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Browston

Chapitre 23

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Samedi 24 juillet suite

Il n'arrivait plus à dire quoi que se soit ni à la regarder en face. Les images de la veille refirent surface. Il se revoyait dans les bras de Pietro, pleurant à chaude larme et ressentait tout l'émoi qu'il avait ressenti lorsqu'il avait reçu un baiser de Pietro.

L'objet de ses pensées entra justement à cet instant, rompant ce moment de mal être.

" Salut la compagnie.

- Bonjour Pietro, dit Kate souriante.

- Salut, marmonna Clint mal à l'aise.

- Ça va mieux? demanda t-il tout de même en s'installant a ses côtés.

- Ça va, répondit seulement Clint.

- Ta soeur est sous la douche, tu veux un chocolat? proposa la femme.

- Non merci, un verre d'eau plutôt, je suis dessèché là", répondit le plus jeune.

Kate lui servir un grand verre d'eau, puis ajouta.

" Je vous laisse, je vais voir Erik."

Kate s'éclipsa et Clint lança aussitôt.

" Tu crois qu'elle va nous balancer?!

- De quoi tu parles? demanda Pietro en fronçant les yeux.

- Hier! Le baiser! lança Clint.

- Le baiser, répéta Pietro. Euh... Tu penses qu'elle l'a vue? demanda tout de même Pietro avant de boire son verre d'eau.

- Y'a pas de doute.

- Et bien, dans ce cas, j'en sais rien.

- On est fichu, marmonna Clint en soupirant bruyamment.

- N'importe quoi Clint. Et puis tu crois pas qu'elle l'aurait déjà fait?

- Peut-être qu'elle attend que ça se tasse. Ton père n'est pas prêt à affronter ça en plus du décès de Jo."

Pietro le regarda avec amour et glissa sa main sur sa nuque.

" Je pense pas Clint, lança t-il avant que Clint lui fasse enlever sa main. Clint... insista Pietro

- J'ai pas envie qu'on se fasse griller, se défendit ce dernier.

- D'accord...", fit Pietro en se levant.

Il passa derrière Clint et lui chuchota a l'oreille.

" Je vais virer ma soeur de la douche, ne t'inquiète pas, Kate t'aime beaucoup. Je suis sûr qu'elle dira rien... Elle veut notre bonheur à tous les deux.

- Pietro..., soupira Clint.

- Chuttt. T'inquiète", chuchota encore Pietro en déposant un baiser sur le cou de Clint avant de s'en aller.

Clint attrapa son café et le but d'un trait. Il se sentait coincé. Il avait peur que tout éclate. Il avait peur que Kate parle de ce qu'elle avait vu. Après, ils pourraient tous les deux nier et dire qu'elle a dû s'imaginer des choses, mais Clint se demanda comment il allait faire pour ne pas céder une nouvelle fois à la tentation.

Bien qu'il n'avait rien fait, il avait laissé le gamin lui donner ce baiser, il n'avait pas pu l'envoyer chier, c'était plus fort que lui. Il n'arrivait plus à céder à la tentation. Et n'avait plus l'envie de le faire non plus.

Clint fut tiré de ses pensées par Erik qui s'installa à ses côtés.

" Bien dormi?

- Ça va, murmura Clint.

- Moi aussi, dit Erik, bizarrement, ajouta t-il ensuite.

- Ouais, c'est ce que je me suis dis aussi", ajouta également Clint.

Les hommes restèrent silencieux, pensant sûrement à leur collègue, puis Kate les rejoignit, suivi de Wanda.

" Vous allez prendre un apéro avant de manger? demanda t-elle.

- Vu l'heure, on va passer a table tout de suite je crois, annonça Lensherrs.

- Je mets la table." coupa Wanda.

Kate acquiesça alors que Wanda s'exécuta. Les hommes restèrent au comptoir pensant encore au gardien de la paix, Jonathan Remington.

À table, c'était aussi glauque. Clint n'arrivait toujours pas a regarder Kate en face, il était sûr à présent qu'elle avait tout vu. Pietro lui semblait serein ça énervait de plus belle Clint, qui trouvait qu'il prenait ça à la légère.

Ce fut en fin de repas que Lensherrs proposa à Clint d'aller voir Remington sur son lit de mort. Ce n'était pas le truc de Clint, mais il accepta sachant qu'Erik irait quoiqu'il arrive. Il ne voulait pas le laisser y aller seul.

À la morgue, il n'y avait personne. Tant mieux s'était dit Clint. Il n'aurait pas voulu être confronté a madame Remington. Les hommes regardaient Remington, sans vie. Clint n'arrivait pas à pleurer, alors qu'Erik fondu en larme. Le brigadier chef passa une main dans le dos de son ami.

