Bonjour à tous !
Voilà le chapitre suivant !
Comme j'ai quelques chapitres d'avance, je pense que je vais partir sur une publication le mercredi et le samedi pour commencer, quitte à repasser à une seule publication par semaine quand j'aurais perdu mon avance.
Un grand merci aux personnes qui ont laissé des reviews, j'essaierais de ne pas vous décevoir.
Je vous souhaite une bonne lecture !
56. Danser avec le meilleur
L'air était calme en ce jeudi après-midi, rempli de la douce fragrance des fleurs et de l'eau, indiquant clairement que l'été était en chemin. C'était le mois de mai, un mois de mai inhabituellement chaud et ensoleillé pour le nord de l'Ecosse, et les élèves qui disposaient de temps libre passaient leur temps dans le parc, se promenant sur les berges du lac ou se reposant sous l'ombre des grands arbres centenaires de Poudlard.
Une légère brise glissait le long des bords du lac et emmenait avec elle leurs bavardages et leurs rires jusqu'à la fenêtre ouverte d'une haute tour que personne ne pouvait relier à une partie habitée de Poudlard. Elle voyagea paresseusement à travers un laboratoire parfaitement équipé et joua avec les cheveux d'une jeune femme pelotonnée dans un fauteuil au coin de ladite pièce.
Hermione leva les yeux alors que l'air lui caressait la peau, puis soufflait au delà de son visage et sortait par la fenêtre. Ses yeux tombèrent sur Severus, travaillant dur sur une de ses potions expérimentales, et elle sourit de contentement.
Ça avait été une bonne idée d'amener son travail dans le laboratoire. De cette façon, elle pouvait travailler sur les textes traitant de la théorie de l'Occlumencie qu'elle espérait utiliser pour les leçons de Harry et Ron en ayant toujours la possibilité de jeter furtivement des regards admiratifs à Severus de temps à autres.
Il avait l'air beaucoup plus humain dans son pantalon noir et sa chemise blanche, et bien qu'elle n'ait pas besoin de preuve supplémentaire de son appartenance au genre humain, la façon qu'il avait d'être totalement absorbé par son travail était simplement adorable.
Pendant un moment elle considéra sérieusement la possibilité de le distraire de son travail et de l'amener en bas dans leur chambre, mais ensuite elle se rappela avec tristesse que les potions, à la différence des livres, ne réagissaient pas bien quand on les laissait sans surveillance. La nécessité de terminer son travail avant toute chose était enracinée dans la personnalité de chaque Maître des Portions et surpassait tout autre besoin.
Pas qu'elle désirait sérieusement qu'il lâche un peu de lest dans son travail, mais il était étrange de le voir si absorbé par quelque chose qui n'était pas elle. Il a probablement oublié que j'étais là depuis le moment où il s'est penché sur son chaudron, pensa-elle amusée, et elle se demanda un moment s'il était vraiment sain d'esprit de considérer ça comme mignon chez un homme.
Probablement pas, décida-elle, mais qui s'en soucie ?
"Avec toi, tout a l'air si facile," dit-il soudainement, lui prouvant qu'elle avait tort.
"Quoi?" demanda-elle d'un air absent, trop absorbée par son postérieur galbé.
"Tout. Espionner. Convaincre Voldemort que tes plans sont les meilleurs. Organiser des événements comme le bal."
Elle renifla. "N'était-ce pas toi qui me disais que tu n'informais jamais Dumbledore complètement ? La moitié d'entre eux a cru que tu étais encore un Mangemort jusqu'à ma cinquième année."
"Mais ils n'ont jamais su ce que je faisais," argua-il, lui tournant toujours le dos, ses mains attrapant et broyant toujours des ingrédients. "Tout ce qu'ils recevaient c'était des informations choisies, et elles étaient données par Albus, sans aucune référence à moi. Mais ils en savent bien plus sur ton travail qu'ils n'en ont jamais appris sur le mien pendant toutes ces années. Et tu leur donnes quand même l'impression que c'est vraiment du gâteau."
Hermione haussa les épaules, ne voyant pas vraiment où il voulait en venir. "Quel intérêt y a-t-il à les inquiéter ? Harry est nerveux à chaque fois qu'il sait qu'il y a une réunion, et je peux à peine empêcher Draco de rôder autour de moi. Pourquoi devrais-je leur dire à quel point tout ça peut finir mal pour moi ?"
"Parce qu'ils réfléchiraient beaucoup plus au danger avant de t'y envoyer."
Il s'était finalement tourné vers elle, en ayant apparemment terminé avec la part active de la préparation de la potion. Au moment où ses yeux se posèrent sur elle, elle sut que ça n'était pas une discussion philosophique. Il était inquiet, et cela l'inquiéta.
"Mais c'est exactement ce que je veux éviter," contra-elle. "Imagine seulement l'Ordre discutant chacun de mes actes. On ne pourrait plus travailler ! Ils seraient juste comme toi, au début !"
