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Browston

Chapitre 37

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Mercredi 18 août.

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À son réveil, Clint était triste de constater que son petit ange était déjà parti. Ils ne s'étaient pas couché trop tard la veille. Pietro commençait à six heures et il manquait déjà à Clint. Le père de famille souffla, c'était aujourd'hui le grand jour, enfin le jour où il allait rencontrer une psychologue pour la première fois. Il en avait déjà vu une au tout début après le guet apen mais ça n'avait aboutit à rien. Là, cette fois, il y allait de son plein grés.

Arrivé au commissariat, les hommes se pencherent sur leur enquête, puis allèrent prendre quelque dépositions. Ils déjeunerent dans un fast-food, avant de continuer leur investigations. Puis ce fut l'heure pour Clint d'aller rencontrer la psychologue du commissariat.

Il rejoignit l'aile médicale, et s'installa sur une chaise, attendant son tour.

« Clint Barton, lança une voix aiguë dans la salle d'attente. »

Clint se leva et alla serrer la main de la femme. Une asiatique du nom de Chô.

« Bonjour.

- Bonjour brigadier, entrez, je vous en prie. Asseyez-vous. Je suis contente de vous voir enfin. Le commissaire Hill commençait à s'inquiéter de ne pas vous voir entrer dans ce bureau. »

Clint baissa les yeux et attrapa nerveusement sa lèvre entre ses dents.

« Le principale, c'est que vous êtes ici. Alors dites-moi tout.

- J'ai enterré Remington, lâcha Clint subitement.

- Qui est Remington? lança t-elle en ouvrant un calepin. »

Clint fronça les yeux, si Hill s'inquiétait c'est que Chô devait être au courant pour lui.

« J'aimerai que vous le disiez.

- Ah... C'est... C'est mon collègue.

- D'accord. Et comment vous sentez-vous à présent?

- Un peu mieux.

- Mais ce n'est pas encore ça, sinon vous ne viendrez pas me voir.

- J'aurais dû venir vous voir avant, je crois que je n'avais pas la force.

- Qu'est-ce ce qu'il vous a poussé à le faire? »

Clint se mordu une seconde fois la lèvre.

« Racontez-moi tout Clint, je peux vous appelez Clint?

- Bien-sure, oui.

- Bien, appelez-moi Helen, je vous prie. Alors qu'est-ce qu'il vous fait venir alors que de toute évidence vous allez mieux ?

- Tout ce que je dirais restera ici, on est bien d'accord?

- Bien entendu.

- Même si je vous parle d'un autre collègue?

- Ne vous inquiétez pas Clint, dîtes ce que vous voulez.

- J'ai... Je suis devenu gay, enfin je crois, avoua t-il alors que le docteur Chô griffona quelque chose sur son carnet.

- Vous croyez?

- Je suis amoureux dans tous les cas, d'un homme, et c'est lui qui... Qui m'a demandé de venir, avoua t-il ensuite.

- D'accord, je vois. Et il est de quel service? demanda t-elle.

- Quel service?

- Il n'est pas un de vos collègues? J'ai cru comprendre que... »

Elle ratura sa note

« Ah non, lui ne l'est pas, son père, oui. Enfin... Il vient de partir en retraite, l'informa t-il.

- Oh... Je vois. C'était votre coéquipier non, c'est ça? demanda t-elle.

- Oui.

- Et vous êtes amoureux de son fils. Comment prend t-il la chose? demanda t-elle avant d'écrire à nouveau sur son calepin.

- Euh... À vrai dire, il ne sait rien.

- D'accord et quand comptez-vous le lui dire?

- Jamais.

- Jamais?

- Jamais, répéta t-il.

- Donc si je récapitule, vous êtes venu ici parce que votre petit ami vous l'a demandé mais vous ne voulez pas que son père le sache.

- Pour Pietro et moi, et il sait que je vois un psy, il sait que j'en ai besoin, il me connait mieux que quiconque, lança Clint.

- Qui ça, Votre coéquipier ou votre compagnon?

- Les deux, avoua t-il. Erik, ça fait 15 ans qu'on, bosse ensemble. »

La femme hocha de la tête et griffona a nouveau sur son calepin.

« Et vous n'osez pas lui dire que vous aimez son fils. Vous pensez qu'il va vous rejetter?

- Sans doute.

- Et votre compagnon? Est-il d'accord avec ça?

- Pas vraiment, il aimerait que j'avoue tout à son père.

- C'est plus facile d'accepter d'aller parler a quelqu'un plutôt que de parler à son père, insinua la femme. »

Clint soupira longuement, la pique de la femme était bien ciblée.

« Clint...

