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Oooo-o-O-o-oooO

Browston

Chapitre 20

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Lundi 20 juillet (suite).

Lorsqu'il pénétra dans la chambre. Il remarqua de suite les tuyaux qui se baladaient entre les machines et son collègue. Il resta un moment au bord de la chambre, n'osant pas avancer davantage. Au loin, il pouvait tout de même voir le visage de son ami, intubé. Ses cheveux bruns, un peu plus long qu'avant. Ses lèvres roses, un peu desséchées. Ses paupières closes. Il aurait tant aimé voir ses pupilles vertes. Il aurait tant aimé revoir son sourire.

La chambre ressemblait à celle dans ses cauchemards, mis a part que des fleurs la ornait. Il s'approcha de son ami. Il le contempla un instant puis passa la main dans ses cheveux.

" Jo..., murmura t-il avant que ses yeux s'emplissent de liquide salées. Pardonne-moi Jonathan", murmura t-il ensuite.

La porte s'ouvrit et une femme entra. Elle était blonde, les cheveux court, un regard intense. Clint comprit de suite qui elle était. Elle l'avait déjà croisé, il y a longtemps.

" Bonjour, fit-elle simplement en enlevant son manteau et son sac à main.

- Bonjour madame.

- Vous êtes un collègue de Jo? Barton! C'est ça? On s'est déjà vu à son anniversaire, il y a deux ou trois ans, fit-elle en déposant ses affaires sur le fauteuil.

- Oui, je m'en souviens, répondit-il seulement.

- Jo me parlait beaucoup de vous, il vous estimait beaucoup", déclara t-elle en s'approchant du lit.

Le fait que son épouse employait le passé pour parler de Remington vrillait le coeur de Clint. Si son épouse n'avait plus d'espoirs, pourquoi en aurait-il lui même?

Un silence pesant fit face, seul les bip des constantes du patient se faisaient entendre, et le respirateur artificiel accentuait ce moment un peu glauque.

" Je suis désolé, madame Remington", articula Clint en baisant les yeux.

La femme regarda le sol, puis releva les yeux.

" Je sais que vous étiez le ..., Elle semblait réfléchir puis dit, Directeur d'enquête, c'est ça?

- Cest ça", confirma Barton.

Un second silence arriva, et Clint aurait voulu disparaître.

" Votre coéquipier m'a dit ce que vous traversiez", déclara t-elle ensuite alors qu'elle caressait à présent les cheveux de son mari.

Clint la regarda d'un air stupéfait. Qui ça? Lensherrs? Il se serait entretenu avec elle?

" Je sais que vous vous en voulez beaucoup. Je vous en ai voulu moi aussi, mais je ne vous en veux plus. Jo... Il était fiers d'être ce qu'il était. Un flic exemplaire. Il vivait pour combattre le crime . Pour que les rues soient plus sûre. Il aurait donné sa vie pour changer le monde."

Clint ne sut retenir ses larmes, la femme le vu et attrapa la main du brigadier-chef.

" Vous étiez important pour lui, je ne sais pas vraiment ce qui vous liait, vous et lui. Tout ce que je sais, c'est qu'il vous aurait suivi n'importe où. Vous n'y êtes pour rien. Ce sont ceux qui lui ont tiré dessus qui sont coupable."

Les larmes de Clint redoublaient d'intensité.

" Je les ferais payer, je vous le promets madame Remington, ils paieront pour ce qui lui ont fait. Et j'espère que Jo sera là lorsqu'ils seront jugés coupable.

- Je l'espère aussi."

Madame Remington, fit demi tour et alla vers son sac à main.

" Je vais me chercher un café, vous en voulez un?

- Non, merci, je vais y aller, j'ai un tas de truc à faire.

- D'accord".

Clint souffla doucement et sécha ses larmes.

" Au-revoir madame Remington, je... Ils paieront.

- J'en doute pas, bonne journée.

- À vous aussi".

Le coeur tout retourné, Clint se dirigea illico vers sa voiture, puis rentra à l'hôtel.

En rentrant dans la piaule, Clint se laissa tomber sur le lit, les larmes refirent surface, il tenta de se reposer, épuisé par les pleurs, mais il n'y arriva pas. Il décida d'aller au bar où Tom travaillait. Le barman ne travaillait pas ce jour, Clint but tout de même une vodka, puis décida d'aller au magasin afin d'acheter une bouteille, puis revint à l'hôtel.

