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Browston
Chapitre 25
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Lundi 26 juillet (suite)
Les hommes prirent la route du commissariat, puis Lang arrêta Clint lorsqu'il allait le suivre vers les cellules.
" Vous devriez aller vous préparer, je me chargerai de son inculpation, je demanderai de l'aide à un collègue.
- Vous êtes sûre? demanda Clint.
- Sûre, ne vous inquiétez pas Barton.
- Merci Lang. À demain.
- À demain."
Clint fila à l'hôtel et se prépara pour la cérémonie. Il rejoignit ensuite Lensherrs chez les Remington. Ça faisait bien longtemps qu'il n'était pas venu ici. La dernière fois c'était lors d'un anniversaire. Son epouse le remarqua de suite. Elle vint le saluer. Elle était, comme veut la coutume, habillée de noir. Elle semblait fatiguée. Elle avait du pleurer toute la nuit. Quelques collègues étaient déjà là. Ils étaient tous habillés en tenue d'apparat. Ils étaient tous beaux. Clint sentit la tristesse monter directement il retint ses larmes et alla rejoindre ses collègues afin de terminer de mettre en place la réception qui suivait.
L'heure était à présent arrivée, Erik et d'autre collègues repartirent afin de chercher leur compagnes. Laura ne venait pas, et Clint, proposa de rester auprès de Madame Remington. Clarks et son épouse étant là eux aussi, firent de même. À quatre, ils se dirigèrent vers le cimetière.
À leur arrivée, le patron de Clint était là. Il ne l'avait jamais vu en tenue d'apparat, elle semblait sincèrement attristée. Elle salua Clint et Clarks puis s'entretint quelques instant avec la veuve de Jo.
" T'as préparé un discours? demanda Clarks.
- Non. Et toi? retourna Clint.
- Non plus.
- Tu vas en faire un? demanda Barton.
- J'en sais rien, je devrais normalement, non?
- T'es pas obligé si tu t'en sens pas capable, répondit Clint qui lui ne s'en sentait pas capable du tout.
- Je verrais. Et toi?
- Quoi moi? fit Clint.
- Toi aussi tu devrais en faire un.
- Pour dire quoi? Que je failli à ma mission ? Que j'ai pas réussi à vous faire revenir tous en vie?
- Pour dire combien il comptait pour toi. Pour dire combien il était un bon ami.
- Je sais pas si j'aurais la force de faire ça. Je m'en veux toujours pour son décès, alors...
- Tu es le seul, personne ne t'en veux tu sais, chuchota Jérémy Clarks.
- Je sais... Mais ça n'empêche pas que je sens coupable.
- La patronne fera un discours sûrement, lança Clarks.
- Sûrement oui," dit Clint en regardant sa patronne s'entretenir avec d'autres personnes, elle semblait prendre en main la cérémonie.
Le gouvernement prenait en charge toutes les obsèques. Après tout, Jonathan était mort pour le pays. Une voiture arriva puis deux puis d'autres arrivèrent. Kate vint de suite voir Clint, elle le prit immédiatement dans ses bras. Elle savait combien Clint avait souffert de cette perte. Les hommes attendirent un instant, puis la cérémonie commença.
Clint, Clarks, Thompson et Matthews, les hommes présents sur le guet apen furent appelés, afin de porter le cercueil de leur collègue. Ce fut la boule au ventre que Clint fit son devoir.
En déposant le cercueil, il ne put s'empêcher de regarder la gerbe de fleurs et de lire, "À notre collègue disparu, nous t'oublierons jamais", le tout sur un drapeau au couleur du pays. Une larme s'échappa automatiquement, puis il ne pù s'empêcher de pleurer ainsi que ses collègues. La musique prit fin et madame Hill commença l'éloge funèbre.
" Mesdames et Messieurs,
Nous voici aujourd'hui tous rassemblés pour rendre hommage au Gardien de la Paix Jonathan Remington, décédé vendredi dernier des suites d'une risposte, victime du devoir, alors qu'il participait à une mission de démantèlement d'un trafic de drogue aux côtés de ses collègues de la circonscription de Stony city.
Sa mort brutale est une terrible injustice. Personne, ni sa famille, ni ses collègues, ni lui-même, n'aurait pu imaginer un tel drame, survenu au cours d'une mission quelconque.
Jonathan Remington a été la victime de la bêtise criminelle, celle d'un forcené qui a cru bon d'éliminer toute menace. À la vue des policiers qui tentaient de l'intercepter, ce dernier a fait demi-tour et a sciemment ouvert le feu sur le gardien de la paix Remington, ainsi que sur d'autre collègues, que les secours, malgré leur intervention rapide, n'ont malheureusement pu le ranimer. Plongé dans le coma, il a résisté un moment, et s'est éteint depuis peu.
