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Browston

Chapitre 14

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Mercredi 8 juillet.

Ce matin, Clint s'était réveille de bon heure, il était pressé d'envoyer son rapport au procureur. Erik était surpris de le voir de si bon matin. Le brigadier-chef avait demandé de rester au commissariat, mais son patron refusa. Il était prévu sur le planning en patrouille. Ce fut le moral en berne que Clint accompagné d'Erik fit sa patrouille en voiture sans les rues de la ville.

Ce fut alors que Lensherrs allait le chercher un café que Clint reçu un appel de Pietro. Clint ne décrocha pas sans un premier temps, puis il se dit qu'il le reverrait bien un jour. Erik les inviterait tôt ou tard, il faudrait qu'ils d'entretiens avec Pietro tôt ou tard. Clint profita de l'absence de coéquipier afin d'y répondre.

« Salut, qu'est-ce qu'il y a ?

- Il faut qu'on parle.

- Je suis débordé. Répondit tout de même Clint.

- J'en ai pas pour longtemps.

- Je te rejoins à la brasserie prés de ton taf vers 13h, lui indiqua Clint.

- D'accord »

Clint rangea aussitôt son téléphone, alors que son coéquipier le rejoignit. Le binôme fit le tour de la ville. C'était bien calme aujourd'hui. Clint appréhendait le rendez vous avec Pietro. Pendant tout son service, il tentait de trouver une directive. Devait-il nier les faits, lui dire qu'il était heureux avec Laura, et que ce n'était pas a cause du baiser qu'ils ne se côtoyaient plus? Devait-il être ferme et lui dire qu'il ne voulait plus le voir, car il l'avait embrassé ? Le brigadier chef tourna et retourna ses phrases et réplique toute la matinée.

A leur retour au commissariat, Clint dit au-revoir a Erik et fila a la brasserie près de la caserne ou Pietro travaillait. Il était un peu à l'avance, mais constata rapidement que Pietro l'était aussi. Le jeune homme était a une table et semblait perdu, ses mains autour de sa tasse de chocolat chaud probablement.

Clint entra rapidement, puis assit face à lui, en le saluant sommairement, le jeune lui fit un hochement de tête, puis baissa Immédiatement les yeux.

Clint était face à ce jeune homme qui semblait encore plus perturbé que lui l'était. Il avait sans cesse la tête baissée. Il n'osait plus regarder Clint en face. Il s'en voulait de ce qu'il avait fait, il s'en voulait bien plus que Clint ne lui en voulait.

« Je... Comme tu répondais pas, je voulais pas te laisser un message vocal, bafouilla le jeune homme.

- À propos ? Fit Clint, semblant de rien.

- À propos ? De... Je suppose que si tu es retourné chez toi c'est que ton épouse et toi, vous, enfin tu... »

Le jeune homme baissa encore les yeux sur sa tasse de chocolat vide, ses mains accrochaient la tasse. Il reprit sans lever les yeux.

« Je sais pas par où commencer Clint. J'avais tellement de chose à te dire et maintenant je sais plus.

- Que voulais-tu me dire par téléphone ? » demanda Clint.

Il devait bien avoir quelques choses de particulier a lui dire, vu le nombre d'appel qu'il avait reçut auxquels il n'avait pas répondu.

« Que je suis désolé, et que je comprends les raisons de ton refus, finit par dire le blond en relevant les yeux.

- OK, dit seulement Clint ne sachant pas quoi répondre d'autre.

- Et je voulais te dire aussi que je voulais pas que ça se passe comme ça. Je... L'homme avala sa salive difficilement, puis reprit. Si je l'ai fais c'est parce que je pensais que... Je te plaisais, j'ignorais que tu voulais reconquérir ton épouse. J'ai cru que tu voulais justement passer à autre chose et je me suis dis ... enfin... J'ai dû mal interprété tes gestes et paroles. Et je... Je suis désolé, » murmura-t-il finalement.

Clint avait mal au cœur de voir ce gamin dans tout ses états. Il s'en voulait lui aussi du quiproquo. Il voyait bien que ce garçon était mal à cause de lui.

« Ne le sois pas, il ne s'est rien passé de grave, le défendit-il.

- Je t'ai embrassé, lâcha le jeune homme en plongeant son regard bleu intense dans le sien.

- Ce n'est pas la fin du monde, ajouta Clint.

- Tu avais besoin de te confier à quelqu'un et j'ai profité de toi, marmonna le jeune en baissant une fois plus le regard sur sa tasse.

- J'irais pas jusque-là.

- J'ai profité de tes faiblesses, ajouta le jeune homme.

- Quelles faiblesses ! » Lança Clint outré.

Il n'avait aucunes faiblesse.

« Tu sais bien, tu as besoin de voir quelqu'un », chuchota son interlocuteur en relevant les yeux vers lui.

Ce fut Clint qui esquiva le regard de cet homme à présent.

« Je pensais qu'on était d'accord sur ça. Je n'irais pas voir un médecin, pesta-t-il.

- Je sais... Clint, j'ai quelque chose à te demander, relança-t-il.