Clint ouvrit la bouteille aussitôt rentré, il était 17h. Il buvait directement au goulot, de toute façon, il n'avait pas de verre sous la main. Sa vie était devenue merdique. Avant Browston, tout allait bien. Alors qu'à présent, tout allait de travers. Son collègue était entre la vie et la mort de part sa faute, son coéquipier prenait la poudre d'escampette et le laissait avec un jeunot. Sa femme voulait divorcer et il se retrouvait à l'hôtel sans rien, ni personne. Et puis, et puis il était attiré par le sexe opposé depuis quelques temps. Il ne savait pas si c'était dû à tout ses changements radicaux mais quoi qu'il en soit, il savait qu'au fond il n'était pas indifférent aux hommes.

Il se dit qu'il aurait dû céder face à Tom, il était assez beau garçon, avec son air mystérieux. Ce n'était pas comme si ils étaient obligés de se revoir. Il saisit sa veste et sorti la carte que le barman lui avait donné, puis sorti son téléphone. Il enregistra tout d'abord le numéro, puis hésita à l'appeler. Il composa un message, puis l'effaca et verrouilla son téléphone. Il but encore un peu, puis prit la décision d'appeler ce foutu barman et de passer à l'action. Il reprit son Stark phone en main. Il fit glisser son doigts sur le répertoire pour atteindre le numéro de Tom et s'arrêta net sur le prénom de Pietro.

S'il devrait tester une relation avec un homme, ça aurait été avec lui qu'il aurait voulu le faire. Il savait qu'il n'avait pas le droit, qu'il ne le fallait pas. Il s'interdit de faire quoi que se soit avec lui. Ils étaient bien trop important son père et lui, pour tout foutre en l'air.

Bien qu'il savait qu'il ne se passerait jamais rien entre eux, Clint fini par appuyer sur le bouton appel, ce foutu gamin lui manquait terriblement, amicalement parlant.

" Allo.

- Pietro, fit Clint comme soulagé.

- Clint, dit seulement Pietro.

- Salut, ajouta Clint, ne sachant que dire d'autre.

- Salut, répéta Pietro.

- Tu vas bien? demanda Clint par habitude.

- Je vais bien et toi? Ça va?

- Oui, répondit seulement Clint.

- Ok", répondit Pietro, attendant que Clint lui dise la raison de son appel.

Clint ne savait pas quoi dire, il voulait juste l'appeler, l'entendre.

" Ça va? s'inquiéta Pietro.

- Oui.

- Ok. Et donc? Quoi de neuf? demanda Pietro afin d'engager la conversation.

- Lang est arrivé, déclara subitement Clint.

- Lang?

- Celui qui va remplacer ton père ! lança Clint comme si Pietro connaissait le nom de son remplaçant.

- Ah... Tu l'as rencontré ?

- Oui", répondit seulement Clint.

Pietro s'aperçut très vite que quelque chose n'allait pas, il l'entendait à sa voix, il pouvait même dire qu'il avait déjà bien bu.

" Clint... Qu'est-ce qui se passe?

- Je..."

Clint pleura tout à coup, pensant à Remington sur son lit d'hôpital.

" Remington... Je suis allé le voir... Elle... Elle parle de lui au passé, comme s'il était mort... déclara Clint la voix tremblante.

- T'es allé voir ton collègue à l'hôpital c'est ça? tenta de comprendre le pompier.

- Oui, et elle parle de lui comme s'il était déjà mort, ajouta encore Clint.

- Qui ça? demanda Pietro ne comprenant pas qui était "elle".

- Remington! lâcha Clint en s'énervant.

- Attend, je te suis pas Clint", murmura Pietro tentant de ne pas brusquer le policier.

Clint n'arrivait plus à retenir ses larmes, il pensait à présent à Laura, c'était la fin, c'était sûre à présent. Tout lui retombait dessus en même temps. Pietro l'entendait pleurer bien que Clint tentait de masquer ses pleurs.

" Hey... Clint... Calme-toi, tout va bien. Respire.

- Il va mourir, lança Clint seulement.

- Chut... T'es où là? demanda Pietro en se levant directement.

- À l'hôtel.

