La balle

Tu examinas la cartouche de fusil de chasse dans ta main et tes yeux se dirigèrent vers son propriétaire. Vash était assis maladroitement à quelques mètres sur ta gauche, se tordant nerveusement les mains.

La main d'Alfred s'était serrée autour de la tienne alors qu'il essayait de savoir quel était cet objet. Confus, il la brandit en l'air.

" Quoi que ce soit!" Aboya-t-il. Vash se leva et se dirigea vers l'Américain, lui arrachant la balle des mains et siffla:

"C'est une balle, idiot." Secouant tristement la tête comme il le fait d'habitude.

" Eh bien alors, continuons." Dit Alfred avec son exubérance habituelle, ignorant ou ne remarquant tout simplement pas le regard noir du Suisse.

En t'approchant de lui, tu glissas doucement ta main dans celle de Vash, ce qui le fit tressaillir et rougir. Tu avais trouvé ça drôle que lorsqu'il s'agissait de romance, il était la personne la plus maladroite qui soit, mais pour tout le reste, il était plein de tact et d'indifférence. Cette pensée te fit sourire.

Une tape sur l'épaule te fit te retourner et tu te retournas face à Alfred. Il jeta un regard méfiant sur Vash.

"Juste sept minutes d'accord, et si tu veux sortir avant, tu n'as qu'à crier après moi, je t'attendrai." Chuchota-t-il le dernier mot en inclinant la tête vers la pléthore d'armes à feu que Vash avait stockées sur son corps. Tu avais senti la main de Vash se resserrer autour de la tienne, sa colère et son humiliation fut évidentes, puis vous aviez tous les deux étés introduits dans la pièce par quelques nations impatientes.

La dernière lueur avait disparu lorsque la porte s'est fermée d'un léger clic et ce fut si silencieux que tu pouvais entendre la lourde respiration de Vash en face de toi. En plissant les yeux, tu commenças à tâtonner aveuglément dans la pièce à la recherche de ton partenaire lorsque tes mains entrèrent en contact avec le tissu rugueux. Un souffle rauque s'échappa du Suisse et il était si proche que tu sentis son souffle chaud sur ton cou. Rougissant, et contente qu'il ne puisse pas le voir, tu te glissas à côté de lui.

"Vash?" Chuchotas-tu. Silence. "V- Vash, tu vas bien?" Ta voix était maintenant suppliante.

"_." Répondit-il calmement, sa voix trahissant son désespoir.

" Tu sais, si tu ne veux pas le faire, c'est bon, je ne te forcerai à rien." Dis-tu avec un sourire qui se faufile derrière ta voix. Sa respiration s'accéléra et tu aurais juré que tu pouvais entendre son cœur battre dans sa poitrine.

En tendant la main, tu saisis son genou de manière rassurante, mais il sursauta et écarta ta main. Une part de toi savait qu'il était juste nerveux, mais l'autre cria de douleur à cause de son rejet, et une seule larme chaude coula sur ta joue. Tu reniflas fort, attirant l'attention de Vash.

"Hey, _, tu... Tu pleaures?" Dit-il avec inquiétude. Une main s'approcha et se posa sur ta joue, son pouce frottant la larme qui avait laissé une trace sur ton visage. " Je ne voulais pas te blesser. _?" Il se rapprocha, assez près pour que tu puisses enfin voir ses yeux vert pâle qui se déplaçaient, s'imprégnant de tes traits. " Je suis désolé, je... c'était injustifié et -"

Mais tu l'arrêtas en plein milieu de sa phrase, ta bouche posée sur la sienne, vos lèvres chaudes se pressant férocement l'une contre l'autre. Une autre larme s'échappa, mais cette fois c'était différent. Ce n'était plus de la tristesse mais du soulagement, de la joie, du bonheur et un mélange de tant d'émotions que tu ne pouvais pas te contenir. Tu n'avais attendu que quatre ans pour le faire et tu t'es senti tellement mieux que tu ne l'avais jamais imaginé durant toutes ces dernières années.

Il recula avec hésitation, tous deux agenouillés face à face, à bout de souffle.

"_, mein Gott, die erstaunliche Gerfühl" [1] Ria-t-il. Bien sûr, ton expression confuse le fit encore plus rire. Il posa son autre main sur ton autre joue, puis se pencha vers l'avant, son front touchant tendrement le tien. " Je n'aurais jamais pensé que tu pourrais me considérer comme quelque chose du genre, même en tant qu'ami."

Tu rias. " Eh bien, tu as tendance à effrayer les gens, tu sais? Mais pas moi, non jamais."

La porte s'ouvrit, juste assez pour qu'Alfred, Lili [2] et Arthur puissent regarder à l'intérieur. Vash jeta un regard furieux vers la porte, mais son visage s'adoucit. Se retournant vers toi, il se mit debout avec toi en te tirant vers lui et se pencha.

" Nous pourrions finir ça ailleurs si tu veux?" Ronronna-t-il dans ton oreille. Rougissant, tout ce que tu pouvais faire, c'est d'hocher la tête.

"Ich liebe Dich, Vash," [3] Murmuras-tu en un souffle pour qu'il soit le seul à entendre. En réponse, il passa son bras sur tes épaules et poussa la foule près de la porte.

"Ich liebe dich auch, mehr als du jemals wissen..." [4] Répont-il.


[1] - "_, mon Dieu, quel sentiment incroyable."

[2] - Lili est le nom de Liechtenstein, dérivant des premières lettres de son nom et aussi parce que le lys serait la fleur nationale du Liechtenstein.

[3] - Honnêtement, si vous lisez ceci, vous devez savoir ce que signifie "Ich liebe Dich", mais pour ceux qui ne le savent pas, cela veut dire "Je t'aime".

[4] - " Je t'aime aussi, plus que tu ne le sauras jamais..."