Bonjour bonjour.
Voilà un nouveau chapitre.
Louzep.
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La vengeance du mage n'était pas terminée. Après avoir volé un père à sa famille, il avait le besoin de savoir à qui il avait à faire. Il savait où chercher car a priori, peu de sorcier était capable de contrôler avec tant de maîtrise cet art noir qu'est l'état de transe. De toute évidence, son ennemi avait lui aussi une âme sombre. Alors, il lui paraissait logique qu'il s'agisse d'un ancien partisan du Seigneur des Ténèbres. C'est comme cela qu'il débuta ses recherches. De fait, c'était assez simple, de tout ceux qui restait en liberté, un seul se détachait du lot.
De plus, il avait déjà eu l'impression de reconnaître Drago Malefoy lorsqu'il tenta son sortilège de division de l'âme. Il savait donc qui chercher, ce qu'il ne savait pas, c'était où. L'idée lui vint assez rapidement, il allait le battre à son propre jeu. A son tour, il allait partir à la recherche de sa trace magique. Il allait être facile de le retrouver, l'empreinte magique qu'il avait dû laisser derrière lui devait très certainement être encore fraîche et surtout, très puissante.
A son tour, il se plongea en état de transe, avec beaucoup plus de facilité que le jeune Malefoy cela dit. De même qu'il ne lui fallu pas plus de temps pour retrouver sa trace et la suivre. Toutes les âmes semblaient plongées dans le sommeil, Malefoy était accompagné par deux âmes pures et une autre grise. Il tenta de se rapprocher pour trouver les identités des autres personnes. Mais il ne pouvait pas les voir, l'état de transe ne permettait d'entrevoir que la magie, pas les visages.
Cependant, un détail attira son attention, la force de ses trois âmes étaient impressionnantes, un véritable trio gagnant. Le jeune Malefoy savait s'entourer, il avait choisi les meilleurs sorciers pour l'accompagner. Il fallait qu'il sache, autant par besoin que par curiosité. Alors il prit le risque de s'approcher des deux âmes côte à côte, dont la grise. Il s'approcha suffisamment pour entrevoir une empreinte magique d'une apparence peu commune. Faiblarde, comme sur le point de mourir, une trace magique en forme d'éclair s'isolait du reste.
Harry Potter. L'âme grise était Harry Potter. Nul doute qu'il était accompagné de ses deux acolytes, Granger et Weasley. C'était presque trop beau pour être vrai, tous ses ennemis réunis au même endroit. Le ciel lui faisait un faveur, d'autant plus qu'il avait un coup d'avance sur la joyeuse bande à présent.
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Au ministère de la magie, tout le monde s'affolait. On déclarait un nouveau disparu. Nul doute que les choses allaient s'accélérer à présent. Il fallait agir. Cependant, il était impossible de faire avancer les affaires sans qu'un Ministre à proprement parler ne soit élu. Car Kingsley n'était là qu'en remplacement, jamais une élection n'avait rendu sa nomination officielle. Pour la plupart des sorciers, il était évident que Shacklebolt était l'homme de la situation. Mais si l'on venait à savoir qu'un nouveau mage noir était en train de former une armée, la communauté sorcière prendrait sûrement peur. Or, rien n'est pire que la crainte. Elle corrompt les bonnes âmes et refroidi les cœurs. A cet instant précis, Kingsley craignait qu'un de ses rivaux profite de ce climat de terreur pour faire campagne. Il n'y avait rien de mieux qu'un peu d'autorité pour calmer les mœurs. L'occasion était idéale pour quiconque souhaiterait surfer sur une vague de peur. C'est la raison pour laquelle il ordonna à tous les journalistes de la Gazette d'étouffer toutes les informations concernant les disparitions.
Cette décision n'était pas du goût de tous et provoqua des esclandres au sein du Ministère. Déjà, des camps se formaient, la guerre avant la guerre. La politique avant la protection, le monde magique perdait à nouveau le sens des priorités.
Dans le même temps, un homme traversait le couloir du département de la justice magique. Son pas était déterminé, il regardait droit devant lui, un léger sourire au coin de la bouche. Il avait plutôt l'air sympathique. Il s'arrêta devant le bureau de la secrétaire du département.
« En quoi puis-je vous aider ? » demanda-t-elle poliment.
