Bonjour ! Et voilà le chapitre suivant de Trêve.

Bonne lecture ! Et n'oubliez pas de mettre une review !


« Il leur faut une nourrice, bordel ! Arthur !

- Je te dis que tout va bien pour les petits.

- Arthur ! Tu ne sais même pas te faire à manger correctement ! Ecoute quelqu'un qui sait et arrête d'être aussi borné !

- Je fais ça pour leur sécurité !

- Ils ne survivront pas si tu continues de faire n'importe quoi ! »

C'était certainement leur cinquième dispute de ce genre. Oui. Francis aurait pu mettre un terme rapidement à cette situation tendue, en allant trouver une nourrice dans le patelin le plus proche. Seulement, Francis était retenu prisonnier de la maison par un sortilège d'Arthur.

Francis avait plusieurs fois tenté de se rendre en ville. Il n'avait réussi qu'à tourner en rond autour de la maison que ce soit à cheval ou à pied sous le regard amusé de ce fumier d'Arthur.

Arthur avait ensorcelé l'endroit. Francis avait l'impression d'être son prisonnier plutôt que son invité. Francis était sûr qu'il pourrait trouver une faille un jour ou l'autre, puisqu'Arthur allait au marché régulièrement.

Il fallait des légumes frais pour commencer la diversification des petits. Francis trouvait que les bébés tenaient bien le coup sans lait maternel. Il espérait qu'Arthur n'ensorcelait pas les petits pour qu'ils aient moins faim ou moins de besoins. Arthur était capable du pire pour garder secret la naissance des petits.

« Je suis prisonnier de cet endroit ! A cause de toi !

- Bien obligé ! Tu sautes sur la première occasion pour informer quelqu'un de la naissance des petits !

- Ce n'est pas quelqu'un. C'est une nourrice qu'on va ramener ici et que tu pourras garder prisonnière aussi. Franchement, Arthur, il y a quelque chose qui ne tourne pas rond dans ta tête !

- Tu m'énerves ! Je suis tout à fait saint d'esprit !

- On dirait pas ! »

Et voilà, ils étaient partis pour se traiter de tous les noms d'oiseaux jusqu'à ce que les bébés se mettent à pleurer.

« Ah ! Bravo !, râla Arthur dès qu'il entendit Alfred chouiner.

- Ce n'est pas moi qui hausse le ton, se défendit Francis.

- Mais bien sûr… »

Arthur partit à l'étage pour s'occuper des enfants, laissant Francis se calmer.

Francis en avait marre. Il était coincé dans cette maison avec Arthur et des bébés à nourrir et à dorloter. Sa seule consolation était qu'il avait commencé à mettre en œuvre son plan pour saper l'autorité d'Arthur. Il ne parlait qu'en français aux petits et faisait en sorte de leur dire qu'il était leur papa quand Arthur n'était pas présent. Il créait ainsi un lien solide avec les petits qu'Arthur aurait bien du mal à délier.

Même si les petits lui prenaient une grande partie de son temps, Francis s'ennuyait. Regarder Arthur trimer pour avoir un jardin potager convenable ne le distrayait pas vraiment. Il se disputait avec Arthur pour les petits, ce qui créait une ambiance désagréable.

Il était temps de détendre un peu l'atmosphère avec Arthur.

Mettre Arthur dans son lit pourrait endormir sa méfiance voire désagréger le sortilège autour de la maison. Francis avait déjà remarqué qu'Arthur avait du mal à contrôler sa magie quand le plaisir était trop fort. Au moment de la jouissance, Arthur pourrait même relâcher complètement son pouvoir. Francis n'aurait alors que peu de temps pour s'enfuir.

Si Francis partait avec les bébés, il était sûr qu'Arthur se lancerait à sa recherche. Il n'aurait alors que peu de temps pour annoncer la venue au monde d'Alfred et Matthew aux autres nations. Et il garderait les petits sous son emprise.

Oui, c'était un bon plan. Et Arthur l'aurait vraiment mauvaise. Francis considérait que tous les coups étaient permis entre eux pour assurer l'avenir des bébés. Au bout d'un moment, il fallait voir la vérité en face et garantir leurs survies.

Allez ! Ce ne serait pas bien difficile de convaincre Arthur de se vautrer dans le sexe. Francis savait qu'Arthur le désirait vraiment. D'un point de vue purement physique. Arthur lui avait affirmé haut et fort qu'il n'était plus amoureux de lui, durant sa période pirate, et qu'il était à nouveau libre. Ce fut une véritable libération pour Francis. Enfin, Arthur arrêtait de le poursuivre avec des rêves de mariage entre leurs deux pays.

Ne craignant plus la possessivité maladive d'Arthur, Francis avait bien voulu se prêter à un jeu purement sexuel. Oui. Arthur avait proposé que le gagnant de leurs batailles navales aurait à sa disposition le corps de l'autre. Francis avait perdu la quasi-totalité de leurs affrontements et avait laissé Arthur lui faire subir mille délices. Avec bonheur et enthousiasme. Il s'était retrouvé soumis et pénétré toutes les fois, jusqu'à ce qu'il gagne enfin l'un de leur combat.