Elle vit ses yeux s'assombrir et son visage se fermer, et elle sut que ça avait été la mauvaise chose à dire. Mais au lieu d'essayer de s'excuser, elle lui envoya une vague d'amour et d'admiration.
Tu sais à quel point je chéris notre alliance, murmura-elle dans son esprit et elle le vit - et le sentit - se détendre.
"Quel intérêt de leur dire qu'il nous a fallu trois jours complets pour planifier l'opération Dougall ?" essaya-elle encore. "Ils en auraient seulement été plus crispés et nous auraient rendu impossible le fait d'enchaîner si facilement les choses. De cette façon, par contre, ils sont admiratifs et nous laissent faire notre travail. Tout le monde est content."
"Tant que nos plans fonctionnent bien," objecta-il doucement, et elle fronça les sourcils à ce sous-entendu.
"A quoi fais-tu allusion, Severus?"
"Tu leur donnes l'impression que tu peux contrôler le Seigneur des Ténèbres, que tu peux te jouer de lui comme tu te joues de l'Ordre," répondit-il, puis il soupira et se pinça l'arrête du nez. "Je sais que tu veux les garder loin de ce cauchemar plus que tout et que cette illusion t'aides.
"Mais le fait est que Voldemort est un fou dangereux, et qu'il le restera, peu importe combien d'influence tu as sur lui. Aucune bonne volonté, aucune réussite ne peut te sauver quand il décide subitement de t'éliminer, comme il l'a fait avec tellement de gens ces dernières années. Même dans le Premier Cercle, même en tant que Lucius Malfoy lui même, tu ne peux jamais être certain de ce qu'il va se passer quand il est dans la pièce. En tant que femme et sang-de-bourbe et amie de Harry Potter, ta vie est en péril à chaque fois que tu te trouves en sa présence."
"Je sais tout ça, Severus," lui dit-elle calmement. "J'ai vu des Mangemorts se faire tuer sous le coup d'un caprice aussi bien que toi."
"Je sais que tu sais," répondit-il. "Mais eux n'en ont aucune idée. Leurs connaissances sur le Seigneur des Ténèbres se résument à "Il est mauvais. On essaie de le tuer.". Si tu leur dis que tu contrôles ses humeurs, ils vont te croire. Et je me demande pourquoi tu essaies de créer cette impression."
Elle souffla. "Je n'essaie pas de créer quoi que ce soit. Je veux juste que ça fonctionne sans problème."
Elle était trop aguerrie pour ne pas rencontrer ses yeux ou donner d'autres signe de culpabilité, mais elle vit quand même dans la façon dont il retourna à sa potion qu'il ne considérait pas la question close. Elle n'était pas surprise. Il n'aurait pas été Severus s'il avait pris ses mots pour argent comptant.
"A côté de ça," ajouta-elle, essayant de mener la conversation vers des eaux moins dangereuses. "Même si je leur disais à propos du danger ou ce que j'ai dû faire pour arriver à me hisser jusqu'à cette position, ils ne se rendraient pas compte dans leur tête. Regarde la façon dont Harry a réagi au bal. Théoriquement, il aurait dû savoir à quel point je sais bien jouer un rôle. Mais malgré ça il s'est comporté comme s'il ne s'était jamais attendu à ce que je me transforme en quelque chose du genre de Martha Harritt."
Severus fit un petit 'hum' pour marquer son accord. "Oh, l'esprit humain," psalmodia-il. "Quelle chose inconstante est-ce."
Elle sourit. "Ne t'inquiète pas pour moi, Severus," dit-elle doucement. "Je suis un chat, tu sais. J'ai neuf vies."
Il hocha la tête, pensif, comme si c'était une théorie qui méritait d'être considérée. Puis il leva la tête, et ses yeux sombres et brûlants rencontrèrent les siens avec une intensité qui fit battre son coeur sauvagement dans sa gorge.
"Je sais, Hermione. C'est juste que parfois, j'essaie d'imaginer ma vie sans toi, une vie comme celle que je menais il y a un an, ou même dix." Il sourit, mais ça ressemblait plus à une grimace, un geste impuissant pour alléger l'atmosphère.
"Et je me rend compte que, malgré ma ruse de Serpentard et mon imagination fertile, je ne peux même pas concevoir une vie sans toi. Ça n'existe tout simplement plus. Tout ce qui m'appartient, tout ce qui me définit, est ancré en toi."
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Le déjeuner du samedi montrait habituellement du relâchement, une bonne partie des septième années manquant à l'appel. Les Serpentard se transmettaient l'emplacement des cuisines comme un héritage et soulageaient bien plus les elfes de maison de leurs excellents pâtés qu'aucune autre maison de Poudlard. Un jour aussi beau et chaud comme celui là, la plupart avaient choisi d'emmener leur repas à l'extérieur, voulant profiter du plus de soleil possible durant les courts étés écossais.