« Je viens témoigner, concernant la disparition de Monsieur Malefoy. »
« Ah.. Vous n'êtes pas au bon endroit. Je vous appelle un auror, il s'occupera de votre entretien. Vous pouvez patientez quelques minutes ? »
Tandis que l'homme acquiesçait doucement, d'un coup de baguette, la secrétaire envoya un bout de papier en direction de l'ascenseur du Ministère. Quelques minutes plus tard, Rufus Mongudru apparaissait au coin de la pièce, par une des cheminées. Il frotta sa cape pour enlever la poussière dû à son moyen de transport puis s'avança vers l'homme en question en lui tendant la main.
« Bonjour Monsieur, veuillez me suivre. » L'invita-t-il en désignant une des portes du couloir.
Ils prirent place l'un face à l'autre, une plume à papote aux côtés de l'homme venu témoigner.
« Bien, je vous écoute. Nom, Prénom, Statut, Profession »
« Je préférai faire cette déclaration de façon anonyme. »
« C'est comme vous voulez. Dans ce cas, signez-moi ce papier, si vous mentez, l'encre deviendra rouge. Dans le cas contraire, elle restera noire. C'est simplement pour ne pas perdre de temps avec des futilités. Mais tant que vous n'avez pas signé, vous pouvez vous rétracter. »
L'homme attrapa la plume et signa sans attendre.
« Bon, je vous écoute dans ce cas. »
« J'ai vu Drago Malefoy dans la forêt d'Epping, en compagnie d'Hermione Granger, Ronald Weasley et Harry Potter. »
Rufus déglutit difficilement, son cœur s'emballa. Il regarda la signature du témoin en espérant qu'elle vire au rouge. Ce ne fût pas le cas.
« Que faisaient-ils ? »
« Ils dormaient. »
La signature restait noire.
« Comment le savez-vous ? »
« Je ne veux pas vous le dire. »
S'il avait dit « peux », l'écriture aurait viré au rouge. Il n'allait pas se laisser avoir par une vulgaire encre de vérité.
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Hermione se réveilla avec la tête aussi lourde qu'une porte de prison. Elle ne savait pas combien de temps elle avait dormi, mais c'était comme si des jours entiers la séparaient de la veille. Elle arrangea ses cheveux assez rapidement devant le miroir avant de passer le pas de la porte de sa chambre. Le jour semblait s'être levé depuis longtemps maintenant et les bruits venant du salon lui indiquaient qu'elle n'était pas la première levée. Alors elle pressa sa marche pour atteindre le reste du groupe.
S'il y avait une chose qu'elle n'aurait jamais prédit, c'était ça.
Malefoy était assis sur une chaise, en plein milieu de la salle, entre les deux canapés. Il lisait la gazette du sorcier sereinement tandis qu'Harry lui coupait les cheveux.
Harry était en train de couper les cheveux de Drago.
Combien de temps avait-elle dormi pour qu'une chose pareille se produise ?
Ils semblaient l'un et l'autre si concentrés sur leurs tâches respectives qu'ils ne virent pas la tête déconcertée d'Hermione, dont l'expression alternait entre la surprise et la stupeur. Elle se racla la gorge pour indiquer sa présence mais aucun des hommes ne lui prêtèrent une réelle attention. Harry la salua vaguement de la main tandis que Malefoy leva à peine ses yeux du journal. La belle brune s'avança vers eux et s'affala avec nonchalance sur la canapé.
« qu'est-ce qu'il se passe ici ? » osa-t-elle finalement demander, encore sous le choc de cette vision surréaliste.
Harry posa les ciseaux et recula un peu, il avait raccourci les cheveux de Malefoy d'une bonne dizaine de centimètres, c'était comme s'il lui avait jeté un sort de rajeunissement. Il semblait plutôt satisfait de sa coupe, ce garçon avait vraiment de nombreux talents cachés.
«Je crois que j'aurais mieux fait de me couper les cheveux moi-même l'an passé Hermione, je suis vraiment doué ! » répondit-il en éludant sa question.
« Mais est-ce que je suis encore en train de rêver ? » insista-t-elle.
Drago daigna enfin baisser son journal pour s'adresser à elle.
« Cela fait plus de deux heures qu'on attend ton réveil, il a bien fallu s'occuper. » affirma-t-il en agitant sa gazette sous le nez d'Hermione. Elle eut tout juste d'entrevoir une photo de deux hommes se serrant la main dans des costumes vétustes.
« On ne reçoit pas la gazette ici depuis des années, c'est une édition de 1967. Des temps beaucoup plus calmes.. » se justifia Drago en prenant un air lointain.
