Un petit message pour vous remercier de venir lire Promesse et un spécial, très très grand merci à "guest" qui m'a laissé plusieurs messages. Merci de rester avec moi même si tout est peu lent. J'ai conscience qu'il y a peu d'action mais tenez bon ! Je prends juste mon temps pour que tout se mette en place sans avoir l'impression d'aller trop vite sur le développement de tous. Aussi, j'ai changé le rating en "T" et non plus "K+". C'était ainsi que je l'avais prévu au départ mais ça ne semble pas avoir prit correctement. Vous voilà prévenu, il y aura bien de la violence et probablement d'autres choses mais rien d'interdit au moins de 18 ans =).


Salle d'étude n°3, Poudlard, mars 197XX

La salle était presque vide, seuls quelques élèves s'étaient éparpillés sur les tables pour pouvoir s'étaler et étudier à leur aise. Morgana était assise face à une autre élève qui était plongée dans la lecture d'un vieil ouvrage. La jeune Serpentard avait posé le menton dans le creux de sa main et regardait avec ennui sa camarade d'étude.

« Tu n'as pas mieux à faire ? » lui demanda sa compagne, toujours plongée dans sa lecture.

Morgana répondit par un long et théâtral soupir d'ennui. Marissa releva la tête avec exaspération et lança un regard noir à son ami.

« Mo', je te l'ai déjà dit. Je dois terminer ce chapitre et en faire un résumé pour demain. Je ne t'oblige pas à rester avec moi. » Elle pencha la tête vers elle et continua un peu plus bas, un sourire relevant le coin de ses lèvres brunes. « Ou bien tu restes ici pour avoir la paix ? »

Morgana lui tira la langue en réponse, retroussant son nez pointu. Elle se redressa sur le banc, remettant en place une mèche de cheveux platines en place et laissa son amie se replonger dans sa lecture. Elle en était réduite à rester dans une salle d'étude à attendre que la journée passe, alors qu'elle aurait bien préféré se poser le long du lac pour profiter des premiers rayons de soleil annonciateur du printemps. Elle prit un livre au hasard dans la pile devant elle, « Les Moldus et le monde magique : des histoires et des légendes », et le feuilleta sans grande concentration. Un mouvement vers l'entrée de la salle la fit tourner la tête. Un jeune Gryffondor, pâle et malingre, se tenait dans l'ouverture de la porte et semblait chercher du regard un place libre. Il croisa le regard de Morgana et elle le reconnu. Rémus Lupin. Sans réfléchir elle lui sourit et leva le bras pour l'appeler. Il se figea en la reconnaissant à son tour et il chercha une sortie. Marissa releva la tête en sentant Morgana s'animer et se tourna à son tour vers la porte.

« Oï Rémus ! » cria Morgana en continuant à lui faire signe de la main.

Rémus ferma les yeux, cherchant probablement à se faire oublier. Il serra contre lui son sac et fit un pas vers la sortie.

« Rémus, par ici ! » renchérit Marissa.

Le jeune garçon hésita encore un instant puis se dirigea lentement vers la table. Morgana lui fit de la place sur la table pour qu'il puisse y déposer ses affaires. Marissa lui sourit quand il finit par s'asseoir à ses côtés.

« Devoir d'Histoire ? » lui demanda-t-elle en désignant le parchemin partiellement noircit d'une petite écriture serrée. Il acquiesça avec un petit sourire intimidé. Morgana de son côté s'était penchée vers lui, tout sourire. Fini la moue boudeuse, elle irradiait de bonheur de s'être trouvé un nouvel interlocuteur. Marissa lui lança un bref regard.

« Une autre personne devrait s'inspirer de toi et faire ses devoirs avant qu'ils ne s'empilent sur son bureau au point de le faire basculer. » dit-elle en s'assurant que Morgana avait bien saisit son allusion.

Cette dernière ne répondit pas, faisant semblant de ne pas avoir entendu. Elle était absorbée par ce qu'elle voyait et intriguée du message que cela portait. Rémus avait la peau pâle, les traits tirés et tirait sur les manches de sa chemise qui flottait sur ses bras. Si cela était possible, il semblait encore plus malade que d'ordinaire. Ses yeux semblaient aussi plus pâles, délavés par la fatigue. N'avait-il pas dormi de la nuit ? La rumeur circulait qu'il était malade mais elle ne l'avait jamais vu à l'infirmerie. Dans un mouvement ample, elle se pencha vers son sac déposé sous la table et se mit à le fouiller. Quelque part … elle devait l'avoir mis quelque part.