" Ça va aller Erik, comme le dit Kate. C'est un mal pour un bien. Il est mieux là où il est, plutôt que... Lui ne souffrait pas, ne souffrait plus, mais ça devait être dur pour son épouse.

- T'as raison. Mais c'est tout de même triste. Ça aurait pu être nous.

- Je sais," fit Clint qui aurait presque préféré que se soit le cas.

Il aurait préféré se prendre une balle à sa place. Il se sentait toujours fautif, c'était lui le directeur d'enquête, il était responsable de ses hommes.

" Je sais pas si j'aurais réussi à surmonter ça si c'était toi sur cette table," avoua Erik.

Clint regarda son coéquipier, et les larmes coulerent instantanément.

" Je ne l'aurais pas supporté moi non plus. Tu es trop important à mes yeux", chuchota Clint à son tour.

Les hommes se sourirent tendrement, contrastant avec les larmes qu'ils versaient encore.

Ils restèrent plus d'une heure dans cette morgue, puis finirent par revenir chez les Lensherrs. Ils avaient contacter plusieurs collègues afin de voir si les démarches pour l'enterrement avaient bien été fait. Ils voulaient participer au frais et à l'organisation.

Ils étaient tous assis dans le salon autour d'un bon whisky, ils en avaient tous besoin. Ils discutèrent tout d'abord de l'organisation puis la discussion dériva sur l'enquête.

"Ils vont rouvrir une enquête c'est sure, lança Thompson.

- Maintenant que c'est un homicide, ajouta Lensherrs.

- Un homicide? Sérieusement, au bout de quatre mois? Ils se foutent de la gueule du monde non? s'emporta Clint.

- Remington n'était pas encore mort! justifia Clark.

- C'est pas ce que sa femme disait. D'accord, il respirait, mais c'est tout, il était sans vie, ajouta Clint en soupirant.

- Elle s'y était faite, dit seulement Thompson en regardant le coéquipier de Remington puis Clint, les deux plus affectés autour de cette table.

-Je lui avais promis qu'il serait là, le jour où on traduirait ce fils de pute en justice, déclara Clint, la tête entre les mains.

- On serait là, nous, lança Stanford. On regardera ce batard pour qu'il se souvienne qu'il a pris l'un des nôtres.

- Il nous reconnaitra de toute façon, lança Matthews se souvenant de l'altercation.

- J'étais face à lui, murmura Clark. Il me reconnaîtra à coup sure, murmura t-il ensuite revoyant son coéquipier au sol.

Un silence pesant envahit la pièce, puis Stanford le rompu.

" Bon, moi je vais y aller, j'ai l'anniversaire de ma petite nièce, désolé.

- Bon, de toute façon tout est réglé, lança Thompson en se levant lui aussi.

- Je passerais demain voir madame Remington pour voir pour le reste, ajouta Clark en suivant les pas de ses collègues.

- Tu nous tiens au courant? demanda Erik.

- Ouais."

Clint regarda sa montre et enfila sa veste.

"Tu t'en vas toi? demanda t-il à Clint.

- Je vais aller voir les gosses, répondit-il seulement.

- Ah oui, il paraît que ça sent pas bon chez toi, lança Thompson en grimaçant.

- Laura a demandé le divorce.

- Mince, fit Stanford en grimaçant.

- Ouais... Bon, les gars, fit Clint.

- Tu dines ici? demanda tout de même Lensherrs.

- J'en sais rien, je verrais ... Je te tiens au courant.

- D'accord.

- Bon allez à plus les gars."

Clint fila aussitôt à la ferme. Laura n'était pas encore au courant du décès de Remington. Il se demandait comment allait réagir cette dernière.

Lorsqu'il était arrivé à la ferme, Laura préparait le goûter. Lila l'aidait tandis que cooper jouait avec Nathaniel dans le salon. Les enfants accoururent vers lui, tandis que Laura soupira bruyamment.

" Salut, dit seulement Clint.

- Salut Clint. T'es venu voir tes enfants, lança madame Barton.

- Je pensais qu'on avait réglé ce détail et que je pourrais les voir quand j'en aurais envie.

- Je pensais que tu serais là à la premiere heure ce matin, répondit-elle.

- Et bien je n'ai pas pu, lança Clint.

- Au boulot, je présume.

- Pas vraiment non, fit Clint avant de soupirer fortement.

- Quelque chose ne va pas? s'inquiéta t-elle en voyant la mine déconfite de son époux.

- Je t'en parlerai après.

- Très bien, tu peux terminer les crêpes, je vais changer Nate."