« Et où est Ron ? »
Pour la première fois, les deux garçons accordèrent du crédit à ses paroles et stoppèrent leurs occupations. Harry fit s'envoler les cheveux gisant sur le sol vers la poubelle et reprit son air sérieux.
« Il est parti tôt ce matin. Il n'a pas eu de nouvelle de son père.. Ni de sa mère d'ailleurs. On a d'abord cru que s'était dû au fait qu'aucune chouette ne puisse avoir accès à cet endroit mais ensuite, Malefoy nous a dit que tu avais reçu une lettre hier soir.. Alors il est au Terrier, pour en savoir plus.. »
Ron avait une famille. Hermione comprenait que cela passe avant tout. Elle s'en souvenait, du moins.
« Tu penses qu'il va revenir ? » demanda-t-elle, quelque peu consciente de la réponse.
« Je ne pense pas..Non.. »
Ils baissèrent tous deux les yeux, comme s'il rendait hommage à un mort ce qui eut le don d'agacer Malefoy qui roula des yeux et prit un air dégoûté. Il replia son journal et toucha sa chevelure blonde du bout des doigts, comme s'il retenait son souffle. Il se leva précipitamment, très certainement en direction de la salle de bain pour admirer le résultat.
Harry profita de cet instant pour se rapprocher d'Hermione, il s'invita à ses côtés et lui prit la main.
« Écoute Hermione, le fait que Rufus se doute de quelque chose, ce n'est vraiment pas bon signe.. Tu penses lui répondre ? »
« Oui.. »répondit Hermione, quelque peu hésitante. « le vrai problème, c'est qu'il ne lâchera pas l'affaire. Il sait que son instinct ne le trompe que très rarement. Ajoutons à cela le fait qu'il soit très consciencieux dans son travail.. il faut que je trouve le moyen de dissiper ses doutes. »
Elle avait beau retourner le problème dans tous les sens, pour le moment, l'ancienne Gryffondor ne voyait pas du tout comment faire.
« On trouvera une solution, mais il ne faut pas que tu tardes à répondre.. »
Hermione hocha la tête en silence.
« Hermione ? »
« Oui ? »
« Pourquoi tu ne m'as pas dit que tu avais eu.. une sorte de relation avec Rufus ? »
La jolie brune piqua un fard.
« Hum.. Je n'en voyais pas l'intérêt.. Je savais que ça ne durerait pas.. » avoua-t-elle, quelque peu gênée de se confier ainsi sur sa vie sentimentale.
Ginny était la seule à être au courant, et ce uniquement car elle lui avait tiré les vers du nez pendant de très longues heures. Harry ne répondit pas, passablement vexé que sa meilleure amie ne lui confie pas ses tourments. Mais dans le fond, il savait qu'elle était comme ça, pudique et réservée au sujet des garçons. Alors ils n'insista pas plus.
A quelques mètres de là, Malefoy se contemplait devant le miroir. Il retrouvait ses traits harmonieux, ces cernes s'étaient atténuées, il avait rasé sa barbe informe et retrouvé une coupe de cheveux à peu près classique. Il s'adressa un léger sourire, comme pour se féliciter de ce physique avantageux. Ce simple instant de flottement, durant lequel il eut l'esprit léger, lui rappela ce qu'il avait été. Un petit garçon prétentieux et superficiel. Il était si loin de tout ça à présent. C'était comme s'il avait eu plusieurs vies. Que dire de celle qu'il vivait actuellement, entouré par ses pires ennemis , devenus ses meilleurs alliés. Potter venait de lui couper les cheveux et il avait failli embrasser Granger la veille. Tout partait en vrille. Mais pour une fois, il savait que c'était dans le bon sens. Finalement, dans tout ce contexte dramatique, il y trouvait son compte. Mais ça, peu de gens était capable de le comprendre. Alors il taisait son ressentiment.
Sa contemplation fut interrompu par une chouette qui se posa sur le rebord de la fenêtre voisine, dans la pièce attenante à la sienne : la chambre d'Hermione. Il entra dans cette dernière et attrapa la lettre coincée dans le bec de l'oiseau.
« Potter, Granger, on a du courrier ! » annonça-t-il comme s'ils vivaient tous ensemble depuis des années.
Les deux concernées se précipitèrent dans la chambre, Drago pointa le courrier vers Hermione en haussant un de ses sourcils.
« C'est encore pour toi. »
Elle prit la missive et l'ouvrit avec frénésie avant de commencer à la lire à voix haute.