- Quel hôtel? demanda Pietro en enfilant sa veste, tout en ne lâchant pas son téléphone.

- Parkson.

- J'arrive, l'averti Pietro en descendant les escaliers quatre à quatre.

- Tu bosses pas?

- Non, j'arrive, t'as mangé? demanda Pietro en sortant de son domicile.

- Je mange liquide, plaisanta Clint.

- D'accord, j'arrive bouge pas, je suis là dans 30 minutes maxi. "

Pietro entra dans la voiture et démarra illico alors que Clint l'interpella à nouveau.

" Pietro?

- Oui.

- Merci, chuchota Clint.

- De rien. Tu sais bien que je serais toujours là pour toi.

- Je sais, mais t'es pas obligé.

- Je me sens pas obligé, c'est de bon cœur tu sais, déclara Pietro.

- Tu as le coeur sur la main, marmonna Clint.

- Ok... Écoute, je dois te laisser, j'ai du mal à conduire avec le tel, et j'aimerai pas croiser tes collègues, plaisanta Pietro.

- Fais attention à toi.

- Promis. Je t'appel quand je suis devant l'hôtel.

- À toute.

- À toute."

Clint raccrocha et bu une gorgée aussitôt. Il ferma les yeux afin de se calmer, puis essuya ses larmes. Il ne savait pas si Pietro viendrait dans la chambre mais se décida à la ranger un peu, du moins virer son linge sale et le fourrer dans la penderie. Il fit sommairement le lit puis s'affala dessus la bouteille toujours à la main. Les minutes furent longues et Clint descendit la bouteille petit à petit. Il sursauta lorsque son téléphone sonna.

" Allô...

- C'est moi, t'es où exactement ?

- Ma chambre, marmonna Clint.

- T'es encore plus déchiré que toute à l'heure, constata Pietro.

- Un peu.

- C'est quoi le numéro de ta chambre?

- Euh... 127.

- 127, ok, j'arrive."

Clint raccrocha et tenta de se relever. Il réussi à se mettre sur ses jambes et se dirigea vers la porte. Il sursauta une seconde fois lorsque Pietro frappa à la porte. Il ouvrit la porte et Pietro comprit à son visage que son ami était bien plein.

" T'es joli toi, constata Pietro en voyant Clint se retenir contre le mur.

- Désolé, marmonna Clint en baissant les yeux.

- C'est pas grave, répondit Pietro en lui déposant un baiser sur la tempe. Tiens, je t'ai amené de quoi manger, fit Pietro en lui montrant le sésame.

- Pas sûre que ça passe, fit Clint en invitant Pietro à entrer.

- Faut éponger un peu, dit Pietro alors que Clint amenait le goulot à ses lèvres. Hey, hey, donne-moi ça, je pense que t'as assez bu non? questionna le pompier.

- Pas toi."

Pietro fronça les yeux puis lança.

- Ok, mais à condition que toi, tu manges. Alors on fait l'échange?" Demanda Pietro en lui tendant le sceau de poulet.

Clint grimaça, mais Pietro ne lui laissa le choix et échangea la bouteille de vodka contre des ailes de poulets.

Clint se laissa tomber sur le lit, alors que Pietro s'assit sur la seule chaise de la pièce. Un silence pesant envahit la pièce. Pietro respecta un instant le silence puis finit par le rompre.

" Alors comme ça, tu as un nouvel équipier? demanda Pietro.

- Ouais, il s'appelle Scott Lang, il a 32 ans, non 34, il a une fille, et il vient du Minnesota.

- T'en penses quoi? demanda Pietro avant de boire une gorgée de la vodka.

- Il a l'air bien, mais ça sent le départ de ton père. Il va me manquer, tu sais.

- Je sais, sinon, à part ça?

- A part ça, j'ai été voir Remington, ça m'a fait drôle, de le voir inerte, déclara Clint tristement.

- Et tu me disais quoi sur sa femme?

- Elle me parlait de lui au passé, comme s'il était déjà mort, murmura Clint en regardant un point imaginaire.

- Ça fait un moment qu'il est dans le coma, non?

- Hummm... Elle m'en veut pas, Elle m'en veut plus, déclara Clint la voix tremblante.

- Vous étiez proche lui et toi? questionna Pietro.

- Assez, oui.

