NA : Les avertissements et autres informations concernant l'histoire sont au début des chapitres 1 et 2.

Je vous retrouve ici pour le troisième chapitre de cette histoire. Je tiens à remercier chacun d'entre vous qui m'avez écrit un review car cela me fait très plaisir ! :)

J'espère pour vous que vos fêtes de fin d'année se passent bien malgré le contexte actuel. Perso, mon Noël s'est plutôt passé même si c'est très différent de ce que j'ai toujours connu. Donc vu que je ne l'ai pas encore fait. Joyeux Noël à vous et bonnes fêtes de fin d'année ! :3


« Paroles »

« Fourchelang »

Pensées


Un frère des Basilics

Chapitre 3 – Confrontations


Harry crut entendre Rogue fermer la porte du bureau derrière lui. Mais il ne s'en est pas vraiment soucié. Son attention se portait sur Dumbledore, et la façon dont il regardait Dash, puis la façon dont il regardait Harry à son tour.

Il était calme, et il avait l'air grave. Harry l'avait déjà vu comme ça avant, bien sûr, mais il pensait que c'était pire cette fois que les autres fois où Dumbledore ne l'ait jamais eu avec lui. « Je suppose que tu sais ce que tu as là, Harry ? » demanda le vieil homme doucement.

Son ton doucereux ne fit qu'empirer les choses. Le cœur d'Harry battait la chamade, et il sursauta lorsque Dash sortit à nouveau sa langue et la fit glisser lentement sur le lobe de l'oreille d'Harry et sur le côté de son cou. Tu n'as pas à paniquer. Je suis là.

Harry se calma en pensant à cela et il mit sa main à l'arrière de la tête de Dash, il continua. « Je sais que c'est un basilic, monsieur. Il me l'a dit lui-même. » Harry toucha le visage de Dash, et après un claquement de langue irrité, Dash le laissa faire. « Il ferme même ses paupières pour ne pas tuer quelqu'un avec ses yeux. C'est ce que j'ai suggéré et il l'a fait. Je suis en sécurité. »

« Tu es peut-être en sécurité », dit Dumbledore, avec une insistance lente et sévère. « Mais en ce qui concerne les élèves de l'école ? Ainsi que les gens qui tu croiseras dans la rue ? » Il secoua la tête. « J'ai bien peur que tu doives l'abandonner. »

Harry ne dit rien, mais resserra sa prise sur Dash, saisissant de ses bras, le corps de Dash. Dash s'appuya plus fort contre Harry, et siffla doucement. Harry n'était pas sûr que le basilic comprenne tous les mots anglais que quelqu'un d'autre prononçait, mais il savait qu'il comprenait certainement les pensées qui se bousculaient dans la tête d'Harry.

S'il essaie de t'éloigner de moi, je le mordrai. Il mérite une mort lente et douloureuse.

C'était un autre moment où Harry était désespérément heureux qu'il n'y ait personne d'autre qui puisse écouter ce que Dash lui disait. « Je ne peux pas simplement le contrôler parce que je suis l'héritier de Serpentard ou quelque chose du genre, monsieur », dit-il à Dumbledore. « Ou parce que je suis un Fourchelang. » Dumbledore avait commencé à parler, mais maintenant, il attendait et regardait Harry d'un air méditatif. « Il est lié à moi. »

« Quoi ? » dit Dumbledore avec stupéfaction, Harry pensa que l'homme était sûrement sous le choc. Il regardait Harry et jeta un coup d'œil à Rogue comme si Rogue avait la réponse.

Harry regarda Rogue, mais son visage était fade et vide. Eh ben, de toute façon, Harry devait être celui qui racontait cette partie. « Il a éclos d'un œuf dans la Chambre des Secrets. J'ai entendu sa voix m'appeler, et il est sorti de l'œuf quand je l'ai fissuré pour l'aider. » Il s'arrêta, soudain incertain de la réaction de Rogue pour avoir violé le couvre-feu, mais rien ne se passa, si ce n'est le silence. Alors Harry continua : « Dash a détourné le regard, les paupières fermées et il s'est mis à parler dans ma tête, il m'a dit quel était son nom et il connaissait déjà le mien. Il ne veut aller nulle part, monsieur. »

- Serpentard », murmura Rogue.