Draco, cependant, avait opté pour la table des Serpentard ce jour là.
Avec Théodore Nott parti - sa soudaine disparition de l'école avait été expliquée par décès dans sa famille, mais bien sûr tous ceux qui avaient des parents Mangemorts connaissaient la vérité - la direction de la maison, ou du moins de la part optant pour le côté de Voldemort, était revenue à Draco.
La rumeur de son inclusion future dans les rangs des Mangemorts ainsi que de son apprentissage avec leur nouveau professeur de Potions avait atteint tout le monde maintenant, et il pouvait voir leur attitude envers lui changer avec la lenteur et les précautions typiques de Serpentard.
Non qu'il se soucie de leur attitude, les offres moins que subtiles de Pansy Parkinson, la façon dont Goyle et Crabbe avaient repris leur fonction de garde du corps. C'était plus une nuisance qu'autre chose, être surveillé de la sorte, voir ses absences de la salle commune remarquées.
Mais une longue conversation avec Severus l'avait convaincu que si sa maison cherchait quoi qu'il advienne un dirigeant parmi ses rangs, il valait mieux qu'ils le choisissent lui plutôt que Parkinson ou Dewwood de la sixième année. Chaque Serpentard qui se confiait à lui était un risque, une source inconnue en moins dans le château.
Donc il avait recommencé à passer plus de temps dans la salle commune et à la table de sa Maison, et le résultat l'avait surpris. D'un côté, il aimait être de nouveau en mesure de jouer à ces petis jeux qui étaient la seconde nature de la plupart des Serpentard.
Bien qu'Hermione soit une experte en tout ce qui concernait le pouvoir et les intrigues, et que même Harry commençait doucement à suivre, ils avaient choisi d'utiliser ces capacités uniquement contre l'extérieur.
Il aimait cette façon ouverte, chaude et plein de confiance d'interagir, autant qu'il aimait la façon dont Severus tenait l'Ordre, mais ce genre de communication manquait de cette sorte de tension à laquelle il avait été habitué depuis l'enfance.
La danse des mots, aiguisés comme des couteaux et élégants comme le pépiement des oiseaux, la recherche constante de sens cachées et de menaces subtiles, la structure du pouvoir en constante évolution et la fluide hiérarchie des Serpentard étaient dans sa nature, et il aimait retourner dans ce repaire de serpents - même si ça n'était que pour le spectacle.
Il y avait une autre chose qui rendait le repas du midi à la table des Serpentard supportable - il pouvait facilement voir Harry, Hermione et leurs amis de sa place, et sa bonne vieille rivalité avec les Gryffondor lui donnait une excuse parfaite pour en jouer.
Tout ce dont il avait besoin était de faire un commentaire dégradant par ci par là, chose qui s'échappait de ses lèvres presque automatiquement, et son observation constante des autres tables se trouvait justifiée auprès de ses camarades de maison.
De cette façon, il pouvait observer la performance de Harry en public pour en repérer les défauts et lui mettre plus tard en évidence - ou plutôt le taquiner sans merci avec les rares erreurs qu'il avait commises ces derniers temps. Parfois, il se demandait à quoi ça ressemblerait de passer ses journées avec des gens aussi ouverts et bourrus que les Gryffondor. Ça devait être sympa, décida-il, mais aussi terriblement ennuyeux.
"Avec ma nouvelle position d'apprenti, j'espère bien sûr être invité aux réunions des enseignants," dit-il d'une voix traînante, s'attirant les regards admiratifs de Pansy et se forçant à ne pas lever les yeux au ciel. Franchement. Cette fille était simplement trop stupide pour être à Serpentard. Quel dommage qu'elle manquait de toute les qualités qui auraient pu la mener dans une autre maison.
Parfois, Nott lui manquait. Au moins, lui avait su comment jouer en finesse. Jusqu'à ce qu'Hermione croise son chemin. Cette pensée lui servait habituellement à se calmer et à éloigner tout sentiment nostalgique de son esprit.
"Regarde Potter," siffla Pansy. Critiquer les autres était son passe temps favori, et bien sûr la table des Gryffondor était celle qui en faisait le plus les frais. "Il se ronge encore les ongles. Ce garçon est juste dégoûtant ! Quand je pense qu'ils le prennent pour un héros !"
"Le héros des simplets," commenta Draco, s'attirant les rires de la table alors qu'il jetait un long regard à Harry.
Il était nerveux, Draco le tenait de leur réunion de la veille au soir. Ce soir se tiendrait leur première leçon d'Occlumencie, à Weasley et lui, et bien que Harry se sente maintenant bien plus tranquille quand Severus était dans les parages, le souvenir de ses leçons de cinquième année était suffisant pour le transformer de nouveau en boule de nerfs.
