Le clou

En fouillant aveuglément dans le chapeau que tu tenais fermement devant toi, tu finis par saisir un objet qui te semblait correct. Il était assez petit pour tenir dans une paume, un peu pointu, et aussi frais au toucher. Tu retiras ta main du bord du chapeau et tu fis un sourire franc à Alfred, sentant ton estomac se soulever d'excitation.

"Un clou." Dis-tu avec une déception évidente dans ta voix. Ce n'était certainement pas l'objet romantique que tu espérais piocher, il était rouillé et se frottait désagréablement contre ta peau, mais tu supposas qu'il était aussi bien qu'un autre. Tu le tenais provisoirement en l'air et tu l'agitais, en essayant d'attirer l'attention du propriétaire du clou, et tu sursautas un peu quand tu sentis une main sur ton épaule qui t'avais pris au dépourvu.

"Eh bien merde, tu n'étais pas ce que j'espérais, mais je peux faire avec." Une voix rauque, en colère et très peu familière venait de derrière toi. Tu avais un peu peur de te retourner et de faire face à la personne que tu avais choisie, surtout que tu pensais connaître tout le monde dans la salle, mais la nouvelle voix te fit douter. Lentement, tu pivotas sur tes talons et tu voyais Alfred se tenir rigidement devant toi, le visage penché sur le côté comme s'il n'était pas intéressé (ce qui t'a beaucoup intrigué). Surprise par le comportement inhabituel de l'Américain, tu lui lanças simplement le clou sur la poitrine et tu t'avanças vers le placard, contente d'entendre ses pas derrière les tiens. Mais qu'est-ce qui lui prenait?

Peu de temps après avoir pénétré dans le placard, la porte fut claquée derrière vous et vous étiez plongé dans l'obscurité. Tu titubas à l'aveuglette, les mains devant toi pour t'orienter et essayer de te repérer dans le petit espace. Et puis tu réalisas que tu n'avais aucune idée de l'endroit où se trouvait Alfred, tout était devenu complètement silencieux.

"Alfred?" Murmuras-tu calmement, espérant qu'il répondrait, mais tu t'attendais à ce qu'il ne le fasse pas. Sa mauvaise humeur d'avant ne semblait pas vouloir disparaître si facilement, à ton grand désarroi. Tu traçais ton chemin en glissant tes mains sur les murs lisses du placard, en écartant parfois les manteaux et autres objets suspendus pendant que tu cherchais désespérément ton partenaire, sans savoir si tu étais effrayée ou irritée par lui. "Alfred, espèce d'idiot, qu'est-ce que tu fous?"

Honnêtement, tu savais pertinemment que pour énerver les gens ils devaient être à bout, mais tu ne pouvais vraiment pas t'empêcher de laisser ta colère s'infiltrer dans ta voix. Mauvaise idée. Avant que tu ne puisses réagir, la main d'Alfred se posa sur ton épaule et sa prise extrêmement forte te fit gémir de douleur alors que tu sentais ta circulation se couper, le bout de tes doigts commençaient à picoter à cause du manque d'oxygène. Tu grimaças, te recroquevillant devant ton agresseur et luttant pour te libérer de son emprise. "Alfred! Putain, c'est quoi ton problème!" Crias-tu. Tu ne pouvais pas t'en empêcher, tu avais peur pour ta propre sécurité et pour la santé mentale d'Alfred. Il ne te lâcha pas pour autant, mais au lieu de cela, il passa son autre bras par-dessus ta poitrine et le remonta brutalement le long de ta gorge, puis il s'empara de ton menton et le tira pour que tu lui fasses face.

Sa respiration était calme et même si ses doigts tremblaient contre toi, il frissonna en approchant sa bouche de ton oreille et en t'arrachant les cheveux, son souffle chaud balayait ton cou. "Allons _, tu sais qu'il ne faut pas élever la voix sur les gens." Dit-il calmement, sa voix douce et presque séduisante si elle n'avait pas encore gardé cette rage. "Surtout, pas avec moi." Siffla-t-il alors que ses lèvres frôlaient le cartilage de ton oreille pour te taquiner.

Tu ne savais pas trop quoi dire ou faire, tu étais tellement confuse de tout, mais Alfred aurait pu s'en foutre à ce stade et il en avait assez d'être doux à présent. En un instant, tu fus propulsé par sa prise et projeté contre le mur derrière toi, haletant devant la soudaine montée de sang dans tes extrémités récemment libérées et aussi par l'impact de ton dos contre le mur. Et Alfred ne tarda pas à suivre le mouvement. Soudainement, ses mains se sont posées sur toi, griffant et meurtrissant ta peau délicate tandis que ses lèvres douces contrastaient en suçant légèrement ta clavicule. Et même si ton esprit hurlait pour que tu le repousses brutalement, ton corps résistait et céda à la volonté du sombre Américain, alors que tu t'appuyais davantage sur son torse et lui arquant le dos.

Alfred rit contre ta mâchoire, cette sensation te fit frissonner de plaisir alors que tu enroulais tes bras autour de son cou et inclinas ta tête en arrière, ce qu'il prit comme l'occasion parfaite d'enfoncer son poing dans tes cheveux et de tirer. Et oui, tu hurlas de douleur, mais pour chaque cri, ils étaient accompagnés de deux autres gémissements de plaisir, et pour chaque bruit que tu faisais, qu'ils soient jouissifs ou non, tu étais récompensé par une morsure à la commissure des lèvres ou par une forte douleur provenant de ses ongles, qui s'enfonçaient dans tes hanches.

"Tu sais." Râla Alfred en reculant son visage juste assez pour que sa bouche soit à proximité de la tienne. "Je ne pensais pas que tu étais du genre masochiste, _." Tu ris, te réjouissant de la sensation de ses lèvres qui effleurent à peine les tiennes.

"Touché." Répondis-tu avec juste assez de sarcasme et de luxure pour masquer le seul mot que tu avais prononcée. Et ton cœur palpitait en sachant que tu l'avais fait sourire, que tu avais fait en sorte que ce temps en vaille la peine et qu'il reviendrait certainement pour plus.

"Fucking ace, je crains que cela veut dire que nous devrions apprendre à mieux nous connaître." Chuchota-t-il en enfonçant avidement ses hanches dans les tiennes et en prenant ta lèvre supérieure entre ses dents. Tu souris.

"Quoi? Tu vas m'inviter à un rendez-vous? Après m'avoir agressé dans un placard à côté d'une salle remplie de nos collègues? Quelle classe et quelle élégie, Alfred."

Il grogna à ce propos, te mordant la lèvre un peu plus fort pour te faire crier. Il s'ensuivit des ébats sans précédent, sa langue s'introduisant violemment dans ta bouche, sa chemise étant arrachée avec agressivité, et l'odeur de son parfum se mêlant au tien, créant un arôme parfait et enivrant qui alimente ton désir. Au loin, tu aurais cru entendre un coup sur la porte du placard et des cris irrités, quoique étouffés, venant de l'autre côté, mais tu étais trop distraite pour en prendre pleinement conscience. Et honnêtement, cela ne te dérangeait pas puisque tu dégageais tes doigts de la fine chevelure brune d'Alfred ou que tu retirais tes jambes de sa taille tonique. Cela allait prendre beaucoup plus que sept minutes et vous n'alliez certainement pas vous arrêter maintenant.