« Aha ! » s'écria-t-elle en se relevant et tenant dans sa main une fiole orangée. Avec un grand sourire elle la déposa devant Rémus, fière d'elle. Il la regarda ne sachant pas quoi faire et se tourna vers Marissa en quête d'une aide quelconque. Celle-ci fronça les sourcils en reconnaissant le sceau de cire bleue sur le bouchon.

« C'est un tonique que nonna m'envoie. Elle s'imagine que je ne dois pas assez manger ici. Ce qui n'est pas faux quand on y pense, avec toute cette nourriture immangeable et … enfin bref. Je te le donne je n'en ai pas besoin. Et si ça te fait du bien n'hésite pas à m'en redemander. Je t'en donnerai avec plaisir. » débita-t-elle sur un ton joyeux. Rémus ouvrit grands les yeux, ne sachant pas si elle se moquait de lui ou si c'était un piège et qu'il allait le regretter d'ici la fin de journée. Marissa déposa une main douce sur la sienne et lui sourit.

« Prends la puisqu'elle te le propose. J'en ai déjà pris et ce n'est pas trop mauvais, je pense qu'elle doit rajouter du citron pour lui donner un bon goût. »

Timidement il prit la fiole et remercia Morgana.


Cela faisait longtemps qu'elle n'avait plus rêver de Marissa. Pourquoi ce souvenir en particulier ? Elle prit une inspiration et sentit un vague odeur de citron. Peut-être était-ce cela qui lui avait rappelé ce moment d'innocence ? Elle voulu bouger la tête pour mieux sentir ce parfum et grimaça quand une douleur vive lui traversa l'arrière de la tête.

« Finalement réveillée ? » demanda une voix familière.

Elle ouvrit les yeux, cherchant à faire le point en rêve et réalité. Elle se trouvait dans sa chambre, dans son lit précisément. Le feu dans la cheminée ronflait doucement et diffusait une douce chaleur dans la pièce. La chaise de son bureau avait été tirée à son chevet et une ombre osseuse et noire la regardait de haut.

« Severus … ? »

Il se pencha vers elle et elle crut apercevoir une lueur … d'inquiétude ? Non il ne s'inquiétait pour personne, jamais. Ou alors il fallait arborer une autre couleur. Elle porta une main à sa tempe et sentit ses cheveux glisser le long de sa nuque. Ses cheveux ? Elle se releva vivement, ignorant la douleur dans sa nuque et son dos. Assise sur son lit, elle essayait de plaquer ses cheveux contre son crâne, comme pour essayer de les enfouir au plus profond d'elle-même. Severus lui prit les mains pour la faire arrêter et la secoua.

« Arrête. Il n'y a personne ici. Juste toi et moi. Calme-toi. »

Elle leva la tête vers lui et il vit qu'elle était apeurée, angoissée. Alors, tout en douceur il déposa ses mains sur le drap et recula sur sa chaise.

« Peeves m'a dit qu'il y avait un problème dans le dortoir. » expliqua-t-il calmement. « Quand je suis arrivé, tu étais par terre et Draco était terrorisé. Il m'a juré qu'il ne t'avait pas touché et que tu étais tombée toute seule. J'ai préféré t'emmener dans ta chambre plutôt qu'à l'infirmerie à cause de … » Il ne termina pas sa phrase mais elle comprit qu'il avait fait le lien entre son foulard et la couleur platine de ses cheveux.

« Merci. » souffla-t-elle.

Il ne lui répondit pas et se releva en silence. Lui debout, face à elle assise et recroquevillée sur son lit, elle se sentait petite et vulnérable. Un sentiment étrange, à la fois rassurant et effrayant. Il lui sembla qu'il voulait dire quelque chose mais il se retourna et jeta quelque chose dans le feu qui crépita. Le parfum de citron s'échappa de l'âtre et vint lui caresser le nez. Elle sourit et d'une petite voix lui dit :

« Je jetais souvent des écorces de citron dans le dortoir à l'époque. On me le reprochait souvent. Mais j'avais l'impression d'être à la maison … »