- Assez comment?" demanda pour plus de précision Pietro.

Clint sourit en coin, comprenant le sens de la question de son ami. Il regarda Pietro et lui sourit.

" Qu'est-ce que tu veux savoir au juste? "

Pietro se mordait la lèvre et dévia le regard.

" On était pas amant si c'est ce que tu veux savoir, le rassura Clint.

- Je me doute, mais peut-être que... Que t'y tenais beaucoup, sous-entendu le jeune homme.

- J'y tenais beaucoup, oui, mais pas comme tu le penses. Il... Il était bi, et je lui plaisais. Mais il s'est jamais rien passé sinon, le rassura à son tour Clint.

- D'accord."

Clint proposa une aile de poulet à Pietro. Celui-ci l'accepta et se laissa prendre la bouteille par Clint. Le policier dévissa le bouchon et but une longue gorgée avant de déclarer:

" Laura demande le divorce. Ça y est. Ça fait quelques jours que je suis ici. Elle ne me fait plus confiance, elle pense que je la trompe, ou que je l'ai trompé. Je pense qu'elle m'aime plus tout simplement, comme je ne l'aime plus comme avant, moi non plus, déclara subitement Clint.

- Je suis désolé Clint.

- Tout part en vrille chez moi. Remington, ton père qui s'en va, ma vie conjugale et toutes les questions auxquelles j'ai toujours pas de réponse, ajouta t-il avant de boire une autre gorgée du liquide.

- La vie est parsemée d'embûches mais il ne faut pas lâcher prise. Ce n'est pas si important en soit, c'est sûre que toi, tout t'es tombé dessus en même temps, mais il faut que tu fasses face à une seule chose à la fois, lui conseilla Pietro en saisissant la bouteille de vodka des mains du policier.

- Par où commencer?

- Par le plus important, ta famille, dit Pietro avant de boire

- Ma famille? Quelle famille, bientôt je ne ferais plus parti de leur famille.

- Ne dit pas ça, intervint Pietro. Je connais pas bien Laura, mais je suis sûre qu'elle te considére toujours comme un membre à part entière de la famille. Tu es le père de ses enfants. Ils sont ta famille, Clint. Divorce ou pas.

- Hummm." acquiesça Clint.

Le téléphone de Pietro bipa, le pompier confia la bouteille à son acolyte, sortit son téléphone, lu le SMS puis le rangea.

" Ton amant?" plaisanta Clint.

Pietro grimaça et Clint reprit.

" C'est vraiment ton amant?

- C'est pas " vraiment" mon amant. C'est juste un type, lança Pietro en roulant des yeux.

- C'est juste un type? pouffa Clint.

- Ouais, un gars que j'ai rencontré, il y a quelques jours. On a juste discuté. Rien de plus, se défendit Pietro comme si Clint et lui étaient un couple.

- Mais il te plaît, sous-entendu Clint, légèrement jaloux.

- J'ai jamais dis qu'il me plaisait.

- Mais il te plaît, insista Clint.

- C'est toi qui me plaît Clint, lui c'est juste un type avec qui j'ai discuté c'est tout", rétorqua Pietro à son tour.

Clint baissa les yeux sur la bouteille, il se sentait gêné par la réponse.

" Il a tenté quelque chose? finit-il tout de même par lui demander.

- T'es jaloux? lança Pietro spontanément.

- Peut-être, avoua Clint sans relever les yeux.

- On s'est juste chauffé, rien de plus", se justifiait encore Pietro.

Clint avait toujours le regard rivé sur la bouteille. Pietro savait que quelque part, Clint l'aimait, mais ne voulait pas l'avouer. Ses questions étaient quelque part un aveu.

" Hey, fais pas la gueule..., chuchota Pietro.

- Je fais pas la gueule."

Un silence pesant s'immisca, Clint était jaloux qu'un homme avait posé les mains sur Pietro, alors que Pietro trouvait que Clint lui en demandait beaucoup.

Les hommes restèrent un moment silencieux, se partageant la bouteille de vodka, les ailes de poulets avaient été mise de côté.

Clint comprit qu'il avait été loin. Il n'avait pas le droit d'être jaloux, c'est lui qui l'avait repoussé, il ne pouvait pas lui en vouloir de trouver du réconfort ailleurs.