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Un nouveau chapitre rien que pour vous. Gros bisous a tout le monde et merci à ma petite Nagron pour ses commentaires qui me motivent a continuer d'écrire.

Enjoy it.

Oooo-o-O-o-oooO

Browston.

Chapitre 07

Oooo-o-O-o-oooO

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Samedi 27 juin 2015.

Au réveil, ce fut tout de même un peu dur pour Clint ce matin, mais il avait passé une belle soirée alors il ne regretta pas son escapade. Ils n'étaient pas rentrés si tard, et avec un peu de café, ou plutôt beaucoup, la journée se passerait comme sur des roulettes. Après une bonne douche, il descendit prendre le petit déjeuner en compagnie de Kate, Luna et Wanda.

Les femmes de la maison paraissaient souriantes, elles avaient l'air épanouies. Clint était ravi de les voir ainsi, comme si, elles comptaient autant que sa propre famille. Erik les rejoignit, et dejeuna avec eux avant qu'ils leur furent attribué un déjeuner et de partir travailler.

Au boulot, Clint et Erik se penchèrent sur une vieille affaire. Toute la matinée, ils avaient épluchés les dossiers, passaient des coups de fils et cherchaient des pistes. L'heure du déjeuner les firent relever le nez de leur dossiers. Les policiers prirent leur repas dans leur bureaux, qu'ils partageaient avec deux autres binôme.

Cet après midi, le binôme parti en patrouille, ils en profitèrent pour continuer à mener leur enquête. L'après-midi leur parut très longue, ils firent une pause au poste de police afin de boire un petit café et se ressourcer.

Voyant que les garçons ne semblaient pas décrocher du boulot, le neveu d'Erik, étant lui aussi policier, ainsi que deux autres collègues proposèrent aux hommes d'aller se faire un resto entre collègue ce soir. Aussi bien qu'Erik, que Clint refusèrent premièrement, puis finirent par accepter.

Les hommes en profiterent pour travailler un peu plus tardivement, demain ils étaient tous les deux en repos, ils voulaient avancer sur leur affaire. Ils s'octroyerent une nouvelle pause vers les coups de 18h, Erik devait passer à la banque et Clint en profita pour rester dans son bureau et appeler Laura.

La conversation avait été plutôt rapide, la jeune femme ne cessait de répéter qu'il fallait qu'il aille consulter, Clint lui promit d'y réfléchir. Il savait qu'il avait quelque chose qui n'allait pas chez lui. Apparamment ses collègues ne faisaient plus de cauchemards, même ceux qui étaient avec lui sur cette intervention. Bien que ce guet-apen avait été sanglant et mortellement dangereux, d'autres en avait vu autant que lui. Comment faisaient les résidents des pays en guerre? Faisaient-ils autant de cauchemards? Il fallait qu'il trouve un moyen de se sortir de la tête l'attaque de Browston.

Ce fut vers 19h que les policiers se retrouvèrent au restaurants, ça faisait bien longtemps qu'ils n'avaient pas partagé un repas entre homme, entre collègues. Les discussions portaient toujours sur le boulot, ils ne parlaient pas d'enquêtes mais plutôt des ragots et autres. Leur collègues insistèrent ensuite pour aller boire un verre, les hommes avaient bien vu que Clint n'était pas dans son assiette et ils voulaient qu'il décompresse.

Ce fut dans un bar assez animé, qu'ils se retrouvèrent. Clint, Erik et Thompson s'installerent directement au comptoir, tandis que Chad et Matthews dansaient et draguaient tous ce qui passait.

Devant son verre de whisky, Clint ne cessait de ressasser ses problèmes. Les garçons voulaient le sortir pour lui permettre de penser à autre chose, mais l'alcool ne l'aidait pas beaucoups. Il se demandait pour quelles raisons valables certains consultait un psy. En avait-il tant besoin que ça?

Clint enchaîna les verres, puis il reçut un message d'une vieille amie. Il lui répondit puis en tapa un nouveau.

" C'était cool hier, ça m'a fait du bien de sortir.

- Oh, tant mieux, c'était tranquille comme soirée.

- C'est ce qu'il me faut.

- Vous devriez sortir plus souvent.

- C'est ce que je fais, je suis dans un bar avec quelques collègues.

- Ah! Ne picolez pas trop Clint.

- T'inquiètes, je suis avec ton père et Chad.

- Ok, cool.

- Tu m'as dis que je pouvais compter sur toi si j'avais besoin."

Il ajouta ensuite.

" J'en ai besoin je crois.

- Qu'est-ce qu'il se passe?

- Je sais pas, je crois que j'ai un problème.

- Mais non, je vous ai déjà dis. Il y'a pas de problème, juste des solutions."

Clint lu le dernier message, puis sorti prendre l'air. Il hésita un moment puis appuya sur appel.

" Pietro?

- Oui, fit le jeune en chuchotant.

- Raconte-moi, la troisième fois avec le psy. Je suis sûre que c'est la fois la plus importante, marmonna Clint.

- Ça l'est.

