Bonjour !
Alors, je parle un petit peu de religion dans ce chapitre. Le but est surtout de raconter une histoire, pas de mettre en valeur telle ou telle religion ou branche de religion. Bref, vous avez compris. Bonne lecture !
Arthur n'aimait vraiment pas la nourrice. Et c'était réciproque.
Dès le départ, Arthur ne pouvait pas la voir en peinture parce qu'elle s'occupait de ses enfants à sa place. Et ça s'est vraiment envenimé dès qu'Emma, catholique, comprit qu'Arthur était protestant.
Francis n'évoquait jamais la religion avec Arthur. C'était un sujet bien trop sensible.
Emma aurait dû comprendre très vite qu'on ne se mêlait pas de la vie spirituelle d'Arthur. Et elle aurait dû aussi comprendre de ne pas se mêler de celle des petits.
Arthur lui coupa très vite l'herbe sous les pieds en disant que les enfants avaient été baptisés. Francis en doutait très franchement. Arthur n'aurait pas pris le risque qu'un pasteur le reconnaisse et voit ses jumeaux.
En aparté, Francis eut confirmation qu'ils n'étaient pas baptisés.
Conformément à ses convictions religieuses, Arthur préférait attendre que les enfants soient conscients de l'importance du baptême. Arthur aurait pu lui en parler avant. Et il était toujours temps de le faire. Et il sera toujours temps plus tard de le faire.
Francis abandonna l'idée d'obtenir gain de cause pour les baptiser au plus vite. Ce serait provoquer une violente dispute avec Arthur. De plus, il ne voulait pas courir le risque que l'existence des jumeaux soit révélée à cause de ses convictions religieuses. De plus, il ne savait pas encore si ses enfants auraient la même religion que lui. C'était difficile à déterminer pour de jeunes nations. Francis avait vécu à l'époque romaine où une multitude de cultes coexistait et, pourtant, il n'avait pas choisi de perpétuer leur souvenir.
Malheureusement, la situation n'allait pas en s'arrangeant entre Arthur et la nourrice.
Emma voulait se rendre à la messe. Arthur se proposa pour donner le culte à la maison. Il s'ensuivit une dispute sur le fait d'être ou ne pas être prêtre ou pasteur et sur la messe en latin ou en langue commune.
Francis avait les oreilles qui sifflait après un tel échange. Il réussit à apaiser les tensions en autorisant Emma à aller à la messe dans la ville la plus proche, malgré les réticences d'Arthur.
Arthur était donc de très mauvaise humeur le dimanche, durant l'absence d'Emma.
Francis essayait autant que possible d'arrondir les angles. Il suggéra à Arthur de profiter de l'absence d'Emma pour passer du temps avec les jumeaux au lieu de ruminer dans son coin. Pour une fois, il avait fait mouche.
Les jumeaux commençaient à rire et à interagir un peu plus avec leur environnement. Et Arthur trouvait toujours quelque chose d'amusant à leur montrer. Francis avait l'impression de ne pas assurer autant qu'Arthur à ce stade de leur développement. Il était là pour des câlins ou des marques d'affection, mais avait un peu plus de mal à les amuser.
Un jour, Emma rentra un peu plus tôt et découvrit Arthur en train de jouer avec les enfants. Elle eut desuite un regard suspicieux envers Arthur. Quand elle était là, Arthur évitait d'être trop proche des enfants. Emma ne comprenait certainement pas pourquoi l'attitude d'Arthur envers les petits était différente pendant son absence. Elle avait sûrement trouvé bizarre la façon d'agir d'Arthur, mais n'avait rien dit.
Francis et Arthur étaient bien d'accord sur le fait de ne rien dire à Emma sur leur famille. Deux hommes ensemble, c'était déjà mal vu. Deux hommes, parents de jumeaux, ça l'était encore plus. Vu les propos d'Emma sur les homosexuels, ils ne se risqueraient pas à lui avouer la vérité.
Seulement, Arthur et Francis avaient une relation de plus en plus houleuse. Et tout ce qu'ils n'avaient pas pu se dire dans la semaine éclatait le dimanche matin. Ça concernait souvent l'éducation des petits, leur alliance politique et Emma.
Pour l'éducation des jumeaux, ils arrivaient souvent à trouver un terrain d'entente. Ils n'avaient pas une vision si éloignée de l'éducation. Ils devaient juste se mettre d'accord et se dire certaines choses, histoire d'être sur la même longueur d'onde.
Arthur l'informait régulièrement de l'évolution des négociations pour une alliance entre leurs deux pays. Francis dût partir de nuit plusieurs fois pour dire à son gouvernement que certains alinéas de l'alliance étaient foireux. Francis fit l'amère constatation qu'Arthur savait tout ce qu'il se passait dans la maison. Même si Arthur laissait à présent la liberté à Francis de partir quand il voulait, il le surveillait de près. Quand il revenait, Arthur l'attendait en lisant un livre dans le salon parfois jusqu'à pas d'heure et lui demandait à chaque fois s'il avait été suivi.
Ils se disputaient souvent dans ces moments-là à demi voix. Francis savait comment semer quelqu'un. Arthur n'en était pas si sûr, vu toutes les fois où il l'avait retrouvé sur les mers. Francis lui affirmait qu'il avait laissé fuiter sa localisation pour l'entraîner dans des pièges. Arthur lui retorquait que les vrais pièges ne se retournaient pas contre ceux qui les concevaient. Francis s'énervait parce qu'Arthur lui rappelait ses nombreux échecs navals.