Le criminel n'a pas encore été interpellé; il est aujourd'hui recherché par toute nos police. Il revient désormais à nous de l'interpeller et à la justice de faire son œuvre par la suite. "
Maria Hill fit une pause, puis reprit.
" Jonathan Remington n'est pas tombé au hasard. Il est tombé parce qu'il était policier. Il est tombé parce qu'il exerçait un métier où l'on prend son service, chaque matin, sans jamais savoir ce que l'on va rencontrer au cours de sa journée de travail, quelles situations l'on va devoir gérer ou affronter. Un policier doit sans cesse faire face à l'urgence, il est parfois confronté au danger. Il sait bien que chaque mission, même la plus anodine en apparence, tel une mission bien préparée peut basculer dans le drame.
Être policier, c'est exercer un métier noble, un métier de courage et d'abnégation, parfois au péril de sa propre vie. Jonathan Remington est tombé parce qu'il avait fait le choix de cette vie, de cet héroïsme du quotidien."
Les parents de Jonathan éclatèrent en sanglots, Hill interrompu son discours un instant afin de permettre a ses proches de reprendre consistance. Elle reprit ensuite.
" Comme nous tous, il avait une famille, des aspirations, des rêves, des joies et des peines. Il était un homme, avec son cœur qui battait à sa propre mesure. Mais il était aussi plus que cela, car il était policier. Car, comme tout policier, il partageait une volonté, celle de protéger ses concitoyens, et un idéal, celui du service de son pays. Car c'est cela, être policier. S'exposer soi-même pour le bien de tous.
Le gardien de la Paix Remington était fidèle à cette exigence et portait avec honneur et fierté l'uniforme de la Police fédérale. Les mots ne suffisent pas à rendre le chagrin et l'émotion que nous ressentons tous en cet instant. Je ne peux que deviner la douleur qui est la vôtre, Sharon, ainsi que celle de toute votre famille.
Je pense enfin à la douleur de tous les collègues de Jonathan. Vous avez perdu un époux, un fils, un ami, un collègue. Et rien ne saurait apaiser votre chagrin. J'en ai bien conscience. À vous tous, je voudrais simplement exprimer ma profonde compassion. Et vous dire ceci : soyez fiers de Jonathan. Soyez fiers de la vie qu'il a menée, des choix qu'il a fait. Jonathan était en effet un grand professionnel, passionné par son métier. Sa carrière, trop tôt interrompue, fut en tout point exemplaire.
En septembre 2002, une fois diplômé, il fut ainsi affecté à la police routière de Cost ward où il se distingua rapidement par son efficacité et sa grande rigueur dans l'exercice de ses missions.
C'est d'ailleurs la raison pour laquelle il fut repéré et intégra la brigade de sûreté et d'intervention lorsque celle-ci fut créée en 2005, Pendant deux ans, Jonathan Remington a été l'un des piliers de son unité, d'abord parce qu'il était un excellent policier, compétent et engagé. Je pense notamment aux nombreuses affaires de violence conjugale qu'il avait permis de résoudre en intervenant rapidement: c'était là un domaine dans lequel il s'était spécialisé, à la grande satisfaction de sa hiérarchie.
Mais, s'il était un pilier de la brigade, c'était aussi en raison de sa bonne humeur communicative, de son humour et de sa générosité appréciés de tous.
Depuis septembre 2007, il était affecté à la circonscription de Stony city. Là aussi, l'expérience et l'efficacité de Jonathan firent rapidement merveille. Ses collègues comme ses supérieurs se félicitaient de son arrivée parmi eux. Son attention à autrui, et notamment sa bienveillance à l'égard des plus jeunes et des moins expérimentés d'entre vous, resteront longtemps, je crois, dans les mémoires. Les adjoints de sécurité aimaient travailler à ses côtés, et le considéraient comme un modèle à suivre, tant il était professionnel et respecté pour cela même. La vie d'un policier est parfois faite de drames, mais elle est aussi faite de joies simples, celles que procurent la solidarité et l'entraide entre collègues."
Madame le commissaire Hill se tourna vers Clint et ses collègues et prononça:
" Je veux d'ailleurs avoir une pensée pour les quatre policiers qui étaient avec Jonathan au moment du drame. Ils sont toujours sous le choc, comme d'ailleurs l'ensemble des membres du service auquel il appartenait. À tous ses collègues, je voudrais dire ceci : je sais que Jonathan va terriblement vous manquer, mais soyez heureux de l'avoir côtoyé, d'avoir eu la chance de travailler avec lui."