Harry voulait lui demander ce qu'il voulait dire par là, mais Dumbledore jeta un regard assez perçant à Rogue, celui-ci se tut. « Je suis désolé, Harry, mais la question de la sécurité demeure », continua Dumbledore, se retournant vers Harry. « Que se passerait-il si votre basilic assassinait quelqu'un accidentellement ? Tu pourrais en être désolé par la suite, mais cela ne changera rien à la situation. »

Dash sembla comprendre l'inquiétude soudaine dans les pensées d'Harry et il émit un autre sifflement agité. Dis-lui que cela n'arrivera pas à moins que tu ne me le demandes. Je veux juste tuer les petites choses chaudes. Les humains ne sont pas intéressants à moins qu'ils ne te fassent du mal. Il faudrait que j'élargisse fort ma mâchoire pour les avaler.

« Il dit qu'il fera attention, monsieur », dit Harry, sa main tremblante sur les écailles de Dash. Au début, il avait été bouleversé et effrayé lorsqu'il avait découvert qu'il était lié à un basilic, mais maintenant cela lui faisait penser à la façon dont Dudley recevait tous les cadeaux quand il était enfant et Harry n'en recevait aucun. Il ne voulait pas que quelqu'un lui enlève aussi Dash.

Je vais les mordre s'ils essaient.

« Tu ne peux pas le garder », dit à nouveau Dumbledore. « Peut-être que si tu n'étais pas à l'école et que tu ne retournais pas vivre dans le monde des Moldus chaque été... mais même dans ce cas, ce serait dangereux. Vous devrez être séparés. »

« Directeur ? » murmura de Rogue. « Devrions-nous ou non vérifier la force de ce lien ? »

Vérifier ? Comment peuvent-ils faire cela ?

Je suppose qu'ils vont regarder dans ton esprit afin de pouvoir observer notre lien. Dash se calma immédiatement. Il avait plutôt l'air intéressé au lieu d'être en colère. Tu peux arrêter de penser que je vais les laisser nous séparer, tu sais. Je ne le ferai pas. Je sais que cela t'inquiète, mais je les empêcherai, c'est tout. Sa queue sortit et donna une petite tape réconfortante à Harry sur le côté de la tête, de l'autre côté de là où se trouvait la tête du serpent. Tu dois te détendre et me faire confiance.

Harry n'était pas très à l'aise à l'idée que quelqu'un puisse lire dans ses pensées. Surtout si Rogue et Dumbledore l'avaient fait depuis le début. Il regarda nerveusement entre les deux hommes et vit Dumbledore lever une main comme s'il allait presser quelque chose de lourd sur le bureau.

« Une suggestion appropriée, Severus », dit-il, puis il se tourna vers Harry. « Me permets-tu de voir dans ton esprit, Harry, et d'examiner ton lien avec Dash ? Il est peut-être faible. Dans ce cas, je ne peux pas te permettre de garder le basilic. Tu pourrais perdre son contrôle et il pourrait se rebeller à tout moment. »

J'aimerais que les gens comprennent que les basilics ont des choses plus importantes à faire que de se déchaîner dans les écoles, se plaignit Dash. S'occuper de toi et me venger des personnes qui t'ont fait du mal est un travail à plein temps.

Harry déglutit et cligna des yeux. Il n'était pas sûr de ce qui se passait, seulement que c'était mauvais, et il attendit longtemps avant de réaliser que Dumbledore attendait son consentement. Eh bien, il fallait le faire, et il valait mieux que ce soit Dumbledore que Rogue.

« Oui, monsieur. Vous pouvez regarder. » Un certain instinct de prudence, ou peut-être la queue de Dash frappant à nouveau le côté de sa tête, fit que Harry ajouta : « Tant que vous ne regardez seulement le lien et rien d'autre. »

Dumbledore s'arrêta pour dégainer sa baguette, et donna à Harry un regard de profonde tristesse. « Bien sûr, mon garçon. Je ne violerais jamais ton intimité mentale en regardant autre chose. »

Harry crut entendre Rogue renifler à cela, mais il n'était pas sûr, et il était déjà assez nerveux. Il se demandait si le fait de lire dans ses pensées lui ferait mal. Cela ne lui ferait probablement pas de mal, s'ils l'avaient fait depuis le début et qu'il ne l'avait pas remarqué, mais tout de même, il y avait des choses dans sa vie qui lui causaient tout le temps une douleur inattendue.

« Qu'est-ce que je dois faire ? » demanda-t-il.