« Hermione,
Je sais que tu es avec Malefoy et que Harry et Ron sont avec toi. Je ne comprends pas. Je ne comprends vraiment pas.
Un homme est venu ce matin et il a déclaré vous avoir vu, tous les quatre, dans la forêt d'Epping. Je ne pouvais pas ignorer sciemment cette accusation. D'autant plus que le témoin a utilisé l'encre de vérité. On sait – je sais- qu'il ne mentait pas.
Je veux que tu m'expliques. Retrouve moi près de la Cabane Hurlante, sur le rocher, à minuit..
En attendant, vous devriez sûrement partir, des aurors sont partis à votre recherche et vous avez tous les deux été suspendus de vos droits d'exercer au ministère..
Comment avez-vous pu vous mettre dans une situation pareille !
Prends soin de toi Hermione..
Rufus. »
Le monde s'écroulait sous les pieds de la jeune femme, une vague d'angoisse s'empara de son corps, si bien que Drago, juste devant elle, dû s'accrocher à la table de chevet pour ne par crouler sous le poids des émotions d'Hermione. Harry, lui, restait stoïque, il ne bougeait pas d'un pouce.
« Il faut qu'on parte. » annonça-t-il.
Hermione acquiesça, son visage était crispé, ses traits durcis par l'angoisse laissaient transparaître la détresse dans laquelle elle était. Pourtant, il fallait se ressaisir, se battre contre tout ça. Une fois de plus. Elle ferma les yeux un instant, essaya de remettre de l'ordre dans ses pensées. Malefoy la regardait avec incompréhension, ce n'était pas le moment de méditer ! Il lança un regard agacé vers Harry, qui semblait attendre qu'Hermione ouvre à nouveau les yeux pour ne pas interrompre le courant de la pensée de cette dernière. Parce que l'Élu savait que ces méditations étaient précieuses, qu'il s'agissait presque d'un sacrilège de couper Hermione dans sa réflexion. Alors effectivement, il attendait un signal de sa meilleure amie avant de la bousculer un peu, sous le regard médusé d'un ancien serpent qui ne comprenait pas trop cette connivence entre les deux amis.
Jusqu'ici, il n'avait jamais vraiment réalisé l'intensité du lien qu'avait ces deux-là. Ils étaient plus que proche. C'était comme s'ils se connaissaient depuis toujours, une sorte de relation fraternelle. Il était assez admiratif de les voir se livrer l'un à l'autre sans pudeur. Il se demandait si, lui aussi, un jour, il pourrait connaître une sensation similaire. Celui d'être important aux yeux de quelqu'un d'autre que de sa mère.
« Il faut qu'on parte. » répéta Hermione en rompant le silence. « il sait où on est..il a dû se mettre en transe lui aussi.. Mais.. je n'ai rien préparé.. je.. comment..où ? »
Elle avait l'air en panique, ce n'était pas du tout dans ses habitudes, ni dans celles de Malefoy qui accueillait une nouvelle fois son mal être avec une certaine répulsion.
« Granger il faut que tu te calmes, je ne supporte plus tes émotions. »
Elle lui lança un regard foudroyant, comme s'il venait de l'insulter.
« Excuse moi Malefoy, mais je prends la mesure de la gravité de la situation et il n'est pas simple de rester calme dans de telles conditions ! »
« Il a raison Hermione. On a besoin de ton esprit en pleine possession de ses moyens là.. On n'a pas le temps de céder à la panique.. On va commencer par prendre le strict nécessaire ici.. Bon, on a pas de tente, mais on peut toujours trouver une habitation moldue inoccupée, le temps de trouver une autre solution.. »
« je vais m'occuper des sortilèges.. Retrouver la liste des sorts de protection qu'on avait pendant la guerre.. Malefoy, tu peux t'occuper de récupérer tous les livres qui pourraient nous être utiles pendant ce temps. » ajouta Hermione avec aplomb.
Il n'était pas habitué à ce qu'on lui donne des ordres mais il laissa sa fierté de côté, prenant conscience qu'il s'agissait seulement d'une répartition des tâches.
« Et où est-ce que je sensé mettre tout ça ? »
Harry attrapa un sac à dos qui traînait là et le tendis à Hermione pour qu'elle exécute le sortilège de métamorphose pour agrandir le sac.
« Là-dedans. » répondit-il.