- Je sais, je suis nul. Il a tout fait tout pour moi. C'est grâce à lui que je vais mieux. Il a toujours était là, c'est peut-être même pour ça que j'ai craqué sur lui. Mais ça... Le dire à son père, c'est au dessus mes forces.

- Vous n'avez pas peur que votre compagnon baisse les bras?

- Vous pensez qu'il va me quitter?

- Je ne sais pas, qu'en pensez-vous?

- Je suis pas sûre qu'il tiendra longtemps. On s'est disputé vendredi, parce que je viens de prendre un appart et j'ai dis au proprio qu'il était le fils de mon collègue.

- Ce n'est pas faux, souligna t-elle.

- Oui, mais il aurait préféré que je dises que se soit mon petit ami.

- Vous avez encore du mal à accepter votre homosexualité, affirma t-elle en hochant de la tête.

- Oui, c'est encore difficile. Après, j'aurais pu simplement dire qu'il était un ami. C'est pas seulement le fils de Lensherrs, c'est plus que ça.

- Vous savez, vous n'êtes pas le seul dans ce cas de figure Clint. Marié et decouvrant soudainement que vous préférez la gente masculine Le plus dur c'est d'accepter. »

Elle se pencha sur ses notes et écrivit le nom de famille de son collègue accollé au prénom Erik. Elle releva la tête.

« En général, les hommes acceptent quand leur femme les surprend avec un autre homme. Je pense que de votre côté, ça ne se passera pas comme ça. Ce n'est pas là découverte de votre épouse qui vous fera changer, mais plutôt celle de votre coéquipier. Qui si je me trompe pas est comme un parent pour vous. Ai-je tort? »

Clint baissa la tête, le docteur Chô, avait mis le doigts exactement la où il fallait. Il murmura.

« Non, Erik compte beaucoup pour moi. J'ai pas connu mon père, enfin très peu, et... Erik a été et est toujour, un mentor à mes yeux.

- Je crois qu'on a mit le doigt sur quelque chose d'important à vos yeux. Erik Lensherrs et son fils. On va déjà travailler sur ça, dit-elle en griffonnant encore.

- Que voulez-vous dire?

- Clint, je suis désolée de vous annoncer ça, je sais que vous ne serez pas forcément d'accord avec ce que je vais vous dire mais il va falloir que vous assumiez. Il va falloir que son père soit au courant. Il est, certes, votre coéquipier, votre ami, votre mentor, mais il est aussi le père de l'homme que vous aimez. Il va falloir lui avouer Clint.

- Mais s'il ne prend pas bien la chose! questionna t-il.

- Pensez-vous que votre compagnon s'en ira si c'était le cas? répondit-elle par une autre question.

- Non... Non, je crois pas.

- Et bien dans ce cas vous ne serez pas seul. Et si votre collègue vous connait bien il réagira bien ou du moins, un jour, il comprendra.

- Vous croyez qui me pardonnera?

- Sans doute, même si ce n'est pas pour aujourd'hui. Rendez son fils heureux et il verra que son ami est quelqu'un de bien pour son enfant.

- D'accord.

- Bon, et bien je crois qu'on peut arrêter pour aujourd'hui.

- Déjà? On a même pas parler de Browston.

- Une chose à la fois Clint. Soyez d'abord en paix avec vous-même. Et votre collègue décédé peut attendre, pas votre compagnon.

- C'est vrai.

- Eh bien, je vous ferais parvenir un autre rendez-vous. D'accord?

- D'accord, madame. Merci.

- Appelez-moi Helen, je vous en prie, Clint, à bientôt.

- A bientôt. »

Clint rejoignit son bureau, prit ses affaires puis rejoignit sa chambre d'hôtel, il devait parler avec Pietro. Il n'arriverait pas attendre la fin de sa garde. Il composa son numéro.

« Pietro? Je te dérange pas ?

- Non, on attend les papiers d'admission. Ça va?

- Ça va... Je te dérange pas ? T'es sûre?

- T'inquiètes.

- Je... Je viens de sortir du psy.

- Ah, alors, ça s'est bien passé ?

- Oui. Elle... On a pas trop parlé de Remington tout ça.

- Ah, oui, de quoi vous avez parlé? Enfin t'es pas obligé de me le dire, si tu en as pas envie.

- On a parlé de toi principalement, avoua Clint en regardant la vue pas très reluisante qu'il avait de Stony.

- Ah bon... Ok...

- Je... »

Clint cherchait des mots, il était tout retourné, il se retourna puis marcha dans la pièce.

« Qu'est-ce qu'il se passe chéri?

- Elle m'a dit que je devrais tout avouer à ton père. Et au plus vite je pense. Pietro?

- Oui.