Dumbledore lui fit un doux sourire, et Harry se détendit. Il voulait faire confiance à Dumbledore. Il ne voulait pas devenir paranoïaque et devoir passer son temps à se méfier de tout le monde, parce que ce n'était pas le cas. « Tiens-toi simplement immobile et regarde mes yeux. Je vais lancer le sort à haute voix, pour que tu puisses l'entendre, et tu sauras alors quand il commence. D'accord ? »

Harry fit un signe de tête, un peu plus rassuré. Dumbledore chuchota quelque chose qui ressemblait à « Legilimens » et Harry ressentit une étrange sensation, comme si son esprit était une mare d'eau dans laquelle quelqu'un avait plongé. Harry se tortilla. C'était inconfortable, mais pas douloureux, c'est déjà ça.


Severus observait Dumbledore qui fouillait l'esprit de Potter avec des émotions et des pensées strictement réservées à lui. Il connaissait le directeur, peut-être mieux qu'à d'autres moments lorsqu'il agissait dans des circonstances extrêmes. Et il savait ce que signifiaient les regards perçants et les petits soupirs d'Albus et la façon dont il tenait sa baguette. Le vieil homme espérait désespérément que quelque chose n'était pas vrai, alors qu'il savait au fond que c'était parfaitement vrai.

Dans ce cas, le lien du garçon avec son serpent.

Severus contint son sourire moqueur sans effort. Il avait l'habitude de ricaner intérieurement plutôt que de le montrer.

Non, il s'agissait d'un lien qui n'avait rien à voir avec le Fourchelang - et Albus avait un jour laissé entendre à Severus qu'il savait que la capacité du garçon à parler aux serpents venait du Seigneur des Ténèbres et non d'une quelconque ascendance dans sa famille. Il s'agissait d'un véritable lien, et même si toutes les histoires de Serpentard ne le mentionnaient pas de cette façon, Severus avait entendu celles qui en parlaient. Serpentard avait été lié aux serpents, pas seulement commandé par eux.

Il était malgré tout mentionné nulle part un lien avec un basilic, bien que Severus commençait à se demander s'il devait demander à certains des portraits bavards les vérités possibles. Mais cela pouvait être attribué au fait que personne ne savait que le monstre de Serpentard était un basilic. Si davantage d'informations avaient été conservées, cela n'aurait peut-être pas été une telle surprise.

Une si mauvaise surprise, Severus en était certain, d'après la réaction du directeur. Et elle ne pouvait pas être écartée, pas si elle était un véritable lien. Le serpent ne voudrait pas quitter Potter, et vu la façon dont Potter tenait le basilic près de lui, celui-là aussi se battrait jusqu'au bout pour le protéger.

Severus devait beaucoup à Albus. C'était lui qui avait protégé Severus après la guerre et lui avait épargné Azkaban. C'était lui qui avait donné à Severus une chance de se racheter. Il était celui qui avait écouté et cru Severus lorsque celui-ci lui avait dit qu'il voulait renier son passé de Mangemort, et qui n'avait pas trop remis en question ses motivations.

D'autre part, Severus n'avait pas oublié le favoritisme d'Albus envers les Maraudeurs lorsqu'il était étudiant. Il n'avait pas pardonné à Albus d'avoir engagé Remus Lupin, parmi tous les loups-garous, pour le poste qui aurait dû être celui de Severus. Et il y avait d'autres soupçons, pas des certitudes, enfouis profondément, auxquels Severus ne se permettait pas de penser au quotidien, mais qui restaient tout de même présents.

Ces éléments réunis firent que Severus eut le plaisir, à plusieurs niveaux, de voir le monde d'Albus chamboulé d'une manière qui n'avait rien à voir avec les actions de Severus.

Et s'il pouvait d'une façon ou d'une autre, sans que cela soit perçu, contribuer à ce chamboulement, il le ferait sans hésitation.


Le directeur se retira enfin en secouant la tête. Harry appuya sa tête contre celle de Dash, et soupira. Il se sentait mieux d'être à nouveau seul dans son esprit.

Tu n'es pas seul dans ton esprit. Je suis là.

Je sais, mais c'est différent, répondit Harry, et il pensa que Dash était ravi de cela, dans les quelques secondes qu'il eut pour y penser avant que Dumbledore ne se racle doucement la gorge.