Mais l'utilisation de sa nervosité pour son rôle, relevée par des regards sinistres vers la chaise vide du Directeur à la Grande Table était bien amenée. Draco soupira et secoua la tête comme si tant d'idiotie Gryffondor le rendait très las. Il n'y aurait pas matière à taquiner Harry demain soir.
À moins que… Il se ressaisit et ajouta une autre remarque humiliante sur les Gryffondor, une qu'il tenait de Harry à l'origine. Peut-être que Harry et la belette se couvriraient d'embarras ce soir et qu'Hermione serait assez sympa pour lui raconter.
Ça lui donnerait finalement une chance de se venger de toutes les remarques sur Mrs. Weasley de ces trois dernières semaines. Franchement, était-ce sa faute si la matriarche avait décidé de lui tricoter un monstre de laine avec un grand 'D' sur le devant pour son anniversaire ?
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"T'es prêt, mon gars?" demanda Harry alors qu'ils se tenaient devant la tapisserie connectant les appartements de Severus avec le quartier général. Ron hocha la tête, même si ça tenait plus du tremblement que du hochement.
C'est vrai, Hermione leur avait promis d'assister au moins à la première leçon, mais ces derniers temps on ne pouvait jamais être vraiment sûr de l'endroit où se trouvait Hermione en dehors des cours. Elle pouvait être en train de parler stratégie avec Maugrey et Dumbledore, sortie pour une réunion de Mangemorts ou pour l'un des projets sur lequel elle travaillait en secret avec Severus.
Sans mentionner qu'il la soupçonnait d'être impliquée dans un tas de choses dont il n'avait jamais entendu parler.
Mais quand il fit le signe que quelqu'un voulait entrer et que la tapisserie s'éclaira, Hermione se tenait de l'autre côté, leur souriant de manière encourageante.
"Severus sera là dans un moment," dit-elle. "Puis-je vous offrir quelque chose à boire ?"
"Du whisky pur feu ?" demanda Harry avec espoir, et Hermione rit.
"Pas une bonne idée," dit-elle. "Il va vous falloir avoir l'esprit aussi clair que possible. Je vous recommande d'attendre la fin de la leçon pour le whisky."
Elle fit un léger mouvement de la main et une théière accompagnée de quatre tasses et soucoupes apparurent sur la table près des deux canapés. Utiliser la magie sans baguette avait l'air si banal avec elle, pensa Harry, irrité, alors qu'il se dirigeait vers les sofas en tirant un Ron réticent derrière lui. Mais quand lui même avait essayé, rien ne s'était passé. Pendant des heures. Le sauveur du monde sorcier devrait savoir faire quelque chose comme ça, pensa-il agacé.
"Relax, Ron," dit-elle en offrant une tasse de thé au rouquin. "L'Occlumencie ne fait pas mal, normalement. Maintenant je voudrais que vous transfériez les pensées que vous ne voulez pas que Severus ou moi voyons dans ma Pensine." Elle fit un mouvement vers le bureau près de la fenêtre où le bassin de pierre reposait. "Comme ça vous n'aurez pas trop à vous inquiéter pour la leçon."
"Il faudrait que je vide pratiquement toute ma tête," marmonna Harry, s'attendant à ce que Ron confirme, mais il se trouvait que Ron fixait juste la Pensine avec une expression accablée, le visage pâle et les épaules baissées.
Bien sûr. C'était la première fois que Ron pénétrait dans les quartiers de Severus depuis qu'ils étaient au courant pour Hermione, et la Pensine devait lui rappeler une scène bien moche. Être confronté à sa propre stupidité et trahison n'était jamais une chose facile, mais si on prenait en plus en considération le fait qu'ils allaient ouvrir leurs esprits à Hermione et Severus dans quelques minutes, ça devait vraiment inspirer la terreur.
Devant l'expression vraiment misérable de son ami, les inquiétudes de Harry semblèrent soudain peu de choses, et il se leva et marcha jusqu'à la Pensine lentement, tirant de nouveau Ron derrière lui. Hermione leur montra comment extraire les pensées, puis elle créa une barrière autour du liquide argenté une fois qu'il eut terminé, probablement pour empêcher ses pensées et celle de Ron de se mélanger.
Harry se sentait étrangement léger avec tant de ses pensées en moins. Il se demanda ce que ça ferait de passer ses journées comme ça, sans le souvenir de Cédric et de Sirius et de ses propres erreurs, mais il décida ensuite qu'il ne valait pas la peine d'y réfléchir. Trop de ce qui le définissait lui manquerait, ainsi.
"Severus arrive," leur dit Hermione, et Harry se retourna prestement, s'attendant à ce que leur chef des renseignements descende des escaliers ou apparaisse par la porte. Au lieu de quoi il ne vit rien pendant un moment, puis l'aura dorée de la tapisserie apparut.
Il lança un regard interrogateur à Hermione, qui lui sourit juste en retour et ignora complètement sa question silencieuse. Il s'était rendu compte qu'elle était très forte pour ça.