- Je sais, je le sens, et j'aimerai que tu m'en parles, murmura Clint la voix tremblante.

- Pourquoi? Pourquoi veux-tu que je t'en parles? demanda Pietro en tutoyant son ami.

- Parce que je sens que ça pourrait m'aider. J'ai l'impression que j'ai besoin de l'entendre cette histoire et j'ai l'impression que tu as besoin de m'en parler aussi. Je me trompe?

- Je... C'est une longue histoire Clint. Et je suis d'astreinte", refusa le jeune homme.

Clint ferma les yeux un instant, le passé de Pietro devait-être tout aussi troublant que ce qu'il avait vécu à Browston. Peut-être que Clint lui en demandait trop, ou peut-être Embêtait-il trop ce jeune homme.

" D'accord, je te laisse te reposer. Fais de beaux rêves", chuchota Clint.

Il retourna ensuite dans le bar, il voulait rentrer à présent, c'était aussi le cas de Lensherrs qui commençait à être épuiser. Ils décidèrent de clore la soirée et de retourner chacun chez soi.

En rentrant, Clint prit une bonne douche, les pensées légèrement confuses, il fallait vraiment qu'il cherche une alternative au psy, il ne voulait pas y aller, c'était hors de question.

Clint était allongé dans le lit d'ami. Il avait les yeux fermés mais ne cessait de cogiter dans tous les sens. Peut-être avait-il été trop loin avec Pietro? Peut-être que le sokovien en avait marre d'être son "psy". Il ne devait plus l'embêter avec ça, d'ailleurs, il devrait mettre un peu de distance entre eux.

Il s'était retourné une énième fois dans son lit lorsque son téléphone sonna brusquement. Son cœur tambourina dans sa poitrine lorsqu'il vu le prénom de Pietro affiché sur l'écran. Devait-il décrocher? Que lui dirait-il? Qu'il ne fallait plus qu'il l'appelle? Il décrocha aussitôt pour faire taire la sonnerie.

" Allo?

- Clint, c'est moi, chuchota une voix sokovienne.

- Pietro..., murmura Clint.

- Tu as raison, j'ai besoin d'en parler mais pas par téléphone, annonça Pietro avec douceur. T'es où ?

- T'es pas à la caserne? répondit seulement Clint.

- Si, mais je suis sûre que malgré ton vieil âge, tu serais capable de faire le mur et de me rejoindre, sous entend t-il.

- J'arrive, dit Clint.

- Troisième fenêtre en partant de la gauche, premier étage," précisa le jeune homme avant de clore la conversation et de raccrocher.

Clint ne perdu pas de temps, il enfila un survêtement, passa une veste, des basquets et fila vers la caserne de pompier.

Lorsqu'il se gara devant le bâtiment, il se dit qu'il n'aurait jamais cru qu'un jour il enfreindrait la loi en entrant par effraction. Il fallait qu'il retrouve sa forme physique qu'il avait à l'école de police, afin de grimper le long de la gouttière. Il pria pour ne pas qu'elle cède, il imaginait déjà la tête des collègues de Pietro le retrouvant au sol, de ses propres collègues venant l'interpeller et par dessus ça, la tête de Lensherrs en comprenant que Clint faisait le mur pour rejoindre la piaule de son cher fils.

Il prit son courage à deux mains et grimpa par la gouttière, il s'appuya comme il le pouvait sur les ornements au dessous des fenêtres du rez de chaussée pour atteindre la troisième, celle du jeune sokovien. Il frappa du bout des doigts et un Pietro souriant lui ouvrit la fenêtre.

" T'es vraiment un Bad boys Clint, se moqua le jeune homme à demi souriant.

- Tais toi et pousse-toi de là, que j'entre, ordonna Clint.

- Merci d'être venu, lança Pietro en aidant le policier à entrer.

- C'est moi qui te remercie, j'ai besoin que tu me racontes ce que ce psy a fait pour que tu ailles mieux, dit aussitôt Clint enfin sur ses pieds.

- D'accord, asseyez-vous", ordonna Pietro en désignant le lit défait.

Clint s'assit, la chambre était dans le noir complet, seul la lune et quelques lampadaire à l'extérieur éclairaient un peu la chambre d'appoint de Pietro. Pietro resta un moment debout à détailler l'homme assis sur le lit, puis s'assit à ses côtés.

" Comme vous le savez, j'ai vécu des choses plutôt triste. La bombe sur mon école, le fait que mon père ne le soit pas finalement. Bref, le psy que je voyais m'a obligé d'aller dans une école spécialisée pour délinquant. J'étais coupé de tout, de ma mère, de mon père, pire, de Wanda. Elle l'a mal vécue elle aussi. Elle m'en voulait. Elle... Pietro soupira puis ajouta, Elle a refusée d'aller a l'école elle aussi temps que je ne sois pas auprès d'elle, alors j'ai du obéir. C'était une sorte d'école militaire. À la moindre connerie j'avais 7 jours de plus. En général on doublait la peine au final. J'avais été incarcéré pour 6 mois au départ.

- Incarcéré ? lança Clint surpris de la dénomination.