« Tu as un véritable lien avec ton serpent, Harry. » Dumbledore secoua à nouveau la tête et se retira derrière son bureau. Il avait un petit instrument en argent qui tournait et qu'il se mit à faire tourner plus vite d'un coup de doigt. Harry le regarda avec prudence, mais comme il ne semblait pas que cela affectât Dash, il se retourna vers le visage de Dumbledore. « Il sera très difficile de se débarrasser de lui ou de vous séparer. »

« C'est ce que je disais, monsieur », dit Harry. Rogue roulait probablement des yeux en ce moment même en voyant le manque de respect de Harry pour le directeur. Raison de plus pour ne pas regarder Rogue. « Que je ne veux pas me séparer de lui. »

« Tu comprends mes inquiétudes, Harry ? » demanda Dumbledore assez dramatiquement comme si c'était la question la plus importante qu'il n'ait jamais posée.

Harry le regarda avec prudence. « Je comprends, monsieur », dit-il. « Mais je ne sais pas si vous comprenez que je peux demander à Dash de ne pas mordre les gens ou de ne pas le tuer. C'est un choix, monsieur », ajouta-t-il, car il savait que Dumbledore y croyait. « Et ce sont nos choix qui font de nous ce que nous sommes vraiment. N'est-ce pas ? »

Dumbledore se pencha lentement sur sa chaise. « Mais je me demandais si tu te souviens d'un autre choix et si dans les circonstances actuelles, tu avais à le refaire, tu le ferais différemment », dit-il.

Harry ne comprit pas tout de suite ce qu'il voulait dire jusqu'à ce que Dumbledore dirige son regard vers le Choixpeau magique, en haut sur l'étagère. Harry secoua immédiatement la tête. « Non, monsieur. Ce n'est pas parce que j'ai un basilic que je veux être à Serpentard. »

Il y eut un petit sifflement, comme une bouilloire. Harry allait réprimander Dash pour avoir inquiété Dumbledore en faisant ça, mais une seconde plus tard, il réalisa que ce n'était pas Dash. C'était Rogue qui faisait ce bruit derrière lui. Harry se retourna et le fixa du regard.

« Qu'est-ce que tu veux dire par là ? » Les yeux de Rogue étaient un peu globuleux, il avait l'air pâle et malade. Harry était un peu déçu de ne pas savoir ce qu'il avait fait pour le faire paraître ainsi.

« Le Choixpeau a d'abord considéré Harry pour votre maison, Severus », déclara Dumbledore, et il semblait assez joyeux. Harry se demandait en silence si Dumbledore aimait aussi contrarier Rogue.

J'aime aussi contrarier tout le monde, ajouta Dash, bien que cela ne soit pas vraiment utile. Harry lui frotta la tête pour le faire taire, et regardait entre Rogue et Dumbledore, amusé malgré lui.

« Mais Harry a choisi Gryffondor, et tu as raison, Harry, ce sont nos choix... » dit Dumbledore, laissant la phrase se poursuivre en regardant la façon dont Harry caressait Dash. Il soupira, et il parut triste et vieux à Harry. « Peut-être que si tu passais un peu de temps avec votre serpent, tu te rendras compte que tu dois reconsidérer ta décision ? Au moins avant de retourner chez tes parents ? »

Harry était particulièrement sûr qu'il n'envisagerait jamais d'affronter les Dursley sans Dash alors qu'il pouvait bénéficier de sa protection, mais il savait qu'il fallait parfois mentir aux adultes. « Je vais y réfléchir, monsieur. »

« Excellent ! » s'exclama Dumbledore en se frottant les mains. « Il ne nous reste plus qu'à mettre en place quelques protections rudimentaires pour la sécurité de tes camarades de classe. » Il agita sa baguette et dit quelque chose de calme, et quelques instruments en argent s'envolèrent des étagères et tournèrent autour de la tête de Harry.

Je ne les aime pas, dit Dash, en tournant sa tête d'avant en arrière, et en donnant à Harry un aperçu discret de la lumière jaune de ses yeux sous ses paupières. Fais-les disparaître.

Harry avait sa baguette dans la main, prêt à faire cela s'il le fallait, mais il demanda : « Monsieur ? Que sont-ils censés faire ?