Severus entra dans la pièce avec des pas glissants, les robes tourbillonnant derrière lui. Il salua Harry et Ron d'un signe de tête chacun et échangea un petit regard avec Hermione, mais Harry nota qu'il ne lui sourit pas, ni ne la toucha d'aucune manière. Au vu de la façon dont réagit Hermione à sa présence, personne n'aurait pu discerner une relation quelle qu'elle soit entre eux.
Mais bien qu'il comprenne que leur changement de comportement était dû à la présence de Ron dans la pièce, et qu'ils voulaient éviter toute provocation ou démonstration de vulnérabilité, il trouva que l'habituelle atmosphère détendue qu'Hermione et Severus semblait créer en étant simplement dans la même pièce lui manquait.
"On ferait bien de commencer la leçon, maintenant," annonça Hermione. "On a assez peu de temps comme ça."
Harry hocha la tête, acceptant sa décision, mais une fois de plus il eut un petit pincement au cœur, déçu. Il n'y aurait donc pas de bavardage autour du thé ce soir, ou de présentation des nouveaux projets d'Hermione. On irait droit au but, et cela rappela fortement à Harry la manière dont ils s'entraînaient avec le Deuxième Cercle de l'Ordre.
"L'Occlumencie," commença Severus du ton omniscient qu'il utilisait habituellement quand il donnait cours. "Est un art de l'esprit seulement partiellement relié à la magie. Elle se travaille sur plus d'un niveau, de la basique structuration et organisation des pensées avec l'aide de la méditation, à la défense de son esprit contre les éventuelles attaques, à la construction de la conscience, la reformation et le modelage de l'esprit."
Il fit une pause, regarda Harry comme s'il attendait des questions et fixa Ron qui détourna la tête comme souvent en présence de Severus.
"Vous n'atteindrez bien sûr," continua-il. "Jamais ce niveau d'Occlumencie, du moins pas d'ici les quelques mois qui nous séparent d'Halloween. Notre tâche sera seulement de fortifier votre esprit de manière non seulement aussi efficace que possible en si peu de temps, mais aussi de manière à ce que vous soyez capable de maintenir cette fortification même devant le Seigneur des Ténèbres.
Il fit une nouvelle pause, et Harry hocha légèrement la tête pour indiquer qu'il suivait jusque là. En fait, pensa-il, ce seul petit discours lui avait appris sur l'Occlumencie plus de choses que son entière expérience de cinquième année. Peut-être que Severus pouvait être un professeur décent quand il le voulait.
Puis il se souvint qu'Hermione avait appris l'Occlumencie à un niveau expert sur la base de l'enseignement de Severus de l'époque, ou plutôt juste d'après le souvenir défectueux de Harry, et il dut admettre qu'il était peut-être aussi devenu un meilleur élève depuis.
"Puisque 'videz votre esprit' n'a pas très bien marché la dernière fois," continua Hermione, envoyant à Severus et Harry un sourire ironique. "Nous avons développé une autre forme d'exercice qui devrait vous aider. Mettez-vous dans une position confortable, s'il vous plaît."
La demande soudaine sembla surprendre Ron, parce qu'il tiqua et regarda ensuite autour de lui douteusement, comme s'il trouvait difficile d'imaginer qu'une position puisse être 'confortable' à proximité du chef des renseignement.
Après un moment d'hésitation, Harry se débarrassa de ses baskets et s'assit en tailleur sur le canapé, adossé à un gros coussin de soie rouge.
"Je suis prêt," annonça-il après avoir éprouvé la position pendant quelques secondes sans lui trouver de défaut. Un moment plus tard, Ron lui fit écho.
"Bien," continua vivement Hermione. "Maintenant je veux que vous fermiez les yeux. Au lieu d'essayer d'éviter de penser, essayez de réfléchir en conscience à ce que vous pensez. Essayez de trouver des structure et des motifs à travers vos associations, et essayez de visualiser vos pensées aussi clairement que possible. En résumé : nous voulons que vous compreniez comment vous pensez. Ça devrait vous donner une meilleur base pour les arrêter."
Extérieurement, Harry hocha la tête une nouvelle fois et ferma les yeux, son visage reflétant la tranquillité. Intérieurement, son esprit chancela. Visualiser ses pensées ? Structurer ses associations ? Mais de quoi diable parlait-elle ?
Il essaya de toute ses forces, vraiment, mais même essayer de garder une trace du processus de ses pensées était trop difficile pour lui. La façon dont il les voyait, l'effort de réfléchir à propos de ses pensées ne faisait qu'en créer de nouvelles, qui avaient besoin d'être analysées aussi, ce qui causait d'autres associations qui avaient besoin d'être analysées, ce qui le rendait fou. Vraiment.