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Ron n'était pas rentré chez lui. Il avait décidé de partir à la recherche de son père. Seul. Parce qu'il n'avait pas envie d'entendre les mises en garde de ses deux acolytes. Il voulait agir. Il voulait agir vite. Parce qu'il n'y avait plus aucune raison pour qu'Harry soit une fois de plus le grand commanditaire des événements. Voldemort n'était plus. Donc il avait bien le droit de prendre les choses en main. De plus, il n'allait pas non plus attendre sagement que son père se fasse torturer pendant qu'il observait Malefoy se faire une place au sein de leur trio sacré ? Il n'avait pas de temps pour ça très clairement, il ne pouvait pas se le permettre.
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Rufus attendait depuis de longues minutes maintenant la venue d'Hermione. Il ne tenait pas en place, à la fois angoissé à l'idée qu'elle ne vienne pas et chamboulé en pensant qu'il allait la revoir. Cette fille était spéciale, intelligente, drôle, avenante, perspicace et d'une beauté naturelle, presque indomptable. Il est vrai que physiquement, elle ne sortait pas particulièrement du lot, mais en apprenant à la connaître, son charme l'avait rendu irrésistible. Pour tout dire, il ne s'était jamais vraiment remis de leur séparation. Bien qu'il n'y a pas eu de vraie rupture puisqu'il n'a jamais été question d'être réellement en couple. L'ancienne gryffondor avait tué l'oiseau dans l'œuf, avant même de savoir si elle pouvait tomber amoureuse de lui, elle avait tout arrêté. Cela faisait parti des grands regrets de Rufus, bien qu'il respectait la décision de cette dernière et ne l'avait plus contactée depuis sa décision finale. Mais là, la situation était beaucoup trop grave, il fallait qu'il la voit, il fallait qu'il comprenne pourquoi elle faisait tout ça, pourquoi cacher un fugitif ? D'autant plus que Malefoy n'avait pas pu s'échapper tout seul.. Ses idées s'embrouillaient à mesure que le temps passait.
Minuit pile. Hermione était ponctuelle, si elle venait, il savait que ça serait dans les cinq prochaines minutes.
Mais il n'eut pas à attendre plus de temps, un « plop » résonna dans l'air et il pu voir la silhouette tant attendue de la jeune femme. Il se jeta sur elle, l'enserra dans ses bras en poussant un long soupir.
Hermione, de son côté, fût extrêmement gênée par se regain d'affection, mais n'osa pas le repousser non plus.
Derrière elle, Drago et Harry se cachaient sous la cape d'invisibilité. Malefoy était persuadé que Rufus leur tendait un piège et qu'il avait convoqué Hermione dans le seul but de les livrer au ministère. Ils étaient donc près à partir, tous les trois, au moindre soupçon de trahison.
« Hermione je..je suis vraiment content que tu sois venue. »
Drago roula les yeux, comme s'il était écœurant d'entendre ce genre de parole sous l'œil réprobateur d'Harry.
« Moi aussi Rufus. J'ai hésité longtemps, mais je te dois bien des explications.. »
Ce dernier l'invita à s'asseoir à ses côtés sur le rocher. Elle accepta, bien que la proximité entre eux ne lui plaisait pas trop.
« Bien.. On ne t'a pas menti.. C'est nous qui cachons Malefoy. Mais nous avons de bonnes raisons de le faire. Tu nous connais, non ? On ne prendrait pas des risques aussi importants sans y avoir mûrement réfléchi. » commença-t-elle.
« Mais pourquoi dans ce cas ? D'abord tu commences par le défendre, ensuite tu organises son évasion et maintenant tu le protèges. As-tu oublié qui il est ? »
« C'est beaucoup, beaucoup plus compliqué que ça. Tout n'est pas aussi simple tu sais. Pendant le procès, Malefoy a parlé d'un livre. Alors on a commencé à enquêter et les faits étaient beaucoup plus graves que prévu.. On ne pouvait pas s'arrêter là ! »
« Vous auriez dû en parler aux aurors, où même au Ministre lui-même. Je ne comprends pas, ce n'est pas de votre ressort de prendre ce genre de décision. »
« Oui, bien sur. Mais la seule façon de retrouver la trace du livre aurait prit des mois au ministère, tandis que nous avions la solution juste sous notre nez avec Malefoy.. Et puis.. tu sais.. il n'y a pas que ça.. »
Ses joues rosirent légèrement.
« ..Je ne crois pas que Malefoy mérite de retourner à Azkaban. »
Rufus sentit poindre une once de jalousie en lui, elle lui cachait quelque chose.