Clint acquiesça et s'occupa de finir de cuir les crêpes en compagnie de sa fille. Le père de famille profita de discuter un peu avec elle. Tout semblait rangé dans sa vie. La petite fille lui parla de ses copines, de ses cours de danse, et de ses créations de bijoux.

Laura redescendit, parents et enfants pouvaient à présent manger ces délicieuses crêpes. Clint n'était pas bavard aujourd'hui, il ne faisait que penser à Remington, à Pietro et il n'était plus autant à l'aise à la ferme. Les enfants ne restèrent pas longtemps en place. Nathaniel avait déjà cavalé de la table au bout de la première Crêpe. Cooper en avait mangé quelques-unes et était remonté dans sa chambre. Il ne restait plus que Lila autour de la table.

Laura leur refit un café et demanda à Lila de les laisser parler un peu, et de finir le cadeau qu'elle comptait offrir a son père. La gamine ne broncha pas et alla aussitôt terminer ses travaux. Laura connaissait bien son futur ex mari, elle savait que quelque chose de grave était arrivé, elle le sentait. Elle tendit une tasse pleine à Clint et s'assit face a lui

" Dis-moi tout Clint, qu'est-ce qu'il se passe? s'inquiéta Laura.

- Ça y'est, c'est fini... Remington... Il est décédé hier, lui apprit-il.

- Oh.. je suis désolée."

Clint fondu aussitôt en larme, il n'arrivait pas à retenir ses larmes alors que Laura se leva immédiatement. Elle forca le père de famille à se lever et tenta de le reconforter. En vain. Bien qu'elle le serrait dans ses bras, Clint n'arrivait toujours pas à se calmer. Rien ne pouvait le réconforter, il avait perdu un ami, et s'en sentait coupable en pus de ça. Laura défit son emprise sur lui et alla chercher des mouchoirs. Elle essuya tant bien que mal ses larmes mais rien n'y faisaient, l'homme fort qu'elle connaissait n'était plus là, il était à présent aussi vulnérable qu'un enfant.

" Tu veux prendre un peu l'air? proposa t-elle démunie.

- Si ça te dérange pas."

Laura suivi Clint mais il s'y opposa, il fallait qu'il se calme seul. Sur les marches des escaliers de l'extérieur, Clint pris une grosse bouffée d'air. Il ne cessait de penser à sa perte tragique. L'air frais lui fit un grand bien, mais il savait qu'il lui manquait quelque chose pour être apaiser. Le seul qui arrivait a le calmer était sans conteste, Pietro.

Son cœur battait la chamade rien qu'à penser au sokovien. Ses sentiments lui revenaient en pleine face. C'était avec lui qu'il voulait passer du temps, c'était dans ses bras où il se sentait le moins vulnérable. Il se sentait protégé et apaisé lorsque le gamin était là.

Laura sortir le rejoindre après un bon moment, accompagné d'une tasse de café bien chaude.

" Merci, dit il en récupérant la tasse.

- Comment va son épouse? demanda t-elle ensuite en s'asseyant.

- Elle le prend plutôt bien. Elle s'y était fait.

- Tu t'en veux?" questionna t-elle.

Clint acquiesça.

" Tu ne devrais pas," lui dit-elle finalement.

C'était trop tard, c'est bête mais c'était ces mots là qu'il attendait depuis longtemps. Ça faisait quatre mois qu'il attendait qu'une seule chose que son épouse le comprenne et le soutienne, en lui disant ce genre de phrase. Mais il était trop tard, ses sentiments envers elle, s'étaient envolés, et d'autres avaient pris leur place.

" Je sais... Pietro me l'a déjà dis, lança t-il machinalement. Ça n'empêche que.. je me sents fautif... ajouta t-il ensuite.

- Tu fais encore des cauchemar ? demanda t-elle.

- Ouais... Mais là, cette nuit, bizarrement j'ai bien dormi.

- Mince, Mary devait passer, je vais appeler pour annuler, fit-elle en se levant.

- Pourquoi? Parce que je suis là? Rétorqua t-il.

- Mais non, idiot, parce que t'es mal, et que t'as pas le coeur à discuter de chose futile.

- Elle peut venir, ça me dérange pas, et peut-être que de parler de chose futile me feraient du bien finalement.

- D'accord, je vais débarrasser la maison, prend ton temps."

Clint acquiesça et resta un moment sur les marches d'escaliers à réfléchir à tout et à rien.

Il finit tout de même par rentrer et préparer l'arrivée d'une amie de Laura, qui arriva peu de temps après. La jeune femme fut surprise de le voir, Laura lui avait sans doute dit que c'était fini entre eux. Mary était une amie qu'appreciait Clint. Elle n'avait pas d'à priori et semblait bien dans ses baskets.