Et depuis, les petits étaient nés.

Même si Arthur se targuait d'avoir eu de nombreux amants et amantes par le passé, il n'avait sûrement pas eu de partenaires sexuels depuis un moment. S'occuper des petits avait monopolisé son attention. Il ne serait donc pas difficile de provoquer son désir et de l'amener à jouir avant lui.

Son plan était parfait.

Après s'être occupé des petits, Arthur partit dans le jardin potager pour travailler la terre. Pendant ce temps, Francis réfléchissait au moment parfait pour proposer à Arthur une partie de jambes en l'air. Arthur était réglé comme une horloge. Il lui fallait son thé à cinq heures après une dure après-midi de labeur. Il revenait un petit peu avant l'heure fatidique, parce que les petits se réveillaient de leur sieste.

Soit il persuadait Arthur de faire ça en extérieur, soit il attendait sagement la fin du thé. Francis était déjà très excité. Le sexe avec Arthur serait meilleur que d'habitude, parce qu'il allait le rouler dans la farine. Au sens figuré, bien sûr. Il valait mieux attendre. S'ils le faisaient dans la chambre attenante aux petits, Francis pourrait s'enfuir avec eux facilement. S'ils restaient dans le jardin, Francis devrait monter à l'étage, redescendre avec les bébés et s'enfuir. Il fallait optimiser le temps de son évasion. Arthur ne resterait pas longtemps étourdi par son orgasme. Le crépuscule n'était pas le meilleur des moments pour une grande chevauchée, mais Francis ferait avec.

Pendant qu'Arthur s'acharnait à rendre le terrain propice aux cultures, Francis surveillait les bébés et préparait son évasion.

Tout était prêt, quand Arthur revint, éreinté, à l'intérieur.

Francis aida Arthur à s'occuper des enfants et le laissa prendre tranquillement son thé. Armé de son plus beau sourire, Francis se glissa dans le dos d'Arthur qui était assis et massa ses épaules endolories. Francis se pencha légèrement et aperçut la vieille clef que portait Arthur en pendentif, mais aussi des bandages tout autour de son torse. S'il était blessé, pourquoi travaillait-il autant la terre ?

« Je m'excuse pour tout à l'heure, commença Francis. Tu sais à quel point on peut être bornés tous les deux.

- Je m'excuse aussi, marmonna Arthur. Je n'ai pas à mal te parler, parce qu'on n'est pas d'accord sur un point important. »

Francis ne sentait pas Arthur se détendre sous ses mains. Chacun de ses muscles était très tendu. Arthur le regardait du coin de l'œil surveillant ses moindres faits et gestes. Mince. Il se méfiait.

« Tu peux enlever tes mains de là ?

- Tu n'apprécies pas ?, râla Francis.

- J'ai pas envie que tu me touches. »

Francis ne pensait pas que ses projets seraient aussi difficiles à mettre en œuvre. Francis enleva ses mains et permit à Arthur de se lever. Arthur le foudroya du regard. Francis aimait bien le défi permanent que cette nation représentait. Il se sentit encore plus excité par la situation et embrassa Arthur qui se tenait très près de lui.

Surpris, Arthur le repoussa immédiatement. Francis avait à peine pu goûter à la douceur de ses lèvres.

« Je ne veux pas que tu me touches. Qu'est-ce que tu ne comprends pas là-dedans ?

- J'ai pensé qu'on aurait pu occuper notre temps agréablement. Qu'est-ce que tu en dis ?

- C'est non, dit Arthur en rougissant énormément.

- Arthur ! Voyons ! Quant tu étais un pirate, tu n'étais pas aussi prude. Que dit ta clef cette fois ? », le taquina Francis en touchant l'objet.

Francis avait l'habitude de jouer avec la clef autour du cou d'Arthur, les nuits où ils couchaient ensemble. Arthur disait toujours quelque chose à propos de cet objet, sans jamais révéler la vérité à propos de ce grigri. Il restait très vague. « C'est ma pénitence. », « ça me rappelle des souvenirs. », « C'est le poids d'être une nation. », « C'est magique ! ». Une fois, Arthur avait plaisanté, avait porté la clef près du cœur de Francis et l'avait tourné deux fois. « C'est la clef de ton cœur, sweetie ! » avait alors ri Arthur. Il avait légèrement bu ce soir-là. Francis se souvenait que la blague l'avait affolé. Il avait cru sur le moment qu'Arthur était toujours amoureux de lui. Arthur l'avait tout de suite rassuré en lui disant qu'il n'utiliserait jamais cette clef. Il avait continué à parler et à exprimer qu'il n'était alors, mais alors pas du tout, amoureux de lui.

« Elle me rappelle de ne pas faire deux fois les mêmes bêtises. Je ne veux plus coucher avec toi. »

Déçu, Francis regarda Arthur s'éloigner de lui. Il avait cru qu'il avait encore une touche avec lui et qu'il pourrait en profiter. Son plan tombait à l'eau. Et ça faisait mal de ne plus être désiré.