« Il y a un truc en toi Hermione qui a changé, je le sens. » avoua-t-il en la scrutant du regard. « Je suis surtout tellement déçu.. »
Elle releva les yeux vers lui, essayant de comprendre où il voulait en venir.
« Pour tout dire, j'espérais presque tu ne viennes pas. J'aurais pu émettre l'idée que tu étais sous imperium dans ce cas. Tes actions auraient alors été beaucoup plus justifiables.. Hermione, tu n'es ni au-dessus des lois, ni au-dessus de la justice. Vous n'aviez pas le droit de prendre ce genre de liberté. Effectivement, le ministère aurait peut-être mit des mois entiers avant de trouver LA solution, mais ce n'est pas pour ça que toi et Potter devez vous sentir obligé de prendre les choses en main. »
Hermione fût choquée par ses paroles. Il ne savait pas de quoi il parlait. Pourtant, il continua sa tirade.
« Vous devriez faire un peu plus confiance au Ministère et à ses décisions ! »
Hermione ne pu s'empêcher de laisser s'échapper un rire.
« Confiance envers le Ministère ? Laisse moi rire ! J'adore Kingsley, c'est un sorcier brillant et intelligent. Mais il n'est pas encore élu et nous savons, l'un comme l'autre, que dans ces conditions, il ne lui pas accordé de prendre des décisions trop importantes. Le ministère tourne au ralenti depuis la fin de la Guerre parce que personne n'est encore capable d'aller réellement de l'avant. On se souvient tous des misères, des trahisons, des douleurs. Le ministère ne fait rien pour arranger ça, la justice est à l'arrêt depuis un an et même l'élection prend du retard. Alors non, je n'ai pas confiance. »
Elle se leva, le cœur battant et le souffle haché par la colère.
« C'est facile de venir me faire la morale quand on est de ton côté, tu as mon sort entre les mains, à l'heure actuelle. Tu peux très bien appeler tes collègues pour qu'ils viennent me chercher. J'en suis parfaitement consciente, tu sais. Mais ce que je sais aussi, c'est que tu ne fais pas parti des gens qui obéisse sans réfléchir. Alors, s'il te plaît, Rufus, j'ai répondu à ton invitation pour te rassurer et t'expliquer les raisons de notre fuite. Mais je commence à me demander si ce n'était pas pour toi le moyen de me rendre des comptes ! »
De nombreux bruits de pas s'approchaient d'eux. Il était déjà trop tard.
« Alors si.. Tu les as appelé ? »
La mine de Rufus était tordu par la honte. Il s'en voulait. Mais effectivement, il l'avait trahis.
« Tu m'as demandé de venir, je t'ai donné les informations, et maintenant tu me livres à eux. »
Hermione en avait le souffle coupé, des larmes commençaient à perler au coin de ses yeux. Elle avait émit l'hypothèse d'une trahison sans vraiment y avoir cru. Les pas se rapprochaient mais elle restait immobile, choquée devant la tournure de la situation. Malefoy avait raison, c'était un piège. Il avait juste attendu d'entendre sa défense avant de lui planter un couteau dans le dos.
Rufus avait honte, terriblement honte, son cœur battait à une vitesse folle, décontenancé face à une Hermione en colère. Il se dégoûtait, pourtant, aucun son ne sortait de sa bouche.
Drago et Harry, toujours cachés, entendirent les pas se rapprocher dans une certaine précipitation, alors ils s'avancèrent d'un même pas vers Hermione, pour pouvoir transplaner. Mais la cape était bien de trop petite pour les cacher suffisamment en mouvement, si bien qu'elle glissa sur le côté, laissant apparaître le bras d'Harry.
« Tu n'es pas venue seule ? » osa Rufus, sa voix trahissait ses émotions contradictoires.
La jeune femme ne prit pas la peine de répondre et courrait en direction de ses deux alliés avant que les aurors ne les voient. Mais c'était trop tard, ils étaient encerclés de toute part, une dizaine de baguettes pointées sur eux, alors que Malefoy était privé de magie. Deux contre dix, la bataille était perdue d'avance.
On leur jeta un premier sort, qu'Harry contra sans mal.
« Expelliarmus ! » hurla Harry, en direction de son assaillant, attrapant la baguette de son adversaire en plein vol.
Hermione attrapa les mains des deux autres et transplana. Mais tout le monde les avaient vu et Harry avait désarmé un auror. C'était le début d'un nouveau problème, d'un nouveau combat. Une fois de plus, le monde s'opposait à eux.