- Tu vas pas m'abandonner ? Si ton père n'accepte pas, tu m'abandonneras pas? s'inquièta le père de famille.

- Biensure que non, Clint ! Et tu n'es pas obligé de le lui dire toi-même. Je peux le faire, c'est mon père après tout.

- Je sais... Mais c'est moi l'adulte, entre nous deux, enfin du point de vue de ton père. C'est moi qui a voulu faire traîner les choses, et... Quelque part, je considère ton père comme un père alors, c'est à moi de lui dire, dit-il en se dirigeant vers le lit.

- D'accord.

- Je..., »

Clint se laissa tomber sur le lit, le regard rive sur le plafond.

« Je pense qu'il faudrait attendre qu'on s'installe, comme ça, il ne pourra pas te lancer des piques, comme t'es chez tes parents.

- D'accord.

- Il faut je me lance Pietro.

- Je sais. Et je suis avec toi.

- Bon je vais te laisse travailler. Je t'embrasse fort.

- Moi aussi mon amour. Je t'aime.

- Je t'aime. »

Clint raccrocha et commanda un repas qu'il engloutit avant de se coucher.

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Jeudi 19 août.

La journée du jeudi fut sensiblement la même que la veille, la psychologue en moins. Il rentra à l'hôtel directement, il reçu un message sur la route, il aperçu le nom de Tom attribué à ce SMS. Il attendit d'être dans sa chambre pour lire et répondre au texto.

Tom: Comment vas-tu? Je n'ai plus de nouvelle depuis un moment. Je suppose qu'un certain Pietro te séquestre !

Clint: Tom, salut, désolé, j'ai pas eut une minute à moi ces temps ci. Mon collègue vient de partir en retraite ( le père de Pietro) et j'étais en plein recherche d'appartement. D'ailleurs je déménage demain, ça y'est.

Clint : Et non, Pietro ne me séquestre pas, .

Tom : Cool, je suis content pour toi! Tu t'installes avec lui ?

Clint : Oui et non. Pas officiellement, je ne lui ai pas encore demandé officiellement d'habiter avec moi. Son père ne sait toujours pas.

Clint : Tu as quelque chose de prévu pour dîner?

Tom : Nope, je bosse pas en plus, je suis en vacance !

Clint : Cool, si t'as rien de prévu, on peut se rejoindre au bristol à 20h.

Tom: D'acc, à ce soir alors, tu me raconteras tout.

Clint posa son téléphone et prit une bonne douche, il regarda ou en était sa livraison. Il avait commandé une penderie, un canapé lit, une table basse, une commode et une télé. Tout ou presque était dans un box, prêt à être retiré, seule la télévision, qu'il devait lui être livrée directement chez lui, du samedi matin.

Il se prépara ensuite pour rejoindre son ami, qui l'attendait à l'intérieur du restaurant. Clint s'installa directement face à lui.

« Salut,

- Salut, alors ça y'est, c'est officiel avec ton chéri?

- Pas vraiment, j'ai encore rien dis à son père. Mais je pense le faire rapidement. J'attend d'emménager, enfin du moins d'avoir les clefs. Je voudrais pas qu'il foute Pietro à la rue. Même s'il passe déjà plus de temps à l'hôtel avec moi que chez ses parents.

- Oui, je comprends, je t'ai pris une vodka je savais pas trop ce que tu buvais.

- Ça me va, merci, fit Clint au serveur, Clint prit la carte entre ses mains, et continua.

- Il bosse aujourd'hui, mais demain, il vient m'aider a l'appart, je dois recevoir quelques meubles et aller en chercher d'autres chez moi. Je vais lui proposer qu'on s'installe ensemble à ce moment là.

- Ça y'est, tu assumes enfin?

- Ça y'est, ça a été dur, enfin, j'assume pas totalement mais il faut le faire, fit Clint avant de relever la tête de la carte. »

Les hommes commandèrent leur plat, puis Tom reprit.

« Comment vas-tu lui annoncer?

- Et bien, je vais l'informer que Pietro va vivre avec moi, et pas en colocation. J'espère que ça va bien se passer.

- Si t'as besoin d'un coup demain, n'hésite pas, tu dois aller chercher des meubles c'est ça?

- Ouais, j'ai une table, des chaises et un buffet. Enfin si il arrive à rentrer dans le pick-up de Laura.

- Mon frère a une camionette si tu veux, je peux l'appeler.

- C'est vrai, tu ferais ça?

- Bien sure.

- Cool. »

Leur plat arriva bien vite, c'était une brasserie, et ils avaient choisi un plat minute. Steack frite pour les deux.

« Et ton divorce?