Elle le voyait de dos mais elle le vit se raidir légèrement. Il n'avait toujours pas fait la paix avec son passé. Même un simple souvenir anodin semblait le blesser. Severus se tourna vers la chaise pour la remettre sous le bureau. Elle le suivait du regard, se demandant comment une personne comme lui pouvait être professeur dans une école qu'il détestait du plus profond de son être. Elle le vit prendre appui sur le bureau pour ranger les ouvrages et parchemins qu'elles avaient laissés traîner. Et là, elle la vit. Un coin dépassait de sous son courrier et elle pouvait y deviner les mouvements des personnages. Morgana tendit la main et dans un sort Informulé d'Accio, elle fit voler la photographie jusqu'à elle, qu'elle cacha sous le drap dans un rapide mouvement de la main. Elle aurait juré qu'il avait vu la photographie voler mais il ne lui fit pas la moindre remarque. Il termina de remettre les parchemins en place et se dirigea vers la porte.

« Dumbledore est de retour et demande que tu sois dans son bureau dès que tu seras réveillée. » dit-il sans se retourner. Il sortir alors sans un autre mot, un seul regard en arrière. Quand elle fut certaine qu'il était assez loin, elle ressortit la photographie de sa cachette et la lissa d'un geste tendre. Deux jeunes filles lui faisaient signe tout en se tenant par les hanches. La plus grande avait des cheveux blonds coupé court et portait une paire de lunette de soleil. À côté d'elle, plus petite et ronde, se tenait une jeune fille un peu plus jeune avec des cheveux noirs et un teint de porcelaine. Elle portait un ensemble de sorcière et riait aux éclats. Dans le coin à gauche, une petite main avec écrit : O. et S. P qui t'aiment


Morgana montait les marches menant au bureau de Dumbledore avec lenteur. Sa tête lui faisait encore un peu mal et elle se sentait nauséeuse. Elle se tint un instant contre le mur de pierre froide quand elle eu monté toutes les marches. Le souffle court et le cœur battant, elle n'arrivait pas à mettre le doigt sur la sensation qui lui serrait la gorge. Comme une main glacée qui s'était posée sur sa nuque et qui la serrait petit à petit toujours plus fort. Elle frappa un coup à la porte de bois du bureau de Dumbledore et l'ouvrit pour entrer dans la pièce.

Dumbledore se tenait derrière son bureau, une tasse de thé fumante en main. Il lui sourit quand elle entra et à peine eut elle le temps de refermer la porte qu'une voix cinglante lui arracha une grimace de douleur.

« Je refuse votre proposition et ce, même si vous deviez implorer pour cela. »

Morgana se retourna pour faire face à Narcissa Malfoy qui se tenait droite au milieu du bureau. Derrière elle se tenait Draco qui n'osa pas la regarder, préférant observer ses pieds. De l'autre côté du bureau, Severus lui tournait le dos, les mains cachées dans sa cape.

« Je vous entends et cela m'attriste que vous ne puissiez pas faire preuve de bonne volonté. » répondit Dumbledore en sirotant son thé. Il lança une œillade amicale à Morgana qui ne savait pas comment réagir. « Vous avez demandé une protection qu'ils vous accordent avec plaisir. Avouons que ce n'est pas toujours aussi simple. »

Morgana avança vers Narcissa qui la toisa du haut des marches. Elle jeta un œil à Draco pour s'assurer qu'il n'avait rien et fini par se retourner vers le directeur de Poudlard.

« Ai-je manqué une information importante ? Depuis quand la famille Malfoy demande-t-elle une protection quelconque ? » demanda-t-elle d'une voix qu'elle voulait ferme.

« Ne t'en mêles pas. » cracha Narcissa.

« Bonsoir à toi aussi Narcissa. Et j'aimerai bien qu'on m'explique pourquoi je suis ici alors que je devrais être chez moi à me reposer, plutôt qu'à subir ta mauvaise humeur constante. » répondit-elle glaçante.

« Madame Malfoy ici présente voudrait que l'on protège Draco du cercle … amical de son mari pour des raisons évidentes. » expliqua Dumbledore de sa voix douce.

Évidemment. Lucius devait probablement avoir ouvert les portes de son manoir aux autres et Narcissa devait avoir peur que son fils ne se trouve mêlé de force aux affaires familiale.

« Et en quoi suis-je mêlée à tout ceci de mon côté ? » Morgana perdait peu à peu patience, son mal de tête se transformant en migraine. Son dos lui faisait mal et elle ne voulait qu'une chose : son lit.

« Parce que vous êtes la personne idéale pour cela. Votre sœur m'a confirmé qu'elle n'y voyait aucun inconvénient. » affirma le vieil homme.