Elle se tourna ensuite vers l'épouse Remington.
" Sharon, ainsi que vous ses parents, et vous tous qui avez travaillé aux côtés de Jonathan, toutes mes pensées, tous mes sentiments sont pour vous.
Sachez que, dans cette épreuve, vous n'êtes pas seuls. Nous tous ici présents partageons la même peine. La Police fédérale est aujourd'hui en deuil, plus que jamais solidaire, comme à chaque fois qu'un tel drame survient. Le Gouvernement aujourd'hui s'incline respectueusement devant le corps de Jonathan Remington, tombé en service.
En reconnaissance de l'État pour les services rendus et en hommage à sa carrière tragiquement interrompue, Jonathan Remington a été élevé au grade de brigadier de police. Il est cité à l'Ordre de la Nation et dans un instant, il sera décoré des insignes de la Médaille pour Acte de Courage et de Dévouement et de la Médaille d'Honneur de la Police fédérale, échelons or, déclara t-elle en montrant les médailles. Nous saluons avec émotion le souvenir de Jonathan Remington, qui a payé de sa vie son choix de servir les Américains. Que ses proches sachent qu'il a fait honneur à la Police fédérale.
À Jonathan Remington et à tous les fonctionnaires de la Police fédérale, à vous tous ici présents, je veux dire que nous savons ce que nous vous devons. La nation sera éternellement reconnaissante à celles et ceux qui la servent, avec courage et abnégation.
Le dévouement de Jonathan Remington restera à jamais gravé dans nos mémoires et dans nos cœurs."
Une musique retentit à nouveau, les quatre collègues furent appelé, Clint y comprit. Clarks et Clint se regardèrent qu'allaient-ils dire? Clarks commença, il était son binôme.
" Jonathan était mon binôme depuis presque deux ans, c'était un drôle de bonhomme. C'était une sorte de justicier gaffeur. C'était un bout en train. Il était toujours sur plusieurs fronts. Ses enquêtes, il les cumulaient mais les bouclaient toutes. Parfois je me demandais comment il arrivait à faire le tri. Moi-même j'étais perdu. C'était un bordélique. Vous auriez son bureau, notre bureau. Des tas de dossiers, des tas de formulaires, des notes de partout. Mais il savait exactement ou telle ou telle affaire étaient rangées. Il connaissait parfaitement tout ses dossiers. C'était un acharné du boulot, sur papier. J'ai dû mal à comprendre quand madame le commissaire Hill dit qu'il intervenait rapidement sur les interventions parce qu'il avait un problème de motricité. Je vous assure que quand il courait ses pieds n'étaient jamais d'accord. Alors, c'est moi qui me chargeait de les interpeller. Mais tous les honneurs lui revenaient car c'était lui qui trouvait qui était le coupable, c'était lui qui planchait tout les jours sur ses dossiers. Il méritait même d'avoir un poste plus haut, car c'était vraiment un policier talentueux et dévoué.
Mis à part ça, Jo, comme on l'appelait, était un gars vivant, qui refusait jamais de faire la fête. Il aspirait les anniversaires juste pour faire la fête, voir ses amis et collègues. Pour s'amuser, pour rire. C'était un peu notre pilier à tous.
Ce qui va me manquer, c'est de ne plus voir son bureau désordonné, ne plus voir les gamelles qui se prenaient. Ne plus entendre ses blagues pas très drôle, ne plus l'entendre chanter dans la voiture. Ça va être calme. Ça l'est déjà depuis un moment. J'ai un nouveau binôme. C'est un homme très bien, mais il ne remplacera jamais Jonathan. Car il n'était pas qu'un collègue, c'était mon ami, et il me manquera."
Clarks regarda ses collègues, Thompson se dévoua:
" Jonathan était mon témoin de mariage, je lui avais demandé parce que, c'est grâce à lui que j'ai rencontré ma femme. Elle est enceinte, un petit garçon. Il portera son nom en deuxième prénom. Parce que c'est grâce a lui qu'il est là.
Durant cette mission, j'ai cru que j'allais mourir moi aussi. J'ai reçu une balle, mais j'ai survécu. Lui, c'était comme s'il s'était sacrifié, pour moi, pour nous, pour vous, américains. Je lui dois la vie. Et celle de mon enfant. Je lui dois tout.
Jonathan Remington, c'était un gars exceptionnel. Il était mon binôme avant d'avoir Jeremy, on partageait encore le même bureau. Et je confirme qu'il était bordélique. Il m'a apprit plein de chose. Aussi bien professionnellement qu'amicalement. Il aimait partager ses trouvailles, sa connaissance son intelligence. Il était super doué, et il me manquera."
