas se sont arrêtés et qu'elle voit une ombre projetée près de la sienne.

« Oh euh- hey ? »

Un sourire et des fossettes et elle est réduite à des rougissements ; son inconnu préféré se tient devant elle, avec une petite veste sur ses épaules, rien qui puisse le protéger décemment de la température. Sa peau brille faiblement, souvenir de sa dernière activité.

« Tu as laissé tomber ça, dit-il en lui tendant un trousseau de clés.

- Je n'avais pas remarqué. Désolée. »

Elle récupère ses affaires maladroitement.

« Tu sais, tu n'as pas à t'excuser parce que tu les as égaré, s'amuse le sportif en mettant ses mains dans ses poches. Ce n'est rien. »

Erza replace rapidement une mèche derrière son oreille en fixant ses baskets. Elle se sent embarrassée et intimidée à la fois et elle n'est pas sûre d'aimer cette facette de sa personnalité ; ça ne lui ressemble pas de perdre autant le contrôle.

« Tu as raison, finit-elle par répondre en relevant le menton, en tout cas merci. C'est gentil. »

Il n'a pas encore arrêté de sourire et elle espère secrètement qu'il ne le fera pas.

« Tu devrais peut-être rentrer avant de tomber malade. »

Le jeune homme hoche un peu la tête mais ne tourne pas pour autant les talons. Il a l'air d'hésiter quelques secondes, sa bouche entrouverte. Finalement, sa voix suave revient flatter ses oreilles et retient toute son attention ; ça explique juste pourquoi elle le fixe en retenant presque sa respiration.

« En fait, je… comment dire…, marmonne-t-il en observant un peu le ciel, le truc c'est que. Je t'ai vue une fois, à la salle, il y a quelques mois. Enfin. Aperçue. »

Ses yeux contenant des paillettes dorées reviennent sur son visage brûlant.

« Je ne sais pas comment le dire sans que ça paraisse étrange ou déplacé, rit-il en frottant sa nuque, mais tu me plais et… j'ai changé ma routine pour que tu me remarques aussi sauf que. Je ne suis pas sûr que cette idée fonctionne alors… »

Oh.

« … j'étais bien content que tes clés soient tombées ce soir, pour être franc. »

Le monde pourrait s'écrouler autour d'elle, elle ne le remarquerait même pas tant elle est incapable de voir autre chose que lui.

« Est-ce que tu serais intéressée pour boire un verre ou manger quelque part avec moi ? »

Éclaircissant difficilement sa gorge, Erza serre ses doigts autour de la sangle de son sac.

« Je sais qu'on vient à peine de se rencontrer mais j-

- Oui !, le coupe-t-elle subitement. Je veux dire. Pourquoi pas ? »

Son sourire est vraiment éclatant.

Et désarmant.

Et cet homme est beaucoup trop beau pour sa santé mentale.

« Alors… on se voit plus tard ?

- Volontiers.

- Cool, souffle-t-il en faisant un pas en arrière, à bientôt. »

Ce n'est que lorsqu'il est à nouveau rentré dans la salle de sport qu'elle se rend compte qu'elle ne connait pas son prénom et qu'elle n'a pas non plus son numéro de téléphone.

Gémissante, elle cogne son front contre la carrosserie de sa portière.

« Mais quelle idiote. »