Il réussit à rester calme, les yeux fermés, pour ce qui lui sembla durer une éternité. Quand il rouvrit les yeux, cependant, il se trouva que seulement cinq minutes s'étaient écoulées. Hermione était assise directement en face de lui et le regardait avec des yeux pétillants d'amusement, pendant que Severus à sa gauche toisait Ron, qui avait apparemment abandonné un peu avant lui.
"Je suis désolé," s'excusa Harry, sentant ses joues se colorer et détestant le fait qu'il ne puisse pas contrôler la couleur de son visage, malgré tout ce que Draco avait essayé. "Je ne sais juste pas comment visualiser quoi que ce soit. Je n'ai jamais essayé ce genre de chose avant. Peut-être que si tu pouvais me donner un exemple…"
Hermione soupira et se tourna vers Severus. Toute expression disparut de leur visage, indicateur du fait qu'ils avaient une de leurs conversations mentales. Après moins d'une minute, Severus hocha la tête et Hermione reporta son attention sur ses pairs.
"Nous pensons que ça marcherait mieux si je vous montrais ça depuis l'intérieur," leur dit-elle, et cette démonstration de communication silencieuse et incroyablement rapide fut suffisante à Harry pour qu'il soit de nouveau motivé à apprendre l'Occlumencie.
"Quel intérieur ?" demanda Ron, hésitant.
"L'intérieur de mon esprit," répondit Hermione. "Laissez-moi juste un moment pour mettre un peu d'ordre." Et ceci dit, son visage se détendit une nouvelle fois et ses yeux se fermèrent doucement, comme s'ils avaient leur propre volonté.
Harry jeta un regard interrogateur à Severus.
Il haussa les épaules. "C'est la façon la plus simple de vous montrer comment la visualisation fonctionne."
"Exactement," confirma Hermione, les yeux de nouveau ouverts. "Je vais vous amener dans mon esprit maintenant, Harry, Ron. Ça va ressembler un peu au transplanage d'escorte, alors accrochez-vous."
Une autre chose qu'Hermione avait apprise des Serpentard, pensa Harry avec un vertige alors que le monde se dissolvait dans un tourbillon fou de formes et de couleurs, était l'art de l'euphémisme. C'était horrible, et la vision de lui-même en train de vomir à l'intérieur de l'esprit d'Hermione traversa ses pensées. Ce qui aurait été la pire honte possible de tous les temps.
La sensation du mouvement, aveuglément rapide et dirigé par une force indépendante de sa volonté, le submergea, bien qu'il ait conscience d'être toujours quelque part assis sur le canapé, Ron à ses côtés.
Puis, soudainement, il se retrouva debout, dans la pénombre. Doucement, il tourna sur lui même, essayant de déterminer où il se trouvait, mais tout ce qu'il pouvait voir c'était ce gris qui s'étalait à perte de vue.
Jusqu'à ce que, avec un petit cri de surprise, Ron se tienne à ses côtés, et qu'en face d'eux Hermione se matérialise.
"Bienvenue dans mon esprit," dit-elle avec un sourire.
"Un désert gris?" demanda Harry, un peu sceptique. "Ce n'est pas ce que j'avais espéré, honnêtement."
Hermione eut un rictus. "C'est pour ça qu'il est là," répondit-elle. "Cet endroit n'est pas seulement le hall d'entrée de mon esprit, c'est aussi son premier niveau de défense. C'est à ça que ressemble un esprit vide de toute pensée, fondamentalement. Normalement, on ne peut atteindre cet état de 'non pensée' absolue que pour de très courtes périodes, mais au plus on s'entraîne, au mieux on y arrive. Un espace vide comme celui là rend l'orientation très difficile - vous ne pouvez même pas être vraiment sûrs d'où se trouvent le haut et le bas. N'importe qui essayant de pénétrer votre esprit prendrait du temps à trouver ce qu'il cherche si vous lui présentez une telle entrée."
Elle hocha la tête, comme si elle était satisfaite de la première partie de sa démonstration. Ensuite, elle bougea son pouce et son index d'une façon particulière, comme si elle essayait de séparer deux rideaux, et soudainement, la grisaille se divisa en deux, leur offrant une vue de ce qui se trouvait sous - ou sur ? - cette pellicule lisse.
"C'est nous, dans la Grande Salle," s'exclama Ron, surpris par les images éclatantes qui semblaient soudain les entourer. "Et ça c'est notre premier cours de sortilèges !"
"C'est le deuxième niveau de défense," expliqua Hermione. "Une épaisse couche de souvenirs, réels ou inventés, qui essayent de projeter un certain personnage ou état d'esprit. Là, il est réglé sur l'album 'écolière standard'."
Elle sourit de nouveau. "L'ensemble de souvenirs peut être modifié à volonté, et s'ils sont suffisamment bien construits et mélangés, ce niveau dupera la plupart des Légilimens, surtout s'ils ne s'attendent pas à ce que vous soyez entraînés. Même Severus est tombé dans le panneau."