- Je t'écoute, répondit-il en regardant le blond à présent.

- T'en as parlé avec mon père ? Questionna-t-il.

- Ton père ? Pourquoi je ferais ça. Il est pas psy a ce que je sache !

- Je ne parle pas de ton état, je parle... tu sais, du baiser, finit par dire le jeune homme.

- Ah..., fit Clint gêné. Non..., finit-il par dire. Pourquoi je l'aurais fais ?

- Parce que... J'en sais rien. Tu comptais pas le faire ? S'interrogea le jeune.

- Bien sure que non ! S'emporta Clint. Enfin Pietro ! Pourquoi j'irais lui raconter ça? Lança Clint en fronçant les yeux.

- Pour me punir, mon père est légèrement homophobe, ça aurait été une punition des plus ingénieuses, lui apprit le blond.

- Attends, ton père ? Homophobe ? On parle pas du même Lensherrs, le défendit Clint.

- Il est pas super à l'aise avec ça, lui confia Pietro.

- Ah bon ? J'avais jamais remarqué. Tu te fais peut-être des idées », supposa Clint.

Il connaissait Lensherrs depuis des années, comme quoi on pense connaître les gens et on se trompe finalement.

« Peut-être oui, peut-être que je le connais pas si bien que ça finalement.

- Peut-être que tu ne cherches pas à le connaître, lui dit Clint sur le ton d'un reproche.

- Tu le connais mieux que moi, avoua Pietro.

- J'aimerais bien t'aider sur ce plan-là ! J'aimerai bien essayer de savoir ce qu'il en pense, mais ça ferait qu'envenimer ses soupçons, se défendit le brigadier-chef Barton.

- Quels soupçons ? Questionna le fils de Lensherrs.

- Tu penses pas que si son coéquipier essaye de lui parler d'homosexualité alors que ce même gars traîne à longueur de journée avec son fils, ça ne pas va l'alarmer ? Supposait Clint.

- Hum, oui, t'as raison, affirma Pietro.

- Tu en as déjà parlé avec ton père de ça ? Le fait que... bafouilla à son tour Clint.

- Non. Enfin si, une fois, il a ... Il trouvait qu'un gars de ma classe me tournait trop autour et il a préféré que je ne lui parle plus. »

Clint se laissa tomber sur le dossier de sa chaise en grimaçant.

« Il se passait quelque chose entre vous ? Demanda Clint comme s'il menait une enquête.

- Non... Mais on se voit plus, j'ai eu trop peur qu'il découvre la vérité, avoua Pietro.

- Et la vérité c'est que tu l'aimais bien toi ? Supposa Clint.

- Il me plaisait, sans plus. Bon, je vais devoir y aller, fit le jeune homme.

- D'accord, fit seulement Clint.

- Clint, tu devrais consulter, ça te fera du bien, le conseilla Pietro.

- Non, ça ira, s'opposa le lieutenant.

- Tu viens à l'anniversaire de Chad ? Demanda Pietro en enfilant sa veste.

- Je pense pas, on va éviter de se voir toi et moi, » déclara Clint.

Il ne fallait plus qu'il se retrouve dans la même pièce que Pietro Maximoff, surtout en présence de son coéquipier de toujours.

Le jeune s'était mordu la lèvre, il avait les larmes aux yeux. Clint eut mal au cœur en voyant ainsi ce jeune homme qu'il appréciait malgré tout.

« Pietro,... C'est pas contre toi, ton père a déjà des doutes sur toi, j'ai pas envie qu'il pense qu'il se passe quelque chose entre nous. Je suis désolé, j'aurais aimé que ça se passe autrement, mais je tiens beaucoup à ton père, » murmura Clint.

Le jeune homme frotta son visage énergiquement, sûrement pour retenir ses larmes.

« Hey... Je suis vraiment désolé Pietro. J'aurais préféré que ... Que tu ne sois pas son fils, avoua le plus vieux.

- J'aurais préféré aussi, répondit Pietro d'une voix neutre tout en se levant.

- Dis pas ça, ton père est quelqu'un de bien ! L'interrompit Clint en attrapant son poignet. C'est juste que... Je n'ai pas le droit de... »

Clint souffla un bon coup puis lança.

« Bon sang Pietro, tu as 20 ans de moins que moi et tu es le fils de mon coéquipier de toujours. Tu n'étais même pas né que je bossais déjà avec ton père ! Pesta Clint en se levant lui aussi, puis il se calma et chuchota. Je... Ce n'est pas que ne le veuille pas mais... Je peux pas... J'en ai pas le droit, » avoua ce dernier.

Pietro comprit à cet instant que peut-être que Clint avait bien plus de sentiments qu'il ne voulait le faire croire. Peut-être qu'il ne s'était pas trompé sur ses faits et gestes. Peut-être que Clint Barton avait lui aussi des sentiments mais qu'il les refoulait pour ne pas trahir son ami, son père.

« Prends soin de toi, et parle de tes cauchemars a quelqu'un ou tu sombreras dans la dépression tôt ou tard, » fit-il avant de rejoindre la porte de sortie.