- Je passe le 6, ça va, ça se passe bien avec Laura aussi. Enfin, faudra aussi que je la mette au courant. Elle sait que j'ai quelqu'un mais elle ne sait pas qui, elle sait pas que c'est un mec aussi.

- Ça risque d'être compliqué également.

- C'est sûre. »

Les hommes mangèrent calmement tout en continuant de bavarder.

« Je vais faire ma crémaillère samedi, si t'as rien de prévu.

- Je viendrais sans soucis. J'aime les bien soap opéra dramatique, à la façon "Dynastie", en plus, je suppose que tu l'annonceras à son père à ce moment là.

- Je pense, oui.

- Et j'aurais enfin le privilège de rencontrer cet homme extraordinaire.

- extraordinaire, faut pas pousser non plus.

- Pour réussir à te charmer, il faut y aller.

- C'est vrai. Et sinon toi? Quoi de neuf?

- Rien, la vie est plate... J'ai eu une conquête, ça n'a duré que trois jours...

- Ah ouais, quand même.

- Trop efféminé, pas assez intéressant, sans profondeur, tu vois ce que je veux dire?

- Tout a fait, plat quoi!

- C'est ça. »

Un long moment de silence s'immisca, laissant un moment aux hommes pour manger calmement. Clint fini son assiette en premier, puis lâcha.

« Je suis allé voir le psy hier, pour parler de mes cauchemars et de mes angoisses vis à vis de mon collègue décédé. Et tout compte fait, on a parlé que de Pietro. C'est elle qui me conseille de tout avouer à Erik.

- C'est sûre, que c'est un gros poids.

- Peut-être même le plus gros. Bizarrement c'est ça qui m'angoisse le plus, c'est même pas de l'avouer à ma femme, ce n'est même pas la peur de ne jamais trouver le meurtrier de Jonathan, c'est la peur de perdre Pietro, et de décevoir son père.

- Tu penses qu'il te quitterai si son père réagirait mal? questionna t-il qui fini aussi son assiette.

- Non. Mais, il en souffrirai c'est sûre. On serait deux âmes en peine... grimaça Clint. »

Le serveur revint et proposa un dessert, les hommes refusèrent mais acceptèrent in café.

« Le fait qu'il soit à la retraite, ça va appaiser la chose, au moins tu le verras plus.

- Il est toujours consultant sur quelques enquêtes.

- Outch, donc tu risques de le croiser à nouveau après ça. .

- C'est ça. Mais je serais pas seul, j'aurais le soutien de Pietro et mon nouveau binôme aussi. Je lui ai tout déballé, je me suis dis qu'il vaudrait mieux qu'il soit au courant. Et il a très bien pris la chose.

- Tant mieux si y'a encore des gens qui sont ouvert d'esprit.

- C'est clair. Tout le monde autour de moi commence à savoir que je suis gay. »

Le serveur déposa leur café, et Clint se rendit compte que le jeune serveur avait entendu la conversation et qu'il savait qu'ils étaient gay, enfin du moins que Clint l'était. Il grimaça, puis le jeune homme derrière le bar, lui sourit. Soit ce serveur était compatissant, soit il était gay.

« En fait, je suis sûr qu'il ne reste plus qu'à informer les personnes qui comptent le plus pour toi .

- Non... Ma meilleure amie le sait, donc c'est pas tout à fait vrai m.

- Mais chéri, les meilleures amies savent toujours tout. Et parfois même avant nous!

- C'est vrai... Enfin pas pour son cas, elle se doutait de rien.

- Les personnes le plus proche, ceux à qui on tient, c'est a eux que c'est le plus dur à avouer, parce que on a peur de les perdre. Les autres, on s'en fout! S'ils n'acceptent pas, tampis, alors on prend pas de pincette pour eux, alors que ceux qu'on aime...

- C'est vrai que, il reste ... La famille. Les collègues de Pietro savent qu'on est ensemble, ils acceptent, mon coéquipier est au courant. Ma meilleure amie l'est. On a des doutes sur la belle mère de Pietro, la femme de Lensherrs précisa t-il. On est quasiment sûr qu'elle le sache. Et puis il y a sa soeur. Enfin, ses sœurs.

- Ça commence a faire du monde tout ça, se moqua Tom.

- Hummm...bon, je vais aller me pieuter, la journée risque d'être longue demain.

- Ouaip, je te tiens au courant pour la camionette.

- Ok, merci, cool.

- À demain.

- À demain. »

Clint regarda Tom aller vers le bar, Clint fini son café, puis se leva aussi. Arrivé a l'hôtel, il appela son bien aimé.

« Chéri, je te dérange pas?

- Je suis en intervention. On attend patiemment que tes collègues arrêtent la circulation, c'est la merde.

- D'accord, je t'appelle plus tard.

- Ok. »