Les lignes sévères qui apparurent autour de la bouche, la vieillissant pendant quelques secondes, indiquèrent à Harry que ça n'avait certainement pas été ces souvenirs innocents que Severus avait vu, mais il la connaissait assez pour ne pas poser la question.
"En route pour le troisième niveau maintenant," continua-elle après qu'ils aient regardé la danse des souvenirs de leurs sept années à Poudlard. "Vous n'atteindrez probablement pas ce niveau avant Halloween, mais voir les autres éléments qu'une 'fortification' complète peut néanmoins vous aider."
Dans une rapide série de chutes, ou du moins c'est ce que le sens de l'orientation submergé de Harry lui indiqua, Hermione les introduisit dans cinq autres niveaux de défense, l'un apparaissant comme du feu, le suivant de la glace, le troisième des ombres mouvantes et vivantes qui semblèrent très menaçantes à Harry. Les niveaux quatre et cinq étaient d'immenses portes d'acier sans faille, et quand un geste circulaire des doigts d'Hermione les fit s'ouvrir, Harry put voir qu'elles étaient plus larges que les murs d'enceinte de Poudlard.
"Maintenant, ceci," dit Hermione avec un geste vers ce qui s'étendait au delà des portes. "Est mon véritable esprit, le contenu d'une coquille de noix, pour ainsi dire."
Faisant attention où il posait ses pieds, et ne faisant pas tout à fait confiance en cet étrange endroit, Harry franchit les portes et la surprise lui coupa le souffle. Il n'était pas sûr de ce à quoi il s'attendait de l'esprit d'un Legilimens, mais ça n'était définitivement pas à ça.
Pas le labyrinthe de la troisième tâche du Tournois des Trois Sorciers.
Ils se tenaient sur une colline, recouverte d'un herbe si soyeuse et douce qu'elle avait la texture d'une fourrure, et devant eux, s'étalant à perte de vue, poussaient des haies vertes, se tortillant et formant occasionnellement des chemins sous un ciel qui dégageait doucement une lumière dorée indirecte. Harry pouvait apercevoir des nuances de gris et de blanc parmi les haies, structures qu'il supposa être des constructions, et des mouvements qu'il aurait pu jurer être causés par des animaux. Il ne préféra pas penser au genre d'animal qu'Hermione pouvait utiliser pour garder son esprit.
"C'est à ça que ton esprit ressemble ?," demanda Ron, de l'admiration dans la voix, et Hermione grimaça un sourire . Elle appréciait apparemment ce genre de leçons, pensa Harry.
"Non, c'est la façon dont je visualise mon esprit," corrigea-elle. "C'est une chose très différente et c'est le point le plus important concernant les arts de l'esprit. Ton esprit n'est jamais que ce que tu penses qu'il est. Mais en même temps, il est absolument tout ce que tu veux qu'il soit."
"Et donc, tu as fait en sorte que ton esprit soit un labyrinthe ?" demanda Ron, ne croyant clairement pas que de tous les choix possibles Hermione ait opté pour un tas de haies pour représenter ses pensées.
"Un labyrinthe de haies est vachement difficile à traverser," commenta Harry, se souvenant de sa propre expérience. "Et je ne pense pas qu'Hermione ait mis des choses aussi inoffensives que des scrouts à pétard là dedans."
Hermione acquiesça. "Le labyrinthe est une part de mes défenses. Ce sont les bâtiments que vous pouvez voir en partie qui contiennent mes pensées, ma mémoire et mes connaissances. Venez-voir."
Et une nouvelle fois, le drôle de mouvement de ses doigts les emmena à toute allure, et c'est seulement un instant plus tard que Harry retrouva son équilibre, se trouvant en face d'un grand manoir, ou plutôt un palais, plus petit que Poudlard mais orné d'une grâce et d'une élégance qui semblait tout à fait féminine, de manière luxueusement grandiose.
"Wow," murmura Harry, ne trouvant pas de mots pour décrire ce qu'il voyait d'une meilleure façon.
"Valencay, un château en France," dit Hermione. "Ou plutôt ma reproduction mentale de ce château. C'est le palais de souvenirs que j'ai construit au cours de l'année. Entrons."
Elle marcha vers l'énorme double porte et l'ouvrit d'un autre geste de l'index. Doucement, prenant beaucoup de précautions, Ron et Harry la suivirent dans le hall d'entrée.
C'était une bibliothèque.
Ou plutôt, c'était la bibliothèque, un endroit que seul une véritable amoureuse des livres comme Hermione pouvait avoir imaginé, un endroit impossible à construire excepté dans un château imaginé dans un esprit, où les lois de la physique n'avaient aucune emprise.
La pièce était énorme, plus grande que le bâtiment entier qu'on voyait depuis l'extérieur, et Harry pouvait voir de nombreuses portes menant de cette pièce vers d'autres probablement aussi vastes que celle là.