- Je suis content que tu demandes ça, mon garçon », dit Dumbledore, rayonnant. « Ils agiront comme miroirs si Dash ouvre ses yeux, et permettront à son regard de rebondir sans danger. Ils sont suffisamment intelligents pour savoir quand ils sont nécessaires et ils se faufileront entre votre ami et les autres élèves. » Il tendit la main dans son tiroir et en sortit une grande fiole rouge qu'Harry n'avait jamais vue auparavant. « Et cela diluera suffisamment son poison pour qu'il soit douloureux mais inoffensif pour quiconque qui pourrait se faire mordre. Ça ne marcherait pas avec un plus gros basilic, mais heureusement, c'est l'une des utilisations du sang de dragon. »

Harry regarda Dash, qui se rapprocha de lui en gémissant. Je ne veux pas prendre ça. Que se passe-t-il si cela dilue mon venin pour toujours ? Et si je ne peux pas tuer les lapins que je dois manger ? Il toucha à nouveau le cou de Harry avec sa langue. Et si je ne peux pas mordre quelqu'un pour te défendre ?

« Il s'inquiète de ne pas pouvoir me défendre s'il prend ça, monsieur », dit Harry, en faisant face à Dumbledore à nouveau et en ressentant un bref moment d'incrédulité à l'idée qu'il traduisait les mots d'un basilic au directeur.

La vie est ainsi, dit Dash, et sa queue se déplaçait lentement autour de la taille d'Harry, bougeant comme s'il voulait en apprendre la forme. Des surprises, et de la nourriture.

« J'ai peur de devoir insister », dit Dumbledore.

Harry le considéra une fois de plus, puis tendit la main et prit la fiole. Il la tint devant la bouche de Dash. Il lui demanda à voix haute, en Fourchelang, « Peux-tu prendre ça pour moi ? » Il pensa que Rogue avait probablement sauté, bien que Dumbledore ait continué à le regarder calmement. « S'il te plaît ? »

Dash finit par ouvrir sa mâchoire, sans grâce et sifflant vers Dumbledore. Harry lui a soigneusement versé la potion dans la gorge. Dash fit des mouvements de mâchoire pendant un moment, puis dit : Ça n'a pas trop mauvais goût. Ça ressemble plus à du sang que ce à quoi je m'attendais.

Harry fit face à Dumbledore. « Je peux y aller maintenant, monsieur ? » Il voulait dormir un peu, et de préférence avant que tous les autres ne se réveillent et qu'il doive leur expliquer pour Dash.

« Un instant, Harry. » Dumbledore se pencha vers l'avant, les mains sur le bureau, et l'observant une fois de plus d'un air grave. « Penses-tu que cela va se reproduire ?

- Se lier à un basilic, monsieur ? » Harry secoua vigoureusement la tête. « J'espère vraiment que non. »

Ça n'arrivera pas, dit Dash fermement dans sa tête. Tu es à moi, et je refuse de laisser un autre basilic s'approcher de toi.

Harry sourit et tendit la main pour toucher l'arrière du cou de Dash. Il remarqua que Dumbledore l'observait gravement et il se tendit légèrement. « Vous avez fait tous les préparatifs nécessaires pour assurer la sécurité des autres, monsieur. Allez-vous me faire confiance ou non ?

- Ce n'est pas ce que je voulais dire, Harry » dit Dumbledore, puis il ajouta : « Je voulais dire, penses-tu que tu vas prendre une autre décision aussi imprudente que celle-ci, et que tu vas négliger la sécurité des autres à un tel point ? »

Harry se figea. Dumbledore s'attendait à quelque chose, pensait-il, mais il n'était pas sûr de quoi.

Puis, il comprit. Il s'attendait à ce que son estomac se torde de culpabilité et que l'horrible sentiment de décevoir Dumbledore s'empare de lui. Dumbledore était le premier adulte qu'il avait vraiment voulu impressionner. C'était horrible de penser qu'il faisait quelque chose qui le décevait.

Mais il n'y avait pas ce sentiment. Il regarda Dash avec suspicion, de côté, et Dash releva rapidement sa queue et lui tapa le côté de son cou. Je peux te dire des choses et capter tes pensées. Mais je ne peux pas influencer tes émotions.

« Je ne sais pas, monsieur », dit Harry, en se retournant vers Dumbledore. « Je ne veux pas mettre les gens en danger, mais je ne pouvais pas laisser seul quelqu'un qui m'appelait à l'aide. Ne comprenez-vous pas cela ? » ajouta-t-il, car il pensait que si quelqu'un comprenait pourquoi il sortait de son lit au milieu de la nuit pour sauver quelqu'un, ce serait bien Dumbledore. « Si je peux faire quelque chose pour les sauver, alors je dois le faire. »

Dumbledore hocha la tête et l'étincelle revint dans ses yeux. « Je comprends, mon garçon. Bonne nuit à toi. »

Harry jeta un coup d'œil instinctif à Rogue, mais il fixait Dumbledore et ne semblait pas enclin à escorter Harry jusqu'aux dortoirs de Gryffondor pour « s'assurer qu'il aille bien se coucher », comme Harry été certain qu'il le ferait. Il haussa les épaules et dit « Bonne nuit, monsieur. » Il sortit en resserrant Dash autour de sa taille.