Morgana s'étrangla. Maria ? Pourquoi ne lui avait-elle rien dit dans sa lettre ? Et surtout, pourquoi avoir accepté ?

« Je refuse que mon fils se mêle à … à ce genre de personne ! » tempêta Narcissa qui perdait elle aussi son calme. En l'entendant Morgana perdit le peu de patience qu'elle avait et se tourna vers les Malfoy, un grondement contenu au fond de la gorge.

« Ce genre de personne font partie de ma famille Narcissa. Et par la même occasion, de ta famille. Mais je ne devrais plus m'étonner du peu de considération que vous portez aux membres extérieurs de votre petite famille, sachant que ton fils adoré a cherché à … me blesser. » termina-t-elle plus doucement. Draco avait relevé la tête et semblait apeuré qu'elle ne parle de ce qu'il s'était passé plus tôt dans la soirée. Sa mère ne devait probablement pas savoir qu'il avait eu un moment de faiblesse. « Je comprends que vous ayez demandé à Maria de l'aide mais de toute évidence elle n'est pas la bienvenue. Nous pouvons donc clore le sujet et nous souhaiter le bonsoir. »

« C'est précisément parce que vous êtes qui vous êtes que personne ne viendra le chercher. Vous êtes la personne idéale pour cela. » continua Dumbledore. Il la regardait par-dessus ses lunettes en demi-lunes en souriant doucement. Il semblait avoir pensé à comment contrer chacune de ses remarques et prenait visiblement un malin plaisir à voir qui des deux femmes baisseraient les armes en premier. Morgana soupira et pinça l'arête de son nez. La migraine était bien là et pour la déloger il lui faudrait plus qu'une nuit de sommeil. D'un côté il n'avait pas tort, sa Villa était l'endroit le plus sûr pour cacher le jeune Draco. Personne ne penserait un instant qu'il aurait posé ses valises chez elle, même pour une nuit.

« Pour combien de temps ? » demanda Belleza d'une voix fatiguée.

« Il passera les vacances d'hiver et probablement celles d'été. Peut-être plus si le voyage lui plait. » répondit Dumbledore un grand sourire dans sa longe barbe argentée.

« Je n'ai aucune confiance en elle ! Je ne peux pas abandonner mon fils chez elle sans avoir peur pour sa sécurité. » essaya Narcissa. Elle aussi voyait que c'était la meilleure des solutions mais ne voulait pas baisser les armes trop rapidement. Dumbledore déposa sa tasse sur la table et lui répondit doucement.

« C'est pour cela que j'ai demandé à une personne de confiance d'accompagner Draco chez les Belleza. Vous-même serez contente d'apprendre que Severus sera présent pour assurer la sécurité de tout un chacun. »

Morgana réprima un hoquet de surprise. Qu'elle accepte Draco chez elle, c'était une chose. Mais que Severus fasse partie du voyage, là c'était une tout autre histoire. Elle le regarda, cherchant comprendre pourquoi il acceptait de faire partie de ce cirque. Mais comme il fuyait son regard elle comprit qu'il n'avait probablement pas eu le choix non plus.

« Pourquoi ? » fut le seul mot qu'elle pu prononcer. Elle sentit ses genoux lui faire défaut mais elle se retint de tomber. Illusion. Encore un peu. Elle sentit le regard brûlant de Dumbledore sur elle. Elle vacilla un peu plus.

« Je pense que nous pouvons conclure cette conversation. Madame Malfoy et vous-même semblez avoir compris qu'il n'y a pas meilleur moyen pour protéger le jeune Draco. » Il lança un regard perçant à Draco comme s'il savait que quelque chose s'était passé entre eux. « Je ne vous retiendrai pas plus longtemps, Morgana. Je pense que votre sœur sera heureuse de vous revoir pour quelques jours. »

Morgana ne releva pas les yeux et prit congé. En descendant lentement les escaliers, elle se dit qu'elle aurait bien du mal à tenir sa promesse. Pourquoi donc avait-elle accepté de revenir ici ? Pourquoi n'était-elle pas restée en Italie ? Pourquoi devait-elle toujours faire le mauvais choix ? Pourquoi devait-elle toujours compliquer les choses ? Elle n'avait aucune réponse à ses questions, juste le battement de son cœur tambourinant dans ses tempes et le son de ses pas dans le couloir vide.