Et partout, il y avait des livres. Des étagères et des étagères de livres, atteignant le haut plafond et descendant jusqu'au sol. Harry ne vit aucune échelle ou galerie permettant de les atteindre, mais il supposa que ces choses n'étaient pas nécessaires dans un esprit. Des tas de livres étaient empilés sur le sol et autour de bureaux de différentes proportions, et certains reposaient ouverts sur des bras de fauteuils ou des lutrins. Il devait y avoir dix fois les livres de la bibliothèque de Poudlard ici, et ça n'était que la première pièce !
"Comme vous pouvez le voir, j'ai décidé de visualiser mes pensées, mémoires et connaissances sous forme de livres," expliqua Hermione. "Pas surprenant, n'est-ce pas ? Quelques événements et émotions sont visualisées comme des peintures ou des statues," elle pointa du doigt les oeuvres d'art éparpillées à travers la pièce que Harry n'avait même pas remarquées, tout à l'observation choquée de tous ces livres. "Mais ce sont des exceptions.
"Ce palais se compose de plusieurs pièces, chacune d'entre elle se référant à un certain domaine de connaissances, une part de ma vie ou de mes souvenirs. Cette pièce contient les connaissances générales auxquelles j'ai besoin d'accéder régulièrement et rapidement. Au moins un souvenir a besoin d'être revu, ou un fait besoin d'être utilisé, au plus il est rangé loin d'ici. Il y a aussi un placard où sont cachées les choses les plus dangereuses."
Elle s'arrêta un moment, comme si elle attendait quelques questions des deux visiteurs de son esprit, qui se tenaient toujours au milieu de la pièce, regardant les milliers, non, millions de livres autour d'eux.
"Les groupes de livres sur le sol représentent les projets sur lesquels je travaille en ce moment, et les livres ouverts sont les choses que j'utilise maintenant, comme les compétences d'Occlumencie nécessaires à vous amener jusqu'ici. Pendant que les livres eux-mêmes restent là, l'espace autour de nous change, s'accordant aux circonstances extérieures. C'est de cette façon que je préfère mon esprit, mais quand je joue l'écolière innocente…"
Pendant un moment, le monde autour d'eux vacilla puis redevint net, leur présentant à présent des murs roses et un plafond bleu clair. Harry regarda le sol et vit des images qui lui rappelèrent le film Cendrillon qu'il avait vu étant petit.
"Tandis que quand je travaille hors de l'école…" De nouveau, la réalité vacilla et le bâtiment autour d'eux se changea en une structure froide faite de verre et d'acier, avec des tons gris foncé et rouge qui dominaient la scène. "Mon palais mental s'adapte aux situations. Certaines pièces vont disparaître sous terre dans les différents modes, et la seul chose qui ne changera pas c'est le contenu de cette pièce principale. Ça, et ma trappe."
Hermione montra le sol de ce qui était maintenant redevenu le château français, et ils virent la contour discret d'une trappe devant eux. "Mon dernier retranchement si un jour il arrive qu'une attaque me submerge."
Elle demeura silencieuse un moment, et Harry, regardant son profil se découper dans la lumière dorée de son ciel artificiel, se demanda à quoi elle pensait, si elle se demandait quand cette attaque viendrait et comment elle y survivrait.
"Maintenant, si vous voulez organiser votre esprit de la façon requise pour votre entraînement de Légilimencie," continua-elle ensuite, toute trace de pensivité ayant été remplacée par son attitude professorale. "La première chose que vous aurez à faire est d'apprendre à visualiser vos pensées et la façon dont elle arrivent. Il pourrait vous aider de choisir un endroit où les placer, comme je l'ai fais avec Valencay, ou de les imaginer comme une série de photos. J'ai trié quelques oeuvres théoriques là dessus, et une fois que vous les aurez lues, vous devriez être capable d'atteindre ce point de méditation…"
Harry leva les yeux au ciel en voyant un sourire sarcastique s'étendre sur le visage de Ron. Et voilà que son imagination se met en marche, pensa-il. Je serais très surpris si son esprit ne ressemblait pas à un terrain de Quidditch, avec ses souvenirs simplements jetés à travers les buts et laissés à traîner là.
Note de l'auteur : Le château de Valencay a appartenu à Charles Maurice de Talleyrand Périgord, qui était un ingénieux homme d'état et diplomate avant, pendant et après la Révolution Française, un des rares à avoir survécu à cette période avec le corps et les pouvoirs intacts. Peut-être que ce n'est pas par hasard qu'Hermione a choisi ce château parmi tous les autres ?
Le palais de la mémoire est un moyen mnémotechnique développé par des moines médiévaux. C'est comme ce que disait Hermione : vous imaginez une pièce dans votre tête, et dans cette pièce vous placez des artefacts connectés à certains souvenirs et certaines pensées. Si vous être un maître en la matière, ça vous permet d'examiner, stocker et recombiner les pensées et les souvenirs à votre guise. C'est ingénieux !