Ces disputes n'étaient pas les pires.
Francis essayait de prêter une oreille attentive à toute la rancœur d'Arthur envers Emma. Et parfois, il défendait la nourrice. Et c'était à ses risques et périls. Arthur n'aimait vraiment pas l'attention que Francis portait à Emma. Francis devait avouer qu'il jouait beaucoup de son charme pour calmer Emma à propos d'Arthur. Et ça ne plaisait pas du tout à Arthur.
Arthur avançait que, tout petits que soient leurs enfants, ils percevaient des choses inconscientes en tant que nations. Et draguer la nourrice n'était pas une chose à faire en leur présence. Francis rétorquait qu'Arthur devrait être un peu moins jaloux de la nourrice. Les enfants pourraient se faire des fausses idées sur la fidélité de leur papa français rien que comme ça.
Ceci avait le don de clouer le bec à Arthur. Il partait dans sa chambre en fulminant et en râlant. Et Francis avait enfin la paix.
Francis espérait que les enfants n'auraient bientôt plus besoin de la nourrice, parce qu'il n'en pouvait plus de la jalousie mal placée d'Arthur. Il ne draguait pas la nourrice. Elle serait déjà tombée dans ses bras, si cela avait été le cas. Un veuf beau, célibataire et attristé, c'était vendeur. Francis aurait pu en profiter, sans se soucier de heurter Arthur. C'était juste qu'il avait peur que les jumeaux aient des souvenirs de cette époque et se méfient de lui. Francis savait qu'il se rappelait inconsciemment de certaines choses de son début d'existence. C'était la présence de sa mère, de certaines traditions oubliées, de son premier langage, de ses premiers pas. Il n'avait pas de souvenirs de son père aussi lointain. Et ça l'avait marqué.
Les jumeaux se souviendraient de l'ambiance tendue entre leurs pères et de la présence de la nourrice certainement.
Donc, Francis faisait vraiment attention à ne pas dépasser les limites avec Emma, même si sa libido le titillait fortement.
« Tu ne te rends pas compte de la portée de tes gestes, râla Arthur un dimanche matin. Replacer les cheveux d'une femme est sujet à interprétation, surtout que tu passes tes doigts très près de ses lèvres…
- Dis donc, tu m'observes, s'énerva tout de suite Francis. Elle a tourné la tête juste au moment où je retirai ma main… Et c'est quelque chose que je fais sans arrière-pensées…
- Ton sourire disait le contraire !
- Oh ! On ne peut même plus sourire avec toi !
- Tu ne te rends pas compte à quel point tu peux être séduisant ! »
Enervé, Francis se rapprocha à grands pas d'Arthur. Il lui fonçait presque dessus. Apeuré, Arthur recula jusqu'à se retrouver acculé à un mur.
« Maintenant, je suis séduisant !, rétorqua Francis en mettant ses mains de part et d'autres de la tête d'Arthur. Pour toi ? J'ai pas l'impression.
- Tu n'as d'yeux que pour Emma !
- Et toi pour moi. J'ai l'impression d'être tout le temps surveillé.
- J'en ai marre de te voir lui tourner autour ! »
Francis détestait quand Arthur lui tenait tête de cette façon. Même si Francis avait pris l'ascendant physique, Arthur se démenait pour prendre l'avantage verbalement.
« J'en ai marre que tu sois jaloux, Arthur !
- Et toi, tu ne comprends vraiment rien à rien, stupid frog ! »
Francis fut très surpris, quand Arthur combla la distance entre eux et l'embrassa. Francis ne réfléchit pas plus, ouvrit la bouche et accueillit la langue d'Arthur contre la sienne. Tout son corps s'embrasait d'un désir bien trop longtemps contenu. Francis n'aurait jamais cru qu'Arthur lui tomberait comme ça dans les bras. Et il allait en profiter un maximum.
Un frisson de plaisir le traversa quand leurs langues glissèrent l'une contre l'autre et que leurs bassins excités se rapprochèrent. Francis embrassa et embrassa Arthur, comme s'il n'en avait jamais assez. Il se retrouva bien vite avec une érection forte de tous ces mois d'abstinence. Francis commença à déboutonner la chemise d'Arthur avec empressement. Il voulait sentir sa peau contre la sienne. Dès que ce fut fait, Francis rompit leur baiser et se débarrassa de son pull.
Arthur avait le regard un peu perdu, mais terriblement excité. Francis se rapprocha à nouveau et doucement d'Arthur. Le contact de leurs peaux nues fut un véritable délice. Francis caressa le dos d'Arthur et l'embrassa à nouveau. Francis adora retrouver cette langue cajoleuse contre la sienne. Il passa les mains sur les fesses d'Arthur et rapprocha leurs bassins. Arthur gémit sensuellement, lorsque leurs érections se touchèrent à travers leurs vêtements. Et là, ils avaient trop de tissus sur eux.
Francis décolla Arthur du mur, le coucha par terre et se mit entre ses jambes ouvertes. Il embrassa la peau d'Arthur, la mordilla et la marqua au niveau du cou, avant de descendre tout le long de son torse. Alors qu'il arrivait au niveau de la ceinture, Francis entendit un cri féminin qui le stoppa net.
« Sacrilège ! »
Plus du tout excités, Francis et Arthur se regardèrent comme s'ils venaient de faire une grosse bêtise ensemble.