Clint resta debout et regarda ce jeune homme franchir le seuil de la porte. Il ferma les yeux un instant, puis se laissa tomber sur la banquette.

Il ne travaillait pas cet après midi, contrairement a ce qu'il avait affirmé a son épouse. Il regarda l'heure, puis commanda une vodka.

Il était trop tôt pour rentrer, et il n'avait pas vraiment envie d'aller au commissariat et tomber nez à nez avec son ami.

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Jeudi 9 juillet.

Ce matin, Clint était en patrouille avec Erik, ça lui faisait du bien d'être dehors accompagné de son ami. Bien qu'il lui faisait penser à Pietro, Erik était très important pour Clint. Il était comme un frère, et Clint n'avait plus de famille depuis la mort de son grand frère. Le binôme reçu un appel d'un indicateur. Un trafic d'organe humain s'opèrerait près du port. Le duo alla se poster non loin de là, pour épier les allées et venues d'un éventuel suspect. Erik profita de ce moment pour parler avec son coéquipier.

« Alors, tu vas voir un psy on m'a dit, lança premièrement le lieutenant.

- Qui t'a dis ça ?

- Laura en a parlé à Kate, avoua l'homme.

- Ah, fit seulement l'agent Barton.

- Ce "ah" , ne me plaît pas beaucoup, Barton, qu'est-ce qu'il se passe ? s'inquiéta Lensherrs.

- J'ai pas besoin de psy, j'ai juste besoin de bosser et Laura veut que je lève le pied. Alors pendant que je suis, soit disant avec le psy ou à la salle de muscu, je bosse sur l'affaire Morbier, lui apprit Clint.

- Ah les femmes, elles comprendront jamais que notre métier est bien plus qu'un métier,

- c'est une vocation, précisa Clint.

- Exactement. Mais, bon, pour ton cas, c'est un peu différent, ajouta Erik.

- Quoi ?

- Ça fait 3 mois Barton, si tu fais encore des cauchemars, il faut que tu consultes, le conseilla le lieutenant de police.

- Mais je dors très bien, se défendit Clint.

- Ah, oui,? Et sans tes somnifères? Sous entendit-il ensuite. Ne me prends pas pour un bleu, je te connais par cœur Barton, souffla Erik.

- Temps que ce gars sera en vie et Remington entre la vie et la mort, je pourrais pas passer à autre chose, avoua Clint.

- Je comprends, mais parfois il faut savoir faire son deuil sans avoir de coupable. Tu sais, je suppose que Pietro t'en a parlé, mais sa mère adoptive a été tuée par un obus, c'était la deuxième fois qu'une bombe prenait des vies auxquelles il tenait, confia Lensherrs, la voix adoucie.

- Je sais, il m'en a parlé, avoua à son tour Clint.

- Tu sais quelle entreprise fabriquait ses missiles ?

- Non, répondit-il seulement.

- Stark corporation. Il a voulu la mort de Stark, pendant des années, son psy a dû s'entretenir avec Stark en personne. Ils se sont rencontrés, il lui a demandé pardon. Et tout a changé ensuite. Pietro s'est réveillé, il était plus serein, plus heureux, même Stark a changé de branche, demande a Laura si tu me crois pas, Pietro devait 14-15 ans a l'époque, précisait-il.

- Je pourrais jamais pardonner ce fils de pute, il a tenté de tuer Remington et Clark, et moi, mais merde Lensherrs, comment veux-tu que je lui pardonne ?! s'énerva Clint les mains crispées sur le volant.

- Je te demande pas de lui pardonner, se ravisa Erik.

- Et qu'est-ce que tu demandes alors ? s'énerva encore Barton.

- De te pardonner, déclara doucement Erik.

- N'importe quoi. Bon allez, rentrons au bercail, y'a rien à voir ici », clôturait Clint en mettant le contact.

Les hommes restèrent silencieux, Erik ne voulait pas en rajouter et Clint était trop énervé pour parler. Erik reparti chez lui, alors que Clint alla déjeuner seul à la brasserie d'en face. Il regagna ensuite son bureau et se pencha sur son affaire jusqu'à ce qu'il soit l'heure pour lui de rentrer.

Lorsque Clint était rentré, Laura fut surprise d'apprendre qu'il avait fait du sport avec ses collègues. Clint n'avait jamais fait de sport avec des collègues. Il était plutôt solitaire comme garçon. La femme ne posa pas plus de question mais s'en poser tout de même.

Clint profita pour s'occuper de son petit dernier et aida les enfants aux devoirs avant d'aider son épouse à faire le repas.

Le dîner fut silencieux ce soir, Clint semblait à mille lieux de là. Il réfléchissait à plein de chose, à son enquête en cours, à comment il allait se démener pour pouvoir travailler sans que sa femme le sache et pensait également à Pietro. Leur discussion de la veille était restée dans ses songes. Il était vrai qu'il valait mieux que les garçons ne se côtoyaient plus.

Bien que Clint avait retrouvé les siens, le brigadier-chef ne sentait pas pour autant serein, quelques choses n'allaient pas dans sa vie, il le savait, restaient à savoir quoi.