Matthews regarda Clint et lui ne se sentait pas en mesure encore de parler. Il posa une main sur l'épaule de Clint et s'avança pour parler.
" Notre collègue Jonathan Remington nous a quittés et nous sommes aujourd'hui dans la douleur. Il laisse une épouse Sharon, que je veux assurer de notre compassion et de notre soutien les plus sincères dans ces circonstances douloureuses. Agent accompli, ayant gravi tous les échelons à force de passion et d'exigence envers lui-même, il a toujours fait honneur à son métier. Mais c'est aussi l'homme que nous saluons aujourd'hui, le mari, et l'ami. Au nom de toute la brigade de sûreté et d'intervention de Stony city, je veux lui rendre ce dernier hommage avec toute notre affection et notre respect."
Ce fut au tour de Clint de prendre la parole, il n'avait jamais rien préparer, il s'avança jusqu'au pupitre et déclara subitement.
" Je suis l'homme qui l'a conduit à son décès. Mes collègues et mes supérieurs diront que c'est faux. Même son épouse me dit que j'ai tort, mais pour moi, je suis coupable. Je suis le directeur d'enquête. J'étais sur les lieux, et j'étais surtout responsable d'eux, de Jo, de Jérémy, Jason et de Mike. J'ai failli. Jason a pris une balle, Jo aussi, mais elle lui a été fatale. Je suis coupable. Et il ne méritait pas ça. Pas lui. J'aurais voulu prendre cette balle pour lui, je vous l'assure. Madame Remington, pardonnez-moi de pas ne pas avoir été à la hauteur, déclara Clint en pleurant alors que Clarks le rejoignit. Je suis coupable Clarks, dit Clint en pleurant.
- Non tu l'es pas, le rassura Clarks.
- Jo, éclata Clint en sanglot. Je fais des cauchemars presque toute les nuits. Et même lui, dans mes rêves, il me pardonne mais moi j'y arrive pas. Il était mon ami, mon confident, il a toujours été là pour moi, dit Clint en pleurant.
- Tu étais un modèle pour lui, ajouta le gardien Clarks.
- Il me manque tant", ajouta Clint.
Erik le prit dans ses bras et l'emmena à l'écart. Son épouse pleurait à chaude larmes puis le rejoignit également et le prit dans ses bras.
Une musique alors que Sharon et Clint s'etreignaient. Sharon prit consistance puis prit la parole.
" Je.. je voudrais déjà remercier tout le monde présent pour lui rendre hommage. J'avais préparé un discours, parce que ça fait déjà un moment que j'ai compris qu'il allait partir. Je m'étais faite à l'idée. Enfin, du moins, j'ai cru l'être en fait. Mon époux était un homme compatissant, honorable et joyeux. Il avait un grand coeur. Il me laisse seule cependant; sans même un enfant.
Je ne lui en veut pas, parce que c'était ce qu'il souhaitait. Il aimait son métier, il aimait ses collègues, ses amis, il aimait ses parents, ses frères, ses sœurs, et moi.
Sa vie c'était ça. Du lundi au vendredi, il était avec ses collègues et tentaient de faire régner l'ordre. Son voeu le plus cher était d'interpeller tous les malfrats, afin de laisser à nos futurs enfants, un monde meilleur. C'est également le voeu de ses collègues. Et malgré que le coupable soit encore libre, il a accompli son devoir, car nombreux sont en prison grâce à lui. À eux. À ses collègues, grâce à ces policiers qui se battent tous les jours. Merci à vous messieurs, de donner votre vie pour nous."
Sharon se tourna vers Clint, toujours dans les bras de ses collègues, puis ajouta.
" Le brigadier chef Barton pense être le coupable, mais c'est faux, je vous le conjure. Il ne se rend pas compte que c'est grâce à lui qu'il est devenu ce qu'il est. Clint Barton était un modèle pour lui, il était son mentor. Jonathan n'était pas sur cette mission, mais il avait supplié le brigadier chef d'y être. Alors vous ne devriez pas vous en vouloir. Un jour vous chopperez le coupable. Et malgré qu'il soit décédé, Jo sourira, il aura permis à mettre à l'écart, un meurtrier. Voilà, la vie de Jonathan du lundi au vendredi en journée.
Le soir, il était à moi. Et il était un mari dévoué. D'accord, il ne faisait pas la cuisine, ni le ménage, il n'était pas intentionné, il ne m'offrait jamais de fleur, il ne me faisait même pas un café. Mais il me faisait rire. Il me faisait sourire, il me calinait le soir devant la télé et un café, que je m'étais fait moi-même. Voilà mon mari tel qu'il était à la maison."
