Bonjour à toutes. Je vous remercie pour vos lectures et vos commentaires sur le chapitre précédent, aphrodite161701, Olicity-love, Amelia-Queen-Black, Meliissa.L, Delicity-Unicorn, Jessyjess35 et Evy 47, et je vous livre le troisième texte de ce recueil.

Olicity-love: contente que ça te plaise toujours ce genre de texte. Merci pour ton commentaire.

Un dernier mot pour ma beta adorée, toujours à mes côtés. Je t'embrasse fort.

Bonne lecture...


Oliver sentait la rage bouillir en lui. Armé de son arc, debout face à ce spectacle, il tentait de garder l'esprit le plus clair possible pour ne pas faire d'erreur mais c'était peine perdu alors que Felicity était maintenue ligotée sur cette chaise.

Il jeta un regard noir à l'homme qui se tenait derrière elle, celui qui l'avait enlevée et qui l'avait attachée ici. Celui-ci le regardait avec un sourire satisfait et profitait du spectacle. Il avait réussi à l'amener là où il voulait et il avait le contrôle de la situation.

Il prit le temps de le détailler, il était archer tout comme lui, masqué et vêtu de noir. Son regard tout aussi sombre jouissait de son dilemme. Il pouvait sauver Felicity s'il tuait tous les hommes qui se dressaient entre eux. Mais il n'avait pas à réfléchir, s'il devait devenir un monstre pour sauver la femme qu'il aimait il le ferait... même si après ça il la perdait car il aurait failli à sa promesse.

Il sentit une présence connue se manifester au fond de lui. Ses démons se réveillaient et nimbaient d'ombres son esprit. Il retrouvait ses sensations si connues… et apaisantes. Il se sentait plus fort ainsi, libéré de la morale. Il allait donner à cet homme exactement ce qu'il demandait. Il allait faire renaître le pire aspect de sa personnalité et ferait appel aux actes les plus violents pour venir à bout de cette situation. Ces hommes ne valaient pas une once de pitié pour s'en être pris à celle qu'il aimait.

Son regard se posa sur Felicity, elle avait déjà compris ce qu'il allait faire et ses yeux brillants de larmes le suppliaient de ne pas s'abaisser à de telles extrémités. Il allait la décevoir encore une fois mais il ne pouvait pas la laisser ainsi.

Il releva son arc, prépara sa première flèche et se lança dans la bataille. Il ne retint pas ses coups et tua plus d'une fois. Il se rapprochait de l'homme qui menaçait Felicity mais d'autres, innombrables, se dressaient sur son chemin. Il tira des flèches qui retirèrent la vie, retourna des épées contre leurs possesseurs, il frappa, cogna, transperça, et à chaque coup, à chaque mort, il avait l'impression de gagner en puissance et qu'une satisfaction s'épanouissait au fond de lui.

La peur et la colère le galvanisaient et ses réflexes si longtemps contraints reprenaient leur droit comme s'il n'avait jamais tenté de contrôler la part si sombre de son être, comme s'il n'avait jamais arrêté de tuer, comme s'il n'avait jamais arrêté d'être ce justicier sans moral. Chaque mort semblait nourrir la part cruelle de son identité et chaque mort augmentait ce besoin de sang.

Il faillit se faire surprendre par un nouvel assaillant qui se dressait face à lui, il le maîtrisa en le retenant contre lui, son bras passé dans son cou pour le maintenir. Dans ce geste, il releva la tête et vit l'homme en noir se pencher vers Felicity pour lui parler à l'oreille. Il la vit fermer les yeux et étouffer de nouveaux sanglots. Sa rage s'intensifia, il attrapa la tête de l'homme qu'il maintenait et lui brisa la nuque d'un coup sec au moment où elle ouvrait les yeux. Elle le vit mettre un terme brutal à la vie d'un homme et sa détermination ne faiblit pas. Il ne pouvait pas penser à ce qu'il était en train de faire, une seule chose comptait, la sauver.

Il libéra un cri de rage en voyant la main de l'homme se poser sur elle, il laissa choir le corps inerte et se précipita sur son dernier adversaire en l'éloignant de Felicity. Les regards échangés furent durs, les cris combatifs et les coups donnés désespérés. Quand il le mit enfin à terre, il s'agenouilla à côté de lui, une dague enfoncé sous les côtes. Il le surplombait, en reprenant son souffle et ses esprits. Felicity n'était plus en danger, il ne l'avait pas perdue.

Il vit l'homme sourire en coin, son esprit exempt de toute peur alors qu'il avait atteint son but.

- « Tu es comme moi maintenant », souffla-t-il.

Oliver reconnut les ombres qui s'épanouissaient dans le regard de l'homme vaincu et il appuya sur la dague pour qu'elle le pénètre jusqu'à la garde. Il n'avait pas à le tuer mais il avait l'impression de faire disparaître une part de son mal alors qu'il scellait les ténèbres à son âme. Il prit le temps d'entendre le dernier souffle exhalé et relâcha l'arme d'une main tremblante.

Il se redressa pour rejoindre Felicity et libéra ses poignets avant de se laisser tomber à genoux. Il avait l'impression de sortir d'une sorte de transe, aveuglé par la haine et la vengeance, il recouvrait la vue et se rendait compte de ce qu'il venait de faire. Il était recouvert du sang des hommes qu'il venait de tuer. Il avait senti une force nouvelle à être redevenu ce monstre qu'il avait combattu ces dernières années et maintenant qu'il était proche de Felicity, il se recroquevilla. Il ressentit une indignité soudain en se rendant compte de son état. Felicity l'avait soutenu depuis toujours, elle l'avait aidé à tenir sa promesse face à tous les dangers et il lui montrait encore une fois qu'il n'en valait pas la peine.

Il redressa la tête en sentant les mains de Felicity courir sur ses cheveux et ses joues. Elle avait les joues baignées de larmes et murmurait inlassablement son prénom.

- « Pardonne moi… je ne pouvais pas le laisser te faire du mal », murmura-t-il d'une voix éraillée alors qu'elle posait son front sur sa tête et ses mains de part et d'autre.

Il sentit des baisers être déposés dans ses cheveux, sur son front, ses yeux, et alors qu'il avait l'impression d'avoir perdu sa dernière parcelle de lumière, elle le regardait comme s'il était assez fort pour se relever encore une fois. Il ferma les yeux et se laissa bercer par ses mots et ses gestes, voulant croire à ce mensonge. Espérant que sa lumière ferait fuir ses ombres.