- C'est comme ça qu'on appelait ça entre nous, mais c'était pas la prison, bref, en général quand t'éccopais de 6 mois, tu y passais un an. Moi je voulais vite retrouver ma sœur alors j'ai obéis. Et je suis sorti au bout de huit. C'était déjà bien, ajouta t-il.

- J'avoue, acquiesça Clint seulement.

- Quand je suis revenu, Wanda a retrouvé le sourire, elle commençait a croire en un avenir meilleur. Wanda et moi sommes retournés a l'école. On commençait a oublier ce que la guerre nous avait fait voir et puis... "

La voix de Pietro se mit à trembler. Clint attrappa instinctivement la main de Pietro dans la sienne. Le jeune homme souffla doucement puis reprit.

" Une nouvelle fois une bombe nous est tombée dessus, elle est tombée chez nous... En plein milieu de notre salon. Il était 18h-18h30. Nos parents étaient assis dans le canapé. Wanda et moi, on faisait nos devoirs sur la table de la salle à manger... Pietro ferma les yeux un instant puis les rouvrit. Et une bombe nous est tombée dessus. Littéralement. Mes parents sont mort sur le coup, écrasés par les gravats, Wanda et moi étions prit au piège dans notre salon," finit par dire.

Clint lâcha sa main pour la plaquer sur le dos du sokovien. Doucement il se mit à faire de petits cercles de son pouce pour l'appaiser.

" Wanda avait la jambe écrasée par le mur de la cuisine. J'aurais pu la dégager si la bombe avait explosé. Sauf qu'elle était là, face à nous, elle n'avait pas explosé et on savait que si on bougeait, on mourrait elle et moi, raconta Pietro la voix tremblante.

- Pietro, je, bafouilla Clint mais Pietro reprit.

- On est resté 3 jours comme ça, à attendre que cette foutue bombe explose, sans manger, ni boire en dormant à tour de rôle."

Pietro se mit à rire.

" Comme si le fait que nous dormions tout les deux feraient exploser cette putain de bombe... et puis... Et puis l'armée américaine est venue nous délivrer. Je me souviens encore de cet homme vêtu d'une combinaison énorme, je ne voyais que ses yeux derrière son casque blindé. Il a juste desarmorcé la bombe en quelques minutes et on a pleuré. De joie, de soulagement, de tristesse, on ne savait plus trop..."

Pietro se tourna vers Clint.

" Mais je suis là Clint, je suis vivant... Parce que j'ai réussi à en parler, ajouta t-il.

- C'est moi qui ait donné l'assaut à Browston, avoua soudainement le policier..

- Tu te sents fautif de ce qui est arrivé? questionna le jeune homme qui le tutoya soudainement.

Clint hocha seulement de la tête. Pietro posa sa main sur l'épaule de Clint et chuchota.

" Tu ne devrais pas, conseilla Pietro le tutoyant encore, personne n'est fautif Clint, et certainement pas toi. Tu n'es pas seul, je peux être ton thérapeute si tu le souhaites, je suis là, et tu peux me parler. Tu peux dire ce que tu veux, je suis là et je t' écouterai Clint," chuchota le jeune homme qui voyait comme cet homme allait mal.

Il savait que Clint avait besoin d'aide, et il savait aussi, qu'il ne consulterait personne. Il était le seul a qui il se confiait, il était le seul à l'écouter. Le seul qui pouvait l'aider.

" Je n'arrive pas à dormir, enfin si, mais... En réalité, j'ai peur de m'endormir et de rêver, j'ai peur de revoir Remington, allongé sur le sol, avoua Clint en baisant la tête, les larmes aux yeux.

- Je comprends, mais il faut que tu comprennes que si ton collègue est allongé sur le sol, ce n'est certainement pas à cause de toi. C'est le destin Clint. Je suis en vie, ma soeur l'est, tu l'es, Vivons pour eux, pour mes parents, pour Yvan, Vlada, Remington et pour tout ceux qui n'ont pas eut la même chance que nous.

- Comment t'as fais... répondit Clint en levant les yeux. Pour ne pas sombrer.

- Je me suis attaché à des choses merveilleuse, murmura Pietro le regard planté dans ceux du policier.

- À quoi?

- À l'amour, à la vie..." murmura t-il ensuite.

Une sirène se fit entendre, les hommes sursautérent. Pietro sauta de son lit puis dans ses rangers.

" Tu feraix mieux de t'en aller dès que nous sommes partis," déclara Pietro alors que Clint se levait face à lui.

Clint regarda le jeune, maintenant vêtu de sa tenue de pompier.

" Ok... Fais attention à toi, chuchota Clint.

- Promis." conclut le jeune homme avant de sourire et de sortir de la chambre.

Clint soupira longuement et se laissa tomber dans le lit de Pietro, il y resta un peu moment, une bonne demie heure même. Il avait l'impression d'être en sécurité ici, c'était drole comme il s'y sentait bien. Obéissant aux ordres du jeune, Clint descendit à nouveau par la gouttière et rejoignit la voiture.