Je commence à avoir sommeil à cause de toute la nourriture que j'ai mangée, dit Dash, son cou s'enroulant autour de celui de Harry, puis il posa son menton sur la nuque de Harry, sa satisfaction résonnant dans l'esprit de Harry comme un chat ronronnant. Pouvons-nous attendre jusqu'à demain pour rencontrer tes colocataires ?

Je pense que nous devrons le faire, dit Harry, il caressa ses écailles et le petit panache qui se dressait sur le sommet de sa tête, tout en se dirigeant vers la tour Gryffondor.

Chaque pas était plus difficile qu'auparavant, puisqu'il ne portait pas de serpent géant avant cette nuit. Mais chaque pas était aussi plus joyeux. Il savait qu'il y aurait des problèmes, et les miroirs qui l'entouraient le montraient clairement, mais il était sûr d'une chose.

Il n'allait plus jamais être seul.


« Je sais ce que tu vas dire, Severus, et tu peux économiser ton souffle. Je savais tout sur l'endroit où le Choixpeau voulait placer Harry, et nous en avons déjà discuté, lui et moi ».

Severus secoua la tête, incrédule. Il y avait un mélange de pensées et d'émotions qui se bousculaient dans son esprit et dans sa poitrine qui lui rendait très difficile le choix de ses mots.

« Ce n'est pas le problème », dit-il finalement. « Je voudrais savoir pourquoi tu étais si déterminé à séparer le garçon de son serpent, puis tu as cédé et l'a laissé le garder. »

- Le séparer ? » gloussa Albus. « En continuant à parler comme ça Severus, on pourrait croire que tu deviens adepte à Harry Potter. »

Severus se força à ignorer les paroles qui lui donnaient envie de craquer. Il avait quand même plus de contrôle sur lui-même que cela. « Qu'est-ce qui t'as fait changer d'avis ? »

« Comme tu l'as supposé à juste titre que je le ferai, j'ai regardé et vu le lien. » Albus avait encore l'air trop amusé à son goût. « J'ai vu que Harry voulait protéger Dash ainsi que lui-même, et que... certaines choses ne sont finalement pas comme je le pensais. » Cette fois, le sourire d'Albus disparut. « Harry se trouve à un carrefour, et il pourrait se perdre, Severus. Je dois admettre que je suis inquiet pour lui. »

Severus hocha la tête et marmonna quelques platitudes vides de sens, mêlées aux moqueries auxquelles Albus s'attendrait. Du moins, quand Albus lui fit ses adieux pour la nuit, Severus pensa qu'il ne se doutait de rien.

Mais l'esprit de Severus s'emballait, il trouvait certains faits qu'Albus, à son avis, trouverait pour le moins désagréable. Ou peut-être trouverait-il désagréable que Severus les aient compris.

Serpentard était un Fourchelang. Il avait été lié, du moins dans la légende, à plusieurs serpents. Bien que Severus ne serait jamais assez téméraire pour croire en la réincarnation du fondateur de sa Maison sous la forme d'un Gryffondor plutôt idiot, il devait tout de même s'interroger sur l'affirmation d'Albus selon laquelle Potter avait obtenu la capacité de parler Fourchelang via le Seigneur des Ténèbres.

Avait-il aussi obtenu du Seigneur des Ténèbres sa nature de Serpentard et son lien avec un basilic ? Ou était-il plutôt probable, comme Severus commençait à le croire, que le Seigneur des Ténèbres n'ait rien à voir avec cela ?

Car si c'est le cas, cela indiquerait sa mauvaise interprétation de certaines choses que Potter avait faites ainsi qu'une partie dont il n'avait pas prêté attention.

Il allait y réfléchir, il n'avait pas l'intention d'abandonner de sitôt ni sa curiosité ni ses soupçons à Albus.

En se basant sur la réaction d'Albus à la simple idée que Harry Potter pouvait agir en Serpentard, il imagina le pire des destins qui pourrait arriver à l'enfant.


Rendez-vous probablement en 2021 pour un prochain chapitre ! ^^