Les filles parlèrent de boulot, plus précisément d'un collègue de Mary sur lequel elle craquait complètement. Clint les écoutait parler et donner quelques fois son avis sur la personne.

Le couple lui proposa de dîner à la maison, ça arrangerait Clint, au moins, ils ne parleront pas de Remington. Il ne voulait pas en parler, c'était trop dur, et Laura ne le connaissait pas plus que ça.

Durant le dîner, Clint reçu un SMS de la part de Lensherrs le conviant à les rejoindre lui et d'autre collègue autour d'une bière. Il accepta aussitôt.

Ce fut après avoir coucher les enfants et remercier Laura pour le repas que Clint rejoignit son coéquipier dans un café.

Arrivé au bar, Erik était accompagné de Chad, son neveu, de Mathews, présent au moment de l'embuscade et de Clarks, le coéquipier de Remington, également présent sur les lieux sur ce jour-là.

Il étaient assis à une table de quatre, Clint fit glisser une chaise jusqu'à eux et s'affala sur celle-ci.

" Comment ça va, les gars? marmonna Clint sachant pertinemment la réponse.

- Ça pourrait aller mieux", fit seulement Matthews.

Clint commanda aussitôt une double vodka, il en avait besoin.

Un silence morbide arriva, les cinq policiers buvaient tranquillement leur verre. C'était un silence pesant, un silence poignant, tous les cinq pensaient à leur coéquipier disparu.

Chacun d'eux avait une affinité avec lui, ou presque. Clarks était son coéquipier, Erik et Clint partageaient leur bureau autrefois. Matthews partageait son bureau avant qu'il ne décède, et Clarks, et Clarks était anéanti d'avoir perdu son coéquipier dans un évènement aussi tragique. Il était jeune, c'était sa première affection, et il perdait son coéquipier d'une manière tragique.

Seul Chad n'avait pas eut d'affinité particulière avec lui, mais il était là, en soutiens à son oncle et par respect pour un des leur.

Matthews, Clarks, Erik et Clint étaient très affectés, ils buvaient leur verre tristement, dans ce silence qui devenaient de plus en plus angoissant. Chad, le moins affecté des cinq membre déclara subitement.

" Je propose que chacun de nous parle de Remington, une anecdote marrante qu'on se rappel, je suis pas sûr qu'il aimerait qu'on le quitte comme ça."

Clarks releva les yeux sur lui, et Chad ajouta.

"Je le connaissais pas bien, mais une fois, je l'ai croisé dans le couloir, ça faisait pas longtemps que j'étais là. Il avait son café à la main, et moi je cherchais le bureau de la stup, alors vite fait, je lui ai demandé. Il s'est retourné et me l'a montré du doigt, sauf qu'entre temps, y'avait le technicien qui avait posé une boîte d'outil et la... Imaginez la scène, Chad rit et reprit. Il était recouvert de café, et affalé dans le couloir du premier."

Matthews pouffa de rire timidement.

"Au premier en plus, là, où il y a plus de monde", souligna Matthews.

Chad acquiesça, puis le silence reprit.

" Quelqu'un veut reboire quelque chose"

Tous acquiscerent et recommanderent une autre boisson.

"Il s'en est prit des gamelles, c'était un Gaston Lagaffe. Je crois qu'il avait un problème de motricité ou coordination entre ses pieds parce que... À chaque fois qu'on courrait après quelqu'un, tu pouvais être sûre qu'il se gamellait, sérieux, des fois, je lui disais, laisse tomber reste là, j'y vais. Sérieux. Gaston Lagaffe, ajouta encore Clarks.

- Une fois en plein milieu d'interrogatoire, la chaise a cédé... Vous auriez vu sa tête ! Lança Lensherrs.

- Tu m'étonnes, lâcha Chad.

- Vous vous souvenez à son anniversaire? relança Matthews.

- La piscine..." répondit Clint en riant.

Tous éclatèrent de rire alors que le serveur arrivait avec leur boisson. Les anecdotes s'enchainerent ensuite ainsi que les verres. Ils riaient tous à présent. La soirée dura un peu plus longtemps que prévue. Matthews était reparti rejoindre sa femme enceinte et chad avait fini par rejoindre des amis en discothèques

Il ne restait plus que Clarks, Erik et Clint, picolant toujours. Le trinôme continua de boire toute la soirée et raconter des tas de choses sur Remington. C'était qu'il en laissait un grand vide autour de lui.

Ce fut vers minuit, que Clarks décida lui aussi de rentrer chez lui. Erik et Clint auraient pu suivre son idée et de faire de même, mais ils restèrent encore un peu à deux tout en picolant.